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Full text of "LE MEMORIAL CATHOLIQUE."

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LE 



MÉMORIAL 

CATHOLIQUE, 



OUVRAGE PÉBIODIQIŒ. 



CINQUIÈME ANNÉE. 



TOME IX. 




A PARIS, 

AU BUnSAU DU MÉMORIAL GATUOLIQUE^ 



I n*. 70. 

lUPKIKERIB DE GDEFFIEB, 
Bue Maurim , n". s3. 

M.]XXaXXTlIt. 



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MÉMORIAL catholique: 



DK JL'IXUTIRCB LÂGALI des JfiBl'tTBa. 

On sûtde combien tl'âUupM* kOHi-malfitbtoUa'qBé noient» 
les Jéaàtet ont -^té l'^jèt depnu plniieun aaaéei. Im fawnne* 
de931e«otit rtfprtfKotéi oommedetrâgMdetf la diniplos Je 
Voltaire et de Didoot , c«niHw des' h^wsrites ssos foi et sans 
mœnrsf on «rcnouvriëceMn eus toutes les wïtiUes aceoMtions 
des pfailotopliei et des janséoistes ^ accuiQtîoM si ridàculn et si 
odieuses qOe L'indignation de tons les geto de bi^i et le ^s^pris 
puUic ne poDVOîeat manquer d'en faire promptemeiit .justice. 
Ce d^cbatMmeni Airtenz n'a fajt qu'ajouter k l'intârét que cette 
sodété, ettimable tant d''ëgards, doit natnr 
Ce n'fst pas Coutefoif que les catboliqaes c«n 
ciatîon partîcnli^re avee l'Ëglise unÎTerselte, 
sans restrictîon un ordre qui , pour avoir t< 
deTt^Bervicet, ne«aaToU£tre,apr^ tont, 
perfections qu'aucune autre institution - ham 
dair que sons le nom de Jésuites., le pard ai 
loppe dans la m^me haine tout le dergé, t» 
tans exception. Dès-lors la conscience iinposwt rigourensement 
le devoir de d^fetadre me sociëlé qu'on zre poursuit que pour 
arriver phts aisAnent à une perstfcutien^ ^ébér^. Les enoen^ 
des Jésuites les ont servis en vdabnt leur'nidfe ; ils ont fait de 
leur oinsft'cAede^religioit: ^il toiflet'atti contre eux lesjias- 
âoB* de U''faftih)t{(de, pittil^'^f^ei''piir''<ille )è p6n?<nr d^i& 



(fi) 

trouHlé et incertuin de luï-métne , les habiles du parti ont pour 
bdl^ltéiit^uf dt|mraeoiM«ciei^Ientiell«iiMitt c&imn* maxinte 
fbnd^iiRalaledé notrà drmt publit, un principi fécond enraJDe^ 
et dont i)g se réservent de presser plus tard toutes les couaé- 
ipiences. 

Si l'on ne veut mardier en aveugles vers l'avenir , il faut ne 
pas se faire illusion sur le jirésent, et bien comprendre d'abord 
que l'Eglisese trouve aujourd'hui, parmi nous, dans une situa- 
tion tout-à-fait eztrnordia'airâ , paroe que l'on combine contre 
elle IcAusa^ de l'ancien r^gîmeàveC l'esprit du n<9uVeau. Dan» 
rordresocia1,telqneI«compreiioientiio9anc£lresd'BCcor[IaTec 
ts SagfasM dr -toiu fa^ peuple*^ l'^Ut tout entier étoit dm et roke- 
tencMli JB,'relîgtoa.qaiTâtoit roiutdiii^e-oomtneVtoiedu corps 
pbl)ti(i[|i0.^Br)ii>MtiénèDi«i9 que la ooostUBtion de la chrétienté 
ne fùt-fotldeemir ht -vMt^ légale de 1& religiËn'cnlliotiipié. C'£- 
toilien Tenu de cette UDiDn'qnerétU«xer^it,:dBi» l'oidrsr»' 
ltgieux,'uiie:aetian qtûfut engéliénVprÀtaGtricè tant q;t*le 
priiKipe4lrir«i.pi-éffBl(Ut>danl la toaéU, Malaqui dajuIa.Mflte 
touxnal, dm» UQ gnnd uoinb/o d'ouicwns , i i'oftpreuioii de 
i'£glis6', ainsi que VaFoueàt les sp^k>patf» iB^tne delà {»iïisBanc» 
tcmiMM'blle . BoMoet et Fle(U7. Dû reste ■, .ks «b«t. copin- 
ncipe,«t)MBais,dans'lenrsplQi;grands emporte^ 
iirtmertieats ,ae pi^tendireot.s'oCCupei: du spiri- 
d'uaidroU quileur lAt«ih«'ent, -etsâm l'eeOB'- 
la'loi'dîvînfr^ l'immuable règle .de leur panyoit. 
U révoltttwn ^ Hétat , pour kquel la lelt^ou u'^est 
le, mail un ^nple fait, s'est eotièr^ment s^par^ 
ritudi car le budget ecc!égiaRtique,'la nDmiiia- 
(i<Mi des ëyëques, l'épithéte de religion df l'état u'impUquent 
poiat, dai^ le syat^e actuel, la nptio^ d'une teligiofi vwo, 

£0Df d'une égple cpnditipn, Ct que« dés-lors, le siinom conservé 
Il hxdig^ ca^itft^qffa gfa-lii cliaric n'est plo* ffi'une disti^e- 
lion pw^meçt boaDçî^me:,, ^ Jui est accvnl^ k tit^^ <U culte 



(7) 

praCen^ par lantajoriléde U natiioii, et nOD point à titre de 
,Wrît^ Il «t donc évident que l'ordii ancien a été déUiùt dam 
■abaMméme; nui», auliieadei«Qoniu>ltre<jaec«cIuiigeineht 

fondamant))! eQtratne non moins éTÎdeininent l'abolition du r^ 
^ime ^taan^ d'un principe l'^pqdi^ aujourd'hui, on veut gue 
r«Ut, devenu incroyant j conserve, relativement à la sofltt^ 
spiritodle , le. genre d'action qu'il ezerçolt autrefois coni)ne 
état croyant à la religion. Il est aisé de prtivoirtoutce quïdoit 
sortir un joinr d'un système qui place l'Eglise sous la double 
pressioif de l'athéisme légal et du desjiotisme administratif 
combinés* 

Mainteaaiit., si l'on ct^nsidère que le parti anti-cliréiien ne 
TondrOit pas encore une persécution sanglaiile , à cause de la 
résntaïKe qu'elle provoqueroit, on comprendra que toute sa 
tactique doit consister exploiter ce système de pei-sécution 
légale et «duàniatrative. Les premiers coups tombent sur iM 
ordres nl^eux , qui sont ea efiêt comme les remparts^ avancés 
du caibolicisme; c'est toujours par leur destruction que les lé- 
volnliôns proteatantes et philosophiques commencent, et cette 
première destractioa d^ane le branle it toutes les autres. Pim,- 
poser en ce inoment Ie«r suppresùon totale, ce sert 
vite ; mais •, de mâine que dans la convention, lor 
péeoîtpas^re addpttf de suite le plan de quelqui 
sacre , on efsayoit d'abord, de faire décréter le 
principe i de même atjowd'hui, la faction cherdi 
dfl la iiaine qu'elle a excjitée contre les Jésuites, po 
criter enfiriacipa la destruction de toutes les co 
religieusei. La société de Jésus paroît seule sur le l 
cus^; mais sa coodamn^ttion seroit pour toutes 
un arrêt de mort dont l'ejiéculion ne seroit pas long-temps 
ajournée. 

CottefertiiOn hypocrite' yeut en effetj à l'oqcasion des Jé- 
tiiile» , ressi«Kiter à.- réft^r4-,4". ordres rehgiepx l'ancien 
régime , non pu en ce, qu^il ^voit de dispositions protectrices ', 



(8') 
mais seûlei'neat eu (aot qu'A peut fûwiiii', pour tes- suppcuner> 
un moyétt <[ue ne présente pas le. rëjgÎBie établi par là chaitef 
de sorte qu'ils s«roietat en OiéÀie temps d^ouill^s de Jeun pri> 
Tlleges d'auirefoia et excliis âa droit comititin d'at^oard'hoi. : 
^'ancienne' législation suv cette Matière se rattachtùt it la 
croyance catholique de l'état. La l<» , au lieu de ne voir dans 
1(S ordres religieux que ce qu'ils ont d'extérieurét de sensible, 
prenoit connoissaDce du lien spirîlilel ou des voéuîcqni les cons- 
tituent, parce qu'elle reconaoissoit elle-mânteànordrespiritiiel 
divin. Mais aux yeux de la nouvelle législation , qa! , séparée 
de cet, ordre , ne perçoit que des laits niatériels , que peuvent 
être les corporations religieuses 7 Ries autre -chose que des 
résinions de citoyens , que l'état protège et favorise s'il le.Teut, 
non comme sacrées , mais ccîmme utiles , de même , disent les 
publicistés du jour , qu'il favorise les associaUoias d'agricE(ltare , 
de côinmcrce , et qui Sont aussi , comrité toutes les autres , sou- 
mises aux règlements de police destinés i réprimer les désordres 
matériellement contraires à la ttanquilHté publîquet La loi 
connoît' le fait extérieur de la réunion j le lien divin qui , seul, 
ïaltla corporation religieuse, elle ne petit en cobnotli'e. EnSorlant 
el, elle s'est fermée à etle-mémela porte de ce 
il suit qu'elle ne pejit atteindre léï Jésuites 
ir, qti'est-ce qui &it le Jésuite? te tosu de 
: saint Ignace ; unelégislatlon atb^n'a rien à 
romesse faite k DieU. Les tribunaux , corome; 
sont nécessairement renferinés dans le cfercle 
n matérielle, ^bîsqu'ilïu^xistent, les uns que 
, l'autre que pour l'exécuter. Aussi n'y a-t-il 
mmoyen de i:(Aistalerinridiqueméntla qualité 
de Jésuite^ Tels sont les résultats nécessaires de l'ordre social 
moderne, et vous n'Êtes pas maître de lesarrêter, parce qu'ils se 
trouvent, k certains égards, Favorables k des lioUmes-qUë Vous 
n'aimez pai. L'état, tel ipié vous aves vOuItt Vous-niéine qu'il 
fût constitué, ne les approùVfrni n6 lés réplWnf*, 11 Ife» Ignore ; 



I 



(9) 
il n'est ni i&ufrtqoeni anti'iéguitique , il est inJHfôrAit. V*aIoit 
qu'il étende son action dans une sphère qni lui est inTiflible ( 
qui) atteigne ce ^u'il ne peut pas même connoltre , ^est poseï 
le printipe de la plus monsltueuse tyrannie. Pwir Ie« goiiTâ-- 
nemeots Jeomme pour les indi*idns j toute puissance légitiMe e«t| 
reDterÔMÎe daiis'les bornes de la'conBoîâsance , et Di«u lui-infime 
ne peut tout <^ parce qu'il connolt tout. 

Embarrassé par la charte , le parti anti-chrétien se relranchk ^ 
dans Pancic» régime) il cite avec up respect religieux les arrêts ! 
des parlements, les édits royaux qui proscrivirent les Jésnitéi. ' 
Mais ces actes n'étoient Qu'une ajftpUutioti vrtf e ou faUsie de la 
législatidn qui ét^t alors en vigueur; mais cttte légialatioB étoit 
fondée sur la recètihOissance et la sanctton civitcs des obligations 
spiriturflêsqaî constituent les corporations religieuses ; mais cette 
reconnoiïsance et cette sandtionseKoienteHes-mèmesauprincipe 
fondaitienlal de l'ancien i-égime, la vérité légale de la religion ca- 
tholique. Vàilli où nôiis ramène votre argumentation parlemen- 
taire contre les Jékuites du dix-neuvième isiècle; tartufes poli- 
tiques , quVm dîteS-TOUS ? Vonleï-Tous ressusciter la théocratie? 

On voit maintenant comment la proscri[ttion des J^«iiito!«> 
raltaéhe k nii plan bieh'plus vaste de persécution , q 
à priver Fcglise de l'appui de I^mcienne législation 
liberté établie par la légidatioii nouvelle , pour ne co 
fune et de l'autre qâe la partie hostile et oppressirt 
tjgime étoit exécrable pour son intolérance, puii 
troyoit en Keuj admirable, lorsque Tétât refui 
lérance à des moines, J^ranchies de toute si 
gothique , les lois , aujourd'hui , n'ont plus de cro 
l'athéisme 1^1 est une de nos libertés. Hais alon , 
front persécuterez -vous des hommes paisibles, parce qu'ils out 
fait un vœu k ce Dieu que vos lois ignorent 7 Oh !: c'est qu'elles 
ne méconnolssént Vordrë spirituel qu'aËn de ne pas s'allier à 
l'Église : mais quand iVya lieu h attaquer l'Église , alors elles le 



(10) 
raccHinotSKitt. Voilà ce.qu'on appelle aotre droit publk'Concti- 
tutioancl . 

Je passe »oiU tilenoe lea argumeots sinistres que l'on va cher- 
.k cher dana les fastes sangtants de la légiiladon révolutionnaire. 
f- w Les lois d'alors, si riches âath^me et 4'ii>toUrapce^fareiit , 
Jp îi est vrai ,- le siJ>Iinae de l'ordre social , dont la faction prépaie 
B le rétablissement. Mais si ce régime der.oit être porté bientôt 
y au même degré de perfection , en vérité nous serions bieu 
I simples de discuter une question qui ne tarderoit pas d'être 
f tranchée par le glaive. 

Toutefois., il ne parott pas qu'on ose encore briser l'ordre 
établi, pour faire pesersur l'Eglise, et sur elle seule, une légis- 
lation impudente, qui, combinant les mazimes du gouverne- 
ment absolu avec le génie de l'inquisition révolutionnaire , 
n'en seroit pas moins proclamée , an nom de la charte, par nos 
parleurs de tolérance et de liberté. Hais, à début de mesures 
légisbtives, on a toujours une grande rew>urce dans notre 
gouvernement conslitutioDtiel ; c'est de faire les choses adminis- 
trativement. En conséquence , le parti anti-chrétien se borne , 
pour le moment , à demander une ordonnance qui replaceroit 
lédcale dans la dépendance de Vuniverûté , et ren- 
'Ëglise de Franceles bienfaits du régime impérial, 
e la compagnie de Jésus,le'gouvernEmeDt duRoi 
frapperoit tout le clergé, ou plutôt la Religion 
:n attaquant le sacerdoce dans sa source ; tant il 
s'agit d'autre chose que des ïésuites^ et que les 
dont ils sont l'objet désignent une plus, grande 

boliques ne se le dissimulent pas : le jour où celle 
ordonnance fatale amroit paru , le mioistèie auroit arboré l'élen- 
dard de la persécution. Point d'Église sans clergé , poiot de 
clergé, surtout dans l'état actuel de l'éducation en FrancçL, sans 
établissements secondaires d'éducation ecclésiastique j point 



( >o 

-évêques. Quand doue tous nous dites que le droit d'avoir des 
petits séminaires est une concession qiie l'Ëtat a faite à l'Église 
et qu'il estmaîti'e de la retirer, c'est Comtne si tous disiez qu'il 
lui fait concession de Fe^istence. 

Il est manifeste que 1q résultat de la mesure dont nous parlons 
seroit d'établir une guerre ouverte^ permanente^ entre le clergé 
et le gouvernement. Pour comprimer i*opposition catholique , 
celui-ci seroit forcé de s'appuyer exclusivement sur le parti irré- 
ligieux y de lui donner de nouveaux gages >de soutenir cette 
piemière violence par de» TMlences nouvelles -, et tant que le 
clergé ne consentirbit pas à réconnoître , dans ce tyrannique 
usage de laforce ^rexercice légitime d'un droit, il seroit néces- 
sairement traité jp ennemi implacable , dont il faudroit enfin 
se déban*asser. Or, sache2-le bien , plutôt que d'abjurer, en 
approtr^ant cette tentative de schisme , leur foi sur' les droits 
inaliénables de Fépiscopat^ trente mille prêtres aimeroient 
mieux porter kursttétes sur Téchafaud. 

Vosl9cripium, Une cômmisnon Tient détrc formée pour aviser anx 
moyens cl*as4iir#r ,C exécution d»$ lois d». r&yç^vm^ dans touta UêéeoUM 
ecclésiastiques secondaires. Dans notre prochain numéro , après quelques 
réQexioiis sur la tournure qui vient d*Ctre adoptée , nous discuterons spé- 
cialement la question inctiqaée dans le rapport au Roi de M. le garde 
des sceaux , question différente de celle qui a voit été., soulevée, par le 
rapport fait, Vannée dernière, à la chambre des Pairs, Vroccasion de 
la pétition de M. de Montlosier. Pour le moment , neus ne faisons aucune 
conjecture sur le parti que prendra la majorité de la commission. Mais» 
d an autre côté , on nous annonce qu il existe un projet d'ordonnances , 
par lesquelles., sans détruire complètement la juridiction des évéques 
sur les petits séminaires , on frapperoit ceux qui sont dirigés par le» 
Jésuites , en même temps qu'on ne toléreroit plus qu'un seul petit sémi- 
naire par diocèse. Ce«eroit toujours un commencement d'exécution du 
plan que nous venons de sigi^aler. Encore une fois , que 1^ çatholû|u«s 
soient attentifs : si Ton fait un premier pas dans cette voie , on ira loin. 



• • • , 

1 -■* 



• • • * • » ■ • 

hi^TOiBE DE Fraîigë. — ^ Table0u hktçrique . e£ pitlorcs^ue de 
Parié ^ par M. dç Saint-Victor (i). -^ Estais sur l'histoire 
de France , pat M. Guizot. 

(Trbifièiné AttifckSj 

.' ■ • • . . . •..'..... '. 

Nous l'avons âéj^ dit, et nous ne saurions, trop le répéter ^ 
rien ne ressemble moins aax^ temps et aux idées moderne^ quç 
Içs temps anciens et les idées ancienn^f.Pcxur çoniprendre quel* 
^le chose aux premiers cuécles de notre .monarchie > il £iut 
se séparer entièrement par la. pensée de l'ordre, de cjiose9 
dans lequel on vit^ des principes sur lesquels il est ba$é^ et se 
transporter dans un autre totaleme^t différent. Appliquer à 
l'époque de Cloyis ç% de Chadem^gne les grands axiomes poli- 
tiques qui ^ depuis long-temps^ gouvernent les états de l'Europe , 
juger d'après eux la conduite; de nos ^ncêtres , cW s'en prendre 
à un enfant de ce qu'il n'est pas encore honune fait j et c'e$t 
cependant ce que l'on a trop souvent à reprocher aux historiens. 
Ainsi que de dissertations n'ai-t-on pas faites sur la faute politique 
que commit Clovis ^ et que renouvelèrent ses successeurs , eh 
partageant la monarchie ! Mais Çloyi$ ne pouvoit avoir que le$ 
idées de ses contemporains ; celle de l'hérédité du pouvoir étoit 
encore vague et confuse 3 celle de son unité n'exiàtoit pas* Enfin, 
celle même de la royauté > telle qu'on l'a entendue plus tard , 
c'est-à-dire d'une magistrature sociale, protectrice des intérêts 
de tous 9 tenant sur la terre la place >de la; Divinité. , n'est guère 
applicable aux chefe guerriers, de tribus* barbares , à peine éta- 
blies cft encore comme, campées sur une terre nouvellement con- 
quise. La royauté étôit héréditaire dans une famille : mais il 
paroît qu à la mort du roi tous ses fils héritoient de ses do- 

(1) Chez mademoiselle Carié de la Charie » rae de TÉcole-de- Médecine , 
n*. 4* Huit volumes io 8<>. Frii^ avec atlas : 120 fr. ; avec les plans seule- 
mi» t : 68 fr. 



( «3.) 

maineset du iitxfi âekur père,qul,lçiir doonoU droit à Tiioin^ 
mage des penonâe^^lilMP^^ Ch^WAil^ 

]e plus grand nombre possible d^hommes libres ^ afin de se faire 
donner un pluâ grand nombk'ë de proVinces ou 'même de se 
rendre maître du royaume entier. De ta des desordres et des 
gu^in» cc^it^|ieI]^^pfirc^,qi^Jtçp9Hf<W?eA9il laissé «j^jwUagf 
^t restait. au plfis fr^,; 4^ 1^ <^»«4^ >IWV>pt|PS «I ^*fafl^am9^^ > 
f;»Wfi^j^9it}^st^fé^g^^ J^Hrf frs^puleur^cïWiWf t# 
n'est qu'après uBçlongiiG C2|p^eiaiçe.,4^».4^f^VfS qu^.r^uit^ 
toient d'une p4r6iiH9;Ioii 41^iy^Kf ; ]iar9<|UQ V^tvcoa^ili^nQa ^ 
prendjre. de la ttM^tii^h mtm^h d<iV4l# un lQ||t,pli|s hfH»^ 

gène , que d^ M4^,v)p« JmM f% i^m 9m^§w U tnmvmifm 

dappavoirtrois^^(^,pto)çd9tl9to49«f^« , .... 

On as attribua )^4^^,4^^Q«il^|ii9^> )^ l^^ujea^tniii 

des mdo^ 4h P»1w* »<ïaiir.a|ffàs 4VW topg,7«^^ 
tutâs des rois fpîbïiSfM ^«^p8j3tes.»;fiffif^l9tfpa^ l*»4^î«4»ff ^ 
mais de nonve9§% ia?Mi||a|î^S qi^V^^a^prq^DMMttl^'d^W*^^ 
révohïtion diç^ Wl^s^pll^ gôï^rfei: î^eU tlJftPH ^ Ï^PW> 
oubdegén^i^fiQf^^^iî^i^^eâ^^ftrà, Ce&J^, 4^^f^>;^it,i 
une nauv4lf coffqu|(^::^a,di^pfii^iafi d*uiie BfFmM^.||q^7 
plade deFfam^, l^r i^fe aH(ce<p<^fip{^ plpi ^^MfW^ /**lw 
l^f^lîâre» BJ^^ Goîxffit»! 4aû» «es JF^fo» 9^rfl^igiofI^4frJ¥Ff»^ ^ 
dérdqpp^ -»i^f5c.|^uopwBrr4^ .clafffté .la. lywfti^?^ do^ ^9lfl^m 
celte révçlfftiç»-* .•,.-. ..I / . 'jr') '»:;;.'. [-..-r- •:,.' [>:. 

Daiuiles t^^^efl^F^.t^es qiy s!oB^9^|^ eijjUeites rois ^^p^pf | 
la division bphMi ^(éii^cale , la:Sel]^e,^'%;^)\^olj^> «ç^t;^^ 
était.ce)Ie des rojaumeSb^p, Si[^uftriiç 9i4'?/)^asirasie. Jfl a'^P«(§ 
pûssiMe 4e poqnj9itifeA'^x^j^fJrcg«i^igBJ^^ 4?es ^Jif éj^^f f 
mais l'un comprenoit les pays situë^^f^^ j|>^ie,pt jiajl^i*ftç.| 
Vautjfcp^ilf flii;«!^ten4pient eptre.î^^jjj^jtjïepft^n. ^p^ le 
rojAliwe fi^.Np^^tfiie ,,tef;iFjÇV¥î^ jje Gaulpfis, c» 

bi£9 aiHASt npinbiieta. qu^ew^ s'«io|€|¥rt|l#^se pénétrer' pffi: les 
mœaçs 4» peu{*e€Onq»i?iJ ©t uii# fpî%7é|t{d^)j^s j, i,ls.s'a^aHqr^t 
et se çi?ilifèrept )>iei|iô^vlie6 cités g9HlQife^>si^^fi9t relçx^^s de 



( »4) 

Uun rulnei ;' les sucQflMeurs de^térribléi i^W cheVèloi darifit^nC 
let pli» <lotue €tles plu» bHj^knàk Sss'hwmiÊtàÈ^ 

• • • 1 , 

. Qaatn hosah 9At%ié9, d'on pu traoqviUe et lettt| 
Premeiioleot dMii t*airb le monarqae induleat. 

ïféittàtiat ]h , $doii'Ies bistôrieAs du temps /let ^lidst|rB'(|Qi 
aToient rcjnphcé leB babUiides-giierrUrâ douleurs pérès. >I^ 
tMtitm avô&t généraléiiieiil siii^i réxànpte de •€» prinioes , êl f;^ 
Ifenstrie moit prô fc nom de J^tmcia romana ^ par opposrdoii 
k <5el«n de i'Wi flcÈ(» ^^^eilémida qcfèitûii gardé TAattraèie. Led 
Frattet deeepays , qinf t»ûehei< aii bereeeu des trltms gèrnuitn^y^ 
et qitr entf étenôit areeétles des tehittms fréquentes, en div%Aent 
conserve les mœurs ? la civjlisatioîi n^a^ir^ft pas &Hé^ leiir' énér^ 
gteyque renMrdoienf des ïmîg^atiiotiS éoiitfalUeTIes dé la 6ër- 
ttiaiiSê. -Une Ititte îfitatx éu6% danqitoste la monarctnê desr 
Fi'ancàf > ent«e h péUtoir ro jal etj le^ grands pro^éuires àf laf 
tête desqndS' éUàeùit lés maires du palais , cent d*Ausftràiiré*V 
cbefs d'une arîstoèratië f^lus liomogèoe et pins compacte , où 
les mémes^ ihœurs p la mStne iiHpulsiôn' dbmfooient ,- acqulroit 
ub pouToir immense , et bientôt la knaïAé devint hété^itàirë 
AètÉk la -fetJdillè des Pip^ins ou T'epiiis. Tarndis que la Neustrie 
étoiten-proie à déS' désordres sans cesse renaissants , les Francs 
d'Avstrasie se trouvoient ralliés autour d'dne fiimille de béros; 
ils paixoururent la Gaule entière & la suite de Gbarles Martel r 
le^ rois de la France romaine ne purent tenir devant l'ascendant 
decesguefriè^ft^nouvéllèment venusdesrivesduRbin. I^m'aires 
d'Austrasie , seconde par un mouvement national, prirent leur 
place , et il y eut comme une seooude invasioasi de la Gaule par 

une nouvelle tribu germaine* ' 

Aussi, sous'Obarlémagne^ le siège de l'empire itit replacé 
dans la Belgique et sur les bords du Rhin , au cœur de l'âneiënne 
patrie des Francs : les- résidences rojales ne sont pins Soissons , 
Paris ou Orléans^ mais Wc^itns, Padei^borû ou Àix-^la-Cbàpelle: 
En concentrant sur ce point toutes ses forces ; CbarlemaguÊe mit 



( »5) 

h Gaule k rabri de toute iifrafliôB nowMHk. Ce print* jfmm m 
vie h eoinbattre et à doonpftr , jihii|m éan$ hmn (àrétè , le» 
conqu^anls de FEurope occUleotale ^ à comprimer à sa source 
Vas inoareDieht qui prétipitcrft sans eesse sur eU# de non? eaift 
dëbordemeots de peuples. Après b plus tenjble et la plus Ungae 
ré^stauoe , les Ffisons , les 'HMiiiiigieiis i Isa Saxons Coiafaèveot 
sotfstonpoiivoir.' Les états qui se formèrent eaCetnuuriedeik 
dcbris de Tordre étabfi par ^ oa^Uétaiît y asroMiit da digues 
àdenouTslles invasions: ArrCtë par eux , le âuMKvemefttqvA 
existoit eaoore daûa les peuples batbaixés ^tués entre le Rhiu ei 
laVistttle, futoUîgé de prendre la Toîe dea expéditions foati- 
times ; ôiais quelque dâsasCTtfuaél , qhelque meoaçsalrsqtf elles 
fussent, eAesnepouvoiéntaroîrlesmémesresultBfs. Lesincursipus 
des Normands se beimëi:iBnt k qudques ravages, et à roceupàtien 
dune province de France. 

Charlemagne» l'un des hommes lesfto étonnants de tous les 
temps , est surtout uà prodige pour le siècle ofli il véè^t. An 
sein du désordre etde l'anarclne ^sa main puissante éCiblU aâ 
pouvoir unique , respecté, prient partout» toujourft agiaBaat,) 
sî la seule force des choses fit tomber en dissphitian , i^Mrès sa 
mort y la monarchie ipt'il avoit créée , cela même donne la pins 
haute idée du génie d'un prin)ce qui sut, - dea éléments les plus 
discorda , former le sjstème le mieux orduBné'eaapparwçe f 
inais dont toute la force résidoit dans ' le gpand' ho&ime qui 
Favoit conçu. Là monarchie administrative deCSauirlemagneétoit 
un essai prématuré dans une aociété où tonl tendott au démei^ 
brement, à Tisolementetà l'indépendance dés pouvoirs locaux^ 
c est-k-dire au triomphe du sjstème aristociutique , dont lui 
seul avoit arrêté , pour uli moment , la marche toujours pro-r 
gresâve^ Ce seroit donc à tort qu'on impuleroit l'état oii tomb^ 
la France sous ses successeurs à leur foiblesse et k. leur incapacité 
seules. M. Thierry, en indiquant lea causes du démem])rtti|eiq( 
de Tempire de Charlemagne, lait un Tapprocheaneal ingénieux, 
et qui se présente de lui-même > entre cet .empîi;e et celui de 



( »^ ) 

duoAaparte : «-Si vous, voialei ^-^UrU:/. çoinpreii^re Iq yéfitable^ 

sens des trbubki qui luivirent I9 ^prt^^ù prepioier eii^pci'Ruv de 

raos'fniBke, ottbU«^ un instaatt v<^ lecture et reppr^z T.otre 

attentionisiit «lii éy^oement reçeo^tlaxhlite dq r^ippite tr9kïi<- 

çais.'IîorBq«e'v)CMigatrez vu la n()i6itîa.der£uropegou«^/çi:méepar 

les niembiies d'iinè seible faInillé^, et Wviljks de liome ^ d'Ams- 

HeéàpM 0t deHaoatHnwgJievenir de^ che&Ji^uX d«ï d^partçineuts , 

rretrrouB cru que cela pût* dwner ? Quand en9«it0;'ti guerre a. 

détruit €6' que- la gherre avoît crâf ;i{uaad}es Italieusi Je^ Illy- 

rfeuà^ les Suisses, lès Allemands:, les Holiaiiiib>is> ont iççs&é 

cfétfft stt)«ts du mime empereur^ c«ttp «épàf àtion voysËirit-^Ic 

fenppé coiAMie uu bou)âYe!rsc>iiicnt*'de tsF société? Cette cat^s- 

irofh€f siri^ée; sons 11091 yieux du ;yiv^|.iiiéme dii f^&d^t^ur 

de l'einpivè , ftut^ i^n. «ngdii«if. cpBtraaIe' bt^sc noé 4;oD)ectares 

historiques sur la durée de la domiBation.frtoli^) si Charle-. 

mâgttçeÙt Téca:pkà lopg-leiiipsow: si^son âls lui eût rM<QinMé. 

hù Hbaintiefti de Kinipii» franlç ne dépepdoâtpes , CQmn|a tant 

dtifcttoriens'Fontidît en copiant ttontes^uieu, du t^ni^^r^^^t 

mfa entre ice qrdues deF^t., dé ^occupation donnée, a la no« 

biesse^jpQur TeaiqiécliGr deicôrtneriàes desseins-, et dé U'^CMiiniis- 

sioil filiide'^cs^eiirsBts'du prince; Il sié s'^isès^È^it nÂ4V>r0r^^ de 

11S!t|it,'ni dsmhlesiie, ntde»asitrèspUfisifiGati6nss&oi%le$ 4« la 

nionartcl^ miodèiw^ il s'agissoii'der^te^r idansiun^^lfii^^ion. 

fdttée pltiudleiiis^pjso^les^ étrangers Tua à FàiUie^ietdiQi^ la. 

jj^^aM («fpassotenilc peu^è conquérant encmUsationj^^/en, 

hébilèté poUt^Ies^ffiiir^;^. Léjoicnnem^fiitdip^ girajpds 

dril))iîl^ fi^f ri^ iè ' plus ordîfnaàtiêbttelit^iiu'ià' Sa iiiài:^:de* leur 

fbndateuiv ;>p^è«ï^*êngéttéiteV;^l^peii{4eB limitent aVaven-> 

tufr^* é^^iiendetic fqa'w^ .dérangement qu^cp&que JamvfcfMr- 

tôsse ^ôlt •ntîe^dc^âsleHiv èote m^ ? prféexie :dn ^Tfaeike» v Cette 

loi ', s&urêtf datant de|ugeme»lBidiiaavogablaipnMif>ncés^0D|re 

lèsftbdie ceuc «^ J'iiiatiairé qnsAifîe de.'^rafidsipiiacés^ n^est 

cependant ^int absolii^. Mous en avons eu là preuve' danf; la 

âtetUiée â<u«|(i9iottmleà qui le UitÊed^ettipircur.fut qnlevé.dans 



Hge de la forcé y rèrs^^'îl h'aroîc encoi« rien pértlù aie s^ ta- 
leHls militaires et do son ^Rer);ie politique. Sans doute 3 ne 
suit pas de eet exemple que les enfants de Charlcmagne doivent 
être re^di^ comme de grands génies , niàk c'est tin arcrtiflae- 
ment pour \eè histoHens d aller cb^cher les causes des vëTola- 
lions de ee monde ailleufs ^é dans le plus ou moins de m^-^ 
rite des têtes couronnées. » 

Le système féodal , dont on doit cherehei* la pfemiëre origine 
dès les coHâiî^encements de la monarcliie , m^s qui ne se c(»iso-' 
lidà en acquérant la fixité et l'hérédité que dans la lutte des 
grande contre les rois Catlovingiens ^ renversa ces princes: en 
s'établfesant. Cette ré^otiijtion fut d^une tout autre natare 
que celle qui les avoit placés sur le trôné : héritiers des tradi- 
tions nionarchiques de Cfaarlemagne , mais n'ayant pas son génie 
pour les soutenir , leurs prétentions à l'unité du pouvoir et 
leurs efforts pour l'établir lés méttoient eti guersc avec cette 
confédération dé petite soilvérains ^ qui s^établissoit et s'orga^ 
nisbit dans toute la France. Bientôt > le plus puissant des sei- 
gneurs féodaux IcfS déposséda et s'empàrà du titre de Roi. 

« Lafdiblesse des descendants dé Gharleinagné^ ditM. de Saint- 
Victor, plusgfancte encore que êéltëdela postérité deCIovis^ les 
fit tomber d'un trône dont ils s'étoient rendns indignes , et il.^ 
tombèrent «aux acclamations de toute Une nsltion^ qiii ^ âldrs^ on 
ne doit point se lasser de le redire ^ n'avoit > ni sur l'Méfêdité 
légitimé i ni sùi* l'ordre dé la suéèession au ponVôif politique^ 
les idées âalûtôires et pins justes que, depuis, elle à su acc^hérir 
et qn'tm long uâagc a consacrées aU milieu d'elle, ponr son bbti- 
benr et sa gloire. Dans ces prerafîél^s temps de la monarchie 
frsmeaise , ce n'étoit pas un droit suffisant au trône que d^étre 
du sang royal : it fàlldit encore .^ifn? utile à . la nation pour pré^- 
tendreàdevétiii-s6nroi;« -> ' 

On a béMidOttp déclamé et on déclame encore; stir rusiirpafti6n 
ffsi^Ètém, dtip^out^îr absolu , lél chefs dé laseconde et de la 
trot^tèm^ I^Me dé^W rol^.-'N^ ëVoAs vu quelles Turent les 

9 ^ 



(i8) 

causes qui le» porfitrent en quelque sorte sûr le trône. Mais If 
lie £aut pas croire qu'en rejetant et en remplaçant des race;; 
dégénérées y la nation qui chcMsissoit le nouveau roi ou les 
chefs q«î avaient dirigé et tonfirmé son choix crussent avoir 
commis une action coupable devan( Dieu et devant les hommes. 
Les idées dfe légitimité et à^usurpation.^ telles que nous les com- 
prenons , telles qu'elles se sont établies dans les sociétés chré- 
tiennes pour y devenir ki garantie tle Tordre et de la stabilité , 
n'existoient pas encore. Il suffit , pour s'en convaincre , de lire 
cè.qHa écrit sur ce sujet ÏA. de Saint-Victor , dans son excellent 
Jivre. Parmi les dissertations remarquables qui le remplissent et 
•qui font regretter qu'il n'y en ait pas un plus grand nombre 
encore, celle qu'il a consacrée à ce point important est l'une des 
plus intéressantes» « Que devons-nous voir , dil-il , dans la race 
des rois Francs ? Une famille plus honorée que les autres ^ où. 
•la nation a coutume de choisir ses chefs , mais de telle manière 
cependant que tous les membres qui la composent peuvent 
prétendre à l'être , et souvent tous à-la- fois ^ et quel que puisse 
être leur degré de consanguinité. Quels sont ceux qui élisent 
ces rois ? D'une part , des seigneurs libres propriétaires qui ne 
leur ont iamais engagé kurjbi ; de l'autre j des vassaux que la 
mort de lem: suzerain a déliés de tout engagement: car le vassc- 
lage étoit personnel , et rien n'est plus attesté. Qu'exigeoient-iU 
de ces rois ? Qu'ils fussent capables de les coçimander ^ de les 
défendre , et ils étoient jugés indignes du trône lorsqu'ils étoient 
imuiles à la nation. Que devoit-il résulter des droits établis sur 
des conditions aussi rigoureuses d'une part , et sur des pbliga* 
tions anssi légères de l'autre ? que la race entière seroit néces- 
sairement re jetée dès qu'elle au roi t dégénérée au point de ne 
|>lus offrir que des princes incapables et imbécilles ^ parce que j 
nous le répétons , selon la maxime fondamentale des France , 
un prince inutile ne pouY9>^ ^^ ^^oi* Pépin essaya de sortir de 
cette situation fausse. at 'incertain^ ^n faisaint îniertenir ^ |>uisr 
sance spirituelle $ seule capable ,. e^.efiet^ de donner la ftiillé h 



( «9 ) 

toute loatitution poUtique,... Mm les coutumes de la nntion , le 
partage qui coi^tinua d'cU-e fait de la pjuvssance royale , le lual- 
heur. de& temps qui rendit la noblesse plus Indépendante encore 
qu'elle ne Tavoit été , surtout le m^piris dau^ lequel tomba lu 
seconde race qui ne lut jamais aussi respectée que la première , 
tout $e réunit pour légitimer le choix d^une aiouvelle femllle 
royale ; CcU* les princes auxquels Hugues G^pct fut substitue 
étoient au moins inutiles ^ et Fun d^eux avoit fait uU liotninaîie 
qui le rendoit étranger à la nation et peut-être so^ ennemi» De 
telles coutumes et de tels préjuges composoicnt sans doute une 
fort mauvaise loi d^faérédité au trône. On ne prétend |)oint le 
^ier : on soutient seulement que ces coutumes, et ces préjugés 
existoient; et tant qu'on ne comprendra point ces choses , on ne 
dira que des absurdités sur les deux premières races de nos 
roiSk » 

Les savants se sont partagés sur l'origine de la féodalité : on Va 

• • \ * 

vue dans les forêts de la Germanie : en l'a vue aussi dans les 
stations agraires de l'empire romain. Elle y existoit en effet , 
mais seulement en germe ; car le système. féodal , comme toutes 
les institutions fortes ^ fujt plusieurs siècles à se former. Deux 
systém.es de propriété existoient simultanément dans les pre- 
miers temps de la monarchie , le système allodial ou celui des 
propriétaires de bien» libres ^ et le système oénéficiaite y ou celui 
des propriétés reçues du roi ou des chefs , prppriétés non héré^ 
ditaires , et n^ême révoc^Ies en cas de manque de fidélité, iPar 
anesuite.de circonstances qu'il seroit trop long d'énumérer , 
tous les alkux se changèrent bientôt en bénéfices , et les béné- 
fices tendirent à devenir stables et héréditaires. Ce n'esit que 
lorsqpe.leur l^érédité fut étaiblie définitivement, sous les der- 
niers rois Carlo vingiens , que le régime féodal se trouva orga- 
nisf£,.et sa vaste hiérarchie , qu^unissoient les liens du vassclage, 
fut àx|3f« tfçs.rois i qui conservoient les traditions de Charle- 
magne et prétendoient exercer un droit direct sur tous leurs 
SHJe^, l^!. purent tenir devant les institutions aristocratiques : 

a. 



(20) 

ils furent dépossèdes ; et }e plus puissant seigneur as la confé- 
dération fëodale prit le titre de roi ; mais ce titre étoit bien loin 
de lui donner une véritable souveraineté. La France étoit alors 
divisée en plusieurs grands fiefs dont les propriétaires . étoient 
aussi puissants que les rois, "tels étoient les ducs de Bourgogne > 
de Normandie^ deSretagne y d'Aquitaine ^ les comtes de Flandre> 
de Champagne , de Toulouse , de Vermandois^ etc.^ etc. Hugueâ 
Capet et ses premiers succesd^&ari né régnèrent que dans leurs 
domaines t chaque seigneur un peu considérable étoit, dans les 
siens, presque aussi puissant , presque aussi isolé. Lorsque 
Hugues Capet adressoît^dans un message au comte de Périgueux^ 
cette question : Qui t'a fail comte ? celui-ci répondoit : Qui t'a 
iaît roi ? Celte réponse , dit M. Thierry , sujet de stupeur pour 
les historiens du dix-septième siècle , et plus tard commentée 
dans un sens républicain j ^ne contenoit aucune allusion à la 
i'ojauté élective î elle sîgnifioit simplement qu'un comte de 
l^érîgovd étbît souverain à aussi bon titre et aussi pleinement 
qu'un foi de Fran<îe. 

Le régime féodal , tel qu'il étoît en France et che^ d'autres 
peuplés y ne ressémbloit point à ce qu'il ^oit en Angleterre. 
D2(n!^ *cé dernier pays , la royauté féodale et la féo<&lité étoient 
nées ensemble. A peine couronné | Guillanme-le-Gonqiiérant 
étoit un roi véritable , reconnu comme teî de tons ses barons et 
bien plus puissant qu'aucun d'eux. En AngleteiTé^ lé pouvoir 
r&ya) est fprt , il s'exerce souvent de la façon la plus absolue $ 
nul vass;il ne peut isolément lui tenir tête ^^les Barons n'y ont 
de force qne dans leur uiiiou j leâr coalition est, dès lé pria* 
cipe , un pouvoir aristocratique, qui rappelle Te sénat de Rome 
ou de Venise, où chaque patricien dëvoit à son corps et non à 
lui-même sa force et sa grandeur. En France, au contraire , 
tout étoit individuel 5 nul lien n'existoit entre les seigneurs : 
chaque possesseur de fief, toujours armé j suivi de sa troupe 
pu enfermé dans son fort , veilloît lui-même h sa s&ireté. L'ac-^ 
croissement de là monarchie française n'est autre t)koie qa'tine 



(2Ï ) 

série de conquêtes , la guêtre d'un prince contre d'autres 
grinces qui défendent et perdent de& états. « Le ^ dit fort bieii 
M* Guizot , réside la différence fondamentale qui a distingué )a 
Fcanoe.dfi l'Angleterj» et décidé Ilcmf*l;eii^>$ du sort de» deux 
pays. Les bacons anglais ne furent jamais que de^ aristocrates ; 
ils conservèrent leurs droits et imposèrent à leur souverain des 
institution^, Au onzième siéde y.la France étoit couverte de sou- 
verains : ils furent vaincus et perdirent tout en. perdant leur 
souveraineté. » Si le régime féodal eût étonne véiiuibïe aristo- 
craUe y une association, d'égaux , une confédération polititjue 
permanente y compacte , animée dVn inénie esprit^ e11^ eût 
opposé aux attaques du pouvoir royal , comme à colles du 
peuple y upe résistance invincible. Mais cet i§o1eincnt , cette 
individiialité , qui en étoient le caractère propre . le laissoiejit 
ouvert à tous les envahissements. A peine établi.^ il fut attaqué 
d'un côté parles communes, de l'autre par la i:oyauté. JUat-v 
taque étoit syslématiqiit; ^ P<çrsévérante , tpujour<s. ^cn^ant au 
même but : la féodalité aopposoit que des individu^ ou des 
coalitions niai unies çt pa3Sagère$> qui n'étoieut ni,anjipées 4u 
même esprit y ni vouées au même dessein. Le lien morne du 
vasselage qui sembloit mettrje quelque unité dans la lûérai:cliio 
féodale^ tourna au profit de la royauté ,. puisque le Roi , en, se 
plaçant à son sommet , devint le cenCi^ de toutes les obli^g^a- 
lions , l'objet le plus élevé de la fidélité et du dévouemeAt.. 
Quelque foible , quelque nul que fût le pouvoir royal au dixième 
siècle, il alla toujours gagnant du teiTain : chaque Vfigne lui 
donnoit un nouvel accroissement : jamais il ne faisoit un pas 
rétrograde. Heureux s'il se fût arrêté à temps dans sa marche > 
et si y en détruisant entièrement l'existence politique de U' no- 
blesse , il ne s'étoit pas laissé lui-ipême sans défense contre la 

démocratiiç. 

R. 



( " ) 

< 

' . • ' 

SUR iVTlLlTS Dk CÛBHOITBB LA hlTtitikTOViZ tttl!otOtâ«QV£ BT 
BELlGltUSB DES AVTBES VATIOVS CBBBTlElfNEsi ' 

Le dix-liaîtiènie siècfe| et surtout Ttfpoque qui date dtt coni-o 
inencement clé la rérolution, 5>nt siDgalièFement miihipliéles 
rapports des Trançais areo 1^ autres nations /et ces Rapports ^ 
plus ëtendps'ét nombreux^ ont aussi augmenté rint^fêt qu*on 
prend auit productions des arts et des sciences parmi les étran- 
gers. Les livres remarquables;, dans quelque Tangue qu'ils soient 
écrits y trouvent promptement des traducteurs , et des outrages 
périodiques conéacrenii une partie de leurs colonnes ^ bu sont 
même consacrés exclusivement ( comme la Revue britannû/ue, 
la Rèvué américaine) , à nous tenir au courant des travaux qui 
s'exécutent chez les différents peuples de Fàncien et du nouveau 
continent, ' • '' 

La littérature religieuse étrangère dofit particulièrement fixer 
notre attention ^ et nous avons souvent regretté que les discus^ 
sions particulières dans lesqu'elles nous nous trouvions engagés 
ne nous aient pas plermis d'entrer dans cette carrière aussi spa-J 
ciensé que variée. Plus libres 'désormais^ nous essaierons de la 
parcourir. Jetons d'abord un coup-d'oeil général sur-leè divers 
caractères qu'elle nous présente. 

A commencer par le pays dont la première ^nlle, Jaàîs capi* 
taie du monde , est aujourd*hui celle de l'Église universelfè, on 
peut être sûr que les livres lliédiogiques et religieux qui s'y 
publient se recommanderont toujours paf la pureté de la doc- 
trine^ par une vaste érudition catholique, et nous avons trouvé 
dans les ouvrages périodiques italiens d'excellents articles qui 
méritent bien d'être analysés ou traduits. Nous ne croyons pas 
cependant que la littérature religieuse de Tltalie soit en ce 
moment aussi riche et aussi variée que celle de plusieurs autres 



(33) 

« 

nation» de rEitfopejGela rient ei> pnttie de ce q«ie ces derniers; 
pays sosKt privët d'un autre ëVaiitage;bicoiiipàrableini^ meitleiiTy 
de cette unité. ÔQuifiterifoiB^ue de la foi, qui ia^ r<Krfie«ie|it 
de ritaHe' et de la Péoiiisok, oà^lecâoms deCAnéiîAH ft.do; 
Catholique iùat t€m jours' éU jsjuoliymes. Oe'mt^k$t a>tiic|ues : 
qui produif eut les râistauoes^^'esl dans là lutte ebiilr«4*cirrQiir . 
que la vëritése motttredAii9.tant<0oo ^clat ; c'est -d^tili h gH^fe i 
contre des ad^ertaires;quL<b9Ugef>t eotijtliitienetp«iM<leurtuia.« 
QÏèrede cooibaftse qo'oa uppr^d t eoTisag^rles clips^^uskt 
toutes les. faces possibles, et à reiuDuter aux piriudpqs 6)qdu- , 
luept^ut 4e3 di^Ptrines qui'«e IfoiiyejQt eo présenq^v.C'^i^Hi^i; 
que le catjbulîcismeajaglaisde la-Çjrapde-Bi'ettigiie a vnde^eiivirç , 
dans la. Ike plusieurs atblètâf yigoureusi è çe.tier^mqu^ Mi^e 
oà UafiglicaDisine .^tre dans ;de véritables fureuctr «piprtreie, 
pftpismé y c^t ; ^.okiddrQit* lui faire une gu^re à mprt. ; Plusieurs . 
ouvrages p^IiU<P9, p^rjes thé4^og\ç^s à^ TAllemague .caUiolique. 
inériteroi^.t certainement d*étre connus en. France^ ç^ù^rox^tlPMe, 
po^^s^e ; pa$ même « . que nç^is, sachions j, uue . «i^dust^n des 
œuvres 4^ 'Cipitntf..,^^' Stolberg;» célèbre par i^ cpuversion 
Gomiufe .parj :s^s. écrits,- L'af^ivi lé littéraire des catliplique^. 
allem^dft daps le moment actii^el est prouvée pai\.U4iombre, 
consid^a^ble d'ourrages périodiques, couperet à l!e^ositioii, 
et à la défense dp la religjpu*^ . ' . : . t 

Gependanf* il faut avouer que^ la^ littérature religieuse de 
rAllemagne pf <^tçstante est en ce moi^ent encore plus féconde 
et pluç^ variée que. .celles de rAll^iiagaecatboliqMe^ quoique 
cette mullîplieité de livres sigDaJe |^]us souvent les.aberrations 
qu'elle ne .ccN^&tate les progrès de l'esprit humain. La dispio-. 
portion qi^i eiMMé à cet égard^ et qui a beaucoup diminué depuis, 
quelque Iteipp^^ne doit pas. nous étonner. Â part qijielqties. 
causes particulières^ elle, s'explique asse2 par cctla réflcM^a . 
générale ^ .que cçkul qui se reposent dans une conv^tiou calme 
^profonde ^nt moins tourmente^ par le besoin de poursuivre ^ 
b,v,érltj3 su/. iniUe routes divieises^ et que les théologiens dluiiej 



( M) 

£glis6 qoi recmuiott un pvineipe 4e tok tufëri^iur à la Menoe 
humttne , eC une autofitë cpn fuweflle TeiueigiieueiKty ne peu^ 
▼ent publior loac çe'<}ai leur passe ^ k iMê, al se sevw, ou 
pitttdl ttbuser de leur Aoditibtt pour établit une Ibùb de 
sjstàmes qud^efois ingépieus , mais souvent eiisti trèsJl»!^ 
zarree^ et toujours dëpourviis ëg^ement d'n^e. btte sdKd^. A. 
celte liberté ^ ou plutàt à eetie licenoe des ei|ptnione coamiune à 
tous les (krèiestanUi/ que nous ne saurions ni leur contester ni 
leur envier^ se foint chez les 'Allemands , aiuaqueliiifie femme 
cëUdbre n assigné Fempire de ruÂ^beatieoup d'originalité âan« 
les conetfptions/ un goût prononeé poiir les^q^éoohtions havdiea 
et les réves^ méfapliysMjues^ souéenn par une patience întatt'^ 
gable dan$ le travail; Ajoutons ^e lés productions t|iéo1ogique» 
des Allemands > sous le rapporta la variété et de roriginalité, 
sont Supérieures h cdlîes des AnglkiiSi parce que les tliéologieipts 
anglicans^, placés sous Finfluenee dintéréts matériels, ne sont 
jal6ux qàe de garder intact leur étaUssement ecclésiastique 
intimement lié *à leurs riches bénéfices, tandls^qcieleikrs con- 
iVéres en AUetàagne, plus coneenti'és dans Finlérêt défa science 
c[ul1s cultivent V s'oççp|iient avec plut de bonne^foi de détruire 
eC de remplacer' leurs tnnOndïyrables Sjrstèmes, dés qu'on leur 
iihtontre les Idciliiês et lés vices qui avoient écha|qpé à leurs. - 
regards dans Fardeur de la construction. \ 

' Un rapide aperçu de la marche des discussions théologiques 
chez les protestants suffira pour nous donner une idée dé Finté* 
rât qu'elles peuvent nous offrir. L'inter^Hrétation indifvidu^e 
de FÉcriture sainte étant , df après le principe fendamental de- 
là réforme , l'unique moyen de la. connoissance c^taine 
du chrîstiapîspfif^ , 1^ efforts^ des théologiens protestante ont 
dû y dans tous les temps , se porter de préférence vers une 
étude approfondie du Gode sacré. Aussi les ouvr^g^ pu- 
bliés sur la Bible en Angleterre et eu Allemagne, pendant le 
dix-huitiéme siècle seulement, sont-ils tellement nombreu)( 
qu'on rempliroit un vohinie en trânscriv^iit Içs titres. Ces tr^t 



( ^5) 

vaux, en tanl qu'ile n*afcclenl pas no» dogmes^ ont d'abord uo 
grand întéréi bi$toi'iqu« ^t KtMrakei ^ mais ce qui doit surtout 
attirer notre attention, c'est Vus^e qu'on a fait de Vcxégbse ou 
kiteffi»éta4ion d^ la ]}il>^ tok pour soutenir la và'ité cbrëtienne> 
•oit pe«r f akérer et ta eorrompre dam |es sources. L'bistoire de 
l'interprétation des saiiite» £crit9are» pirouy^ qu'elle a toujours 
été placée sons rinflliene^ de docttines éjLablies auparavant, et di*» 
rjgée par une certaine atislogie do la foi. Les Pàre^ les avoîent in*, 
terpffétées dbna le aena calboUque } ot dans les premiers tsmps. 
qui sortirent la léforme dUcss fureni intmiprétées dans Ip sens de» 
réfimnalenrsy dont le» doetrine$ v^ncvi^ni d*4tre Suées dans les. 
livres spubolici^ttea dos ifffhe» protestantes* Çep/endant^la raison 
individuelle qui atoil réussi il -s^OtHar le )Oug do l'autorité la 
plus grande t% U plua imposante ^ neponvpit stsrdcr à renverser 
les foiUes bari>iàres.qiie Um .<q[i^P!S$ronl^ djas prolessions de foi 
d'une date sisécentei et qiiî»so cowtisf djlsoient les unes |es autres •. 
Toutcffoièles novatoocs, enit'affarilMnssantvgraduoUenient de ces 
entraves^ oontimioient, d^interpcét^R lA l^bln sous l'inâuencib: 
d'un ajFsièttte pvémstànK dans^leur. esprit à cet^ interprétation ; 
c'étoit leid^isme^ lequel^ exposé d7abo|^.dai|S; 1^ o^>(rage& des 
Free^thkifmrv angjai», avoltpâi^tr^ W France et dans ks paya 
protestants. Les philosophes ikançwall^li^tdroitattbutjdîreint : 
l'Ecrituire mnferme des.dboses- ab&ordes y donc ,dki ne doit.pa^ 
étrocrue* L^.théolog«8QS.âUi?inands»aM o^mtcairo , se firent la 
plas étinngeilliision.^ k moins qiJk'on ne^ vo^iUe les accuser de la 
plusinsigne œauvaise&i. Us dirent ; telles attelles cbpses sont ab- 
surdes , contraires h notre raison^ donc Jésus et les apôtres n'ont 
pu les enseigner, et en les fenr attribuant on* les a walconpiis ; 
la £iute n'en est pas & eux , mais h un mauvais système- d'inter-^ 
prétation. Ils tentèrent donc un nouveau.genre d^interprétâtlon 
qu'iU.n'appUquéri^xt d'abocd. qu\dies choses qui ne leur parpis- 
soient pas essentiellement liées aux doctmnes fondamentales du 
christianisme. U est assez étrange , dit un auteur allemand , que 
)^SQovateur$ aient diri^ leurs premiers coups contre la démo- 



{ 3ff } 
noiogîc âe la Bible *, îh s'ellbrcèrent d'effacer de^cro]rânc«i; cbvi- 
tienne^ la doctrine des diémons et du chef, desdéniong (i): On* 
aaroit pa leur dire qulls étoiettt eux-mémei ious l'inâjoence dn 
mauvais principe, ptiisqu'ib étoient efntrataé^ datiSfun 9j$iètne^ 
d'Interprétation qui derott nëeèssaîrement conduis à Pànéiiii^ 
tissement du efaristiaf&Tsme* Caf à peine s'étoifr-en débarrassé 4u. 
dîable, qu^on attaqua suceessiTémeàt tOCis lés auttes^éognies f: * 
et , tout en professant un respeet géiaératpoiw Tllcrkiu^saiate^j 
on la dépouilla cependant dé tout cè*qii'*èUë'Conli6B«de|rflisqae>^* 
les lirres des bonsinès. .0n a^oit contitmé'ttepttlsqiielqiiè^emps. 
cette œuvre de destruction «vaut qu%n iie^Àrigeât àt^scgoMtkm*] 
de la théorie qu^on mett6it conti|iUelleiiieni'en pi«tique^ mai» J 
il falfoit pourtant qu'on fintl par3risonge».^(7èst» aiovs qu«*ôe8^^ 
théofogiens établirent èjstémattquemiçtlt que k ^aiisk)n tadifi^-: 
duelfie-n'avortpasseulëmëiitiedjr&itid^ déi|erlnînércé que Jésu»^ 
et les apôtres avoient dit^, mais eâcérç de dis^iernér, dans-'icê^' 
qu'ils avoient dit îneôntissftiEibl^ien^/ eeqtUueB^ vrai^stdkpliwr: 
tous le» temps, de' ce ^'Us a'avoient dit qôe poiuir s%ccoiiBEnodH* 
aux préjugés de leurs concitoyens et d'eiéurs iBOntemporaiifs<,^ 
qu'ils ne voulurent pas^d'àbord ébfouir par trop^deliimièlfeët') 
par l'exposition de toute la vérrté(9). Otttre cette^ fameuse Ihéo^- 
rie de V accommodation , appelée aussi quelquefois cnf^i^^uff- 
transcendentcde j ott é^lissoit fe^système non moins • laineux 
du rationalisme / onr admettoit bieâ ' une espèce ' de rét^* 
latibn , dans ce sens , que les lois générales de Foinivers odt étié^. 
combinées de manière à favoriser lé développement ptpgréssiË'; 

. . • . . r 

. » » •. 

(i) Voyes : Dw Teufel in Miner Ohnmaeh^,{te Diable daoe sou ip^pAît- 
saace)»' par uo aoti-diabolicos. , — tipoUcgie da Diable ,. par Éberh^rd, , 

(i) Plusieurs des novateurs ont pourtant avoué qu'il falloit nécessairement 
faire un pas de plus, et admettre que Jésus-Christ et les apôtres avoient 
partagé ctn préjugés, attendu que nous voyons, par l'Évangile, qu'ils.' 
n'avoient nullement la coutume de ménager les crreavs, mais qu'ils les. 
attaquoient de front , se souciant Tort peu de déplaire à leurs compatri6te$^, 
en blestant leurs opinions favorises. , 



( 27 ) 

^ la connolssance définitive^ universelle et pui^e des vérités ra- 
tioonelles , ou de ce qu'on désîgiie souvent sous le nom de 
la religion naturelle } mais on nioit la nécessité , et même la pos«* 
sibilité d'une révélation, en tant qu'on entend par-là une inter- 
vention spéciale, miraculeuse de la Divinité , à Tefifet de com- 
muniquer aux hommes des vérités inaccessibles à leur rai- 
son livrée k- ses propres fovées', non - seulement dans son 
enfance, mais à toutes les époques et nonobstant tous stes progrés.' 
En arrivant ainsi au système de la souveraineté de la raison in- 
divîduelle , oh prépara l'action exercée surla tbéologie par lefi 
divers systèmes philosopkiquei qui se sont rapidement succédé 
en Allemagne depuis le niili^ du dbc-Imitième siècle } et comme 
le système qui a eu le plus de vogue dans ces derniers temps est 
un panthéisme modifié, on a vu paroîti^e des" Manuels Je la doc^ 
trine chrétienne, aux auteurs desquels on reproche avec raison 
de ne pas croire un Dieu créateur ni l'immortalité personnelle $ 
d'où il résulte qu'en poitant la moindre atteinte au principe de 
l'autorité, on ne compromet pas seulement le catholicisme et le 
christianisme en général , mais encore ces vérités fondamentales 
que lès déistes mêmes Voudroient conserver. 

Le Globe annonçant, dans un de se^ derniers iiuméros, la nou»" 
vcUe édition de la Bible de Fence, après avoir rendu* justice aux 
améliorations qui la distinguent^ ajoute ce qui suit « «Aces amé<^ 
M liorations les éditeurs auroient dû en joindre une atitré tout-li- 
,B fait importan le, et que nous recommandons àïeur attention dans 
» l'intérêt de la cause qu'ils veulent servir, comme dans l'intérêt 
» de la science : Vexégèse , ou interprétation de l'Ecriture, a faîl 
» depuis vingt ans d'étonnants progrès en Allemagne, gfâces 
» aux travaux de Schlcyer- Mâcher, deNeander, du docteur 
» Paulus , et de beaucoup d'autres appartenant tous à l'école 
» protestante ; en contradiction , les catholiques ont publié 
» d'intéressants ouvrages. Pourquoi ne pas les faire connoîfre 
» par analyses? leur importance est au moins égale h celle des 
» vieux théologiens 5 et, dans un recueil qui est destiné a' pré- 



{ a8) 

» senter remèinble des travaux sur l'Ecriture, ce seroit une la - 
» cuue pour l'histoire, en même temps qu'on Uisse ainsi les 
» ââves des sémiiiaijres catholiques sans réponse contre les atta* 
» ques des facuUéa prolestante»., s 

L'avi» est bon à suivre. Nous ne pensons pas k la vérité que 
les facttUés pr6teslanteg de la France nous opposent des argu- 
ments tl^és de lafiiltérature moderne de l'Allemagne ; elles n'ai- 
ment pas trop parler des pregr^ que 1q protestantisme a faits 
au*delà duRkâi conuase à Genève, sachant bien qu'aux yeux de 
\euf%fidhl€S cèUe marche rapide vêts le déisme et l'athéisme 
même décréditent singulièrement la véforixi^f Mais les ennemis 
dachvistianismèengéBjéralpùurrQieni (ortbien s'aviser d'éeha,u- 
ger les armes philosophiques^ vn peu Msées depuis Voltaire et 
Voiney, etc. , cotitr^ des armes théolpgiques protestantes , qui 
ont encore le icharm^e de la nouveauté^ Pour cette raison, il est à 
d«sHrer qiie , (iidsles^cours de théologie ^ osn s^'occupe. plus qu'on 
ne l'a faitj^uaqi^'îcivde l'exégèse bibliq^^e de l'Allemagne pro* 
testante. * 

U est bon» de ^iQinarquer^iMSsi q^e 4^ no^ jours on parpît com- 
mencer à sentir de ofM^^eau en Allemagne que la théologie n'est 
pas u&G.seienoe sp4<^(iiative^ mais une science essentiellement his- 
torique^quis'occupe^Qonstateretàreprésenter méthodiquement 
ce que les ebnétiei^ e^iniêraeles hommes en général ont cru lou- 
jours etpftrtoujL DeU plusieurs ouvragesconsacrés aux traditions 
de l'ËgUseoukceHesdtt genre humain j le nouveau Testament est 
envisagé tel qu'il auroit dû toujours l'être, non plus dans une es- 
pèced'isokment, mais comme un monument divin auquel estatta- 
chée la chaîne noa i^tei^rompue des monuments étroitement 
liés qui constatent les^ croyances chrétiennes & toutes les épo- 
ques. Cela esisè vrai qu'il nousseroit facile d'établir uniquement 
par les aveux d'auteurs protestanta de nos jours , que Ici chris- 
tianisme pi irait|f contenoit les principaux dogmes catholiques et 
reposoit tout entier sur la tradition et l'autorité de FEglise. 

Accueillons donc le bien de quelque part quil vienne*; V£^ 



V . 

glise e&t la propriétaire légteinie de toutes les bonnoB âodrii^Ci^ ^ 
et elle seule peut les élever au rang des v'érites certaines : car 
ies bonnes aussi bien que les manraises, les vraies aussi bien que 
les £iusses^ ne peuvent être , son autorité mbe à part, que des 
opinions de la raison faillible dé l'homme individuels 

n nous reste à dire un dernier mot sur une autre branche de 
la littérature religieuse des étrangers ^ je veux parler des ou« 
yrages qui, mêlant Futile à l'agréable , appartiennent à>-la*fois à 
la littérature instructive et édifiante* Le goût de la lecture ett 
généralement répandu dans la société actuelle | en vain prêche* 
ra-t-on contre les mauvais livres , si l'on n'en ofFfopas de bons h 
leur place ; et il faut que les bons même ne soient pas ennuyeux , 
mais propret à' charmer les loisirs des esprits cultivés. Or il n^est 
passi£sicile de trouver des livres écrits en mên^e temps avec es- 
prit et dans un bon esprit , qu'un pays puisse déda^ner ce que 
peut lui offrir Sous ce rapport la littérature étrangère. 



SUK t'ANGIHTER HE. 



la première chose qui frappe un observateur^ lorsqu'il arrive 
eiiÂngletCfiTe, c*est k beauté^ la grandeur, la parfaite conserva- 
tion des monuments de l'antique civilisation chrétienne. Quelles 
magnifique» cathédrales que celles de Cantôrbéry^ de Westmins- 
ter, d'Oxford, d'Yorck, de Lincoln, de Salisbury! 

A c6té de ces vieux monuments, qui apparoissent comme les 
grandes ombres du passé , se présente un développement éga- 
lement magnifique de toutes les richesses agricoles, industrielles , 
commerciales* Les palais, les parcs, tous les établissements de 
commerce sont d'une grandeur, d'une beauté étonnante , et je 
dirai preaqu'efirayante. Cartilage, Tyr, ont-elles brillé d'un luxe 
plus éM^iûj^nt ? 



\ 



(3o ) 

L'Âagkstârre porte viâiblemeiU FeiBpft'eiDte de deutcivilis.i'- 
tioits très*diverses : la civilisation catLolique et chevaleresque ^ 
la moderne civilisation de FindustA-ie. Mais la première manque 
de TÎe^ la seconde'de poésie 5 et Ton ponr^-oit dire que ce n'est que 
par industrie que ces deux développements de pâture si diffé- 
rente subsistent ainsi rapprochés et réunis sur le même territoire. 
L'AngVeterroest en quelque sorte le vieux moule de la civilisation 
du mojen âge 1 le Muséutn des grands monuments de l'archi- 
tecture chrétienne ; cette dernière, expr^sssion est d'autant p1u& 
vraie que ces églises si bien conservées forment aujourd'hui avec 
le culte vide du protestantisme un véritable contresens. A quoi 
bon ces immenses basiliques , ce mystère des vieilles cathédrales , 
ces nefs^ ces autels pour un culte sans majesté , déshérité de 
la sainteté de notre religion? Aussi les nefs ne sont plus d'aucun 
usage; on lésa séparées entièrement, par des grilles , du chœur, 
dont on a conservé les stalles, qui ne servent plus que de tribunes 
pour les concerts spirituels que l'on y donne et que l'on appelle 
encore offices. Des hommes, des femmes se rassemblent les uns 
vis-à-vis des autres, et non comme jadis en face de lautel, centre 
commun des adorations de tous. Ils chantent des psaumes avec 
beaucoup d^ensemble \ ils s'y tiennent debout, très^déçemment y 
comme le font des gens bien^ élevés dans une salle de concert. 
Entrez dans une chapelle catholique : à Tair recueilli et abaissé 
dans leur misère, que vous verrez sur les visages, et dans les at- 
titudes de ceux qui prient, vous sentirez tonte la différence- des 
deux religions ; qu'aî-je dit? de la religion et de sa pâle image ! 
Le Dieu vivant a quitté ces temples , aussi la vie y manque. - 

Il en est de même des vieux châteaux gothiques si bien con- 
servés. Ce sont de belles ruines; mais il n'y a plus de chevalerie , 
il n'y a plus de chevaliers, et les Anglais vous montrent leurs vieux 
châteaux comme leurs vieilles élises , pour une petite rétribu- 
tion; c'est une spéculation de plus. • \ 

Ainsi les monuments de l'antique civilisation ne so^t pojnt en 
harmonie avec leur destination actuelle; j\ippuie sur cette obser* 



( 3i ) 

TfttiOYi Ciui est d'une haute importance. IjO culie pauvre et fties' 
C[uin de la religion proteelante ne répond plus ^ux vastes et ma- 
gnifiques basiliques de la religion catholique; en diminuant les 
vérités y en appauvrissant las intelligences, non seulement on a 
diminué le local ou Toti célèbre de prétendus offices divins, 
mais le choeur loirinême est encore, trop, vastô pour ïes personnes 
qui y viennent; je dirai méme^ le^ chœur manque de chœur; 
plus d'autel, de centre , plus de sanctuaire ! La petitesse^ la faus- 
seté y la condamnation du protestantisme sont tracées en grands 
caractères visibles dai^ les églises niâmes des catholiques qu'il a 
envahies. 

n y a plus. Saint-Paul de Londres est visiblement une église 
catholique» Si la religion catholique n'eût point existé, jamais 
on n'eût bâti Saint*Paul. Les magnificences du protestantisme 
sont encore l'œuvre du catholicisme, le reflet de la religion de 
vérité. Ces temples qui ont perdu leur destination primitive sont 
encore , s^ous un autre rapport, des musées qui attestent la dé- 
gradation morale d'une grande nation. Ils sont remplis de toni; 
beauxy souvent attachés contre les murs, et de quels tombeaux? 
Là, le grand guerrier^ le poète sublime^ se trouventà côté de l'ac- 
teur, de l'histrion qui a servi à l'aurnsement du public et dont 
la vie l'a souvei^t scandalisé ^ là, Elisabeth se trouve enterrée pa- 
rallèlement a Marie Stuart , le bourreau à côté de la victime ! 
tout ce qui a brillé sur la terre^ tout ce qui a £iit bruit dans le 
monde a droit aux mêmes honneurs. On ne peut s'empêcher de 
remarquer que le peuple anglais a perdu l'intelUgence des hautes 
vérités, même de la morale publique > quand on lui voit rendre 
les mêmes honneurs au guerrier généreux^ défenseur de sa patrie^ 
et à l'histrion célèbre. On voit ainsi écrit sur les murs, de leurs 
temples ce que nous trouvons dans leur politique ; tous 1|BS 
moyens sont bons dès qu'on arrive à son but^ au succès, h la 
célébrité ! Les Anglais sont pour les morts comme pour les vi- 
vants ; gloire à ceux qui ont réussi dans leurs spéculations yAe 
quelque genre qu'elles soient* -C'est là le sublime d'une nation 



(Sa) 

etclitaîtemèhi côYîiHièrçàhtë, avktë derîdiesséé, îé jouissaiica^ i 
et de h domination dé ce indhde terrôslre ! 

Leà knngnîGcénces de ('industrie moderne né sont pas plus en 
fiarmohie avec leur destiâatîon que ne le «ont ]es vieilles catli^- 
ârales arec le culte protestant. Ces palais qui remplissent la rué 
du régent y le pard du régent^ et qiii semblent destines k loger 
tous les rois de l'Europe, sont des logements bourgeois i tdut 
marchand qui est asse9 riche pout lànet ou pour âclieter trois 
croisées, a sa petite porte d'entrée particulière daos^uu de ces 
palais. Ainsi, tandis que vous cherchés dans tes vieilles ^lises 
un clergé nombreux ^en. un mot un culte en harmonie avec lâs 
édifices^ vous chenihés aussi quek sont les rôts > quels sont les 
princes qui habitent ces beaux palais. De simples bourgeois les 
occupent sans dignité ^ comme le protesCantbnie froid et mes- 
quin occupe sans digni té les vastes édr6i!es de la religion . Pai*tout 
vous sentez le contraste choqualKt, l'absence de vie; et vous 
restez attristé et muet même dbvant ce que vous êtes forcé 
d'admirer. 

Mais commentdeut développements d'ordre$ si diffifrents sub* 
sistent-ils ainsi amiablement ensemble^ tandis que dans d'autres 
pays les grandes prospérîtés du comîmerce ont presqu^entière- 
ment effacé les traces de l'antique civilisation chrétienne ? C'est 
qu'en Angleterre^ la révolution qui a aboli lécatbolidsme a été 
faite par les rois et les grands, et qu'en France^ au contraire, la 
révolution impie de nos jours, préparée sans doute par lés rois, 
le clergé et les grands, a été faite par le peuj^e. Or, les rois et 
les grands ont rôpoussé.la religion de leurs pensées et de leurs 
cœurs, ma^ il n'ont pas voulu détruire les attributs de leur gran- 
deur. Le peuple, au contraire, lorsqu'il a perdu le frein qui le re- 
tient, est partout un enfant furieux: qui brille tout dans sa rage 
insensée. 

Trois grands objets remplissent la vie humaine : la religion et 
sesr mystères, qui nous élèvent à Dieu et nous donnent le Secret 
de nos destinées; la patrie, qui inspire l'enthoiisiasme pour tout 



( 35 ) 

A^vôuemenl^ pour tout sentiment gÀiéreux^i) j enfin ie« aiflbffes 
pr lesquelles on conserve , on améliore l'existence temporelle. 
Ces trois objets répondent aux facultés de notre être, l'esprit, 
lame , la raison pratique des choses^ et on ne peut en repousser 
aucun sans nier la dignité de* notre nature. Les Anglais ont 
perdu la religion et l'enthousiasme^ le soin des affaires les ab- 
sorbe entièrement. Ils ont transporté les immenses facultés de 
notre nature sur un «eul objet, la vie temporelle; il en est ré- 
sulté une prospérité immense avec des abîmes dans l'existence 
morale. Aussi beaucoup périssent d'ennui au milieu de leui*» 
richesses, Ik jouent des sommes énormes pour se donner des 
sensations nouvelles , pour ranimer leur vie désenchantée. Ib 
courent par toute l'Europe, dans l'univers entier , pour Remplit 
le vide qtie laisse dans leur vie l'absence de la religion, de l'eir* 
thousiasme , de la poésie , nobles enfants de la religion. Tout est 
magnifiquekLondreSy excepté le ciel, presque toujours obscurci 
par des torrents de fumée. Il semble que les Anglais n'aient pas 
plus de ciel spirituel qu'il n'existe à Londres de beku ciel 
matériellement parlant. 

L'Italien , avec son beau ciel et sa religion céleste, chante et 
dort sans souci , même- lorsqu'il est sans moyens d'existence. Il 
a perdu la puissance des grandes nations, il n'a même pas tou- 
joors l'énergie virile qui distingue l'homme ; mais il a un beau 
c/e// cela lui suffit. 

L'Espagnol est guerrier et poète; il combat et chante /fier 
dans sa pauvreté , sublime appréciateur de la dignité morale do 
l'homme et des nations. 

■ 

Le gallicanisme avoit fait perdre h la France la haute* intelli- 
gence de la ifeligion; il l'avoit, en quelque sorte, dépouillée 

(1} Les Croisades ont été inspirées p^ l'enthonâlasine de la pâtfie. La 
chrétienté étoit alors la patrie dçjS chrétiens,, sans di>tinctioa de nations. 
Les Vendéens étoient des patriotes qui combattirent pour la can;se chré- 
tienne et royale.' Le Tasse » inspiré par les' sentiments cheTalèresques , a 
cbanté la gloire d« la patrie , de k chrètseati^ 

9 5 



(34) 

A'entkaiftiacma et de poësie ^ rdtriélcisaànt tou^ les idées de H- 
berté, et rintelligence même des choses temporelles, qu'il mon- 
troit faussement comme à-peu-prés incompatibles avec les biens 
du ciel 5 il troubloit l'esprit de ceux qu'il soumettoit h son em- 
pire I poussoit ou conBrmoit dans le déisme d'autres hommes 
que révoltoient ses funestes interprétations. Avilie par cette 
mi,sérable doctrine, la religion sembloit à-la-*fois. hostile envers 
les plus nobles facultés de l'âme comme envers celles que l'on 
pqurroit nommer usuelles et journalières. Ainsi , violemment 
compriipée, la France éclata dans une révolution terrible. Une 
fausse gloire , des conquêtes monstrueuses, u^ immense déve- 
loppement d'industrie et de richesses, firent jour à des facultés 
désormiais sans frein et sans lumière. Mais la France possède en- 
core le principe de vie, la religion catholique^ apostolique et 
bomaine; elle peut. renaîtra à la civilisation* 

L'Angleterre n*a plus le même bonheur^ elle a perdu le prin- 
cipe vital ^ il a péri au milieu des plus saçnglantes révolutions et 
à la suite, d't^ne série d^ crimes telle que n'en offre peut-être 
rhistoire d'aucune autre nation y et, chose remarquable , l'An^ 
gleterre a donné le jour à trois des plus grands poètes qui aient 
paru au milieu des hommes^ Shakespeare , Milton y lord Bjron; 
et tous trois, ont .chanté d'inexprimables misères 1 A la sui^e des 
horribles guerres de la rose rouge et de la rose blanche, et des 
crimes, des pro&nations plus horribles encore d'Henri VIII , 
Shakespeare chante les douleurs des sociétés humaines ! ... Après 
l'assassinat de Charles I"*, qui couronna Thérésie par le régicide, 
Milton chante la dégradation originelle de l'homme , le paradis 
perdu ! . . . Enfin lorsque l'Angleterre eut épuisé tous les genres 
de crimes, fatiguée de sombres fureurs ^ elle se reposa dans 
Forgueil des richesses. Eblouie par cette Ëiusse prospérité, l'Eu- 
rope entière aspiré à l'imiter. Alors B jron paroît , il est le re- 
présentant de son siècle. Toutes les jouissances de la vie lui sont 
prodiguées 5 mais it a renié le ciel^ et comme l'ange déchu^ cou- 
ronné d'une lumière trompeuse^ roi de brillante misère, il brave 
ses remoi^ et s'enorgueillit de son étrange royauté ! Voilà la 



{ 35) 

r^igion, la poésie qui l4ii restent*... Pendant que les grands 
poètes de l'Anglete rre marquent si fortement la déchéance de 
cette grande nation , les grands philosophes qu'elle offre à notre 
admiration ne marquent pas moins fortement la tendance toute 
matérielle qiii la distingue encore parmi les matérielles nations 
de l'Europe* Je me contenterai d'indiquer Bacon , le père de la 
physique expérimentale^ Newton, le père de la mécanique ce- 
ieste (i) ! 

Ces considérations nous ramènent à la question dont j'ai déjà 
indiqué la réponse. 

Comment l'Angleterre occupe- t-elle encore aujourd'hui un 
rang si distingué parmi les nations? Je le dirai en un mot : 
parce qu'elle a conservé en grande partie lesybrme^ des antiques 
constitutions chrétiennes^avec un^onâf de respect pour la liberté 
et la propriété beaucoup plus grand que ^ans bien d'autres na- 
tions européennes. Sans doute l'Angleterre n'a plus les principes 
fondamentaux à& la çivilisatioii^ les principes vivifiants; mais 
elle a mieux conservé que presque toutes les autres nations les' 
principes secondaires, û je puis m'exprimer ainsi , et c'est â 
cela et à cela seul qu'elle doit encore la prospérité dont elle 
jouit. Elle possède un clergé propriétaire ^ une noblesse riche ^ 
douée de hautes prérogatives ^ des corporations industrielles 
fortement constituées j aussi a-t-elle une constitution, tandis 
que les imitations maladrx)ites que l'on en fait dans d'autres 
pays ne sont que des machines qui crient et qu'il faut sans cesse 
retoucher et remonter. Je conviens que l'indifférence en matière 
de r€;ligipn est très-répandue parmi les Anglais. Mais ce n'est 
pas par cette indifférence que leur constitution est encore animée 
d'un reste de vie (2) ; tout au contrairCi c'est par l'attachement 

(1) Voyez ce qae dit ^e Bacon M. de Malstre^ dans les Soirées de 
Saint-Pétersbourg , tome I*' » cinquième entretien , page SSj et 8|fiVante8 ; 
et léi réflexions 'également profondes, du mêibe auteur, - sur Newton, 
<6m/.', onzième ëntxietiîeo % pages -SiS , 3 1 9 et 35; , jusqu'à la page 569. 

(a) C'est-A-diie d'un reste de catholicisme. 

3. 



( 36) 

aux institutions antiques dont ils on( plu$ ou moîna retenti 
les formes, et sous quelque rapport Tesprît. Rîeii n'est plus faux 
que ce que l'on écrit tous les jours sur l'Angleterre, 

Ainsi les rois et les grands ont détruit la religion catholique; 
mais ils ont conservé non sei^lement les propriétés de la reli- 
gion, mais-encore les formes de la religion que soutient le clergé 
anglican* Par la même raison, les grands ont conservé leurs for- 
tunes, leurs prérogatives, et, faisant une nécessaire et sage con- 
cession à toutes les classes de citoyens , ils ont reconnu leurs 
droits, leurs prérogatives, toutes les libertés nationales, presque 
partout et depuis long-temps entièrement détruites. Il en est ré- 
sulté une constitution admirable sous pi usiem*s rapports^ où 
les droits de chaque classe sont hautement reconnus, hautement 
défendus: Ainsi', si l'Angleterre n est plus Vile des saints ^ si y 
parmi les protestants, elle ne donne plus la vie k ces grandes 
vertus dont la religion catholique offre seule le modèle, il y a 
peut-être dans ce pays plus que dans bien d*autres de la probité, 
des mœiirs, du respect pour la uignité de l'hommei Les trois 
principales facultés humaines étoient jadis admirablement, et 
harmonieusement représentées par le clergé, la noblesse, le tiers- 
état, qui réunis en états- généraux forment l'unité de la nation. 
Cette belle unité,' c^ette majestueuse harmonie a été brisée et 
détruite presque partout. En Angleterre, la religion qui anime 
le corps social s'est retirée 5 mais \e% formes ont été religieuse- 
ment conservées, et avec les formes le respect pour la hiérarchie 
sociale, pour la propriété, pour les libertés nationales. Tout est 
eucore debout, et la religion cathdliqtte n'auroit qu'à rentrer 
dans son aticien héritage, dont elle a été dépossédée, H est vrai, 
mais qui dumîbinsn'a pas été morcelé et divisé. 

Je ne connois qu'un seul peuple qui ait conservé pluslong* 
temps que tous les autres la véritable hiérarchie sociale avec 
l'esprit de^xie qui l'anime , la religion catholique. Ce peuple c'est' 
le peuple l^lge. Là, le clergé, la npblesse et les.corporations in- 
dustrielles forniaût le tier^-état étoient restés | jusqu'à l'éf^oquo 



(37) 

delà révolution y dans une merveilleuse harmonie. Lfi constitution 
lociale du moyen âge étoit respectée j. les mœurs s'étoient adou- 
cies sous l'influence de la. religion. Là il y avoittout à-Ia-foîs un 
grand respect pour la propriété , pour les libertés publiques sa- 
gement et fortement défendues ^ nu admirable développement 
d'industrie et de richesses, et en même temps un esprit religieux 
qui éclairoit, vivifioit les mouvements divers et harmonieux des 
facultés sociales. Le pouvoir temporel étoit véritablement chéri 
et honoré, pourvu que lui-même respectât et'la souveraineté 
spirituelle de l'Église^ et les droits des citoyens, des corporations, 
des ordres de l'Etat. Là, en un mot, on étoit à-la -fois soumis 
et libre , et le secret de l'ordre social , perdu partout ailleurs , 
avoit été religieusement conservé. 

Ah ! si l'Angleterre rentroit dans le sein de l'Eglise catholique, 
à quelle gloire, à quelle félicité ne seroit-elle pas destinée? Alors 
elle deviendroit réellement le modèle des nations , tandis qu'il 
faut l'avouer avec douleur , telle qu'elle est aujourd'hui, l'Angle- 
terre corrompt les peuplés de l'Europe penchant vers le déisme ; 
elle les corrompt autant par ses qualités que par ses défauts, 
autant par ses vertus que par ses vices : car les premières con- 
tribuent à augmenter la fatale illusion que causent les seconds, 
et Fon se dit qu'un peuple peut être riche, grand et libre, indé- 
pendamment de la religion, puisque l'Angleterre en offre l'image ; 
image trompeuse , et bien plus trompeuse encore quand les 
autres peuples , sans avoir les antécédents du peuple anglais , 
s'efforcent sottement d'imiter ses institutions. 

Concluons de tout ceci , que l'Angleterre doit tout ce qu'elle 
possède de plus solide dans sa prospérité , à ce qu'elle a conservé 
des institutions du moyen âge, de ce moyen âge si méconnu. 
On ne cesse de répéter que dans ces temps antiques les mœurs 
étoient souvent cruelles, les grands souvent oppresseurs; et l'on 
ne fait pas attention que la religion qui tend toujours à perfec- 
tionner les hommes, et qui étoit alors l'âme du corps social, ten- 
doit aussi nécessairement k adoucir les mœurs ^ comme cela e»t 



(38) 

arriva en Belgique, paF exempl6| oùKon n'^voit cependant pas ré- 
pudie les idées et les institutions du moyen fige. Falloit-il donc , 
pour atteindre ce but , briser, comme on la fait , l'harmonie 
des facultés humaines et celle des institutions sociales 7 D'ail- 
leurs, il est une observation bien importante : toutes les vertus 
sont nécessairement voisines d'excès analogues au caractère propre 
de chaque vertu. Ainsi , une grande ardeur guen-jère est quel- 
quefois unie à une disposition à la cruauté j l'amour vif et peu 
éclairé pour la religion est quelquefois voisin de la superstition 
et du fanatisme* Dans le moyen âge , ces vertus existoient avec 
les vices qui les accompagnent trop souvent. Hélas ! telle est la 
foiblesse humaine 5 et, tout matériels que nous sommes aujour- 
d'hui ^ nous méconnoissons les vertus , nous ne voulons voir 
que les vices de ces temps anciens. Mais aujourd'hui aussi que 
les mœurs se sont généralement adoucies, ou plutôt amollies , 
aujourd'hui que nous avons répudié la religion et l'enthou- 
siasme , et que nous n'estimons que les jouissances sensuelles 
de la vie , nous ne voyons pas l'homme , la société déshérités 
de leurs plus nobles destinées; nous ne voyons pas, nous ne 
voulons pas voir la cupidité, l'envie , la haine de l'autorité , le 
mépris de la religion, toutes ces hideuses excroissances du 
matérialisme qui nous rongent et pénètrent jusqu'à nos en- 
trailles. 

L'auteur des Lettres de deux ultramontains . 



(39) 

Traite des dispenses , par Collet ^ nouvelle édition , revue p^v 
M. G)nipans y prêtre de la mission et professeur dt théo- 
logie (i), 

( Questions importantes sur le mariage). 

Un Traité des dispenses est un livre indispensablement aéces* 
sâire aux ecclésiastiques qui sont à la tête de grandes paroisses. 
Fréquemment il leur arrive y surtout depuis la révolution , des 
cas embarrassants , extraordinaires , où ^ pour se conduire avec 
prudence^ il faut une connoissance détaillée des règles de T Eglise. 
On ne peut exiger d'aucun prêtre , à plus forte raison de ceux 
qui sont continuellement occupés du ministère sacr^, qu'ils sa- 
chent par cœur tout ce détail qui est immense. De là le besoin 
d'uu traité bien Êiit , que Von puisse consulter avec confiance. 
Celui de M. Collet jouit d'une réputation méritée^ Les soins 
du nouvel éditeur l'ont rendu plus utile encore. H j éclairdt 
les questions nouvelles occasionées par le changement de la lé- 
gislation séculière. Dans bien des endroits, il a donné au stjle 
plus de clarté et de précision ^ mais on doit remarquer surtout 
qu'il j professe la saine doctrine sur une matière où renseigne- 
ment a risqué et risque peut-être encore d'être altéré enFrance : 
je veux dire la question du mariage. 

D'abord> les évéquespeuventrils, par Iè*droit commun^dispen- 
ser des lois générales de l'Église? M. Compans prouve que non, 
parce que l'inférieur ne peut point dérogera la loi de son supé- 
rieur. Le Pape seul a le droit d'accorder ces dispenses , en vertu 
de la puissance ^suprême inhérente à son siège. Aux diventes 
preuves qu'il en donne , l'éditeur auFoit pu joindre le condie de 

(i} Deux Tol. la-8». ; prix î la fr. Ghes KéqoîgnoB-Jonlor ». r>» de» 
Grandi»- AugustîM^ n*. 9. 



(4o) 

Bêle» qvà déclare (i) que toutes les loi$ des conciles généraux 
16 font par Fautorité du Pape , et que conséquemment , comme 
prince souverain > et par un droit qui ne sauroit lui être ôté , il 
peut les modérer ou en dispenser, suivant qu'il le juge utile ou 
llécfessaire^ Les évêques nele peuvent que par privilège. 

Une seconde question, qui intéresse également et les pasteurs 
et les fidèles, est de savoir si depuis la bulle de Pie YII, qui sup- 
prima tous les évêchés de France et en créa de nouveaux, les évo- 
ques actuel» peuvent dispenser encore validement des em- 
pêchements de mariage., en vertu des privilèges et prérogatives 
dont jouislsoient leurs sièges avant cette bulle. L'auteur répond 
négativement) et il prouve sa décision par les dispositions de la 
buUe même , par l'exemple d'un des plus saints prélats de France^ 
par une réponse de la sacrée pénitencerîe , par la doctrine de 
l'Église surTusage des opinions probables^ 
' Dans î.t constitution apostolique, à laquelle l'Église actuelle 
• de France doit son existence , lesuccesseur de saint Pierre déclare 
qu'il supprinie, annule et éteint a perpétuité le titre, la déno- 
snination et* tout l'état présent des églises archiépiscopales et 
épiscopalès d'alors , avec leurs chapitres , droits , privilèges et 
prérogatives^ de quelque nature qu'ils soient. Les nouveaux 
sièges, qui n'existent qu'en vertu de cette bulle, ne peuvent 
donc invoquer les privilèges et coutumes qu'elle a supprimés. 

Ainsi l'entendoît le vénérable archevêque de Bordeaux , 
Mgr. d'Aviau Dubois de Sanzaj. Toujours il a été convaincu que 
la eircptiscription , effectuée lors da concordat, a voit créé de 
' nouveaux sièges qui ne pouvoient hériter des privilèges des an- 
ciensf; que d'ailleurs les expressions du souverain Pontife ne 
laissdicnt aucun doute à cet égard , puisqu'il déclare que les an- 
ciens sièges sont détruits avec tous leurs droits et privilèges. 
' ÂTïssi 4 quoîqtié avant la reTolucion les évêques de Bordeaux et 



J 



de Basas fussent ei^i^sssession de dispenser des troisième et qua- 
trième degrës , jiamais le saint prélat tie se crut en droit d'accor- 
der ces sortes dé dispenses. Cest ce qu'ont témoigne ses trois 
vicaires-généraux dans une lettre à l'éditeur. 

Troisièmement^ la sacrée pénitencerie , consultée sur cette 
matière y répondit, lé 7 juin 18a 1 , que quand l'évéque qui dis- 
pense des troisième et quatrième degréis de consanguinité , n'a 
point obtenu à ce sujet un induit particulier du Siège aposto- 
lique, on ne peut procéder à ces sortes de mariages , mais qu'il 
faut les différer jusqu'à ce qu'on ait obtenu la dispense du saint 
Siège. 

Enfin, suivant la remarque de l'éditeur, si, après cela, il 
pouvoit encore rester quelque doute , on devroit se souvenir 
que dans les cas douteux, surtout s'ils regardent l'administration 
des sacrements, c'est un devoir rigoureux de prendre, non le^ 
parti le plus agréable, le plus commode, mais le parti le plus 
sûr pour la conscience. 

Une autre question , non moins importante , c'est de savoir ce 
qu'il faut penser de ce qu'on appelle mariage civil en France ; 
est-ce quelque chose de plus qu'une formalité nécessaire pour 
assurer les effets civils? Gomme nous savons que dans quelques 
endroits on cherche à répandre à ce sujet des idées peu saines , 
nous aurions viven;ient souhaité que l'éditeur eût développé les 
vrais principes sur cette matière , au lieu de se borner à les 
supposer. 

Le mariage f contracté d'une manière conforme aux lois hu- 
maines et civiles , est un contrat humain et civil. L'unique ef- 
fet qu'il produit , c'est que la puissance civile lui assure sa pro« 
tection comme à toute autre convention légale , tandis qu'elle la 
refuse au pacte le plus légitime , dès qu'il n'est pas revêtu des 
formalités prescrites. Le BEiariage contracté d'une manière con- 
forme à la loi de Dieu , interprétée et appliquée par l'Eglise , est 
un contrat divin et ecclésiastique , que Jésus-Christ a élevé a la 
dignité de sacrement, et qui lie devant Dieu et TEglise, lors 



même qu'à àétàut des formalités légales la puissance cirilie lui 
refuseroit l'appui de ses tribunaux et de ses lois. 

Un exemple éclaircira la chose. Le concile de Trei^te , tout en 
blâmant les mariages d^ enfants dé famille faits Saiis le consen- 
tement de leurs parentis, les déclara cependant valides , malgré 
les instances des ambassadeurs français : il prononça même ana- 
thème contre ceux qui soutiendroient le contraire ; et ils ont 
continué à êtr% regardés dans toute l'Eglise eonune valides et 
liant la conscience. En France ^ la loi civile les déclaroit nuls. 
Mais 9 comme le démontre Bônoit XIV^ d'après Isaac Habert, 
Cabassut, Noël Alexandre, Tournelj', Gerbais, Louvet^ et la 
déclaration ex,presse de Louis XIII , cette nullité ne regardoit 
que les effets civils y les conventions matrimonkles, la dot^ etc., 
et non le sacrement et le lien perpétuel. Ce qu'il y a de remar- 
quable j c'est que la déclaration de Louis XIH fut raodue sur une 
remontrance de l'assemblée du clergé en 1629, au sujet d'un 
édit dans lequel il étoit déclaré que tous les mariages contre les 
dispositions de l'édit de Blois de l'année 1579 n'étoientpas con- 
tractés validement. Voici l'adresse telle qu'elle se trouve dans le 
cinquième volume des Mémoires du clergé. 

a Le Roi est très-humblement supplié de considérer l'impor- 
tance de cet article , et qu'il semble devoir être expliqué pour 
deux difficultés qui s'j rencontrent. La première y quand on ex- 
pliquera le mot de vakblenieat ou non valablement contracté , 
inséré dans l'artide de l'ordonnance de Blois y relatif au contrat 
civil du mariage y et non au contrat spirituel du sacrement : la 
seconde, quand on n'obligera pas les juges ecclésiastiques à ju- 
ger les mariages conformément aux oidonnances et à cet article , 
mais conformément aux saints décrets et constitutions de l'E- 
glise, la seule règle de leurs jugements^ car la jurisprudence 
laïque ne peut pas donner de loi aux juges ecclésiastiques en 
matière spirituelle; en conséquenee de quoi il est nécessaile 
d'ôter de cet article ( et seront ténus les juges ecclésiastiques de 
juger las causes desdits mariages confomyéncnt à cet ardcte V» 



(43 ) 

Le Roi répondit : «t La remontrance du clergé pour \a première 
difficulté a été arrêtée par l'expUcatioa du mot valablement ou 
non valablement contracté y qui ne peut être aucunement prise 
que par rapport au conti'at civil par des juges lalquçsi «çt pour 
la dernière , elle a été trouvée juste (i). » 

On le voit , la doctrine catholique , rappelée par le clergé de 
France, et reconnue par le Roi^ est que la puissance, civile n'a de 
pouvoir sur le mariage que par rapport aux e£fets dvils j et nul- 
lement en ce qui regarde le contrat spirituel du sacrement j qu'en 
conséquence , les juges ecclésiastiques ne peuvent et ne doivent 
suivre d'autres règles en cette matière que les sacrés canons et 
les décrets de l'Eglise. De même donc qu'alors le mariage des 
enfants sans le consentement de leurs parents , dès qu'il étoit 
contracté d*une manière conforme aux lois de l'Eglise > étoit re- 
connu valide au for intérieur , quoiqu'il ne fût pas reconnu de- 
vant les tribunaux civils; de même aujourd'hui en France^ ufi 
mariage contracté conformément aux lob ecclésiastiques, est 
valide devant Dieu et au for de la conscience, lors même que, 
faute d'avoir été contracté devant la municipalité, il seroit privé 
des effets civils. 

A l'enseignement du clergé de France, nous ajouterons l'au- 
torité de l'Eglise romaine» 

En 1744» ^ci^oi^ XIY iut informé par un missionnaire de Hol- 
lande que souvent des catholiques, qui vouloient contracter ma- 
riage , se présentoîent au magistrat civil ou au ministre héré- 
tique , devant lesquels les lois du pays les obligeoient de com* 
p.iro!tre,et qu'après avoii* manifesté leur consentement mutuel, 
ils négligeoient ensuite ou différoient pendant long -temps 
de le renouveler devant leur pasteur légitime assisté de deux 
témoins , selon le décret du concile de Trente, et que cependant 
ils vivoient dans cet intervalle comme mari et femme. Ou lui de- 

(1) P^oyet , entre autres , TopiiscaU de Mu;bâareIIi sur h Mariage en tunt 
t/nê HitrémenU 



( 44 ) 

màndoit ce qu'il&Hoit penser de ce consentement mutuel exprime 
devant le magistrat Civil ou le ministre hérétique ; et si ce con- 
serîtement Stuffisoit du moins à raison du contrat , quoique ce 
contrat ne fût pas élevé à la dignité de sacrement. On voit que 
c'est le même cas que celui où l'on se trouve actuellement en 
France. Voici ce que le grand et savant Pontife répondit par sa 
lettre du 17 septembre 1746 : • Gomme d'un commun aveu le 
concile de Trente a été promulgué et reçu parmi les catholiques 
domiciliés dans ces provinces^ il est évident que les mariages 
qu'ils ont commencé à contracter devant le magistrat civil ou le 
ministre hérétique, et qu'ils n'ont pas contractés devant leur lé- 
gitime pasteur en présence de deux témoins , ne peut être cé^ 
puté valide en aucune manière , ni comme sacrement ni comme* 
contrat. 

« Que les catholiques confiés à vos soins sachent donc que- 
lorsqu'ils se présentent pour contracter un mariage devant le 
magistrat civil ou le ministre hérétique , ils exercent un acte 
purement civil par lequel ils témoignent leur obéissance aux lois 
et aux ordonnances de leurs souverains 5 mais que du reste ils ne 
contractent alors aucun mariage. Qu'ils sachent que s'iU ne se 
marient devant le pasteur catholique et deux témoins , jamais ils 
ne seront légitimes époux ni devant Dieu ni devant l'Eglise; que 
s'ils vivent dans cet état j comme mari et femme , ils se rendent 
^ coupables d'un très-grand crime. Qu'ils sachent donc encore que 
* les enfants qui naitroient d'une telle union seroient illégitimes 
devant Dieu , et perpétuellement frappés d'illégitimité devant 
les juges ecclésiastiques, si les époux ne renouvellent leur ma- 
riage selon les lois de l'Eglise (1). • 

Enfin, il existe une décision du saint Siège, concernant eu 
particulier la loi civile de la France sur le mariage, telle qu'elle 
subsiste encore. L'assemblée nationale venoit de décréter qu'à 

(1) Voyez Bbrbd. XIV* BulL , tom* IX, pag. 4^6 ; edit, Mechtinim, 1827. 
11 a déjà para douEcyolumes de cette importante collection. A X*arii| cUea 
Mèqoîgnort-J'umor . rue des Grands- Augtisttns, n*. 9. 



(45) 

Favenir les mariagoft seroient contractés parderant h municipa- 
lité du lieu y ou pardevant un oiScIer choisi par elle | que cet 
of&cier recevroit en présence de quatre témoins la déclaration 
des parties^ laquelle seroit conçue en ces termes : Je déclare 
prendre telle personne en mariage j que, cette déclaration faite 
réciproquement par les conjoints ^Vo fficier public prononceroit 
qu ils sont mariés au nom de la loi. Pie YI fut consulté à cette 
occasion pouf savoir si le décret du concile de Trente étoit 
obligatoire en France, et au cas qu^l le fût, ce que dévoient 
faire les catholiques. Il répondit 2 i*. Que cVtoit à tort qu'on 
agitoit la questionde savoir si le décret du concile de Trente a 
été publié dans chacune des paroisses^ puisqu'il étoit de noto- 
riété publique que Tusage de célébrer les mariages en présence 
du cure et de deuji; ou trois témoins , comme Tordonne le con- 
cile, étoit établi dans les églises de France; 2*. que les fidèles 
De dévoient point contracter mariage devant la municipalité 
ou devant un officier nommé par elle, de peur d'être souillés par 
la contagion du schisme; 3*. que les fidèles dévoient contracter 
mariage pardevant des témoins qu'ils clioisiroient, autant que faire 
se pourra , parmi les catholiques , avant'dé se présenter k leur 
municipalité pour y faire la déclaration exigée par rassemblée 
oationaîe; et, vu l'impossibilité absolue où ils sont dans plu- 
sieurs paroisses d'avoir un curé légitime, ces sortes de mariages, 
ainsi contractés devant témoins, quoique sans la présence du 
cuié, n'eè «erofat pas moins valides et licites, s'il n'y a pas 
d'autre ©pjpôsîtion^ comme l'a souvent déclaré la vénérable 
congréjgatioit interprète du concile de Trente j 4*.* pour avoir 
droit aux 'effets civils^ rien n'empêche que les fidèles ne fassent 
la déclaration exi^'e par 'l'assemblée nationale , sans perdre un 
moment dé- vue que ce 'n'est point du tout s''engàgér dans les 
liens du msu<iage> niais simplement remplir un acte purement 
civil (iV* ' • ' ""i •'■*^'- -■"' ' . ••' ' î 

(1) V&ye^U CotUaion fiénérafe'det Brfft de Pie FI , tom. II , pag. 121 «t 



(46) 

Tdik est dpnc la. doctrine de l'Eglise romaine y telles sont les 
règles de conduite que le saint Siëge a prescrites au clergé de 
France, par rapporta la loi civile sur le mariage. 

D'après cela , ne doit-on pas s étonner qu'il y ait en France 
des écoles de théologie, où Ton enseigne, dit-on , que la décla- 
ration faite pai^ les conjoints à la municipalité n'est pas un acte 
purement civil, comme l'a osé dire Pie VI, mais un contrat de 
mariage qui lie les époux en conscience^ que sans le contrat civil 
il n'y a point de sacrement, parce qu'après toiit le souverain 
temporelale droite aussi* bien que ]'£glise^ d'apposer des em* 
pêcliements dirimants au mariage chrétien et catholique. Voilà , 
dis-je^ ce qui a lieu d'étonner ; car d'après cette théologie de 
nouvelle fabrique, il s'ensuit : i*. que Pie VI a induit en erreur 
les catholiques de France, et Benoît XIV ceux de Hollande; 
2*. que quand le saint Siège ordonne aux catholiques ^ dans les 
pays hérétiques ou infidèles, de contracter leur union suivant 
les lois de l'Eglise j sans se présenter à l'officier politique^ oa 
du moins avant de s'y présenter ,il leur ordonne de recevoir uq 
sacrement dont la matière nécessaire, le contrat civil ,- n'existe 
point , par conséquent défaire un sacrilège , et puis, en vertu de 
ce sacrement nul, .de vivre dans le concubinage; 3*. que dans 
une église nationale, un pays hérétique ou infidèle, le souve- 
rain temporel n'auroit qu'à décréter que la profession du pa* 
pisme, du catholicisme, du christianisme^ est un empêchement 
dirinlant, les - catlK>liques seroiept .obligés , par devoir de 
conscience > de s'interdire le mariage; 4". que si Néron; Julien 
l'apostat, Henri Vin, avoient eu connaissai^ce de cette nouvelle 
doctrine gallicane^ rien ne leur a ur oit. été plus facile que 
d'anéantir l'Eglise chVétienne; 5**. que s'\l revenoit p^ritiinoua 
unç autre convention. nationale, elle Irouveroijt .sous sa niam 
toutes les doctrines et lois nécessaires pour décatholisicr la 
France. ^ F. professeur déi Théologie, 

7^. B, Nons apprenons qu*un savant théologien sVst occupé d*un trar 
vail qui est destiné à faire le complément de leslimable ouvrage de 



(47) 

M. ikùafVM* G*ett «M dSiMitalioii Mêtr id réhakiUêaiion d$$ Marmget 
nidê êi isê Di^wmê vt m«otfis « matière «^ le dépérisfemeiil des mœora^ 
et.de la relig^n «. mallieurcaseînoot rendue «& pratiqae. Nous aaron» 
soin de. Vannoiicer dès qu*elle paroltra. 

ESjSlI SUfk.VpmOlHB IT^HIQUE ET HUSROGLJPHIQUE DE9 CHIFFRES ST 

DES LETTRES DE TOUS LES PEUPLES j par SI* de Paravey,ruu des 
fondateui^ de la sodëté asiatique. 

Nous nous bornerons^ dans cet article, à donner l'analyse 
d'ane introduction fort étendue que M; de Paravey a placée k la 
tête de son lÎTre. Quant au corps de l'ouvrage,* nous ne croyons 
pas devoir eu entretenir nos lecteurs, parce qu'il renferme l'ex- 
position d'un système que peuvent seules apprécier les personnes 
initiées par une longue étude k la sciepce -mystérieuse dont il 
traite; d'autant plus queM*^ de Pârarey, tout entier aux idées qui 
Font frappé^ n'a pas> pris assez de soin peut-être de les mettre 
parfaitement à Ja portée] de ses lecteurs -par la clarté de l'exprès^ 
sien." 

Dans son introduction» M* de Paravey nous avertit que Tou- 
vrage qu'il donne au pttblïc n'est que le prélude d'un auti'e plus 
considérable qu'il pr^ar^ depuis plusieurs années , eit dans lis*-' 
quel, s'appuyant uniquement sut àéê/ails'^matérléiê^ tels que 
lesnime ce siècle si éminemment positif ^ il sept opose d examiner • 
si, comme l'ont prétendu certaines 'géhs, îly a eu plusieurs ceti-^ 
très de ci'vili$ation sur les plateaux culminants du globe , et fei 
les peuplée, nés^potenieleschàmpigâbiiSj du sein dela^terré> et 
long-temps sépara par des intervalte»ietiil!iâhses, ont'Céihknénfié 
pal* l'état sauvage^ d^û^ ils se sèi^oient élevés peu-à-peu , et clia- 
cunà part, au d^é 'de perfection morale' et industrielle oà ils 
nous sont représentés^ par les plus anciens documents hiistori-* 
qufs; ou si, reconnoi'ssant nne origine conimune, et sorâS'd'e*lâ 



( 48 ,) 

tnème contrée, ik te loiit de là répandus aar les direne» paitie» 
da globe , où ils ont porte arec eux et les arts nécess^ures et le» 
traditions primitives que leur ayoiefit lègues leurs ptemiers an- 
'cêtres : question vaste et sur laquelle des hommes d'ailleurs fort 
instruits ont erre de la manière la plus grave, parce qulls ont, 
•dit l'auteur, «abandonne ;r dans leurs recherches au moins, lé 
« seul fil qui pouvoit les guider dans le dédale obscur des temps 
« antiques^ ne voulant t^ fier qu'è leur seule et trompeuse 
■*> raison; » ' 

Tous les peuples anciens, en s^isolant tes uns defs autres, prî* 
rent par orgueil le titre d'empire du milieu , tghong-koue , titre 
que la Chine porte encoi^e* Mais le véritable empire du milieu , 
l'empire priinitif 4o9itJpu$ les autres sont sortis, M. de.Pai^vey 
le |>lace vers la Baçtriane^. ou l'ancien t4-hu des Chinois, c'est-à- 
dire dans le pays d^s grands bia, des preniiier^ Assyriens, de» 
Pischdadiens, de^ Par^^, et sur> le revers oocidisntal des hautes 
t:haîiiesde],'-^oia/a>^a.Dep^i8le$observationsdeM«deHumbo]dt^ 
on croupit <p^^ le Çhimhfirfi^» en- Amer icpe^ étoit le point le pi us 
élevé du globe ^ et certaines persopnçç, toujours empressées d'op* 
poser à no$ Livres saints.memele^pr.ésQiUptions les plus légèfes^. 
n'avoient pas manqué cette occasion de dire que le point le plixs. 
e'Ievé. du;|;lobe^ a, Au 72 é,cçs$2iypemen.t:.paroître.:Ie: premier iQUr 
desaCis des ?i2^iu('|du 'déluge, lorsqu'elles coinmencèrenHàse re-' 
tirei^ ^ . etr qu'ainsi <('^]a|<. été en Amérique et noa en Asie que 
l'arche se (à^ arr.^tée'^ .Ia fiitilit^ de cette objedton paroît ;»» 
premier :CoAp^'oU>i .car ,, p.o(ir que l'arche s'arrêtât dans un lieu 
plutôt que ;dans un;autrey.^Mne:6(ifi&$oitpas que ce. lieu .fut le, 
preinier nxis'à siffi, ijl^^oi^einçoris.uçcessairei qu'elle ^y IÇ^I^poiîtéet 
par le^.yen^S. Mais vpilà.qufi^i^épui^ tçtws .0» quatre ^Q&^-uijei' 
mcxntagQÇ^.^V^i fjE^it pa^ti^ 4^s chaînes du Thil^Qt a jeté. reconm;|<t 
pour 1^ plus élevée d^ toute 1^ ten;^« Jje.\noi^i^e tnamelles^ d^ .; 
point culmji^tdela fçr^,^^i7STAiiA) fkétédoQaéà/ce pays^^d'^oi^ . 
les e^^xiJf'4<^Ol^le^t,.:4i.t•:op,. les.unqsvçys; l'^^iest, dans la Uki^v 
Caff iei^Qf^tét ]^ autçee^ vers TesC^ dans lo mer du Japon el de 1% 



i (49) 

Chixié/(Mtdoii<f àf ToèrestéV'sût^lefs flailcs même» de ctpiatèaU 
central ék i'Ask , que fiotî^ë lalMrieiix .ori«tttaRééè'iftfltMteë*qu« 
la femifte dé Nbé iétA^ti SAotHl après le dâhkgléi VMtéiîp^ 
srdon hû patrott Jr\(ccordSer fjfatfaitenïeDt àrét \é rëcjt dé^lHdfté; ' 
Eti ^ètvTaVttlgâtë portée à là Tërft#;^<iàePAi^é%ë¥è^^%8iô'^ 
l<»Tiit6mâ^tii»^d*A9Ài^!é, i^^i^'iif^ A'rmenùeyt tùk^Vhé^ 
hrtxt ^ttÀiéxiléïheiitmtkàek ktkkiY^ c(tieMGiialdëeâ traAuft'pil^ 
montes éordi^,' D*alilleiirs, eb prenairt ce Veraet die la^OtfliâieidSatiré ' 
lè %etA que b Yalgàte iemblérôit olfri¥y il séNiit^dififcîteâë'Ie 
concilier avec le verset deùxiénje' dii> châpkré xi^'^'il est dit > 
qaelesen£taU^Kt>é^èttt^'/*(Mèn?4à^ l pMtte de Sen-* 
naar. Le commentaire de Menochius- sUr ce TélrSët'«|^Hé'f De 
Afnuetdâ tfuk Bahyk^m est ônéntàlist Mâle iPMRt^^le ^ttt les 
]reax sàtuhe carte de g^ogt^phié;'{>oUr siè'tc^n^flffciè'qèei^Ai'- 
ménîe nTest ttullefné^t k¥iA^éM'ée'9ètij'U}Hë\ ^nuts^iew^i^c 
temtet dtHiibi'ây'âftilli's qùé Bf^^l^ét'^ «ré«ltè'|>(^ëlllëtee»l à 

l'est. .'M:;;i. ''-y jI^'IO'- .... i • d!)'jfj*"- Mi m. .. 

MF. dé Pâ¥ai^7 dtè' à' Fat^pm de toh feîMim<At 'FobibrvaUdn 
saiyantél'Èeé tèihititiûs fa^^eifëht'tft''Aéfdi^ SÀd^l^y Rouge; 
Ik mer dàNiht},. mer Noire; là MéSiteti^SKAéé {^*mMéiiest 
deVAsie cë&trale), merBbh<%e*'erèiiSn Mét^TeHé^-fi^hifei' des 
Imtes^, dl» la CHine et du J^pkHi', lôfu^-la Mer otieAâtle: 'Or il se 
trouve qtte,^dàib le sjstèiiàe antî^* et' Mé^ogljpfaiqaé, ces 
quatre dbtillettré' répondent au^wtéhies pro&itis èaMi^iut'; et il 
cfliste cncbre ati Tonquin d^s^Villeè drieixtéès où lâr porte de 
Pouest ii'appdle la porte blanche/célle dePest ïa*porte verte, etc. 
D'où M. dePararèy condui que les preniiers hommes^ auteurs 
dé ces dëiiomiîiations, dévoient nécessairement habiter le centre 
de l'Asie. 

' Cet auteur annonce ensuite que^ dans son grand'oiivrage, il 
comparera les antiques traditions conservées par l'écriture hié- 
roglyphique sur toute l'histoire du monde, depuis^ là création 
jusqu'à l^èt^-ttt^abonassarv nonTseuIement avec ce qu'en rap- 
portent nos LlVres'saintS; mais encore ave^ tout ce qu'on lit sur 

9 . 4 



(5o) 

c^ sui(!.(.49^,>^' pt^ a|icteiisiaiftoiuM^|i«0l^^es. Il fhoas^dfnfne^ 
içc^^pHDp ^paljae. fort succincte de çe^ vaste .tableau^ analyse où 
«^^ll«fe!)P»fMW^ fiVWfiH» râppr.ophepwot» 4ig|fç$ 4e 6xer 
Tati^q^Q/l, jf^fi ^|cei^e,,M. 4e. Pmvf^recanfioUjbe premier 
lH]|lïiVï(0.d)W cfr^pei^pn^g gui poii|la»eo:Ja^i»aQt> «pii 

naquit àv/^ une ij«ft^|\genee exti;porilinaîïc, §ott«r Içqpel U>fff.X^ 
a^t^^cçp Vpjb'é^.uoe pr^lQ^^reiÇpi^^ tête 4^ list^. 

cUi^âl^gi^.çs Ijçs p|u4 e^tiis^8,par les.ChR^îi, ,tel|es que 4e 
T^cm^Qbofû^^jfit.mJiiïj rfSgBâat par la .yeitu de là terre^ .qui est de 
C4#]9ur |^tt%e:6u roiigeâtrèy fat^atq^elé ba^Hc-Tir^ c'est-à^^e li? 

■ 

scfgfiet/ir rpiige ou ifoofe, ^^Ac9X\fi^ ffA ô^tko^eiue.que œlle 

Ou DOin 4'<^4^^ ^^^i*^*^' 
;.Ye^iM;'t^flffL)étfpai;^uUer<kr 80R ouvrage sur l'origiliie des 

lct4A<»'el!de%«i(iA>*et d^^t^uf <les^peuple?^ il aoii|ai$nj^j[HM^.iiûus 
expi«qiiet14P qH*Âl .e«|(^4 (^ %^fÂ^M^;4^rît«MrA hié^Pid JfVJwqwe, 
et coti)^^tiJ[;f «VP«)S^ qua^.ycjjérfer lepasa^ged^cpUe pre- 
mière espèce d'écriture k récriture alphabétique. 

Sefe►n^ Info U «t inu^K^We ^Je feoupef oir «me,|6pri^feil#iàeD- 
gl)#biqîie libns Wmeltp.ft'(^tyg£çîe»t p^i^rcpn^fiç ^^nents un 
grand. B^iirfyft 4e caraiçtèrc^ pprpprief^t/jAûn<ifiV^?«f.,«'çsjt-à^dirç 
ue représ^tant que dfS$^S9ji^r^l^t.daDs la nature une muki-' 
tudç[ d'objet fof t diffé^entj^jen en^jmêajjs.,. et qiji, A»pend^*^; 
se ressemblçfirt teUe]^en^<p$i^ l^aripriue, leurs oontou^s^ leur 
couleur, qu'avec une écrUH]^pt)rfyn(if^t.figiU'siifi^ç,y IjBf.B^fr^'f 
les plqs^ ba^iles n^^roieia^t pu' les ; écrire de maf^ièrf ^ , }f^ J(¥if ^ . 
d istinguer les uns de$.aratres; Comment , en e^et > par d^ ûtiages 
nécessairéèuent abrégées et ifort i^4i^^e*.> aurpit-en pu difi'é- 
rencier un bomnie d'un autre bomine^ une abeille d'une gu<$|>ç, 
l'orge du froment , etc. Le moyen donc de parvenir à cejiie di$-. 
onction y c'étoit de désigner ces4>bjeis par l'image de leurs Ito* 
monymes. Par exemple , je suppose qu'on iiûx voulu Représenter 
un arbre dont le nom eût été nj^^ on eût peint un arbre eu ^é- 
néral , et^ à côté de cette image ^<;ile à tracer ^ on eût mis celle 
d'un d^ à jouer^ d^ua dék couvre ^r ou de tout autrç pbjejt i!e ce 



( 5. ) 

même soa D£. ÇoUe iiiui^déft-loi'S^eût cessé de désifjner l'objet 
uiêiue qu'elle vepfësepCoU^ ^ fût (kfeiiMe uii .^ig^ç (^u^'ecuc.ut 
phonétique y le sàgae Au 90fiï}i^Çç^tnxfsi qi^ei 6iii|^utaoiie 
auteur y d.iUse.former pe^-iihpeuViéi;rittti;e^j)labv(^ue'^ à^^elle 
les Japoo^l^ sont parvenus, ppiir ht^r usage vulgaiie* 
. U Dousi e^^pUque ensuite cowment il lui jpa«*p,it.<}u'a dû s*opé- 
rer le passage de cette écriture. ^}'U^|^i(|up.K li .<^.(f;i||'^ve alpLabé- 
<îqU,(Çf;§upp}jfftn5^jqi^'j^B,.ç.^t, làrçpi'ésen^er le,.noin ,dun objet 
proi^oucé PA» niais avec un, A<fcç9t diffeieiu de c^vi dçB autres 
iiomsi di; inéme son doi^t^qn çqnupissoit les çig^e^, Oj^.ppp^It 
un . uom proaomoé ha, et ayanilç,\^ême{a^^eat^ç^. upy.dHV^ 
nom pitononcé^pp^ op.éqrijYQivrunjçous l^autre Iç;8 fi^jija^èr.es Te-^ 
présêntatifs.4^, ce^fdcuK notais; puis ^ au Vxoytfj^ di^ ^^^'e^ carac- 
tère hiéro^Pj^Ug^ de la division, pn indîqii(Pi|L ^vje^^luçuu^de 
ces deux: ^p deyçitjltjje par^taçé^ çt qn^ 1*^ premjère partie p 
du son FO>, devoit être réunie à la secondé a du son va. Cette 
méthode ii^gàii^use du T^icj véritable épellatiop déjà expliquée 
par M. Rem,u3at, ^t a^^ut lui par le pî!;re Cibpt , a , scipu U. <ie 
ParaTey^ donné naisisance a ladivi^on desletti*es ei^ çonsçuncs 
et en voyelles , division ù laquelle sont arrives depuis, long-temps 
les Coréens j qui on( iait, k cet.ézarcl^ Jinp^^ de pb^s uueies 
Japonnaîs. i 

Ce seroit . au reste , un,e erreur 4c croire quWant la décou- 
verte de cett^ nxéthode, les prcjLinici^ bôuunes n'avoient pu iinà- 
gincr les moyens de peindre aux Yeux les idées pprement intel- 
lectuelle. « On peut, voir , dit notre auteur , dans les Mémoii:cs 
» du seyant, père Cibot^ l'analyse' ingénieuse qu'il fait d'aprcs 
» les auteurschinois • d'un très-crand non^bre de caractères qu'il 

u désigne sous Us noms de mc^raux . dogmatiques , scientitiqujL's, 

.• î;» •-■ •• , ■ .«t • . f ..jo . . * t' ► , > l'ilftin ;r 

» liistoriques. etc. n'M. de Parav/ey. cite, quelqueà-uns de,cps 
caractères» qui présentent des assoaatjons d idées fort reniar- 

quablcs. et dont les, uns decouvi'eut'. a s/es yeu^^ i'ôrigine de 

*:....r ïro ?î;ui»î-;-j1-"i ' .* ,. • *• >» f/;Toiiu,f 

plusieurs superstitions antiquây, tandisq ueles autres se rattachent 

aux traditions. primitives du genre humain. Nous citerons d ur 

4- 



(5a) 

bord celui d'acLiPsc. Le$ homniÊS ayoienlobsensé que le solril^ 
dans sou ùiouvement diurae , s'approchoit tour4i-tbur de 
chaque tropique en déëri^ânt comme les orbes d'une immense 
spirale. 1(6' symbole le "plus naturel de ce mouvement étoit bien 
celui d'un viute serpent. Aussi ,' pour désigner une ëclipse de 
soleil , on peîgho^t d'abord le caractère soleil ^ et à éa suite un 
caractère éôiUplexé formé de serpent etàe manger, a Le serpent , 
» dit notre auteur^ peignoit ici le lieu où le soleil y datas sa 
» marche oblique, étoit comme détn:dt, dévoré. » De là naquit, 
ce lui semble > une coutume populaire qui s'étend des extrémi- 
tés ($beidefttales de TAfrique Jusqu'à celles de Ilnde et de la 
Chine^ et qui consiste à faire 'du bruit pour chasser le dragon ^ 
le monstre^ qui 'dévore le soleil ou la lune , loi^que l'un de ces 
deux astres est écltpsé; Lès premiers hommes -qui imaginèrent 
ce caractèreiiîérdgf jphique Soient bieii éloignés d^aVoir Sur lés 
éclipses des idées aussi absurdes^ puisqu'ils savoient les calculer 
et les prédire , et que le Chou^King même , dansTendroit où il 
semble oflrir des traces de cette* superstitioU , cite des astro- 
nomes qui furent punis pour n avoir pas su annoncer d'avaùce 
un de ées phénomènes. 

' M. de Paravey trouve aussi dans le caractère temple l'origine 
d'une ^utfe supe^tition fameuse. Les hommes des premiers temps 
apppi-ioiènil.'dâ'ns les téinples les prémices de leui^ mbissons pour 
l^s consacrer au vrai Dieu. Dé là le symbole primitif qui'^ pour 
désigner liîi de ces édifices, réprésentoit un comble où un lieu 
a abri, sous lequel étoient figûréèis tés prémices des champs ou 
des récoltes. Or j ces prémices des cliomps s'appeloîent miao, 
nom que /par onomatopée', on avoitauss^donné à l'animal qui 
miaule; et quand les caractères phonétiques furent en usage, 
ildevint indîfii^*CJUt de peindre sous le comble , ou les prémices 
des champs , ou l'animal qui portolt le même nom. Ainsi naquit 
un nouvel biéroglypbe auquel, pendant long-temps^o'n n'atta- 
cua pas a àuTrè idée que celle à^'édlj^ê sacré. Hais , par la suite , 
là race deGhani , qui forma le fond de la popûfàtion égyptienne 



(53) 

avant Ilnvasion phâûcieniiei. oublia l'origine de ce caractère, 
et, le prenioit li la lettre , fit du chat an animal sacré. 

Un autre hiëroglyplie explrque à notre autenr par quelle as- 
sociation 3!\àéeé certains peuples paîssèrent des notions les plus 
pures dQ la divinité aux pratiques da l'idolâtrie la plus absurde; 
Le veau , dît-il, est engendré «eu/; et cette observation , si &ini- 
liére à des pasteurs tels que les premiers patriarclies , leur fit 
adopter cet animal pour ûgiue de Fadfectif uni^uex Ainsi ^ pour 
exprimer un Dieu unique , on figuroit le symbole de ciel^ qui, 
dans tonte l'antiquité , a été l'image naturelle de Dieu , et Ton pla- 
çoit à càté le caractère oieau, sjmbole de l'unité. Quand les tra- 
ditions s'obscurcirent, des peiqples grossiers, voyant au som- 
met des obélisques et sur les frontispices des temples l'image du 
veau ou de la génisse > firent de ces animaux stupides Tobjet de 
leurs adorations 5 et les Hébreux eux-mêmes se prosternèrent 
^ant le tieou d'or* 

Ces exemples suffisent & M. de Paravey pour indiquer com- 
ment^ dans la suite des siècles^ l'ignorance abusa dia3 symboles 
liiéroglypiùques, ittilj voit en même temps la preuve de la 
haulie sagesse qui présida à leur étd>Iisseinent. II dte encore à 
ce sujet la phrase de deux caractères qui peint la mort du pre- 
mier roi dont le souvenir soit conservé dans le Ckou^King. 
« Cette phrase^ dit-il , offre k. symbole de monter et celui de dtss- 
cendre f ear alors , disent les commeatatmirs, son âme monta au 
ciel et son corps fut enterré. » 

Chemin£ûflSant, le même écrivain ooiupate entre elles quelques 
locutions qui se retr^ouvent dans diverses^ langues , et parmi les- 
qodUes nous avons retoarqué le mot héhi*ettiCp/^ait, signifiant 
sacrifice. Dans ce mot eatr/e le terme Ban^ qui veXit dire fils ; et, 
chose singulière» <iette association ^ qui mpp^le le sacrifiée p^r 
exceUence> se setrouve dans les l^iéro^^yphies,, où le caractère 
«ocfj^r offre également le symbole de fils» 

Enfin, considérant l'écriture hiér<^lypliique sous un nouveau 
poii^t de vue, notre orientalistey découitre.des»secours^diiii- 



( &4~) 

rnble< pîmr Vétucle de rkistoiFè àés prenûeis iemps ; en 'sorte 
qu'après trroir ohé cet belles paroles de M. de Bonàld . : - «La lit- 
t(fratare est l'expression de Ta société.» , H ne craint pas de dire à 
soatour : <f ÎA littérâtare hiéroglyphique c est ITîîstoîré, » il ne 
c\ïéh Tappiii de cette assertion qu'un seul exeitepïe'; toftÀi ëëf 
exeinpI&Ki] pafôlt'si fmppant, qu*!! lecontpsrnesans liésitèràint 
nv^darlles les t^ns mithentiques. 

Depuis long-temps IkL de Parapejr cherchoft «n raïn là raison 
du ^ns abstrait du cnr^ctére «pnr, qui signifiié en même temps 
mœurs des rois, doctrine^ eacempîe , hormes mœurs. Des consf-' 
dérations chronologiques , qnll dérèloppéi'a daiis son ^rand ou- 
i^rage , lui ont fait recçniioître que le célèbre po-ht , dont on îi 
fait un empereur, et que certains auteurs placent a la tête» d'e 
toute l'histoire de la Chine , est le même que le patriarrche Abcî. 
La signification des caractères qui etitrent dans la composition du 
nom de ce personnage concourt & établir cette opinion ; caf Iïi 
première partiels estforimée desiîeUx symboles Aorome et c/irt-^i, 
et signifié 'mufnissiffh^' et Ja secondé partie a^r présente tes ïjit\^ 
boTes à'd^iiuà etâëhoutehe. 'Cèé eararctéres ne p^voient êci*e 
mieux choisis poiir désigner te pi*^iurdesptisieuré»'Si'Yùti dfbiite 
qUQ le {Patriarche dont i^usparloins setroure aussi' représenté 
en E^pte soUs les mêmes symbolels , on trouvera sans douté de 
telles analogies dignes d'attention. De plus» daiis la secoi^de par- 
tie du nom ro-fiT entre le groupe v, qui reut dire tvstE , pwr, 
co n venable , équitable , a cception dans hiquélle on le trouve- sa » s 
cesse employé. AlttiBida^^ienomehiooisdupatriariehéAbèljqmfut 
le premier des tustes , et'qué saint Paàl- awisi i, dans r>éi|Utn'éra«ion 
qu'il fait dans l'ép^n^e (aii!9t Hébreux , .place à k téie dés ]mt^% 
^ul ôftt vécu de iâjfi>£y nous retrouvions cette saUîme ^iiliète 
de; yirsTE qn'une< tradition ]non rtifterrompùéluip a comme rendue 
pt o^t«V^^^^« '^^"^^ ^'eif étiiice ek gatttvijde pair son ih«^** 
tion dans le canon de (a- ttiesse/etèi laquelle» été vendu* le plus 
iiu^oste detons les témoignages^ puisque rEtangîlénouswipprénd 
qd'éUc a passé ^park bouche mcme de JénUsi-C^Tist/ lejnsie 



j 



< 55 ) 

par exceUôuâe» ëttidiit AbelfCit'la preiiiietneY^uré.'Msiitfydîra- 
l-on . vous nou$ partiez lout-Vf h<éure âii fieDs abstrait' d)à UVàc- 
tère vent} quel rapport jbe.seÎMi pê|it-|l avoir ayéc tout ce qire 
vous Tenez de. dire? Le voîoi :,FO«r. porte àéns. nboific U se 
nomme aussi FOircj or iPbw. en chinois. Teut dke tM$itf; et 
chose singulière ^ le nom duyatnavclie Abel ouf'^çfa^Umènie 
signification eahébreo. Yoilè, sehm ootris ailteor^ ,poiirqiifl4.f 
dansTécritùve h&érogi yphique^ ^ w&am oaniclè^ qni^anproprc^ 
signifie vent, 9iffù&eaumotBldootrine^jej9etnpley fnmuts^ bonnes 
mœiirs; et c^est aussi oe qui lui explique obmmentSvBébôniatOB!, 
à la tête èvt fragment pi'ëeîéux qut niHis en i:esCè,|)la^deipelr>- 
sonhages qui portent )e nônfi de éé Miême niétëére/el''<fie4Hgn«p- 
rance des biéi'oglypbes âinofif fait jù^u*id f^jardii^ ëdntiMeptt* 
rement iabuleux.. • ' : / '" ' ''' "■ ■•-''' ''^ '" ""^'^ 

' ♦ ' 1 

/ ; , ■ -,.\ . . ; ... 

Un de!s éditeurs dès DetumenU hùtofi^fiM ^ efck , oonoernatU 
la coriipfigniè de Jéstié ^ que û^iis'aTbns ■Annoncées dernièrement^ 
nous envoie la copie d'une lettre dit'il Vie^; d'adl'eas^r aux 
rédacteurs du Cojnstituffc^rfje^ly^^i^ixMou et ,du 

Courrier, Comme il €st fort douteux . ; malgré rijnpartialité 
doiit ces Aiessieursse p.iquçnt, qn.i<9 consentent a puoiier cette 
lettre, le ttiêine éditeur Wôûi prié de finsérer dans notre re- 
cueil. Nous y consentons d autafit phiS'^Vafontièrs', qi^ ,' dans 
les cîrcosistajioés «ctoisllôs ^ la '{^ubliioatÂpn 4« c^êJiQçument^ a 
un nquTean degir^ 4'ûittériSt^ . .: > . , ... ♦,.,., 



« / 



1-.» 



Aujc Rfifai^^9H»j4u C^m^i\filf^^l,9 iiH.iSmxtnsJk^ DébatSseit 

;'.<^ ; . -^ Goiirrief« ' 



Messbubs, • ' 



X M8Mp•eles.dBpcd•long4te|>ldd^)iémll■S(^TBas'en^parloS8aM. 
TOUS lïe parletf ponr ainsi Idfie ; 'd*âutre cftiose 9)et< les .ii^urM iquil vowt» 
Mp adressez clébordeiil cnt'^qml^ i*rte»dè tos colonneai .CîepiHidaiit 
voQs^aeref ppot«^traétonaâi d3ipf»iMiidreM|aa lOBèkÉammnéxiÊIL 



,te^. conlM «ox» ^t 41^ Tpoi '^ loii^ encore d'avqîr ep9i9e40al.ce que 
h?8 jtniditioiiii fiitîrjéffv^U^iaes ,<ont prodtill.en ce genre, et repouTelé 
d*&ge en âgç# j^squ^i nos Spnrs* Arnaud, Patqoier, Dollé, Gayet, et 
Pascal dit Montalte • et Nicole dit Wçndrok , et f aTpcat'général Sérrin* 
etiliistorien de Thon , et les libellistes Kagaenots, et les mal-vivants de 
toutes les époques , ainii ({ue les appeloit Henri IV , qui , afin qne Tousle 
ftâcliiez; fotLB i^ûs 'gHaud ami des Jéstdtes , pentent tous fournir encore 
peur longilemps dc4 miitériaui ; et, quoi que TonspuissiezdireottînTenler 
«tir les Jésuites, tonis n'bi^aiicerei^' i4en i{ii11s |i*aièiit dit 00 inventé. 
'*. Cependant ^ Me^nrs , il se'pvbHe > depuis environ un^ an , nne colr^ 
Jisction^de iasoâinres, qni paroisBent assex régnliirentenft ton» les moiSf 
4A\^ QuX pobr ^Isiine ; P^enaisfit^ .hktùt^fia > • eri^im , applogétiqius « 
49iicfr9iiNl(/f #o€^|^j4[é J4è^^<, dans laq^^e^on ^ entriapxjs, nniç défense 
j9a^Uo^{)ni^ def .Jésoi^, nofi pa^ des c^aî^erie8 ^ .des dédawsitions 
vagues et virulentes , mais par nne suite de preuves irrécusables puisées 
aux sources W.p^us authentiques de Thistoire* On y dii«cute tout , on 7 
répond à tout , on y met en cause les ennemis les plus furieux des Je- 
snltcç,: on les v force h, rendre témoianase les uns contre les autres « et 
Ib s^accuser mutuellement d*xgnorance , de mensonge ^ de calomnie % 
^n on y n^et à i^cQ]|^][(eft, on* jf rend. ,pal|¥ibks,. ppur, ainn dire, les 
^pqi9ti£i secirets de cé^e kaîne> decet esprit de perséc^onqui n*a cessé d^ 
jfônrsuivre les Jésdtes depuis le moment oh ik ont commencé k "exîstert 
^ qui les pourtcnvra sans^rèlâciié^fusqu'4 la fin. Genestpas autrechose^ 
^t jjS suis obligé de vous leF dire, que la haine de la religion catholique , 
dçfit ce^, pTdi:<^ Tclij^enx ef t \^ n^îUçe }a pins fortement « o^ pour mieuK 
4&té , la pifis .diidnement -ovgrinisfâfff 

De deuz^hesëa rtine VHM^vom nVvoà pMnt In ces éocnments, parce 
^ae vous n*avet pas en occasion de les lire,' on, fes tfkûi las, vira» né 
)Ogct à propos ni d*en parler ni d*y répondre. 

Ami desJTésîdtes el <!^la véfité/flâ éHt.éàHê UptMàlifrèai, lairènhé 
bonne œuvre , en cherchant à'I^ttir^^iiMlr « è empêcher des gens d'es- 
prit , qui Se montrent habiles en beaucoup de choses , de se faire les 
échos des invectives grossières . des ftneries prodigieuses , dés impostures 
dêtettablei' de ces viem r oaotnDiii'^Dtf > l^sailli!^ a sbilriqu^ls' inieif Itni' en 
8iy(erdd'pro6h^teiir,'domnie Arnand, Pa4<iàiér!itCflfj«l4 ete«' v qokqu^iis 
c^lomnîçnl, eomme Pascal^ awbtooAe^ les ;giile€li dbrlaàgagfreitai&leA 
■Hiiudb JieuËinrb oBatoîiiL? Gu^L>tlans«fflCë i^teoton q[ise j^ prends la 



(S7) 

Jlberlé de tous Vdreater une coUcctioii eoiii{ilèle dccei documente « de- 
pms le 1*'. )a8qa*aa ii*. ttomérô (i) « qoe nous aTont publié il y a 
quelques jours. D*après Favis que je Tiens de tous donner , tous ne 
poavea conscienGiettBement tous dbpcnser de les lire ; et quand tous les 
aures lus « la coosinence tous êSn eneo^ que c*est une nécessité pour 
TOUS d*y répondre, ou de garder désormais le plus profond silence sur 
)es J^nites, n tous ne pouTes prendre snr tous d*aîmer ç^ bons Pères 
et de TOUS en faire les paiiégy^nstes. 

Pemk stscm^-cos.,... « Mesôetiis^ il m!eil impossible de croire à cet 
exoèi de ttrauTaise foi , à «ette cômpHclté sTec des imposteurs et des 
calomniateurs , à cette haine atroce qui se servirolt delà calomnie et de 
llmposture pour appeler la pr.osc|riptipn sur des hommes dont Ilnno- 
cence seroit démontrée; jo nj puis croire « dis^je, 4e la part de ceux 
qetsedédareat si hauftemenl lesdéfenseors de Tordra légal et des libertés 
piM^es , les champions de cette publicité qm assure à chaque citoyen 
la faculté de défendre son honneur et sa position sociale contre la fraude 
et la violence a les e^munis enfin de tout ce qui ressemble k la duplicité. 
Je ne le croirai dp^c point trayant la p^^feodon do tous élarer si haut» 
tons ne deseendrea point aoisi'bas. 

J*ai rhoimeur de tous saluer, Afessieurs , stcô une parfaite considé-' 

ration , 

L*un des Ë^teurs dés DœmmmiU historiques ^ 

çritiqiÊei , apolqg^iqu^ » çtmçimw^i la tompa* 

Paris, l4 lenf Ntr iM, • 

PoMtêctiptum. Btoa intention est ^e dpancr la plm mode ppbUcité h ii|. 
Kttre que j'ai l'honneoir de tous écrire. . 



(i) 11*, m*. : i2(i|iP9Mfeir0^>4lr0ff/rnMiieMiiaf,ttc. ypriz s sfr. ^îbea ma-' 
demoifvHe Gàsié delà duide » me é^ i'Éoole-te-lfedecioe , b«. 4. 



... i 



.1 . ...... . •• 



T58) 



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^«<\« \\M\\>« 4v«ViVv\<«,Vi %A%« %tM VWk «V%\V*4v%\«V«^A'««%%»«MM^Ai«% \\%« ^M 1\%%««V« v^ WWV% VM«W 



▼ARifiTÉS* 



. . ■ r / 



Il paYôh en 6ô momeot un onrrage intiluK : Z7^ VÊtude ei 
de l'Enseignement des Lfittres , par BL Laurentl6(i). En attew* 
dant que nÀittP pum^iohft anal jwv cet duvrage, <|m â«4t^étre 
uIîIq à-ia-fois aux maîtres et aux élèves , ^t. qui »'adre98e:4^e« 
ment aux moralistes et aux gens; de lettres ^ nous citei'ons ici 
quelques fragments qui peuvent indiquer, à nos lecteurs cohl* 
ment le grand principe d autorité lie toutes les sciences morales 
et sert de règle kat arts de l'esprît^ I/autèur pariant Ai- gotft, 
coinmicnce par . exposeï^ toutes les ràriëtés âeis 0piniofis de» 
bommes en^ce qui touche & l'idée du Jbeau^ et -ce tal^kaa est 
curieux. à contempler; puis il cherche un moyen dedécoav.vjr, 
parmi ces variétés infinies , lat vraie notion cm beau. « N'allons^^ 
pas croire , dit-ïl , d'après l'histoire des contradictions humaines, 
que le beau, imeliecixiei wnt quelque chose de chimérique. Ce 
seroit mettre le désordre dans le* domaine de^ art» de l'esprit ^ 
et-nouscheifchoos^au contrake, les lois qui doivent j perpé- 
tuer Tharmonie. Quelle que soit la modification des pensée^. d^s; 
hommes sur le beau , le beau*, n'en est pas moins invarfable 
dans son caractère. L'erreur des sjstèniès j. c'est de le confondre 
avec le sentiment varié que peiiventen avoir les peuples; de 
là des débats infinis sur la prééminence des goûts, sans qu'il eut 
résulte aucun mojen de le rendre reconnoissable h tous les $ên$r 
et à tous les pays. De là aussi des dissertations- lnétfaphysSque& 
sur la nature du beau ^ qui n'apprennent rien aux poètes 9 etquV 
ne sauroient hâter la perfection des arts, ceux qui font des abs^ 
tractions sûr les èhèfsi-d'céitvre étant d'ordinaire des hommes 
peu capables de les apprécier* - 

« Laissons*donc la métaphysique qui n'apprend rien , et consi^ 
dérons Je beau d'une, manière rimple et naturelle*^ . . v • 

« Le beauy'disons^noosf est quelque chose de réel^^' el cè^piip 
le prouve y c'est le sentiment qu'en ont les peuples , quelque varié 
que soit ce sentiment. Mais le Jbeau n'est ni ce qui plaît à l'un^ ni 
ce qiii plaît à l'autre; le beau est ce qui plaît à tous. £n d'autre» 
termes, le beau est ce qui est jugé oeau universellement. Mais 

(1) Un {^r08 ToI. in-8«. Gliez MéquîgnoaJuaior, rue des Grandt-Augi»»- 
tins, n<». 9. Prix : 5 fr. 



(59J 

cett« tinîvmaUtai ic jttgeriieDCR asi-elle compacte arec cefle ta^ 
riation d» goût9 pai4îcalters qutf nouf troÙTonf.chez !«» dirfirs^ 
penples ? Oui y sans doote; car, au tnilîeu de ces goûts cpntvaîrest 
et qui tiennent nvx caprices de Flmmine, il peut se rencontrer 
qaaqne clioie de commun ec d^tinirersel , et c'est justement ce 
qui est rrai. Ainsi , que dans les goûis bizarres d'un Caffre, d'un 
Chinois on d'un jLapon , il J en ait quelqu'un qui soit è-la4bis 
celui des autres peuples ^ on peut amrmer que ce goût révèle 
nue connoissance réelle du beau. Cela arriye plus souvent qu'on 
n'iinagrae; car les peuples les pins i^ncultesne se trompent pas 2i- 
la-fois sur toutes les ctiofves qui tiennent à Tîntelligence ou qui 
intéressent les vrais plaisirs de l'âme f de même que celui des 
peuples qui connoit le plus derérités morales est le plus éclairé, 
celui qui en connott le moins est le plus barbare : mais Teictrèine 
barbarie et l'extrê'me civilisation , je veux dire l'ignorance abso- 
lue et Ta science parfaite, sont également impossibles dans l'ordre 
de société oà il » pin k Dieu de placer sa créature intelligente. 

« Cbercbons maintenant quelque application. On a citédank' 
nos livres des fragments Kpoétiques ^ ou des inspirations élo-* 
quentes de quelques génies de 1 état sauvage (i). On indiquoit 
par là , sans y songer, qu'il y a un genre de beautés qui se ré-' 
vêlent à tons les hoitimes; et ces fragments , cités souvent avec 
trop d'enthousiasme , montrent qu'il y a des émotions qui ré- 
pondent à toutes les âmes, non -seulement chez les peuples 
polis j mais encore cbe2 les nations incultes , et c'est là Teffet uni* 
verse! du beau. ^ 

« Mais pour pouvoir s'assurer d'une littérature qu'elle est éta-« 
Mie sur une vraie connoissance du beau, faut-il donc consulter 
tous les pen|i1es ^ et même les peuples barbares? Ce seroit 1<\ une 
triste condition des lettres , et il est bien clair que ce n'est pas 
celle <fue Diçu nous à imposée comme une règle des plaisirs de 
l'intelligence. 

» Pour pouvoir aBRririer d'Homère qu'il est beau ,*îl suffit de 
savoir qu'il est jugé beau par tous ceux qui ont suie lire, et qu'il' 
leparoîtroit même à des barbares é'iU parvenoient . à le com- 
prendre. 

Tcutce qui cbârme un peuple civilisé ne peut pas charmer dé 
même un peuplé ignorant; et n ne s'ensuit pas qu un'penple ci* 
vilisé se fait illusion ; il s'ejisuit seulement quHin peuple ignorant 
doit rénoncéI^'Jî'ses^'moètiré ferbucbeset à ses habitude.^ rpcnltes 
pour pouvoir apprécier fe$'gduts et les plaisirs de la civilîsatîori. 
Aucun peuple , aira-t-om pétit-^éti'ey jné se croit ignorant ^ cèlâ ne' 

(i) Thomas, Es9ik'nf^K΀f)!\(fii,e^.i ,. , ''•.■|'';ij... ::-. • . '• '.;>> y.?:/». -. 



(6o) 

veiit.Das dire qu'aucun peuple n'est ignorant, ni surtout qu'un 
peuple jsro8$ier ait la même autorité qu'un peuple poU sur les 
objets, ae n^telli^eoceçt des arts. 

• Ne nous arrêtons pas trop long-temps à des objections qui ne 
sont que des cbiinères. Nôuis savons bien que pour assurer d'un 
obje;^ qu'il est beau, nous n'avons pas besoin de consulter le» 
goûts, du genre humain. Quelle que soit la régie de notre juge- 
ment^ nous jouissons de nos émotions sans avoir même le temps 
de les apprécier , et ce seroit un cruel abus de la philosophie 
que de vouloir ôter à Thomme ce qu'elles ont de suoit et d'ioi* 
prévu. Toutefo'is, Thomme, dans le calme de sa.raison , peut 
bien ^ sans doute , chercher à se convaincre qu'il n'a pas été sé- 
duit dans ses émotions; niiab il lui suffit alors de savoir que ce 
qu'il a admiré par une sorte d entraînement irréfléchi, eut été 
admiré de même dans tousies temps et dans tous les Ueux du 
monde, par des intelligences asses âdtivées pour l'^préçier. Il 
ne faut qu'un seul souvenir pour éveiller la i^^ojtion au be^u ; il 
ne j&ut qu'une analogie pour établir des rapprochements certains 
eptre des distances infinies. Houiére , yirgiie et Bossuet sont cou- 
temporains par leur génie , et par le caractère unique du beau 
qui Drille dans leurs ouvrages au travers dçs beautés variées qui 
appartiennent i chacun de leurs siècles; et leurs âges se rap- 
prochent de même par le sentiment unique qui présida à leurs 
jugements sur ces mêmes beautés. La connoissance dubeau n'est 
donc pas si difficileii acquérir qu'on pourroit le croire* Ole n'exige 
ni longues recherches , ni savantes comparaisons , ni scrutins 
pénibles 9 ni.périlleuK voyages dans tojute la terre. Nous cpn- 
noissons .malgré nous» et sans sprtir de ^totre retraite isolée , les 
jugements mi monde entier sur ce qui est beau , et nous jugeons 
beau ce qui est conforme, h ces ju^emecits. 
. c Encore nue fois, laissons a J'homme tous ses plaisirs , et 
même ceux qui peuvent naître de ses illusions, miaas si nous 
supposons qu il veut &ire succéder le raisonnement à ses émo- 
tions les plu^ vives , traçons-lui une règle qui le dirige. L'admi- 
ration y pour devenir de l'enthousiasme , ne doit pas sans doute 
être aveugle; le bon sens seroit alors condamné à jouer le triste 
râle de pédant; le plaisir des lettres n'appartiendroit qu'aiix es- 
prits légers, et le génie, enfin ,^ ne seront applaudi que par des 
^prits mcapables de juger. 

' s J'ai parlé d'une regre à donner k l'hpmme pour la connois- 
sance du beau : ceci nous ramèn^.ngttgi^elleâi^^,!} ^'objet prin- 
cip^V4>e toutes ces v^^exif^^^i^^yç&t Uigout, .;.. '.,; ,' . 

«Têhons-nous-én h la defiàition : Le goût est un sentiment ex- 
quis de ce qui convient , c'est4-dire de ce qni^est bciiu j puisque 
ces deux choses sont identiques , suivant Ciiéttyn. < 



( 6i \ 

• Mais si le beau est ce qui est jugé béa» rniirei-seltemeui^ le' 
goût du beau, jédis l^ Trai goût, est telèîqur se conforme au 
jugement tinifersel. Les latins appellent le gtfût du Aoth' àsjudi- 
eûiOT-^-jugement. Il y a des critiques ii^derii/e!^ qut tnt trouvé 
que ce terme ne rendpil pas ce qu il y a de fîn-^Lius no^re exprès^ 
sionj tftais le termelatîn est plus vraryletéfrnie &èiiiçais'e8t ptoScapri- 
<iieux': run exprime une certaine nécessité de'SéumetHr^ses i^eir 
aux idées d'antrin ; Vautre, une certaine liberté de s'affranchii' 
des jagettients^déjà portés. Le jugement fait régner la raison danif 
les arts , le goût y rait régner le plaisir; il faut tâcher de réunii| 
ces deux chose», le jugement et ie goût ^ et atôî^ on peut espérer 
d'établir une règle qui mette ^-la-fois les tfrta à'I-aSiri de la stn^tt-^ 
hrité du goût et de » sécheresse de la raison. Que le goût reste* 
donc un seitttment exquis de ce qui cdxiViénCj'màis que le senti-* 
ment s'accoi'de arec le jugenient uniVëHél'/die^'aùtreâ hommes. 
Cela est nécessaire |Kmr arrêter le mauvalàf jgoTit-, qàt trouvant , 
comme le vrai goût ^ ses plaisirs daris^ ses' dônVictiott»,' senkble 
toujours pot^cnfi^^dire : c'est moi qui suis le goût, s'il u'êst sou- 
mis à une autorité qui fasse reconnottré Terréâf de ses {kréténî-^ 

« On dit sontent dans 'le mondé : Chacun a son goût; i^né feuf 
pas disputer des goûts. Cela veut dfre qu'if y a des goûts de toutes^ 
sortes , mais tous4:es^oûts Ue sont pas le goût. 

« Or, entre un hoHtnte quf a le goût du raux, et tin hdmtoi^ t{M 
aIe«oût du vrai, qtti«ei% )uge?Sl^b vîèniiént à di^uter deleur» 
plaisirs > qui-décidera-? Cliacuu a les siens ; on les troutié àkiS^^ * 

{prédilection^ personnelles. L'un ^^ittendrrt à undràme anglais,' 
autre pleure au sublime de Sophocle';' Ttin va s'^ayer à une 
farce de tréteaux, l'autre va sè^^ire h une dératé peinture de 
inœur?. Es^ee de MontHer au premier qu^ii à tort de cherchéir 
des émotions dans uù genre de cotnposiuèà que le second i^e 
peut approuva; il vous répondra : Chacun a son goût. Aura-t-il 
raison r non sans doutée; car le goût n'est pas celui de chKèeth^ 
c'est le goût de tous. ' 

« Il n'y auroit donc pas dégoût, sr chacun pônvoît avoir léMen.' 
Ce qui établit la nécessité de soumettre les jugements pttrtlcuKeré 
aur Jugements utitversels > dans les niatièi^ies de goût comme dans 
les matières de morale. 

«C'estceqn'afort bienétabKBoileatt dans une de ses reflétions 
criâques- contre Perrault. « Le gros de^hemnies à la longue ne 
se ti*ompe point , dit^l , sur les ouvrages d'esprit. Il n'est plus 
question , à l'heure qu'il est, de savoir si Homère » Platon , Cicé- 
ron , Virgile , sont des hommes merveilljeux} c'est une chose sans 
contestation , puisque vingt siècles en sont convenus ; il s'agit 



à^ savoir en qnçi:i^^fim\^ le iticsrTeilleux (^ui les a fa^t iid|iiirer 
de tant de sîècl^i etîjl faut; trouver moyeu de le^voi^ri ou renon- 
cer aux MiethkiXvé^ 9 auxquelles vous devez çroîre que vous u a- 
v«z ni goût ni géiMieg puisque vous ne sentez {ms ce qu'ont. &^u 
tous les hoinme^Xi).; •.: 

; » 'telle, est la rég)^i^,lé|Cki»: le goût universel des siècle, .^u^; 
quel doit i« spuoH^rpile^ût de chaque Jiomiue en particulier ^. 
et il est remarquable que iBpileau réfute ici y^paj; le raisonneiiiieut 
ordinaire que l'on -eipipctse aux novateurs^ une maxime de Pet''^. 
lyiult qui moatrq ^u^ la bizarrerie des idées dans les lettre» et la 
l)ardiessedes erreurs dan^ la religion ont une manière commun^ 
de présenter au i|^ou4e ^^^ps ^pplogîes^ a îl 7 a Ipngyteuip^ , 
avojt dit PeiTauU (et;c'eçta: un abbé son interlocuteur qu ij pr^- 
toit ce langage) l'il.y. a;long-temps qu'on ue se p^^ie plus d^ çel,t^ 
sorte d'autorité^ etqjaiela'ir/^çn est la iieule.n^Qçinoieq>uiait cpuAS 
dans le commerce- de& arts et des sciences, (a)* » C'est ainsi que 
la raison, nob pas la, raison divine ^ cette universelle proclama*- 
tip^ des vérités primitive, mais la raison tell§ qu^ çhaqœ bp^ninq 
la c9DÇ9it , est :(pM jours appelée au seeoui's des erreurs^ et Tou 
voit que la sottise même en vient quelquefois faire son auxi^, 
^ii>e«tBoileaua indiqué. admiraU^^ient li^ peu)e réponse qui 
pui^e, affûter Ia.^ijepqç'.d^ novateurs dans les lettres comme 
dans la moralel Ot) peut dire aux écrivains qui mettent le ur.gp.ût 
jMrivéfàf la plaiq^ .dn.goût général , on peut leur dire comme à d4\s 
nérétiqvc^ .• D'où yenezvous? où sont vos tradit)qn$7 pùçft, 
^ yolre autorité ? Ils répondront :comme Perrau.lt ., quilsoi^^nQur 
eiix.la raispn,:Y.pus ayçz la vâti*e, à la bonne:beurej maisâVj a 
si^ wHç ans qu'on en connoit i^ne autre c^ans]^ 'monde ^ fAi.ài 
i)[|pi|VS que vous ne fessiezdes i^^;acles3 nous apirpns q\ie vouji 
4l,e$ 4es menteurs et des fous* Les n>iraclef | {m>ui; qa^ppètç ,, ^çq 
sont des chefs-d'œuvre ; et, cpinnie il n'y a ^s deux ^nanièr^çs^dQ 
f^irj^; 4^ miracles, i\:n'y a, pas deux n^^ûi^^:^ d'avoir du génie« 
I^^^fl^ovationsd^n^ le août sont dqnç ji/ppDssi|>les , lors4|uoâ 
clemande aux novateurs aappiiyer leurs doctrines par des.cUeii;^ 
d'opSU^r^tv^'ils iai^ieiU.des cneis- d'œuvre ils ne seroient pas nu- 

y?«^Hr8.^» . ; . , ^ ' ' ' ' . . .\ . •:, 

. JLe&ji^D^es prin^^ipes ^,j}éyelopj>ent .natarellement dans le 
chapitre qui traite des règles du goût, et nous ne faisons ici cette 
PibserYatipn que pour njtpntrer que touslcs.avts sont déj^e^t^uits 
d^ ï'attto|îté>, et que $«ins pc^pçincipe univeiss^l il n'y a plusi;i4 



(ijnéfl.«iiop vil. 

{1) PçLtallMe^ etc. , t<»nae 1 , pûg, 99. ' 






ii 



• (63) 

beau, 9^ vk^h, ni ch^k^OBurvei, Av^rm^fsteHeàùc^naede* 
ye^i trot|ver glace d^insiu^ ou vi'dge quia poar objet de ]iv>nU'«i' 
la rel 14^10 n comme source uni([ue cic;^ M^^^^^il^ 4u gjéuîe ^ et 
de iaiie de la vertu et de la morale le principe du beau. Mou» 
feroBS connoilre plus en dé|t|dl f ouVrage de Mi. Laurencie. 



J JW\ . > 



\*<I^joMri»aMic.4eJLiOndrè!0 4>»ldoftiiéUly.0 (^ tempA 

la rçlatiot^ du jugement et de la condamnation .du /^vé^/^n<Z Vikir 
beriï^i^lor, l'orateur de l'itrëopage o^dls h:9wiiéfim s'ocfupd 
de J!«;$#iiaea des preuve» de )a religion chréiiénntltîhrUtian.'evH 
eiqn£ei^ie(y)^jHsm$ ayoïfs iremàivMé îeiip!Eiss«gel.SHÎva^l« ^m 
k dis9Qλrs.>d0 l'accusai», lequel plaida 9al cotiser en» tfersonn.e, « Jjb 
»,6ui} #o<:p^^ à préseot aussi orthodoxe (i) que m m^j^rité it», 
»4veqi|eiH..ejt à l'époque pi!t je suÎ9 devfi^mjittiBfetrp,. je ïai éi4 
»p]u$ qu*attcuu d'eux4 Je s^i&que mon diopés^ui> Tévéque qui 
*« ui'a. <^o|i^ré les saints ordres^ ma di^:qii4e 1q ciel et lenfeif 
)»étojjej»t deâ labiies^fqué le rOman d'uA 3Pie(( crucifié u'ëtoit 
» qu'aine nouvelle y.eMiort duPromé^tee,d.'Ef«byW, etque,qywit 
» à la croyance de «r^^e anglicane, s'il m'y.croyoit attiacbé^ il n^ 
n m adin^ttroil pas à iordinationi attendu qii'il y iiV^t déjà assesi 
» de (pus daps l'église. » *r-< Je né. puis êtrô chrétien | mon in? 
» t^iligençe a fait Tes plus laborieuic e0brts t%,ydf apporté les in« 
«teiltious les plus sincères d^^n^ r0xam^.U duchriistianisme^ mais 
» je ne peux- le pi^o|ess^rj^monei^ri<t le:mépi'i9e, mon cpeur lah- 
» ha«ii%>et ma; nature «Çti^v-Q^^Vontï^ l,iïi..f ,Çe$ aveux sont hory 
ribles^ ^% cependant 'jcet ïiwnipe est-il .d^Y/ç»* tla^témaMîuv 
yax ^Htvetrckos^ q^0,.p9j?^appUç4ati6n;A'igjE)U|P^I^^^ de rexameu 
individuel, iqu'il .a regardé avec Raison. qQuçumue* la base et l'es- 
sence du pi^otest^^r^? «X^ites-puoi^ |oji|9;)^j^'jil^ pjubliéspar 

» M|>rfB^i^^J!ils,çoJMm(Wwp^r&Mtio^^ l'4gli^ dç Rome Me 
i).prpiivtBnt4Uj;>as qu'iln^i^t êmplpy é l0jn<4wiW)4€[d'/|rgi^m,ett- 
» talion:dQAti9%^iT|e;^it un «reproche ? .Q|n#p4 9f^ y^^^^^ jamais 
n fait un scrupule lorsqu'il s*agissoit d'invective^ contre la 'tei^|UQ 
» yétue d'écarlate,' qu'on appelle la mère de toutes les abomina- 
» tîons? Rappelez-vous leur rire dédaigneux, leura saillies blas- 
i»phë/à(iiôîreS'Sur k traoàhbsfÀntiirtion^ sut«y^Èi9age'^' l'eau hé- 




cooiQie 

cplholicisme 

orthodoxe. 



•^ — j 1 -— Q -r- — — j- 7 

ia dépendance de eet|e même raison est le dogme rijndaiA<*ntal dt» 
lame 9 dogme q«'ou n'a qu'à rejeter pour, ôùe au^aîtOl pcoU'ittaiil^ 



9 iiite, t»tc. Êst^ll jtitfé qn'bit vfte pffniese p^ur M!»6lr etëi^té Mtfti' 
• esprit aax d^ns de mes ffdikA'sàir^^fitme ils PoDft ti6«i|oiii^ 
» fak aux d^em den lents? * 



( 



% Au commencement du mois d octobre 1037^ on pou voit 
lire dans les rues deLeeds^ ville d'Angleterre^ une affiche portant 




*fr rendirent dans va ioéai j^^s dé MiEirs^-Lené-Pléad tfâi- sérr 
de cbapelto^^u9t'J!^tisiiMmMes. Le prëd^catieiiu< ii*ari4Tàf HJué 
sur les dJeuM bèaitas | et t'assieinblëe ^tafnt f ridp BojftïbVease pour 
le local , *tottt le monde se tra^^orta dans une c^^ui" d'^urie 
▼oisïne. On déimia par lechânCdrÙA éënlîquequi i« allusion. à 
hx mission spirituelle'de JoknIdit>e et à la lumière dWhâu^ qui 
éclairé les jétmsàéitÂiesw Une prière fiH^ etisiiit^'récitée pairtHi' 
des disciples dtt prophète; après qiiotit^oBin^ençason discours ^ 
dan^ léaoel il ej(prïinoit ^^ étm'i'iGtion'qiM^'ies hbmmes de ce 
temps dépravé ibuleroieutawix piedsiesËeritures et hië^nseroien t 
ravertissementqa-ilétoit okargë de leurdonnery relativement 
à la destruction proebaine du monde parle féu, événement qui, 
avec beauconpd^aulres choses^ lui «v^it été révélédans des vivons' 
à l'âge de quài^adtë éfus* Iktm Ir s^e de s6li discours, i} assura' 




*gent. 11 décfam * aussi que la g^âératiotl préseùte' 
dans la forniicatiéli^ etéi^iquà les Itilsons^ri^i déliârmtnenl Ses 
disciples à laisser ç^îlr^leurs barbes/ Vivant son cakiiiv il^]r 
aura m pilas ni-inoin^ de 1449O00 péiNoliiifesde ^attvé^ patmr 
les dèuzetribùsdl^àël.CesétiM se i^dront toiis'en Aki^éleii^^ 
lequel pays M Ardempas à devenil' lé i^ojfaumé^a del' sià* la' 
ferre. : . * . •....., 



il t. 



\^ Dan» iM^napqiainade contre la^religù^ pfithoUque),. _ 
en Angleterre! année dernière, et intitulée : Lux reitata, épître 
d'un protestant , on lit le passage suivant, remarquable sous plus 
d'unrapport: - 

« Voyez Rome se traînant dans son cbemin tortueux^ en- 
» seignant le lendemain ce qu'elle av oit enseigné la veille^ ne 
» faisant iamais de progrès, se retournant sans cesse daius le 
» même labyrinthe d'où rien ne peut la faire sortir 5 confondez 
» ses doctrines , vos efforts sont inutiles^ tranchez une tête, mille- 



J 



( G5 ) 

» aiUires montrent les denU; renversez-la, elle se relève aussitôt 
n et vous provoque h une nouvelle liltte. » 

On peut ii\ftcrire ce passage à-la-fois dans le& annales de, In 
tolérance protestante et d^ns celles des témoignages involontaires 
rendus K 1 immobilité de TEglise bâtie sur le rocher. 

*^* On lit dans un journal anglais : M*^ Matauley (ancienne 
actrice) donna dimanche dernier (2 5 novembre 1827) un dis- 
cours plein de chaleur, et de force, dans sa chapelle y à Leicester 
S(iuare. Son auditoire se composoit de plus de quatre cents per- 
sonnes. Le^ujet de son discours étoit la moralité de la religion 
chrétienne. Les prédications se font probablement en vertu de 
qaelque interprétation protestante des paroles de saint Paul 
( 1 Cor» xni , ^4) » V^^ j® voudrois proposer pour texte à 
M** Macauley : « Que les femmes se taiserit dans tes àsSem- 
» blées de l'Église, parce qu*ii né leur est pas permis d'y parler. » 
Du reste ce fait me rappelle lé récit d'une bonne femme catho- 
lique çn service, éheis un ministre protej^tann, qui racontoit que* 
dans l'absence de Monsieur, c'étoit Madame qni.disoit.la mesisc. 

*^* sûr la couverture d'un des derniers numéros du Christian 
observer, journal théologique anglais, on lit l'annonce suivante: 
tf On demande ua apprenti dans un commerce d'huilés. Il aura 
le prii^ilége d'entendre C Evangile.. . (the privilège of hearing the 
gospel and the lown free). • 



Un ancien professeur de philosophie de la compagnie de 
Jésus nqus a adressé des observations sur les sept propositions 
que M. l'abbé Clausel préteqdoit avoir été proscrites par 
le général des Jésuites. Cette dissertation latine, auCssi bien 
pensée que bien écrite , va être imprimée et sera envoyée , avec 
notre livraison de février, X tous ceux de nos abonnés que nous 

croirons être dans le cas de s'y intéresf^r. 

•^ . ... ► 

I ■ " ■ ' 

AvERTISSEWEIfT* 

Nous apprenons quç quelcfues personnes pieuses , trompées 
fgrle titre d'un \ourna\ qui iapfene l'Mhlèle du christianisme , 
•'C^'^iit abonnées de confiance^ leur erreur n'a pas été de longue 
<jftée. EIIes^Hésirent que nous signalions k nos lecteurs cet écrit 
'^{l riodique y sur lequel nous n'avions pas cru encore devoir 
appeler leur attention, k raison de son obscurité. Il nous suffira 
de dire que ce recueil est tout à-la-fois gallican ^ janséniste et 
protestant. 

9 5 



(66) 



1 ■ ■ • 



BULI.ETI1II BIBIIO^KAP^^IQUl^. 



PvMSJirfix I» KA «GBOix. J^i$couri prononce à Migné k jour 
annipetsewns ék V apparition de la Croix ; par M. l'abbé 
liambert, vicaîre-genAral du diocèse de Poitiers. Sç vend 
5o cent*^^t6o t^pi. frànç de port^ au profit d*uiie boane 
QBUVref. A Pari$, che« Théodoi^Le Clerc jeune, rue du Par* 
yLi'Ifotrè-Dame. n*. aa. , 

^ disçQ}irs «Je M» Vabbé I^mkerl esl une pièce importante à 
join^r^ jfu Mapdement de Mgr. Tëvéque de Poitiers , pour 
çoiiserYeij^ le gourenir dii iniracle de Mignç.' 

▼til 0v i^ieiuttiujb BBLLABfltur. 9 voi. in-ia; prix : 3 fr. Avignon, 
Seguitfry iftij. Paris, Gauine frères, ruada Pot-d€*Fer, n". 5. 

Qui veut eoniioître un des plus grands bommes qu'ait produits 
laçpiçg^gniie 4e Jém%,VïA cju'à lire la vie du cardinal Bellarniin. 
ily verr^un savant Vëritabley honorant la pourpre romaine 
par toutes le9 vertus d'un sainl religieux. Sauf quelques laii- 
gueurs I le stjk de cette histoire est. convenablement adapté au 
sujet. 

i ' 
PtsaiaB 09 P. Li Imm. 4 Tol* in-ia ; prix : lo f r. Avignon ^ 
Seguin y 1 6aS. Parti ^ çhea les mêmes libraires. 

le P. ^leleun^, dit FAvetugle^ né à Polignv eu Franche- 
Comté^ et eflft^ré dians b congrégation de l'Oraiofre sous le car-* 
dinal de BéyiiU^i Uay^^IIla .^ux laissions pendant soixante ans* 
Ses siermons ont été imprimés en lo volumes. Massillon, lors^ 
qu'il étoit eonsulté par ceux de ses confrères qui se proposoient 
de suivre la carrière de Wlg^édi cation, leur conseilloit la lec* 
ture réfléchie du P. Le Jeune , disant ^^'il 1^ regardoit comme 
ux) excellent modèle d'éloquence entretienne , pourvu qu'on eût 
assez de goût pour savoir discerner ce- qu'il falfoit y prendre de 
ce qu'il (alloît j laisser; que . quant ^ lui, il avoit tiré de gicr"^ 
avantages de cette lecture 1 Mais ces sermons sont devenus^ ^X'- 
trêmendent rates; d'ailleurs il s'y rencpntre fréquemment dey' 
locutions Surannées. On a donc eu l'heureuse idée de faire An 
choix des plus belles pensées et des plus ^oquents morce4ux^ et 



E' 



(67) 

de les distribuer par oïdi* dus iiialièiec. C'esl un vtfritHble ser- 
vice rendu , noD-ïCulcmciit aux ecd^iastiques , iiiaû encoru k 
tous les fidèlei ; car ces quatre votumeg présentent aux uns et 
aax autres une des lectures les plus instructives , les plus variées 
el les plus attachantes que nous CDnuoisaions en ce genre. 

FAitipTBiQua SB S^inT CsutLas-BoBBOu^B j par M. l'abbé Juin , 
directeur du grand séiuinairc de Versailles. Un vol. in-i s ; tjuu- 
tri^me édition- 

Nons aiiaonçon« Tolontier^ la qnatriènw i^dldon Aa ce 
inégyrij|tiei que nous avons déjà recommandé à nq^ tccteiiis. 
; peu d'espace que nous pouvons donner aux annonces* et le 
grandjiombre de livres importants qui attendent une mention du 
iiémorial, ne nous permet lent pas de revenir sur cet jouv rage. 
Nous dirons seulement que le pieux travail de l'auteur a obtenu 
h plus précieuse des récompenses dans l'approbation qu'il m re- 
çue du souverain Pontife. Cet éloge supplée tous les autres. 

Taslmv des ^vaquas cOBSTmiioni " ' '«- 

iés dans l'onlra dei BiéCroaoles., Aabtii w- 

seml^lée constituante. Brocli,in-)3 j prû Q- 
Hav.-u-d, rue desSaints-Péies, u". g. 

AnÉçi DV Sf ^mariai de la ré,-olut(on r; 

par M. d'Exauvillei. 1 vol. in-tij p: ne 

libraire. 

Le buqubtdb'Vb&sj.iujeïi parH.IfatatisRostel, auteur des 
lettres au. peupte/htn^ait ; prix. : i fr. A Paris , à la librairie ec- 
clésiastique da Rusand, rue du Pot-de-Fer-Saiat-Sulpice, n* 8. 

RETsiin>sa Mobtlobiui AC(nTs&TBUii,ou'e'/Awtej, ief ^c- 
iitoires et le parti jaloux i par^^ourgeois de Paris. Brocb.ia-tt'. 
de 5a pageSf prix ; t Ji-. Ji5 V[^^^ librairie catholique d'E- 
douard ra-iaon , rue du Pot-de-EcrfVl 4- 

Db L'iBSTiTtiT DES JisutTEs ; par l'abbé Pianf , curé de la Fa- 
laise. Un vol. in-8°.| prix : 3 fr. ChesGauioefr^es, rue duPot- 
de-Fct-Sainl-Sulpice , a°. S. 

On vient de mettre en vente les tomes 3 et 4 de la nouvelle 
édition de la Bible de feiice , et les tomes 5 et 6 de la septième 
édition du Diclionnatrc de Piller, Ches Méquignon-Havaril, rue 
des Saints-Ptres, n". 9. 



(es) 



M. Mequîgnon Junior vient d'acquérîrla propriclé et Tei exeni'- 
plaîrcsrestants, i°. delà YiiDZtkinrcTvÉïiksz, avec des notet 
historiques., crhiifuea H morales ; far feu M. Bouclier, nncien curé 
de'Saint-Merry ; deux vol. în-8°.; prix : to fr,, et franc déport 
1 3 fr. i 1°. de la Vib ne hk BiiiraECHEDSE fimvB Mahie db l'ircas- 
KATioR , DITE luns £■ HOHDB Ml DEMOISELLE AcABiE, caiwersn 
ofesse etfondatrice des CamUflites réformées de France ; par 
m^ne ; un fort vol. in-6°. ; prix : 7 fr. , et g fi:, par la poste. 
Les tnêmes ouvrage» se frotivent à BniTeltes, an Dépôt général 
de ta librairie médicale Jrançaiie, marché a.tt:iPov\eU, n* iai5. 



r.' 



AssoaATiOH CATHOLIQUE DU sACRE-cœuH; cloîtrc Saînt-Mcrry , 
n'. i4- Quatrième livraison : f^itites au saint-sacrement et à la 
fiuMie Vierge, pour chaque jour du moii, par le B. Alphonse 
de Uguori ; prix ; ao cent. Gnquiènie livraison : Carncièra de 
la vraie dévotion ; prix ■ 30 cent. 

fE DU BOTAtruE DE Fbaboe (1). 
C ir vélin, de vingt-deux pouces de haut 

!>ui' renferoie tous les détails matériels que 

l'on rance. L'auteur indique la ^perticie, - 

les 1 ; chaque département, la population , 

les productions principales des trois règnes, les établissemenis 
publics, etc., et m-^senle, dans un cadre étroit,un grand' nombre 
(le notioDA que 1 on tioureruit dillicilement réunies ailleurs. Cc-t 
ouvrage, fntit de recherches patientes et consciencieuses, noiis 
pnroît avoir use utililé réçlle; il seroit k désirer que le lueniu 
travail fût fait sur les diverses contrées de l'Europe , et nous 
offrît la comparaison facile et intéressante âe leurs productions 
et de leiir» ressources. ^^ 

(ô Prii t 7 fr. , ohPi ni'noOmimK': ' 



I fut-Ue- Far- Saint Su 1^ 



Fttultt à eorriger ibaute Itamirode Dieembre. 

Page 3i; , ligne ii , au lien de : ane laperhe maiù/rt de ce n tarer ; l 
niiR aopcrbe moKi'c , etc. — Page 364 > ligne 6 : c I qui , '^'^m, Iîm 
qui , niigiiéei. — lïiJ. , ligne 10 1 ni *(jle (M le ton de l'âme ; lise 
iljle, rtc. 



LE 



n t 



MÉMORIAL CATHOLIQUE; 



FEVRIER l6fi6. 



NTITS SÉUINÂIRES* 

La Commission des Écoles secondaires ecclésiastiques a de* 
mande des renseignements an Ministre y qui en demande à son 
tour aux Evêques. On nous communique une copie des circu- 
bires qu'il vient de leur adresser avec une sëiie de questîoiis. 

Paris , te 11 Février 1898. 
MoimnolfBDii » 

littliol;a6ra devoir vdint'taitiigfsÉe; fôvai^vMB oMftitf iMiieia cliorgé^ 
«le eonstaterTélal dto éc<4ès«MeoiidahefteiMliM^ il tte saoï^it être 

cpestion de détraire ce qni est i^^tiwe» Mi de pHvèi^'répiÉ)copat doi^ 
mofont qaiJniMmt nécmnirai pour préj^nr àr lu reMgioa da dignes 
mîanlMa V etperpëUur le clergéJd^f^auc^qtl'oiAVilferislM Itfnl^ tsdeulé 
et tant de Tertn». U s*agit bien plutôt dkffyl«iek^ à iitte tftbti^iMâiee exacfie 
des £ait8 qfn pourraient fakè.oetaecdes. «cca^illoaftlEvéfléel^ee'.et ^es 
préjugés funestes. ... 

Xai l'honneur de tous préTenir que la cogamission ma adressé un 
certain nombre de questions auxquelles je ne saurois satisfaire sans aToir , 
sur la YArttaAâè'sitWillen des choses^ dès renseignements plus précis que 
ceo^ que je pus avoir déjàt 

En conséquence , Monseigneur» je les demanderai avec d'autant plus 
de confiance que j'ai plus à cœur de défendre les droits de TÉglisc , 

9 6 



(70) 

riittiyieur de Tépiscopat , et des établÎMenïents que je crois încUspensables 

Agréez titfoiiseigQear , reipresûon de mon attachement respectueux. 

Signé t Dbitis » évêque d^Hermopolis. 



fiîinistère des affaires ecclésiastiques. 



IParis, le iS février i8a8. 



MONfiUCiWEVB , 



La Commission nommée par le Roi ponr 8*occaper Je tout ce qui est 
relalîf aux écoles secondaires ecclésiastiques , a cru devoir préalable - 
ment me demander des renseignements qui tendent 4i faire connottre 
Tétat actuel des choses : elle m'a adressé il 'o^t^fiet une série de ques- 
tions auxquelles je ne .pourrois satisfaire complètement et exactement , 
si. je ne consultois que les documents qui existent déjà dans mon admi- 
nistration. 

Je suis donc obligé de reprodt^re ces questions <lans les feuilles ci- 
^intes-, dernuanî^ère qu'il tous soii possible de i^^ondre séparément à 
celles q^i s'appliquent généi^alement au diocèèe ; et à celles qui sont 
spéciales^ chaque écolQ. secondaire. > - ' 

Je TOUS prie , Monseigneur , de Tooloir bien me renvoyer ce travail, 
afin de me mettre à même de transmettre à la Ckimmission les résultats 
dont elle attend la communication. 

« 

jl^éez, Monseigneur 9 Feicpression de mon attachement respectueux. 

Le ministre secrétsdre d'État au département des, affaires 
ecclésiastiques , ' 



'\ 



■Signai Dbkus, évêq«e d'fierinûpolis. 



i i 



< 



•»• 



( :« ) 

DIocèee de 

m 
QVESTlOirS oéHÊRiXES. 

Quel est le nandbre des élèves eccjléaîfsUqueB eaxa p lé ft 4iL.pilesient 
de la rétribution uoiTeFntaire , et placés soit dans ii^ <ii>mmi :0A «ol< 
léges mixtes « qui ont passé dans le grand séodnaîre? '; 

1894^ - 

En ... ^ i8a5? 

â8>6? • 

ï8a7Î 

Combien compie-t-on» dans tout le d&oeèse^ d*élèTe» préparés fMt les 
«ares pûnr les séminaiiQBS? 
Combien de snccorsales Tâoentes .penda«ft rannée eiUAèto liSi^ ? : 
Combien de vicariats jégaloawat établis et-qol n^ont (kMOl iélé^'ecoppés 
«n 1827? . ' . . • 

En combien d'années» d*aprèa leaordînirtioDS des cinq mméf0. précé- 
dentés, peut-on espérer de compléter le noBibM é» préties néoesiaires 
au service du diocèse ? 



Diocèse de. 



Déparlement de. 



1 •. 



École secondaire établie h 



. i ' 



v. 



: ' / 



QUMTIOHS:. 







C payants? 
Combien d*èlèves ^ adnw^gratitom^t? 

Qael estle taw de U p«iuioo < -rinj^^mj 

lleçpit-o^ des externes? 
Combien Y a^^il dWernes ? 



I 



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I ->.:...■. 4 t 

. • ■ 1 >■■ [■.■■ ■ : . . •" ,4'. 



, ( :« ) 

En quelle classe les élèves sont-ils admise 

En reçoîl-on à tout âge ? '^^ '"•'''" 

Cohsetvenl^îls les vCCements ordinnîres ? 

Portent-ils un YêtemeQ t. tmifp]:j9^ ?. , ê 

Est-ce la soutane? 
>> iM dk^c«lo«^lfM«bM]B«<KiileiifrM^ée feiMeîgilèiiieftt ést-eNe couG^c k 
dM»pfftr«i»iMiflefii ^ 

 des laïques? **' • 

A des ecclésiastiques faisant partiéi â^tme qongrégation ? 

Dans ce dernier cas , quelle est la coegrégalion à laquelle appartiennent 
CCS ecclésiastiques ? 

Quel est le nombre des directeurs éX ^rcj^fesseurs de rétablissement ? 

Quelle est la nature de renseignement? 
■" 'iQ»|l20Stlj^ti|>â»bp耫k' diVisïdii<dëlMadées,»tlMtp^ les lettrés cpie 
pour les sciences ? '• >; i .: • ! j'* . " > 

Fai6>^^ft4âiditt tèltfll^ iqfÉ«ilM'lQèl«èi»^fe^ 
do|ig»Ml«^iâiii«'Fuiiât%itait^?i^ '•> 'l't^ ''' 'i - 

La musique, la danse » ou Tescrime sont-elles ensdignéés ? - . 
-'^ii^l»>MMilètt'rètie^»^fij^è^l%lfi6ll)S^ . • 

Combien d'élèves sortis de ladite école secondaH'è , et qui ont passé àrà 
grand séminaire? 

1824? 

En . . , .< igî^?....;..;, . 
1836? 

A la lecture de ces pièces , les réflexions se pressent en 
foule. On a pu remarquer que • par la première, Vévéque 
invoque la conBance en faveur du ministre^ qui s'exprime offi- 
ciellement dans la seconde 5 tant îl^-ëM^l^ltai que ])j[gr. d'Hermo- 
polis a senti lui-même ^ ^ MfcttJR '^'lir^aigsufes auxquelles il se 
prête sont de nature '^S'Wsjiïrer f|, I'^PÂ^Sj??*'/ ^^? Plî^l-^r^^^* 



(73) 

parfUteiàenten dt^t^irqpottslS»!- vigôtii'èV^^ 

tôntatii^o d%&e àn^elâe iiiqtnsi^^Mi. lAi qiftlslidâè^ pi'îses tlàni 

iear«UMmbIe, i«M¥elH4Ms Is ^të^itteÀleiSèftlëiqù^iiigft'aàd- 

cadémierv aui:^ {)V(yriâ«eu¥6 àe leàllé^. JOr, lés |)tef}t9'îëM%iaîi^ m 
soti€pâ8 som la jitridicflottala iftlttfellte y mmSbW^i^kéé% 
cd\e du fniÉdi^inaîtiie^ |ie0'£ir«qu»ft> «fi ^ ^«^cWR^iim Mv^ 
étaUissemeiiU d'ëdacuttoti, ne kottt^poiltrl ^ d^^i^ àkk ihi^ 
nistre V dm It^ees de j^niiriteavs ipiiltti doîvèîfit ^(Oôpit es lëii» 
adqûmstBotîon. :IXiifMl'iM>l(ii» et DfdontiMcé^ y le «^ftl& iaiéi 
jîéalr deœs'iiriailBnsIdépqiiil i^MBcv^'d'ëil^r îS6kAl^Steèm^^ 
aii faûiii8irle'kdroîft'déikr«^|^'y <»itaoitt»«t«i«érHfi^« t<A»^ 
droits ks plus pvésiettx, ptiisqvi'il eitU ULuy^é'iÇktàéûtVééii' 
calHHft eccl^iastique* ^ \ 

Les frinàptâna qtàsûmmmkotfLiSBm OA. tdwlraiil te» <ibiiger 
de répondre établissetit vii prîw^ipe &mMr9mMMt^émAiitàejit 
illégale | eHer retifeimasc une nsut^atlM 4u - ^fmp&cnlstù^nt 
épisoQ^ , tin empié<enf8nt^4e'j^i]^irii{ttW 4fibpèfl^ #arr$téi* 
dès le-cémmeattéitient. Un0-atttx^]4iè^êkbift|tt^«e|MîUé fâ^^ 
d'enqilête que relativement aiiic 5b|^^ sUlh'teqillSls^ellè peï 
etercer une action légitisne. f ugeons ^ d^apfèft tend uiiytiihe< in- 
contestable j les prAemnmk ncEïrvtÉlltes dl^ fadmlai^r^til^n . ' * 

On vent que ks Evoques cen|lënt cdmpte des t^tmusfiâ^s et 
des reis^soiircès^jtmei/dpdélaiiiéf^tlis^ Ôtttotice- 

vroit dette âentande^ si t^oinnlstintioii'poÀvbktlisposer de ces 
revains» on s'il lui*ap|^rtenoit d^ën tégler l'eni[^oK Ma^ry^^* 
cela méine que celte étcan^qnestioiicadbe Un pat^A^projér, les 
Ëvéques penseront sans'AoRite q«^ ta réponse mtiÂi une eonceç^ 
sion fatale. •«/'.•..* 

L'administration se mêlé ayssi du vêtement des élèves $ la 
soutane est devenue nu des ob}e& de sa iputkaikè^ sollîtktfde. 
Il seroii asMs sîngulier^uê le goi^ernement voulât fercerles 
jeunes aspirants au sacerdoce de revêtir la soutane y tandis qii'Afi 



(74) 

9ifime. (^^jx^idisày^ipestiflir^ lie der^ que ridîeule, si.eHe 
n*étoit o4?eif|^.:I^hahit ?ççl^Miqfie^t déteKiwiié , en gêné 
rai y par les ca^op^. A q^el: âjç les ^ipoçs ««»^ qui . (tfiaoigBeiit 
le 'désir.4e iS^,çp9(|acrer auserKioe 4e. F^glise daif^^fiA^ étt€ 
^fioiji^.^ fR^Ç^.ià soutane) I#'u«i4ge > ^ cet ^^d , TM-ie^DiVànt 
J!e9 lie^x; Omi iwUiivs djiKàifli r ^w^ ^ iag^ à propo» de' la 
fmr^ fNre*^ de irét-b^ii^e beuiie , {>Qnr accoutanet lea së« 
ininaristea à lie ireglu-dar, dès Jaur première jeutmae. 



•rfparés des Tankés du mptde $ dans d'antres ^ on frttettd nn lâgt 
ploS''aTaiiç^^'afiAdenepasexpo8QrJe8àiBtliaMt.à<£ti»ieâiD^ 
mb p«r le^lég^ietés deFieii^Piçâf Ie:p^jple(nl2;ildleHiedtiEHt i 
«et usage ^qA'biie dérogation 7.câtt»erditJuni?énSàble<8iBÙKdalew 
Qnoi <pi'iUn soii^ e'flaiéTÎdehnsnent aux Evtques séi|l»qii^llap«- 
partient de peser les arantages et les inconvéniedISy et 'd'adopterv 
dans leur pvudence 9 le parti qtd fauvpërato.leRplÉ^i sagCk: 

I»'adaiàRisitarMi«a'idenandeqii.1Lluitsoit reiiduiaoniptex|esoHw 
jeta de reii«eî|;nita«it .^ ee^qw suppoaeapL'élle'sVtt^oge'a!a$si le 
droit de le«déler<iîincr«:lGi f ^xOma .nosr idéos sur Ja^na^Ke ^e 
ces éli3blis9cwienii« I«éa pedis «éwinairès sont destines àTCBreter 
le clergé «.non point en prenant seulement des sajets du» les 
demîèfci.ceniiitiote él» la société y.flaais aiissi> en EecBTaat'des 
élève» eppartienant k dés ÊuniAes lumoraUef . Pçnr atteindre 
con»pIètenient.ce but, il bvkt ifue^ CMlre ceux* des>pcitits aénû- 
naicesQJi X^m^» renCeresedcMilcis limite» de. Féducatîon. clé- 
ricale f il 7.ei»iiit/d'atitvesi oà Teiii.inÉeigeetottt cé.qui iast au- 
fourd'hoi .partie- de Téde^etilsQ en général. Autremeiit, beau- 
coup de pèees defanldUe.pourroienl evoir de; la pqMignance k 
^acer leurs enfiints dans, les p^ls.aénînaîsesv RemarqveE y en 
e£Set, que le vague désir , que témoigne un enfant de dix ans, 
d'embrasser l'état ecclésiastiqee ^^ est bien sujet au changement ; 
qnesor ceit âè¥es>qui manUestent cettedisposition^un nombre 
eowîdénible ne persévèrent pas^ Si donc il n'exisloit pas de 
petite sémsneircs ou Von enseignât les choses mêmes qui en*. 



( 75) 

(retti dans l'édacation laïque , qu'araivaroit-il ? qu'après apvoir 
fini leu^-s études dans un petit sëininaire , cent desëlèvés , af^Mur^ 
tenant aux dasses polies de la société , qui ne se croiroiént plus 
afipeita/Aii saçerdooe , se^tsouverrâent, en veuttant dans le 
monde , en dehors de Féduiaitioii cc^numuiO'auac jeunes ^èns de 
leur âge et de leur condition. On confit que beaucoup de pa- 
rents seroient arrêtéspar des considét^tioiiis de ce genre. Mais , 
comme il i^'existe pas dans un gvand nombre ^ dioc^soB des 
élablissements ainsi conçus , il détrient in^pensable tm^on re- 
çoive dans, les petits «éxninaires, orçanis^ de cette, ifamère , 
des sujets appartenant \ d'autres diocèses y et qui'p^ii^ent en- 
suite j retenir. Loin donc de tounnenter pour.cela les^Eveques, 
il faut au /Contraire leur r^idre grfices d'avoir adopté et déjà 
exécuté en partie un.plan si éminemment utile ; car il est dé fait 
que les maisons dont nous parloirs fournissent un très-grand 
nombre de sujetts au clergé. 

Quant kla prétention de savoir offifiellement fi ies< ecclésias- 
tiques qui dirigent un petit séminaire appartienpent.à une con*. 
grégation^ elle est, ainsi que ^aous-l'avons établi dans notre pré- 
cédente livraison , juue tyrannique yioiatipn deJ ordre légal.qui 
nous régit. Les communautés,. qui se sont faK reconnoître par 
le gouvernement, se sont placés", a certajus égards, dans sa 
dépendance 5 . mais les autres, il. ne^peui les atteindre, r Elles 
n'existât que par des vœux , et des vœux ne^on^ pas de son do- 

Les droits delà H^Ii^on, lalol : Topinion fortement pronon; 
cee de. tous les £ens de bien, tout se réunit. pour fournir aui, 
Evêqiifes le.mojçen de i^iré reculer Tinquisition ministérielle. . 

Le inbinent est décisif . / ... 



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(76) 

• » 

Le nouveau graûd-in?(t(r^ Vest hiié^ dans cette premiéi*e cirn 
cuivre, de provenir les professeurs â^Just^ïrè cju'ils doiveiil 
a voir gr^d; spiti a enseigner à des ènâiiits de dou^e a Quinze 
ans lés liberties' dç ll^Iise gallicane , attendu qu^n parcourant 
les quatorze siècles? dé notre tuonarclUé^ i) a reconnu que céa 
libertés étoient'unê dés qùatrficiciôses qiii doivent impirer un 
^rand ^niour pour les Bourbons iu^ jeunes geus àvk dix-neu^ 
viéme siècle. 

Cette idée et ce zèle ont un peu surpris Bëaûcôqp dié péresi de 
£imille ^ qui ne cçiiciprennent pas commisnt le gallicanisme entré 
pecessairément daps Téducaiion dé leurs énlaxits , ni ibommènt 
ceux-ci seront pii^s profondement pénètres de sentiments chre^r 
tiens et monarchiques j» lorsqu'on leur ^ura appris de bonne 
beiu'é à se moquer des Papeé,,.!! est vrai qneVétat religieoit et 
moral de la plupart des €tàDli^eménts universitaires est si S€i^ 
Usf disant , qu^l y i-ègne/ comme chacun sait y un si grand esprit 
4ç subordination k l'autorité paternelle y. ppl^tique.et religieu^^ 
qnVn vérité on né çauroit trop se pre^^i: de modérer ce luxe 
d'obéissance^ en fai^s^nt fermeptèr danè la tété de C0s jeunea 
citoyens des doctrines at^épendànic^. 4)$ ont déjà fait , ih ie-i 
ront encore de inq^ides pvogrèê en ce sens y on peut en être si&r j 
et les commentaires du Constitutionnel et du Courrier, joints amç 
leçons de leurs professeurs sur les mesures àages et fortes dest^ 
nées au maintien des libérien de l'Eglîse , ne leur laisserojit lîen k 
désirer en ce genre d'iastmçtîen- 

gi nous ^ons professeur^ d^histoire , nous oserions i^es^r , 



( 77 ) 

arec tout le respect possible ^ à 1i. le grand-inaltue les dettx 
qiiesCiods sùivanles : ' > 

Comment ces libertés pourroient-^Ies être des libertés de !'£* 
glise ,'êi eUeê ne touclfent pas auspiritnel ; étudies y toudieat^ 
de quel droit prescrtroit-il tel ou tel enseignement sur des ma* 
tièiès qui ne sont pas de sa cpmpétence ? 

PaisquHl est notoire; ainsi queSossuet ratt>h déik remarqué ^ 
qae les évèqnes ' n^entendent pas les libertés de I^Iise ecnmme' 
les magistrats , lesprofessem:^ dlhistoi^re devront-ils les entendre 
comme les taagistrats ou comme les évéques? C'est ce que M. le' 
grand-mahre n'a pas encore expliqué. ' 

Sa circulaire provoque d'autres observations , qui trouvèi^ônt' 
probablement leur place dans ce que vous aurez à dire siir Fé-' 
daçation que Ton donne dans les petits séminaires , «t sqr ceHe* 
que Pon admmistre dans Tiiniversité. 



ti %^ %W»%»MIMM^<M»»M^»IMWIS< 



Die EisBEiT dea Kx&caE , elc« L'unité de l'Eglise , ùu h prin- ' 
ci^e d» cathûUcisme d'etprèi les écrits des Pères des trois pire^ ' 
mers siècles; par S. A. MoBHijfiB. Tubingue, i8a5« 

' ^ (PNtnier «rttcleO 

L^auteur de cet ouvrs^ge est professeur particulier {privât Do- , 
cent) \ b faculté de Tbéologie catholique de Tubingue^ ^ù il^ 
y a aussi une Êiculté 4e théologie protestante. II vient 4e pu^ 
hlier un autre écrit Sitltulé : Athanase^le'gnmd et t Eglise de* 
son temps f considérée partiçuUèremenL^Ums J/ff^ b^tç çejitre /V- 
rùmiisfns, cpMw .atmonoede rAHsmagne joomme uneidfiS'pisç- 
duction» les plus importantes de k littéMAitife «liéok>g>iqtie'de ee 
pays. On en peut d^e autant de son premier ouvrage ^ et ajouter 
quelilft|i)et offire encore un intérêt plus général. Conune.U^^t 
tout-à-fait inconnu en France, nous.ea donnerons unp analyse^ 
de quelque étendue. 



(78) 

L'^ule^nr, |^rofoii»4<^i»eD^ v^rsé dam Téludc des Père& , di;^.^e 
son livre en deux parties. Vane, pi u^ longue^; traite de ïiinif^', 
(k l'iej^firit j YsxAxe, de l'wAé du corps de l' Eglise, 

P|iEMispiE 3Pj^Kpi^0 -r Pâi^mi^ GKJiKiTiiE •: L'unîté fï^jfiique^ 
]^ors<[ue saiot Piçrrç , in^ercqgé par Jéçus-Gbrist^ lui xéppsxàÀX. :, 
«Vous êtes le Christ , fib-du X)içu vivant ••. leSauveiirne vit p«^& 
dan^cette^professijp^ d^ifoi le.produit de l'esprit hum^iin^abap- 
do^»x^^ .sçs.pr5>p^^ forçe^i'inais un effet de Vin^uez^c^ dixii)e<JL)tf) 
lef apotr^ 9;lçs P^i;ç8 apostpltqaes regard.oient la foi -^ J,. Ç.^ 
GQrame TçeuVfe 4«.$^}A,tTÇfpn*- Cet esprit qui péniétf oit tpi^les^ 
clirëtiens dut nécessairement établir entre eux utie yiç, oQUimuDe* 
une u^ion ^«piriti^le, Trinité de..tou5. « Car > dit saii^ Cjpri^n , 
cekii qui ha^^tç en pomç, étant un et }e même en tou^ , unît pai* , 
t^ot, très-é,ti;oiteihent les «iens, par le lien deTuniité (^)- 9 La. 
communauté des fidèles, FJÉglise^péqiétréeain^i du S^ 
prit y est la dépositaire et la source intarissable de ce principe de 
vie^.fttle/çomwWJjgfte kfi^js^quine croient f^^s ftniiQre^Vo^s^, 
dePEglise, dit saint Irénée^ est de comfnuniquer l'esprit aux 
• enf^ptsdeJPieu : et, coi^medit Oi*igf!;ne^ ttleChri$test.la]lu^ 
mijère dun^onde;^ e^VEglise, éçlaifée par cette lumièr^^deviept 
aussi la lumièi'e du monde (3). » Car, aii^i que la vie ordij;i;|gfc 
n'est sortie qu'une lois directement du sein du Ci^éateur, et, est 
maintenant transmise h cetix^ui d<Jlv«>t vivre par ceux qui vi- 
vent déjà ; ,ainsi la. nouvelle vje divine, ayant été donnée d'^n 
haut une fois, pour toutes ^ dut ensuite être transmise paj* ceux 
qui l'avoient reçue à ceux qui dévoient la recevoir (à\. Si l'Es- 
prit'saint descendôit directement sur, quçlqfi'un ^ cette personne 

(i) Bîatth. , c. iS i v. 1^, 17. ,. •• - , ' . •. 1 '\ • 

(«} N«m- cùm -uBtts'ftit «t 'tdeitt > ti|ifci iklMâtia ooblft, oMfinigîtiablIquê . 
et cOfAiIatfuot daitfttts viaea)o. Zlis ITfufk '•! -j. 

(3k) GhrUtus est los. mandi^ cl; liujps IniviDe Uiumioiaii jSccles^ çti^pi , 
ipsaiaz mundi efficitur. Orig,, hom. in Gen. , n«. 6. 

(4) G^im de fonte uno mi plurimî deflaunt , iiuincrositas licéi dill'ûjia 
videatar éxoodantts copiae (ai>gitate , imitas tbmen servaturito origine Cyjfr, 
éeuniU^c» jS, ,1 



( 79-) 

^{MroitTeroît aasfftôt^ k'besoin de •'ttnU' à. cieux qui oAt;i^eçu U 
même esprit, çonmie noQglé voyons par l'exemple <ie tmai PauJ, 
et l'absence de ce besôiti de s'ûatr proùyeroit qa*ou a" reçu ^ au 
espnt ttiénsonget*. La force vilahs q[>tritiielle cc^mmuaiquée, 
transmise da&S' l-BgU^y ;6St la tradition intërieorè y mystique^ 
tradax Spiriiâs sanôti , comme dit TertuUiené Cotte f^rce yilal0 
maiiifeste priimtitement.soti acticm^n unîésaiit g0ux €|ui h pe»- 
sèdeDt^ et, en ceseney l'ampur^taoï^Ic dommencemep:i$ «tf es<- 
sence du cbriatiatiisme i eoBStitue le prhuape^- Ift lisiuè^iiiil^im^ 
dcrimitëdeTEgKse. 

' Dctfx jims OBAPiTBE : L'unité dans Iddùctnweéhai vie intérielire 
oa spitituelle du chrétièny Vœarre de FEsprijI taioi qtii le r^ihplit, 
8!t6t qu'elle existe'^ tend Hf .deTenir extérieui^ ^ à s'exprimer de 
même quNîUe Icii a évé communiquée , au moyen d^ la pR^ 
rôle, par d'autres qui exprimoient Tesprit et la foî qu'ils 3)iyoien|: 
reçus (i). Cet esprit îçt cette foi existent d'abord intérieurement, 
quoique cette préexistenee MHt en quelqi^e sorl^, imperceptjtde^ 
puisqu'on ne' leé a pas plutèt irèçus qu!6tt éprouve le besoin de 
les exprimer.' Les a|idti(es n'ont commenf:é à andçincer rEvan* 
gile qu'après* avoir reçu le Samt-Espi*it > etaoùs-mèmd^ ne corn* 
prenons la doctrine ou Tèxpression de la vie spiriluêUe qu'après 
avoir reçu le principe de céue vie , l'Esprit iaint* De làil résulte 
que l'Eglise chrétienne n'a pas été fondée par le$ saintes Ecrir 
tares* Le christianisme existoit dans Imtérieur des ap4tre& «eut- 
plisdu Sa»nt*&prit> avant qu'il nefût devenu pMolê écrite^ donc, 
pour comprendre cette parole et cette lettre, ilfaut avéir .V£a- 
prit qu'ils avoient recul Ik ont laissé cet'£^pritr à TEglise* Voilà 
pourquoi on dit que l'Eglise interprète lcs£crtiurès;cfe^t quelle 
communique le Saimt^-E^ritsans lequel Ào nei peut .les compven- 
dre. De même que la nature et ThistônresontdtiS révélalkus de 
Il Divinité, mm ne font oonnoitre le vrai Dieu qu'à ceux quîife 

(i)Bom. 10,17. 



( 8o ) 

portent déjà dansieur cœur, de méifoe les |>AroIes 4H)»lH{iiiea 
sont bien des réréhâiom du S^ini-OB^mi» mai»» mliiti^ïki^ ^ 
ceux seujieiiieiit auxquels il s'est dëjà cofiâi«uia^pi>^« Oa <il^^rçh^ 
roît eti vain li «côramun«iuer Vesprk liumaîa à des étre^ placer 
plti$ bas que l^bohime, leo leur pr&etiti^ Au livr^ é<^itpar d^ 
fioimnes) quioid même ib poiirroieut le Vir«.> ibu'y tiro^veroient 
que despieasées deleur fiiço8ietdeleiKr.apbèireé,{ie pfïea.Çelse 
i^épiétxiiteoarevt qu'ft. n-y «nih; dans Ivfiible rien, de boi^.qui 
p'eût ëlé'dit dé)à par de^ p£il|98ôpbeaèt des poètes, t^pîgèae ré- 
pliquoit que la lettre taoit et que ce n'étoll^^^avefc T^spi^siii^ 
qu'on pouTbil appriédei^>.le dirblîàntsifte. .C^la^ nav4»Ui^^.<:et 
Csprîl; Toilii ponrquqt il ne trQaY6it<<dÀâa J^ËAfitiire ti{ue dci^ 
'^dses iiR|iakigue»à sa spfaèm. rëtrtfcœ* il faut dope ai^pîr roçu 
l^prltpoiireAtaidFeceqn'ildity et l'Eglise eH&Tk^ois tpadua^ 
Spiriiûà vancU^ coûixpe dît. TertttUîen, et tradux Jidtfi €t^ doe- 
l/i^^^ comme l'appcQIeeaintlrénée. Quoiquiei cette; doctrine) dès 
•les temps^apostoiiques , ne Càt pastouj^urspârfaitement comprise 
^r ceux auxquels elle' ^toît prêchée, e| (fueles raisans jndivi- 
dueUes né s'idoMifiassenlqUe gradaellemel)| airec l^rai^n sppé- 
lieuare-^du thi^iautsme^ lesdifficultâ néani^ins furent tou- 
joiiura-ftOttittîseis aux apâtre^« Qiacun d'eux pnuvoit te^ r^Bou- 
'dre en^ veitU des dons extraordimires qu'ils ayoieiit: reçys^ et 
n^ependànt noua royonSiqu'Lls aimoieht touiOUra^à ae i^epsaiter 
les una les autres > et à rèfener les d^eîsions. autan t. que passible à^ 
t>ous. Oet- ordre dut siidiabter à jamais; en^Qtte qpLif.les difticml- 
1^ et k type de leur solution remontât l'uM. et l'autre. aux 
temps apostoliques» L'homme^ par un besoin qu'il U^nt 4^.sa 
siature , cherche à rectifier -et k consolider ^es. propres ji^gea)^^ 
-pari» ceux desesaetablabfes; c'estlejconsçatemçatpluaou m^ns 
général qui aiferiUit hc plers^asion de chatao^ Or ^ besoin de 
l^bommé est analogue au besoin du clxrëtten >. eomnaa en .géné- 
ral aucun caractère de la vie chrétienne n*est sans analogie dans 
la vie humaine. La foi du chrétien dut être déterminée' par la 



(9i > 

ibi commune; aucun ne dut arriver à la certitude par $a raisoit 
indiViduteUie.. VoMà ik>urqti0i la question : Qu'est-ce qui est vrai^ 
ciaDsle'clirïstianisme, est identique avec cette antre question : 
Qa esC-cè que dit la tradition constanle et universelle? Les fidèles 
recevosent avec une foi implicite tous les enseignements de cette 
tradition ^'quoiqu'ils ne fussant pas encore clairi pour leur sens 
pci?e ) convaincus qu'ib étoiènt que le^ même* S^int-Esprit qui 
les a:voil rebdg$ inteIUgil)>ies pour l'Ëglise uni-verselle^ finiroit 
par te t^endretels polir eu;( aussllorsqii.'unefbisil$.seroientpar-^ 
venus à tine perfection plus grande êb Phqn^e ixUérieur. « Les 
fidèks s'enqyèrent SQi|;n6usenient de la règle de foi , et s'j at- 
tachent fenhement 5 s'ils s'en ecàrten^ en qttiell{ue chose, ils 
sont aiiissitôt. redre;^ par rautoiitë catholique « quoiqu'ils 
soient encore sujets à être troubles par le cl^oc de leurs di- 
verses, knaginations, en prenant ses paroles dans un sens ch^- 
nel; dé même que l'hoQime spirituel possédant la.cliaritë qui 
procède d*iin ccpui" pur^ d'une conscience boone. et d'une foi 
sincère^ et qui est ratcomplissement. deia loi, peut, néan* 
moins > par l'effet du corps sujet ici-bas à la corruption «^ et 
doùtln poids. aggrave l'âme 9 voir moins, clairement et ne pas 
iiie£i saisir certaines dioses qui , s'il persévère dans la même 
cHdtité , lia seront révélées quand Diw.le voudra (0* ». Cew^ 
qniprétè^^t qUe Qel?tai«isppintsvseuleittent doivent êtrepuisl^s 
dans Ë^ tràditiao,^et;tpiit^Ie,rQSte dans l'Ecriture, nejçomprennent 
point l'ordre du aliiri$tiai»$me. Noju^ tenons eUxoi^servans tout 
par la tradition:, de^mêo^^ que.déf I^te>>V3 prijnitifs tont a été 

•....' ' ' ♦ «-Il < « , ri t r- • , . , ■ • 

■ ' ' ■ t t . . 

{\)jkigusL ^ efMirà pàmfk., lâb^T» S- ^^"^ • ^fgiilatoiideldiUi^nlîasÎJQè 
» îiffniMt%Ri.6ri9llssiq>^r<ciQent.,:«t.»I tmîd ai> eâ disyiap^ ,.cit6 aaqtoritate 

• çtthdlicâ eQxHoiiQtuf ; quamjHt inifjus verbUpjv 9Cfisu camali , vartis àdl- 

• huç fibjfntUipMtum conçursib us fluctuant, Lib.'VI j §. i>^'Sicut enim honàô 
» spiriulislftabens fioem pneccpti, id'est caritfltem de cofBe puroet^oM- 

> éient Allions et fideiton 'fititè*; potest ^ft1t}|t»id èc corpofe^ quod -^.dhw} 

> e<Mîk)j^i«itr^eil aggttTati' Mûpaab>:^ioinà» U^m^^eevâçfev et aliter ca- 
\^Hbft^pém Pt^ftli earUalfiJi^man^^ PçujpUpi^ }\oluerit revtlablt, » 



(82) 

re/eté par ceux qni n'eccrnloienf pas la tradition. Lïi doctrine âe 
Dieu, avec tout ce qui s'y rattache, du Fils de Dîeu, duS(iiht-Es^ 
prit, de la liberté et de la grâcë^ tout enfin* a été nié dés texom- 
menceuient paf - des horaines qui se disoient chrétiens, é€qu1 
prétendoient tout prouver parla Bible; et tout aussi dés Te coin- 
niencement au dû être maintenu par la tradition , qu'oir|>ôur* 
roît appeler la mehtoifv de l'EgHie, en envisageant celle-ci comme 
une personne. Ceci' ne diminue en rien le prix de l'Ecritaré 
sainte. Sans elle , il manqueroit dans la chaîne liiêtn^ de la tnn 
dition te premier et le plus vénérable anneau ; sans elle , nous 
n'aurions pas une îiiiage éomplète du Sauveur^ u}. ses propres 
paroles ^ejut ipsissîma ierha , dans leur forme primiti^ire. Satis 
l'Ecriture, nous ne réntendribns pas parler : saiiilà tradition, 
nous ne comprendrions pas ce qull a dit. ' ' ^ 

TRotsiÈME GHAt^TRE : De Z'À^r^^/é. Le principe fondamental 
de rhérésie est la liberté d'examen , de la recheM;he| lès Uéré-> 
tiques supposent par conséquent que le christianisme peut se 
petdte, d'où résulte ensuite le devoir de le retrouver. iTE-- 
glise*, au contraire , croit que la vraie doctrine ~se conserve in« 
tâcté dans son sein et ne peut famais se perdl'e. Le catholique 
demande : Qu'est-ce que l'Eglise propose de croire ?rhérétiquè : 
Qu'est-ce que la raison doit penser, qu'est-ce qu'ellèdoit adopter 
comme christianisme? La communion chrétienne/ selon liiî, 
peut subsister sans qu'on ait une foi commune. Le Saint-Esprit 
qui produit l'amour est envisagé comme différent de l'esprit de 
vérité. Cette séparation tfe l'amour et de la vérité édt la base de 
l'hérésie , comme leur union est celle du catholicisme. Le Pé- 
lagien pense que la volonté humaine .pisut produire l'amour , 
l'hérétique que la raison^ fauniâine peut trouver la vérité ; celuî-^ 
ci peut être appelé Pélagien théorétiqiie. Les Pérès onitirèè- 
bien dit que le principe de. l'examen considère le chrétien 
comme non chrétien. Car si l'hérétique étoit dé]à chrétien» 
pourquoi chercheirortùil ce que c^st que le christianiuM 7 L'hé-» 
rétique qui parle tant de sa liberté , n*efrt pas libre ^ d'apr^ès ses^ 



J 



( 83 ) . 

propres aveux ; c'^ la vérité qtii rend Hbve, et il avot^e qu>il 
fCn pas la vérité , par-lh ipême qu'il paiie de la nécessité de la 
chercher. ' . 

L'égoisme intelfettuel étantlabasede Thermie, les sectes n'ût- 
perçoi vent Dieu et le christianisme quepar lëii^ yeuxpartîcuIiei'Sv 
et voilà pourquoi leurs idées de Dieu et de Jéâi^as-Christ sont .si 
mesquines et si étroites. On l'a vu dans -leto temps modemes. Le 
principe égoîstè ayant été poussé k ses dernières' conséqnencesv 
les penseurs paiml les protestants odr' fait de Jésus-Christ un 
simple homme , tandis <}ue nous voyons aa contraire ceux des 
théologiens protestants de nos jours qui reviennent ^ et ce san^ 
les plus profonds , à ùâe idéeplus juste 4ela dignité du Sauveur, 
manifester en même temps combien ils sentent la misère de Viso^ 

■ 

lement et montrée ttoé tèndadoe marquée vers l'union. Elevops* 
nous à une consi déflation plus générale pour.mieUx comprendre 
te que nous Venons de dire. Dieu , le créateur du tout ^ ne peut 
ietre connu que par le tout , puisque ce n'est que dans le tput 
qu'il se révèle complètement. L'individane peut être le tout ; 
mais en ^e dépouillant dé tout égo»Qie , en aimant^ il s'iden-r 
t/fie en quelque sdrte avec le tout ; ajors il connof t ce que 
coimoit lé tout, et c'est ainsi que l'amour nous révèle Dieu.; 
l'anivers se réfléchit pôut nous dans l'ensembje de l'humanité.; 
£n nous élevant par Kùrgueil, par l'égoi^mey au-dessus de notr^ 
place, eni oubliant que nous devons nous envisager comme 
membres d'un grand tout , nous ne nous élevons pas jusqu'au 
tout, mais nous le rapetissom^ nous le dégradons.^ en le con- 
centrant danis le carde, étroit où nous sommés xious-même^ 
renfermés ^'et akn:s nous ne ^oyonà plus Dieu tel que Je réflé-: 
chit le tout^ 'mais tel que le r^fl^bit nue particule microsco* 
piquedu tout, notre moi^ 11 en est ^insi da.03 le christianisme r 
le Fils de Dieu-, le créateur du moride régénéré^ i^e, se révèlq 
complétemo^it qàé dams l'ensemble delà nouvelle création , d^p^ 
l'Eglise; il perd dé sa grandeur d4n$ reprit du chrétien k 
mesure quecélu^ci se sépare de h communion des fidèles ^ et 



(84) 

cetui qiiîs^bok coaiplâteméiH ii«: yoîl p1ta& le Clirist icpiè tel 
qu'il se Toîl lui-même y et il n'y trriuve pkis rien de divine 
puist)ii'aînsi sdpntë il ne trouve plus rien de divin en 1ui-inêiT>e : 
VoUà ce qui explique pourquoi, dans les; premiers siedes^on 
appelle si souveot rbérâie oia la séparation de FEglise une 
apostasie ^ un r^entenjtrde JUsuft-Cbrist. • 

QuATfijfbMS eBAPiTRs : t^ voMié.duTu Vmiié. Si le prÎMçipe 
icathotiqiie lie les 6âhU^ da|i« m^ svai^det unités çèttç.ui^te ne 
doit pas pour oda détruire rî»diTid«^té de ceux %ui soi^ 
unis* dut leà:Qlurëtîens doivent étc«le9>iti€iftblres uîcaiitf ^a corps 
àé FEglise } oc ^ ce qui «tonstiMie 1^, viie de chacun: ^t son* iad^* 
vidnalilif : céUfi^ci doit pasr, Qon«éqiiâit:é(re çon$e^*v^ j ai^ii que 
le tout mêiliei ne cesse d'étté cin coi^ Tjirant et organiqt^l Lé 
type de^Kglise y asus ce ra'ppoH » est.k' ^q^*hnmaia,,.dpnt 
rùnité ne consiste pose éami ridteiU^ df^. fii^uf; les^ me^f^s f^ ^e 
toutes les. fonctiona, mais dans on principe moteur , qui fait 

concourir au même but lea fonction div<er<es des membres et 

« . — ... 

des organes. L'individualité du chretieA peut sa ttia^ifestef par 
rapport' à ll|, atiènce ditétienoe,. ou^par rap^tOtrt aux . noLçeurs 
chrétiennisa^ou enfin, par. mppesirt au. culte extérieur^ C^ çba;» 
pitre a pour. oi^A de mentreD coqamiQnl. le principe catliollyie , 
sbàs.Ges.tBoSs^i»ppieffts.9. msÛAtient l'unilé ft l!ordre sans pour^- 
tant jnetlase dés entjwveft^aulîbfe disvekffiemflPt.cUs xar^ctèr^ 
individuels* # . 

La diversité dtti earaatères. et de^ tendance^^ df l'esprit Hu- 
main se nianiCe$^<^s,if9 temps .s^of^liqu^» .Que Kon compare 
saint'PauI à<saiiiij|fdSOd4!«întigaace à ssinl. Clément de Rome , 
roacttteux-Ir^jp'^ilebi^ûi ^ qui peut Êlrei appelé je p^e delà 
philosophie rqffli|'Amse.4fes.cliDélîens* Il s'agtt.dQOcicld'^tal^lir 
les^rspperts^^ntre la foi eC la science , et.d'expli^pien cdmmeii| 
ceux qui s'élancoîent sur les hauteurs de Ia:£pécnlatioin, pou* 
vëiéM'être unis dans la même É^se a^ eeuk 'cAjctleBqttds notts 
voyons dominer le: sentiment , et qui vivoienidansilazfoiisatia 
aspirer à une fof raisonnée; Cesrt que |out lemoDdeétojltdaer 



(85) 

cord sur ce . pomt j que toute la ^dence religtente a^oh pour 
base la rëTélatîon.' Les, parités qu*ou reucoutroitdàns les auiecirs 
païens furent parfois expliquées par l'hypothèse de rérëi- 
lations pérsotoelles , ou bien on les fiuboit remonter à une tra* 
dîtien primitiVe , car c^est là le rénfable sens de ce que les Pérès 
répètent sans cesse , cpie les Grecs tenoient leur sagesse des 
Hébreux* Personne ne s'imaginoit que la raison humaine aban»- 
donnSè 1^ elle^inéine pût juger le chnstisinisme ; ou reconnois^^ 
soit au contraire à cdui-d le droit de juger toutes les produc^ 
tionâ de cdle*là» Une science théologique ^ indépendante dé la 
doctrine sérélée , étoit une chose que personne n'adaiettoit • 
pas même dans ce sens que le chrétien pnlsae troorer fuelc^MS 
TéritÀ par l«i*m£nM ^ tandis qu'il tiendroit les autres de \^ 
réFâotîon , ce qui constîfQarmt deux sources différentes de la 
Térité. Lé (bnd siir lequel opéroit la spéculation étoit donc 
donna danâla rérâation. Le plûlosophe chrétien ne sàroit lien 
de pilas que ie simple fidèle, il le-savoit seulement sous nnè 
antre ferme : sa science n*ét6ît que Texposltîon systématique 
de la doctrine de l'Eglise , une déduction phîlosophikiue des 
Tériiés qu'il croyoît dqà , ou , selon l'cKpression de saint Gle<- 
ment, hi?\v^it iki^uat hù rnç «A4<»«r. U se forma de bomie 
beiiiv fin contraste dans l'Eglise entre les théologiens ^cula<- 
tifii et ceux qui tndinoient vers, le mysticisDEie. L'Eglise se 
lenoit dans une me^estueuse immobilité au' milieu des deux 
partis 9 \ek pénétroit j les réunissoît tous , et la liberté qu'elle 
laissoit à ses enfiints ne procédoit que de la conscience qu elle 
avoit de sa force et de leur soumission. WIA à-peu»prè8 com^ 
ment on peut se r^réienter la diffère ùoc \hu existoit éntrales 
diéologiens spéculatifs et les Inygtîqlies. (kux. <'ii entendent uA 
cûBcert peuTentse contenter d'en ayoir- reçu l i . pression totale , 
qui téanàÈit de Taccord des sons variés des ins^ t*uménta et des 
▼oix y ou bien ils peuvent , après l'aroir entaadu , se rendre 
doiBùpte de l'impression qu'ils ont reçub j là décomposer dans 
les divers éléments qui ont concouru k U produiriî ^ et examiiKY 

9 7 



( 86) 

les lois de leur combinaison^ Cesl ainsi que le mystique jouit 
de b céleste harmonie que le christianisme y dans son ensemble , 
répand au fond de son être , et il ne voudroit pas intérrompi*e ^ 
affoibhr et profaner sa jouissance en l'analysant. Le théologien 
spéculatif > au contraire / s'occupe de cette analyse ; mais lui 
aussi doit auparavant avoir reçu l'impression totale de la grande 
harmonie, sans quoi il parle de ce qui lui est étranger et ne 
sait pas ce qu'il dit. La foi , l'Esprit saint, la vie .dans l'Ë^e, 
doivent précéder la spéculation ; voilà pourquoi la science re^ 
ligieuse fut considérée comme un don^du Saînf>Ësprit , et !'£* 
gUse taonkpte ses.pkis grands docteurs, ses p}a» grands philo- 
sophes parmi kssaiais qu!ellè propose à notre véaeralion. Nulla 
part on n'a vu parbîtretantlde grands éqrivams:qué clai^ l'Eglise 
catholique j et cda ne doit pas nous étonner , ifne t^ohe grande 
et sublime y réveilleet augonente les forces deVësprit 1 Etquelle 
autre tâche pourroit' égaler céDe de développeretde dé£sndre 
la vérité^ loi-squ'on n'a plus bjesoin de la chercher > ce <pu im* 
pliquesoit toujours l'incertitodé? Ajoutez que les: écrivains qiû 
vivent dans la ^coinmuhion' de l'Eglise^ et coasaérent leurs veilles 
aux choses éternelles , comme not saints Pérès , participent en 
quelque sorte à l'immortalité de l'Eglise elle-même , et deviens 
nent avec elle des flambeaux et des objets* d'ilitéi^êt et de véi^é^ 
ration pour tous les siècle. Il n'en est pas ainsi des écrivains 
hérétiques y ils n'avancent que des opinions , et comme chaque 
siècle peut en produire et en produit selon son goût , la pos^, 
tériténe se souciera guère de connoiti^ les leurs, qui auront 
passé de mode. , • ■ i ' , . 

Le christianisme. intérieur ne s'exprime; pas senleoient par 
la doctrine , mai$ aussi par la vie chrétiénnel Voilà pourquoi VÊi- 
glise a toujours réglé celfê^ci ; cependant , sous ce^rappcfrt aoBSÎ'v 
elle a toujours laissé aux dispositions individuelles toute la kti» 
tude compatible avec l'unité nécessaire. Les principes et mœnrs 
des premiers siècles chrétiens relativement âq mariage , à la 
propriété et à l'usage de la neun^iture, méritent surtout notre 



(8?) 
atteiition «dus cepoiut de vue. Le christianisme pààtit au wlie« 
d'une génération dégradée ; le corps evoît partout soumis 
l'esprit 5 la yolapté , l'intempérance j ràvarice ne respectoient 
aucun frein et se porloieni aux excès les plus révoltants. Il étoit 
donc fort naturel que les chrétiens , éprouyant le besoin d'op- 
poser à cette dissolution un imposant contraste , renonçassent 
souvent k toutes les choses que le monde regardoit comme le 
seul et suprême bien ^ cette sévérité produisoit un salutaire effet 
sur les esdaves des sens. Cependant ils n'ont jamais prétendu 
en fidre une règle générale « voilà pourquoi FEglise les laissoit 
lûre , les encourageoit même , tandis qu'elle repoussdh de «on 
sein ceux qui , ayant des mœurs non moins sévèses >• péchèrent 
par cet égoïsme qui consiste à vouloir soumettve tous les autres 
à la règle qu'oU'a choisie pour soi-même* L'Eglise catholique a 
toujours respecté ces règles austères qui constatent l'eH^ire de 
l'âme sur le corps , mais elle ne les a jamais représentées comme 
obligatoires pour tous les chrétiens. Les sectes y au contraire , 
donnent toujours dans les extrêmes ) qudquefois elles vou- 
drotent imposer une espèce de vie monastique à tout le monde, 
confondant ainsi les conseils avec les lois éyangéliques 5 .quel- 
qoefoisy non moins absolues , elles blâment les plus salutaires 
■gueuvs dans ceux mêmes qui en font un choix volontaire , et 
étendent la liberté chrétienne jusqu'à la licence des mœurs. Les 
mies oublient la diversité des caractères , les autres méconnois- 
sent la sainteté de la religion; l'Eglise consulte l'une et l'autre 
dans ce qu'elle commande et ce qu'elle ne commande, pas : voilà 
pourquoi elle peut réunir tous les hommes. 

.La . foi chrétienne trouye* enfin son expression aussi. dans le 
culie extéiieup. Plus les convictions sont fortes ^ et plus on 
éprouve loiietoinde les exprimer fortraaent^ et la< profondeur , 
rintiflMté des sentiments chrétiens, souvent inexprimables par 
la parole^ s^expriment mieux par des symboles touchants et 
signiJBicatift. Des hommes y au' contraire , <pL\ n'ont que des 

7- 



(56) 

rroyancer èl de$ seotimeiiift vagues veuliBftt va coite froid et 
rague auquel chacuudoBne k sens qu'il Teut, de aorte qu'où 
peut y assister san^ qu'eu professe par-là ( ce qu on craint sur* 
tout ) une foi positive. Aussi FEglise a«t-eUe plus paifticuliére- 
ment inûstë sur l'uBÎté du cnhe y lorsque- les divergences 
qu'on vouloit se permettre à cet ëgard prooédoient plus ou 
moins clairement de divergences chas kt doctrine. L'histoire de 
l^lisef ancienne nous offre plusieurs exemptes de ce rapport 
itttime du culte a^M: I» foi. La célébration delà. Pftque.a» ni^me 
fbitr que les Jui& la- solsaniioieiit fui regardée comme «ne. teu* 
dance au fudaSiamei Les Gnostiipiea ne fiiisoîent pas la fâtede: la 
Nativité , parce que dans la naissance .de Jésus il^ ne vojoient 
qàe eelle d'im simple honune ; et 3s fiûsoient en »nrahche<Ia 
fÉ(e de son baptême , croyant que ce n'etoit qu-alora q^e TEsr 
frit saint s^étoit imî à lui» D'autres neeélébroiettt pas la Yaaiàfm^ 
ftofce qur'tb cvoyoîcnt que k Christ n'av<ût. qu'un, oorps^appa* 
sent qui nç pouvoil souffrir) d'autres encore ,ne célébroient 
paa le Jour de Pâques , patee , qu'ili. BÎoien t . la . Résurrectioup - 
Haïs si l'Eglise éloit infkxibk, dèi qu'une diver^té dans kcuhe 
«r<rit pour principe des erreurs dans la doctrine , dk n'en con- 
aultoit pas moins ks' besoins divers, qui résultoknt d'autre» 
eîrconstaaces ^ dk ne pMtagenît pas les vues étroites de cew 
qui roudroient (fim les formea du culte fussent encore aufour- 
d'hui exactement tdks qu'elles avoient été du tempa des Ap6« 
très. Ella ne dédaignoât pas d'eim^runter des formes chez les 
Juifs et'méino dbeale» GentSi, loorsque cela pouvoiti&îre du 
bien y et se contentoit d'en change TesprittGeux ^i lui en 
font uBk reproché ne savent pas ee-qu'ila Dsnknt Jésus même 
n'étoit pas si scrupuleux q^ue eia.h)rpoeBiteS)i Lehiq^tèmeou un 
rit analogue éknt en «sage avant que.k Sautiéur ai e&t £ût le 
sacrement de k r^énération^ et l'impoaitiou det'mrâfi étoit 
une des céréuMm^ de h ay^agogue.:. l'origine des/osmea est 
indi A&rente , krlqu'elki SMt propre ji exprin^ k vme foi et 



( 89 ) 

<{u*ëiti» Mut sâBctîfiées patr l^doption de FEgEbe^ tkv enw^t 
dans' ce têt» on peut^re: Lakttretf^feti'esprit Wj^> . 

XâTBODISXB^ — SOC^TÉS BIBUQCES., — ÉCONOMIE 

P03UTIQ0S iPROTBSTAHTIS. 

• • • • 

' L wlettr de Fouvrage aaglab ; VwUd^taies ms th^ are (Içs 
Etals«Uni< leb qu'il» sont) , fait une descripjlion curieuse d'iia 
camp {acamp meeêing) de métlàodiiies améri^ns» U j ayt)jt 
environ «{uatre mille personnes et auiigt prédica^urs sur le 
infime terrain. Quelques^^ns ëtoieât occupés à construire des 
cdbanes ayec des arbres et des branches. A dix heures on coiç- 
mènça les exercices religieux , qui se distinguèrent seulem^^t 
parlée trsnq[K>rts du prédicateui* etlesgépniisementsde son au- 
ditoire ^rès nûdi la scène avait changé. Un defren&ousiastes 
lès plus riolents occUpoit 4a chaire; sop sujet de sermonuéloit 
l'amour de J^sus-Christ et la haine du péchés A ces mots,: 
c Yous devez aimer Jësus-Oirîst avec Csryeui^ j vous, devers Je 
tenir dans vos bras j w toute l'assemblée p^us6a.)i|n ^upir prp- 
-ftnd^ et f étoîs tout étourdi des. san^ots qw^se firent entendre 
de toutes parts. Le prédicateur s'édbauffaut.de pins en plu^, 
s'écria enfin : • Là, \e vois Jéstts^Chri$t^ U19 Jl s'est assis; 
il me Êiitun «igné. —Là, est le Christ^ s'écria .U9 des auditeui^. 
— ^Je }e tiens dans mes turas^ s'écria umautre* ». Les uns ppus- 
soient des gémisseinents, les autres faisaient des^sauts^ d'autres 
encore se frappoient la poitrine. Le prédicateur vint eusi^it^tà 
• parler du péché, de son incompatibilité avec Jfésiis-Christy 4e 
sesoonséqueiiees; du diable ,'de l'enfer. Leai gémsemepts dp- 
renaient alors des cris pfeintifr ; on se seroit cili sur ufi phai^p 
de baUiiile, aurniheu deshlessés et des mourants» Toutd'un 
coup une femme éprouva devioleiiteà convulsions; sou jrisage 
devint livide; ses yeux étoient renversés; une sueur froide cou- 



(9o) 

yroit son front. Elle fh un saat et tomba ensuite sam connais- 
sance. Un hurlement ^ensuivît cfu'on pouvoit entendre à bi 
distance de deux milles ; grand nombre de femmes se jetèrent 
par terre en se frappant la poitrine et en di^ehirant leurs habits. 
D'autres , les cheveux ëpars , le sein découvert ^ dansoient et 
soùtoîent comme des bacchantes y jusqu'à ce que, entière- 
ment épuisées , elles tombassent à c6té de leurs sœurs en pous- 
sant des cris affreux. La vie et la pudeur sembloîent avoir aban- 
donné en même temps ces fanatiques ; les prédicateurs et les 
anciens les emportèrent moitié nues et sans connaissance, he 
service du soir commença immédiatement après le souper, pour 
lequel chacuu avoit apporté des provisions. Les mêmes scènes 
se renouvelèrent. A onze heures , les pieux fanatiques file reti- 
rèrent dans leurs cabanes. Si l'on considère que ces gens appar- 
tenoient presque exclusivement aux basses classes , et que l'as- 
semblée ^toit y en grande partie , composée de jeunes gens des 
deux sexes qui avoient attendu avec impatience cette occasion 
de se rencontrer^ on ne sera pas étonné d'apprendre que des 
excès d'un autre genre vinrent à la suite de l'exaltation produite 
par le fanatisme. Le lendemain, les mêmes scènes se répétèrent 
encore , et ce ne fut que le troisième jour que l'épûisemenl 
complet, tant dès prédicateurs que des, auditeurs ^ mit fin à œ» 
étranges exercices religieux. 

— Les Sociétés bibliques nous offrent des particularités d'un 
autre genre, mais qui méritent aussi quelque attention. 

La guerre entre la Société biblique d'Angleterre et celle d'E- 
cosse continue toujours 5 c'est surtout dans ce dernier pays que 
la controverse paroit être dégénérée en une fièvre violente] et 
contagieuse. Les meilleurs amis sont brouillés , et la désumoa 
a pénétré dans l'intérieur même de presque toutes les ikmilles. 
Une des^ dernières attaques contre la société de Londres est con- 
signée dans une lettre que M» W. Brown a publiée dansl'^^er- 
deen chrordcle du aa décembre i^i'j y en réponse à un M. X« 
Citont*en la partie la plus curieuse. ' 



(9t ) 

V 

« J'avf^is S€Mil^i|ud€vaDt Iç çq^)H<^ de TAberdéca qii^.M. }e 
professeur Kie£fer(uii dâs.prioiQifi^n^ metnbr^ dê^Ia $o<;îë4é asia^ 
tiqae de Paris) s'étoil montré tojatoà^feit indigo de la confiance 
de la Société bil^liqae^ par soa ëdition socinienae du Nouveau-^ 
Testament i^oya \e% Turcs ^ et J'ai reproche en même* temps à 
H, Riefièrd avoir dit qi^'il j a](roit des choses aussi mauvaises 
daj^s la BMs <pie daas les libres apocryphes. X. dit qu*il n'ad- 
mettra ni ne rejettera ce dernier fait >usqu'à ce que ie l'aie 
prouvé. Oiy je puis non-«eulement prouver que M. Kieâer est 
capable de dire* des choses bien pires , quelque naauvaises quç 
soientxelles dont il est question ^ m^iif jepeux alléguer en confir- 
mation de ce que j'ai avancé^ le témoignagje de M* R. Haldane^ 
dans «a seconde Revue , pag. i56, ce qui suffira à toat homme 
impartial. Si X. ajoute qu'un certain membre de notre co^ 
nntë a parlé avec encore moins de respect de la Bible que 
M. Kieiffer , je lui demande ce que cela prpuve en faveur de 
celui-ci? Gtons un autre exemple des efforts de X. pour défendre 
la Sojciété brit^nique et étrangère contre les reproches que je 
lui fais. J'ai dit que les docteurs Henderson et Paterson repré- 
sentent le Testament turc , publié par la Société et rédigé pais 
U* Ki^fFer, cpnmie étant tout^-fait mahométan et subversif de 
Jfifûi chrétiejane. Or^commçnt X. justifie-t-il la Société? Ypici 
sa réponse s « L'excellente traduction dont nous nous servons 
nousrinéme renferme au moiàs un texte tout-à-fait subversif de 
la foi chrétienne y puisqu'il admet l'idolâtrie en l'autorisant par 
les paroles d'un saint- prophète^ et^ cependant, qui doute pour 
cela qu'elle ne soit excellente et qu'elle ne convienn^pour l'usage 
général?. Le texte en question se Ut au deuxième livre des Rois ^ 
18, 19. » Cette réponse ne,prouve pas seulement de l'ignorance, 
puisque la traduction du texte cité a pour elle les meilleurs in* 
terprètesi mais elle renferme aussi une impiété : car^ si elle a 
un sens quelconque , ce ne peut être que celui-ci : Ne vous alar-^ 
ipez pas ^es repi:oches qu'on fait au Testament turc. à cause de 
quelques passages subversifs de la foi chrétiexmei cela De doit 



( 9» ) 

pas en emp^faer la drciUation , car ne royev^etts pa» qtie fex- 
ceUente traductk»! , reçue parmi aoos , renfernie un passage qui 
m^te le même ireprodbe? Qui dont peut être cet X« , qaï'^Jéué 
ainsi de ce que nous avonSs de plus tfaer et de plu» sacré? / 

Quoique, sur tes remdntraDces dU 'docteur Uefidetsoii > les fiil^ 
si6catîom les plus grossières aient été corrigëes>la Tersion n'en 
restoît pas moins telle, qu'aucun ami d'une J^t^fe piiré ne 
pouTôitIa soutenir. Aussi', le docteur Hendersonaroit-il dit que 
la traduction est radicalement mauvaise , et qu^il n'y Ih( pas rtné 
seule page, et 'à peine nn Verset qui soit tofut-k-fiiii ïxt^itt&jmti 
sîble. Sil'on veut examiner le Testament èû qùestiOTr , ou |>lti» 
tôt l'ouvrage de M« Haldane (t), on se convaincra de Kropossi**^ 
hrlîté qu'il y a pour des chrétiens d'accorder la moindre con<«- 
fiance au comité delà Société biblique qui a employé pour l'in^ 
terprétation de l'Ecriture sainte des bommes que X. appelle les 
« premiers' savants de l'Europe , » mais qtie M. Haldane nous 
représente comme étant tôut-k-fait incompétents et Indignes 
d'être écoutés, sdit à cause de leur évidente ignorance de l'E- 
vangile , soit à'cause de lefurs sentiments ouvertement opposés à 
la foi orthodoxe (6peh{0/&2e/t{^.) ' 

Donilons à nos lecteurs une idée des sentiments de cespre- 
ndèi's savants de l^Europe dont h Société biblique accepteriez 
services. « L'usage des Orientaux . dit M. Garcin dç Tassy, l'un 
» des eonseitlei*s du comité de Londres, est dé Joindre tou* 
>5 )où.n au nom' de Dieu et à ceux des prophètes une forinute 
A debékiédiction^ AlyBey ne pouvoit s'écarter de cette con^ 
» tume , ef , selon moi , il auroit eu grand tort de négliger ces 
» formée. Leur ^Conservation , dit^oh', donne auTestaiftentturc 
» une couleur' mahométane. Tant mieux -, il seroit à dÀirer qtke 
» cette coiilètir y dominât encore davantage. » Un autre (M. Des- 
granges) dit : « On se plaint que dans le Testament turc Tés 

* / 

* » • « , . . . 

(i) y. Aly bey'd Turkish New-Testament, incapable of defeoee; by 
R. Haldane, Esq. Rinogtun, t8a5. * 



(93) 

DQias 4e;Dfou «t de iéMia<<3irirt sont ensJieBis de divenes éf^ 
tintes (et espiim^ pai^ des j^ifriphrases. LelMt eal vmi; et il e»t 
vrai avM que ^/e&. 4pitbàte» et ces përiplMraMt.iie sont pas dans 
roriginal j mais le tnidiiotear a tronln «e confenner aux «sages 
des Qriealaïuc* On troaTeroU aussi extrordiiisâre qu'on &e dît 
pas^Sois EsceUence Jésus y que nous le troureriôiis qu'ont em- 
plpyâtfetteépithéte. s > 

tf. le professeur 1m> qui a éeric e& &Teu« de cette traduc* 
tio;ij av^weeepcodautquIeQe aUèreaemibletneutlestéBioiguiges 
derEooluxesurladiiûiitéde Jéaus-ClurBt^eiparnai plonears 
lextee qui penrroientiétre dtésà cet égard, noas ae rapporteroiia 
que le suîiraiit, ojk l'on présente Jésus^Christ, FAgneaude Dieu, 
GonHne renonçant à l'adoration qui est due à Dieu. Le» ▼enels 
S et 9r du efaap» XXII de r^oça(>7^sesont traduitsains! : « Je me 
» pvôstemois aux pieds de l'Agneau (i)pour l'adorer , mais il 
» medk tfiarde^-TousdeleËiire, ear je8uis1lnde▼06C0Blpa* 
» gnonedans le service de Dieu^ undevosirére» les piopliëtes 
» let de ceux qui gardent les paroles de ce linre : adorez la ma* 
» fest^ dirâe. s Quant à la couleur mahométane , il sul|ra de 
citer le verset suivant : sEt JaoA engendra Joseph | l'époux 
» de «madame ( lady) -MaHe, de laquelle est né Sa Majestéiét^A^ 
#t 4pi?oa appelle Messie. » On trouve de même : tord Abm- 
bai|i , etc. ' 

Ce ne sera pas la Sodéêé bihUqMCy après de pareils traits , qui 
sefa en droit de reprodier aux anciens missionaaîres jésuites de 
s'être txoç conformés aux idées des peuples qu'ik vouloient 
convertir au christianisme. %* 

— « Paisquenous en sommesà recueillir des document anglais 
surles^etsduprolestaniisme, nous prendrons dans le numéro 
de novembre dernier de VAntirSiavery morUklr Reporter^ quel- 
ques détails qui expliquent l'impopularité de la réforme auprès 
des classes inférieures dans tous les pays oà die s'est introduite 

(i) Le teste dît : aux pieds de l'itfngtf. 



(94) 

<m clierohe à slutrbâatti^. 6à pi^étKce ne se fait sentir aupenpté^ 
aux ouvriers ) que par wat pliH grand nombre 4e jours de ira--' 
Tail , qui ne tourne an profit que de ceux qui les ofnploîeBt. A 
Trinidad ^ <hi n'accorde aux esclaves aueun j6ur m place du di-* 
manche, en sorte qu'il faut qu'Ss travaillent le dimanche oiiqu'îlff 
meup^ent de faim« Quel est le nombre des jours de la semaine <piet 
la loi deTrinidad accorde par an aux esclaves pour laboeurcrr les 
terres qu'on leur allone(^/^ei>;7ro4'iV{i6|t gtùunds)'}pn dit que ces 
jours sont au hombre de cinquante-six. Admettons ce calcul , it 
en vésul^va toi^jours que les esclaves ont cihqnantMix jciur» 
de moios par an que ne leur en accorde- la loi espagnole. Celle-ci ^ 
de même que celle du Brésil , leur accorde un jour par semaine,, 
indépendamment des dimanches, et trente jours defêtesdansle 
cours de Tannée ; et l'on ne conçoit pas comcpent le gouverne^ 
ment britannique apu, sans injnslace , les priver d'une partie dcb 
temps dont ib }ouissoiént sous la domination espagnole. 
: On trouve dans» fine appendice del'encjclopédie de Brockhaus: 
quelques réflexions intéressantes sur la manière dont les ca^- 
tholiques et les protestants considèrent l'utilité des jours de 
fêtes. « Un nombre considérable de jours de fêtes ont été sup« 
primés ou transférés au dimanche daiis le courant du dix- 
huitième siècle. Ce siècle de lumière {lime qf ilhimination) j 
comme on l'appelle, a vu se multiplier les attaques dirigées 
contre les jours féi:iés; ils déplàisoient surtout à des gouverne^ 
inents protestants et à des hommes d'état qui ^ dans leurs ealeuls: 
froids et leurs conceptions étroites^ regardent la production des 
richesses t:mnme le dernier but de la vie humaine^ et ne veulent 
.pafs comprendre que le bien-être et lecontentem^it de l'honune, 
qui ne saproient que gagner à un nombre raisonnable de jours de 
. fêtes y doivent être considérés , avant tout; que l'augmentation 
des richesses n'est précieuse qu'en tant qu'elles augmentent le 
nombre des hommes contents et heureux 5 et que la suppression 
des jours de fêtes ne tourne qu'au profit et ne sert qu'à augmen- 
ter le nombre de ceux qui ne travaillent pas du tout., II est ri« 



C 95 ) 

diciile de calculer ks miHioiis que l'état perd à chaque jour de 
fête. %il aurot4; payé ces millions? C'est évâdeionent la nation 
qui aC célébré le îour de fêté. Q«i'eat«ce donc quW appdle uile 
parte pour l'état ? C'est un jdur heureux de plus pour c6ux qui 
forment l'état* p 

Quoi qu'il en aoit^ toujouMetf^fl €«rlai& q[ttelea esclaves de 
Trbid24 n'ont rien gagné «n paaaaiii sopa «a nompernement 
prolestamt» . 

..*••? ■ • ... • • 

HisTOiBB DB FaAircE. — Tàblcau historiqne et pittorest/ue de 

Paris; par X B. de Saint- Victor (i)* 

(Quatrlôms article. ) 

4 

« L'hérédité clés fie6 et l'établissement général des arrière- 
fiefs y dit Montesquieu , éteignirent le gouvernement poli* 
» tique et formèrent le gouvernement féodal* a 

Ce fut un état singulier i[}ue celui de la t*rance pendant le 
onzième siède. Certes y on ne peut lui donner le nom de monar- 
chie y quoiqu'il y eût un homme portant le titre de Roi. Car, les 
premiers Capétiens ne pouvoient rien hors de leur étroit do- 
maine : ils ne faisoient pas d Wdonnances obligatoires pour les 
seigneurs qui relevoient d'eux : ils n'étoient que prind inter 
pares , et ne possédoient qu'une suzeraineté nominale et pure- 
ment honorifique sur des vassaux souvent plus puis^^ qu'eux^ 
et dont le premier étoit le roi d'Angleterre. La F^PI féodale 
n'étoit pas non plus une république aristocratique oufédérative, 
car elle ne formoit point un enSenible qu'on pût appeler l'Ëtat : 
il n'y avoit ni volonté commune qui pût imprimer la même im- 

(i) Ghet MUe Carié dp la Gharie , rue de rÉcoIe-dè*MédeciDe\ n«. 4, 
8 vol. ijQ*8o» Piix aveé atlas âe at4 planches : laS fr. Âr^ le« plans élé- 
ment :'63 h'i éft le texte 'se«l : 56 fir* 



(9«) 

pidsioh h tous lés membres dtt corps social , ni moyen exttf rieur 
d'eiilbnner aiie;,iiiil pouvoir liégîsktîf, puisque^ d'une part, 
Fautorit^ dn Roi Varrêtoil aux limites de ton patrimoine , et 
qne y d'autre part ^ U ne se teooit plus d'assemblé nationales 
où les smgneurs auroîeint pu se lier eux-mêmes» La surface de li 
fVanœ étoitliârtsstfè de ebâceatus forts , résidences d^titant de 
petits sowreraina qui ]ouissoient , dans leurs domaines j des 
mêmes prérogatives que le Roi dans les siens : il n'y a^it pss 
un hameau ^ ne fût défendu par un donjon ; pas un rocher 
que ne surmontftt une tour } jpas un rmsseau dont les eaux ^e 
fussent détournées pour remplir un fossé ! « la force , dit M. de 
Saint-Tictor^ étoitle seul droit que voulussent reconnoitré tons 
ces seigneurs grands et petits > ainsi armés et retranchés. Etran» 
ger au reste de la France , chacun d'eux n'eut plus de ^la^n 
qu'avec ses voisins devenus ses alliés ou ses ennemis , ni d^utre 
ooGapati<m que de les attaquer ou de combattre avec eux , ou 
de se défendre de leurs attaques. Ceux qui avoient des serfs en 
firent des soldats | ceux qui n'en avoient point , armèrent leurs 
manants, appelèrent sous leurs drapeaux tous les vagal^onds > 
tous les scélérats qui avoient besoin de désordre pour assurer 
leur impunité. Ainsi se formèrent ces bandes si long-temps re- 
doutables aux provinces , meioie après que 1 ordre eut comjtneneé 
à se rétablir, redoutables même à leurs mciens maîtres qui leur 
avoient appris l'art de la guerre et à goûter les plaisirs de la 
licence et de Foisiveté. > 

. Gett^^ciété avoit pourtant un lien et un lien purement mo- 
ral : c'iipi la loi du vasselage y que les nations germaniques 
avoient apportée de leurs forêts. Par eDe s'étoit organisée Une 
vaste hiérarchie , dont chaque membre se trouvoit îtiféodé à un 
autre -y c'est-à-dire , devoit lui prêter secours et assistante dans 
son administration comme dans ses guerres , et en recevoit à son 
tour amitié et protection ; le vassal promettoit fidélité , le suze- 
rain promettoit justice : \o^t service étoit réciproque et enga- 
geoit celui quiie rendoit comme telui ^i en profitoit. Il j avoit 



( 97 ) 

sans dimte quelque chose 4e mpUeetde généreux dMis un ordrcf 
de cboaes kndé iust le dénouement et U fin Jtae mhc sémiento ? 
maïs comme le» esprits étoient encore gcomeigf, les, passion^ 
désordonnées et Tiolentes^ tomte» les seîgnenries éiamntetir ehocf 
continad entre elles et areg la couronne^ et le droit féodal 
^ounûssoit pour cela de nombreux prétextes» Les dixième et 
on»ème:stècles furent une des. époques les plus mallieinreqses de 
b monsicchie fraooQ&e. La guerre étoît partout, «et eomase éta^ 
blk de c^â^leau à château .: de là, Tabus cdntinud de la. force ^ 
l'oppressian du foible , et toulei les conséqm^nces nalurelke 
d'une semblable anarchie* 

Les Galaniit& de ces temps désastreux, ont été attribuées uni- 
quement au gonremement iéodàl par un grand nombre d^écrW 
vain^- il nous semble qne > dans ce jugement, on n'a p^s tenu 
compte de beaucoup de circonstances tout-à^£dt étrangères aux 
principes de ce gouyernement, qui avoient accumulé de- nom* 
breux ,éléments4e désordre ^ et qu'on n'a ^ru de k féod^ité que 
ses abus ; elle n'a cependant été ni sans grandeur, ni sans gloire, 
et c'est d'elle qu'est sortie la monarchie la plue forte et, la plus 
gbdeuae de l'Eun^. Bes quàlsfications injuriens^et des inree« 
tiices ne prouTent rien* Certes, le régime léodal aynoit beau^ot^ 
d^iKOOnvénients, nuûs il aroit aussi de grands arantagies , et ii 
suffit, peur s'j»& conyaincre^ de eonsidérer ks cirooostences 
dans lesquelles il fut établi. 

IL de Saint-Victor , dans le second yiAume ilu T(Meau de 
Paris y p»àente sur son origine et son vér itadïle capractère des 
considé rat i o ns pkines d'inlérit. U n'est pas de ces gens auxquds 
l'admiration pour k sièck liés lumières ferme les yeux sur tout 
ce qu'il 7 a pu avoir de bon dans kasiècles précédants, et ii 
réfiite par lesxaiaons les plus solideaks détracteurs perfides ow 
ignorants du passé. « Qu'on se représente, dit-îl , la P«auce sou» 
ks deux premières races , soumise à un pouroir monarchique àt 
mal comtitué , à l'action duquel on échappoit de toutes parts 
|»ar la difficulté des communications , par Tinsuifisance ècs 



y 



f 98) 

moyens 4'admmktratipa matérielle, depok «i proâlgiéctfé'* 
meifttperfecttaDnâ> et pàrreuus de. nos jours à une perfection 
que l'on peut appeler désespémme^ que l'on considère cette 
vaste contrée» si long-temps désolée j toi^irmentée par cette xace 
d'hommes turbulents et impatients ^u joug : de nouveau tour- 
mentée » désolée, et pendant plus d'un nècle par d'autres bar- 
bares (i) i{uiy àdûxs leurs contimielles excursions ^ en attaquent 
et en isolent les unes après les autres-toutes les parties î et qu'en- 
Sjuite on essaie d'imaginer une forme d'administration , nous ne 
dirons pas plus propre à conserver u& tel pays que Fadminis- 
tration féodale^ mais au moyen de laquelle il eût été même 
possiblede le coàservier; on ne la trouvera point. Dans un grand 
empire , presque touiou» mal gouverné , qui très-souvent même 
n'éeoit point gQUi^eméytQUJLfftàad propriétaire se trouvoit na:io- 
Tellement substitué à ce gouvernement suprême qui sembloit l'a- 
voir abandonné f-etdeveiitikii-même souverain, protégeoit, dé- 
fendoît, punissoit,>récompensoit,encourageoit, maintenoit dans 
Tordre et dans lasubordtnation la population plus ou moins nom- 
breuseque laloi delà féodalité avoit mise sous sa dépendance : c'é- 
toit^ nous le répétons^ une vivante image de la famille» i Ici M, de 
Saint-Victor appelle en témoignage un des plud grands eûnemîs 
du régime féodal; c^est Hably,.qui , après avoir dit que cTétoît 
tout ce que la licence âvoit imaginé de plus contraire à Ja fin 
que les hommes s'étoit proposée ea se réunissant en société y 
convient que cependant il pr^erv'oit les campagnes de la dé- 
vastation^ protégeoit et >nuiltiplioit les familles', et les appeloît 
à la propriété. Si l'oki examine lè régime féodal ious deux points 
de vue ^ nous croyons qu'on le.trouvera mauvais comme régime 
politique , mais bon comme régime administratif. D'après les 
lois de France 9 la puissance royale étoit trop entràvéepour 
qu'elle jpût avoir cette, action forte et salutaire qui met l'ordre et 
l'unité dans un état. Le roi étant engagé enves»9on vassal comme 

(x) Lee Normftodi. 



( 99 ) 

t^éluï-ct eaTera loi, et, le vassal ëfant; j âge de fexéciilioii deTen* 
gagementy les révoltes et les défections avoient des prétextes 
«ontÛDuels. Les lois enjoignoientaux fidèles « de leur remontrer 
toutes laursÊmtes afin qa ils les réparassent. Si , après ces aver- 
tissements, leRoipe changeoit point de eonduiteet d'intention, 
alors les sujets^ecclésiastiqoçftef séculiers dévoient £dre cause 
cominape aÇn qu'il, ne conservât pojlÊt le pouvoir d^ traiter qui 
que ce fût contre la loi et la raison ,. et ce nonobstant sa propre 
volonté (t)« » De cette situation précaire des rois oa^ssoient de 
graves désordres pour les raisons que nous avons exposées ^ mais 
il en résultpit cet avantage que , pour àter tout prétexte à la 
révolte >, ces princesapportoient le plus grand soin à jTaire rendre 
la justice, et les giafid^ Vaseux se voyoient obligés de les imitei: 
et de semon.lirer de -leur côté justes, et ;bienveillantst envers leurs 
soushVa$sau|( , ppuv ne point s'exposer à j^rdr^ leifrs droits de 
suzetaineté, P]ius;on:pçnétrele:fond dasyçt^meiéo^I^ plu^ou 
f^i^nnott qi%e ç'é^pi$ un excellent s jstènjif^.admiiûs^atif 5 dont 
ou avoit'fait ttae mduyai&e Iqi: politique en y assujettissant le 
souverain au «neme degf é que les moindres de ses sujets, etqu'il 
«uroit suffi :de le renf^tmer dans ses bornes naturelles pour en 
faire la plus salut^re des institutions. Pendant lesi.calisimités de 
(jt)llt.,gei:u?eiqui desptècent la Franice ^u omsième^siècle , pei^dant 
une fuyï^x^ et sapglante ana^ishie» .où To^ voit injustement; la 
féodalité même ^ et bit au cçtatrare ce. quirestoit ,df, sçs.j^rin^. 
cipes qui réunit les parties éparses .du corps social et en empê- 
cha i'entièfe dissp}atiipii« En effet, comme l'observe foit bien 
l'auteur du Tableau ^e Paris, chaque seigneur . refu^CH^ d'eu 
reconnoitre les lois dans ce qui établissoit sa dépendance à l'é-*. 
gard d'im se^g^ur. glus, grand que lui ; mais autant qvi'il.leur 
4to^ possible, toustii^ntenoi^^t ces lois.à l'égard de.s sousrvas-' 
saux gui dépen4pient d'eux : dès quil^fii^eAt senti le d^n^er 
de leur ei»t^ëre ipdépendai|ce.|,.ce:£ttt c^ove eu elles qu'ils» re- 

* > * 

* 
(1) Cap. Car. QxU» » 1. 39, c, lo. 



( 100 ) 

tMiutér«tif la immarohie , dent l'ombre et le nom s^ëfeuent da 
moins conserva au milieu de cette foute de petHs sôuveraiDS* 
Il faut remarquer aussi que dans le temp9 même où kd^iiénres 
priréés étoient les plus eontinuellâs et les plus aéhaiiiëeBy les 
excès: etle9 vieIeiiees<]Hi en- résultoiénl ne secommeftoient que 
sur les terre* des Toîsins : chacun défendoit et prtftegeoit ses 
vassaux avec un soin extrême ; et l'on cooçoit quel intëifét puia^ 
aant diacun ayoîtà k iaire. 

Toutefois > ilj avoittant dTëtéments de désordre dans la se 
dëté> l'anarchie et la licence en avoient tellement pris pOsSes*- 
sion, que ce qu'il j aroit de conservateur dans les prindpes et 
les traditions iles peuples et que l'avantage qu'eut la France 
d^être généralement gouvernée par des hommes aapérieais 
n'eussent point soA potur opérer son saint ^ si une puissance 
àu-dessos de l'homiM ne lui eût prêté un appui plus sâr ef des 
secours plus efficaces. Ce fut la religion qui lasanva. C'est ici soi^ 
tout que nous devons nous contenter d'analyser on de dter 
M. de Saint-Tictoi^. Personne n'a compris aàssi bien que lui 
toute Fittfluenoe du cfaristianisine sur b civilisation de lai Francei 
personne n'a célébré ses bienfirils avec plus de conviction et de 
chaleur. « La voix de la reBgion, dit'îl , étoit la seule qui put 
encore se faire entendre au milieu de cette hcmrible demftttiôn , 
et ses menaces étoient les seules que pussent rédottier encore 
desihrieuk qui avoient secoué tout autre frein. EBe piarla , die 
menaça; ses paroles portèrent le trouble dans les conscienœs 
coupables, rassurèrent lesfbibtes, les rallièrent et leur prêtèrent 
ainsi une force qu'ils n*eussent jamais' trouvée s'ik fussent restés 
abandonnés à eux-mêmes; les temples devinrent des asiles tou- 
jours ouverts à Topprimé, et ces asiles on ne tes violoit pas im* 
punément ; de ses tribunaux partirent , contre oîsnx que ses et" 
hortations n'avoient pu ramener , des arrêts auxquels nul cou- 
pable , quelque puissant qa'il pût être, ne pouvoit se sous- 
traire , parce que la société entière étoit chargée de les exécuter. 
€ etoit ton joui*s d'accord avec les rois c(ue le clergé prenoit toutes 



i 101 ) 

les granâet mesures Je salut public : c'est ainsi que fut ëtablie, 
sous Henry 1% la trêve duScignçur^ loi qui défendoit les coin« 
bats particuliers depuis le mercredi soir }usqu'au lundi matin, 
par respect pour -ces jt>urs que le Sauveur avoît consacrés aux 
derniers mystères de sa vie, et modéroît^u moins des fureurs 
qu^il éloit impossible alors d'ëteindre entièrement Long- temps 
auparavant y et dès le règne, de Hugu^ Capet , un grand nombre 
de conciles successivement assemblés s*étoicnt élevés, çpntre le 
funeste abus des guerres privées^ a voient lancé des apatbèmes 
contre les ravisseurs des biens des églises, contre tous ceux qui 
troubloient la paix par leurs violences et leurs brigandages , et 
ce n^avoit jamais été sans quelque résultat plus ou moins heu- 
reux. » Sans, doute on peut dter beaucoup de faits qui prouvent 
qpe les hommes de cette époque portoient leur ignorance et 
leurs passions dans la manière de comprendre et de pratiquer 
la religion ; leur piété étoit souvent superstitieuse ; ils voyoient 
dans des pratiques de dévotion, toutes extérieures et la plupart 
du temps minutieuses, une expiation suffisante de tous lés crimes 
qu'ils pouvoient commettre : toutefois l'Evangile étoit la seule 
loi généralement reconnue : elle pas$oitneu*à-peu dans les mœurs 
pour en corriger la violence^ daps les esprits pour les édaircr : 
çUe finissoit par former une sorte de raison et de morale pu- 
blique inconnue à l'antiquité et qui est depuis long-temps celle 
des peuples chrétiens^ en sorte que l'on peut comparer ceux qui 
s'appuient sur ses principes pour combattre la religion , à ces 
enEants qui, devenus grands, battent la nourrice dont le. lait 
leur a donné la vie, et la force. 

Ici se présentent des questions d'un grand intérêt sur le 
^ujroir et les attributions du clergé pendant la féodaUté, mais 
dies demanderoient des développements qui dépasseroient les 
bornes que nous nous sommes prescrites. Nous avons déjà parlé 
à nos lecteurs de la part que prirent les évêques à la fondation 
de la monar(;hie françoise , de leur influence sous les premiers 
rots francs , et de ses effets : nous renvoyons à M. de Saint-Victor 

9 8 



{ 102 ) 

ceux qui voudront copnoître les différentes vicissitudes de celte 
«lutoritë : de lumineuses dissertations leur apprendront ce qu*ë- 
toit le clergé sous Charlemagne et ses successeurs, ce qu'il de- 
vint sous la troisième race , comment s'ëtoieht mêlées les deux 
justices séculière et ecclésiastique, quelles raisons avoient fait 
attribuer à l'Eglise plusieurs fonctions qui semblent devoir étire 
uniquement du ressort du magistrat ou de la puissance tem- 
porelle : enfin ils s'y feront une iuste idée de tout ce droit 
public de dépositions, d'excommunications^ d'interdits., si mal 
représenté et si calomnié dans les temps modernes, maïs qui 
dans les circonstances qù se trou voit la société fut le seul 
moyen d'y maintenir encore quelque ordre. 

Une grande lutte s'étoit établie dans la société : les rots , les 
seigneurs , dépositaires du pouvoir temporel , étoient pour la 
plupart livrés LFignorance et li la corruption^ leur action étott 
celle d'une force aveugle, anarcliique , qui ne pouvait enfanter 
qne le désordre. Le pouvoir spirituel au contraire possédoit seul 
la science et l'intelligence : il lui falloit combattre sans cesse 
pour arrêter la tendance destructive de ceux Jqui avoient la 
^force matérielle , les doaipter en les éclairant , en les perfection- 
nant, en leur inculquant les vérités dont il avoit le précieux 
dépôt, et qui^ pénétrant le fond même de la société , dévoient 
rendre à son tour le pouvoir temporel moral et intelligent, et 
permettre à l'Eglise dé rentrer par degrés dans les limites des 
attributions qu! lui sont propres , lorsque tout est bien ordonné 
dans le corps sodal. 

A la tête de ce combat du catholicisme contre la barbarie , 
brillèrent surtout les souverains Pontifes, dans la main des- 
cjiùls'toute la puissance de la religion semblôit concentrée. 
M. de Maistrc *^n'a rien dit de trop, en considérant les Papes 
comme les chefs naturels , les promoteurs les plus puissants, tes 
grands demiur^s de la civilisation universelle. C'est une vérité 
fi^appante pour quiconque litThistoire du moyen âge avec des 
yeux non prévenus. « Dieu qui ne Cût rien par saut , vouloit 



( >o3 ) 

«3^€r les. barbares i)o$ père^, et il teav donna un tatenr : ce 
fut le Pape.» Ainsi parle le célèbre protestant Jean de M&ller» 
{^'action salutaire da saint Siège se fit sentir h ce re'gime fëbdal y 
où s'ëtoientiAÎS' tant d'éléments de troubles et d*anarcfaie j ce 
qu'il 7 a de grand, de noble, de glorieux dans la féodalité, 
c'est aux Papfts qu'elle le d(Mt. Grégoire VII encouragea les 
înstitaUons cberaleresqoes, organisées par les Normands : il 
fit une étroite alliance ayec ce peuple si brave et si aventureux , 
et bs arma chevaliers deFEglise^ la chevalerie ennoblit et amé- 
liora les taûukts féodales f à la- farouche grossièreté de la bar« 
barie, elle 6t succéder ce culte de l'honneur , ces lois protectri- 
ces de la folblesse du sete'et de Fâge , cette génévosité , ce nob^e 
dévouement qui .caractérisèrent les' guerriers chrétiens. Ces 
vertus, cetiiérotsme , que les poéjâes nationales attribuoiént t\vx 
compagnons d'Arthur, aux paladins de^^harlemagne, brillèrent 
«oaventdetowt leur éclat chez les chevaliers du moyen âge ; 
ce nouveau caractèt e , imprimé à la profession des armes et 
aux mœurs militaires , dut son développement principal aux 
croisades , autre conception du saint Siège, et sans contredit Pane 
des plus grandes et des plus glorieuses. 

' R. 

SUR tA CIVILISATION. 

« 

L'homme , la famille, le^ sociétés aspirent au développement 
. coinplet de leur existence. 

La douce et vivifiant^ lumière qui donne à chaque objet sa 
fqrn^e et sa couleur , qui féconde la terre et mûrit les moissons , 
réjoi^ft ,toAS les yeux > mais cette lumière bjen autrement su* 
blimequi ppus monti^e les relatîtonsnécessahes des personnes et 
des choses enjtre elles , et la justice qui Seconde et vivifie ce que 
Ja vérité éclaire , fcût bien davantage encore les délices des 

8. 



(*»4) 

bomniiQf. Toujours le» peupla ùgfittB% à la johîssaii^ ^ùrA- 
plète de leurs facultés , Teuleut vivre de toute leur vie. 

Cet état de bonheur et de gloire n'a jamais existé tfur la lèrre | 
rhistoire du moins n'en offre point d'exemple. La civilisatbn 
ne seroit-elie qu'une illusion des^nëe k tromper sans. eesae les 
vœux de tous les hommes , de toutes les sociétés? 

Mais nul homme , même parmi ceux qui sont le plus heureux- 
sèment doués de la nature ^ ne jouit d'une santé inaltérable. La 
santé n'est-elle qu'un vain nom? ne peut-on la distinguer d'un 
état de souffrance et de maladie , ou n'y auroit-il aucune r^e 
pour la conserver ou la rétablir ? 

Sans doute fucun homme n'est exempt de Êûblesses; mais 
&ute de reconnoitre une règle immuable , l'intelligence dé<- 
gradée se perdroit d'égarements $n égarements; faute de lois fon- 
dées sur la nature des choses , les désordres de la société n'au- 
roient point de remèdes; que disrje? des institutions opposées 
à la nature enfanteroient elles-mêmes de.nouveai|x et irremé-» 
diables désordres. 

Ainsi , nous appelons vertueux celui qui obéit ., en général ^ 
aux lois de la sagesse y vicieux celui qui les méconnoît el leur 
désobéit : nous accordons notre estime et souvent même notre 
affection , à celui que les passions entraînent quelquefois , nuiis 
qui trouve dans un vif amour pour la vérité^ dans Ic^ inspira- 
tions d'un noble cœur ^ une voix qui le rappelle à la vertu ^ à la 
sagesse. 

"Ne soyons pas plus sévères pour les sociétés. Reconnoissons 
que si l'histoire n'offre aucun exemple d'un parfait développe- 
ment de toutes les £aicultés humaines , il existe du moins des 
principes fondés sur la nature des choses. Hors de ces principes , 
nulle civilisation possible. Elle possède les principes de civili'^ 
sation, la société qui , se livrant parfois à des désordres^ trouve 
dans les doctrines généralement admises , dans les institutions 
qui la régissent, des lois salutaires fondées sui* les rapports natu- 
rels des personnes entre elles , de généreuses inspirations qiu 



( i*o5) 

■amènent à la yéntid h h justice ceux qui s'en sont moinentaHë- 
ment écart&. 

. Ainsi y comme nous interrogeons les périsses d'un bolnme 
pour savoir les notions de vëritë qu'il fùssèàd y ses inclination» 
«t renaerablediB ses actions pour jugei^ son caractère et le degrë 
d'estime qu'il mërité^ nous consulterons les pensées des peu* ' 
pies i leurs volontés publiques et générales , pour connottrele 
degré de civilisation auquel la société est parvenue. 

QueHeSv sont donc aujourd'I^ui les^ doctrines généralement 
répandues? Quelles sont les institutions néies de ces doctrines? 

A* la vérité , une certaine bouffissure pourroit tromper , en 
imposeir au premier coup-d'oeil. Les finances sont en bon état. 
Les impACs se paieitt avec exactitude. H y a des fuges et des 
soldats y des artistes et des savants 3 dés formes d'ordre social 
sont conservées , quelque chose d'extérieur apparoft encore*. 
Perces cette légère écorce y pénétres dans l'intérieur dé notre 
étiBit'$ociatl: quetroaves-vous? 

Repos de l'esprit , paix du cœur ! ces biens nous ont fui 
depuis long-temps; et ceux qui regrettent le passé , et ceux qui 
jouissent aujourd'hui de tous les avantages de la fortune , sont 
tourmentés de craintes et de souvenirs ; et telle est la^ plaie de 
ttotre état y que l'on ne peut parler sans, irpitation* ni se taire 
sans e£fovt sur la plus simple question de l'ordre social. La 
divinité même, ce pouvoir créateur et conservateur delà société, 
n»'est pas jbcmement établie dans nos âmes ; enfajats indociles y 
nous disputons- sur les droits de notre père ; nous n'avons pas 
encore fixé le genre , les degrés , les limites de l'obéissance que 
nous lui devons } effrayant aveuglement ! il exista parmi nous 
des hommes qui ne craignent pas de professer une insouciance 
lunitale par rapport à l'auletir même de leur existence » tan- 
dis qu'ua ti*és-grand nombre d'autres , se disant éclairés > 
voilent d'aptparences de respect leur indifférence non moins 
profonde, puisque tout en reconnoissantle maître de l'univers y 
ils. déclarent en même tentps que toutes lès în^ei^étations c{us 



( to6 ) 

Ton peut donner dis ms Yciontéê toiif araiiies ^ même teplo» 
contradictoires , sont indifférentes. ^ 

De Ik ^ absence d autorîlë dans ceux qui commandent , 
absence d'amour dans cens qui obéissent; la crainte où l'intérêt 
pour tous principes de sotunission, ]a cupidité pour tout 
principe d'action»!' de laborieuses combinaisons non seû'^ 
leroent pour établir , pondérer , babncer le pouvoir et Tobéîs^ 
sance , mais. encore pour distinguer la vérité du mensonge, la 
justice de l'équité , et ce qm sert la société de ce qui la mine 
et la ravage! Mille voix confuses et discordantes sëfontenfendre^ 
des mouvements divers tiraillent la société en tout sens ; il 
semble qu'elle soit prête à se dissoudre. Tous ont te pouvoir , 
de détruire^ nul celui d'édifier et de reconstruire^ 

Dans un pareil état , tout est sujet de discussion , le passé , 
le présent, Favenir : iin présent, que des enfants de b même 
fiunille décbireiit aujourd'hui par leurs interminables dis- 
putes ', un passé , objet de querelles non moins acharnées , les 
uns regrettant avec' amertume ce que les autres couvrent; de 
leur mépris , et à leur tour ceux-ci proclamant comme ëpoqnés 
de gloire et de bonheur ce que ceu±-là repoussent avec 
lioiTCur ', tous s'élançant avidement veni un avenir dans 
lequel il$ ré vent des jouissances ai opposées^ que les sujets cfe 
triomphe pour I^ Uns deviendr^enl pour lés autres de ttou«* 
veaux et affreux sujets de deuil! 

Après cela que Ton vante le progrès des lumières^ les dé-^ 
couvertes de nçis savants, nos tableaux', nos statues ; mais 
sans doute que pour jouir de toutes ces hierveilles , il faudrott 
d'abord que ceux qui les possèdent fimssentenfin leurs querelles 
acharnées et leur cris Sauvais ! 

Une figure- noble ^ un corps bien proportionné font -^rtiè 
de la perfection de l'homme; mais un esprit juste, uiieâmb 
noble et généreuse ne fent*elles pas aussi partie de la perfection 
de l'homme ? L'harmonie 'des couleurs dans un tableau , la 
justesse dos. f^xkpeî'tiôns dan^ les statues et les édifices sont 



{ '03 \ 

HQ^ preuve de conaoissaaces avaacd«s chez le peuple c[ui pos-7 
sède les habiles auteurs de ces p^'oductions des aris ; m<xis Is^ 
justesse de, proportions dans les images suffiroit-elle par hasard? 
et un peu d'harmonie dans le^ pensées et les volontés ne fs; 
rok-elle pas aussi partie de la civilisation ? 

Mais si tel est aujourd'hui le Jésprdre profond des intellir 
gences , que les notions les plus naturelles qui ont formé la 
raison de tous les. siècles sont devenues parmi nous d.es .sujets 
de contestations interminables , £iut-il demander, quelles sont 
les institutions qui nous régissent 7 La pensée bonne ou mau- 
Taise engendi'e la bonne ou mauvaise Tblonté; ainsi les doc- 
trines généralement répandues dans la sodété engendrent les 
institutions. Nos institutions ont reconnu l'anarchie des esprits, 
et non seulement elles^ Ton! reconnue, mais elles l'ont déclaré 
l'état légal et nécessaire. Ainsi elles empêchent pour le moment 
que cette anarchie ne dégénère en combats extérieurs ^ et en- 
tretiennent un certain ordre matériel ; mais elles ne fixent au- 
'cun çrdre intellectuel et inoral. 

L'ordre^ociâlest la déclaration pjiiblique. et. solennelle àe^ 
^rapports naturels del hommes entre eux j la protection clu dé^ 
v«loppement des ÊMrultés humaines. «Mais pour le protéger ce 
développement, d'abord, il faut en reconnoitre -le pnndpe. 
Qu'un I^boufeur j^odigue iru hai^d.et sans choix des- graiaep 
de toute espèce, qu'il ne, fass^ aucqne distinction ebtre les 
plantes salutaii*es et les plantes r^néneasen , .qu'il méconnois^e 
l'ordre des saisons et toute les lois de la yé^éteittôn , loin d^ 
recueillir , dans h joie de son cœur , de riches lAolssoK^ , -il 
se^a la victbtie de sa propre folie, il transfo^'mera en é!6ns 
funestes 9 même la rosée du ciel^ même la vivîfîaiikte chaleulr 
du'SQleil } il changera en désolation jnsqa'àîktichë' fécondité 
du là terre! JBt les âfnes anf^sic ont leurs d!éve!oppëments né^ 
cesaaires, comme tqute la nature visible; feurslois ininyoahles', . 
bien que souples et varices. L'expérience, ce grande flambeau 
de lai y ie humaine.^, n'est .que l!obser^tton> altentive* dk$ Jois 



\ 



( io8 ) 

d« la Batinre physique et morale , des effets coâstanti qite 
prodaisént ces lois. Cestà luivre , à protéger Tordre naturel 
djinsleqaetse développent nos fiicnltés, que consisté la sollicitude 
du père y toute k science de Finsthateur. La reconnoissance 
' publiqife honore du nom depères et d'instituteurs des nations , 
ces hommes éminemment sages qui ont reconnu et fixé par 
des lois les rapports natuiréis et bienfeiâants qui unissent les 
hommes entre eux et font idnsi le bonheur et la gloire de«L 
sociétés humaines. 

{La smiè prochamemenU) 

9 

) 

La CtovisïADE y ou le Triomphe du christianisme en France ^ 
poème héroïque , par M« Darode de Lilebonne (i}> 

On a tort de se plaindre dé la. décadence de» lettres panai 
nous. Quelle époque fut plus féconde en grandes production» 
lîltéi^aires 7 Les tragé^i^ 9 1^ comédies y le» drames se snccàdenA 
avec une inconcevable rapidité. Le dix-huitième siècle n'avok 
donné à h France qu'un poème épique ; plus heureux que im 
pères y nous comptons déjà par douzaine les épopées publiées 
ou promises. Thomas resta ^ presque toute sa vie ^ en travaii 
itiin gros poème épique , et cependant il n'accoucha que des sif 
premiers chants; nous allons plus vite aujourd'hui 9 et la Qo>- 
çisiade que opus annonçons doit avoir un trait de rc^semblancfe 
;af ec XJliçde , c'est-à-dire yingt-quatre chants. L'auteur , jo»" 
.qu'ici y n% livré que les sept premiers à notre curiosité. 

ITos.lecteurs s'attendent sans doute k trouver pua analyse de 
ce. premiçr quart de l'ouvrage , avec l'exposé du pla^ suivi paur 

le poète. Il nous est malheureusement impossâiile de les satis- 

» 

(0 J^arift t loipriMBiie de A^Uittâo ».h6tt;l Falalio , près Saint-SUilpke^ 



( «09 ) 

faire ) soit que M. deLilebonncMi'ait voulu suivre aucun ph» ^ 
afin d'innover dans les règles de la composition , comme ii Ta 
frit da»8 celles de la yersificatk»^ soit qu'il ait résolu d*'^ 
cb^rcher un , pendant qu!on imprimeroit les cinq premières 
livraiisons , et de naus réserver , pour la sisdèine » le plaisir de 
la surprise. 

Quoi. qu'il en soit , on peut adnii^r au commencement da 
poème le courage sublime de Cosa , et sa mor|t extatique. -Ces 
détaib occupent le premier chant et la moitié dii second; les 
cinq autres sont. remplis par la révolte du camp deQovis^et 
par léi discours de saint Yast , qui veut convertir à la foi chré- 
tienne le monarque infidèle. Le solitaire lui expose les dogmes 
et l'histoire de la religion, sans oublier les principes de la loi na- 
turelle ; 

Cette loi naturelle eft dans l'homme tauTage ; 
S# raison , plus ou moins , en approuve l'usage , 
Aussitôt que d'un homme en rapport arec lui« 
11 éésin I^amoar , Ù invoque l'appui. 

Ce raisonnement et beaucoup d'autres semblables aUroient be- 
soin pour nous d'un commentaire; niaisCIovis les comprend 
à merveille, 

Husqu'ici le poème est entièrement composé d'épisodes ; il 
nous a donc été impossible d'en soupçonner l'ordonnance > 
mais en revanche nous devons un juste hommage à l'imagination 
féconde de l'auteur , qui a tout inventé^ jusqu'aux caractères de 
ses personnages. La purCj la sainte Qolildey nnie a Clovis par 
des liexis sacrés^ soupire pour un certain Amadis, aussi vaillant 
et aussi langoureux que son célèbre homonyme 3 elle avoue ses 
tourments à sa confidente Olmonde dans iin style qu'auroit en- 
vié mademoiselle de Scudéry : 

« ., . L?AmoMr , à la fois aveugle et clairvoyant, « ^ 

Terrible envisage , doit se vaincre en fuyant, 

A là porte des sens il étal^ ses charmes s 

lit soiltii'e est sOn trône » et le regard ses armc^ } 



( iio. ) 

% 

Autii prompt qi|e l'éclair , il s'empare du cœar r 
Qui rétlote eit vaincu, qui l'enfuit est vainq^ur. ' 

Le Clom de M. ArLilebonneesl un prinee d'une valeur iontc 
ebé?alevesc|iie y eomme Tancrède 4>u Recoud $ il s'occupe fort» 
peu de ses projets de conquête > mais en revancbe : 

Au bord d'une eau limpide » au penchant des ▼allom , 
Ce grand prince « divaaé «es brillanta paviUooli. 
On dit que le ctiMtr plein- d'une image cëérie y 
XI promène es ces lieux au douce rêverie. 



Cétoit en effet un prince très-rêvëuir qoe le fils de ChîldA-je;. 
Lorsque la jeune Qii^ra , TiGtime'du fanatisme sanguinaire des" 
Druides , a terminé «a vie au milieu d'une ei^tase fFamofir divin,^ 
Qovis , avec le aeooors du sensible Odin , son éciiyerjïdtlc y. 
l'easévelit , et tnace le madrigal suivant sur le tronc d'un bet 

Passant , que la natiire a doué d'un cœur fendre-^ 

Gora repose ici; Tlena pleurer sur sa cendre** • • 

Honora une beauté dont les chastes appaa 

Beçnreat de i'amonr la vin et le trépaa. .> « 

Nous soupçonnons M. de Lilebonne d'avoir étudié llbiistoireilié» 
rois chevelus y et les mœui-s de cette époque^ dans le BUbmbtfris 
de Florian. 

Jusqu'ici la Victoire, il faut favouer , reste encore 1 I>esma- 
rets. Ce n'est pas que nous ayons Tintention de réhabiliter un 

poème qui n'est guère connu en France que par Fëpigraunné 

' ' ' ' • > ■« . • . 

de Boileau^ mais au milieu des plus choquantes invraisem- 
blances j dii défaut d'action , des incidents romanesques , aux- 
quels TAstrée^ la Clelie , Tétude de la littératujre espagnole , et 
la coterie de l'hôtel de Rambouillet^ avoient donné tant de vogue ; 
malgré la versification rude , incorrecte , bizarre de cette étrange 
épopée y nous y avons trotivë plus d'iinaginatibn.que dans la 
Clovisicide, Il ne feut pas^ oublier que Desmarets écrivit son ou- 
vrage sous Louis XIII ; bien qii'il lie l'ait publié que dix ans aprè» 



(m) 

la mort de ce prince. Boileau et Raciàe n'avoieni point enobré 
formé la langae poétique ^ et cependant les vers de Desmarets , 
que nota venons d*apprëci|er avec une juste sëvérhe y offrent c<e 
seatiment de l'Iiàrm'onie et cette facture savante dont le secret 
est devenu trés-ràre de nos jours. Nous n'en citerons qu'un 
exemple: 

Elle (Clotitde) appijpnd que long-tempt cette Église nàusaDle , 

Bous le joug des païens captive, languissante , 

Hunble , pauvré , fuyant de cités en cités , 
. S'accrut par la souffi^ance et |es calamités. 

Maintenant de Jésus la majesté jalouse 

Veut qu'un pricce puissant protège son épouse ; 
' it choisissant Glovis entre les conquérants , 

Veut qu'il serve l'Église et dompte ses tyrans ; 

Bt que- ses snccessenrs , la rendant triomphante ,■ 

Tiennent le rang d'aînés sur les fils qufeile enfante. 

Nais une supériorité que Ton ne sauroit contester à Desmarets, 
c*est la connoissance des règles de la versification. Nous avons 
dit, en eomœentçant cet artktei que H; de Iit)di>bnne avoit 
innové , il ne nous reste plus qu'à en donner la preuve : 

> 'Alors , comme aufoor^'fani » je me ferai emnollrr, > 

; $t .comme votre père, et qoi|ime Totxe^n^lfrtf. ' - ,. ; 

Il dit, et les guerriers font éclater ienrjoâi. 
, Tandis que sous ses yeux leuc âme se déptùU « 

Des prêtres irrités la troupe frémUtanie , 

Ya cacher dans les bois sa fureur impuiuantê, (Oh. Ttl , p. ai4.) 

Quel luxe de rimes féminines ! la même prodigalité se retrouvé 
pages ao5 et 206. 

L^orthographe et la grainmaire ne sont pas plus respectées 
que la prosodie. Ch. ï^ p. 5 : 

..»<«.•••••. è La trompette infernale 
Fait raUanmér , nugir la voûte sépulcrale. 

Plus bas 9 p. 8 , nous lisons : 

^t je reconçK (Va« sur Jésus-Christ luUm'ème, 
Les odieux objets de sop amour extrême. 



f lia y 

It nous seroii faâle dé liiQltiplîer les cîiatîônsj m^is nous croyon». 
9voir mis nos lecteurs à. même de se faire une idée de ce qii«> 
nous leur épargnons. 

L'autéiir de la Clovkiade parott avoir d'éjk reçu aii« réeom*- 
pense flatteuse de son trayail. Ayant la publication de sa cin- 
quième livraison , il étoit simple correspondant de la Société 
philomathique (i)de Bordeaux; mais plusieurs autres Sociétés ^. 
non moins savantes^ averties par le«uccè& d€i$>quatxe preniiers> 
cahiers y se sont empressées d'inscrire M^ Darode sur la liste de 
leurs membres. Nous ne désespérons pas de le voir bientôt 
assis à TAcadéihie française sur le feuteuii de Desmarets. 

• X 0. 

t 

RfiMàa(ÎU£ ftUR ON POINT M JUi XHÉOLOGIS 0BS.J4J1F$«. 

. , . • 

Les rabbins y tant ceux qui s'attachent de préférence au 
talmnd que ceux qui se livrent plus paitieulièrement à Fétude 
de la cabale, ont toujours eu parmi eux des hommes qui ont 
connu la vérité de la religion chrétienne , mais sans en vouloir 
faire publiquement profession , parce qu'ils se regardent comme 
donnés pour guides à un peuple qui n'est pas encore mûr pour 
le c^nristianijime , qui doit encore passer un certain temps dans 
l'incrédulité , et qui , si ses pasteurs venoient à l'abandonner ^ 

(i) H ..de LUeboBve écrit toa|oan phihmailqitê , comme â écrtroit ma^ 
thématique, G'esl sans doute une distrectioo. Nous aîmoui à croire que la 
Société n'a pas adopté cette orthographe : autrement nom aérions «otorMéa 
à penser que le grec n'est pas au nombre des sciences qu'elle aime. Noua, 
inritons le chantre de Glovisii corriger, dans sa première lÎTraison , cette 
légère faute , qui pourroit doooer lieu à de fort manvaisea plaisanteries^ H 
y a encore en France quelques petits esprits , qui , ne pouvant mieux faire, 
s'occupent de grec, et qui s'aviseroient de soutenir, avec une sorte de rai- 
son , que philomatique ne peut fignifier en français que : Amidçs ineptiet. 



Vmiber6it cbdv It damier état dt mbére et de d^^dfttiôii ttijO^ 
raie. Mais on trduTe^ dans leurs écrits et dans leurs ordonn^oces 
religieuâies des choses tpn d<Mvent faire réfléchir les penseurs. 
Parmi les figures énîgmatiques de la théologie judaïque^ il faut 
surtout ranger ce qu'elle enseigne de l'an^ Métatron , dont 
les Jui6 parlent avec le plus grand respect. C'est le chef de tous 
les atigesy.l'organe immédiat de la Divinité; toutes les armées 
supérieures et inférieures lui obéissent) il est Iç premier en- 
voyé du Très*haut, qui lui a donné l'empire sur toutes choses , 
et Ta établi maitte de sa maison, et souverain de tout ce qu'il 
possède lui-même. II est le Srigneur des seigneurs et Roiau-de»* 
sus de tous les rois^ il est le commencement des voies de Dieu; 
il s'appelle le Prince de la face , le Prince des princes les plus 
élevés au ciel et sur la terre , le Prince de la sagesse y de la force 
et de la gloire, et le Prince de Tunivers entier. Son nom, ma- 
nifestement d'une origine récente 9 reçoit chez les rabbins plu- 
sieurs étjmologies. Les uns le font dériver du chaldaïque 
Matra (custodia)j garde} il signifie le Gardien. Mais il paroit 
plus vraisemblable qu'il est composé de deux mots grecs : f^tr^j 
avec, et èfùvêç, trâne; c'est alors celui qui partage le trine 
de Dieu y ou le Seigneur qui est assis à la droite du Seigneur 
(Ps^. MO, V. 1} y le Fils qui est assis sur le trône avec son Père 
(Apoc« 3 , V. ai). Les rabbins remarquent aussi que , prises 
numériquement, les lettres qu'il contient forment le nombre 
3i4> comme celles du mot Schaddai^ le Tout-Puissant. Aussi 
enseignent-ils que c'est l'Ange dont Dieu dit t Mon nom est en 
lui (Exod. a3, v. 21 ). 

Ce Métratron, ou Mitatron, s'appelle encart Jeschua y ou 
Jésus. Dans les prières du premier jour de l'année , qui se réci- 
tent au son des trompettes , les Juils disent : « Qu' il te plaise , 6 
Xéhova mon Dieu ! que le son de la trompette que nous faisons 
retentir aujourd'hui soit entrelacé dans le tapis par le préposé 
Artiel ( Apge préposé au souffle et au son des instruments 
il vent ), de même que tu as accepté d'EJie, de pieuse ménîioire^ 



el de Jeschua^ le Prmce de k Sàce, ot par le Piittce M^tatmn ; 
eC sois rempli de miséricorde envers nous* ». 

Quoiqu'il y ait, dans cette prière y une diseuritë qui naît dé 
CjB qu'on 7 fait de Jeschua et de Hétetnoii deax personnages 
distincts , la confonnitë des titres montre cependant que ces 
deux mots désignent.une seule et niéoie personne. Il e$t remar« 
quable qu'on y voit paroitre Elie devant le prince • Jescliua ^ 
conformément aux prophètes et à Fhistoire de rEvangile tou- 
chant saint Jean-Baptiste , et qu'il n'j est fait mention d'aucun 
autre homme. Le tapis dans lequel FAnge doit faire entrer le 
•son de la trompette, c'est le voile de li/^ise, dont les JBgures 
cachent le sens de la loi ( 1 )• 



Lettre au Rédacteur* 



Monsieur , 



Dans un article de votre dernière livraiscm, vous avez dit 
quelque chose sur l'importante question du mariage j de cette 
institution fondamentale , entièrement mécoppue par notre Code 
civil 9 et défigurée aussi par It*s théories de plusieurs juriscon- 
sultes de nos jours j et même de quelques théologiens. Peut- 
être n'est' i) pas. sans intérêt de rapprocher de leurs doctrines 
matérielles les considératîoiis éminemment catholiques aux* 

quelles des protestants se sont élevés à ce sujet. Le Uvre , publié 

» 

(i) Voytz un ouTrage périodique allemand , publié à Franefort-iur-le- 
Mein , par le D^ Frédéric de MeleV, intitulé : Blattter far hohere TP'ahrhcit, 
quatrième volume , article i dêr Enael Melatron ', odtt BewêU dçts die Judbn 
1^ Namtn Jtaa verehreà, und wUwn ésnàht ( L'Ange Mètiatron , ou prewe 
que les Juifs vénèrent , sans le savoir, le nom de Jésus*} Ffiyèz surtout le 
livre de M. Dracb. 



i Hanovre par M. Rcfaberg , sûcu le litre : dit Code NàpoléoA et 
<ieson intrùditction en Allemagne ^ m'en fournit Poccâsiod. 

■ Le mariage est, dit Fautear, le plus important de tons lès Intérêts 
de la société civile qui se rattachent de près à la religion. Tous les 
peuples Tout regardé comme quelque chose de sacré , et ont tu dans 
son établissement nn des premiers bienfaits doqt le ciel ait gratifié la 
race des habitants de la terre pour la rendre humaine. Le code Napoléon 
seul déclare impudemment qne Je mariage ne doit être envisagé qne 
comme un contrat civil. Les termes mêmes dans lesquels ce principe 
vst éuoncé. contiennent déjà une sorte de contradiction.. « Un contrat , 
» dit M. Portalis, inspiré par.] a nature même ! » Un contrat, c*est-à-dU*e 
lin acte libre de la volonté humaine "qui prend une détermination , et 
cependant inspiré par la nature , c'est-à-dire sans doute par Tinstinct 
ou par la raison ! L*orateur paroit avoir éprouvé un sentiment de honte 
en présentant au corps- législatif le tîtM du mariage ; car on lit dans 
son discours : « Ce contrat n^est pas purement civil , quoiqu*en disent les 
jariscunsultes (i). » il eût pu ajouter : et la loiy car on ne voit pas, dans 
loul le code civil , un seul mot qui rappelle la sainteté de cette union , 
source de tons les rapports moraux qui existent entre les hommes. 

» Le mariage n*est point un de ces contrats civils que la volonté de 
Thomme peut former et résoudre comme il lui plaît. C'est un état in- 
troduit dans la société civile sous la protection supérieure des crojances 
re]î<nèuses. 

' \ tJn contrat se forme par le concours des volontés libres et sous des 
•condilions que chaoïn est le maître de choisir. Si donc le mariage n est 
K|a un contrat ci^ , la prohibition dé la polygamie et de la polyandrie 
.«"st une atteinte portée aux droits de Thomme. Par quelle raison ponr- 
roit-on, défendre à Thomme d avoir plusieurs épouses, à la femme d'a- 
voir plusieiurs maris? Pourquoi -ne seroit-il pas permis de convenir de 
vivre ensemble pendant un temps déterminé? Les conditions pourroienk 
être réglées de manière à conserver dans son intégrité l'ordre civif des 
successions. Le reste ne regarderoit point le législateur , dont toutes 
les /onctions se (K>meroient à empêcher les hommes d'user de violence 
les uns envers les entres , et à vdller à ce que chacun jontt en paix el 
avec sécurité de ce qoi lui appartient. 

(i) Motifi ) tom. 11 , pag. 331. 



(ii6) 

t Le* fini ASMpfûeÙM dtt mariage Dont morldM, et U droit ntéA^êt 
ta*en peut dicter ^o^ forcer raccompUwement. Topt contrat pent 6tr« 
résoin par le eomentement des perde» intéresiées i mai» ici les peieoii- 
bes les pins intéressées ne sont point lès contractants : oe sont, jabord 
les enfants , pois la àbciété entière « à qni le làaintien de Tordre des mà« 
Hages importe beatioonp , en ce qu^il est la senlé garantie de réducatloil 
knorale des enfanta. Ainsi donc, sôit qn*atec lès Caikoliqnes on fasse dtt 
ïnariage nn sacrement, soit qo*aTec les protesUnis on Ini donné nn autre 
nom» tonjonri èst^il qa*il n^y à Aeh dans son essence qui puisse le faire 
comparer à nia contrat, 

• On voit bien s jr rattacber nà do plndeni^ ccn&lrats c(>ncelteaiit la 
Ibrtone des éponx , mais Ini-mème n^en est pas um 

• Le premier effet du principe qui rédnisoit le mariage II n^étro plus 
qn*nn contrat sonmla k la Tolonté de Thomibe, et conclu efcitre deox 
personnes égalemeiit libres, fut llnterrersion des rapports qni doivent 
exister enfare le pèfe de famille et sa femme. Dans le premier projet da 

' Code cttil , où la communauté des biens étoit obligatoire , on avoit 
aussi rendu Tadministradon commune; mais il étoit trop évident que 
deux personnes , absolument égales quant à toute espace de droit, n'^a- 
^oient jamais (Je concert tant qu'un supérieur ne pourroit faire cesser 
Topposition des volontés. L^administraiion fut donc confiée au mari 
dans le second projet de Cambacétès. Cependant le codé Napoléen con- 
serve encore des traces de Tégalité qu^on avoit d*abord voulu ériger en 
loi. ■ 

J'ai dit ^ Monsieur ^ que ces considérations ëtoîent ëminem- 
ment catholiques, parce qu'en effet elles sont inconciliables 
avec le principe fobdamental du protestantisme. L'estimable 
auteur établit que le mariage, dans son essence, n'est point 
un contrat dont la volonté des hommes détermine les con- 
ditions , ce qui suppose qu'il dépend d'une règle supérieure 
k la volonté des hommes , o\x de la loi divine. Hais si , au lieu 
de recevoir la loi divine par la voie catholique d'autorité^ cha^v^ 
individu devoit , suivant le principe protestant ^ déterminer ^ 
d'après son jugement particulier , les enseignements et les pré- 
ceptes divins , ne détermineroit-il pas , à plus forte raison , les 



(117 ) 

<e(àdîtk>B0da'niikrîage?(^teshhp1e obserratiott mé pourvoit 
aussi servir h expliquer pcmrqaoi Fopuixon qui âttk%de aux gou^ 
▼oHémétita y c'esf-à'-dire à la Tolbnté dés hommes ^ùn pouvoir 
réel sur l'essence^ du mariage /s'est introduite dans les ëcrits de 
quelques diéolo^ens françoîs , à-peu-près à la même époque 
où le principe du jugement privé pënétroit dans la pbMosopIiie 
scolastique. Peut-être un jour 'je reviendrai sûr ce sujet, si 
vous n'aitnez mieux le. traiter vous-même. Toutes les erreurs se 
tiennent , et cette liaison même est une des vérités qu^il importe 
le plus de bien constater* 

Je suis , etc. 



< 3 < I < , . 



• < • • • 



.. . iii ! j . ; '■ I . 
QD^QUES UiFLEXIONS A PROPOS d'uN DISCOURS. 

m • » 

Le Mémorial ne s*occùpè guère, de fa politique qui occupe 
tant de. monde , et surtout de cette politique étroite p\. subal- 
terne, qui paroît si grande et si élevi^é à ceux qui en font bu qui 
en feûtiËiîre. Nous écoulons donc peu , et nous répétons encore 
htoins ces* longues et innombrables paroles^ q\ie$ parlementaires j 
une la Province vient, chaque année, débiter à Paris j et malheur 
reuaement insensible^ k ce 'genre d^éloqûence, nous laissons nos 
doctes hommes d'état employer doucement leurs /loisirs à dis- 
cuter ertttè eut , pour savoir , par exemple , ^ un ejoahien est 
une erUfuéte^ ou si une enàiiAe est un exâmeV^. Sans doute crue, 
gr'alDBùâ^àïèttifeàti cela est' très-âgréabje k savqir^ mais pour 
une société qui ^se 'dissout et qui tombée, cette question, et 
d'autre^ delknîêniie espèce; *ne libus parôi^ent pouji-tant pas 
d'un intérêt assez urgent', ni d'une nécessité .assez évidente , 
pour en- entretenir nos lecteurs ; è\ nous, pensons , qu'au temps 
où i^otts Vltdos. flyàd^âùtres chx>ses dont il peut être encore 
plus opportuhae s occuper. .. . ^ . 

Néanmoins, parmi tant de sons oiseux-, il s en échappe parfois 

9 9 



{ll& ) 

iî!^?!H'*^*"^*¥ fli*?* ^P%^^ *'^WP*HW> «W^i^rite bKiiil.4n'ik 
qii'ilç prodaiseotyÇ^t^pus/çiS^^lf^i^^ yri^/qv^mtm ^fior 

«uau ^iiicîçi Çtt'eUç Si'asw^d^^ la Mom 

des hominçjj|iiou^ ^t aiiiïB.li»4j9ef^t qnp 1^ l^^^git'ib oiut 
choisie. il«niii)s iiap; J^ «yQ»f »^plaiidi vm ppirf^e h** ffila •«»* 
qu'elle arriyoit de la droite, comme ian^a^ ^<H)4 lii'VflEi^Qi^^oiii- 
baUtt une par cela seul qu'elle venôit de la gauche s uo^e opi- 
nion ne tiestpas à une Banquette. Noos trouvons inauTaîa par- 
tout y ce qui est inaurais^ et nous reconnoisiooa pour hafxtpar" 
tout y ce qui est bon. 

C'est cette «xacte impartkl^te\qui npiis guidera awjw 
Dans le discours que nous signalons ici , nous lisons que « si, 
» en Fronce^ jUu» deux pçuple^ da;is .H.Q^^ip«jgj4^^i)^ 

> trouWe.^et dle,^^^^ d^lif», J^aftfiijlwi^rcfir i» 

» despotisme <:V?>?a«•f^ie.^^ ?%i?.f^ ?,^ w'<#ÏW«»^tj^^ 
• Sf ns et U râisoi^ j;^ des fantpm^, Jijidçu;^: nç^jp^ ^e j^^ii^pi^ 
ji di5s rant^ines r ,;ÇettQ rfivoluti.Qij,, où doufC^-^UerZ^^iydlM^I^ 



P'rt^'W' 



» France..... tV»^"»».*^ '^f'^?'j%^ "Of ^?0R««^ !?<»;b«bita4e« 
» bwnveînaînt^ et.poiies^ ont rapi^^^ M»*é» 

de se haïr..... Et <ji*? ^«fai-jp ÇaGn, le i:o^«i,i«f|K.«M4^f!nn 




» r<?voluaon politiuup ie h Fiancc'^qaii.éra iiaissj^nçe.V.be»»- 

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f "9 5 

» .cot^p-deparAlspotàtiques'. MhiœWpourcelarmitme tpièaolre 

» gouv«rnei^eiU Joom c^OTien t » qti il est le toul qui nttii Mie , 

» pavce çu^U est kû*ii>£ii^ compo^ de dÎTetvcs forme» de gou • 

» irernemetit ^ eé •qiae cbmruo j retrouTe quelque chose de $on 

^ » sy»titoe ««V, MftÎAteneat > ' «que^quelques^as penclieiit ^ers <e 

» rëpublkanilme ^ que' d'autres ^ partisans du gouverncinent 

. » absolu , en rivent les tr»u<pHlle9 ^oisçeurs y telles , par exein* 

» fde^«iK)iiks^oàle»e«cèth<Mi)iéiitV en* Espagne': y a t-il de 

. » quoi si fiHit t'en aWii^r ? etc. etc... s (jtf /ayî» ifu ditKbun , 

^^cff CKpfkUmdiismment^éckiUM à lafns hz Tocxifts lcs tJLft^iËS i^e 

la saUcf H l'^rtUeur r^ùù , en d^cctéJâuU de la tribanm ^ (Tuwi'^ 

mmefiféliciuaMon»*) 

.Hcms'lerépéCQas^ ^i ^o/ht» iie coiisidénons kt qde l'0|»nion 
peraonmetle d'an liomme^ nous n'y donnerions pqs la plus lé- 
gère atieniîoné, II iaudroit ^ dans os siècle de folie /être -ettcore 
plus fpu que leetéde ^ petit s'étonner de ce qu'un homme pent 
. MtCf quoiqu'il dise. Cn cousidéraut l'^t cdmplèt d^anarehiè où 
la vms^lwivmntàébi pi^Àûpileeparla révoiteet par lédespo- 
. ti^me des^sispfui individiieneB f on r i^capstulànt tout ee qui a été 
: peusé ) mit » isuprîmé » dit eft r^té d'ibsuidedéptiis quinse 
. 9a»> ^ un ^sokidftiit la p rofisMèekie de £t Teste chaos moé-al , où 
.. ^ujud^eif^im^ deeoltîscs ^ d'^éxtravt^anoes sont entanéeé pèle* 
miihrt^ où'vienneue châMpie jemr s'anioneeter dés ettiràtagan* 
Q^.> des«4ottîses et des jesreuvB* nouvelles) qui poiirroit encore 
âU^surpris elde ce qn'sl^&tendêt de ee qu'il vëit? Et, eu effet, 
. quand: une ^èciétéâeïpavtifege es mille palftis';' quand chaque 
. jpanti ^isitbdÎYJsé en miUê opinions f quand j dans chaque opt- 
, im^>«bai|iie înflividsie'iÉolaàl /encore^ lui^Mémé, et Isat , à 
aesa gré.^ aueAM « unumAcile r ^tte po^kyùe^ ^ui lâ^esïtà fol , 
il iimmiu^lafkblki^i^fMiikttMj^ 

«me.fangw propce ^ expiscikioB dé^s^lMIpire pen#e , et la con- 
fusion de cette seconde Babel est la répétition t$Hile naturelle du 
désordre de la preinière. 
- Aiusi donc y qu'au moraentoù les peHis^ se pré|mtunt à leur 

9' 



( »2Ô ) 

«tlen^er combat , convoitent dé]h la société comme une prdie 
qui leur est promise , un homme vienne nous dire cpie , si , en 
France ^ ily eut deux peuples d<ms un même peuple , ils se sont 

^doimé ie signe de paix y c'est une opinion indii^iduelle assuré- 
ment trèsTiniiocente. Qu'à la vue de ces partis prêts à s'entre-dét 
>chirer, auxquels la révolution adonné naissance y un homme se 
réjouisse j et félicite sQfi pays de cette heureuse ressemblance 
«vec l'Angleterre, et qu'au lieu de l'vifiTB , antique bsse de tout 
pouvoir, il recommande préèisément à notre admiration la 
DiVBRSiTÉ des formes de noire gouvernement , te seul qui nous 
ailley parce que chcicuny retrouve quelque chose de son système; 
c'est une approbation isolée qui ne tire pas à conséquence (t). Que 
djéineAtant là sagesse divine et'la raison humaine » qui ont una- 
nimement «proclamé que le seul besoin des peuples , c'est la reli- 
gion^ U Justice , l'ordre et le repoâ, «n homme déclare qu'il 
est des temps ou les peuples oirr besoiit d'ak^bcbib j et d'autres 
temps où iU.nùnt besoin que de raison; c'est un nouvel aperçu 
historique qui appartient en propre à son auteur. QaSgnorant 
ou oubliant que le feu et l'eau, le jour et la nuit, le Ciel et l'en- 
fer ne sont pas plus irréconciliables que l'esprit monarchique et 
Tesprit révolutionnaire, ua homme se persuade que le roya- 

, lisme est devenu libéral, et que te libéralisme est devenu m&jtar- 

. chique ; c'est l'expression d'un sentiment intime qui n'offense 
personne. Qu'à la vue de cet amas de pamphlets, de libelles > 
dégoûtant d'injures et de calonmies , qu'à l'aspect de ces procès 
scandaleux , .de ces.. plaidoiries diffiimatoires qui font rougir le 
public qui les éco.utecommeles niagistratscfui les yugent; qu'siu 
sein même d'une m^embliée^ où les démeniis les plus grossiers , 
les inCerpdlatio^s les plus oairagdkntes sont maintenant comme 
à l'ordre du'}Quc9 uiii kommtfiadnrH^quei'ivrièiqfiV 
nos maaurSf fiqs hé^^itudes ùiénveitiantes et polies ont rapproàhc 

(i) Cette satisfaisante //iv^mfé'com prend sans doute le protestant et le ré- 
publicain, le janséniste et le doctrinaire» le gallican et le sceptique, le déiste 
içtleconsJitutioQnei, rathèeetleiâoobid. - - 



( >24. •) 

dws kpmntésjatigwfs de se hoir , ce n'est qu'une polkes6« pemon* 
nelie de l'orateur pout son auditoii^. Enfin', qu'en présence de 
la révolution' la plus imminente qui fut jamais, alors qu'elle 
marche tête levée ,. affiche ses projets, nomme ^és chefe, publie 
9€^ manifestes , et d'avancQ déjà commaiide , menace ^ proscrit^ 
un homme n'aperçoive dans tout cela que des faniémes kideux^ 
qui noffiis(fiient point son sens et sa raison, et qu'il -s'écrie naïve- 
ment : On parle de révolution : cette révolution^ ^it donc est-elle 7 
et qu'il ajoute pour se rassurer : la charte a tué le monstre y 
quand le monstre , que la charte a tué ,.,n'en rugit que plus fort 
et ne s'en porte que mieux -, tout cela , quelque extraordinaire- 
qu'il paroisse d'ahord, tout cela, redisons-le encote , nest au- 
jourd'hui qu'une tnanière particulière de voir, ou^ si l'on veut, 
dis ne pas voir, contre laquelle il.n!j a rien à dire. . 

Mais quand ces opinions individuelles obtiennent ^un>assen- 
timent général, et que, par cela même, elles 4;Hangeat de 
caractère 5 quand toute une assemblée , dontponrtant los mem^ 
bres les plus jeunes ont au moin$ quarante ans , trouve una- 
nimement que cela est beau , vrai, sensé , judicieux ^ quand 
pas une seule voix ne s'élève pour piptester, et que les uns par 
leurs acclamations ,. les autres par leur silence, approuvent, 
adoptent de telles paroles ,/et proclament ainsi que la pensée 
d'un seul est aussi la pensée de tous ^ alors ce phénomène mérite 
attention , et tout écrivain qui a conservé le sens commun 
peut y trouver , pour ses lecteurs et pour lui-même, une source 
féconde d'instruction. 

Effectivement ,. un pareil fait en dit plus que tons les raison- 
nements. Il nous dit où nous en sommes, et où bientôt nous 'en 
sferons. Il met en lumière , pour les moins clairvoyants , l'état 
. e la société , et donne la juste mesure de ceux qui la condui- 
s nt. En se rappelant les paroles' qu'ils ont jugées être raison- 
nables, justes et sages , on devine sans peine ce que sera leur, 
raison , leur justice , leur sagesse ; et en apprenant d'eux-mêmes 



( »a^ ) 

ce qae c'est que k Bien céftkn^ ilt Tenteli^dt ^ du saril aHà^iSt^ 
ce que ie'eèt que h jBiéi» comme ils le fièroiH. 

Nôu» cf!<^jon8 en avoir dit assea pour «ppeler" l'àéteflrlîôn âe 
no» kcteurs dar detpaiok» que ^ suîtatlt l'heureuse expression 
d'IuD bonime supérieur , on peut appeler irahêparéntes , et à" 
tratiers lesqiMJks oa Toit d^^ le^ ëvesements. CepeildanC non» 
ne pooTons terminer ces réflexions, sans relever la dernière 
pUsase que nous avons citée plus liant y et sans noiis étonner 
que personne encore h'en ait fait fustiee. 

Nous vouions parler, de èette amère déristonr attr hrs 
tfunéfUitle» doueéUr» du gùia^rhement absob$ , . qu'wi goûte tn ' 
ce mometu eri Espagne. Railfer un Prince mallienreux > à peine 
sorti desf fers de ses sujets riebelles' , tt encore écrasé da poids 
plus pesant de la protection dcf ses alliés; railler un Prince, qui 
a su quitter )e repos de son palais pour aller, , ctnnme on pére^ 
clt^sal]raser et i^menerse» enfants égaré» y et dont le voyage pa- 
cificatéuT"renipliirà.Qtte des belles pàger de l'histoira deS' Roir; 
s'égèjar sur* les ttnnqidlles' datteeurs que goûte un peupk qnr , * 
se«l etsaot appui ^^e débat arec le courage de la foi et l'intré- ' 
pf diké de Fespéi^ant^ conttis les doctrines et les armes d'un siéde ^ 
incr^nlè tt impie ^ un peuple épttbé de sasg y &or^y et ée sa- 
crifices offert» à son Dieu et à son Bol;, et qui y diaque jour ^ 
trouve encoi^'du sang y de Tor ^ et des sacrifices à offirlr à son 
Roi et à son Dieu; prendre^un tel Pirtncè'et un tel peuple p6ur 
sujets de s^s moqueries , c'est, il nou^ semble y passer toutes 
les bornes, manquer à toutes les convaiances , même ^é^r/e^ 
metaaires t ou, du nibins^ c^est violer d autres lois , non écrites » 
il e^t vrai , mais jadis profondémeiit gratées dans tous les cœurs ' 
français ! ' 

Ah ! sknâ doute , Tï^pagne est agitée; l*Espagne Souffre et gé- 
n\\i ; et les càtbôliqueÀ et le» royaliste» de tous les pays doivent 
eii giiiiir et en sbufi'ir'pbur eUe. Elle' n'a pas ce vaste crédit 
dont 'nbu& nous taûtons tant y ces superbes manufactures dont 



( »^3 ) 

wtÊttaeA si flérs ; iott Rel ttë jôtiR pas dei coiiseik iè deux 
assemblées riches en lumières comme les nôtres i if eherche , 
emmîÈe êiSè Aniêir^y t&tittB sc^ forces eh IKetf. Nous ignorons 
s*il lui en sera donné assez, poui' triompher des obstacles qu^ûn 
liiî oppMé ëi t^ncre léa^ etitiCMiis qti^on lu! suscite. Hais si , 
épuisé d'efforts et de combats , il strecombe comme f^ Lion de 
la FaMe^ Ce n'est pa»! un Fcaâçai^ h lui donner le dernier 
coup de piedi^ 

' ■ * • i . • ^ • 

■'. ... •♦ •>« r . y^ 



4 » 



LE OltCHEXAR DU SOLITAIRE*. 

tiiioii., ^ ' 

Moi, DanieT; tisde Barthélemjr, fîls dé Michel, ra»>654fr de 
fa période Julienne ;; si58i de la foinlation de- Rome ^ ^Sy^^ée 
f époque de Nabonassar ^t i&aS de l'ière chréiteimé^ le tià*. j^ur 
descalendes de mars (i), à 11 hearesSg minut^du^soir^^aprèr, 
AYoir hi h circulaire d'un Ministre et .^ing^^sept lignes dmAh»^ 
mieur , je m'endormis profondément. 

£t je vis un grand édifice r^uipU d'homme? » an femmes ytt 
d'enfants do tout âge et de toute copditioi^tf- 

Et les nns/chantpient et dansaient |. et 1^ au|rea buvoieiit et-, 
mangeoient j et tous étoient dans la joie. 

Et une gcande foule se pressoir automtdte^Tédîficeveideman* 
doit à entrer pour chanter,, danser j^ bo»e et inHiAger mrec k» 
autres. 

Et je vis aussi un nombre considérable dé jpuecir^ A'iostco» 
ments ^î jot^oient des airs de fêtes potMr les divertir. 

Et les femmes dansoient cointiie des, ^iLiàpl^y^% In hommea 



(1) 19 février. 






("4) 

elianloieateomme des femmes y ^t les enfants s'enitroieiit comme' 
des hommes ^ ' " 

Et ils répétoient en chœur : Gloire au siècle l homteur à la 
richesse l hommags au plaisir! 

Et j'en vis un parmi' eux , qui ne rioit et n^ dhant<ntpas> 
niais qui excitoit le^ autres <à chan^r et à rire. - r - 

Et celui qui ne dianloit et ne rioit pas s^mUoit être le mattre 
et le chef de ceux qui rioîent et qui chantoient. 

Et }e vis qu'il avoit un masque mobile qiii ressembloit à un 
visage. 

Et il paroîssoit méditer profondément. Etit tourn#it souvent 
les yeux vers un cadran , comme s'il attendoit une heure* 

Et il marmuroit en lui-même avec une pie sombre : CeIa va 



B1£S! 



Et voilà qu'un tonnerre lointain se fit entendre f et l'homme 
qui ne chantoit et ne ripit pas , en fut troublé ^ et plusieurs de 
ceux l}ui chantoient et qui rioîent s'arrétèreut , et dirent : « // 
» tonne, » 

*'Et les autres dii*ent : • // ne tonne pas ï c'est le bruit des. 
» înstrtimentstjuHls prennent pour le tonnerre, » Et l'on continua 
di& rire 'et de chanter. 

Et l'homme qui ne rioit et ne chantoît pas , vit cela , et il 
murmura en lui-mêrae avec une joie sombre : Cela va. biev. ' 

ït chaque fois qu'il disoit : Cela va bien , il grandissoit^ et 
l'heure avançoit sur le cadran. 

Et tout-à coup 9 au mitiea dé Ta fête , Te pied gfîssa à un homme 
puissant , et il tomba. 

* Et tont le monde se mit à rire de l*homme tombé. 
^ Et je vis qu^it rioit de ceux qui ribient de lui 5 car , aussitôt, 
sept hommes le relevèrent, l'emportèrent, et revinrent sç 
mettre à sa place. 

Etj en révéïlant, chacun des sept hommes avoit sur safigoxe 
un des traits^ de l%omme tombé. Et cependant ceux qui les regar^ 
doient ne s'en apercevoient prfs. 



{ ia5 ) 

. ,.£^rho9ime qui ne rioit et ne chantoît pas s en apëi*çat , et il 
maTmara en lui-meme^ayeç une joie sombre : Cela yâ biev. 

£t cependant, il grandissoit, et rheure avançoit sur le cadran. 

Et alors y je vis des ëclairs qui sillonnoient le ciel et pénë- 

troient à travers, les^ ouvertures de l'ëdiâce. Et cejix qui avolent 

dit: Jl tonne, en furent ëblouis-; et l'homime qui ne rioit et 

ne<IiaiUoit pad y baissa la tête. 

Et ceux qui avoient liit : Jlne tonne pas y dirent alors : « Ce 
» ne sowt pas des ëclairt } c'est l'éclat des flambeaux et la lueur 
•h des Jeux de joie, » Et l'on continua de rite et de chanter. 

Et l'homme qui ne rioit et ne chantoit pas, vitxéla, et il 
murmura en lui-même avec une joie sombre : Cei^ va bieh. 
, Et cependant^' il grandissoit , et l'heure avançoit sur le cadran. 

Et je vis qu'il y avoit » au centre de l'édifice , comme un sanc- 
tuaire #ù l'on entroit par des portiques d'opale « de rubis , et de 
saphir. 

Et'lepiemier portique étoit gardé par une courtisane 5 et 
ceux-là seuls qu'elle reconnoissoit , entroient. 
^ Et te second portique étoit gardé par un courtisMi 5 et ceux>« 
là seuls quil reconnoissoit 5 entroient. 

Et le troisième portique étoit gardé par un trafiquant ; et 
ceux-là seuls qu'il reconnoissoit 9 entroient. 

Et je vis 9 derrière le sanctuaire , une quati*ième povte obs- 
cure et basse 5 où l'on n'entroit qu'à genoux et en priant. Et 
plusieurs, qui ne croyoient pas en Dieu , entrèrent par là. E^ , 
en entrant^ ils chantoient des hymnes et des cantiques. 

Et voici que le tonnerre et les éclairs recomniencèrent , ac- 
compagnés d'une grêle bruyante et d'un.venf^ impétueux. Et 
Mne voix du ciel éclata comme la foudre et fit enlentdi^ ces 
paroles ; Malheur a voits qui chantez et qui dansez sur un 

ABÎME ! 

. Et ceux que les éclairs avoient éblouis et qui avoient dit : // 
tçtmff prêtèrent l'oreille et dirent :.« JÉcoutons la voix. » Et 
l'homme qui ne rioit et ne chantoit pas, commença de trembler. 



( "« ) 

El les anlrtfs^Ur^fiC : j^ Ce n*eft ptu unp ¥oim ; Jeêê' ié 
1^ de la gréée gui tombe et le sifflement dn wevU qui p^t^i «'Bit 
r<Mi coDtîaiMidi^.rireeié6eliaftter, . • r s 

Et rboimne qui b« rioit «t i^e chanloit fm^ ^{tfiêàtf é% it 
muMiifira en Inirmime avee ùBa foie wcMttàate r. Caiii ^k wè»* 

Et eependanii ilf iwiidlssoit» et rbeoréjmtnçaill %m l^caévàn; 

Et je via y au mnieu. du sanctuaire <)à l'on wt»^ p^r ttofa^ 
portiques et «m porte bass»^ qu'il j a^ekh» wmf%^T-0i^kMa&^ 
de tréne^ oÀsept hommcsitftoiâDtAsiîs^ 

Et 9 parmi ces sept boifmes , il y en a^ok nn qnl i^'aiFcrit 
qn'uti. bras f. , qujoiie - jambe et qu'ail edil y patee qu'en FaVeit 
feodn ^n deux, « 

Et qooiqti'on Feèt fendo en Aewi ^ «i qii*ll n'eût qtf*tt0 brefs ,. 
qu'une janbeetqo'ttn œil ^ je ti» qn'îl ti^tcrfirplM mains, con- 
tent que èeux qu» avoient J^ns buaf^d^uoctaiulrés et demu 
yeux. 

Et eela me parntadxiir^QÎle. 

Et je vis qu'on ae pa^cîpitcrit ifeni oss sept béfnmes^»' parce* 
qu'ils dafnnoient àk -. l'argent eS^ de Hem à ceux iqui tenoinnt se 
vendre à eux. . . ♦ 

Et ceux k qui on nedonnoit que de langent étoieMenViémc 
de ceux & qui on donnoit do For ; et ^Éennt* h' qm >«ti èfbxuûéiSk^è.^ 
Tôt déskaî^oîent «senx il qai on ne d)0«noit qtte< dê^Ksârgettt : €t 
tons'èomépfisoîent les juta les antres* • ' 

Et je vis capendaiat qii'i)a mangeoievt ^ Ifktvoieift i dansotent< 
et chantoîenaensoniblei 

Etalor», le tonnerre éielata de ttei»v«»ii> et là «ohi du -cieP 
répéta s c ItALannn ▲ fooav fiie» oaairmB^st Qtri muisas sim 
» im AitsiBi MiLHtvK il Toufl S It' plsMionTs MgâirièireiîC ea 
liant; etl'luMiiineqnifiertoiit'et necbantoît pny fMBotlik phae^ 
fort; • 

Et il jeita un^oup-d'csil aux musicians v cfoi ftrefil'ini' jfrand 
bruit avec leaii» ioslriMttent»9' defavon^qu^Us'COttfHMftf la ^roîx 
du cicL 



(1517 ) 

£t fl« »# lenfiwWt yl^< ; et l'on coftânoa ait rkc «t de 
dianter* 

EAVbttmvoÊe^im» rlok«f|iie çfa^mtokpai, VH oda» et il 
iiMuralMraiMLhii-iaéjaeravec «ae \oïe •paibre i Cmva ta nnr* 

Et ^efemdhMf ilgraadÎMeit^ et rkei|feftyMMçbit«ar le caihii». 

Et alors 9 je tU que plusieurs de ces» à qm ka sept hommes 
dettaoîest à» Tasgeiit et de l'of ^ petdoieot la> vue^ 4'a«Ci«s 
Tpaie,, d'cnitUeirla voix» ettoos la méniMrd ^ 

Et ils ne reoomiQtssoseiit fdtts le«n ancieflaes pàrokaet leurs 
aacieaia-aaiis.'' /.,..., 

Et ké aefA ho»»» direM & ce» q» .meirt pndu h Tu« , 
(le sttffvesHer ristérieur oe VéàkBct ^ et k oeux qui «voieM plwdhs 
roaïe> âeleur raj^orter ce qu'on disoit en dehors s car iesse^ 
hommes TOuioîeAt.ooiiiioStra la tîériltf^ •• ^ 

El je Tb anssi eeus. qui «rokat^me de leccr oir de Vos et de 
Vdtgcntf qui saluoient et Ssliâtoient ceux qaie» avoient Yeçu. 

Et l'entendis ceux-ci qui répondoient : « Nous tw^ Vairon» 
» poAJtmmèdé^Fbuéf^dmpeii^l^'sealnQmsl'u/akmcéepkin^ 

Et eattttkie ils alloiest boire, manget , ehaoter et danser. 

Et alors^ pour la troisième fois , la voix du ciel se fit entendis 
tlriisti'oyage y iA elle répéta t • « ^èdMOStk ^ MJABXOlb k, Torqa qvi 

Elipliisie^rs.d^èiiw <^t.^antoMat et<qut;yimnlt.de¥i^ 
sérieux; et ik dirent : « Çiiî 4sm/o park.aiuêi?^^ Et Thommei 
quîji^ irioit et ne chaoleit pat , chancda auv ses pieds* • • 

Et les autres dirent : s C'esi uns voix du dehofnf c*^st un cih 
B vi0uxr.dt^m$ rkhcssos- et d» nes^ plaism ^ ifui^ orh potur Hou9 
» ^ra^tPà s Efe Von. continua de rire et de cfaaatsr. 

£t l'homme^quî im vrioit et n« ehanlotl paa» ytk c^^.et 11 
ttnwHKura e» hiî-même avec une joie, sombra ; Gei«a ta bien. 

Et cependant, il grandÎ88oit,.et riiearea^'ançoit sur le cacfan&n. 

Çt alor.s^ je tîs un trôner derrière le comptoir . eu. les sept 
kummesétoient assis > et il nyav^it alorspcisonnc sur ce tièâie. 



( »28 ) 

Et cependaittlog septliomines, après avoir délibéré ehtveeu% ^ 
touchèrent certains ressorts^ et aussitôt le trône parla. 

Et je n'entendis. pa$ ce que lé trône disoit ;; mais j'entendis 
à ma droite et à ma gauche , devant et derrière moi , éclater 
des transports de joie, parce que le trône avoit parlé, et k cause 
de «e que le trône avoit dit." 

Et je pensai en inbi-même que quand ce trône parloit , c'étoît 
apparemment, pour tous ceux qui rioient et qui ehantoient ^ 
l'annoùce qu'ils chanteroient et qu'ils riroient toujoitrs. 

Et y tout-à-coup , la terre trembla , et une partiede PédiQce 
s'écroula , et. plusieurs de ceux qui ehantoient et qui rioient eu 
furent renversés et écrasés. Et d'autres s'éa^ièrent pleins de 
ixKjevkV t • Fuypnt*yCùr la terre tremble lu 

Et l'homme qui né rioit et ne chantoit pas , frémit dans son 
cœur ..Et il ordonna qu'on apportât cent grandes corbeilles rem- 
plies de fleurs nouvelles , et cent grands vases remplis d'un vin 
délicieux. 

Et il fit jeter les fleurs sur ceuX' qui avoient été renversés ou 
écrasés > et il fit donner aux autres des coupes d'or .pleines de 
vin. ^ \. ..•--, 

Et quand ils eurent jeté ces fleurs , ils ne virent plus eanx 
qui avoient été écrasés bu renversés y et quand ils eurent-bii ee- 
vin , ils n'entendirent plus leurs gémissements. Et ils direntu 
« Ce n'est point la terre qui tremble ; c'est Vis^resse qui fait 
» chanceler nos pas, » Et on continua de rire et de cbanler. 

Et l'homme qui ne rioit et ne chantoit pas, vit cela; et it 
murmura en lui-même avec une joie sombre : Cela va btev. 

Etcependant, il grandissoit, et l'heure avançoit sur le cadran. 

Et alors, j'entendis les sept hommes qui étoient assis au comp- 
toir qui disoient : « Il faut réparer la partie de V édifice qui est 
» tombée près de nous; car le vent qui souffle par la Crèche est 
» brûlant y et il nous incommode, t Et ils appelèrent des archi- 
tectes. 



( »a9 ) 

£11!' en vint nné foulé de droite et de*'gaache. Et l'en cooiptai 
jasqu^à 56o d'un côté , et 43o de Fautre. 

Et ih se mirent d'abord à parler tons ensemble ; et ils parlè- 
rent très-longtemps. Et pendant qu'ils parloient , ils ne travâU- 
loient pas , et la brèche s'agrandissoit. 

Et il y avoit près de là les restes d'un antique édifice , dqnt 
toutes les pierres étoient encore bonnes. 

Et les architectes n'allèrent point prendre de ces pien*es. Maïs 
ils ramassèrent les dâ>ris et ia * poussière 'de celles qui s'étoient 
écroulées , et ils essayèrent de soutenir ce qui tbmboit avec ce 
qiû étoit tombé. 

Et quand ils eurent réuni et relevé cette poussière et ces de- 
bris f ils les recouvrirent de larges feuilles de papier. 

£( alors ils Vécriëcent : « Nous avonstesUturër édifice ! sa base 
n est inébranlable J sa durée sera éternelle t » 

Et les sept botnmes qui étoient assis ati'comptoir , répétèrent 
avec les architecte» : nNous aifons reHaiiréVédifice ! iàbase est 
n inébranlable ! sa duféé sera é terne Ih^ • '' 
^Ëttou«ceux qui chantoient et qtri tioSebt , qui bUvoie^t et 
(ui mangeoient , répétèrent avec les architectes et avec lès sé{>t 
oonAtoes : « On a restauré l'édificel sa base est ihébrafUàbte ! sa 
» durée ÊêPa éternelle 1 1^ 

Ef coname ibdisciem cela , l'édilice' tout entier s'écrouh ; et 
des voix douloureuses s'élevèrent de toutes parts sous ses ruiii^. 

Et au même instant, le cadratt marqua une heure ; er^tte 
heure .sonna ; et l'honime (]ui ne tioit et ne chantoit pas , se mit 
alors à rire y«t il ne murmura plus ett lài-tnême y mats il' cria 
d*uiie Toix forte : Cela vabies. Et iPderint'kaut comme un 
colosse. 

Et son masque tdéiba , et je vis son visage, i 

Et seà yeux étoient ardents comme lliîi^in dans la foàrnaiseV et 
sou regard briltloît comme la flamme. Sa bouche écumoit et de- 
mandoit du sang ^ etilrespiroitcortimé un tigre. '' 



Ei fe Tîê 4^^ ^*<'° '^"^^ ^^'^ mavqutt •d^iti'sçêau ; et fitr ce 
sc^u ëtoit empreint le HMubre i9« ' * 

£t sa nlftia ^achetenoitab ëijBndavdt o& , A^t^ tM i ^toit 
écrite nivoLTBt et dsTaétoe : «tfâvr. ' 

Et sa main droite tenait «n glaire ; et sur ce glaire ^étoiléorit : 

GUEARB AirX AOl» ! ElUIB à BIEV I 

Et il se mit à marcher ; 9t il écraiAkeeux qui aroieiit ri et qui 
aroiffit cbafité } eidet flois de faMg jaiUisaoient sous tes piads. 

Et ce sang d^ittt nn grand lac qui couvroit tout le sol de 
rédîfice; et piiiaUe'élefk comme la mer qaand'êlie monte* 

Et ce sang monta ainsi josqu'a ce qpe le colosse fût eftboîre 
sanssebaisser% ' 

Etilenbtft* 

Et quand il en e«t tm selon sa «oîf , il chancela, et il fiomba 
lui-même dans le lac de sang» 

Et il sVlera une rapeur rouge cpaobtcnvcit le jour; et il y 
eut 4ei cris , des soupirs «t des sanglote , et «ne grande co«fo&ion 
de voix qui se lamentdient, 

•£taV)l^» je ris k Urarers la vnpedr rovge, une femiéé b|ll- 
lante comipe le so}eil , qni s^ëleroit mvt ùa mtaged'or. 

' l^^jhtr^i^, étojt ceint d'un^trijj^ cOiiMHM)e,.et douce étoiles 
entouroient sa tête. » \ , ^ 

.Ç|;fl!M^^ xv^ain^lç te^noU.^^ne^ci'oU., etjfe l!a«treikt déê^ et 
ses pi^ fijM^Unt des f^h^îne^ »^cu|ip«ies.Qtdes.gblres hrisifii» 

J^t i;lleit/>it^ev4^ d'ui^f titniqueManclie temtee «se jeune 
ëp wse^^ et fïan mfinte^u de poijvpre KfmmÀ Wtt ^Hart^it. . 

, Bt eïLe'3Tt>mesyev^ fLVnévîcjrgeAtle:regatd.d'}uieméret 
..,'S'p /çep^n^^ QUe|>lK!ttroit; e( jç viseos forie^ 4andier ibtf»)e 
lac de sang. • 

Et elle redit poi^jr ]j% ^^ni^e' fois '^.MisStMMMm. a .toOs^ qui 

j^t^ç visj^çs çp^s PHiMrtrîf d4 ceux <|tii.aTtàîént èboni^ et qui 
aroient daos^ « reni^t^ |i Ja .8f|r£iee4i^ lac ie sang. 



fyiUr^vMQi'liiAê^ feiih dirent: if MaUdiciùm à fa 
WMJC quinouê-à crié ; Malheub ! c'est elle qui est cause de notre 
perte ! Malédictiofi à la voioe ûuinaus a*çpi'é :ldxhHkVM. ! 

Ex ils di^pai-iireiU dans Vfibime arec le tdome. 

^ U-feimp[i0 eouix>onéé entra dans le ciol avtsc la or#ix. 

' Etmoiy je m'éveillai.^... 

, LecpmteO'MiLBOJiY. 



r— ' — 

Nous reiàdront compte , dans le prochain |iu|nérp# du bel 
ouvrage die M. ïtaureutie , ihtitùM : De Vélude et de rensci- 
^ntrtitnl des Lettres. Le prix de ce volume est de 6 fr. , et non 
de 5 fr. , comme nous l'avions annoncé par errëwr , et i fr. 5o c. 
par la poste. Chez Méquîgnon-Junior^ rue des Grands-Augus* 
i\m ; n". 9. 

• ' * BULnETjif BtBtlbi^BiAPHIQtE^. 

• / • • ' 

& D. N. BEncniCTt XIT poirr. max. Bi7i.lakium, Halibes, i8a6 , 
1837 e^ i:8a3t i3 vpL '^^S"". hr*^ prix 4e^G]^H<9. y^» t 4f>'- 
A Paris f cUe? Méquignçn^Jwior y rm d^s Grand^-yfc^gu^Uns, 

Le Bullaîre de Benoît XIV intéresse tout-à^la-foîs , et par le 
nom de son auteur^ et par la variété des sujets y et par la sage<$se 
des déasion$« On jr passe. tour-Si>t6ur de la Hollande an mont 
Libail y de l'Angleterre à la Qiîne^ de r^iY^^rlqiie en Pologne. 
Ici le grand Pontife donne un patriarche a la nation des Maro* 
nites; ià il pjrescrit aux catfaoTiaues de la Turcjuie les réglées à 
suiyiretottdkant te maHage civil :' tantôt il pourvoit a la liberté 
e^ à Ia,^ûreté des ^diens da Qrésil 5. tantôt il ac<;orde au roi de 
Portugal le titre de très-fidèle : là, il fpnde des mipions dansl^ 
royaumes du grand Thibèt; plus Ipîn il déçr<ète1^ hpnnéurs de 
l'ËgUse à celtn tfin a pratique les vertus* les plus Humolés. On j 
voit la doctrine d^HliHliiAt Sdiége . S91: ]dttsietm m^isms i^t^wr- 
tantes* comme 4i? savoir si le. mariage d'un M\miM converti est 
dissous par le rçins que fait son conjomt^ dein^r^e infidèle , 
d'habiter airéc liii. Kous avioW commencé' i lire lé recueil tout 
entier pour faire part à nos lecteurs de ce qui nous auroit frappé 



( v3« ,) 

davantage ; mais tout nous y a para tellement int^easant et cu-> 
rieuXy soit par Tinipor tance des que^tioâs, soit par la sagesse» la 
prudence et là mesure avec laquefle elles sont décidées^ qu^I ilbus 
a été comme impossible de £311*6 un clioix , et que nous ne pou- 
vons qu'engager MM", les ecclésiastîqaes'à se procurée une collec- 
tion aussi précieiise |. dont au reste Texëeutioa tjpograjptlnque 

£iit beaucoup d'honneur aux presses de M. Hanicq de Malines. 

/• • •■ 

CôNSiDÉRATioKs SUR LA PASSION DE N.-S. J.-G.; par M. de La 
Luzerne, ancien ërêque de Langres. 1 vol. in-S". Paris^ 1827. 
Chez le mei^ie libraire. 

Le Çope civil commenta dans. Ses rapports àveg la théologie 
MORALE y OU Notes sup Ic Code civil tant pour le for intérieur 

'que pour le for extérieur ; par un professeur oe théoloeie. 
Un vol. in- 18; prix : aT^fr. 5o c. et 3 fr. par la poste. Chez 
^elin-Mandar et Devaux, rue Saint- André- des- Arcs, Ti*. 55. 

Ces Notes , d'un savant professeur de théologie, reo (Iront un 
service im|>oTtànt à Fétat et à la religion ^ soit en éclairant les 
consciences sur des ~t]uestions décidées par les lois' humaines 
d'une inani^re équivoque ou contraire à Ja Loi divine , «oit en 
contribuant à ramener l'éfude et l'interprétation des lois^ à leurs 

véritables principes. _ ^ : • /• 

•.•••♦. 

' BRBVfARitnf ROMANûii. 4^ôktmesin-i3; papier cfes TVisgfcs , 
p«ix :- |j6*{r.; gt^ànd papier fin d'Annonaj : 17 fr.j papier vélin 
SMperfin : 9a fr. Chez Belin-Mandar et D&vaux , rue Saiiit-A.b- 
drd-des-Arcs , n*. '55. ♦ . • ■ * • . . * 



Breviarium romanum. 4 vpl'uqiés. in-12 ^.papiëi* superhn , 
prix : 18 fr.; papiei: "«éli^ superfin :'3o fv. Chez Ru3and9 rue 
du Pot-do-Fer-Saj|it-Sulpice , n*. 8. .. "/^ . 

ËtreNnes RELIGIEUSES ET MONARCHIQUES . Contenant poiir clici- 
que jour de l année la vie au saint , une anecdote nistonqu^ et 
des sentence religieuses' el'môràles en vers et en proseiX^n vol. 
in- 18 ^ prix : i fr. 5ô c, et 3 fr. par là poste'. Chez Béthuàe, im- 
primeur^ rAe Palatine,, près Saint-Sâlpicé.* ,, ' .r . 



J.l»liu ' 



• • EtRENNES RELIGIEUSES , MORALES ET' INSTRUCTIVES POUR 't' AN 

NÉfe i8a8 , troisième année 5 in-32 -, prix': i5 cent: Lille, Vanac- 
kêre £ls. A Paris, chez MarciHy, rue 'Sâint-Jacqucs^ rt*. m t. 



uto ) 



Dë 8BPTEM ASSEBTlOîflBrS QttAS A GE5ERALI 'pRJEPOSlTO JsSXJl^ 
TARUM P&09CRIPTAS QUIDAM FALsà ASSERUKT , Dl^UClDATIQ^ESi 

à vettri philosophiœ Professore Societath /çsi^^ 

» 

In rccondilioribiu rebuf «aterUoo04 at olaiD h oûnteste j!«lit|iNB otv- 
tieiil», aeque in proprio lumioe cqlli^at»» plcruiM|aè .«i|t iâkmf aot 
lahem ambigu» eMe ndentnr* TaUs. iAf^dioaè rodkfere tsbint 06piem 
aisertionca ex opeiibns ]P. de La Menaiil jelt Lavrentiè dpnMfanopttMi' 
tlrorom extractaa, U , qoi ha« em^tito nomiiie OTPtMoaîa toci^alb Jasa»* 
ejascjne sab8cri|$tione sobomatât tanquam tQplen.paiMMkna; dîtlwictM» 
à contexta relic(QB oratâonii proponnnt. V^tot hit mgaoîbo» pnsRlU 
U^ nemo decipie(or« ni^ iog^cfl» fO^J» «c knpMÎlai. ' ftqpWMUmut- 
paoïda nng^tim bas asaerliones. 

A^Dia esi s iV^ 4atar aliud çriyKrim pmiMU ptmUtr rnmmu nmMmm 
rifiwimit fM «puMiifvai AoiiiM«ai« Ne bcHs pataéoBmna t^dantug» à«i-» 
madfeite : conaeiuiiun ivumi «sao qi^dan odtanàm geiiaM>, aad >iioi» 
pniiin» im6midtipIe|t8p^^liiiincgil««Kn imfalÎB cxpcm efrMii«*l 
OfNiaeQtieaifft jo^i vnisanaHa al rulÎQ , q| «mflu «sliBriar » «I waawM tell^ 
I9P»« et Ivatiinoninin* ladèqva diâtnr itavtè o^dtonlia éonwMÉtieiM', tf«it 
liilhen«fi«» «Ka ratîonis» f4îa wm^ nifaBr» afia atiiaC» iblitti • allii 
taithnonii* Pr»ter bmno cpiii«fmn»g0Bfminiiin, spacia itttaaa iiiiiUî« 
pticén ^ 4 dureU» ali^^ çMetnqnè eq>of« ygjwjt^ritwinnit neqfoo te 
majna firmiiuqiae «rgnmeatom batt^foM cnMMT-eiiiaa.criAaiiott meikt 
ddiet esaa eyper» ecfoqs* A^^û *iV^ <««; pmatatiwiim p b iié aa ph i an- 
$(|l4 dooMit HeviH^tiUt iS^^t^i A«i«Mcifl9 » Gicwi; Sattaca ^ Pttttar» 
«huai qpî aiin^Gio^qne nuqmw fimaHÉwnM|ntt aa ninMB com w—m t 

tii (i). iDtiçc tar^ qIW piu94A d^HIMItteiili alfae^. wwianali onmliim 
r||]09i » aenaoî ^ te»tîin9ifiQ , qp^^t •! f rit w rt o r. ant jlioa fatterot, Dana 



I . 



(i) ArUtoteljBf co^tf^ipn ^a^ w a);laifliUitil42BtfitaîaBaspiiaipifMi>gMâa«i 
probabiiitatia 9 qu» omniboa probatnr , qusque nomîiie solùm noo re di»* 
erepat à cenaenaQ omninm. 

9 ÏO 



. ( .54 ) 

ipse auctôf naturœ , urscius falli et faliere; nos fallcret, par esse potc^ 
prçpria cujusqae prîvata r^lio'erroriobnoxia,'aut sausu*^ mit tesUnio- 
muio* Aiqui, luquiiuit, propria ctiam cujusqqts nostrûm cvideatîa sire 
rationis, sifc sens&s, sWe tesUmooii, adhibilis oertb <àiuiionU>iis ; pO" 
testasse expers erroria, fidem sibi faciente ipsâ peripicuâUte ac evi- 
dentiâ. Bé8po|idébità,rem distingncndo : potcst esse criteriam expcf« 
erraris eyldenthi cujusqae nostrûm pçopria, ndei^ faciente Âbi îp9& 
perspicuiUte , oonseutî^ute aliorum perspicuitate » non flbniio \ iiod 
ooii#eii|îeiitet oAinind nego. Vel eaim «ujiiflqiie perspicuïfaf ac eti^enUa 
âve rMîoiûs , sire aensûs» «m tésiimonii consentît aiîbrnm eTiddntiië i 
etUim prolbct6ff.Jieefc«it^voprîâ, n<m est prlyaUt ^ consenttCM et 
«liifei3S«tti>.qaocl ivolomiis. ¥et dissentit ; «t est* quidem prbpiia' cttj uïque 
^«îdentiâiL primate; «Bd.eo ipflo qtiod non cotfsentiaè^ u'iHv^rsdli etperti 
orr^riftfjest .no4.<evldtBtia, iB«d Terà aihêiitia ex mediooruuï omBÎùih 
s6Rt«niià; îiee evidentia rationis, sed potiîts mendacîum deli^alîonis. 
IS aataiafaéc.efideiitift, oùm dissentHv lanquam failsa re^etida sif, 
hinc apparet prœcipnum ac summum motirum adlfâsrétadi eviden^sé , 
ciun aliornm «vîileBtla) consentit , in liftc ipiiâ' conc6irdiâ' repairettdnm 
•Isek Qnapf6fiter ntioBi^eiifusqué prt>priib-no muversalt.'êeiJ'pnta'Qft' 
«olttUi 4BQneladum;tnbmtS;Aogâ8lihiis, dùm^ldquoniBiMliti ili'iFàlIô- 
«ipatwrit. « y«rijns toav /neo «mm est , tièè iffîns tfut ittiitt \%^ bmiiîum 
« no9ti»iii ^ qiM»a «I efus eomiMinionem >p«ibtîcè'Toeail, ^t'èrtftilItèi^lÉd- 
amgHri^4s.|i0fr,^ut ftoJigiBa eate hafaere piivatam, n^'privëiirar tfâf.'IVMn 
»ql|isqpi2^.9j^ 9 qnod tu omnibus eftidendùm protydolr;' sibi pwâilt 
» vindicailik :^t^ 8«Hm Tolt ese 4]«od ^oimiittm est, à"c6mm«tid^ôrop«B- 

• lur ad. sua; :hc>e est', à* i^rkalê àd .meitdaèîum. Qtâ 'ôiltoi* loqûîfâr 

• «wftd«m«tt^fd«iaoloqailuf '('7èiîb.'8^.)'(i). » ViideaaMi^'rëlkl'ua; ^ ' 

4oxom l»ae.«aBer(içM»« BédtiNMJmfiikiâin dîaleclicié confitiettur prindptuttt: 
Kkaîfli inoBafiâ ésoieptftratiiMM^^^ogÉllio^^^ 

môtè ipittstunifear , qu» «at iOfigé^i- primum piinciphtm ;'^ quasi cipél 
^giHiMsntatiQiiis, qu»Te Iraiîioeîiiifttdd «alisfs cogbitloii^ jpïtrit' certes '^•'qtne 
dnbiiBi foîaae yidebaâtar. Argnmentatio enfan ex Cieei'otik et ArîilfOtéiSs 
sentcntia est,, quâ rébus certes effîciuntur, qu» fuerant dttbise. Atqui 
luBC ceita primana et quasi princep» aUoram in demonstrafione^ac 

* 4 • 

(i) Gonfeas. I* 3 , c. a5. 



( 1 35 ) 

itrgtuiMlitatione , ot Teluti païens oognilio, non nitUar demoiiMriitioiiB 
rationis prîvatae , errori obno:(îœ ; nçifac cnim essot primiiiii pfinciT 
plaiD demoRstrationls > 9i îpânin ^pipque demonstrari dutieret» ; iiel|iie 
ad alias YCiitatçt deqaonstranda» Taleret; aed fîde solà, qnae ailhibetiir 
aacloriUti^ Loniiiiiiiiiqae oonsensm, qui est tox, iMscia £aUi, «piiilB 
anctorîs papajc^ Dei. Soja ^plocfideaadhibîia a«iol«ritatl seusas oàtans 
apnuiniiQiSft Telntî Tpci divin», al est primiua prindpiiun dMaonsira* 
tioms, ïih BÇfhk paril cogiutioncin certain» fixam aeratani.QuajGt, ot,- 
dàm ratiocinando discimns alîqood t fides aocloritasqne ratibnem prœ^ 
4;udat, nccesse est^ « Naliur^ ovdo» kiqidt S. Angnstinns» in Hbro 4$ 
MorièuâEceleMm patholiem^ sjic.sc liabet^ nt eim» alîifnid dpraqaiiftf rar^ 
tioncmpranccdat anctwitas. » fit ]ib|ro dfi UtilUate eredêndi \ 'pi^iosopliQ^ 
etii^ docet , non ratione privaiâ , sed fide et anc^oritate «onaisî poasc 
cQnseqni TeriUtem : « Ipvenimu's • inqnit « primum boatonun genws 
ipsi Teritati credero ; secondum autem stodSosomin » amatqUMBqae ve- 
4latî&, anctoritati..» 

& Angostîno snffFagatnr S. Thomaa ; neqi^e ratione privatâ eiijosc|ae 
pbnojiâ crropysedsolâûde adhibilà aactontall^ vociqne di?in», vol ipso 
GomBMini natara» sensa uobb «nanifestataEi , certam TeritateiD , lejosqne 
jcatam cognitioncm- posée obtincri, daqet eonstan&er in soft eooellenti 
Siunmâ tkcolo^câ, et altéra contra gcnllles. 

In Sninn^â quidcin theoiogicâ» qi;^8t* a , «rt* II • de 4cl« fid«i : « 'Gre- 
dfM^inqnît, ctiam ea, qn») ratiooi natnrali proban poi^o^it, est ne- 
çestariain.... Pleccsse .cs^ credere JOewn esie -nnnm et lucorporâiiiû': et 
Ipee. pcopter certîtacUnem. |(atio enim hninapa in rebns dîv}nis :est ninl* 
\bmk^ deficieus. Gnjus sigmiin est quia pbiiosopbî de rébus bnoiasiis lia- 
livali ÎpTestigatiope perscmlantes in jnultîs erraTerant; Vt-aVii îf)sis 
contraria senMV'ant* Ut ergè esset Indnbitat^ et câcta eognilio.'sapiid 
horainef de Dco , oportnit qnod diiina eis permpdnaiifîdei tr^ihff^nr 
torvqni^ à Peo diotar qui mentiri non potesl, » làem in Snipooià âonitra 
gentUesy fibro primo j.yQiipite qofUEto : « Investigati^ni ^ înqmt, Talionîs 
lloman^B plemmqnè falsitas adnûscetar , propter debîiitatem inttUeclôs 
nostri in jadicando et pbantasniatnin penniiiiioncm,.. Sainbriter ergù 
proTÎdil divina Clemenlia, nt ea etiam» quse ratio inTestigare pole»i , 
.fidc teneqda praoc^eret » nt sic omnes facile possent divin as cogkiitionis 
participe» esse et absque dubilatione. et errore. » Gàm doctor Abgelicn» 
sbsQlqtè de rébus omn^biiis, qnae ralionc natarali investigari possqat, 



(r36) 

cioe«iit àd c0HMn coguitioiicm ,'éK{>eiiëmqtie errdrls/essc ûmnhiô ne- 
c^MaiioiH Meta «Uqao tnodo bomlftihus comàiiinïcalaii) , 'hase autem 
«effm jedam tt»tane commnnicttnlTi, mânire^bm fit etiaiii Ih rébus ha- 
l9MdÉ , «X tentenlili -S, ^honite', ^lam fiàem parère oertatn cogtd* 

'T(ertià «iMHlo eitt BiteitmiiàÛei êêt prmA^&ritaé ,^ qëa èert^éagnoê- 
eiiriir. Qtiid pà^adsoitem Mé etiàm t!dfsiis> Vblnamt iù prioii aàserlîdmB 
parte? an uipdMeriori? in* n^r^tie fteorsàm , srat conjanct^m 'oonsî- 
derutâ? Priièkamile piortem ttcgath ,- qu» asdeiît exlsteatiàm Deî eske pri- 
mam Ter(»ileii& ? ank éêemidam r qûa^ dlcit bàlic Véf^tèni eertè cô^osci ? 
fféntfHlli '^^.'Ifibi et exiMeftda Det , ùt est éterna , iti profèctô prima 
Yeritw, éfibieè Veritas çsteriui lie piima èz aiuTérsi mdnclr sapientlë- 
tiiiftèk (RtfitiaH spect^calo, omnitiai matimo natioriuih pépolorninquo 
tMMisen^ lAtie tonttt>teriiâ ceirtô cdgnoscitar. Qaoïûain igitur -nctitra 
pén wéMMé i»sgstii pbtèàt , tbta atfserHo Ycrà ut; neccsè'e'eat: scîlîcet 
vera non in alteratrft solùm, sed in snâ ntrêqne pa^ë. In ntrlque seior- 
fdm i^ffimèf ibqttSttUt:, non eonjnnctlin atiqtéd aUoâ èFgttifîcahte ; 
tsnnjntictllii éiiinl ilun^>ta> partes bujnir assertlonis. V'fijifMttfnIta Det e$t 
ptitm i>atkaà^ ^atB'àtriè tognoscitut , algnlficare VIdëiittir ; TentiÀém 
bsIstenlâiè^Stéi'Cœteris omnibos prHts ab homineiû societate htimanà 
înslittEto certè cognoaci. Non Vifcio, sed ayulsioae a^serfionis k reBqno 
oratiônlèe^ttKïila fit amIrfgnHn dttpliislsteasûis» qtii datitttîs gra^â'est 
dlfttiAgnendiiB^ fiqtiidetnvttrîtâitèin eilstôhtias bel prîds cœlcris oôiiu^s 
¥eifîlir6btiê.eert6 coguosei ràlioniî tempoiis falsom est; fiitliMW tieK» 
pi4ttoi{^^t cttinta negÉTc nemo 'potest /niât ffifleô lôgic» impentiis , et 
igitoMl pfîttcîplatA catBamqtie omnium Vëruiiv prîmam 'sais etfecâbùs 
|iriito>Me'debel*é, edqàe Miène prié* eâdterî» rebas cert6 cognoscir 
AtrpdiisëdA» a^sà à sbô eotttéJÀui 'ei^ttatà/noii âgtt de cognîlione 
teHlMit'cistîi.diiknkitti ptiiïlà àcqcihit& ni^nc tompoHs'/tfèd ratione 
ptiiie^)M et èaaMfc'omnifim remm ]^m», izt contestas ûVatiotils relique 
Bnt«eedenCh fft edDsequentiB lliftulânter ostendft: Asseriiô îgttUr L'aec : 
ExigUntid Bei egi pHim verttiw, qua eertàcognoêàitia* ^ in proprio tocb 
«doqne lamfne cottbcata est ^erisAima ; neque iJio prôposito tndè ^<^ 
ienter al>8trâctaproponHur, hiricriùiîil^dicattsft, " " • 

Qmrlii *9S^etûa est -t Mse- tlxhUntià 'eàtU 'c<Mtl^g$ntii malè deàudléf 
existentiaenià ni«$$sariit$he*Ihir vt^osiiqàeiiwértaiàtinutio .- Bgâéàfàtc^ 
grgà Deks exi$tii, Qoîd?' YHbsane etiaûi existinnibitttr dèmonstratio; 



( '37 ) 

(|oA et ordine muncfi demonttratar extâre Dcmm ejtisâem orAi^s aocto- 
rem? Alqni ptiDitmè pnecedeOLti deditto qttario CAphb, expresse , plané, 
apertè« dicitur ità : c Ftdtne tdla aetaâ aotlociift Àdeb dbfecnfiiB. ùb! ei 
ordBfte h«|iis ttttmdi, brdiiifoi^âtdém noh agnoëc«retltl* cffector? ilnn- 
dioaè l^t«f abMfàfaRtt^ Mé betto à soo contextù, ixhb à statu qtittfllliottls 
dHiiçkAè^tplaiiatOi li <|n6 baftit r^ooiiditfôr. asseMonié seasCis ftœîlè 
IUoiitrar0tte>. «Eadém pr6fect6 demonstratiû pbtest tàké et' ineéta «t 
titiotfi fvo taiio «tatd qnantiôuls , et tiirio gen^« homitmm eam qtfibttk 
diseepMvr. .ViAll Mrtè ed^leittfa enHnm ' côntiageiitSam ofdoqàè 
liiijqe mwii «d 4eiiÉWiiMr«ndaia ezblentiain entb aeéèssaH! , apud ebs', 
qid seoMieoflitttttiii £reti, natttk-fl eonsensQqtie gtnerlÉ hamatiî ixi titâ 
Bodatt. «ttillti M «l«diti« niilttiisiè ^iitaùt'etiàflî.èiiASa cdti^geif^ar. At 
vGr6 «kan disêept ame» eum 61, qtii renftndsttteé'ebnMiisiii'getfÉÉn 
iramaal, liesclo Idli» prirato MtftiA seiisa atqtie ratione ei^ris obnbSà 
inAi « dttbitftttt extare ent}a doutittgçiitia , qailes «ont vcëptid ; pyrrlrb- 
mita», ideaiifltâs , lodUani, tblledani (ntlaciileititet dstëiidittir in e6dcm 
ioto-t «ndè eArada' est a8sei*6ti intilllafeè ^rostituta ) , certè nihîl valet, 
est^lie «rgitmeBtatio viâosa li»c ipisa ; Ego etisto , etgà Dcus èxisât. 
IMilMp enni fiteeipkuD *oùh eottec ss o m «b 'advenariis. Cbm igitn^ 
asa^ctimiU/ «mlMD cbutextâ ôràfioiii» « tnppressoqae qnaeéVldiâs'sâMi « 
in qvo » ut ezpoam , Tersatar , «ensits recoiuHtior ambignè' éntibilâiàtùr , 
«iligi à^ p ew f att .inaniliwtatitr étttdSiiai balamniandi. ' 
;;^j|Q^Blttt3|.aflBertio ert : Rath toftinà af^nit intetUgéntlà çiteàmi^iptà^aï 
fmUt^M ip*o quàd Mit ftnita^ êemper et in bmnèbus est obnôxià etrdi^r, 
(|^i hâbc ratîoném sûb spcde paràdoxi accasatoriè prostittitint ,'iïo4 
videartnr mn logîds haiid dHficSem hitèHigtre : alfudeasé eiTàûdi pô^- 
tentSam , et aliad acttnn ; afiod potae erritre ; et alhid tés\i»t ttràfe, "Esie 
ohnfoSotti isrrori non sîgnifieat errare, sed posse errare. Sôlà'Del ratio, 
qohi est Itîfiixlta , itec crrat , nec potest errare , sîve nec potest^e^ ob- 
noiâa etrbff. flomiiiis tvûo , eo ipso qu6d sit fînita , potest %emper 
crrarcé Elqae de 'Cansd- a^serllo inticfiosè allàta nofi thcit, ratiottem 
fînitasB, eô ipsoqiKKl nt fînitir, semper errare: sed esse errorî obuoiiaiii; 
idest, pone errare, dte non destltai potentiâ errandi qnft rsHio fiiiîtà 
abinfioM^ diMShgintar. Atqnb iioe qtiidem gcttdi'at^ifir a^^ertio allât Si 
prpu6fiM^iai4e'rtiii«ne proprift unitttctqusque. Jam ^pocratHn yaHùactn 
protpdMB «toAsiendeiik9Bi ratîom sAièrtini homnmrn , ntinquaitr er^rc ; 
non coAseiiUeiitom «raiioiâ aliorain faomhiiiiii' atqtus eonaensm generîï 



( '38 ) 

Lomaiii , qai est vox nalur» atque adeo ^}^ln v«rHalîs , sempcr oirams 
ciarè dooct coutex^u oralionU , ai raprà osicndîiuas , k q«o aviil»a via»> 
lentcr est aascrtio de qoft h«ouac||iè disMeruiinvis. « 
Se^U asi^o est : Jji tfiholU cbriëtianit^prtgfHUvfifilua'fdmiyM^mti^ 

refeiii «d pri|aid|»a et s|stem« philosiopiâs^ oarleslwi» » i|«i» ÎBttiHi* 
ll^^ft i^iioli^ d^tÎMÛs Mradimtiur pnesefflilvi io âirfUi- , M^ WMitMltt» 
0pcns et.ipse Mwsiot déclarât, Xfodere Mieiii,fifiiMâpii>.plillUai9pl»îs» 
8ysleinaii|<|iie cartewam ad erenioiMiKi nj^opnS'^oqiie ifM%^'BiftN}2»> 
mnfn satls ft9ipK{iMi|Vrtel. Eteaim pyipcqplft.pl|iii>fnplni'ki(»a wMmèmt 
sj^eiaiiti efidenlûi ac penpicnit^tb laïkinqiit pr^plm» «tiandal iMfeo 
«Tidentia nuii^cpÎQfl^^ pn^iria'.ftctt voiifMiQat aU^nuD Oflamm evi» 
deAtîfd , rnefine 4^ ^vovafia r sed privaU.Mlàn* Alqaî pniata jBoèiwa 
atyeiiti^ ,' iu>A coaseiittfsns alioran» ei^id^iilNav e6 Ipao eil iaim et 
«meodaxt i|i»6dTepugpiaia]iQniinefîd«ati«B,, «vataqet^dlii^iiColRiïetMtt» 
enîin oomiiim est sox Bat«np >m^^ verîtftiuk Bfg^ 1^ %>sft pfta(]ipia^;>lâv 
lQ60p)4i«^ ç^rtesian» ,8iu»t«fals? t eo4i|eJpao..t«pdiuit ad eferteBidf i9 ^«- 
figionem» Coi veritati fw/fragator aûvemtaa Pariâonsia ^ ^119 prineipîa 
xuutcsiaua taoquàin penucjpaa lyligpon» dactyri»T»t ; •ilfErâ^alxir^CiGNagiv»^ 
g^Uo.Romana Jjidîcia €pm ^adeps piincipi» .«kon sewel', (le^ Ma; po^ 
itemàqfjuQ nraltè aeveriiis proacriput» r < . ^ • . 

Septima asserUo est : Homo sine eonaeUsa eommani neqw^nUk mi^ 
l^alift jMque et sa4 cogitaiUne efiriui eiêe pot^êt^ Une Mer|îo§QDer«lhw 
«xpn?ssa duplîçl modi» accîpi potosl. Par verlMun hocv,. c»i4i»,, v^tJ^ 
îi]^Uig^tar>fidesii]^nçta, aatara» iiuai^naB iuhœrena, quA wiuim^nmim ^k 
naeessitate cogeute ^ non autem ratione monstrante y sç eiûtera^el ce»» 
|^l«tfre crédit ; f^û^eUigiturceràUi^d^pbilosopyc^^ * 

Si.s^Uw de iide illâ invîdà , aasertiO' d^pUcem. itccta aewasn ad*- 
mittU< Kemo p^ieat esse eertu^ de sua esisteaUâ et ço^taticma 4 acUioel 
illain fideJnclucU^L ei'cdece siue commiud çonsenfv aiil,e$ici«nl« 
hanc fideai , ant base sobscquenle. Pjriori modo aasertio injLellecta es| 
falsa. Non enitn banc oertitudinem » sen fidera «tam nattor» .insîtani « 
laoqaàm causa » consensus effîcit; sed ipsé consensus effîcitur illâjficlef 
Poslenoii autem modo întclliecta asaeiiio est vcrfi. Kam ifuemadiaodèaa 
Yemi^ corpus-, radiante sole, neqmtesse sipie s«a m^brâ» née spe< 
iculis iidelibus opposUum sine saà'Tf;ftf«Â Mi^Wlie »< 4c verilas ^ vuî 
^quis homo fîdc naluva^ innncibilitcr adhsr^t, nQ(|iiit cs^tstne svfS^ 



h59 ) 

ffiein& imagine iii .bmnium homiBum mentibàs f^nU / tanquàrà iii 
spcc&lié 9 \d est smd dommoiiii coaiteiisa. 

H agatttv dé certHtidine plkilosopliiçâ , senstirs «siertioilb t»i' liôml-* 
ftem non posse^cise certtdii de êuà edstetitii et cogîUtîoiie'iii coiitrô^^ 
ttts&uat éâÊcepiwAontmque vocaei, âne commimi éoMensd veneedê- 
tehtûe miifr«gatitè.'Bic modiift ititdfigkndi ssaèitiôiietii et illîiis ett pro- 
pciès', et «pértè dedàratur cofttèita oi^ticikiik ré&lû» , non minus' 
«tlidkwé qaiiiî inrf!(fic»è tftpprMM, et M teiisâmnt* Quo enim argu- 
menlo «stenclèa' hiaer eclltenti» nefjikûaùkiok lioii ittUM toclntl tribùendanii' 
c•a6^^ HecttiteiHio ad nolsm cjnÀ -homittetf nUSotâB^cwûpaUè k deliriiii- 
tilm^ d ii c c i ' ufau twr. QoaMiam lut illa nota? &#if persaâ^ propiia, 
qo» m .defirattlibcs eifaISt et «{tâdem vi?icBidmà.*ReéUt%gitar ae&n» 
eoBimmué, etreterk» €it«iitilntf oml^iu, èharaétëk* déliJâfionk Jii im 
sthM eÉl« qiièd idei» aot «eiiaatioikes aficnkià liomiais Idels ati| senaifiio^' 
Bib«8 <|iub cnnelb bominib os natnrà mxA comiiMiiies , téontfadicant ' ' '^ 

SîllÉgHiir luDC , eoruin qiué luclcnlii dBlotà' éiait« tieëiUkà^^ s qub^ 
atéoÈitèfmi' ê doxAvoi vpeeultt <^ttdèni gétfètii / M 't«^ttMheti&' 
iMM^'UM fidtle et Terè repnfesetttii»! ert , qdod otniiiiitâié'^él^ le}indem 
^eseris eoiiaënflt/afioîl qiiôd Wb ottmibiiii diibrepàt fiAidm et niieti- 
daic ; «le è daobos ratSôiàbiu tontrail attif dÎMetÂîéiiiè eVniéaliâ', '"pen^ 
pi cUl t itemi é alBÊcfu , 31a éAt iera qw ration? omninm' bominan»' cdn- 
a^rHl-i' enÎTe consensitt comrannis,^ iSVe seîMfts, âf^teslimonii sai> 
Éi^galurs -MStetânk expert aemper citbi!s';'ïdtertll vler^ ieo ij^so^'^Hèdl 
conaetiMiicommnm, neacio falfi . neç i»,piam eirorî obaoûo répugnât, 
crt faka, alqae ade6, at S« Âugastiiias ànprà ratiocinando oiti^ndit , 
omninô mendax. Hoe aocnralè tenendam » memoriaqne maodaiidwBa 
est» aoloa béates spiritss vçritatem videre in seipsà : sus reliqnos mor- 
taies ndare Teiitatem non in seipsft , sed in sois effiaetibus , sea imagi- 
«ôbn» menti noslna imprems. Utrùm imago nnaqnaïqqe hamm id re*- 
pnBsentet in mente aecoratè qnod estJuvre^ sive idce|M!Bsentetîn snb- 
jeclo qnod est in objecto , ûtqne Tera , non £i]sa et mendax rei nabis 
«ztarnss imago, ipsa onaqnaequé de ^e, inque suft eaasft jndex,enr«tfi 
«baoKios, 8entenUam leg^timara ferre nonpolest Adbibenda estancfeoiitas 
esteras , fiiUi nescia, sens&s commun», imago ooMenliens «mninm b«^ 
«nnnm menti impressa , qus neqmt esse in meale quia ut in re , neqnît 
esse in sabjcetoquin sit in objeclo. Veritatem ipsam iase eàm iridere non 
waleamns sîcut beati in codIo , bu jus effeclni uniTersali » atque imaginî 



( »4o ) 

in omniam homipam pientc in^rcMas, aoctoritaliciae conseM&s eorii' 
manis credamus ncccsse est, si reçtè philosophi^ri sapientiaxnqae asse- 
qui Yolamas; memores ilUos seBljenli» gravissiuue S. Atigasiiiiii , qui 
in libro de UtUitatp- ered^ndi ità lequiti^r ) «I^Te^imns pjimnni beato-< 
rum genns, ipsi Teritati cjcdere ; «ecando^autem stn^ipsarcfin » aman 
iorumque ventatis, auetoritat^* • ^hm anctpritati non privât» r^onis t 
sed Gommunis oxniiit>a» ^ ;Pç(^ c.omxnw<^t« oredeiM^UD solvim.jçsse 
monjiit saprà 3, Âognstîaus hbm seçundp C^nfesâoni», cap* 9^. Qa.6d 
cpQiiiam difi^cile ç^piunf « qni. çnm Lnonllo apod Gic^rogaein reffi^ato , 
et C.artesio à Coxigregatione romanâ proscriplo , ratii^Ae privatà alqM^ 
evidcntlâ consequî se ppsi|e Tent^tem cOfiSd^nt-^ ijvsulffa t sanote Dpct 
tor, aiiimis eonun, indocilibus iieriua it^riumquç Peom j^oqiifBQ^o \ 
ç Veritas tua , ii«c p^çsi es|, nec lUias aut illins -^ s^ omniiua :a()ii|irûai 
quqp ad ejns oomœanîppein p\ib|icè Toeas^ t^îfcibiUlfçf adtaonsn^ jao« 
nt noUmns eambabeice prÎTataip, }^ privemur e&i Nam,^^î|<|^ia id, ifiwd 
tu omnibq^ fruex^di^ prqpoms,,, sibi propriè TÎiidjicaty et^fuion vnlt 
Qfise qnod Qii^ûfiw. est^ ^ con^miuû propelUftor #d «nu, boçr^^à «»? 
nlute ^d mendaciain*. jQ^e^dm. tqqoi^^ mçndacinpi» dqgfl^iteqpt tpr »» 
Vidimns (inçi^sqaè ^ ^ Ji^rif • laj^att» k Çimti Vicaiit coUkj^c ^la ae^ 
tçniias , qo® in sensn int^Ql^ ?t «xplan^tp afm^.Tflrisânw/^tnl^. wr^ 
lenter à reliqaq gratâonia eoi^tex^ atqoe ij;¥?idio8è> ad prafam.€»n|mdBfi» 
inteliigentiaai ^aductas« Qnod m reoQndi^ocib)^ pr^Dioitixn- dialop^p» 
pnnoipito fiiçila C8t,qi44fin /«cta t ^ ^^ p^n^i^^pfuiu. 

â. M. I). G. . 



t • 






LE 



MÉMORIAL CATHOLIQUE 



MKtm i8i28. 



» » »Hw» W^ Tf»%i » > »^» » » » »%<M»W»» %«M» «»«1%%«W««\»%W«« 




_^ gallicanes, a excité avec raison linquiëtw 

catholiques. Noas y aurions tiouvé le sujet de plusieurs obser- 
vations , $i l'excellent discours prononcé k cette occasion par 
M. Duplessis de Grenëdan , député d'IMe-et-Yilaine , ne nous 
disp«nsoit de ce soin. Les îoarnaux n'en ayant donné qu'une 
ideeextrêmement incomplète , comme cela arrive souvent par 
rapport aux discussions qui ont lieu en comité secret, nous nous 
fa^otis un devoir de le communiquer en entier à nos lecteurs. 
Ce jdiscèurs a été écouté par la diambre avec un intérêt parti- 
culier. Royaliste et littéraux ont quitté leurs bancs , et ont en- 
touré la tribune pour mieux entendre l'honorable orateur^ dont 
la voix est faible. Cela prouve sans doute qu'il y a encore au 
ibnd des cœurs quelque amour pour la vérité 5 mais cela prouve 
aussi qu'un noble caractère, uni à un haut talent, sait se faire 
écouter avec respect , malgré les préjugés et la fougue des 
partis : 

Si forte ▼iram ç^aem 

ê Gonspexêre , silcnt. 

Discours paokoitc^ a la chambre DESDfptJxis, par M. Duplessis 

DE GrEVÉDAV , LB 6 MARS iSdS ^ 8UÀ VV PASSAGE DU PROJET 

d'adressb au Roi. 

Par les communications que le Roi nous a faites à l'ouverture 
de la session, nous avons appris qu'il faisoit approfondir de 
hautes questions d'administration publique, sur lesquelles il 
désiroit connottre la vérité. 

n II 



( '42.) 

C'est à Poccarion de «e psmage de son discou» , que votre 
coip^s^ion vpu$ pro[^ose d^ di|r^ au Roi. qM'uue organisation 
nouvelle de Viastruction iiBh|ii|uo'estineQessaire à; la freince , et 
qu'elle doit être fondée sur les libertés de l'église gallicane. 

L'adresse delà chambre des députés devant être une réponse 
au discours dti Roi ,^n se demandera d'abord ici : Qi^el rapport 
y a-t-il entre le discours et la réponse ? Gomment^ à propos de 
ces hautes questions que le Roi ne désigne pas ^ vient^n Uh^ 
parler de l'éducation et des libertés de Téglise gallicane ? Ces 
libertés surtout , . , , . . 

On ne s'attendoit gaère * 

 les trOaver dant cttte aQairol 

Quoi qu'il en soit , vous voulez une noRÛlleure m'gamsatioR de 
rc«aeîgnemeiit> et vous la demandes au Roi à propos ou hors^ 
de propos; Vous supposez donc que l'organisation préi^ente est 
mauvaise 7 J'en conviendrai volontiers avec vous. Mais il me. 
semble qu'il eàt été bon de dire dakement. en quoi elle est' 
▼iciense^etxronmientonpourroît la corriger. Ce n-estpasen 
phrases obscures et ambiguës que la chambre des députés doit 
s'expliquer quand elle parle au Roi sur dea matières aussi gi'aves 
que l'éducation. Dirâ-t*on que le projet d'adresse s'etplique^ 
assez en demandant une organisation dé/îniiii^j tjui embrasse tous 
les degrés et les divers modes de renseignement , qui concilie 
dans leurs rapports Vexercice de t autorité civile et celui du 
pouvoir spirituel , qui maintienne enfin la bonne intelligence 
dés leur comaurs sèlon^les mmsimes hérédkairee ^ Venise 
gallican^ {\y -«-<- Vous djNBaudés- qu'elle seit défitiitive' cafte 
organisation. — 'Tout n'auroit-il été }bsqu'ici.qHyâpfx>viseire dans 
l'éducation publique? — Tous voulez qu'elle embrasse tous 

(i) La phrase fioisaoit \k quand j'ai parlé: oo a ajouté par amendement : 
et tégate protection atiurêé auœ autres cultes. C'est à-peu-prèsce que je pro- 
posoh. Je montrois l'excès où m«nolent les conséquences. La chambre n'a 
pas reculé : elle ^st ailée jusqu'au bout. 



( «43 ) 

les degrës. *^ EateocUf - vous ÉéuleineDt îia^èlle ne doit p^s 
omettre la.premibre éducution de Feafaiice? -^ A peine étoit-il 
besoin de le dure- -^ Vous ajoutes qu'elle ddit comprendre les 
dîresi mod» de renaeîgnemeut. «^ Les divers modes < ou il n'y 
en a qu'ans oo il y en a aiitaai qu'on veut* Expliquez »vtms; Ce 
qui ept daîir y e'est que toiur voules surtout qu*elle conserré le 
pr^eux héritage des nuudiaes de l'église gaUicane. Je drains - 
bien que ce soin même ne rende votre organisatkm définitive 
un peu plut mauraise que le provisoire d aujourd'hui* Car la 
première condition d'un bon système d'enseignement est d'être ' 
applicable à tous ceu& qu'on veut instruire. Or un système 
fondé siâr les libertés de l'église galiicaDe ne peut concerner que 
les François catholiques. Que font au protestant , au juif > 
au ma|iométan , à tous ceux qui professent l'un -ou Taucre des 
ceni cubes > chrétieas et non chrétiens , quW peut professer <»u 
Fjranee sans être catholique; que leur font ces Ubertés de l'église ^ 
gallkane , à eux qui jie sont pas de cette église? Si l'on veut 
faire entrer dans l'enseignement les libertés religieuses , il faut^ , 
en vertu de la tolérance^ l'un des principaux articles de notie 
symbole politique, les y faire entrer toates , depuis celle» de 
l'athée y qui sont lea plus étendues » jusqu'à celles de rultrci'* • 
montain^qu'on ne doit pas non pluspriver des siennes, quelque 
petites qu^elles «oient , ne ftitrce que de celle d'être ultrampn- 
tain. Pour adopter le passage en discussion , nous serons donc^ 
obligés d'ajouter en forme d'anuendeuMut, après ces mots: selon • 
IçB tnaximes héréditaires de r.égtm gaUic4Me > ceux-ci : selon 
les libertés des églises protestâmes , et de toutes, les retipént 
pn>fptsé^& et à professer em France. Akisî ^ le nouveau système 
d'enseignement sera applicable, à tous les François 9 et bien d'ac* 
cord avec l'article 5 de la charte. 

Cependant, quand on se rappelle que ces maximes de l'église 
gaUicane , ainiû qiae nous l'aVons appris d'un docte prélat (1) , 

(1) M. Téyêqae d'HermoçoUs. Moniteur iû^é 1499 feuille da 29 mai iS^t 

col. a et 3. 

1 1. 



( '44 ) 

parlant à cette tfibuMie au 119m du Roi , ne sont que de simples 
opinions , . . . . cbbcmdorméës aux disputes des écoles , . , . • des opi-^ 
nions parfaitement libres , on ne voit pas comment on poixrroit 
fonder un système d'éducation sur des maximes aussi incertaines* 
Qu'on ne dise pas qu'elles ont. été définies en 1682 par un6 
dedaration du clergé de France y et qu'un édit de Louis XtV a 
défendu de rien avancer qui fût cpntraire à cette déclaration : 
car on sait que l'édit a ^té anniulé de fait par Louis XIV Inî- 
méme ; et quand il ne l'auroit pas été , la charte l'auroit évidem^ 
ment abrogé , en déclarant que c chacun professe sa reUgi<m 
» avec une égale liberté et obtient pour son culte la même pro-r 
» tection : » car si tout cult^ obtient la même protectîan en 
France > le culte de celui qui rejette la déclaration de i68si doit^ 
être protégé tout comme un autre. • . 

Le mieux est donc de supprimer dans l'adresse toute- men^^ 
tionde ces libertés, trop chères aux amis de l'indépendance , 
pour n'être pas un peu suspectes à ceux d^ rautorité légitime. 



Vous voulez un meilleur système d'éducation : et mot 
Mais au lieu de le fonder sur des maximes contestées et dai^e- 
reuses-, c*est sur sa base naturelle , c'est sur la religion «que je 
veux qu'il repose : et pour l'y replacer , c'est à l'Église que je 
veux confier l'éducation. Car. ôter l'éducation à l'Eglise , c'est 
6ter la religion de l'éducation» C'est pourquoi je proteste contre 
ce passage de l'adresse adopté hier, où l'on approuve que la 
direction de l'enseignement ait été séparée de celle des af&ires 
ecclésiastiques. 

Pendant quatorze cents ans , TËglise de France a eu Téduca-^ 
tion en mains. Non seulement elle a élevé lès hommes^, mais elle 
a élevé la monarchie. La France est une monarchie bâtie par des 
évéques , a dit Gibbon. Avant que l'édifice eût été renversé par 
des mains barbares , il étoit assez beau pour faire honneur au 
talent des architectes* Le siècle de Louis XIV tout entier a été 
élevé par des prêtres. Les preuves sont faites. Que les partisans 



( «45 ) 

àe rëducation la>que nous en apportent de semblables, et nous 
croirons à rexcellènce de leurs institutions académiques* 

L'Eglise seule a reçu de Dieu même la mission d'enseigner. 
Est-ce aux rois ou aux savants qu'il k été dit : Allez^ enseignez 
toutes les nations ? Je vais plus loin , j'ajoute que l'Egïise seule 
peut remplie cette mission; La première cle toutes lés sciences^, 
celle qui est le fondement de toutes les autres « la seule nëcâs^ 
satre à Fhenkme, est sans contredit celle qui lui apprend 
quelle est sa nature y d'où il vient et où il va ^ pourquoi il est 
sur la terre , ce qu'il j doit faire , quelle est , en un mot , son 
origine et sa fin. Qui ne sait pas cela , quand il sauroit tout le 
reste , vivra comme s'il ëtoit prive d'intelligence. Semblable à 
uB vaisseau qui mettroit à la voile ^ns boussole et sans gouver- 
nail > sans que le pilote se fût infoi*më du but de son voyage et 
de la route qu'il doit tenir , il ir^ toute sa vie errant à l'aventure 
sur la mer orageuse du monde y poussé çà et là par ses passions 
et par celles des autres , comme par des vents contraires y jus-** 
qu'à ce qu'une tempête venant à s'élever le précipite sur des 
écueils inconnus. Or cette science , qui est celle de vivre en 
homme ^ qui rensefgncra y sinon l'Eglise 7 Elle seule a le dép6t 
et l'ititeiligence de ses préceptes. Sera-ce des laieà , avec leur 
indifierence pour tout ce qui n'est pas positifs c'est-à-dire ma- 
tériel > avec leurs croyances fôiblés et incertaines , leurs opinions 
mi^iles et souvent opposées , leurs soticis pour eux-mêmes et 
pour lent* Êimille , leurs mœurs souvent suspectes^ sera-ce des 
laïcs qui apprendront aux hommes cette science descendue des 
Cieux? Car remarquez qu'il ne s'agit pas seulement de faire 
réciter de mémoire son catéchisme à un enfieint , ce que tout le 
monde peut faire. L'élever , c est le former par les leçons , par 
l'exemple et par l'habitude, à la pratique de la vertu , c'est la lut 
faire aimer , en graver les préceptes dans son cœur et dans son 
esprit y de sorte qu'ils deviennent la règle comme naturelle de 
ses mœurs , que , dans sa jeunesse , ils le préservent Ses écarts , 



( »46 ) 

OU leramètient tôt ou tard à YhouMkêteié i^ si k^ fcHxgûedoR pat- 
sions l'emporte. 

Ces mattres laïcs , choisi» à-peu-prâs an hasard , auxquels oq 
demande ce qii*ib savent et toiOD pa»ce qu'ik ctoîent , qu'on ri- 
jiutehocnaies de prdtiîté et de bonnes mouirâ sur les phu l^gèrts 
informations , auxquels souvent > comme dans les autres parties^ 
la place est dona^ phit&t pavce que l'homme en a besoin et h 
.demande ^ que parce qu'il est propre k la remplir | ces maîtres 
enseigneront les lettres , leasciencesetles b^aux-arts^ mais l'usage 
que les élèves devront en Cure quand ils seront hommes , qui le 
leur apprendra ? Qui les préserva'* de Torcueil d'un vdin savoir ^ 
delà pasN<^n^ t'illnstrer bientôt par lUs écrits séditieux ou 
impies ) ou par des pfodàctions «ihso&aes ? Heureux si , dans 
ces écoles , formées de professeurs raroaissés de tous les côtés ^ 
qui n'ont de commun que de se ti*ouver ensemble dans ^ ikiéme 
établissement ^ Félève ne désapprend pas avec INtn itè que 
l'autre lui aura enseigné de bon ; si , dès l'enfiincie y formé à 
J'^théisme^ au mépris et à la haine de toute autorité , il ne fiiit 
pas de ces sentiments et de ces doctrinies le fondement de )ôiite 
«a vie ! Plus heureux s'il conserve l'innocenoe de ses tncm^s l 
Mais c'est chose presque impossible. • 

Les exeliq>les abonderoient, si l'on vouloit en citer^ et tes d^ 
tails feroient frémir. Ah ! m. la génération pi'éeente y celte qui 
va tout'à-I'heure nous remplacer sur la terre y élevée pendant la 
révolution , entre dans les âolubtres profondeurs de ravenir sous 
de sinîsti'es auspices , sauves^ du moins la génération qui la suit« 
Vous qui êtes pères , SQUvënéf-vous que vous régiezict la diesti-. 
née de vos enfants. 

Je demande que tout le passage en disciissioh sOit retrandi^ 
de l'adrçsse. 



( t47) 






»^%%i%%»>^»%4M^»»A<»»»»V»i.»V»»»%»Al%^^ M »VV*^^^*»^^»l*v»<»»^^ U«V 



• A 






Lea OËuTres de» Docteurs de FÉgiise fôrmeiit un monument atiqi»él 
rîeà ne ressemble dans Thistoire de l'esprît liutbain. Ëtles «ont l'écriture 
J^une grande parole que tous les Pères ont transmise de si^le en dède 
dans sa forme primitive , que tous oiU entendre dans le mâme seiïs , et 
qu ensuite chacun d*eux a commentée da^s. la langue particttBèré èé 
son génie. Unité de doctrine invariablement, subsistante an milieu des 

* ' * * • 

diverses conceptions propres à chaque esprit , Voilà le caractère dis- 
t^uctif de cette Encyclopédie catholique. Cette alliance de la foi avécla^ 
science ne se. rencontre que dans les ouvrages produits par le CafâioUr 
cisme : hors de loi on ne trouve que des croyances fanatiques qui pvoR- 
crivent la. science, ou qu'une science dissolvante qui détruit '^ôtite 
croyance commune* Jetez un regard sur les annales de la (ïhilosophle 
séparée de la religion antique d*où toutes les sectes sont sorties; eésâyez. 
de vous représenter ces innombrables combat8\de èyi^tèmes sur totôtt les 
objets dont la connoissance certaine^ Inïporte le' plus i rhomme : vous 
auriez compté plus vite les vagues de Focéan s'entredioqnant é/mi nnfe 
nuit de tempête. Le protestantisme est lui seul un abîme de contradic- 
tions et de doutes ; leur simple énumération fatigncroii la patience de 
rhistoire. Considérez, d'un antre côté, l'excès opposé à «et abus éa. 
raisonnement : le mahométisme^ ainsi que d'autn» sectes anciennes et 
modernes formées sur le méi^e type , plaça la foi sous la prote^on de > 
Tignorance; il voulut que les esprits, pour rester croyants , cessassent 
d*être actifs , et il chercha dans cette immobilité, stfipide U|^ triste simu- 

■s 

(i) Le prospectus de celte iiiipOT|ante entreprise va être 'miii en-oiroiila* .. 
tioD : il portera les noms de MM. les ecclésiastiques qiii donfteront ieups,. 
fliiMns à cette oollectioD^ laquelle fonBera«nvin»D trente «ohmeSi On «vivra. 
les. éditions des Bénédictios^ et, pour ceux des Pères qu'ils n'uut pa^, 
l^ubUés , les édiiiuos les plus estimées». 



( '48 ) 

l«ci^ de Tuailé. L*Uktoire univéneUe prouve que tout oe qui i t&mpVi 
avep la Rçlig^on çatiiQll(|ae est tovah^ dan» Fua oa dans Fautr^ de ce» 
eacè», BUe seule » véipondaat en même teiii|>8 à ce besoin de croire qui 
est le fond des espriU, et à cette actitit^i qui est le moy^n de leur dé<* 
?elo]^pément » possède une science née de la toi , et une foi ëterneUé» 
ment féconde en intelligence. T«l est, ce nous semblé; le point décrue 
dans lequel il faut se placer pour bien juger les ouvrageis de» Pères vear 
ils sont à la fois les archives sacrées de la tradition , et Fimmiénse {Hto- 
gramme de la philosophie chrétienne. 

Nous ne ferons point au clergé Fin jure de prouver combien il lui 
est utile d'étudier les Pères. U n^ignore pas que si la parole de Dieu est « 
pour rÉgtise', le principe de Tintelligence , la tradition i son tour est 
la mémoire de TÉglise. De même que chaque homme n$ sait, aux dr- 
i erses époques de sa vie , qu'il est toujours le même être , qu'en remon* 
tant, k Y aide éè sa mém<nre, jusqu'à la naissance même de sa raison 
(* de ses sen^ents s de même l'Église , dans son Intmortelte vie , ne se 
ncoûBoU constamment pour la même société qu'en liant, au moyen de 
la tradition , son existence présente à , son existence passée , et remon-* 
tant, de souVenirs en aèuvenirs, jusqu'au jour où elle naquit , pleine 
.4^gr4eÊ éi de vérité 9 par la même Parole qui a créé le monde. Gou^^ 
roniiée de siècles, die s'avance vers l'éternité^ rappelant aux généra* 
tions qui fuimi comme Cambre la seule chose que le temps né pourra 
janpais entrtiUieff dans l'oubli. « Et comme l'Église catholique , dit 
» jBoMQCt» réunit en elle-même tonte l'autorité des siècles passés et les 
• aiidennes traditions du genre humain jusqu'à sa première origpine (1), » 
•a mémoire est le souvenir de tout ce que Dieu a dit. à l'homme , et sa 
fois l'écho vivant de toute vérité. Plus on participe à cette mémoire de 
la société divine , pins on écoute cette voix , et plus la. raison se fortifie 
•I s'étend. Dilaté par le grand enseignement de la tradition , l'esprit de 
l'homme, >d folble , û borné , se dégage des limites qui lui sont propres, 
et se confond en quelque sorte avec l'esprit universel de TÉglise ; il 
•Identifie avec ses pensées, ilvoit par ses yeux, et quand il instruit ses 
Beâdblables» sa parole est déjà* ancienne en naissant. « i^ussi vous ne 
» trouvères nulle part autant de grands écrivains que dan» l'Église calho- 
y tique t et tek ne doit pas nous étonner : une tâche grande et sublime 

(»J Dise* SUT i'hui, univ* , p. Il > c. xxii. 



( 449 ) 

I f ràv«Ue et aogmeiiie lea force» (fe T^sprit. Et quoUc aatire îAche 

■ pourrott^akr cqUo ç|e défendrQ et de déTçlopper la vérité , lonqu^on 
» ii*a .plus bflBoîn de la chetcher, ce q«d impliqaeroit toujours Imcer* 
» titode? Ajootea que les écrivaios qui vivent dans la communion de 

■ rÉglise é et qui » oomme nos saints Pèrps , consacrent leurs veilles 
» aux choses étemelles » participent en quelque sorte à llmcnorUdité de 
» rÉglise elle-même ) et deviennent avec elle^des flambeaux pour tous 
» les ôècles. Il n'en est pas Ainsi des écrivains hérétiques; ils n avancent 
B que des qpinionSf et comme chaque siècle peut en produire et en 
» produit selon son goût, la postérité ne se souciera guère de iconnoitre 
• les leurs » qui auront passé de mode (,i)* » 

On ne sauroit défendre dignement la religion , si , au lieu d*e|i 
étudier des parties isolées , on ne s'efforce de saisir plus ou moins im- 
parfaitement l'ensemble de lœuvre divine. Tout s'enchatne dans le 
moudeJUitellectud bien plus étroitement que dans le monde physiqCMî. 
L'histoire des tradiUona t la critique sacrée » la métaphysique «la science 
sociale , les. mystères de la nature humaine , les secrets de la vie ascé- 
tique, fous ces divers ordres dldées s'entrelacent et se pénètrent dans 
Tétnde du Ghriatianisme. An lieu de comparer seulement lea idées ap- 
partenant k chacun d'eux séparém^t^^ce sont ces ordres d'idées eux- 
mêmes qull ûtut comparer entre eux. Rien n'est plus propre à cet objet 
que lea ouvrages des Pères , qui présentent la reli^ôn sous toutes ses 
fiices* SemblaK))i(e0 & l'are brillant où la lumière vient s'empreindre en 
rayoaa distincts » ils réfléchissent , si ]'ose parler ainsi « les divers rayons 
de œtte lumière spirituelle dont la révélation est le foyer. 

Considérés sons le point de vue littéraire , ils présentent Mioorc le 
plus haut intérêt. Ce n'est pas ici le Ueu de reproduire des louanges qui 
sont dan# toutes les bouches i non plus que des critiques également 
connues » relatives va quelques défauts de style qui tenoiept au goût 
particulier de l'époque i une observation générale nous suffira. C'est 
que les idées et les sentiments qui y sont exprimés , étant tout ce qu'il 
y a de plus élevé , de plus pur » de plus divin en un mot dans la pensée 
humaine , ont dû nécessairement se produire sous une forme digne de 
leur céleste essence. Le caractère propre de cette littérature résulte de 

(i) Vuyca t Unité tU t'BgtUe » par S, A. Voehler. Xubiogue, i8a5. 



( i5a ) 

la rduadbii de dctts. ctnractè»» êépAVé^ pFcsque partout aiUfswrft. Oli ^aft 
,c|ue le génie de FaàlftqQe. 0«k»l » i>M]6il«««x» llbtv,- luvdi« oontlTêite- 
U'ua« numièrto &ap]^a«^ ««et k| gMejJet-JSiirope; piM «tiicW » plos^ 
i^éiliodî^fne, U^ qtt*il ae VMHtm. <iB< géoéMl ëanft là Mttér«(9«re greéque^ 
«t romaiBe. La j^lepèît dv^Pèioa» ftiwlenl ctlli^é «etté*<l^«tpl étoii «telle- 
4e le«tf pdyê et de kua ûkdt ; ma^ an«i ,. tiaéditaiit^ }0«ittteU»kiieiift la. 
Bîble^ qiiir» «imaagée ao«a un wppori purement loun^itt, aeroift loa- 
joura le pKia ipagidfii|«e laoïiametit di^ ffnàt ptitiMi,, Ik poieoleAfc. 
Tinapi^ratifiii dtnft aft sonroéé Lea^Pèrea aont d^ Mtf^àu^iXAà^tnê et; 
de Rome <|tii ,, aprfea a*étre retiréa ea qiseiqae foite ter le 'Sittai » ebt 
descendeat » le njon 4ft Daa aux le fcont ,. et paiieat 9Bk mdadQ aT0(V: 
racceni dés prophète». 

Tous les granda gém^ qui ont liloatré Il^gliae dhn» lèa ètnàtt9< 
eièclea ont reeommandé; par leur exemple auitout , Tétude dea PèPesi,^ 
aujourd'hui presqu'entSèremeul abandonnée parmi nous» non p^nnt. 
saua doute pat né^gence », maîa par auite dea mineurs du temps. Au- 
trefois les bibliothë(|ae8 dea monaatèree fonmis8<neBt aux eccléÂasIiques. 
une grande facilité pour cette étude. €eê ténérablea asiles de la science 
ont été <iétrBits an nom <lc* UÊmUrê» ^ parce qu*ila étoient aurmontés. 
d*âne cr<»i. Llncrédulijté eut ses. Vandales *, elle eut aussi ses Omar« Ou. 
vit les écrits des. Origène, des Augustin, des Ghrysostdme ,. jetés aux. 
flammé» ou laeéréa pour Tusage du plus bas négoce. De prédeuaès, 
collections échappèrent; néanmoins aux ravages du fana^sme pkfibso- 
phique : mais. depuis , le commerce .étranger» et parliculîèratteftt otiti. 
de TAngleterre « en a enlevié une grande partie >^ die telle soitef <|u*au. 
milieu des progrès loujoura croisasnts de la librakie feançaise , les. 
ouvrages des Pères , de )onr en jour pkia t»re» ^ soi^ h^ un pm beau- 
coup {dus éle?é que celui de ^oule autre collection. Dans cet état de 
choses» une édltioa complète de leurs CEuvfes tbudroit-sans doute bien. 
h pfopos; midis Ion même que les nombreuBes^ffîcultés qu'elle pré- 
sente poutroîent être aurmontées en ce «imHmt » elle ne répondroit. 
pas aux besoin» actuels du clergé , p«9oe qu*^e serint ^p cotteuae. 

On a donc d& chercha un mqjen qoi pôt satisfaire aux. désira des. 
ecdcsiasliqnes avides dlnstrud^on , «t qui fôt en même temps prdfM>r-- 
iionué à leurs facultés pécuniaires. Nous crojous l'avoir trouvé. Les< 
Œuvres des Pères peuvent être cBvisées enckax classes : Tune comprend: 



des ouvrage qa« les ' éradlts sedls parcdarent phis encore qulls ne les 
lisent » et qàlh liVmvreBt ^6ète tpe pour extraire <m Vériflèr cpie^ues 
cHaHotiB ï r«atre «é eotnposè de prodàctSom xpA , sdH pour le fond ' 
soit pour la ferme , 66nt d*tm Intérêt ^hit généra) , têltet qike les larantea 
• apolo^t» dtt ^brklianîftine , les prlndpatix fraités eontre les àérétiqnes, 
des commentaires sur les direrses parties de la Kble , des litres de mo- 
rde ht de piélé , ^Aétaé d*idée6 stib&mes et de la plas tendre on(^on , 
des diefr-d'cetrrre oràtc&teri/et une sdStè dliomélies qui, sans étfe 
toutes dn premier ordre , n'en sont pas moins très-utiles aftx prédlca- 
' téurs , enfiii tant de lettres admirables éparses dans xxà. nonïbre A eon- 
iidéhftilë de'Mftttttès, qu'il (bnikerolt lui seUl une bibliothèque. I>e-là 
ndée dlmprimer séparément tout ce que ce Teste recueil ofire de phu 
beau et de jplus instfUetlf t Cottettion €hoi$iê , dont Tacqui^itldn sera 
{dconiparAlement ()hi^ facile que èellé d*dnè eollectiOu entière ,'et qui 
néanmoins peut la remplacer pour la plupart des sousctipl^an f car 
ayec elle ils se seront procuré probablement tout ce qu ib Ibroient 'slls 
possédoiént rédi!^n complète. 

Les outrages qui n'offlrent -qu'une anâfyse (ihis Ou -moins étendue des 
Pères ne parcnssent pas de nature à remplacer cette colleét&on. L'ana-» 

' * 

]^8e «st à im litre ce que la dissecflèn eât à un corps organique. Il est 
bien différent de toîr, d'entendre l'auteur M-même, ou de ne plus 
toucher qbe'ce qui' en reste après une espèce d'anatomie qui n'en laisse 
apercetoir le plus soutent que le squelette^ On sait d'aâleurs que les 
analyses t^présehtent l'esprit de cduî qui les Mï , presqu'autant que 
l'esprit des auteurs analysée : elles dépendent de sa manière de conee- 
t6îr,de son degré dlhstructlon, de ses préjugés même ; ^ cet incon- 
vénient, déjli frès-réd par rapport & des ouvrages peu étendus, est 
v*nbrnie lorsqu'il s'agit de la tolumineuse collection éeê Pères. ITesMl 
pas h craindre , pour celui qui essaie dé les reproduire dans des analyses, 
qu'il ne lui arrite souvent de ne pas bien entrer dans' la pensée de tant 
d*auteurs si différents par leur génie , et , traitant une immensité ''a 
questions soutent trèboprofondês , de ne pas saisir exactement Tordre 
(le leurs idées » et de négliger ee qui est ibipOrtant pour des accessoires 
({ui l'oint frappé davantage parce qu'ils Se rappoitoient au caractère par. 
Uculier de «on esprit? Ajoutes à cela qUe cfe genre d^outrages n'e«t 
^'ancun secours [n)ur les cita tiens que Ion peut avoir à faire dans des 



( «&2 ) 

tSscottrB 00 (km des dcrils. Aassi croyons-nous qu*il sera moins 
à mesure qa^oii avra plos de facilités pour remonter aux so^ut»». h» 
ColUction çhohh a poar but de rendre ce serrice rdatÎYement & la oon- 
noissance de« Pères » et. peut-être est-il permis de penser qu'elle, contri- 
buera k préparer la restauration complète des études ecGlésiastiques< , 
anxquelleft la révolution a porté un coup si funeste. . 

Plus cette entreprise est importante , plus il est nécessaire de ne 
Texécuter que d*aprèa un p(an bien conçu. Voici le? bases qui ont paru 
les meilleures. ^ . 

£n général ^ on ne donnera que des ouvrages complets , sauf des 
extraits de certains écrîts.dont quelques parties seulen^ent o&ent ce 
degré, dlntérêt qui doit distinguer la Collection. 

On suivra Fordre diironologîijue ; toutefois la CoMection sera terminée 
par une suite d^homélies .rangées suivant Tordre des Évangiles pour 
chaque semaine de laupée. Cette disposition est plus commode pour les 
prédicateurs. / 

Quoiqu'on ait ]ugé convenable dlmprimer le texte pur, sans note» 
id commentaires, cm erôit cependant devoir joindre .des éclaircisse- 
ments k un petit nombre de passages de quelques anciens Pères qui ne 
se sont pas toujours exprimés, en matière de dogmes , avec cette préci- 
sion rigoureuse que les subtilités des hérétiques ont rendue depuis si 
nécessaire. Ces éclaircissements seront tirés en entier des théologiens 
les plus estimés. ' ' 

Les écrits de chaque Père seront précédés dp «a notice historique , 
ainsi que de la lis^ complète de ses QËnvres. 

Tout fait espérer que cette utile entreprise sera favorisée avec em- 
pressement par les amis de la ReUgion. Ce qui se passe de nos jours lui^ 
donne un nouveau prix : les sociétés bibliques protestantes >. en jetant 
l'Écriture aux peuples , invitent chaque homme à déterminer par son 
propre jugement le sens de la parole divine et à créer ainsi lui-même 
sa foi et sa morale. La Religjk)n n'est pour elles qu'une opinion. Ce n'est 
pas ainsi que l'entend FÉglisc. Elle aime k répandre les saintes Écri- 
tures , elle qui les a reçues des mains des apôtres , qui les a conservées 
à travers les sièdes , é) à qui les hérétiques eux-mêmes en doivent la 
conndbsanee ; mais , au lieu de ' les abandonner à l'interprétation indi- 
viduelle, comme une proie à la dispute, elle y joint rinterprétatton 



( 153 ) ' 

générale et inyanablc consertée par k tradition » et doni ibf Pères saut 
les Ténérables lémoins. 

ON SOUSCRIT A PARtS . 

Au bureau du Mémorial catholique , rue Mazarine , n*. 70 \ et 
chez Paren^-Desbarres , éditeur^ rue 4e Sorbonne > n""* 3. 

COHDITIOyS DE làX S O tJS C RI PT 1 OV : 

) 

La Collection choisie des Pères » imprimée aTec des caMotëres neufs de 
Firmin Didot, et nar papier Télin satiné de la fabrique de Montgolfier 
d*Aanonay , ne laissera rien à désirer sons le «apport de l'exécution typo- 
graphique et de la correction du texte , qui sera l'objet du soin tout parti'- 
cnlier de l'Éditeur. 

Elle sera publiée par livraison de a Tolumes tout les deofx mois. 

La première livraison est sous presse «t paroltra fin avril » la aeconde fia 
juin. 

Le prix de chaque volume , avec couverture imprimée , est fixé à 6 fr. 
jusqu'au i«' septembre ; après cette époque « il sera porté à 6 fr. 5o c. 



»*fW^'vv%»^%»»%w<»*% % %^^<^%^^»'»»'W» ^ ^v^%v»wt%*<wvw^l^%'V»%M<» wt^v»» » »» >«%»»»»% w»viw»M<»»vt^ 



QUELQUES PBSERVATIONS PHYSIOLOGIQUES ET HISTORIQUES SUR Ll£ 
PRIHCIPE DU DÉVELOPP,&MBNT INTELLECTUEL DE l'hUMAITITÉ. 

Si le principe du développement intellectuel de Thumanitë 
est dans l'homme même , nous devons le retrouver partout. Si 
ce principe est indépendant de l'homme ^ nous le verrons se 
propager suivant certaines lois ^ et par une tradition de peuple à 
peuple qui nous conduira sans peine jusqu'à son origine. 

D'abord , quand il s'agit de ce qu'est l'homme individuelle* 
ment et par lui-même , on petit s'en fier aux naturaliâtes; ils ne 
lui accordent certainement pas plus qu'il ne faut. Or , d'après 
leurs recherches ; qu'est-ce que l'homme ? 



\ 



{.&4) 

Rappelons>pous y en premier lieà^ la description lugubre 
Ji -la-fois et sublime qu'on lit dans V Histoire naturelle de Pline 
l'ancien : « La nature vend bien cher les grands dons qu'elle 
fait à l'homme ^peut-être mdme est->eile pour lui moins mère 
que marâtre..,. L'homme est le seul qu'au jour de sa naissance 
elle jette nu sur la terre itue, livre, dès cet instant^ aux crîd 
et aux pleurs. De tant d'êtres- vivants, i^ul autre n'c^t destiné 
aux brmes , et ces larmes , il les répand aussitôt qWil respire* 
Mais le rire, grands Dieux! le rire même précoce, même le 
plus hâtif, n'édot jamais sur tes lèvres astanil le qo^mlktiènte 
jour. • ' » • ' . 

i> A ce triste essai de la lumière succèdent des liens qui entra- 
vent tous ses membres , et dont les bêtes sauvages, qui nais- 
sent dans nos habitations, sont affranchies^ dk moins en ces 
premieDS monients. Produit sous de si brillante auspices > le 
yoîlà donc étendu , pieds et mains' liés , ce futur dominateur 
de tous les autres animaux ! Il pleure! Des supplices commen- 
cent sa vie, et tout son crime est d^être né {utiam tantèm 
ob culpam , quia nalum est). Après, un tel début, hélas! 
quelle démence que de se .dooiier iles droit» à rorgueil 1 

» Se traîner sur les genoux et sur les mains est en lui le pre-^ 
mier bienfait du temps. Mais quand ce débile quadrupède se 
dressera-t-il sur ses pieds? quand formera- 1- il des sons arti- 
culés? quand sa bouche pourra-t-elle broyer les aliments?... 
Déjà surviennent les maladies et cette foule de remèdes in- 
ventés pour les guérir ,, trop souveAt impuissants eux-mêmes 
contre des. maux inconnus et nouveaux^ Avertis, par leur ins> 
ttnct , les auttes courent, volent ou nagent. L'homme ne- sait 
rien sans le secours de l'in&truction , ni parler , ni manger. 
Oui, de lui-même il ne sait que pleurer : <aussi pluiieors 
ont-ils prononcé que le mieux seroit de ne point naître ou 
de rentrer à l'instantmême dans le néant. {Hominem sdre nihil 
sine doetrin4, nonfarij non mgredi, non vesci : Mreviierque 
non aliud naturtz sponlè, ifuàmjlere*) • 



( 1515 ) 

donnent de rhomme considéré iodividaellemeaC « L'homme/ 
» ditM; Cuvâer)««pwoiUvoirr^eiiquiTe$sembkàâ^yiiiatui€t^ 
D aucune industrie constante et produit^ par des images io^iéep : 
i> toutes ses coi^noissances sont te résultat de ses sensations o^ 
» de celles de sev devanciers» Transmises* fitf la parole , fécon« 
« dées pur Ja méditatioAy eUe$ cmt donné tous U$ arts (i)» » 

II» TiM7 eit iui( des naturalistes qui cAt orU élever Tbomme 
à un plus haut rang.. Voici quelq|ues-unes de se» réfleiKiiOins : « Il 

• a été xéstfvé kl'hammç seul , entre tons les êtres ,' de pouvoir 

• contempler scm âme et de mesnret ses devoirs et ses droits st^rr 
» ct^lobe; car tout ce qoi vit s'igiM>re^QÎ-fiiéme^ excepté qotroi 
» seule espèce..* Puisque l'homme tirede l'intelligence toiite sa: 
» grandeur et même «on mode d'^isltocesnr la terre , ( car il 

• n'agit pas de pur instinct comme les bêtes )^ on doit le consi- 
« dérer comme un animal érnmifmment philosophe. Tout en lui 
» manifeste sa destination pour exister principalement parle 
A cerveau, tandis ^e la bête vit davantage par le corps {i). » 

Ecoutons maintenant M. Bory de Saint-Vincent, qui , inoins^ 
enthousiasle^ue M. Virey , satura bien corriger ce que celui-ci 
paroit avoir de trop ambltiettx% « L'homme^ homa, dit M; Borj y, 
» dans soli essai iur L'Homme , genre unique de la famille des bi« 
» maaes | et auquel nous croyons qu on peut adjoindre , pour 

a le rendre conspletement naturel > le genre Orang Ainsi 

» rhomnae fi'est pas* le seul être qui marche debout , et qui ^ 
« portant vers le ciel la majesté de sa face auguste ^ n^ tienne à; 
» la terre que par les pieds» Si Platon eèt connu Voràng , il l'eut 
» doAc aussi qppelé une plante céleste !•». Ce n'est point, à 
» p<!oprement parler , un trait de cynisme , mais rexpressioa 
» assea exacte d'une vérité phj^ique^ que cette phrase de Beau- 
» maf chats t Boire tansi soif et/aire l'anwurén toutiemps^ c'esfi 

> 
% 

(i) Le Régné miimat , etc. 

(a) Histoire naturelle du genre humain. 



( »56) 

» cff quidùtingue Vhonum de ta bé^.... Nous negronirMcpai 
p cet essai , ajon te-t41 , de la description mtnutiease des moiadres 
» parties externes d'un animal , dont cbacun peut se fetre ijrne 
A idée asseï exacte eti se regardant dans une glace et en se covi- 
» parant ensuite b ses semblables. » 

Aprèfr des aveuk ri httmiliantl , pour ne pas dire si dégradants , 
il est curieux de savoi» comment les neaturalistes révoltent ce 
grand problème du développement intelkcCbel de rhomme, 
qui est le titre de sa supériorité. 

Voici la singulière solution qu'en a dotinée un des premiers 
naturali3tes de FEutope : « O0 tou$ les animaux f l'homme est 
»v celui qui est le pluB long-temi» 1^ prendre les forces n^tie^ 
» saires pour se stibveiûr h lui-même* Mais cette^fc^lesse a été 
ê pour lui un twaniOgs de plus, en le contraignant de recourir 
» à ses moyens intérieurs et surtout à cette intelligence qui lui 
• a été accordée à unsi haut d^é(i)^ » 

U ^oit aisé de réfuter cette explication^ en examinant l'état 
des peuples non ciyiKséS;^ lesquels ont bien^ je pense , comme 
nÀus et plus que nous 9 cette foiblesse , qui , dit-on , est la cause 
première et nécessaire de notre perfectionnement. On poorroit 
demander ensuite comment cette foiblesse est un avantage de 
plus. Mais il est temps de parler des faits positifs qui renversent 
ces hypothèses j car siles naturalistes ont leurs faits pour prouver 
la condition brute et animale de l'homme , ce qui ^entendu de 
l'indiridu entièrement isolé et réduit h ses propres forces^ est 
incontestablement vrai y la société a aussi les siens 9 qui démon- 
trent que l'homme tient tout d'elle , et elle tput de Dieu. 

La parole donnée et reçue est le lien des iutelligences sur la 
terre. EUe est pour l'homme l'unique moyen non-seulement de 
perfectionnement y mais encore de développement intellectuel. 
Ainsi c'est la parole qui , par une génération mystérieuse y fé- 
conde l'âme humaine et perpétue la société des hommes entre 

{i) Le Rèi^ne animât , c(c. 



( »57 ) 

eux et des hommes avec Dieu. Tel doit être le se» d'une pensée 
profonde de Herder : « Gomme lliomme, dit-il ^ dans l'ordre 
» des choses naturelles , ne s'enfainte pas lui-même , il est tout 
» aussi loin de se donnler l'être, quand il s'agit de ses facultés 
» întellectuelles^i). » 

Nous pouvons nous dispenser de donner le^ preuves d'une 
vérkë qui -y sans parler de son intime connexion avec k révéla- 
tion 9 a été si b»Hi étaMiepar Fillustre auteur de la Léfflàlatian 
primitive. Faisons seulement remarquer cmnment cette doctrine , 
qui place dans la révélation divine le principe du développement 
de l'esprit lium2ân> est confirmée par les obéervatîons que nous 
offre la marche de h civilisation dans les différentes races h^** 



La civilisation ancienne avoit eu sai source dans l'Asie. Tous 
les peuples connus par l'histoire tiroient de tii leur ori^^e , leurs 
mœurs et leurs lois. On peat<encore vérifier ce £Biit> à l'heure 
qu'il est , en jetant un simplécoup-d'osil sur l'état actuel du genre 
humain, et en mettant à part tout ce qui est l'effet de la civilisa* 
tîon dilrétienne. Si nous pénétrons dans les tles placées au sud-est 
deFAsie, et jusque dans-la NouvdlefioUande, nous trouvons que 
la civiKAtion va toujours en décroissant. Les habitants de la terre 
de Van-Diemen sont dans l'état sauvage le pltis complet. Si nous 
parcourons l'Amërique ancienne du nord-est au sud-ouest, nous 
voyons la ressemblance des sauvages av-ec la race mongoUque 
s'efiacer insensiblement 9 les monuments asiatiques disparoître 
peu-à-péu , et nous arrivons enfin chez les Patagons, qui sont , 
par rapport à la civilisation , dans un état analogue aux Malais 
de rAusti*alasie. Maintenant si , revenant en Asie , nous péné- 
trons en Afrique par l'isthme de Suez , nous trouvons d*abord 
les Éthiopiens> puis les Gafres qui leur sont inférieurs^ puis 
enfin les Hottentots qui vivent dans une hideuse stupidité. 

Comparons ce prem^r aperçu avec l'ensemUe de la civilisa*- 

(i) Idéei iur la phiioiophie éù thittotrû dû Ph»maniié> 

9 •« 



( »5$ ) 

ne peut maQqtier de piQu% fiiire déooQ^srk U loi fbadAineiitate d<r 
toute civHisaûou. 

Le sijge de la citOisation chrétieaDe est en Earope^ et Roms en 
est le centre. Toutes les c6tesde l'Asie^ de TAfviqtie^der^mé- 
TÎque,, et mém^ de la Mouiielle^HoHande, qui tnbineiit Finfluaiee 
de l'action cÎTilinnle du chrMtianisme^ sont plus on moinssectic* 
dé la barbarie. Mai» l'iAterieiir de ccé- quatre parties du rnooide 
est toat entier dana Vétat sa^va^e. 

Àînai nulle pbrt ^ dan» Taiicien coimne dans le noavel 
état 4e choses » on me voit nn.peuple en dehora de la ôrilisatmi^ 
qni y soit parrenn de Inî-uiéme, oa qui ne soit tombé ou resté 
dans l'état sauvage. €e n'est ni la &ibtesse ni le temps qwenl 
manqué à tant de peuples. Il iaut eft condikre que l'action 
civilisante ne vient pad de rhoinmey mais uniquenioit de la re- 
Hgion primitive os de la rdligion ckr^lienne^ qui sont» Tono le 
commencement, et l'autre la perfection de la loi divine.' Si 
liioinne pouvoit produire et entretenir de Im-mème la sèciëté^ 
comment en Amériqne^ par exemple, oA sont réunia tous les 
elimats et tout ce que la nature offre de pins vigoureux , icbm- 
ment en Amérîque^ dis-Je, les faonames as sont-ils trônvés, 
lors de la découverte , dans l'état sauvage , et n'ayant d'humain 
sue quelques débris , qnelqnes sonvenirs des langues et des 
monuments asiatiques ? 

Semblable à ht végétation y qni n*appaioÉt que dans lea lifeux 
que les eaux vivifient , Faction civilisante et le véritable état 
social ne se montrent que là oà la rdigicm fécbnde fet germes 
de rintetligence. 

Les feîte, ainsi qae les résultats généraux de l'observation et 
de l'histoire géographique du globe , n'ont pn étreioi que som- 
mairement indiqué**. Mais y je ne crains pas de le dire , plus on 
approfondira les relations de» voyageurs» les observations et 
les systèmes des naturalistes, plus on découvrira de rapport» 
entre les traditions histcHriqiMss et kê fiaits^ sensibles*. Ce magni- 



(i5ô) 

iqHie àécofâ «lefo'iiaUire et^hk rétUé fera cottver|||«r rein un 
mAme'cciitre les rayons de Ixsciéne* nuMlerac. 



W. 



BiSToiRS DK FaiNGS» -^ 7a&^i# bistarique et pittoresque de 

Paru; par J. B* de Saint- Yî<^r(i)* < , 

V 

»■ . , < 

( GloqQièioe article. ) 

Les croisade^ ayant ëtë inspirées par la religion et préchées . 
par de9 prêtres /dévoient par cela seul être un objet de mëpris 
et de risée pour les écrivains, du dernier siècle , dont la haine 
aveugle .ne faisoit grâce à rien de ce c^çii avoit eu le christianisme 
pour mobile. Cependant ces expéditions ^saintes furent aussi une 
grande conception politique , eit aujourd'hui tous les bons eS'» 
prîts reconi^oissent que FËurope doit sa civilisation au mouve-* 
ment qu'elles imprimèrent aux peuples : en^n ^ il est probable 
qiie^ sans elles » nous serions soumis au joug des Turcs. Si les 
Pape^ n'eus$ent pas cpmpris qu*il feUoit attaquer chez elle une 
puissance formidable» menaçante, qui déjà avoit mis TEurope 
à deux doigts de sa perte y que c'étoit en Asie même qu'il falloit 
aller briser le croissant , la chrétienté, livrée alors à la discorde, 
et voyant chaque jour ses forces s'afibiblir par l'anarchie , eût dû 
céder tût ou tard au terHble ascendant de l'islamisme. Au onzième 
siècle, l'Europe étoit comme cernée par' les Mahométans ; les Ara- 
bes étoient maîtres de l'Afrique, de la Sicile, de l'Espagne presque 
entière : ils inquiétoient sans cesse l'Italie et raenaçoient la capitale 
du monde chrétien. En Asie, les Turcs Sel joucides, borde barbare 
et belliqueuse , sortie nouvellement de ses déserts , s'étoit établie 

(i)ChezMHe Carié' de la Gharie , rue d« l'École-de-Médectae , n*. 4- 
Hah Tolumes iii-8». Prix , ay«c »ttos de ai4 faucha» : is^fir. ; avec las 
^attt sanîemsne t $B fir s «Ut \»xtm letil t S6 lir. 

12. 



( i6o ) 

dans Te^ipire des Califes : elle s^avançoit rapidement vers Vi}cci» 
denl , et les Césars de. Conslaatinople treœbloient dëjà devant 
les arî^es de ces guerriers indomptables qui dévoient plus 
tard détruire leur empire. Ce peuple , que distinguoient une 
valeur féroce et un fanatisme sauvage^étoit pour les chrétiens 
un ennemi de Tespèce la plus dangereuse. Si , plusieurs siècles 
après > lorsque l'Europe avoit à* lui opposer des états et des 
populations compactes 5 des armées j^éguKères^t tout ce qu'une 
longue civilisation avoit ajoutévà l'art de la giierre ^ il a pu ef- 
frayer encore la chrétienté 5 s'il n'y a pas plus d'un^siècle que 
Vienne semble n'avoir plus à craindre ses entreprises / i{uelle 
résistance eût pu l'arrêter à cette époque oii son énergie étoit 
en quelque sorte toute nenve et son fanatisme dans sa pre- 
mière ferveur? Qr ce n'étoîent point des conquérants sen^l^lables 
aux peuples septentrionaux quiavoient envahi Fempire romain : 
ceux-ci avoienl adopté la kingue , les mœndrs^ la religion des 
nations vaincues -, mais rislamiftilie imprime à ses sectateurs un 
caractère qui les rend incapables de mélange : entre le christia- 
nisme et lui suvtout toute transaction est impossible . Avec les 
Musulmans pour maîtres , l'Europe n'avoit à attendre que la 
servitude^ la barbarie et l'abrutissement : le soi*t de la malheu- 
reuse Grèce nous indique celui qui nous étoit réservé. Voilà de 
quoi nous ont sauvés leâ Papes , en excitant , en encourageant , 
en préchant sans cesse les croisades. 

Ce fut un beau spectacle que celui de FÉurope entière^ i^ran- 
lée par la voix d'ui^ simple ermite , sans autre ascendant que ce- 
lui d'une foi vive et d*une éloquence toute brûlante de zèle et 
de charité. Le cri de détresse que poussa l'Eglise pour appeler 
ses enfants à la défense des LieuXvSaints retentit dans tou|e la 
chrétienté. Lorsque le pape Urbain , au concile de Ciermont , 
peignit le tombeau du Sauveur profané par les infidèles, les 
chrétiens d'Asie livrés sans défense à leur fureur, les cris de 
Dieu le veut, Dieu le veut! furent répétés par plus de cent 
mille voix. L'enthousiasme le plus ardent enflamma des popu- 



( i6r ) 

lations eiitière$ et lés excita à aller expier leurs fautes au miCeu 
dé périls et de ^privations sans nombre* Après tant de stècles, 
en ne peut veir encore sans être ému , cette noblesse firançoise , 
si fière et si violente , abjurant ses haines et ses divisions , à la 
voix du J^ontife, abandonnant l'héritage de ses pères pour aller 
dans rOrient conquérir le tonri)eau du Sauveur , et mériter le 
pardon de ses péchés en combattant les ennemis de son peuple et 
de sa loi. 

Dans ces guerres toutes les nations se mêlèrent et Brunirent 
sous Fétendart de la croix; oe ne fut plus qu'un seul peuple di- 
rigé par une même impulsion : tpus enfaints d'une même mère 
qui étoît l'Eglise^ la chrétienté étoit leur patrie , h^ foi leur pa* 
triotisme : elle enfanta des prodigeSé Cest là surtout que les 
François se montrèrent les aînés de Ja civilisation chrétienne et 
prirent le premier rang parmi les nations. Les grand^ prédica- 
teurs des croisades^ Pierre l'Ermite , saint Bernard, furent fran- 
cois : des guerriers françois furent presque toujours à la tête de 
ces grandes entreprises: des franpis régnèrent à Jérusalem: 
c'est parmi eux que le Tasse dut prendre ses héros pour créer 
une épopée européentie , et le nom François est demeuré dans 
l'Orient synonyme d'Européen. 

. Quelle que soit l'opinion que l'on juge à propos de se faire 
sur les motife qui entraînèrent les croisés^ il n'estpersonne main> 
tenant qui ne convienne que le zèle religieux sut opérer , dans 
de telles entreprises^ ceque la politique la plus habile n'eût pas 
même osé concevoir : le foyer de la guerre que depuis plusieurs 
siècles 1^ Mahoraétans u'avoient cessé de Êiire dans l'Occident, 
fut reporté en Orietit par ce grand mouvement militaire : nous 
avons déjà parlé de ce salutaire résultat des croisades. Si 
nous les considérons maintenant sous le point de vue moral , 
n'étoit-ce rien que ce sentiment de dévouement à une cause 
d'intérêt général ^ répandu dans toute l'Europe , que cette ha- 
bitude de sacrifier leur repos^ leurs jouissances , leur fortune , 
souvent leur vie, k une pensée dé religion et de charité, donnée 



à des liommes grossiers , ambiifeux, turbulents. U £iut reamâr*^ 
quer que tous ceux <|uis'engageoient dans ces expéditiom dé- 
voient cbereLer atiparayant à réparer les torts qu'rls avoîent pu 
comineltre ^nous voyons saint Loui^^ avant départir pour k 
Terre sainte 9 en vô jer.des frères prêcheurs dans toiit le royaunie ^ 
afin de recevoir les plaintes, que tout particulier pourrbît élever 
contre lu?, et on sait que cet'usage étoit constamment suivi. Cette 
réparation étoit, sans ebmpter tout le reste^ Favantage que procu* 
iY>it d'abord une croisade auxfoibles et aux opprimés. Il y eut six 
ou sept grandes croisades : mais dans les intervaUes de ces expédi* 
lions générales , chaque jour voyoit partir pour la Terre Sainte 
des chevaliers françois, anglois> allemands. Pendant que les 
chrétiens de la Palestine défendoient la immarchie fondée paT 
les Francs, des renforts continuels àlloient seconder ces cham^ 
pi«ns de.rSurope: llionneur^Ia Idyauté des occidentaux ne 
leur permettaient pas d'abandonner ceux de leurs frères qui 
etoient placés aux avant^postes. An. douziènie siècle , Qn'auroit 
eu peine à désigner' quelquejphevalier <Ustingué qui n'eût pas 
fait à son iour. le pèlerinage de la Terre sainte. Ce fui cette suc-^ 
cession constante de guerriers, toujours animés pair renthour 
siasmede la religion et delà gloire , toujours s'efforôant de se disn 
tinguer sur ce grand théâti'é de Thonneur européen , qui permit 
au petit royaume des Latins de tenir tête si long*tèinps aux en- 
nemis dont il étoit entouré. Nous ne parlerons pas ici dés résnU 
tats matériels des croisades pour l'Europe, de l'essor donné m 
commerce et à l'industrie, de l'importance qu'^ipqnirent les ré- 
publiques de Pise, de Gènes > et surtoiit Venise , qui joue un si 
grand Me dans Tbistoire moderne , des nouveaux développe* 
mens donn^ à la chevalerie , de l'institutioè des ordres du Tem-i 
pie et deSaint-^Jean-de^érusalem, enfin de la fermentation gé- 
nérale des esprits , produite' par le mélange des hommes et par 
ces déphcenients de populations entières : tout cela nous mèiie-i 
roit trop loin. Oceupons^noits sëulemfsnt de l'infiuence particn- 
Itère des croisades sur l'état intéfiecm de la France. Lés gueri^ 



( «â> ) 

prîyë^» qui aiij^t^f atit «UsAnglftAtoîent k royaume (Wrent sus- 
petidu^â, et datié rint^'v^ltedecôspieùsésexpëditioiis nç se rkU 
laoïére&tpIfisAvec la même fureur. «Ce fut, dit M. de Saîiit-^ 
Vietor, à la farettr de ces heui^eûses diversions qui tournoient 
contre l'ennemi comiiiun des chrétiens les forces que jusqu'à-» 
lors ils avoiént lait servir k leur pro{M*e destruction , que les rois 
purent saisir quelques-unes de ces anciennes prérogatives de la 
couronne quêtant de révolutions et de vicissitudes leur avoient 
fait perdre, tendre la liberté aux villtô, commencer l'afiran- 
ctûssement des 8er6> redevenir les chefs suprêmes dés justices dé 
leur royaume : ce fut par suite de ces guerres lointaines que 
leurs domaines reçurent dlmmenses accroissement^ du grand 
nombre de fie£i que la mort de leurs possesseurs et l'extinction 
desfamillesj firent successivement rentrer. Ainsi se consolidoit 
leur pouvoir et s'afibrmissoit en même temps la tranquillité pu- 
blique.,» 

C'est ici le lieu de dire quelques mots de là politique que sni- 
vii'ênt les rois de la troisième racé pour accroître leur autorité* 
Nulle part dilè n'a été signalée avec plus dé sagacité et de jus- 
tesse que dans le Tableau de Paris, Cet ouvrage, nous le répé- 
tons , contient sur toute la suite derbistoire de France les vues 
les plus neuves et les plus heureuses. 

Philippe^ Auguste le premier fonda sa puissance sur des 
bases solides et se rendit indépendant de la confédération 
féodale. Nous avons déjà donné une idée de la situation poli- 
tique de la France sons les premiers rois de la troisième race. 
Lorsque Philippe tnonta sur le ti'ône, le premier vassal de la cou- 
l-onnè étoit infiniment plus puissant que le toi. Durant l'espace de 
peu d'années, le roi d'Angleterre, déjà duc de Normandie, avott 
réuni à ses possessions la plupart des grands fieb de France. 
Indépendamment de son royaume d'outre-mer ^ et seulement 
comme prince françois ,. il surpassoit tellement son suzerain en 
puissance , qu'on devoit s'attendre à lui Toir bientôt occuper sa 
place. C'était le funeste ditoreé d'Eléoaore de Guyenne avec 



( 164) 

Louis-Ie-leiuiee^^on mariage avec Henri Pkotagenet qutavoit 
données immenses accroissements àjin.pouToir déjà trop 
considérable. Maître aa nord de Ta Loire, .du Boulonnois, de la 
Normandie , du Maine , de TAnjou et de la Bretagi^e^ il étoit 
presque seul possesseur des provinces au midi de ce fleuve. La 
Touraiae^ la Saintonge , le Poitou , la Guyenne , la Gascogne , le 
Berry, le JUmousin y la Marche et la plus grande partie de l'Aju* 
vergne étoient à lui« Enfin, les possessions de Henri étoient à-peu- 
près doubles du domaine de la cot^ronne dont avoit hérité Phi*- 
lippei>Âugaste^ réuni à celui du reste des gr9nds vassaux, sur 
lesquels il ne pouvoit guères compter ,^t qui , s'ils se réunissoient 
quelquefois au roi de France, par crainte du terrible ascendant 
de son rival , &isoiènt aiissi soVirent alliance, avec celui-cL 

.La rivalité des rois de France et d'Angleterre n'étoit pas , à 
cette époque ^ ce qu elle fut dans la suite , une querelle de na- 
tion à nation. Leurs combat avoient alors tout le caractère 
d'une véritable guerre dvile. Les rois d'Angleterre étoient 
françois par la langue, par les mœurs, par leurs souvenirs^ par la 
place qu'ils tenoient dans le corps politique. Ce n'étoitpas pour 
les François ^ mais bien pour les Anglois , que Henri II ou Ri- 
chard-Cœur-de-Lion étoient des étrangers : l'Angleterre leur 
fournissoit de l'argent et quelques hommes pour leurs armées , 
mais ils ne connoissoient et ne suivoient que les lois et les usages 
de France -, tous leurs nobles , tous leurs évêques, presque tous 
leurs sojdats étoient françois ; leur résidence habituelle ^ le lieu 
de leur sépulture étoient en France- Ils ne parloient que le fran- 
çois 5 l'anglois étoit pour eux on javgon barbare dofit ils n'au- 
roient voulu se servir pour rien au monde , et Henri II ne savoit 
même pas ce que sjgniûoit le mot de roi dans cette langue, ^i^ 
chard , dans le cours de son régne , passa à peine six mois en 
Angleterre :' les indigènes de ce pays étoient encore traitas en 
peuple conquis > qu'opprimoient et méprisoient les fiers bavoir 
normands. 

Ave€ un aussi redoutable ennemi auseinde leur royaume, le» 



f »65) 

rôîs de France navoientguères d'autre .dtfense que le respect 
géo^ral pour la foi , et rhommage que 1^ vassal devoit à sou 
seigneur et qui &i8oit la base du système léodaL Mais ce n'eût 
été qu'un bien foible préservatif 9. qui n'aui^oit pu tenir devant 
l'ambition et la puissance des rois d'Angleterre ; si cet état de 
choses eût duré long-temps encore , si des circonstances favo- 
rables y et dont PhiUppe*Auguste sut profiter avec habileté , 
n'eussent mis ce prince à même de réparer presque entièrement 
les suites fonestes du divorce d'Eléoiiore.. Au vaillant Hichard- 
Gœur-de-Lion succéda Jean-sans-Terre , prince aussi inécfaant 
qu'incapable >. auquel Philippe enleira successivement presque 
toutes les provinces de France. Ses victoires sur le roi d'Angle- 
terre et celle qu'il remporta à la Êimeos^ journée de ^ovines 
sur l'empereur et le comte de Flandre , mirent un terme à l'indé- 
pendance des grande vassaux , ^ hii acquirent ^ sur cewL mêmes 
qu'il n'avoit pas vaincus ^ une autorité à laquelle aucun de ses 
prédécesseurs n'auroit osé prétendre^ La suprématiedu pouvoir 
royil fut rècoi^nue et h jamais établie*. Aucun baron , lorsqu'il 
se trouvoit seul, n'osa plus défier ouvettement le monarque 
ft'smçois : auparavant, chaque seigneur , une fois qu'il avoit payé 
à son seigneur féodal , pendant un petit nombre de jours ^ le 
service militaire qu'il lui dévoit y se cn>y oit absolu dans sa terre , 
et dispensé de donner d'autre raison de ses actions que sa vo- 
lonté ^u son épée. Sous Philippe j les murs et les fossés d'un 
château cessèrent d'être une barrière suffisante pour arrêter 
l'autorité royale , et quoique les vassaux ne renonçassent pas à 
toute leur ancienne indépendance , ils sentirent qu'elle-devoit 
avoir des règles et être appuyée sur des droits certains pour 
qu'ils eussent qudque chance de la défendre. Les succès- 
seurs de Philippe continiièrent ce qu'il avoit commencé , 
et leur autorité alla toujours croissant de règne en règne. 
Plusieurs causes contribuèrent à faire sortir les Capétiens 
de l'état de foiblesse et d'obscurité où ils se trouvment 
d'abord, et à rendre leur . puissance incom|)arablem^t plus 



( IW ) 

(^r^ndd «C turtDut ptoiditirahlt êi plus solido que «eU« dcàmis dm 
Aieax premières rac69. Chose iiftgalière , la feîbleaie ifiême^de 
ces princes Ait une 4e ees <Miases. Le plaid générai, ou anem^ 
bîéc de la nation , n'avoit de bat , saos les deux premières r«oes^ 
que de limiter la puissanee des rois et de soamettre leutt décretsi 
& la sanction de la noUessa entière. I^a royauté de Hagiies^» 
pet et de ses premi^ers successeurs n'uvo^t , comme nons l'uvons. 
vu , aucun rapport a?ec la monarchie administratÎTe dts succès* 
seurs de Gharlemagne. Lejv^aûlg^n^m/ n'atroçitdonoplusdebtttt 
d'ailleurs il liinitoit i^ussi la puissanee des sdgneurs^ parce, qu'il 
s'y faisoit appellation de leurs justîpefr par4icalière9 ; et comme 
îfs vouioient en fidredes justices souTendues, ik le laissèrent 
tomber, en désuétude. Mcrisy tandis 4]uela puissiiuce ^ti^ordir 
naire qu'ils s'éloient arroge les afiidibUssoit en les isotaut,^ 
celle du roi s'accroissoit beaucoup .par va ooocours de circons* 
tances dont nous avons fait mention* Son plaid paritasli^t prit 
alors la place du plaid général* Tout les vassaux iaférieursi^ 
toute la population des villes , tout ce qui ne fut pat sous la dé* 
pendancelmnrfdiatedes fvands vassaux devint dépendant de lu 
justice du roi« 

Une autre eause de raffermissement de bt puissance royale fut 
Tordre noufeau de suceessiou qui s'établit ^ et eu. vertu duquel 
l'bérédité de la couronne forint le<partage e&elusif de l'aîné dea 
itls du rei ou de tout antre prince qui représeuteroit cet atué* 
C'est à tort que nos historiens ont attribué cette iM^velk dispo- 
sition à la politique profonde des premiers Capets ; la vérité est 
que les circonstances seules nécessitèrent rétablissement de cett» 
lot fondamentale. Le partage d^ lasncoessiôn royale # sous tes, 
premièrearaces^y n'étant que cduide l'immense domaine de la 
l'aniille souveraine ^ comment les comtes de Paris y devenus rois^ 
aoroient<ils pu partager leur petit comté de manière à. laisser 
plusieurs rois après eux ? Hs pouvoient enjcore moins créer pour 
telles ou telles provmces des rois aana territoire qui n'y auraient 
fias iété reconntis. |1 n'y eut d«me ^'un seul héritier ^ pa^ce qu'il 



r 



n'y 'ayotf ^u'uor s6id domaine indiviflble^ <C que par comëqueui 
il éioit ituporàble que la possession fit partagée. Cette circona* 
tahee devint dans la suite le gage le plus sûr de la splendeur et 
de la prosp<{ritë de la troisième race. Finissons par une citation 
de M. de Saint-Victor, qui nous paroît très-propre à faire com- 
prendre le point de vue tôut-à-fait neuf sous lequel cet écrivain 
a envisagé l'histoire de France ou plutôt cellode la société chré- 

« 

tienne toute entière, t Si l'on suit attentivement la marche de& 
premiers Capétiens, dit-il, on n*y voit qu'un dessein assez cous* 
tamment suivi , et qui semble avoir été tout le fond de leu|^ po- 
litique r ce fut de chercher dans le peuple un arppoi contre k no- 
blesse^ ce qu'ils firetit ^ comme nous Favbns déjà dit, finr le 
besoin qu'ils eurent, en faisant rentrer les covmnnnês tons leojr 
juridiction , de leur accorder de' nouveaux privilèges, turtout 
par rim|>or tance qu'ils donnèrent àmt bourgeois de Paris , qoi 
dévoient abuser de ces &veurs extraordinaires et de ces coBcestt 
sions imprudentes. Ce fiit une faute grave qui eut les plus fît* 
nestes conséquences pour la monarchie, et d'autant pieu funestea 
qn^én même tétnps que ces princes miettoifent tout leur soin k 
élever le peuple et k abauser les grands , ils combattoient da 
toutes leurs forces l'influence si naturelle , si légitime , et surtout 
M salutaire de la puissance spirimeHe, de cette puissance qui 
déjà avbit été le salut de la France, qui seule encore pouToit 
offrir k h puissance politique un véritable appntv Dans cette 8Ϋ 
tuation précaire où il avoit plu aùt rOis Capétiens de se placer^ 
entre des nobles factieux et des plébéims indociles , il ne parotl 
pas qu'aucun d^eux , à aucune époque , ait entièrement Compris 
quel immense secours il en ponvoit tirer; et qu'une^ société 
chrétienne se tronvoit en contradiction atec me-méme , n ia 
puissance temporelle n'j étoftpas y même sous certains rapports 
qui semblent aux esprits vulgaires purement politiques, sou<' 
mise aux décisions de cette puissance unii;^ersel)e , instituée par 
pieu même pour être la règle suprême de la société entière defc 
iiclèlès, et pour tout ramener sani éi^sseii là sublime unité.;..... 



( i68 ) 

Ces considératidiK si importantes recevront plus tard leut* déve- 
loppement^ il suffit de les indiquer ici pour faire bien comprendre- 
la suite des ëvénements* » 

R. 



CIRCULAIRE RELATIVE AUX PROTESTANTS.. 

* 

Les journaux ont annoncé, il j a quelque temps , qu'au m^ 
ment où M. le ministre des af&ires ecclésiastiques envoyoit aux 
évéiques une circulaire pour les presser de répondre à la série 
d€ questions proposées par la commission des petits séminaires, 
une autre circulaire, élnanée du ministère de l'intérieur , étoit 
adressée aux présidents des consistoires protestants, pour leur 
demander des renseignements sur les pasteurs et candidats pla- 
cés sous leur surveillance. Celle-ci &isoit le pendant de l'autre , 
et l'âdminislratioù avoitsans doute pensé que, pour rendre moins 
révoltante l'inquisition dirigée^ contre les établi^ments cat}io- 
liques , il n'y avoit rien de mieux à faire que de soumettre aussi 
les ministres protestants a une enquête. Cette manière d'admi- 
nistrer par compensation ou plutôt par bascule a été trop en 
usage depuis la restauration pour qu'il j ait lieu de s'é tonnée 
beaucoup déce nouvel exemple : cela est dans l'ordre du désordre 
au milieu duquel la société vit comme elle peut. 

On conviendra, toutefois, que les feveurs de l'inquisition 
ministérielle ne sont pas distribuées égalenient. Quels renseigne- 
ments demande-t-on aux présidents de consistoire ? Les questions 
absolument indifférentes mises à p«rt , tout se réduit à demander 
des notes confidentielles sur la conduite , les tatetUs des ministres 
ou candidats au ministère , et sur ce qu'on peut attendre d*eux 
pour le bien de la religion^ pour V encouragement des peuples aux 
bonnes mœurs , etla propagation des sentiments d'amour et de 



( ><59) 

fidélUé^iue iom ksfmnqois doiveM à leur^uffiste monarque. 
SansdoiMe des notes confidentielles de. ce genre ne sont pas 
laites pour plaire aux ministitas. protestants | et nous concevons 
par£iitement leurs répugnances à ce, sujet; mais aussi la doc- 
trine que leurs églises ont si souvent proclamée^ relativement à 
leur dépendance du pouvoir, temporel , ne justifie-t^elle pas le 
procédé de 1 administration ? Dernièrement ei^core , une déch' 
ration de principes , insérée dans la Rex^ue protestante , a établi 
que -les ministres exercent Jeur, pouvoir en vertu du droit que 
leur en donne F tn^orité civile (i). Avec de pareils principes , 
quel mo jen de nier que l'autorité civile puisse soumettre les 
ministres^ au moins au régime des notes confidentielles ? A propos 
de cette circulaire , le journal du Commerce s'exprimoit ainsi : 
« On écrit de plusieurs villes qu'elle a jeté Falarme parmi les 
» pasteurs , qui ne peuvent comprendre le but de ces reclierclies 
» inquisitorialesy et parmi les présidents de .consistoire eux- 
» mêmes, qui ne se soucient aucunement d'être constitués les 
A surveillants ou même les dénonciateurs de leurs collègues, 
n Que ces derniers prennent le parti de ne pas répondre , ils 
« en ont le droit , et feront très-bien d'en user, » Encore une 
fois 9 nous comprenons l^s alarmes } mais quant au droit de ré- 
sister, à cet égard à ^autorité civile qui leur donne le droit 
d'exercer les fonctions de ministre , la malheureuse déclaration 
de la Revue protestante né\Û9se pas moyen d'en convenir. Toute 
église qui n'est pas<:atholiqu€| est nécessairement nationale y et , 
comme telle , entièrement dépendante du pouvoir civil. En 
rompant avec la société religieuse universelle, les sectes re- 
trouvent l'esclavage p9ur prix du schisme : leur asservissement 
est leur propre ouvrage. 

Mais il n'en est pas ainsi de l'Eglise catholique , qui n'a jamais 
_ reconnu et ne reconnoitra jamais que les successeurs des ap^ 
exercent leur pouvoir spirituel en vertu du droit que leur d 

(i)_Livraispn de janWer. 



m 



C ^1^ ) 

fâotc^rit^ laîqtie. Austî , Mtfàat V^péee A*eaqfàèU^éiàJiié par lè 
initiistérede Tintérieùr est tonk>rm€ h h poèilîoa civils du priH 
testantisme , autant Tenqnéte ofdonnëe pm* le minâst^re des 
affaires éisclésiastiques dioqae les principes invambles du calho* 
licisme. Sans parler îcitleriniporlaDeR que l'admimstraiioii met 
à savoir si les âéves des éeoles secondaires eocléaiastîqiie^ por-^ 
tent la soatune et le petit coHet , eomnie s'il n appartenoit pal 
aux évèques d'établir à cet^ard Tusagè qui leur parott le fibn 
convenable , sans parler mm plus de rinquiskioa à laquelle on 
éoumét même la musiquedespetit^mimfresy qui ne voitcpt'en 
demandant si les professeurs de ces ëtabKslieflieiits font povtie 
d'une congrégation reltgieose , l'adttinistfstion s'arroge le droit 
de les interroger sur ce qui ^t hors de sa compétence , stir les 
rœux qu^ils ont faits ou pourront faire à Dieu, et qu'établissant 
ainsi une confession d'un nouveau genre , elle les obltgeroit k 
dévoiler aux bureaux de la me des Saints-^Pères. le secret de leurs 
consciences? Qui ne voit encore qu'exiger un compte rendu 
des ressources é^entuelies des petits séminaires y c'est uienacec la 
cbarité des fidèles , c'est soumettre à une 9orte d'enregistirjBmeot 
sinistre jusqu'à ces faibles secours destinés* à fiMumir à un 
pauvre séminariste un habit décrat ^ ou le p«n que ses parents 
ne peuvent lui donner? De ces deux prétentions, la première 
établit le despotisme sur les consciences , la seconde une odieuse 
police de raumône. Par Ik on attaque en même temps les deux 
principaux droits de PEglise ; car Si'il n'appartient qu'à elle de 
régner sur les consciences^ parce qu^elle leur commande avec 
l'autorité de la foi , il est également vrai qu elle ne sd>siste , 
humainement parlant, que par la puissance de la cbariCë. 
Ainsi les circulaires ne sauroient être comparée» , non^se»* 
lemcnt parce que le^ questions proposées ne sont pas de la même 

*ure , mais surtout à cause de la position très^lîfférente de la 
igion catholique et du protestantisme à l'égard du pouvoir 
civil. 
Cependant les protestants n'ont pas laissé que de réclamer* 



( .'7' ) 

tln^vinuni fMriDcipaux .oi^ganeft, le journal .dû9 Arsluifcs Ju 
vhrUMfUuim , s'«lève avec force contre la . circulaire q(ii (es 
coBceme ; il y Y«it un empiëtement de pouToir , il dénonce le 
pîëge.âeft noies oonBâeiitieUes , et s'ëcrie : « Si les présidents de 
» consistoire répondent , tous les dangers qiie nous venons de 
» signalàr subsistent >A*ib ne répondent pas> à quoi bon la circu- 
» kiire(i)?i>Ke soyons pas moins prudents 4 sileprotesCantisiiiCy 
tout dépendant qu'il est du pouvoir temporel y repousse une 
m^estigation qui n'est cependant qu'ux^e application de sa 
propre -doctrine f de quel oui /le clergé catliplique doit-il envi- 
sager la tr^e inquisiilion ministérielle , paiement c^firayanfe 
pMur la. charité des fidèles « la liberté des congrégations reli- 
gienes y et l'autorité des évoques ! 



^f¥V K ^V \ 'V^%.y¥VV*lvi^V*^>^ \ ^^AM ^ yf>MtA MàM *à»milà^/t M ÊfVfÊ^^^^ 



Le FmAi«iciDB> ou Gillu ni BniTiiGim ^ chrQni^ue du, ^uin* 
%ième sièêle ; par M. le vkomis Wdsk f auteur des LeUfe$ 
^vendéennes j etc. (a) 

Au milieu du quinzième siècle , f un des fils de Jean Y fat re- 
légué , après la mort de son père, dans un château d'Anjou , 
par son frère François I , duc de Bretagne. La cause de cet exil 
étoit lapréférenceque le peuple accordoltanjeuneprince surson 
atné. Seul avec son épousé^ dans un pays inconnu qui ne lui rap* 
peloit le souvenir de Sa patrie que par d'affîgeants contrastes , 
environné de traîtres que lé duc avoit placés auprès de lui, 
victime de leurs délations calomnieuses > il fut enfin chargé de 

(i) Livraison de mars. 

(a) Fsris t \9(Vj* "»- Dea« v«L io-ts ; pri^ : &ff* 5a o«at. , ct8 fr. 5o cent, 
parla poste. Ghes Hifsrti libraire, me des MatburiQs^Saint'JacqQes, 
a«. i8. 



f i^a ) 

fers et tratné d« prison en prison. En proie à tontes le^ Ii6ti*eitri 
de la captirité et de la misère , le noble rejeton de tant de 
princes se vit réduit à mendier en vain les pfais Tib alim^its. 
Toutefois son agonie fut trouvée trop lente par son frère ^ et le 
crime de Caïn se renonvek. 

L'imagination ne pouToit ajouter aucun» détail ii Tépottran^ 
table réalité de ces traditions. Aussi M* le vicomte Walsk a-t-il 
cru devoir conserver à son roman la fidélité de l'histoire. Mais 
alors on se demande comment un pareil texte a pu fournir deux 
volumes à l'auteur , et l'on conjecture avec raison que la res- 
source des épisodes a dû être fréquemment employée. Pou voit - 
elle l'être sans que l'unité fût rompue? Cest une question que 
nous allons examiner en peu de mots. 

Il existe deux espèces d'unités. La première consiste dans l'ex- 
position d'un' seul fait ^ qui peut être entouré d'épisodes ou de 
faits secondaires liés avec .l'action principale par un rapport 
plus ou moins intime, mais nécessaire. La seconde , beaucoup 
moins circonscrite , se retrouve > d'une manière dijfférente, 
dins le développement d'une idée morale , dans le tableau 
d'une époque historique , dans la peinture des caractères. 
Cette unité est celle de Shakespeare, de Schiller , de Ifalter- 
Scott. Quel que soit le mérite d'un assez grand nombre de com- 
positions Uttéraires qui la reproduisent, il faut convenir que si 
elle offre de grandes difficultés aux esprits supérieurs , elle offca 
aussi de grandes ressources aux esprits médiocres , en ce qu'elle 
ouvre une carrière sans limites aux écarts de la pensée et de 
l'imagination. C'est cette seconde sorte d'unité que Ton retrouve 
dans l'ouvrage de M. le vicomte Walsh. Il a peint les mœurs, 
les caractères , les habitudes , les usages des Bretons du quin- 
zième siècle. Cette peinture, parfois naïve, attendrissante^ su- 
blime, et toujours fidèle, est le véritable mérite de son livre, et 
révèle dans l'auteur un talent très-distingué d'observation. 

La plus belle figure de ce tableau si intéressant est celle du 
prince Gilles, rempli d'une bouillante valeur , confiant jusqu'à 



(175) 

TezeèSy quelquefois même jusqu'à rm?raisemblance> fief ^ ira»- 
dble> versant des pleurs pour un affront^ et cependant accessible 
aux émotions^ les plus tendres^ prêt à oublier ses animosités etses 
ressentiments au doux souvenir de la patrie et de la famille. Sa 
jeune épouse , Françoise de Dinan , modère la violence de ses 
transports par ) ascendant que lui donnent ses vertus et son 
inaltérable douceur. Résignëe dans la disgrâce » courageuse 
quand le inalbeur s'appesantit sur son époux , elle ne cesse de 
trouver dans la naïve simplicité d^ sa foi des lâotlfs de consola- 
lion et d'espérance* Le récit de sa mort est déchirant C'est du 
fond de son cachot que Gilles aperçoit deux* cercueils y qu'un 
vieux prêtre conduit de l'église de Notre-Daone des Anges au 
cimetière de Moncontour : un serviteur fidèle^ qui n'a vécu que 
pour ses maîtres y les accompagne eu pleurant» Iran est celui de 
Françoise de Dinan , et l'autre, celui du fils auquel elle a donné 
le jour dans les douleurs de son agonie». 

Le caractère du Fratricide se développe et se soutient d'une 
manière admirable. Dévoré d'une sombre jalousie , il cherche à 
justifier h ses propres yeux sa haine sacrilège ; mais on aperçoit 
que la main divine la à^k frappé. Il ne peut entendwsans fré- 
mir les acclamations par lesquelles le peuple lui demande la 
grâce de son frère. Ce qui augmente l'horreur du supplice anti« 
cipé qu'il éprouve, c'est la crainte de Dieu ^ qu'il n'a pu bannir 
de son âme. Enfin, il suit de près sa victime dans la tombe', et 
à sa dernière heure le rependr se lit sur son front déjà flétri par 
le signe de. la réprobation céleste. . 

Habile dans la peinture des caractères qui se distinguent par 
la franchise, la sensibilité, l'honmeur, M; le vicomte Walsh nous 
paroît avoir fait agir et penser avec moins de succès les person- 
nages astucieux , hypocrites et perfides qu'il met en scène. Le 
maréchal de Bretagne est maladl'oit et imprévoyant ; Olivier de 
Méel, Jean Hingant^ Pierre-lâ-Rose sont des traîtres, fort mé^ 
chants sans doute , mais dont la j^tudence la plus ordinaire dé- 

9 1* 



( »74 ) 

concerteroit les complats. L'habile écriraift ne noui semble pal 
aToir assez réfléchi sur de semblable^ rôles. Cette observation 
est-elle un éloge? est-elle une critique ? M. le vicomte Walsh 
peut choisir. 

Si le Fratricidt étoitun ouvrage destiné à n'amuser que pour 
un temps la curiosité des lecteurs , nous bornerions ici nos ob- 
servations 3 mais comme il renferme en lui-même tous les élé- 
ments d'un succès durable , nous croyons devoir signaler quel- 
4]ues défauts que nous n'ajrions pas remarqués dans l'entraîne- 
ment et le charme d'une première lecture^ mais qu'un examen 
plus attentif nous a fait apercevoir. La pré&ce nous apprend 
que les malheurs de Gilles de Bretagne dévoient être un épisode 
des Lettres Bretonnes , dont nous attendons la prochaine publi- 
cation 5 mais que la craiûte d'un débat de proportion détermina 
Fauteur à donner à son récit la forme sous laquelle il paroît 
aujourd'hui. Il est facile de tirer les conséquences de cet aveu. 
Le Fratricide, n^esi pas composé d'un seul )et. La narration du 
fait principal, trop longue pour un épisode , devenoit trop 
courte pour un ouvrage séparé. Il a donc fallu , pour lui donner 
rétcndwB nécessaire, employer la ressource des digressions, 
. quelquefois même des longueurs. Le rare talent que nous avons 
admiré dans l'histoire du lépreux nous été le courage de repro- 
cher à l'auteur ce récit épisodique , qui nous a rappelé naturel- 
lement une concurrence redoutable, mais qui, présenté sous 
une face nouvelle^ réveille dans notre âme ce vif intérêt et ces 
émotions profondes dont le Lépreux de la cité d'Aoste sem- 
bloit avoir épuisé la source. 

Nous serons plus sévères à l'égard de la description des fêtes 
de Chinon : elle suit de trop près l'épisode du lépreux , et mal- 
gré l'intérêt de curiosité qui s'y attache , malgré la nouveauté 
et le piquant des détails, malgré Je talent supérieur avec lequel 
sont racontés les exploits et la mort de Jeanne d'Arc , nous avons 
trouvé que DOtre attention avoit été trop long-temps distraite 



(175 ) 

^u sujet principal , et ç|ue d'ailleurs cet épisode , entièrement 
étranger aux traditions historiques de la Bretagne , n'occupoit 
point une place naturelle dans une chronique bretonne. 

Nous ne dissimulerons pas à M. Walsh que , dans le premier 
volume, l'action marche avec trop de lenteur , et qu'il y a beau- 
coup d'invraisemblance dans certains détails. Comment le prince 
Gilles y qui doit avoir l'expédence des cours , puisqu'il a atteint 
sa trente-deuxième année y ne connoît41 pas un seul' des traîti*es 
qui l'environnent et qui remplissent presque toutes les places de 
sa maison? Comment;! lorsqu'il dicte au perfide La Rose une 
leftre de laquelle peut dépendre sa destinée 9 et que le misérable 
scribe dénature indignement , ne prend-il pas la précaution si 
naturelle de la reBre , et la signe-t-il après j avoir jeté un simple 
et rapide coup-d'œil? Pourquoi ne la communique- t-il pas à son 
épouse? Pourquoi Françoise elle-même 9 qui n'ignore pas la 
profonde perversité du maréchal de Bretagne , ne communique- 

t _ X. 

t-elle pas ses craintes ,au prince ? Enfin 9 pourquoi ce même 
Arthur de Montaubaii 9 qui avoit autrefois demandé la main de 
Françoise , et qui Taime toujours avec passion 9 se trouve-t-il à 
la cour du jeune prince, auprès d'un rival préféré, auprès de 
son ancienne fiancée 9 que sa seule présence doit embalrrasser et 
contraindre ? 

Nous nous empressons d'avouer que toutes ces imperfections 
sont dissimulées par l'intérêt des événements et des tableaux 
qui se succèdent sous nos yeux , et par le charme du style qui 
reproduit avec tant de vérité les émotions de l'auteur. Déjà les 
suffrages publics ont accueilli cette production si originale et si 
neuve. Il dépend de M. le vicomte Walsh de la rendre plus digne 
encore des lecteurs éclairés auxquels il la destine^ en soumet- 
tant à tm examen sévère quelques parties de son travail , en 
corrigeant quelques termes incorrects ou affectés , qui ont 
échappé à la rapidité. de la composition, et que nous n'avons 
pas besoin d'indiquer à son goût si pur et s| exercé. 

L. E. 

i3. 



( •?«) 



^ 



Vues sv% le flan d'uh cov&s de philosopsib , govçv D^juniss 

LES PE1KC1PE8 DV SEITS GOMMUIT. 

U)6IQUB GiN4BÀt.K. 

I 

X ( Deazième article. ) 

Bien différente de la Logique spéciale ou' dialectique ^ qui^ 
comme nous l'avons m, n'a qu'une valeur purement nominale^ 
qui n'est que la science des conséquences ^ abstraction faite de 
la vérité des principes , et qui ne redresse que les vices du rai* 
gonnement sans pouvoir atteindre les erreurs de l'intelligence , 
la Logique générale est celle qui fonde la science, qui la dé- 
montre y qui la légitime , qui tend à mettre notre raison en 
harmonie, dans Y ordre de conception^ avec les lois qui la régissent 
dans Vordre de foi , c'est-à-dire à démontrer rationnellement 
que la foi est la base de la raison humaine* Et en effet, les lois 
régulatrices de notre intelligence étant de telle sorte qu'elles se 
posent d'elles-mêmes dans Vordre de foi ^ et dominant si im- 
péirieusement notre nature qu'il lui est impossible de s'y sous« 
traire y c'est un des plus beaux privilèges de notre raison de 
reoonnoître la nécessité de ces lois dans Tordre de conception , 
de savoir, par une juste appréciation de ses propres forces, 
s'assigner à elle-même les bornes qu'elle ne sauroit franchir ûn- 
punément -, et c'est ainsi que notre obéissance spontanée dans 
Tordre de foi devient réfléchie dans Tordre de raison. 

Cbap. I*'..-* Observations préliminaires sur la certitude : état 
de la question que la Logujue générale se propose de résoudre m 

On distingue Ordinairement , en philosophie , deux sortes 
de certitude s 



( Ï77 ) 

1*. La certitude de/ait , c'est-à-dire la croyance ferme et iné- 
branlable que tout homme vivant en soci^é a nécessaixement 
& mille et mille vérités de l'ordre physique ,. intellectuel et 
moral, sans examen préalable. Cette certitude existe : toutes le» 
actionjs humaines en font foi. Les pyrrhoniens inéme ne la nient 
pas. Ils admettent la nécessité d'agir^ en hii assignant son fon-^ 
dément et sa règle dans cette certitude de fait» 

a". La certitude rationnelle , qui est, selon les philosophes , 
la certitude de droit , et l'assurance démontrée que les chosesi 
sont en elles-mêmes ce qu'elles nous paroissent être et telles^ 
que nous les voyons. 

Signaler ici la grande aberration de la philosophie. ITayant 
pas compris que la Certitude rationnelle , si l'on veut qu'elle soit 
quelque chose , n'est autre , dans son principe , que la certitude 
de fait y qu'elle n'en diffère que sai^ un point de vue logique»'^ 
que la certitude défait est non-seulement certitude de fait y mais 
aussi certitude de droit y certituc^e par excellence, que la ce/v. 
iitude rationnelle ne peut être autre que le procédé logique pat 
lequel Fintelligencç humaine constate la réalité d'un droit pré- 
existant , la philosophie a voulu chercher la certitude nationr 
nelle dans les conceptions isolées de la raison individuelle. De 
là l'inutilité des travaux dans lesqudis elle s'est épuisée , voyant^ 
^ chaque période de son histoire, le scepticisme, cet ennemi 
acharné des pi^étentions exagérées de la raison humaine^ saper 
par la base les systèmes qu'dle avait si laborieusemient élevés , 
«t creuser chaque jour un nouvel abîme sous le nouveau fon-s 
dément qui venoit d^étre donné à la science^ 

Le but de la Logique générale est de replacer la raison hu- 
maine sur sa véritable base^ de prouver que la certitude ration^ 
nelle ne peut être autre ^ quant à son principe , que k certitude 
dç/dit; en&à, que la foi est tout ensepible la loi constitutive 
et régulatrice de notre intelligence. 

La l40giqujs générale ne pourra nécessairement procéder 
«ontre l'erreur qu'elle réfute ^ qu'en déduisant rigourewemeut 



( »78 ) 

les consëquences de certains principes communs admis des deux 
parts (i). 

Or 9 lorsque les logiciens traitent de la certi'tude considérée 
selon ses divers objets , cerdiude métaphysique j certitude mo- 

(i J U ne faat pu oabliv cependant que la doctrine du teuê commun , de 
môme qu'elle s'établit hgiquomtnt, peot s'établir aussi historiquement et 
métapkytîquement, 

Hittortquement : c'est-à-dire « en constatant la perpétuité et l'nniTer- 
aalité de la Térité an milien des'variations de l'erreur» et de tontes les super- 
stitions ou luTentions locales qui l'ont plus ou moins déSgurée. Bien que cet 
ordre de considérations soit tout-à-fait en dehors du cours de philosophie» 
nous ne pourons nous emp^her d'insister sur sa haute importance , et de 
faire remarquer les progrès immenses qui ont été faits depuis quelques 
années dans la science de l'antiquité. Quoique l'histoire» qui a pour bot 
l'étude des faits , semble de sa nature indépendante de tontes les théories , 
on ne sauroit croire quel nuage les doctrines gallicanes qui ont embrouillé 
tout le christxnnismef aY;oient {été sur les antiquités religieuses et morales 
de tous les peuples. A la Toix de Bossuet gémissant sur ces époques mal- 
heureuses où tout étoit Dieu, excepté Disk lui-mémo, les disciples enché- 
rissant sur la parole du maître » ou plutôt le comprenant mal» comme nous 
ra?ons démontré , crurent dans leur séle indiscret que la plus poissanée apo- 
logie du christianisme consistoit à opposer sans cesse l'alliance^e .toutes les. 
Téritéssous la loi chrétienne» à l'anéantissement de toute réritéau temps du 
paganisme. C'est ainsi que peu-à-peu on s'accoutuma à ne plus Toir dana 
toutes les croyances mythologiques qu'un tissn d'absurdes fictions, propres 
tout au plus à nourrir et à exalter l'imagination dans le domaine des arts » 
mais dont l'ensemble deroit être repoussé par la raison outragée. Bon do 
l'Effliâo, point dôtûluit c'est-à-dire» selen^le gaUicanisme»Aors<&/a5yna^o^«e« 

avant JéiiU'Chritt^nuUomritieatkoUqt», pointdotaiut Les doctrines ^lli- 

' canes ont à répondre de tous ceux que ces principes ont précipités dans l'incr^t- 
dnlité. Mais des esprits moins prévenus ne tardèrent pas à comprendre le» ' 
funestes effets de pareilles apologies. Les doctrines qui afuient ainsi défiguré 
la religion et égaré l'histoire furent hautement désaTOuécs. L'antiquité» inter- 
rogée par une philosophie Traimcnt chrétienne» ne tarda pas à rendre témoi- 
gnage de la manière la plus éclatante en faTeur de la religion, rcTcndiquant 
l'unifersalité» la perpétuité, en un mot la catholicité de ses dogmes. Et va 
les efforts des savants » dont l'érudition paie chaque jour dans cette grande 
dbcussion un nouveau tribut à la religion» la valeur des données histori- 
ques qui tendent à consacrer l'universalité et la perpétuité des dogmes de 



t 179 > 

raie, certitude physique; Iorsqu'ils.nosâ disent que la certitude 
est une qualité du jug/Bmentijui emporte nécessairement et invin- 
ciblement notre adhésion, et que, d'un autre côté , la certitude 
n'a pas dé degrés , tous s'accordent à donner cette raîsoB 
des propositions précédentes , que la certitude , quel que soit 
son objets implique^ la notion d* existence nécessaire , qu'elle 
repose sur Vidée même de l'être nécessaire , que toute certitude 
ratione originis est dans Yétre nécessaire. 
Tel est le premier point qu'il importoit de constater. 

C^AP. n*. — De Vhomme^ sujet de la certitude : ou des moyens 
de connoissance qui sont en lui , considérés sous le rapport 
subjectif» 

L'homme^ tujet de la certitude , doit être considéré par nous 
en tant qu'il est capable de eonnoître et de concevoir. | 

Or y qtiels «ont les moyens de connoissance dans l'homme ? 
On hii en assigne ordinairement trois : 

1% Les sens 5 

a"*. Le sentiment , ou révidénce du sens intime 5 / 

3**. L'évidence de raison. 

Appréciation de ces trois moyens de connoissance. 

I. Du témoignage des sens. Ordre de connoissances qu'il nous 
transmet. ( Oh peut emprunter ici aux logiques ordinaires une 
partie des développements qui s'y trouvent sur cette question.) 

n. Du sentiment y ou de Févidence du sens intime. ( Yoyez 
encore , sur cette question , les logiques ordinaires. ) Par le 
sentiment, ou sens intime , nous avons la conscience de l'exis- 
tence du moi , de nos facultés intellectuelles, des opérations* de 
notre âme, de nos affections , de nos sentimens moraux... etc. 

III. De l'évidence de raison. L'évidence de raison est celle à 

)a révélation prtmitii;e , ira oroÎMiint de jour en jonr , formant déjà une 

démonstration que l'Ignorance on la mauFalBe foi poniroient s enles récaser. 

Qaant à la démonstration métaphysique » elle doit tronrer sa place dans 

le cooi^ de phUosophle au traité de Torigtae dei tonooisiaaees kumaines* 



( i3o ) 

kq[i|«Ue on donue le plus d'importance en philosophie , et celle 
cependant sur laquelle on a généralement le moins d'idées nettes 
et précises. 

U évidence de raison ^ considérée ^ans son objet, peut être 
définie la perception des rapports nécessaires ^ elle constate 
l'identité dans les termes et dans les choses. Hais qu'on fasse 
bien attention qu'elle ne crée pas les sujets de ces rapports , 
-nécessaires seulement dans l'ordre des idées. Elle ne constate 
l'existence de ces rapports ^ qu'autant qu^ les sujets en sont 
supposés préexistants. Ainsi , il est nécessairement vrai que 
k tout est plus ff'ond quê la partie , en tant qu'un tout quel-> 
conque est supposé existant dans le monde. Les mathéma» 
tiques raisonnant sur les quantités , sont une science né^ 
cessaire sans doute ; mais elles ne s'occupent pas de prouver 
l'existence des sujets de ces quantités. Les mathématiques 
teroient vraies , quand Dieu n'auroit pas créé ^'univers, parce 
qu'elles ne constatent aucune existence. Voilà pourquoi on les 
appelle sciences abstraites. L'évidence de raisc^ repose sur le 
principe de cqr^tradictiony selon l'expression de Leibnit^. Le 
piéme ( en tant qu'il est supposé existant ) ne peut pa« àrla-fois 
être et ne pas étre^ On dit encore que l'évidence de raison repose 
sur \eprincip^de contenance ; elle molitre , en effets ou que le 
premier terme d'une proposition implique le second, comme ; 
U n'y a pas d effet sans cause ; ou que tell» conséquence est 
contenue dans t^les prémisses données. Voilà pourquoi tout 
syllogisme s'appuie sur une majeure^ qu'il Ëiut admettre comme 
prouvée. Or un syllogisme n'est pas un moy^n de connoissance 
proprement dite ; c'est un moyen de vérification. On peut en 
dire autant de l'évidence de raison en général. {It lors même 
que l'on persisteroit à la regarder comme un moyen de connoîs* 
sance, elle doit toujours être distinguée des deux autres^ en ce 
qu'elle ne nous révèle aucune existence substantielle (i). 

(i) La distiactîon ^ofi qouft étphlkson» ici est teUeroent fondée en raison % 
^u'cllç €8t U b«9e de tout le sjistime de Kant» <Ie philosophe ne regarde 



( '8i) 

Pour rëdumer la matière de ce chapitre , Tbomme n*a pro- 
prement que denx moyens de connoissance^ en tant qu'ils lui 
révèlent des existences substantielles , les sens et le sentiment» 
. Or ^ de l'aveu commun , les connoissances qui nous viennent 
des sens et du sentiment sont purement subjectives ^ c'est-à-dire 
uniquement relatives à l'individu qui les perçoit , tant que Yétre 
nécessaire^ qui revêt la science dW caractère X objectivité y 
est supposé a'éti*e pas connu (i). 

Partant ftinsi de la science subjective pour remonter à la 
science objective , il s'agit maintenant d'examiner si la condition 
qui la revêt d'un caractère à^ objectivité j c'eàt-à-dire lanéces* 
site d'être , est personnelle ou impersonnelle à l'homme } ques* 
tion que nous allons traiter dans le chapitre suivant. 

Cbap. ht. — De la certitude, considérée ratione originis relu" 
tivement à l'homme , sujet de la certitude : ou de Dieu et de 
son témoignage» 

. Nous avons dit au preçiier chapitre de là certitude, que la 
certitude ne pouvoit proprement reposer que sur l'idée de l'être 
nécessaire^ 

comme objet de la œnnohtance que les faits d'expérience. Ainsi , selon IdS» 
les maihémati^uet et la mètaphytiqut même do sont pas l'objet de la connoit" 

t 

9(MC€» 

Ajoutons qm Vivideneo de nicsos, lors m6me qu'elle sort de la sphère 
iles abstractions et qu'elle combine les données de l'expérience et du senti- 
ment, ne sauroit leur prêter aucun caractère de réalité, s'ib n'en sont revêtoa 
antérieurement. Au reste, nous nous gardons bien de demander ici qu'on 
nous accorde cette dernière proposition dont la discussion formera la ma- 
tière d'un des chapitres snîvants. Mais avant d'exstminer si les préientiont 
du raiioiuUismê ^nt fondées à cet égard , n«us avons à examiner les sys- 
tèmes du panikéiëmû^ 

(i) Descartes» Leibnitz, Kant, ne trouvent , comme on sait, que dans la 
véracité de Dieu le fondement de la réalité du monde physique. Et quant 
aux oonnoisaances de sens intime , Descartes lui-même n'est certain de son 
•iist««ice qn'aatant qn'il a ooavtrti l'idée de Dka el» une démonstration. 



.(i8a) 

Nous avons dit au second chapitre y. du sujet de la certitude 
ou de l'homme y que l'homme avoit deux moyens de connois- 
sance , en tant qu'ils lui révèlent des existences sobstancielles : 
] *. le sentiment , qui lui révèle l'existence du moi ^ et qui est 
le moi lui-même 3 2*. les sens , qui lui révèlent l'existence de 
son propre corps et celle du monde physique. 

L'homme étant donc à-la-fois âme et oorps ^ esprit et matière, 
la question peut êlre ramenée aux termes suivans : L'hbmme , 
sous le rapport de don exîsteAce intellectuelle ^ ou de son exis- 
tence physique , peut«îl se constituer Y être nécessaire 7 

Examen et réfutation du système qui revêt la sensation et 
conséquemment la matière du caractère de nécessité , qui lui 
suppose une énergie propre et spontanée , et qui voit en elle la 
réalité , la substance : opinion désignée en philosophie sous le 
titre de panthéisme nuUériaUsta, Démontrer la fausseté de ce 
système en ce que la matière n'a rien de nécessaire, qu'elle peut 
également être ou n'être pas. 

Examen et réfutation du système qui revêt k sentiment ou 
le sens intime du caractère de nécessité , qui regarde le moi ou 
la pensée comme se posant spontanément , nécessairement^ 
comme étant la réalité y la substance unique : opinion désignée 
en pliilosophie sous le titre de panthéisme spiri^ualiste. 

Ce système , le plus étrange de tous aux yeux du sens 
^commun , est cependant , il Ëiut le dire ; le moins inconséquent 
dans la philosophie que nous combattons. Les pa^rtisans de ce 
système peuvent s'obstiner , jusqu'à un certain points à soutenir 
que la nécessité d'être est personnelle au moi^ puisqu'ils ad- 
mettent la simplicité du moi , de la pensée. Or y s'il prend fan- 
taisie à quelque intelligence ivre d'elle-même de se définir comme 
Dieu lui-même , Ego sum qui sum y il est incontestable qu'on 
ne sauroit à priori réfuter cette assertion. Toutefois ; sous un 
autre point de vue, ce système , qui sembloit d'abord inattar 
quable , tombe de lui-même. Montrer comment^ en confondant 



( i83 ) 

la cause etYeffet pour tout ramener à Tunité, le panthéisme 
anéantit par-là même Vidée de cause (i). / 

Ainsi ^ sous aucun rapport , l'homme , sujet de la certitude , 
ne pouvant affirmer que la certitude ratiofie originis lui est per- 
sonnelle y elle lui est donc par-là même impersonnelle ; elle se 
trouve donc revêtue, par rapport à Thomme, du caractère 
d'extériorité. La certitude ne peut donc exister pour lui qu'en 
Dieu^ proclamé par le genre humain comme l'être par excel- 
lence y comme la substance, la r^éaliié» L'homme n'est donc 
certain de son existence y de l'existence du monde physique , 
qu'en Dieu seul ; et d'un autre côté cependant , l'homme et le 
monde physique n'étant point identiques ^ Dieu^ la certitude 
ne peut donc résider pour nous en Dieu que médiatement , 
c'est-à-dire par son témoignais , par une révélation* 

Maintenant y le moyen de cette révélation, c'est-à-dire le 
principe de certitude , est-il personnel ou impersonnel au sujet 
de la certitude? Telle sera la matière du chapitre suivant. 

Mais avant.d'ahorder ce chapitre y pour prévenir toute con^ 
fusion dans les idées y nous distinguerons les divers objets de 
la certitude. Qu'on fasse bien attention y toutefois y que cette 
distinction des divers objets de la certitude y purement relative 
à l'ordre d'exposition et de discussion , ne correspond à aucun 
ordre réellepiient existant , le principe de la certitude étant un 
comme la certitude même y enfin le principe de la certitude 
étant uniquement et invariablement dans le sens tommun y 
quoique le sens commun crée pour nous la certitude dans les 
objets de nos connoissances selbn des conditions plus ou moins 

(i) Qu'est-ce qu'on système , selon l'antear des Fragments philosophiques 
( M. Goasin), « où le non-moi ou le moi est réduit à la substance , devenue 
alors une substance tont-à-fait abstraite^ nue substance qui n'est pas une 
cause: abîme stérile où tout Ta s'engloutir, et d'où rien ne peut sortir, 
éternité sans temps, espace sans dimensions, infini sans forme, force ab- 
solue qui ne peut pas même passer 4 l'acte , puissance sans énergie , unité 
sans nombre , existence sans réalité. > 



{ '84 ) 

différentes. C'est donc uniquement dans Fintérét de la mé« 
thode que nous traiterons successivement : 

1". Du principe tde l'objet de la certitude relativement à 
l'ordre spirituel ; 

2*. Du principe et de lobjet de la certitude relativement à 
''ordie physique j 

3*. Du principe et de l'ob'iet de la certitude relativement à 
Tordre abstrait^ ou de l'évidence mathématique^ 
' 4** Du principe et de l'obîet de la certitude relativement à 
l'ordre historique. 

H,G, 

V 

L'excellent journal dont nous avons extrait un premier ar- 
ticle sur l'état de la religion catholique en Allemagne en 1826 , 
ayant donné la suite de ee travail intéressant, nous nous €mpres« 
«ons de le publier , en «n réservant la fin pour le prochain Ntt« 
niéro. 

£tat de la KEucioir catbouqve davs l*Allemagkb ex 

1836 (1). 

(gDeQÛèioe artide. ) 

Ce que nous avons dit de la fiodété biblique , qal {uread le âtre d« 
rotnaine, pour se propager en Allen^gne , est le moyen assea générale- 
ment employa par tous ceux qui se montrent opposés à la religion catho- 
lique dans le même pays. C'est ainâ quet som un titre catholique « on 
y voit paroitre une foule d'écrits qui renferment le Féhronianisme , h 
Bicl^erisme , et même le déisme. De ce nombre sont« en premier lieu : 
le journal Algemeine kirehen teitung, Catholizismus einùg unter alUn 
formen , Andaehtsbuch fur cathoUsche cliristen. Tons ces ouvrages » qui 

(1) JU CathoUfue eu Pajfg'Bu , q«*. du i Janarîtr «t du i«^ bubi. 



C r85 ) 

M praduiwnt loas un titre séduisant, sont infiniment plus dangereui que 
cette masse d'écrits périodiques et autres que la haine du catholicisme 
fait éclore en Allemagne. Il y a moins de danger sans doute que le So" 
pkronizon du conseiller d*état et théologien badois Paulus Tomisse lés 
plus dégoûtantes injures contre le saint Siège , qa*une foule de jour-* 
uaux de rédaction protestante^ tels que les gazettes Kttéraîres de Halle, 
Leipzig, Jena, Gœttingue, attaquent outertement les doctdnesdcrÉgHse 
catholique , qu il n'y en a dans ces attaques sourdes d^un parti qui aime 
h cacher ses coups Sons les dehors du zèle et de rattachement h la téti- 
table doctrine de rÉglise. Au reste , ce seroxt à ne pas en finir, A nous 
voulions faire ici Ténumération de tous les écrits auverlement anti- 
catholiques qui paroissent en Allemagne ; en Toici au hasard quelques-^ 
' uns i le Conversation-lexicon , Iris , Morgenblatt, Hesperus , Letteratur^ 
blatt, Unterhaltungsbiatt ^ Flora, des Freymathige , Zeitung fur die 

« 

élégante TVelt, etc. Le titre surtout de ce dernier pourra faire naître 
plus d*nne réflexion aux personnes qui sont attentives anx efforts que 
fait le même parti, partout où il voit des chance» ouvertes pour le succès 
de ses proje^. 

Au milieu des attaques auxquelles la reli^on se trouve etposée en 
Allemagne , le zèle de ses membres n'est pas inaetîf ^ et elle obtient de 
temps en temps des succès qui servent à contrebalancer les pertes qu'on 
lui fait essuyer d'un autre côté. De nombreux établissements religieux 
ont été fondés ou réorganisés ; quatre couvents , dont deux de Francis- 
caîns , ont été établis à Gronenbourg (duché de Nassau) et dans les 
environs. Les mêmes religieux ont été rétablis en plusieurs endroits de 
la Westphalie ; Francfort a manifesté le dénr de voir leur rétablisse- 
ment : ils l'ont obtenu dans la Bavière , qui leur a ouvert un couvent k 
logolstadt. A Ham , en Westphalie , des jeunes gen^ des meilleures fa- 
milles ont pris l'habit de cet ordre. 

Les catholiques saxons, disséminés en cent quatre-viugts villes ou vil- 
lages , se distinguent par leur attachement à la croyance de lemrs pères , 
au milieu du peuple protestant avec lequel ils vivent. La plupart habi- 
tent Dresde , Leipzfg et la Lusace , et sont placés sous la juiidictiou 
de l'évêque de Dresde , le docteur Manermann , connu par son xèle et 
par ses lumières. 

Si le nombre des écrivains qui , soit directement , soit indireeteiHent , 
attaquent la religion catholique est considérable en Allemagne , d'un 



( «86 ) 

autre côté, des écriv^QS justement rccommandables par leur talent ont 
pris en mains sa défense. Parmi ces défenseurs des trais principes , il 
/ faut compter le docteur PfeiLscliiftcr , trop peu connu hors de sa pa* 

trie , et bien digue d'ouvrir cette honorable liste. Il rédige le Staatsman « 
à Offenbach sur le Mein (duché de Hesse-Darmstadt). Exilé de Franc- 
fort en même temps que le professeur Muhrhardt , par suite de cette 
politique , qui i comme en France , frappe également la vérité et Ter- 
reur p et punit indistinctement les défenseurs zélés de Tune et les parti- 
sai^s fongueux de l'autre , afin que personne n'ait à se plaindre, Pfeils- 
chifter a été rappelé par le crédit des Pilât, des Genst, des Haza-Radliz 
et autres savants distingués de l'Allemagne , qui tous l'honorent de 
leur estime et même de leur .amitié. Il a été mis depuis à la tête du 
principal journal quotidien de Francfort , ÏOberpostambtzeitung , et il 
est attaché depuis un an à la maison d'Anhalt-Goëthen en qualité de 
représentant de cette principauté auprès de la diète germanique. Son 
StaaUman est principalement consacré à défendre les principes d'une 
saine politique : il y combat sans relâche les modernes utopiêtes, et s'at- 
tache à montrer le venin de ces opinions prétendues libérales et démo- 
cratiques , qui semble n^exalter outre mesure le pouvoir civil , dans les 
matières cpii ne le regardent pas , qu'afin de l'abattre plus sûrement , 
après l'avoir dépouillé du triple appui de la religion , de laristocratie et 
des vieilles coutumes nationales. 

Après le docteur Pfeilschifter, celui qui se fait le plus remarquer 
parmi les fortes têtes pensantes de l'Allemagne , est le docteur Goerres , 
actuellement .professeur à Munich. 

Goerres , apôtre ardent de la liberté populaire et trompé par l'alté- 
ration des antiques principes sociaux , ne vit de ressource pour les peu- 
ples que dans l'accomplissement des utopies modemes. Son fougueux 
libéralisme déplut même aux gouvernements allemands. U se réfugia en 
France , où il s'occupa de différents écrits , dont les feuilles les plus anti- 
sociales , le Vrai Libéral et consorts , publièrent, dans le temps , des ex- 
traits , accompagnés des plus grands éloges. Goerres attaquoit rarement 
les hommes en place , mais il proclamoit des principes ; et quelque re- 
préhensibies que fussent ceux qu'il défendoit alors ^' on pouvoit facile- 
ment découvrir dans leur expression la bonne foi de l'auteur. Jamais il 
ne se seroit rangé avec ces vils hypocrites qui , après avoir chanté les 
louanges des meurtriers de Louis XYI , changent brusquement de ma- 



mXBVSne el rampent devant lefl trônes , pour en obtenir des édiU conlre 
la religion , c'est-à-<Hre contre la liberté popnls^. U se trompa depuis 
«nr un fait : il avoit pris la servilité gallicane pour la vraie doctrine ca- 
tholiqne ; mais son esprit élevé découvrit bientôt Terreur, et dès qu*il la 
découvrit, il l'abandonna. Goerres écrivoit en dernier lieu dans UCatho- 
Uqae de /SirasboUrg. La phrase suivante montre de quel point de vue 
étendu il con8idèi*e maintenant la souveraineté sociale : « Après avoir 

• tant et si bien fait contre tes i;i§votutionnaires agissant de bas en haut , 

• la sainte-alliance ne fera-t-elle jamais rien pour réprimer les révolu- 
« tionnaires opérant de haut en bas ? • Son zèle monarchique ressemble 
peu , comme on voit , à la fervem* stipendiée de ces gens qui font con- 
sister le royalisme à approuver indistinctement tout ce que fait un in- 
dividu royal» donner ou détruire une charte, rétablir » altérer ou ren- 
verser la religion , e iempre bene. 

Que dirai*je du néophyte Schlegel? N*ose-t-il pas faire Tapologie du 
moyen âge, admirer la courtoisie des chevaliers , et voir dans la décrois- 
sance (depuis Louis XIV) du respect accordé auxfçmmes, un signe 
infaillible de dégénération sociale? 

Guillaume de Schutz, également converti k la religion patholique , ne 
voit dans le catholicisme que ce qu*il est ; Tautorité la plus générale , la 
doctrine selon le tout, »«r« ri 0X0» ; il montre combien tous lés proies- 
tants «e soumettent à Tantorité dans les questions scientifiques et souvent 
dans les occasions |es moins importantes , et il se demande pourquoi ce 
seroit précisément dans la seule aflfairie vraiment sérieuse qu'il faudroit 
abandonner une règle aussi sûre? Geyer, chanoine de Lucerne , sVst 
principalement attaché à la réfutation de cette profession de foi si vague ,- 
la Bible $euU ; il prouve que la Bible êeule est Fopposé d*une seule Bible. 
£mst, dans une adresse au peuple Saxon, réfute avec talent et énergie 
la diatribe du docteur Schmalz , à Toccarion de ce qu*il appelle V apos- 
tasie du duc et de la duchesse d'Ânhalt , et des comtes de Lichtenau- 
Brandebourg et d*Ingenheim , frères de la duchesse. A ces conversions 
éclatantes nous ajouterons celles du docteur Baldanus de Leipzig , des 
barons d'Ëckstein et de Gagem , et de MM. de Haza-Radliz et Becken- 
dorff, tous deux fonctionnaires prussiens. Le docteur SchoUer , à Franc- 
fort , et le professeur SchoUer , à Bonn , deux fsères généralement esti- 
més et distingués par leur savoir , sont également rentrés dans le sein 



( i88 ) 

de.yt%lÎÈe I <t le premkr a en le bonheur cl*y ramener m faoïille. Made* 
inoiscjk Mathilde d*£rlael| , ,d'ane iaiaiilo patxicienne de Berne vaW 
contertie, il y a dix aii9 » et a (ait aoa- abjuration eu i8aB«; die eal 
maintenant religieuse à Paris. Levy Gainpel , juif alleniand et svuàA 
mëdecin, a été ramené aussi au g^roh de l'Eglise , par les soins <^ Texr 
rabbin M. Dracb. Levy Gumpel babite aujourd'hui Paris , et a pris le 
nom d'Ignace Morel. 

On;sait que le ratioBalisme'a fait btfkucoup de pràgrës en Allentagne^ 
L'un dcscbefs de récolcratTonnetle, lé philosophe Fichte-y disait â ses 
disciples ces mots dcven os célèbres t «r Je tais créer Dieu f'»Et'6 est 
peut-être pour <:ette raison qu*on Tappelle le Déscartes de P'Allemagoi^ 
Par rationaU^eê-on entend , en Allemagne r ceux qui «ne comptant pour 
rien Icb témoignages les pins xmposants^ et la tradition de tous les àgee>« 
se vantent de découvrir la vérité au mc^en do c^talnes Opérations fiaoa-' 
taies de rhonime isolé. . - . .• 

Le sens commiiii a beau nous eiier que , sans partir d'un point. Cxe 
admis sans raisonnement, il est imposable de raisonner , que la foi doit 
tracer un cercle dans lecfnel la raisdii doit nécessaîreionent se renfermer < 
ksen, ««««n »enA\Zoit^rin»ok empiré sur ce. raaonieai* , ce 
qui est bien plus étonnant , c est de voir , en France , leï prétendus dis- 
ciples de Bossuet s^Udier d'nne^ philosophie aDti»eath'oli'qoe, que ré- 
prouv^oit assurément le grand homme , et, dHin antre côté, des prô' 
testants instruits fouleranx pîéds les foiidettentséela réionnè, en-^e^* 
vant contre les résultats- de l'éspfSt partionHef . : 

Am^on, prédieateur fort isonnu à Dresde, s'exprime ûnsi't Lef«- 
tionalîsme , comme Saturne , dévorera ses propres .enlants, n nouan'en 
revenons à là foi de la grande révélation. Beinhard,^antre miuisti^f 
n*est pas moins précis ; à Toccasion du jubilé de la réformé , il s'écrie 
en chaire : Nous célébrons ici la restauration du christianisme , mais 

• • • 

• sommes-iiotîs? encore chrétiens ? 

Le ratiônàHsme' ne laissèi'a rien debout , dit le docteur Sartorius* 
Jean de Mûllèr , historien 'de la Suisse , et le baron de Sta^ck , aumô- 
nier de la' cour de Darmstadt, vont enbore plus loih : non-seulemèiit 
ils déplorent les résultats de l'esprit particulier , maitf ils Conviennent 
ingénument qu'il seroît - diffidle de trouver une autorilS réelle lioii 
de l'ÉgHse romaine. Mûller a fait * l'apologie âa gaùTèniement dé» 



Pil^efc > «^Blan^k tA Facrtbài Be TonVfdge qne nbtift coiinoîsaons son» 
W «illn de ^héêénk, âé ftàH^THnion dè$ dtffirenie$ cotnmttntQm chré- 



,.. ., ■ ."., I l- M . '■' 



J 



En rq;)orUint ses regards sur ces contersîons, od se rappelle 
H quels emportements plusieurs théologiens protestîints d'Alle- 
magne se sont livrés contre ceux qui rentroient dans le sein 
de l'Eglise. Le retour du comte dé Stolberg lui fit perdre ses 
amis les plus intimes : Voss le'calorhnîa, et F. H. Jacobi même se 
sépara de lui. Ûeruièrement encore le professeur Krug a mani- 
festa, contre d'illustres convertis y une ànimosité hideuse. Des 
auteurs protestants n'ont .pas rougi d'écrire que « cent qui se 
» font catholiques sont tous nécessairement des scélérats ou des 
» fous. »' En général, les théologiens rationalistes se sont «Ui- 
tingués en ce genre , et il est aisé d'apercevoir une des causes qui 
ont excité leur intolérance. Ces théologiens qui attaquent la foi 
avec des armes dont.ils devroiept se servir poui: la défendre , et 
qui se sont livrés à de grands travaux pour établir ce qu'ils ap- 
pellent un cWistiânîsme rationnel, n'ont pas obtenu le succès ni 
reçu ces remerciements universels qu'ils sepromettoient. H existe 
entré les vérités antiques delà révélation et les besoins religieux 
du cœur humain des rapports intimes, dont les novateurs ou- 
bUèfent dé îfenir compte. Dés que là piété chrétienne ne trouve 
plus aucun ajppùî danis le protestantisme j elle doit commencer à 
le chercher ailleurs. Si la Revue protestante a dit ridiculement 
que là France religieuse tourne ses regards vers le protèatan* 
tisme y on pourra dire avec plus de raison , que la partie chré- 
tienne de TAllemagne protestante, mécontente des innovations 
de ses théologiens, reporte les siens vers le catfaolicîsai^. Nou9 
pourrions produire mille exemples à l'appui de ce que nous 
avançons : citons-en un seul qui s'offre à nous en ce moment. 
L'auteur protestant qui a publié, ou plutôt la dame protes- 
tante à laquelle on attribue l'ouvrage intitulé : Marie j ou la Piété 

9 . l4 



( /90 ) 

de la Femme ^ qui a paru Taunée deraière à Haaibourg , e( mpk 
est rempli de sentiuieitts chrétieas et mSme de fibasém profiMi* 
des , a fait de remarquables aveux qui prouvent la liaison qal 
existé cfaéB les protestants de nos jours entré l'attachement à 
Jësos-Christ et un pencliant au catholicisme. « Tant de partis, 
»y dit l'auteur y page ^9, qui divisent la chrétienté | ne penvent 
» qu'aMiger une âme qui voudroit fixer ses regards unique- 
» ment sur son divin maître. Qu'il seroit beau qu'il n'y eût 
» qu'un troupeau comme il n'j a qu'un pasteur! » Et|i^kis loin : 
« J'avoue que bien des choses me plaisent mieux ches.les catho- 
w Itques que chez nous : leurs temples majestueux me font ou- 

• blier toutes les pensées terrestres. Je donnerois beaucoup 
» pour pouvoir m approd|;iev du tribunal de la pénitence j* et je 

• suis tenté de croire à un état d'expiation après la niort et à 
I» 4: efÊcacité des prières que la charité offre pour ceux qui ont 
» quitté cette vie. » Cette disposition des esprits et des çœur&, 
bien plus générale depuis, qu'on a cherché à iàîre. perdre au 
protestantisme la fbrme de religion positive , fût un sujet prin- 
cipal des reproches que les théologiens orthodoxes des comrau- 
nions pi*otQStante$ adressent aux rationalistes. Vous travailler 
pour le catholicisme y leur disent-ils | vous détruisez l'œuvre des 
réfornAateurs y tout en vous vantant de la perfectionner.^ Or i) 
devient nécessairement plus difficile de rebousserçette .imputa- 

tion à mesure que le nombre de ceu^ qt^i retournent pi4>liqiie- 

' • . '■ • ■ '■•-,• • ' . 

ment k l'Eglise catholique cfevient plus considérable. Voilà pont- 
quoi ces conversions excitent l'animoslté des novateurs : elles 
fournissent contre eux un argiiment auquel ils ne peuvent r!^- 
ppndre qu'en accusant les prosélytes d'ignorance ;. de fanatisme 
ou de vues ititéressées. 



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( •9' ) 



L'un deUMeoIkboraieinr» , M; lisMireiitie) ste ir<mVatit lùàân^ 
tenant chargé de la direction de la Quotfdi^nniQ , 4 hkn Touki 
engager quelques rédacteurs du Mémorial catholique )i l'aidet 
dans les nouveaux combats que les périls toujours crolssanls de 
la rettgi^n et de la mooaFcfaleTOBtiii^oserà'son aèle. Nous né 

Cuvions être çourds à une pareille ijivilation* Hf «reax deoroi» 
organes de la vérité se fortifier et s'étendre > et l'union qcû 
feit.Ieur force se resserrer de plus en plus/ nous* lui avons pro- 
voÊê de eénsaerer » soki estimaUe jonrnai ttrât ]e loisif qae lâ 
rédaction du Mémorial pourra noos lamer t ^d^ de son «Allé y 
il nous a donné l'assurance que ses nouveaux tra;vaux..ne.noue, 
priveroîent pas de sa collaboration. Ainsi, ct'aprés cette conven- 
tion , /^ AM^/^Vt/ n'éprouvera aucune perte^ et laQudttâiètmé 
noffÊerm qMelques tétUicteiirs.quîy. h drant de ipands^dle^ti*/ 
j porteront au nioins un grand désir de bien feire^ et sortout 
de faire le bien. M. le comté O'Mâhony s*est cliaTjgé y k cette oc- 
'casion , de répondre, en son nom et àa notice, ^lliônoràbié 
invitatkHadfl AL Lanrentie, et acmsaroos. pensé «pie sa fetttfiev 
àé\k insérée dana fa Quoticlienne pfov^QÏt aussi in^ress4( n^ 
électeurs. 



• t . / ( . 



^Lettre k M. Lâure«tib y Directeur de la Quotidienne* 



i • # . 



TMÉtiF0«lec hien^Otts' rappeler que j'ai antrtf ois ^Ht Acni 
Ici' iftMidiènne y et vous m"eiigageak à j éerire eneo^e. Tbua 
«t^vtfez , ainsi que quelques amis,^ sedonder rottcf lele'pour 
la défenafe de la religioi^ et,de 1^ monarchie, auxquelles v^u^ 
vous dévouez avec une ardeur nouvelle danff lesnànveaux dan^ 
^ers dont l'une et l'antre sont menacées. 

Assnf Anent noùsr ne pourons être que très-flâttés de cfet ho- 
norable s^eL M^is en avee-yous y MonsiéUt 'y bf en calculé le^ 
<x>nséquences? Croyes-vous que des éerivaitlis qui n'ont jatnaîs 
varié'; ni dans leui^ doctrineSB , ni dans lenf làttgagé, ni dai^i 
leur conduMé', i}ui, depuis quinze ans hors des affairelé', sonC 

14. 



( »9^ ) 

affraocliis de toute illiisiOD^ parce qu'ils sont li)l>res de tout 
iiitjéret^ crojez*vous ^ne de tdÈ immobiles puîsseaty quaod tout 
a change autour d'eux , faire encore entendre leui' voix ! Sf , 
autrefois, elle fut aociietUie avec bîen¥eUlao€e>.tenHl-cUe séiile* 
■fient ëcontée aujourd'hui ? Cette voix , sans douté, est'toujour^ 
I^ mêtnè; Inais peut-on en dire autant de Faiiditoire 7 Déjà Une 
génération a presque remiplacé une générMioU , et malhemtîiir 
sèment n'en à pas hérite. Les enfants méprisent , repoussent eé 
^^estimôient , ce que recherchoienl leurs p2res. £t ceux-ci 
f[|^me soni-jis., pour la plopatt, restés ce quiU étoient? Contr 
^iénV naH"ùrdliui^ cainipteroit-on d'hommes qiii ptènsàseent 
absolument, et sur 'tous les points , comme iTs pensoicnt îl j'a 
quelques amiées7£lil n'estpas question ici de ceux que Iloté^ 
j^éky TambUioB) le mécontentement, la espidilé, on t6ate 
antre passion rite ou violente ont entraînés hors dé leurs voies : 
^ene parle qne des gei^ de bien, encore dignes de te nom. 
Qui , parmi ceùxJà m£me, que de déplorables changements! 
et (<^ose plus déplorable encore) que de changements' dont 
eux-mêmes ils ne s'aperçoivent pas ! Farce qu'ils s'intitulent 
toujours rp jali^es , ils s^imaginent avoir toujours conservé la 
même couleur^ Mais en combien dé nuances se subdivise aujour- 
d'hui cette couleur , naguère si franche , si pure , si uniforme ! 
Que de déviations secrètes^ que d'accommodebieiits clandes- 
jUu^i qi^e de. j4^$t(àtfp^ adoucies^ qi|e de cp^çessi^ns progves- 
|ivei|, que de professions de foi abréjj;ées ! En un mot , conribien 
l^ur vie ^tçMi jours la même en app^ence , fourniroitc^nd^nt 
de pages à un, nouveau Bossuet pour une nouvelle ^ptoirepoU' 
tique des vaLriation^ , / i . . 

Quelques-uns , fatigués de combattre , ont vo«du ^'imaginer 
que la paix étoit £ûte, afin de se donner du repost Ceu Jà, las 
. ^u bnût ,jSfs soiit bouché les oreilles, e^ n'entendant plus, rien » 
ont craaU'Silence universel; tandis que ceu;K*cî , atf contraire , 
se sont accoutun^s .au bruit, et ont continué de l'entendre • 
mais ont cesae.^^ Tç/eouter* Il en est aussi quî,.fpniff à de cher-r 



{ i»3 y 

«Akt paMlaiiiJh |liMk(e; I* Ibree , VàùUtfHk , ftàfe» les rentontrer 
ttsifepBrt, ont AAi filar 96 ^rtakdfer qaé, ptris^ûe toitt en^ 
France maffcboit tans cdii , sans doute ce n^ëtoient phs , comme 
ils^Pâiroieot cmi ,. cfaosm • absolmnent nëcéasâires , et qtt*â la ti* 
gœar ub ëtat ponvoit biep prdviaoîremetn s'eft passer. Plo-^ 
aîeun , qui croyôîeat, dans rinnocence de leurs ccsars , que le 
rétablissement de la .monarchie d^penddil'ttmqtiefnént de Tavan- 
eement de tel on tel personnageauqùel ils «veièntroné an culte 
âmnestique tout particulier , ayant tu leur idole s'élever au 
poiiToir el $y occuper de tooie autre olioee que de k mouar- 
cliie# tout dësa{^ointés dans leur teiMlrèsse poKtique) ^se^ont 
jnis.à désespérer d*uB. «npire que monsienr un tela'a pas pu 
sauver. D'autres ,. 2» torci»^ de Toir récotiqpenser' les trattres» 
auUMStier les fidèles ,.de8tîiaerles bous ^ empiayer lés méchants, 
écarter lesiovts^ consulter les fiiibles^ dédsigMelios habUes , 
honorer les niai», ont* dû. pensée qu'ils s'étoient fiût autrefeir 
une busse idée dubiè» ei du nialy. et-qfw leur enthoMbnne 
pour les Tcrtus et les talents > leurhôrfeur pour les vices ^ leMr 
mépris pour la S|9ttise,étoient de ridicules exagératioi|s du feuue 
S^ ^ et dont l'expérience doit oiHFfîger fftge m4r. 
: , Presquetous les honnêtes gens enfin , en voyant aaiour d'eux 
(et k dk'oite. aussi biaa qu'à gauche) , des hommes changer de 
doctrine et de langage en changeant de' position y faire au)pà »« 
d'hui ce* qu'ils condamnoient hier , crier dans r«ppoeiSîois*à hi 
violence du pouvoir , puis , arrivés au pouvoir, crier khi>vib<4 
lence de l'opposition; et , à peine corrompus de h^veiRé^ é^ 
venir les corrupteurs du lendemain : ei^.entendant les admihie* 
trations s'accuser les unes les antres en se succédant y et user 
leuirtempsà éniumérer leurs mé&itsau Iiea>dé les rëpaorer; eu 
ironsidéEant dans ces luttes honteuses l'orgueil de l'homme qui 
monte aux prises, avec l'orgueil, de l'honmie qui tombe-; et^ 
jiarmi ces misérables tripotages domestiques , toujours la veUgion 
:Siiçri6ée» lottjoucs la monarchie oaiAwfi, lo«Moèrs.h FiMcf 



annula une {Ofçif qiiVNO poimiiitf présqM Ao»t k$, iK^RBU» 
giSBt , 4^-j6 1 à hk FU0 d« cette d^r^BÎsattfm imiT^raelle , a» 
aBfbaiiit pHta «e qu'ils, ^«ypieiit blâmer , epproiuyev^ regMtter ^ 
4&H^rppi:r«ii^i^^90iUii)$6nsibl^meiit tombée damuneaputliî^ 
iildi£f(ârepte, qui ibifat^t a.d^îgàï^r^ e« w a^ptUism^ £^be«lti^ 

4)ni, tel.^et jMtfil: q4 eM rédmil^ ooâro pearr» Ftapiee^ c% 
e^iw^'^là mi^me qiiî 4^T0i««< v<»}tbr sur ia yîc^ j ont jntécM^ 
§^B)^ de iiMiH?ll^pilt;tiié Tenib^ttfmiiie f U^^ent toié le.par» 
tri^tismej 4b oa$'Aii4 Ie4dé9^«eineiit| ila,ont mé iinqu'à l'ei^ 
p^NM^ice 3.req^iBiiM, der ukr lien ^ attache jet liomnes eati» 
tMf ^ eav , diviBÀ cur le peate ,. lant qu'iU espèrenùe^tembUtj il» 
lQfNmie«t.e«eoifeiui peuple et peuvent on jocpi»' redev^enîr un» 
ftiaille ) «voe eipàmMft fitammume eat «emioe un nendes^vmMt 
çie dea hommes^ aépap^a dans le pr^nt ^ ac' doeaent«daaa ïa^ 
^enir» S«p|aimca4a ^ qve retterai-trîl ? dei iodividna ^ dea iaoiéi|; 
maia plua.de peuple^ ^pliB^d'uinoiit P^^* ^ reUtteus passîblea ^ 
pinède rappoil&«MiPMde^Ibxigage ; on ae regarde et r«a ne ae 
leeennett pas ^ on ae parie et IW ne ae ce m pa e n d plua>. -^ ^ 

Cette situationri invnpxee d'un caractèee nourean^dana L'hia» 
toisft'dea'liomnMaBv pnucrott être le suf^ièe gravea xtfexions r. 
niaiaeeinSAit point kl knr place». le n ai wmbi qu'indiquer un. 
iéifietinatt tiaec celleiaiinpWoenséqnence ^ <paa dma untempa 
•ù le..Benfaainn dea jsjtièuit» a diviaé tans lea eapiits , et o4 
IfiÉunèaiiKlédet doetMoea a (^ae< lova let çmmw^ ijen n'ett plua 
difiiele*^ un ëeBÎTainfp»deaefinre»V.je>nedia paa Approuver ^. 
lia jMilenient entendue par un nombre ccNMidérable de lec*^ 



' fioflorey Monsieurysi aacrifian^un peuidela ri^Msirejuse flsiii^ 
ik. Toa habitudes politiques aux besoins ^i œetnles du stéoiev 
VOiUi aviea appelé à ToteO'aidey au lieudenous^ quefqne^-una de 
eesj^frvaiaaqui.forBient^ ena'^reillaiit^ leurs doctrines de )a^ 
{owcnée «eue le Moniteur- dn. matin y»>sanf à les abandonner te* 



tkes; héraotn brevetés de tous les étébements nies et à naître] 
lott)ours au courant des réfduâons de la fortune 5 des phâsei 
du minlstërialisnie, du eux. et du reflux parlementairts, et de^^ 
Tant lesquek U ne passe jamass une <ûircom!tanoe sans qu'iH Pin-^ 
tevi^ent 9 une dtegipâce sans qu'ils Pa^eiitreplient , une tsk^ 
▼eur sans qu'ils la saluent | de teb cétlftboraÉeurs auroient pu 
TOUS être utiles, et peutréd^ eusstnt^ilr tfMtrtf encere bon 
aonlMre de lecteui»^ an «isque d'en dianger qu^uefois. Par 
eus ,■ le publicauroitsu y noneuai eneosejqiit par le JourMl deè 
«yBdes, la eouleur la |das ^neofelle de la pobliqsie de la bonne 
eowpagnie f ili lui auroient a|^Hris> à point-nommé , qn<d jour 
tclpeysonnage dott- defeaîr un grand hotiiine ^ et depuis quel 
jo«r td uutre ne i'est pins» Les nqrstères des comités secrets ^ 
les eonfidences des neuf burcnux , Touaaimiiiatft^éié rétélés , et 
Foo aurni su au juste , et beueepar lioiire^ coMbiende conÂA 
dération le centre gaudbt aequîestdans l*opNiion4n cei^re droit> 
et ce que ^ dans sa généreuse segesse, IVxtrlBiè dtfoite a ifésc^ 
de iaire pour obliger reztfénie gauclie. 
' Ou bien , MeoMur , que ne tous adrtssks^ous plutAt à tel 
de ces bonwies de lettec^comme Paris en prodirit et en emplsîe 
tant, de ces pbikMtophes agQesf; de ces publkasies ambulaiMa> 
qisf y tifàaài» partout , écou^nt tout j seeueiHnit tout^ iraient 
loot , et seast yvâ partout ^ exeeptédsMs lettcebinettf dont h^ 
mémoire nonMde fr'en vu nmass^fnt tinedtoctiMir à laCtiawsée^ 
d'Àntin , un senlinent att;faubourg Salnr-OcrnMÎn ^ «ne "pensée 
inorale à là.^urse y un bon mot au l^lais^ uttaxioatfer religieuji 
à rOpéra^Comicpie^ et qui de tout ^cela composent une politique 
sc as i^ profopde / scml^légère, qui flatte tous les goûts et satisfait 
Ions les quaftieis ? Bs tous auroiettt aidé, Mossieur , à j^pefia^ 
feisar un fevt TOtre foumal 1 qni^ )e> l'entends dir«f , pswolt nrop 
grarre & la petite propriété , et qui ^ au jiigemeiit dp la moyenne; 
esÉ^faien somhrie'poiirmi peuple' qui aime nMoirdIeBientli nre^ 
ïti|û vraiment en a. bien sujet ai^OMfd'bui. . 



( »96.) 

, l^ait, , eiiMHra , u|if ; £1^3 , M^H^ieur , et je doi». le rép^Uar jjfuw 
v^^e ifit^rçt ^ qu^ atfifti|iice pQHTeaHvou^alleiidre de p{i)i?i^ 
ermites (qui n'hdbHei^t pai^ WCba.iitséeKl'Alitin ) , ejt iqiii , 4e lu 

«oliti]^dè,pfofm4f où ik éloîent oeciipéa à regarder tounier le 
inonde. polilique^ San* tourner a?e^ lui, vous apponeront en- 
cofe leuri vieiljet dociffinea, leur abeolutisine obutin^ , leiar C9* 
lJlM>lici|[ine t^n^ice» et. surtout le ridicule jd'ane incorri^ble Té* 
racîté et d'vneinee^iMble franchise. . j' - 

Et^ par exemple, qiie férez^voiis ^ Mopaieiir , de coUabov» 
ténrp a49e9 indifférants aux ùeryetUe^ du siècle 1 poar s'avoir 
piS epcore mesure, toute la largeur et toute la longueur de > 
ïordre oQnstiMùmml , ni, çaleulë toute la haoïeur etJkNHr la 
profondeur) de Yor4t» l^ffd , et . qui. même ne aaisisseut pas 4»* 
cQr^.ne^^lMent le sens de ees deux sup^^rfaes exprestioos , 4pei* 
q^e.C▼pyc^. «ltt peit la duiwtë .d'esprit I ) chacune dédies leur mi 
4t4 fi^pVquite au 11a9ina.de trentemanières diffifrentcs? Que 
%ejs-voas demëdiants raisonneurs qui^ Iprsqu^on leur dit 
dopto^^lement cwiuue une i^onse li ien^ : lb sièclb une- 
maudc , LA FBAJiCE hB vxuT, hausseot les ëpafdes, tant ibs'obs^ 
tipent à croîre«que la France^ comme tQOt autre fiaysy ne^reut 
iamâs queceqa'on l«ii.fait vouloir, et^e jamais un siècle n'a 
demandé que ee qu'on a bien Tonlu lui offrir ? Que ierez<iyous 
de fiuiatiques qui trouireroient burlesque la prétention d'une 
cour royiJe li tcandbcr du parlement ; scandaleux un conseil de 
laïques qui {ugeroienldu droit canon ; et tout ensemble scanda» 
leux et burlesque un tribunal de police qui réfermeroit les con- 
ciles et raeltroit les pères de l'ÉgUsè hors de cour ? Que ferei-Toos 
de voltigeurs de Louis XIV * qui sont enccure à comprendre 
comment un discours composé , discuté par sept ou huit minis» 
très , et arrêté par eux k la majorité des voix , peut ensuite être 
appelé dMcouTfi/u Inâne, oomme si un ministère^ quoiqu'il 
smt, pouvoit jamais s'^^er à un trAoe ( et au trêne de France 
encoie!) dont, tout au plus, 'A est lejmarche-pied? Que forei- 
voHs d'hommes asseï peu polis pour croire que l'esprit et te 



( »&7 ) 

têHeûi M se donnent ni par ordonnance^ ni par mandaH; q^ue 
tel homme poarroitj à la rigueur, avoir du génie , bien qu'il ne 
fAt pas pair de France, et 'que tel autre pourroit bien n*étre 
qu'un sot , bien qu'il eût été sept aus député ? Enfin, Monsieur, 
que fereï-yous de barbares igiaorauts qui sourient insolemment 
quand on leur donne de renseignement mutuel pour de Tédu- 
cation^ du gaBicanisme pouar du catholicisme, des emprunta 
pour de la richesse, des impètaponr de rabondance , et des 
Ji^iY pour de l'écononlie f 

J'ai dûv Monsieur , voua éclairer sur les inconvénients d'une 
propositfoii que TOt^ bieuTHlhnte^aBdtié afioît e«cliis à Votre 
prévojance» Si pourtant ,* malgré- mes obsefratioas , tous per* 
flsiex dans Yotre pnsn»ct deisetà , vous pouvez compter sar 
to«e te ^i dépend dé moi > «'ésf^-éire suriHie bonne volonté 
que ks antts de la religion et de la monardilene réclàmèitiAl 
jamais en vain* Totre intâ^ seul m'a frit hiiiter; Qmmt'à moi^ 
je n'ai rien i craiùdre, rien à perdre, rien k gagner. TL y n 
Ioàg<4enipa que les impiee m'iBq>pelient «i fimatique , les mmii«^ ' 
térîds us frondeiur , les consUiutioanels an'ultté'^ et les coorti»^ 
sans qui ne saventpas *lire , nn factieux^ Eâ i ba èfa s sé dà diofel^ 
entre tant de titres , j'en ai adopté un autre que peu de gens 
m'envieront , et qcîcf personne au moade/te m'arratehera' e c'est 
ft deCAiruioUQVE aoiiAiii; > 

• Xe«omteO': 



I ■ 



(:»98) 






Hfoçiiilt .0^ Bo^ifiKs-«'iirvra»« 



M«i00 4a it BMi»« 



(i 



Anx^se du discours de M» ^U9Mtirms^. 

... »! . • • »... 

' Ba haniofe» vinKt ifitMer tous Ici IWw :q«i' fattacbmem i» 
SiMi y à aa famillect à la tocîété; Au' méprit ée$ fiof «acréi ni' 
gflgeaaettts y il a (Mreprit de feraieF «ne «iiîod tëproavëa par 
li Ttl%MA cadiolîqua, danë laqadW il est né , èi qm FaMit 
ébv€ à llionaear raaîgBO du isacefdoca : il etti ireDù djcmaâder 
9itx tvibiunMix ^ iôMpi^M delà jostice et des hkj itVàààer^ 
h consonmer son efiniç ^ en intek'posatit raatorité du Boi ires- 
dnétiea doBt yb «Ht ksdëpaaîtaires. Sa prétaitiott sacrBiége 
eét-«Ue avèorisée par nos'loîa, obl, dam VétaU sIcUtA de éotre 
Mgialatibn , la ^oàlUi de prêtre ei^le eneore «n empêchement 
prohibitif dn mariage? Telle eà là qamicm qui>ient^étre 
discutée dsns nneTéunion nombreuse des jeunes membres de 
la société des Sonnes-Etudes ^ par H. fierrycr , dbnt on est ac« 
eootnflaé à entendre la voix dans toutes les circonstances où la 
velîgion est intéressée. Sa brillante improvisation ^ qui a duré^ 
près de deux heures , peut se diviser en deux parties , dont la 
preàiière comprend l'histoire de la législation française sur la 
matière , et la seconde renferme ta discussion de la question , 
considérée dans son rapport avec nos lois civiles et politiques.. 
Nous nous bornerons aujourd'hui i rendre compte de la pre- 
mière partie. 

Jetant d'abord un coup-d'œil général sur notre ancienne lé- 
l^shtiou ^ M. Berryer a montré l'alliance intime qui existoit: 



C 19» ) 

^ult» \m lois •c> n » n i ^ in> et l<p lois civiles «quant au nuriage ; 
«HûiiHse ]»'liiffelle4apis pelle monarchie, foiwée sous rioflue^ce 
du christianisme , .^ reoot de la societi{ cbrétieime le type de 
ees Ineticntioas I où Ton Tit.se développer enseoftl»!» l'Église et 
riaas, 'f^levet en même temps et le dwîoiit (f^ le eloeher» et le 
nagîstffil et le' prêtre. De là si&iX qm le contrat et le sacrement 
(wrenc eonfbnd¥S4n immAme eete : le eontcat civil se formoit 
au pieds dn pr<tre , qui donnoît aux époux la h^nédiotk»» 
nuptiale : dës4ors.lee raadslione da^seaiement dorent être les 
eonditlons Jba coaMS s les pcohîbîtiolis eeooniques devinrent 
des pi!ohi))itiepM eîvtles : les ddils , les onlea^nanc^. cb' nos 
rois peescnveot <on cette met^ère l'exicution des sainte décrète 
de l'Eglise* Sons <e premier rapport , 1 ine^pacHé canonKpm 
dn-.fwétm pour contra<4or msriage étoit mtcessaùrement .re« 
c onw o f par la loi civile. Sons^un autrei point de voe > les prohi-* 
bîtiona de l'Éflisto dévoient avoir l^ur 0fett Le prin^ , che{ 
d'nn^tcatholMpisi» proteeleur de l'Église, de cjsfte soci^i^ 
ckr^tieiine vivant^dane ses, ét^^ ^y$%^e dn del^rs^ éuMM, 
cengenr et gardien des. canons i il ne p«(mettoit poin^ ai| 
prétirç de se sonslmire k Iwr antoriM». de 9kipi;M loi qu'i( 
avoît acceptée par sou engagement dana les ordres sacréSi |)p ]^ 
nntervnmjb^n de Tautorité civile dans les cas de yiolatipi^ de^ 
régies, canoniques y pour détruire ce qui se laisott contre leur, 
dîepotttion £ c'est par la fol^ne. des tippeh comme 4'^^^.V^^ 
estte répression s'^erçoit aja nom dn pi^ncot 

n ieiporie de comprendre nettement ces deu:^ principes de 
nœ anoennes lois, ponr ji%er, ^us Tempii^ desloi^ nouvdV^ 
la question si témérairement soulevée, en ce moment. On neni^ 
paslesaneiennes mashneii maisi dft*on,, ces lemps ne aon^ 
pkM^La loi religieuse et la législation civile so«t désormais 
denxiohosesentièlrement. séparées» L'ordre rdigieuK et l'ordre 
civil n'ont désormais ancnn rapport ^9^ eux| aux yeux de 
ta loi nmiveLle» chaque homme ^VstquVn citog^ei^ , jajralittlen 
mâmes droits y les mêmes capacités qne aes.semblables< 



( *oo J 

• PMr le proiiirer , on remonte iàe^ Minfp^ Ar finale tûétMite^ 
et Ton iik?o<|ae lct*acfesec les déélrets de toMleB g oa T ew ea toi i 
âons lesqnds kl Frattce a 9«cce»iveiiieikt gÀiil. 

« Eh bien, ë dit riNrateiiry parconrooi ttm triilw annriiii» 
i^ pirié4ii'oii n 0$^ rètainerVret cendres sanglantes pour reaMttfe 
» «binmiéte les monttmeniÉ de nos malfaears et de nosefiflaes*»* 

• Le premier décret qu^oii iiiToqoe est edoi do 1 3 fénier 1 79iv 
par letpiel l'Assembla nation^ dédara qoe l^j, Ism /ivn^kmea 

' Ceux qui argtomeiitent de cMte lai eob(bilditot«alfe allos 4mm 
éboses qui toujours ont M par&fteiâéitt dSslin^iBJeB, k asarokv 
lés vœux religieuat ei ^rengagement dttm tescnk^n aatiirfft jb» 
premiers seuls furent abolis par te décret àa i^fëmac^^amâs 
les ordres sacrés eominuérént d'être reoemMii par I» Mf «l^par- 
aônne jttiqu'ici' ne s'était avisé die £i« qne là sa a etd iaee «it^élé 
abiaK par cette dlsporîtidii; que le teractM du paétru» er; pa» 
conséquent ^aés detoirs coinmé prétteet les lob qui rlgiaiMt les 
conditions de caniinîÉièrê » aient été alors méo^nHus en Jieâneei. 
Loin de là; au mois de juillet suxrant» parut k fam^us^euattli» 
tution civHe du cl^é. Or cette oonstituftion reeonnott ^«idën»> 
Aient rengagement dans les ordres sacres f càir^ autrement , de 
quoi eât-elleélé la consëlùtfon civile ? Cétfexonstlt Afie»4»rgai 
k sa manière le clergé natioitely diangela hiérarchie,' ia 
cription territoriale des diocèses, modifie la diséipUnei mais tuut 
cela 'sans méconn6tfl*e lecaractère et lès lieHs dusacerdoae; ou 
plutôt qui ne voit qùetoùt cela en suppose là reconnipîssaBOe Amt* 
melle? Bien plus, dans t:etté loi schisnuitiqbe on lit eéspHNdes 
remarquables : Le tout mns préjudice de fmuté def&i et de^ Ut 
tommwUon qui sera entrètéfute aveu le é^f wùfiUe de VEnJUte 
nnlerseile.lc constitution civile ne pbsoit donc pasuna Inam' 
fnontable barrière entre I%rdre politique et Toadra raUgianx» 
' Les partisan! du mariage des pirêtres -invoquent 'efacore la 
cottstiinfion de 1791 > er'partteuliéffenient cette diopafttiott : 
« La loi ne reconnaît pW ni vceuK religicttx y ni aucun nuise 



( aai ) 

• con$titaiioa. « .Ma» ils 9iU»ljeiU qu Ait tUtf 4? lagmnmiie'dr^ 
4lraiu naturels et ewHSf, celte comrtîtBilioa abolie gwvaiitîygQii, k 
chaque citoyen ia Ub^rêé éPex^rcer le qit/le f^lf§ka^ an^fuel if 
est aUaché. Ce qui vei^ ^fare^ icowm Ta foorl t»k^ èxpUqiiMi 
IL Lanjuinaîs » la liberté 4'«tt meimemr .le^ 4QfPHS^/ k i^orpile» 
1» riteft^t la dincq^boe. Xa eonilitii^ieiil. de i99>i j en xfSfppUàiik^ 
le culte religieux , respectent rengagement dacii le iniqîpfl^e 4^1 
ciilie,^ iet> 1^ là miSmç; %f loi rëgMlutrîfe duee* «IWM engage- 
nmUj qui Jt'étokpt donc pas . ponlrwffs -k k cW i tîft||im» !f; ^ 
faHL^it nattuMil de iaif e niaM^te^T ait Jiie<|, 4>QtiMri«Nri.à )l9 
«ioier,-. . - w 

il;i«qp«i^ donc peu que la loi d^, ao <eftembre ^39$ , loÀ 
£ûte le jour vieille oà i^ sib(|He k;rejFiMM|f^j»'el^ |I9I»I m« 
la pcétriae au . nonibre d^ ei^pécheuieiMll iî^Ue^d^ mri i BC . 
U suffisoit qpe h co9M4$çi»tion du, prétr^i fÀl «HA. i|Q|ff, r^iQ^c^ 
par la loi civile, poup qwe fin fi ap e ffUrf qui: WvK^ICl DdraiM^ 
«MtttttemiB* •.-..■.> •..••» 

TflUei sont les lois de fat première <^oqne 4^.9m à^iai^Pt^ 
Mais les peuple» étpient jqrt^ des yol^ s^jtçffw^ /. jb couine 
fBst irapÛer dana la «wieire fias, «npjraj^aps- Cba^m Youhut 
InlerpréteiC à jui me^ière le i)ouyfl.o;;dr«( de choi^ , ïç| 
tionvePes IS^er^iSft» Plimeun;. pi^:^ $e marièi;^ en di^r 
renls lieux ^ et l*«A,dee pveqpèers qu# domérent.ce «caûdalç 
futufiL TÎoiîre 4ç . Versai^. lJé«4qiie ç|c»j|i#tilpli^tfinf l du . dor 
paB^em^irt de Seine-et-.Qiie» rinferditA et« le.>7, deceaii^r^ 
i7S3> le viçni»^ dénonce cette, eentencçr à ,k. Convenir 
tionale. L'assensbUe bésita , et pn^ianf ,à l'nirdi^ 4^ j^Vnr | ^ 
renroya Fai&iire ayj^ (tnl»upanit> Çej^^^^le .19 juiifttt ijfS, 

apporierpieiit obB4i€)eta«.merieg«:det j^jl^teei) #t diM»^ y»'on 
ne poivfoît'rvfui^r le ir^mmmt^A^ pr^âiRQ^qpM^ i«ni»eit..ie 
iQ 9pât ^uîTant , eH^. annula ;|out0 f^tÂtnAinni des miniMm du 
culte pour cauie de inmi^ges qn'ib imiimnl rnentfeei^ Pia? 



X 102 ) 

ttetttfif ctfrls kUfrUêê arâîéttt été <kmmés àe kun pirKm^eti ht i f 
^epreinbrèy U Cônvenlkfii h» îiutotiMr ^ vivi^ en- tout MtreDeii 
MX frais Ae létlt% pa#*^MiëM. C« fi'éldil pû9 aèset : il fitll^t eli^ 
gager au èrkne , Aoiifier iMi àllrail iitiviatation d'edgagemeotit 
«acte», etUCobt^fllio« fégMde rèndift tin décret qui cKspen» 
«oit Im )>rétH% qAf VoloAm^t Et marier de Tobtig^tion et 
pfêïer MtiH^l^ lèt WlUMN^t Aeè cx>fl^U«l!tliâtifoiiid qûlk arôléiit 

' Abm ate«rt (dMfte liiëa vi^nlâr^aiibie} M Tît les éTéquei 
Mntfli^idèMls, les aÀleai^ même de taeimstijhrâoti dttle, 
CKarrler Ae b'llb<âièy Rindiet , Lecos ^ et en parâculie^ 
M. Grégoire , protester contre Hnterprétation que Ton dofmoii 
jk feu¥'.<^tlvlr^ge} êlipublieif de eonêerf déi écrits p^oriUfeiilire 

Wk^iff&aif i:Miip¥éféf lé'sjstétfie, parait là lot du 9 rentôse 
41^111, tdttfpoiféfe Ar dèd^ articles qtfon est Meft éfonfaé de ren^ 
MMrer enseiàble^ Èli«.est eoBçoe en tm motif : Art. I. È'-ester* 
^ke d*aucun culte ne peut être troublé. Art. T. La ht ne re- 
è&M6tt€immià^mèkktre4â0ouk^ - 1* 

' M» Hors-, pln^ dltièapadté recôiAraè éii la personne du prêtre. 
IkronénMê , dans ce éettàià état de Û léjgîsiatfétt , h loi tixîit 
le laissmt ]3>rîe dé contrâfcter hianagef éStêi' d^ott être en îm 
temps rA pardreift dés' ari^êrés tels que celo! 'Âiî dépârrtement 
de la HlèVïe -, où on fit, Chfeip.' DE! , BoRcé dei ëddle» centrâtes t 
« Leér iu s iit tt trti i' i ^ Itirtitùèiiiceè, BâBlés afuig-j)ftticîpés f^pn- 
« Mcainè , él6igaêjfon^ séinipnïetiâM^méntîeHrs'àëVès àe^t^ ce 
m ijifi'tteiît kfanfciefiiié' ftMàlitf;'à h^ikoetktS^im^et et i&ke 
^espèeef^&tal^rekgietià^.n. » < f . .r ' • '.: : 

« Mrfs^^[ttbiJftie recidè^ë^ ((as^MfdtinniiU «dcitant laTo^^e 
dli>ce8'trBips>i!iesloil^de ie«te^plM|iie#tti^l0^fé entrent dbne 
énm l'éfA^ /%«# Amti nou» voyons les këlés défenseurs, se 
«igBèfer<éeitMt«|ttM»« Disfolis^^iOusj sotts te règrie df^ as 
de Fttmcè ; cempipendye les libertés publiques et h liberté de 
Mosoieilee^' «éMM '4iA' les elHnpv0i«it^'atM )6br^ de la Cou- 



TeRiioD t qui , au mlieu des eapédîëmy ^whglii^ti im Camer, 
des Fouch^ , éet Leb(ui.> eonàgùoià , daBs loa déor^l do ftd^ 
cembre 1795 , cette afl^'eafle irdoic t. < Toatet.yioleiic^tt Umiim 
A m«Biii«t-cootnitve& à la liberté des cultes soAt défimdnas* » > 
Cependant des joanmeilleurs èe Itwinwf, enfin sus la Francei 
Une conrentioii bU ^conclue k i5 juillet i%>t onive lemmx^t 
nia PoniMb et k premier oonsnl, etFarifele premier de cette 
conr«DtÎMi porte: ^ 

« La religion cathoUqne sem hhnmfemi leieraée «n Arame* 
• «Son cidte sera publie^ > 

L'ekercicè public «t kgal du cnke ramtnciilia iteoam^isBaiidf 
par Tanioriâé ckwile de l'cuslisnce de k soci^ reKgieoae^ pet 
là méine, des dratli, des devoirs d« aaterdoce et des régki 
coDstittttivea de réngûfeineiit dans ka <ir49ekeaàréa< Avssilft 
arlicks ofipaufpicaqni furent joints au concondat j^ar k gonvcsh 
nement, et qui fnvent proda&nte 1m ;de l'État k i avril tMm%^ 
eottlieliiientîdes disposîtioia bien antitniit dëcfincfcu.L^ar- 
;ld»6cst ainsi .oonça c « fl, 7 ânn reoMis an. eooseit d'filât 
dans tens lesriu d'itèi» de k jiast des evfiànieBrs et aoÉrea 
penoanes ecelÀiastMpies» hn an d'abnf sonti f utnrpatioa 
ou. V^^ ^^ pomroira^y la contraTenÉkn ans lois et r^^ 
neats dé k rëpnbliqne, Vinfractàm dSat rè^eê.oomma^s^MKt 
Ut cmmonsmimféh, Jhmpe, l'atlciktatanK libertés |.fainchiseè 
ei«ntttmnaidk l^Use «aUicaiiey^t.lonleentrepnse.csioieiir 
foméd i yl , dans l'exardce da cuke, pent compiMnetlnr 
rhanartir deS' ^itoyensi^ tionider arbilrai|rem|tnt Icmm, cona* 
denate etékgb^é^tr contreenx esi opprcsUnn , 'on. «é tnjnie^ 
omtm âcmndml» p^Uklie. M 

Et l'artsek A afonte : * Le tetonn compilera à tomèp^moDe 
» intéressée. A dëfiiot de pkîntèy il snra enercé ^oiicepar^ka 
» préfets.» 

Ailnî.9 par TsÉriick 6^ les eanons re^ tn'Fvatace^ontiplaqé» 
sons h «protection de l'autolnté é^lt* Mak ywtfe «spK>BS ont été 
pkp con^amment) f bis nntvnnielMnent.iie^s en.ikianon.qn« 



g0$Ki qui iDUigniii' kl prteret au célïbtAf ^^â:|^ cmon» .^ 
l^ctttmet deusîèoM concilei de Latran; qotf ceux dki cobcite 
de VieiUMy et ^ en dernier lien, le neuYième œoon de ]a Tingit* 
quatrième teteion du coacile de /Trente, qui conslate à cet 
égard la tradition .apostolique , la pratique constante de FÉ- 
^ise et coi^coie 1^ canons antérieiirs? Que tous ces canons 
nient ék£ de tons temps reços^ reconnue., exicaïh dans tonle la 
France, c'est le point de doctrine le mieux ëtaUi par tous. les 
nHnswmettis de la jnffis|an|adence «nGiennê. Si le maria^ des 
prêtres est , comme infraction aux canons, un cas d^abus qui 
donne Ken à Tappél an conseil d'État, n'est«41 paa évident qu'il 
est prohibé? Puisque Tarticle 8 prescrit à l'autorîté cfrilede 
dénoncer dViffioa<an conseti d'État un tel mariage déjà con* 
traeléy quoi de fiua absurde que de prétaidre quecette anUh 
mU soii oUigéejde peéler son ptiniaière pour accomplir Tacle 
ittlme dottt ka lois lui ordonnent de>pfovioqnec la véprcmion} 

Aniai depuis^ cane «^oqne trottvnrons»noua que tonales actes 
des aul4Hrités> adminislaatiTe et jndkiaire ont,, d'un OMMulali 
accord, refusé. an fnfitre la capacité de contracter ituriage» ' 
. Peu. de temps ,apria le concordat, nnprèlre dudîoeéte de 
l^jordeaiiK fToùlnt se marier* Mgrv l'archeTique lorma oppoai-* 
lîai^ w mariagedèrant l'officier de l'état icivil , et il en inln^ 
Mré à l'eîhpere»r« Que ikalors Boniqparto? Froflrisqircncnt il fil 
aeeétarle prétra.at.Ui*fit')etev en.pcisaB; ^suiieâ nrdo»na«à 
wn «HBiytre ^desf qultcs d'écrire bne Idttw de. f%teatioM > 
Mgr. Faiciîefiifne /sua la cnaduilQ q^'il airoit teame.daMoÉtta 
affiiir0« ïoiflî QPtat letti»^ qni astdatée da.i4 janTiee iSofis > 

« Monsieur l'Archevêque, )'ai la satisfaction fie voua aononeer 
» que&fM: L:et A. , ep Mnsidéialion du .hie#, de.lUi aéli)|;ipn 
setidfs.mtours, :vienl d'o^donud^ qu'il sera. défendu k.toua 
» les officiers de l'état civil de recevoir Facte de mariage dn 
» prê^a£ »<•« S.<M« 1. et R. considère le projet form^.par .cet 
» jécdnsiaatique éouamètui délit contrela religion, la morale^ 
» ièanl)ilJimptfvte.d'arrêter<ksfiineiUa effttp dans knr^^inciyt» 



( »o5 ) 

» (TaToir prëfUj autant qu^il ^toit eu tous, les imentions dé* 
b; notre auguste Empereur^ en vous opposant à la consémmationr 
» d'un scandale dont le spectacle auroit aSiigê les bons et en* 
1^ courage les «péchants. ..> 

. > Técrïs à JA. le préfet de la Gironde pour qu'il fasse exécuter 
» les ordres de S. M. I. et R, J'en &is également part k leurs 
n excellences les ministres de U Justice et de rintérieur. La' 
> sagesse d'une telle mesure servira à diriger l'esprit des admi- 
» nistrations civiles dans une matièrç que nos lois n'avoient pas 
9 prévue. » ; . » 

: » Jjéf Messieurs^ s'écrie M. Berrjçer „ .pardonnes^moi une 
réflexion pénible. Goiïtemplons l'étrange route que nous avons 
iiuiyie depuis quelques années y quels progrès avons-nous faits? 
Si un prétie , si un évêque j vouloit ainsi as^ oard'hui su^pendre^ 
en ces matières mêmes , l'action, des agents de Tautérité civile/ 
est-ce en ces termes que le ministre des Maires ecclé3!astique& 
se €sn»coit permis de lui écrire ? » . 

Au mois, de. juillet 1806 ^ M. le préfet de la Nièvre suspendit 
le mariage d'un prêtre ^ qui n'avoit rempli aucune fonction sâ- 
cerdo^le dq>uis la révolution. Le grand-jugé fit sur cette afr 
£dr^ un rapport à l'empereur, qui^ le 9 }uillet , rendit la dé- 
f^mon^suivante : 

f Sile prêtre dont il s'agit n'a pas rem|»li:les fonctions du 
» ddte catholique depuis le concordat , il n*j a point de motif 
p poiii' s'opposer à ce qu'il se marie. C'est à lui de juger du mé- 
» rite d'une action par laquelle il manque aux engagements 
» qu'il a contractés. ». - ■ , 

< Cette décision fut transmise aux préfets des départements. 

Toutes les fois que la même question se présentoit , Bona- 
parte agissoit de la même sorte ^ c'est-à-diré qu'il faisoit d'abord 
emprisonner le prêtre , après quoi on examinoit ^on affaire. 
C'étoit, disoit41 y pour punir le ^scandale. Il j eut successive^ 
ment huit arrestations de ce genre. Mais, enfin , fatigué de cette 

9 ï5 



( ao6 )^ 

■ 

xiiâiiiére àe procéder; 3 assembla , en i8i3 ^ ion conseil d^état^ 
pour aviser aux moyens de punir les prêtres qui conlracteroient 
niaiiagé en laissant ignorer leur qualité aux officiers de IVtaC 
civil. Dans cette séance, l'empereur opina ainsi : L'ordre , dit- 
il , est un sacrement delà même nature que té mariage. Le 
prêtre est uni à PEgUse comme Tépoux à son épouse , par des 
liens indissolubles^ Je demande donc qu*6n applique au prêtre 
qui se marie les peines portées par té Code pénal contre les 
bigames. 

Après une discussion fort prolongée, et où parlèrent Camba- 
cérès f Berlier , Regnault de Sa^nt-Jean-d'Angelj ^ Pl'éame- 
neu ; etc. , ilTut déeîd\^ que le prêtre mariti serait eondàsntié 
j|U carcan et^au bannissement. 

M. de Préainènèu fut ebargé de rédiger un projet de Idi en 
ce sens; le projet a été' fait dans les bureaux du ministère i les 
événements de 'i8i4 ont empêcbé qu^il ne reç&tla sanction 
législative. 

Les cours royales , de leur c6Cé , ] ùgèrent dans le même sens. 
On peut citer notamment Tàrrêt suivant , qui est remarqniAile 
par les circonstances du fait y par le considérant sur lequel il se 
Tonde, etparTarrêt de la cour; de Cassation auquel H donna: 
lieu. 

Charouceuil, prêt^^ vivoiteù concubinage avec une femme 
nommée Gabriellê Petit. Après l'avoir rendue deux fois mète • 
il songea à répoûser, êts^adressa pour cet effet au cardinal légat. 
Il en obtint , le 4 novembre 1802 , ùnë dispense qui le relevdt 
de rempêcbement résultant, suivant les lois ecclésiastique , 
de son admission aux ordres sacrés , et l'aûtorisoit à contracter 
mariage avec la personne qu'il avoit fréquentée^ Mais bientôt 
il s'ennuya d'elle /et, par suite d'une autre liaison , il passa un 
contrat dé mariage avec Marie FidaU Gabriellê Petit foritia op« 
position jet^ Faffaire ayant été portée devant la coiir royale de 
Bordeaux , cette cour rendit^ en 1809^ un arrêt ddnt voici h 
teneur : 



( â07 ) 

a Atteikdtt que TempêcheineiK au mariage , tésiiXtani du ca- 
"• ratière 4e prêtre qa'arpît reon Chftrooeeinl , n'avott éié levé 
V par Tautorké du souverain PonCîfe^ que pour tsonlracter ma-^ 
9 rîage avec Gabriette Petit, pour lëgîtlmer T^i^fant prbvenu de 
» leur commerce y aimi qi^ ceU résuUoit du .br^ du 4 <>û- 
.9. Tembi'e 1809^ décbre CbarouceaiHiM:a|iabl^ .de cootract^r 
» mariage ^yec toute, Autre lomme que GabiSi^le ffiXit^ i^^, . . ^ 

Cette disposition fat cassée, il estTi:ai^ mais, pA^rruixique, 1119* 
tif qaele bref invoque n'avpit pas été 4<Mr«gpiStr4 aM /«oçftf^l 

d'élat. i ;" r 

Il résulte au moins de ce^ qui précède que , si le mariage ne* 
^peut pas être ann^ilé quand une fois il a été contracté» si 1» 
prêtrise n'est pas un empêchement ctlrimsuort , cW dû moîhs un» 
empêchement prohibitif, ; ; .! , 

lé&e étoit aussi ropinion de.lL Herlia.én ftdis^AljMrsil 4i- 
$oit^ tians son Réjpertoire de jurisprudence (article Oéêibàf^ t: 
« Aujourd'hui la prêtrise ^st un empêchement prohib^^lf . ^^^ 
a mdrlage. » Mats, dans la nouvelle édilicm qu'il a dennifo eiL 
i6t4)M. M erlifl n'est pins du même avis fUn'Iàés^ [tas à'pH>- 
aoncer que la qualité de prêtre n'apporte plus aucune espèce 
d'empêchement au mariage , et il qualifie d'actes arbitraires les: 
décisions du gouvernement impérial. 

Le courage e^t devenu facile aiijottrd%iii ^ mais la bonne fol 
dans les opinions ne devroit-etle pas dans tous les temps honorer 
le înrisronsttUe? Eh f quoi » c'est donc Ui lie ' triste dFet que k 
restauration 9 produit sur certains espjpts! Fiers du mîil jju'ib 
4iBt fait, ils désavouent te bien qui kaiva.éié comAnand^iA 

Cependant l'état de la question n'est pas changé; les- pt^ncipes 
4e rémpire n'oat pas été détruits par TantMclefide la Chartf, qui 
déctai^è que la Religion catholique ^apasiotiquc et romaine est la 
religion de l'état. 

Ici ML fieerjer est eptvé dans ta seotadie |iàfti^ dit>sfiii dis- 
cours^ dont, nous terminerons Fanalyse dati^ liëtre prochài» 
numéro. 



( a'o8 ) 

PETITS siMINAIMS, 

• . . '..-■■ . « 

( , ... • . . . • • . . 

Ed attendant des renseignements plus d^taSlés^ nous croyons 

pourôi)* dire aaJQjjir^hai qu'un très-grand nombre d'ërSques 

ou n'ont pas répondu aux circulaires du ministre y ce qui est 

' tine très-bonne manière de répondre^ ou qu'ils ont rëclamé 

' arec fermeté contre la nouyeUe inquisition administratire et 

refusé de satisfaire à ses eligeances, ' ^ 



*-. » ... , , . 

... I^ sav^t autei^. de Touvrage intkulé ; lissai sur les rapports 

entre le saint patriarche Joseph et N.-S* Jésus- Christ (i) , 

H. labbé Caron^ Tient d'en publier un nouveau du mêkne genre, 

T ^m n'offre .pas moins d'intérêt / et dont nous aurons soin de 

. i;«n4re compte. Ëa Toici le titre : Jésus^Çh&ist . ijë vam Isàaç^ 

ou la Divinité du christianisme prouvée par Vhistoire du saint 

' patriarche Isaâc; par M. taron, curé d*Ailly4e-Hant-Cloclier , 

■ ehanoinis honotiaère d'Amiens. D^ix vol. in-12 9 prix : 6 fr^ , et 

.;^,ir^ 9.5. conter la poste, Cheï BeIin-*Mandar et Devaux , rue 

Saint-André-des-'Àrcs • n"^* 55 : et au bureau du MémoriaL 

. ,» . . » . . . , . , . » . 

cJ > . . 

; [ S^KMCf SAJvcsiTao^j^louc^r^Bii^LUJkRT. Deux voL in-S^Prix do 

, . c|iaque livraison, de deux volumes : iofr« Trois livraisons ont 

'^ * ^ déjà paru. A Paris, cKéz Méquignon- Junior , rue des Grands- 

Atiguschis ^ n*» g } a Brnxielles', au bureau de la librairie më- 

;;r ,;.,4^c*l^irançais^. 



c < 



i T JEi&TUoIogié dé fiiUx'iart est connue et estimée^ mais, à noire 
y avis, elle ne l'est pas autant qu'elle le mérite^ Ppur le fondj 
c'est la théologie de saint Thomas d'Aquin , surnommé ,avec 
raison l'Ange de Técole. On est heureux de penser, que celui 
' dowt-'oii' étudiç'la doctrine peut nous Obtenir dii Père des lu« 
i mièras 1| ;gf â^ de rintelllKeace. Billuart n'a fsiit , pour ainsi dice t 

Al* * 

tlî Pryc -, 2 fr. 



/ 
/ 



( ao9 ) 

que àsmoet it l» Somme du docteur Angélique la forme des théo- 
logies modernes. En parcourant les quatre volumes qui ont été 

«publies jusqu'à présent, nous avons trouve partout une doe*- 
l^e purement et simplement catholique ^ sans mélange d'aa- 
PV^ esprit de ^écte ni d'aucun préjugé national. Il' existe plus 
d'une théologie entachée de jansénisme^ Celle de Billuart com- 
bat sur tous les points cette hérésie opiniâtre , quoi qu'elle 

j fasse pour se confondre avec la dpetjrine de • saint Thomas.: 
II9PS cesse il lui oppose et venge contre ^lle les jugen^enfs.de 
la Chaire apostolique. II est d'autres cours de théologie telle- 
ment imprégna de certaines, maj^iraes particulières , qu^, 
sans s'en apercevoir , on j puisé un secret levain de défiance 
lat d'hostilité envers le Centre de Vunité catholique, un secret 

fenchant à mépriser et à compter pour rien tout le reste de 
Eglise. La Théologie dé Billuart inspire des sentiments tout 
4inerents ; elle fait aimer et le chef de TEglise et l'Eglise 
tout entière. Ces dispositions sont nécessaires plus que ja- 
mais au clergé de France pour le rendre invincible aux assauts* 
.qui Tattendent. C'est surtout à l'égard du Père commun et de 
la Mère commune des fidèles que ce commandement est vrai et 
nour le précepte et pour la promesse : Père et mère honoreras , 
•AFiWQUE TU viYss LOiiGV£M£NT. Un autre avantage qu'pn trouve 
dans Billuart ^ c'est la solution d'une foule de questions impor- 
tantes qu'on ch^rcheroit vainement ailleurs. Enfin ^ l'on an- 
nonce qu'un professeur de théologie s'est chargé de comparer 

' r^éîen droit avec notre législation nouvelle sur le mariage et 
Ént les contjrarts. Si ce travail est iait dans l'espirit de Billuart et 
dr saint Thomaf , s'il reproduit sur ces graves matières la doc- 
triM catholique , c'est-à-dire la doctrine du saint Siège , sans 
mtam «IHage de nûnvemt^ séenlière^ ae«t ne craigmoi» pM de 
dire que cette Théologie méritera , sans comparaison , k prélé- 
resLce sur tontes les autres. Nous aurons sans doute occasion, 

•plus d'une fois^ de le prouver par des exémfdes. ' ; 

.SpECTAÉdÀ GAl.I.IGJLlfUM lirrER ET PROXES'TAVTEM COKCERTATID. 

Broch. in-ia ; prix: 80 cent., et 85 cent, par la «poste. Avi- 
gnon 9 Seguin. , 1 828. *A Paris , au burea u du M.émorial çfitho' 

iique» — 'De SUpiVEMAROMANI PoifTlFIClS Ilf tjniveesam ecc^e- 

siAH AX7CTOBITATE. Br. in-8''. j prix : 2 fr»«, et a fr. ^5 cent, par 
la poste. Chez Belin-Mandar et Dcvaux, rue S^int-André-d^s- 
Arcs* n*. 55, - • 

.4^i||^k que de tous côtés s'élèvent des défenseurs de cette doc- 
tnm^ùrttante j tandis que le gallicanisme , parvenu à ses 'der- 
nières conséquences et abandonne par les catholiques ^ rallie 



( aïo ) 

«iqourd'liiii let impies de toute» ïé$ «^uleurs eC ks protMani» 
de taules ht sectes , qui ep ont fai( leur c«u^ 4;oipimmie. &|^é- 
vons çepeucUntque lesjQatMr^Uesbrochu^eB que. nous aQâooçons^ 
détrutrotDt efoioôie . les prëjiig^s de quelque: perso'npes , en. Wr 
montrant aue le but aenos eiweinis est ii^niquement dhmms^ 
•épater de 1 Eglise rom^uie. 

MovtcL essAt SUA ri oEftTiTiiDf y par IMI. T^bbé Trindti. Un 
Yol. in-S"*, prix t $ fr. A la Librairie ecelésiàstiqiie de R«l- 
sand, rue du Pot-de-Fer , n*. 8. 

r • 

Cet ouvrage nous parott être un mélange de réflexions {uste» 
et de conceptions d'un caractère tout diffèrent y sans qu'il nous^ 
soit possible de concevoir le lien qui unît les unes aux autres 
dans Tèsprit de l'auteur. Il insiste sur la nécessité de l'autorité 
comme critérium suprême de la vérité ^ en attaquant' sur plu- 
sieurs points les ouvrages qui ont particulièrement défendu 
cette grande doctrine; d'un autre côté, malgré son excellente 
volonté de justifier la philosophie des écoles cai*tésiennes> illa 
combat dans plusieurs de ses principes fondamentaux , et va 
même jusqu'à demander qu'elle revienne enfin de son funeste 
entraînement. Cet ouvrage présente donc un nouveau Symp- 
tôme de la dissolution de l'enseignement cartésien. 

BiBLlA SACRA VO^GAT^ XDlTtOZriS SlXTl Y POlTt. ISAJU iUStV 
BEGOGVITA ET GlEMEITTIS YIII AUCTOBITATE EDLTA» l V^l. 

in-8% ; prix ; i4 ^*'« 5 P« 5 ^^'^ iû-3a ; i6 fr, fiesançop^ Cl^ 
landre fils, éditeur. .{&;i8* A Paris, chez Cauoie frères , me 
,du.Pot-«d«-£er . n ». 5. 

' 'Tpat ifaât ttpércr que c«£lc édition., tkmt^les pf èmi èiqs fi- 
▼raisoàs nous oi^ paru de la plus belle exécution typognphâqoe, 
sera une des plus correctes que IW ait encore vues. £Ue est 
confiée aux soins d'ecclésiastiques trés-vecsés dans l'étude de 
l'Ecriture sainte , qui apportent a la correction des épreuves 
toute' l'atteiitioa et toute ta patience qu'exige on pareil travul. 

OptrsGULts DE MuzzAtELt»! , lu-ia et in i8 ;trente*ctnq opus- 
cules in-t 2 ont déjà paru , et cinq in-i 8. Les premiers se vendent 
da fr., et les opuscules de piété , 5 fr. Les derniers publiés sont 
le n*. 5i , Des purs esprits j prix : 3o cent ; len*. Si, Mëtaphy» 
sique^ 6o cent. ^ le n*. 33 , Religion duvhtlosophe , i fr; Socent. ; 
len* 34 7 ^* *^* Rousseau accusateur aes prétendus philosophes ^ 
5o cent. ; le n*". 55 , Lettres sur la secte dominante » 2 fr. Avi- 
gnon 9 Seguin , 1827 et i8a8. A.ubure£|u du Mémorial, 



CùlOisaiMfùàjxeM ^n , aréheifiqi£t de.GamfalvM ^ 'pubh'ée^ 

pour la première fois sur îes malnnfcriu ongbiaux'y dont 4a 
plupart inédits^ Lct ioinea6et y sont en vente; prix de chaque 
volume : ^ fr. Chez Ferra jeune , libraire, rue deâ GraHatf- 
Augttstins, n*« a3» ' 

Cette belle entreprise se poursuit avec an soin et une activité 
qui méritentles plus grands éloges. ' 

BifiLioTHkQUE DES ORATEURS CHR^TiEvs ^ dédire ûux &nfants de 
' France. Trente volumes in-iS > deSoo pages environ y papier 

- satiné. Prix «- t fr. 5o c. de volUme. 

Neuf /volumes ont déjà paru : Essai sur T éloquence de la 
chaire , par le cardinal Maur j ; trois volumes. -^ Pané^yrùjuû 
de saint Finceni de Paul, et autres , par le même ; un volume. 

— Sermons choisis du P, Le Jeune : deux volumes. — Sermon» 
du P. cheminais ; un volume. -^ Œuvrer choisies de M. de 
Beaitvais y évéque de Senet , tome ëeicond. ^— > Et XoiiXîmreê 
de Boismont *y vtn yolnme* - - ' i . . 

Apologie ns l'ixstitut des jésvites , nouvelle édition , 
avec un Supplément contenant : lécs Bulles et Lettres des papes^ 
iês Actes du clergé de France , et les témoignages de plusieurs 
hommes célèbres ^ en faveur des Jésuites, i fort vol. in- 13; 
prix : 2 fr. 5o c. Le Supplemeft se vend séparément 9 jS cent, 
Avignon , Seguin , i8a8. Au bureau du Mémorial* 

. Là JOUAJIES W CÇLHiTlEV SiJICTlFXi^f PfE LA FRIÇl^E ET LA 

wi^j}iTA'xioi!i. Npuvelle édition^ approuvéépar Mgr.. l'archevêque 
de Paris. XJn vol. in-l4 > V^^^ - ^ '^* ^ ^^ Librairie ecdésias* 
tique de Rusand ^ rue du Pot-de-Fer 9 n* 8. 

• * ^ 

Office de la saihte Yiéroe eit Lixiir bt xv fsavçau. Non- 
i[elle édition. Un vol. in'24s prix : 60 «eut. Chez le même 
libraire. 

La JouBinéfi dv sou>at chbiCtieii ,' sanctifiée par la prière et 
par les bonnes actions : offerte à l'armée par le chapelain d'une 
maison royale militaire* Un volume in«^; prix : 75 cent. Chez 
le même libraire. 

KÊCDEIL de CAWtiQUES A L*USAGE DE l'^GLISB BC SamSTE-^ 

Gehevieve, avec tes airs notés. Cet Ouvrage est divisé en deux 
parties. La première contient les airs notés de tous les cantiques 
du recueil. Ces airs sont au nombre de Sgo. La seconde partie 
offre une collection de cantiques à deux , trois , quatre voix ^ etc., 



( âii ) 

an nombre de it^ Prifcdfiain noié$ ^ p^UrJÊn t tÊÊêtfàép» 
tie [Mise séparément «^ 4.; let deur partiel ensendiile y 9 fr. Le 
Recueil de cantiques, formant 1 yoL in«iA de «700 pages ^ se 
rend X papier commun y ^{r»*y papier fin, 3 ir. 5o c^piwiet 
w^lin, 8 fr. A Paris , ,chez Beaucé-Rusand , rae Palatine; Ane. 
Delalain , rue des Jk^alhurins- saint-Jacques ; et à la sacristie oe 
Sainte-Geneyîève. 



' L'Association catholique du sacré^'-cœur pour la pmpagaiian 
des bons livres , vient de publier sa sixième livraison , TImitA' 
TiON DE N.-S. J.'C. Ce volume, caitonné, se vend 4o cent. Le 
buryeau de V Association esx maintenant rue des Portes , n*". 24. 



' En annonçant les Sermons choisis du P. Le Jeune » c'est a 
tort que nous avons dit que « ces sermons étoient devenus 
extrêmement rares; » puisque MM» Périsse frères, de Lyon, 
en ont donné une édition complète en iSsS çt 1826, en i3 vol. 
iu-S".^ dont le prix Qst de 5o fr. Nous rectifions cette erreur avec 
d'autant plus d'empressement, que la librairie de MM. Périsse 
est du petit nombre de celles qui ne publient que deslivf es utiles 
et approuvés par la religion. 



II. Méquignon^Bavacd continue àwsc activité les publicatione 
fannoirtantes que ndus avons annoncées » et en iirépare de noifr- 
Veiies qui ne sont pas moins prédeuses pour la religion et ki 
bonnes doctrines : 

1'. Bible de Vewce, cinquième édition 9 en a5 vol. în-8^. ^ 
avec adas ^ ^*. livraiton , tom. 3 et 4. 

a^. DicTioiiNAiBE HISTORIQUE DE Feller , Septième édition^ en 
ao vol. in-8*. ^ tom. 5, 6, 7 et 8. 

• 3°. Le TRi^soR DU CHRÉTIEN^ OU Principes et sentiments pro- 
pres à renouveler et consommer le christianisme dans les âmes; 
par M. Fabbé Champion de Pontalier. Nouvelle édition. 3 vol. 
m- 1 a ) prix : 7 fr. 

, 4** BiBtfiOTBEQUE CHOISIE DES Peres DE l'eglise ; par M. M. N. 
S' Guillon,,26 vol. iorS". ; tom. 11 et 23. L'éditeur prépare 
une deuxième édition de cet ouvrage, en 36 vol. in-ia. 



LE 



MÉMORIAL GATHOLIQIŒ 



AVKtL i8â8. 



* ' r 

HiSTOiBE DE FaiiccB. -r- ,7\2^feau hUtmique et pUêTresguc de 

Paris i par }• B. de Saio^ Victor (i). 

(Sizièmt article. } 

Le règne de sainl Louis est sans contredit l'un des plus re« 
inarquables de l'histoire de France. Ce qui .fixe d'abord les 
regards, c'est le caractère de ce roi, qui vécut et mourut en 
saint et en héros : « Prince incomparable, dit M. de Saint- Victor, 
le plus grand peut-être de tous ceux qui ont jamais honoré le 
trône , et que nous croyons louer dignement en disant qu'une 
race d'hommes qui de nos jours s'est acharnée à outrager tout 
ce qui étoit respectable, a été forcée cependant de respecter 
sa mémoire et de rendre ainsi , an milieu de ses blasphèmes , 
un hommage involontaire à la religion sainte qui seule l'avoit 
fait ce qu'il étoit , l'élevant par l'assemblage de toutes les ver- 
tas chrétiennes au-dessus de l'humanité. » Mais indépendam- 
ment de l'éclat que jette sur cette époque la gloire et la vertu 
d'un grand monarque , elle se recommande aussi à notre atten- 
tion par d'importantes modifications dans le système politique 
de la France. 

Nous avons établi dans un précédent article la position 

(i) Gbez WK Carié d« la Gbarie , me de l'École de Médecine , q*. 4- 
fiait vol. iii-8*. ; prix, avec atlas de ii4 plaiiohes a ta8 tt* Avec les pla» 
seuls : 68 fr. Le texte seul : 5)6 fr. . 

O l6 



( 2»4) 

respective des roi» et de leurs vassaux; nousavons vu comment 
PhUtpB^rÀuffu^Çy.en epleput au rpi d* Angleterre «es p^i»^ 
cipales' posseèsioùs eH France ", p6rta un toup ihortel à la 
puissance des grands feudataires y parce qu'il ôta à tous ceux 
qui dorénavant voudroient se . liguer- contre lui leur point 
d'appMÎ le plus formidable. Ce qui avoit surtout favorisé les 
conquêtes de Philippe , c'e^t que le trône d'Angleterre éuàx 
alors ocdiipé ]par Jean-sans-Terre , prince iaussi lâche que mé- 
chant , et qui n'avoit su inspirera ses sujets que la haine et le 
mépris. S^'edt t^ te stfcfcessèuT vaillant et habile ^ toutes cd^ 
pertes eussent pu étire fépkréies pendant la longue minorité de 
saint Louis : le roi anglais se trouvant le chef naturel delà 
ligue des grands vassaux ^ leurs éntrepiùses contre la couronne 
«ussen^ été mieux dirigées et Ton eût vu probablement renaître 
l'ancien* étai de choses, ou pis encore. Heureusement pour la 
Prancë) Henri III;, successeur de Jean-sans-Terre ^ fut uo 
prince foible et incapable ; et son long règne, continuellement 
agité par de$ discordes civiles , laissa le roi de France assurer 
pour jamais., son autorité et la mettre à l'abri de toute atteiiite. 
Il faut dire aussi que pendant que le eceptre d'Angleterre étoit 
conGé aux fpibles^mains de Henri III, Blanche de Castille^ et 
plus tard ^^int Loui^^ gouvernoient la France avec autant 
d'habilité que de vigueur* 

Lorsque Louis Vn)[, en mourant , laissa la monarchie entre 
les mains .d'un enfant ^ qui n'avoit d'autre guide et d'autre ap- 
pui qu'une femme étrangère à la France » les seigneurs crurent 
que le mbmept ëtoit venu de reconquérir ce qui leur avoit été 
enlevé. Une .ligue fprmiaaMe se forma & l'instant même contre 
la régenté y mais le caractère dé Blanclie étoit plus grand encore 
que le péril qui menaçoit.la monarchie ^ et ce fut un spectacle 
dighe d'admiration que ce qu'elle déploya^ dans ces graves 
cirG9ns;(^ncf;^i de cçmrCige^ d,'âptivitqi de vMe$ bai^c^^et pirofon- 
des , db pvitde(i(te:^ de leiw&tt».' EUeiléîoua les liguer ^n» cesse 
renaissantes , échappa à tous les piégés- qui lut fui'ent tendus y 






{ 2»5 ) 

fbrpa à se rembarquer le roi d*Angleterre qui étoît venu au 
secours des rebelles, et y pàroii ceux-ci , réduisit tiiéine les 
plus obstinés à se soumettre et à demander la paix. Lorsque 
Louis IX j devenu majeclr, prit les renés du gouvernement , 
de nouvelles trames furent ourdies contre lui > fenàis '%on babi^ 
leté , sa valeur ^ la ft^rce et la noblesse de soti caractère se 
déployèrent da&s les circonstances les plus difficiles : la victoire 
suivit partout ses drapeaux- , et tous les grandsf Vassaux furent 
abattus oti Soumis. L'expédition dé Lduis en Saintonge , si re- 
marquable par le brillant fait d'armes dtr pont dteTaillebourg^ et 
où il vainquit le comte de la Marche er força le l'or d'Angleterre 
à la retraite^ fut la dernière guerre entre l'autorité royale et 
l'aristocratie féodale. Depuis lors les grands vassaux ne trai- 
tèrent plus de puissance à puissunce avec la couronne : ils ren- 
trèrent dans les raUgS des sujets pour n'en plus sortir : c^r 
plus tard , ks guerres ; civiles , allumées par dés pHnces dû 
sang 9 eurent un tout autre caractère et ne' tinrent pas aux 
mêmes causes. , 

La suprématie royale étant bien assurée^ saîiiit Louis voulut 
établir autant que possible l'ordre et la îustrce dans Un paya 
livré depuis long-temps à' l'anarchie. L'on doit rignaler ici un 
autre caractère important de ce règne^ Pour Ëdre succédtr au 
règne de la force et de l'audace celui du droit et de la jus«> 
tice , supprimer les guerres privées et les cdmbats judiciaires ^ 
Louis appela à son secours les hoihmes de loi. B y avoit danâ 
la noblesse trop d'i^orance et d'esprit d'indépendance pout 
que le roi pÂt la faire concourir à ses "vues : les légistes sôr- 
toient presque tous des rangs les plus obcurs. Par reconnois- 
sance^ comme par ambition, ils se dévouèrent entièrement II 
faire triompher l'autorité royale , qu'ils servirent plus effica- 
cement que n'auroient pu faire ses armées : ils travaillèrent 
avec persévérance à folider le pouvoir absolu de la cour^éne^ 
parce i^ue lespi'ôgrèsde l'autorité royale dévoient leurprofiter 
à eux-^mémeir, qui en étoient dépositaire. Ùoux delà noblesse 

16. 



( 2i6 ) 

i laquelle la (dupart a'appartenoieni points iU travaillèreat h 
svboi'dûoner de pj^us en plus le, système féodal au pouvoir ino- 
narchique : jaloux du clergé , avec lequel ils 8^ trouvQient en 
rivalité sur mille points , ils s'efforcèrent de lui enlever la plu» 
grande partie de sa juridiction^ Cest par eux que sous le plus 
veligiptîii dei^ princes les premières atteintes furent portées k 
raotojdté spirituelle du jPape comme à celte de FÉgli^e. « Les 
rois, dit M. de Saint-Vicior^ se montroient impatients d'un 
joug qiii avoit> été si loog-temps nécessaire à leur propre con- 
serrationj et par cette corruption du cœi^r que fait nattre l'usage 
même légitime, du pouvo^> cherdioient imprudemment tous 
les moyens possibles de le briser. » Ce fut surtout sojas Philippe- 
lerBel .que les légistes consolidèrent leur puissance aux dépens 
des pouvoirs rivaux^ et surtout de l'Eglise, qui futalors violem- 
ment outragée dans son Chef et dans ses membres. Ces abus 
sont étrangers à saint Louis , qui n'avoit en vue que le bien et 
ne cherchoit à recueillir de ses institutions d'autre fruit que la 
justice qu'il croyoit devoir à son peuple. 

Ce n'est pïïs sans une profonde admiration qu'on s'arrête à 
considérer le caractère cU^ saint Roi. Jamais homme ne fut 
plli^ constamment dirigéj)ar le sentiment du devoir : aussi ne 
devoit-on pas dbercher à expliquer sa conduite par ses inté- 
rêts ou les avantages qa'il pouvoit en retirer ; c'étoit dans sa 
consciencjB seule qu'on en pouvoit trouver lesmotife. Que ceux 
qui croient que les observances les plus rigides de la religion , 
des pratiques qui Sfsi^blent minutieuses, et que les esprits super- 
bes traitent dç superstition , une humilité qui cherche touiour$ 
l'abaissement,, ne peuvent qi^e dégrader et rapetisser les hom- 
mes, lisent les détails de la vie de saiqt Louis. Certes, on avouera 
aisément qu'il n^. eut jamais âmè plus noble , plus pure , plus 
élevée , esprit plus ferme et plus droit , vertu plus éclatante et 
plus héroïque. Cependant la foi la plus ardente , la plus sou- 
mise f la dévotion la plus vive et la plus stricte , présidèrent à 
toutes les actions de sa vie. Tout ce que dit le confesseur de la 



( â»7 ) - 

Reine , ta femme , des offices qii*il rëdtoit , de $es coininti- 
nîons , de sa manière d'adorer la croix , de ses pénitences et de 
ses mortifications ^^ semble conTenir plutôt à la Tied'un anacho- 
rète qu'à celle d'un roi. Aussi , même de son tenips^ plusieurs 
regardoient ces pratiques comme de'celant une fiiflé vulgaire. 
« Une femme qui atoit nom Sarrètte,' dit le confesseur dï^la reine 
» Marguerite ^ lui dit : Fi /fi , dusses-tu être roi de France , 
» fnoult mieux ser'oit qiiVin autre fût roi que toi ': car tu es 
» roi tant seulement dés frères mîneun , des frères prêcheurs , 
» des prêtres et des clercs ; grand dotnmage est que tu eft toî 
» At France, et c'est grand merveille que tu n'es boute hors-du 
» royaume.,. Et comme Tes sergents du beiioit r(H la vouloient 
» battre et bouter dehors , il dit et connnanda qu'ils ne la 
ii touchassent ni boutassent , et quand il Feutbien étùvAée et 
» diligemment , il dit et répondit en souriant : Certes , vous 
» dites vrai, Je ne suis paa digne d'être rcri ^^ et s'il eût plu à 
» Notre Seigneur, c'eût ^té mieux qu'un autre eût été vei que 
» moi, qui mieux sût gouverner le royaume : et alors com- 
» tnanda le benoit roi à un de ses chambellans qu'il lui donnât 
p de Targent , et 6n croit que ce fut quarante sols. » 

Les règnes des successeurs de saiftt Louis jtisqu'à Philippe de 
Valois offrent peu d'intérêt, si Ton en excepté cdui dé Fhilippe- 
le-Bel , prince habile , mais ambitieux , avate et cruel. Ses dé- 
mêlés avec le pape Boniface YIII sont célèbres. On sait q«e dans 
cette querelle où le Pape , défenseur des droits les plus iBcont;;es- 
r.ibies de TEglise, avoit évidemment toute raison , les violences 
k^splus coupables furent exercées contre loi au nom de Philippe. 
Mais l'événement le plus remarquable de ce règne , est la con- 
damnation des Templiers , acte diversement fugé et sur lequel 
M. de Saint-Victor a répandu une grande lumière. Nous croyons 
faire plaisir à nos lecteurs en letir faisant connditre la manière 
dont il a envisagé ce fait important. Personne n'ignore que les 
Templiers étoient une milice religieuse engagée par ses vœux 
à faciliter aux pèlerins l'accès de la Terre sainte et à lesd^Sfieiidre 



( i«8 ) 

contre les attaques des infidèles. L'accroissement de cet (U'dre 
fut extrêmement rapide. La noblesse s'empressa de se mettre au 
nombre de ces défenseurs de la religion ; 1^ rois et les princes 
lesxpmblërent d^ laveurs et ils devinrent en pe|i de temps pos- 
sesseurs def ccts ricl^esses immenses qui dévoient bien tôt amener 
leur décadence et leur destruction. Tout }e monde connoit la (Iq 
tragique d6s Templi^ers s la justice de leur condamnation n'av^îi 
jamais été cositestée avant le dix-huitième siècle. Lé Janséniste 
Dupujr, qui avoit recaeilB les actes du procès» Yelljr le parlemen- 
taire ^ les jésuites Dai^el , Berthier | Griffet j divisés entre tax 
sur tant de points , qui daàu un tel sujet ëtoient de natufe à 
les diviser WlsMre $ snbjugoéi également ici par le nombre >' là 
force et ^ nature de& {Meuves » s'ëtbient réunis dani une même 
opinion .sUr le^ Tem^Her» , I^ avoient nnaniiimment jugés cou» 
pables et justement puais» Mais les philosophes trouvant dans 
cette coA^^^QAtiou un prétexte d'-insulter les Papes et les rois » 
essayèrent d'dn faire un problème historique et de Fenvelopper 
de ténèbtes assemblées à dessein,. Cependant 9 dès le commoi* 
cernant » on rélîità leuri dédamations par des actes authentiques 
et de solides raisoito.. Lorsqu'ils prétendirent que les aveux faits 
par les accusés leur avoietttété arrachés par les tortures » on leur 
produisit uianombre considérable de chevaliers quiavoientavoué 
sans être tortpr^ « s'ils insistoient sur le désaveu éclatant du 
gra;[id-maitre Jacques Molay et du dauphin d'Auvergne , désa^ 
vea fait$ur réchaËmd et à la vue du supplice qui >devoit en 
^tre te {^ix 5 on leur réponcbit que ce témoignage étoit au moins 
nul j puisque les àveujt pi'écédents de ces deux personnages ^ 
aveux accompagnés des circonstances les plus remarquables , ba* 
ta«ooientl'autorite de l^nr désaveu et même avoient infiniment 
plus de. force pcmr ceàx qui connoissent les honteuses misères 
de rorgneîl humain , qui savent & quelles extrémités la honte et 
FhkmiilialionpèuventpQrtërdes cœurs orgueilleux et désespérés. 
Ce qtfi pvouveqii^:|es philosophes eux-mêmes nétoieht pas con-^ 
lents de la cause qu'ils défetickdent etavoient la conscience de sa 



lèure , e^ Itfi cl^GKi^^if^ 4o^;$^mq)gi^%gfls Hi^'Af Rws^t plus rai»» 
sonxiabl^iiieQt oppo^r à p^iiii doatçi) Jc;^ pp^r^ulvoit. lia aca» 
déii|i<^a de Qeflin» xiop^mé i^^ço^K» >sp :UyR 4^ p^emiai- ik des 
recherche^ sur les TempUevs ^ il savait la pré^^tiQiv^qa'ont les 
françs*niaçpa$ de tifer lefir cfrigiue de cet ordiej^alUeureuse- 
m^t célèbre : il avoxf é^q firappé 4^ )a conformité. <]i^ existe 
entre .q^<|ue» pratiques usitéç$ d4ps.^ttr^ affeqiblées et celles 
que Von .^ItribuGât aux Templiers. L^ jKfpu^mfi ^e M. Micolaï sur 
le secret d^s TempUt^atvkt cood^attu par d'auf ries savants qui 
n'eto^nt ai moii^f philof^pbesfû n»(»iiis partisan» des Teuipliers 
que lui* AI. de Saiut l^t^ a eu l'heureusçidée. ^ prouver uai- 
qiiei^ieat pai: le^ ouvrages de$ apologistes dQ q^ uj^oi^fs ^ que tout 
ce : qu'où )^ur reproçl|oit , ëloit vrai. ^ s'çst sunoat servi pour 
<e]a d'm ouvragie frâinçois publié en i8o§gpar un écrivain ano«- 
njjo^y et intitulé : Mémoires historiques sur les Templiers, « Apre» 
la discussion qui eut lieu en Allemagne ^ dit cet apolo;gîste, il resta 
dans la plupart des esprits la persuasion que si le 3ecret des 
Ten^pliers n'étoit pas encore découvert» du moins ils aboient eu un 
secret ^ mais de cette idée même sortoit une autre conséquence : 
car on ne pouvoit plus dire que les a^ccusatioAS élevées contre eux 
ne fussent que des imposturiçs calomnieuses. Ainsi» par une ren- 
contre fort bizarre , c'étoit la philosophie qui étpit venue témoi- 
gner en faveur de Tinquisitioa. » lifLais ce qui jeta le plus grand 
jour sur ce point historique » si long^-tenips. obscur pour beau- 
coup de gens , c'est que. deux professeurs danois > qui parcou- 
roient l'Europe en cherchant les ac^s. originaux du procès dont 
X)upuy n'ayoit publié que des extraits , trouvèrent enfin les pro- 
cès-verbaux de toutes les opérations 4e la commission nommée 
par le Pape pour procéder contre les ,Xeuip]ier8. Cette découverte 
fut loin d'être avantageuse- au ;$jsté^U(Q des^Jiiio^opjieSy et cette 
ibis leurs travaux épargnèrent des r^cfa^rcj^es pénibles à leurs 
^a4iF.e^*saires. Au milieu^ d'ui)^ foulç de détails et de circon^-' 



( aM ) 

tasces qui , àam ce$ déposkiçns si nombrcuM^ 9 varkut sans se 
contredire, etprottTefitsettIeinentquéleinoâe.de r^pCi<m des 
frères n'^ôitpas parfaitemeiit le même dans toutes les maisons' 
de Tordre^ se présentent quatrearticles]^ncq>auXy quisont tout 
}e fond duyprocès : i*. le renoncement à Jésus-Christ ; 2*. le 
crachement sur la Croix ; 3^ l'adoration d'une idole ; 4*. la 
sodomie permise ^ même autorisée dans Tordre. Sur ces quatre 
articles tous les areux «ont uniformea : le phis grand «mibre 
avouent librement 9 yoloatairement, sans 7 être contraints ni' 
par violence 9 ni par menace ^ ils mêlent à.leurs aveux des cir-* 
constances Averses qiM pfeuvent que. ces aveux né 's«At «i 
suggérés ni CM^ncerté^. Quelquesruus ^rsent des larfoeset' 
paroissent repentants des crimes qu'ib ont commis» de» séduc- 
tions auxquelles ils se sont laissés «ntra&ner 9 et plusieurs- d'entre 
eux s'en sont confessés et ont lait pénitence, lyautres, quid:'abord 
avoient nié ou s'étMent déclarés défenseurs de Tordre y renon- 
cent à sa défense et finissent par £iire les mêmes avectx. Des 
jeunes gens reçus dès Tâge de dix ans, qui par conséquent ne 
peuvent être considérés comme coupables des liorreui*s qu*on 
a volt exigés d'eux , avouent naïvement ce qu'ils ont vu aan» le 
comprendre^ ce qu'ils ont'.consenti k foire sans en apprécier 
les conséquences. Plusieurs qui avoient nié dans tes torturer 
avouent ensuite sans être torturés. Presque tous conviennent 
que les réceptions étoient clandestines, qu'il y avoît àe$ statuts 
cachés et un point d'ordre très secret . Un autre fait cet aveu 
remarquable^ que c'éloit suivant lui Tintroduction des {ufistes 
et des savants dansTordre qui Tavoit corrompu. En6n, avant Tins- 
truction et avant d'être conduit en prison , le gi*and*uiaitre 
lui-même avoit avoué les deux principaux points de l'accusation , 
le reniement de Jésus-Christ et l'obligation de cracher sur la 
Croix. Il a voit fait ces aveux sans que Top eût employé aucun 
moyen violent pourTy contraindre j il les con^rme dans Tinter- 
rogatoire de Chinon : il varie ensuite, mais sans se rétmcêen, et 



k 



( 33 1 ) 

il ne se'rétrdcte en «fiêt que dans la confies^pn publique qu'ua 
voulut le forcer k faire sur un ^chàbud , confeMion qui , dans les 
niteurs du temps , deroît surtout le révolter. 

Cependant les apologistes dsmcurèreat accablés sons le poids 
de tant de tëmoi^iages, qu'ils ne pouvoient songer nl'&iDGrnier 
ni à détruire. L'auteur des Mémoirei sur les Templiers con- 
vieat * que ranifomùté des aveux sur les faits principaux leur 
donne aae force réelle, noe cboslsumee par laquelle ou est 
ébraulé malgré soi ; que d'ailleurs ptùsiears de ces aveux ne 
paroiweat ni l'orcÀ, ih captés :,que d'autres font chargés de 
détails ^'il est impossible qu'on ait tous inventés ou suggérés 
aux déposants : que telle circonstance répand sBr ce qui la 
suit ou la précède une couleur de sincérité tout-Si-fait per- 
suasive : enfin , que si l'ensemble des actes du procès laisse 
une impression générale, ce n'est sûrement pas celle de In 
lànsseté absolue des accusations et des aveux. • 

Que leur reste-t-il donc pour défendre encore 1^ Templiers? 
Nous allons le dire , et on aura peine & le croire^ Quelques-uns, 
et ce sont les érudits allemands , s'eniparant de quelques dépo- 
sitions assez vagues et les commentant À leur manière , ont e^ 
sayé de donner une explication favomble de^ cérémonies im- 
pies qui se prattquoient dans les réceptions. Sur le renoncement 
k Jésui-Christ , ils ont dît sérieusement que c'étoit une sorte 
d'emblème du renoncement de saint Pierre , un acte symboli- 
que par lequel on arertissoit le récipiendiatre que la guerre 
qu'il alloit faire continnellemeat aux Sarrasitu pouv oit l'expo • 
ser à une tentation toute semblable, et que si jamais II tomboit 
'un semblable égare - 
ive de fermeté , peut- 
□8u l'acte d'une relt- 
images } et bieni6t , 
îent que la tèle mj*- 
ceplIoQ n'étinl autre 
nn 5pbvni , sviab*!* 



( 23a ) 

du ijilen^ absdlu que l'on devoit garder sur les affaires de l'or- 
dre, peiU'étre ane tête gnostîque , peut-être an simple trophée». 
L'apologiste français a reculé devant ces conjectures cdntradic^ 
toiresy et s'est efforcé de justifier autrement les Templiers. Pour 
cela il passe le plus adroitement qu'il peut sur Tadoratibn de 
l'idole, qui jétoit trop d'invraisemblancesur cette religion épurée 
que l'on vouloit trouver dans Faction de renier J4^u's*<!hriM et 
de cracher sur la Croix. H s'empare de cette dernièfre idée , qu'il 
développe avec complaisance: t Nous' admettons, dit-il, comme 
un résultat probable , qu'uue partie de# chevaliers du Temple 
ne suivoit qu'extérieurenjènt la l*e1igion catholique , et qu'elle 
s'étoit formé un christianisme rectifié (i) , exempt dés supersti- 
lions du vulgaire, et qui peut-être voiloit un pur déisme: mais^ 
<[ue soit la politique^ soit l'iiifluence des mœurs du temps, soit 
même lé vice de son origine , avoient revêtu cette religion pki* 
losophûfue de pratiques qui ne l'étoient point; inconrénient 
inévitable en tout temps ^ parce que tous tes esprits ne sont pas. 
paiement propres à saisir des idées simples et à s'en con^ 
tenter. » 

« Avons-nous donc maiâteiidiit k répondre k des avocats qui 
ont ainsi plaidé'ppur noite , s'écrie M. de Saint-Victor, eii finis^ 
sant sa lumineuse dissertation? Nous jetant mal^à-propios dans 
des incidents étrangers au procès 9 perdrons-nou^ dii temps à 
prouver contre eux , que renier' Jésùs-Chrbt et cracllxèr sur Is 
Croix sont pour dès chrétiens et des religieux d'exécrables im« 
piétés et des crimes aboiùinables ? Chercherons-nous avec eux^ 
et à l'aide d'une érudîtioù puérilement curieuse, quelle étoit la 
source de l'hérésie des Templiers , si elle étoit grecque ou ma- 
hométane , gnostiqne ou manichéenne ? Examinerons-nous en^ 
core si l'ambition et la puissance de ces moines étoient un objet 
de crainte et de jalousie pour les rois , si PhilippéTle-Bel étoit 

(0 Vn chrittianiaine reetiféyea orachaot fur la Crois et eu reniant Jéfua^ 
GhnetlU 



( ^^3 ) 

un prince ftvare (i)^ ù leurs richesses avoieat tenté $on ararice, ^ 
et mîUe autres ifoeslioiis non moimbîaeuMsP Tcuit ceci, pour 
le moioent , nous importe fort peu, et nous ea Bnirous, avec ces. 
singuliers apologistes, par. ce peu de paroles. Les Templiers 
étoient^ils coupables d'hérésie et de tant d'autres abominations 
dont ils ont été accusés? Etoient-ils justiciables du tribunal 
devant lequel ils ont comparu ? Ce tribunal a- t-il procédé dans les 
formes alors usitées 7 Est-il résulté de la procédure la conviction 
qui devoit les faire condamner? La peine qu'ils ont subie étoit- 
elle celle qiiie les lois , alors exktantes , inffigeoient à des crimes 
de cette jBspèce? La conâscation dés biens étoit-elle une suite lé- 
galement établie pour de semblables condamnations ? Si vous 
m'accordez la première de ces deux propoiidon» , et vous me 
l'avez accordée, il vous est impossible de me contester les au* 
très : ainsi » bien que les crimes des Tei;npli^s soient inouis, leur 
procès devient un événement ordinaire : et si l'on peut s'étonner 
de quelque chose , c'est qu'on ait pu réussir à en faire tant de 
bruit f et qu'avec ce bruit on soit parvenu à faire tant de 
dupes* » 

Nous avons déjà parlé k nof lecteurs de |a sci^^nce , de l'es- 
prit de critique , des vues neuv^ et pjrofondes qui distinguent 
le Tableau de Paris : ce n'est pas seulçm^nt.en France que ces 
qualités ont été appréciées. Nous apprenons que le P. Ventura , 
l'un des premiers jurisconsultes et théplogiens de l'Italie ^ dans 
son ouvrage sur le droit ecclésiaçtique (2} , a cité M. de Sainte 
Victor. à côté de MM. de Bpnald , de Maistr^ et de. La Mennais,, 
parmi les écrivains du siècle qui.se ppnt le pl\is distingués dans la. 
science du droit public* Il appelle particulièrement le Tableau 

(i) Noas ne prétendons pas que Fhillppe-Ie-Bel fut an modèle de modé- 
ration et de déslotéressemeot , mais il est justifié dans cette circonstance 
par on fait péremptoli'e : c'est que les biens des Templiers furent donaéa 
auK Hospitaliers de Saint-Jean de Jértisalem. 

(^) Bejar»pttblieoeeelê$iasticù„ 5 vol. in-S»; prix ; i5 fr. Au bureau da 
Mémoriai, 



, ( "4 ) 

àefarisy prœclarum sank et rumg proJectiotiS opus. Lesiloctfi- 
nés de M. de Sàint-Yictor, et l'esprit prafood^ment catholique* 
dans lequel son li^re èsl ëcrit, dévoient surtout être goûtés au 
centre de Wi catholicité ; et c'est particulièrement sous ce rap-' 
port que \€ suffrage d^uu des prenners sayants de Rome doit sem* 
hier flatteur à cet écnyain. \- R. 

- 

»■ 
SuB QUBLQUBS Dira^TlOBS BlCCEBTBS DB l'oBItI PH0TBSTÀBTE« 

< 

L'unité catholique consiste dans Taccord perpétuel de Cous^ 
les catholiques sur les dogmes qu'il faut croire pour être 
membres de l'Eglise de Jésus-Christ ( in necessariis unitas ); et 
un enfant n'aura qu'à montrer son catéchisme pour avoir ré- 
pondu sans réplique k cette question : Qu'est-ce que tous les 
catholiques ont toujours cru , croient encore et croiront à ja- 
mais ? Qu'on substitue dans cette question le nom de protes- 
tant à celui de catholique, et la réponse deviendra impossible. 
L'obligation du protestant se bornant à examiner les Écritures , 
et à croire ce qu'il y trouve de vrai aussi long-temps qu'il con- 
tinuera de le trouver vjrai ,^ comment pourroit-on s'assurer 
qu'une chose quelconque a paru jusqu'à présent et qu'elle pa- 
roîtra à l'avenir toujours vraie à chaque individu? £t quand même 
on prouveroit qu'il est quelques dogmes que tous les protestants 
ont toujours regardés comme vrair et nécessaires, et qu'il est 
impossible que jamais on les rejette ou qu'on les déclare indifilë- 
rents , on n'auroit pas pour cela une véritable unité ; car , pour 
qu'elle existe, il faut qu'on soit d'accord non seulement sur la 
nécessité de quelques dogmes , mais encore sur l'indifiFerence 
de tous les autres. En oubliant ce dernier point on prouveroit 
trop , Tunité même des protestants avec les catholiques. 
Oh n'exige pas d'un catholique qu'il renonce k ses dogmes 
distinctifs , il suflit qu'il n'insiste pas sur leur nécessité , pour 



•V 



( 3^5 ) 

que ks prptestanU ^ du mottis ceux de Genève, lui ouvrent les 
|>ra$ : c^eat ce qui résulte éyidemmeat de ces paroles qtie VL. Sis- 
mondi (i] place dans la bouche du clergé de cette Tille , et 
ifui^^lk-il, s'adressent à tons tes. hommes qui croient en Dieu : 
« Nous ne refusons le nom de chrétiens qu'à cets qui refusent 
de le prendre : si tous reconnoi»ez Christ et les saintes Écritu- 
fse^^ nous tovobs en tous^ des chrétiens et, des frères , nous 
A'ezigeons pas pour cela que vous renonciez à vos dogmes 
particuliers, pourvu seulement que tous ne prétendiez pas 
nous lesinaposen » Donc le mahoniétan, quireconnoit le Christ 
comme prédécesseur de Mahomet jjpeut admettre la mission de 
ce dernier , le catholique peut admettre la transsubstantiation , 
sans que cela les en^péche d'être unis au clergé de Genève , et 
cette fraternité ne deviendra impossible qu'autant que le maho- 
métan soutient" la n^cem<^ d'admettre la mission de son pro« 
phéte y et le catholique celle de croire la présence réelle. 

C'est sur ces bases larges que, repose la définition de l'unité 
protestante que nous allons soumettre à nos lecteurs , et qui 
£st de M. Chàstei, que M. Sismondi appelle l'organe de Técole 
théologique de Genève, c II y a deux classes de doctrines chré- 
tiennes. Les unes précèdent Tinterprét^tion de FEcriture sainte, 
sans elles le christianisme ne pourvoit exister. Ce sont celles de 
l'existence de Dieii y. de la mission divine de Jésus-Christ , et de 
l'inspii'ation des saintes Écritures. Mous les appelons les doctrines 
primitives. Les autres résultent d'une interprétation déterminée 
4e rÊvangile admiaconmie règle de foi. Nous les «^pelons doc- 
trines d'imterprétation^Toiks les chrétiens s^accoi^dent sur les doc- 
trines primitives, car ils cesseroient de s'appeler chrétiens, s'ils 
dâavouoient Dieu , Jésus-Christ et les saintes Écritures. Les 
catholiques s'accordent également sur les doctrines d'interpré- 

(i) Voyez Le /^rop^ de» opiniinu reîlgieutêt fendant te 19*. sièele^ par 
f . G. L. Sismonéi» auteur de VHiiiciredet ripubiiquu lÊtiknne*, — "N'ayant 
pas l'origîpal fraBçota.soos Jes.ywi p non» ayons dft relia«iaire les passages 
ci-dessas d'après les citatioiis du Britiêh crlik» 



( 2^6 ) 

taUoti,.pinsqa*ils aitribùeni à leur ÉgKse TiîifidtKbtlilë iet té 
droit de déterminer le vrai sens des ÊÊritares. Les réformatears^ 
an cont/aiire, eii se sëparàht dé l'Église de ll6inè> âdbptèretit 
les maiinràs saîvanfes : La parole de Dieu est la ^eule règle dé 
la foi; aùciin juge in&illiblen'etîstant sur la terre > persouue 
n'a le droit âlmposer à ses semblables une intérpliétati6n dès 
Écritures ; tout chrétien a le droit d*adt)p ter celle qui lui paroH 
la meilleure. Comme , eii cbnsëqueilcë décès priûci|>ei y dmcan 
interprétera les Écritures 'i isâ f dçbtt , il eh résultera dés cro jauf- 
ces divergentes. Tôus''è'iatfcorâéit>iit sur }è^ doctrines 'primitives, 
mais se diviseront èur celles d'ihterprétlitièli. • 

Diaprés tettièdëclaratioli francbe du pasteur de Genève , les pro* 
testants s^âec^rdeikt tous sur la nécessité d'écouter Jësus-Christ; 
mais ils né pedYent s'accorder sur ce qu^l a dit : tandis que I^ 
catholiques s'accordent à soutenir eik même temps qu'il fau^ 
l'écouter et qu'il j a un mo jen de s'assurer de ce qu^îl a dit; 
Nous né concevons pas en effet à qucn il peut servir d'écouter 
s'il n'y a pas moyeit d'entendre, i 

L*autredéli déut définition» de Tunité p!f otestaiite que nous 
avons en vue est dé M^ lé^àadteut de là Rèvtœ protestante. Il 
à consacré ime livraison entière de son journal à donner une 

r 

profession générfilé de l'église protestante et à iett démontrer la 
grande nnité. Ten[ dé m6ts suffiront pour- ferre connoître ses 
Idées. ïl dîffière d'abord d-e M. Chastel , eh ce (pHl prétend 
que les protestants sont d'dccord ton seulement stir ce que le 
p.isteur de fienèvéàppelte doctrines primitives > mais encore 
sur les principales dôttriiies d'intei^ptétation qui! réduit à une 
seule, le dogtne delà rédemption. Tous lés protestants s'accov- 
dent sur le siqet dé la rédemption, parce qa'âs >ifdmettènt tduâ 
qu'elle a ééé opérée poiir Icè hommes. Tous s'accordent aussi 
sur l'auteur de la rédemptioïi| qui est Jésus-Christ. Tous enfia 
a'accordentsur h but et r effet ûc la rédemption, qui est; le salut de 
de la c|réaAttf cL Us né èfSètvi que aor Ik numiéire dé aMnetftoir 
les dogmes. Les uns^ par exemple, disent que nous deveiioims pé^^ 



' ( ^?7 ) 

chevkvs fir hériiage ^ 1^ autres par cAoïx :inais tous conyien'^ 
nent que nous péchons , et voilà le dogme général jde tous les 
protestants. Tous les protestants admettent aussi la divinité du 
Christ, mais seiilement Tentendent etleuTis^gent d'une manière 
différente. Les sociniens» par exemple, lorsqu'ils appellent Jésus- 
Christ un pur ho^wie (a n^ere man ) ^ n attaquent pas poui* cela 
l«/ond du dogme ^ ils admett^u$ I^ divinité dû Christ pour ainsi 
dire sans le savoir , puisqu'ils l'appellent aussi le Fil^ de IKeu,^ 
le Sauveur^, etc. Enfin tous[Ies protestanl^. $ont d'accord sur. le 
dogme de la mort de Jésus-Christi atteifidu^^ue tous ^dme^nt 
la connexion qui existe ientre cette mort et notre salut. Les uns 
disent que par sa mort il a confirmé sa doctrine^ les autres ap« 
pellent cette mort nn sacrifice expiatoire \ mais cela rewerU au 
i»^f/ie, puisque tous conviennent qu'il faut pratiquer sa doctrine 
pour être sauvé. Quant aux points Siecondaires , qui ne com- 
prennent pas en eux ressèntiél du christianisme , mais qui sont 
cependant très-intéressànts et trëi^curieux , les voici : Lé nom*- 
bre et l'effet de nos sacrements, la forme de nos cultes, les dfoits 
du ministère saint , le genre et l'étendue de l'inspirpiUon diidne, 
l'état final de rétribution ei de repentir , le sort des âmes après 
la vie y Texistençe du principe du mal comme.être distinct , , ou 
comme mauvais désir. (Voj. la Hevue protestante , août idsi^.) 
On voit bien que MH. Chaitel etCoquerel veulent trourer 
une unité, protestante en retranchant ou pissant dans le ya** 
gue tout ce qui pouri'oit foire un sufet de ditision. Npus 
pourrions leur prouver qu'il y a .beaucoup de théologiens pro- 
testants (pit n'admettent pas même Je peu qu'on dédale ici 
comme ^nécessaircf mais accordons que la.plîipact des prot^S)* 
tants ne rejetteroient pas un. christianisme ainsi réduit > d'autant 
inpins qu'il j a des médiodes si peugênaates d jinterprétei: la n^isr 
sipn div^ictede Jéstts-Christ, l'inspiration des Éçri|jures^qu!on peut 
les admettre de, nom , tout en les niiint de fait : seulement npns 
deyctns rapp^l^r, ^. M]y}« Cliast^l et Çoqp^rel ce f ue nous avons 
dit plus haut, qu'il ne suffit pas pour l'unité, q^'oa s'accorda 



( ^^8 ) 

à ûdihettre certaines lioctrinea eomftie nécessaires , maÎGi qa'il 
faut aussi qu'on s*accorde à regarder les autres comme non né- 
^cessaires. Or comment c#s messieurs éi les protestants qui par- 
tagent leur manière de voir , pdurroient-ils être uns avec ces 
autres prcitefit^nts tpii leur déclarent formellement qu'ils ne 
veul^t pas de l^ttf unité , qui leur contestent le nom de chré- 
tiens^ ^t Les accusent de nier y de r^arder comme indifférentes 
k» doctrines les plus fondamentales du chrislianisini^? t 

Or voilà précisément te qui est arrivé à M. Gof|j(ereI. Il a 
voul^u prouver la |pande unité de tous les proiestauts (jlu 
mo^de y et il n'a pas seulement réussi h prouver l'unité des 
proj^estanls de Paris* Sa profession générale a révolté contre lui 
les Archives du christiat^sme ^ fournal qui , comparé avec la 
Revue protestante ^ nous signale l'eidstence en France de deux 
protestantismes diamétralement opposés Tun à l'autre. Citons 
quelques passages de l'attaque dirigée. par les Archives contre 
l'unité de la Revue., 

ce Un catholique éclairé a demandé en quoi consiste Vunité 
i> de l'égUs^ protestante*. lÀ réponse qu'on lui a donnée n'est 
4> qu'un tissu d'en&ntillages » sans -connoissance aucune des 
» 4ogines chrétiens ni des sciences théologiques, et où l'on 
p f rétendoit par des. artifices de style , des confusions de mots, 
» et un ton tranchant^ mokktrer la plus parfaite harmonie entre 
» les doctrines les plus contraires (i). — r Quelle singulière unité 
1» que celle dont on nous fiiît présent ! C'est l'unité de la tour 
« de BabeL — Tnjona un peu quelle est cette unité et cette 
» conformité^ — Vous, vous dites que l'homme UBiibon; moi ^ 
» )e dis qu'il naijt màiwais : nous voilà d* accord. Vous-, vous 
» dites que le Rédempteur est une créature et même un homme ^ 
D moi , je dis qu'il est le Créateur et Dieu : eh bien !- èst*ce que 
« cela ne revient pas toujt-à-fait au même 7 Ne voulavois-rjepas 

(i) Que DOS ledeura Teuillent bien se rappeler que ces doctrines les plus 
êoniraires- s'Accordent cependant en ceci, que cens qm les eofeignent tout 
tons des protêttn\U* 



( aat) ) 

• dit que nous étions dai^ la plus' jpari^ite ,' la plus pro^fonde 
» uniiél — 'Nous, nous disons ^ùe la justificattion, Taccept^tion 
w devant Dieu nous vient du sacrifice expiafoûre et des puis* 

• sants mérites du Rédempteur ^ vous ^ ^ voué dites qu elle' 
» nous vient de la pratique de la doctrine , dont là mort de 
» Christ est simplement ' la confirmation. --«Si ces doctrines 
» sont opposées dans leur espèce^ eUes ne le sont pas nioins 
» dans leoncs conséquences et leurs effets» -— Puisqu'on' admet 
» bien les p&hés de la viei mais non pas la nature corrompue 
t du cœur , il est évident que l'on pourra /jusqu'à un certain 
» peint) ctÉercher dans^un Sauveur le ;?ani>n de ses péchés 
Il ( quoique Cela même ne soit qn'illusoire) 5 mais on ne cher- 
» chera pas dans ce Sauveur le changement du cœur^ qui n'a pas 
» besoin d'être changé ; oq se mocpiera de cette régénération , 
» de cette nouvelle naissance sans laquelle Jésus déclare qu'où 
» ne peut voir le royaume de Dieu. — Quant à la nature de 
» Jésus-Christ, que l'on demande à un enfant ou au premier 
11 individu qùî passera dans la rue : Vos devoirs, ou votre con« 
a duite envers un être ne changeront-ils pas suivant que cf t 
» être est Dieu lui-même , ou biai une simple créature, et peut-^ 
» être un homme semblable à vous? Si Christ est Dieu, c'est 
n une imjùété de ne pas l'adorer ; s'il est une créature ^ c'est une 
9 idolâtrie de le £aâre. — Si Christ est une créature , il est évi- 
» dent que tout le prix de son sacrifice s'évanouit 5 mais si 
B Christ n'est pas une créature, ses mérites sont tout-puissants. 
9 — D'après Je système d'unité que Ton a mis en avant , i} 
9 sera facile de prouver notre unité ^ayec la religion du 
» grand-turc. Nous trouvons dansl'alcoran un n<Hnbre très-; 
» grand de passages où il est dit que lés hommes pèchent, et 
» Mahomet parle quelquefois du Messie comme du Ferbe de 

a Dieu: » (Voy^ les Archives de novembre dernier. ) 

Tout cda est fort bien , et nous pensons que les protestant^ 
de b i2evue ne prétendront plus à l'unité avec les protcsianta 

9 *7 



( !i5o ) 

d€s ÂrehMSi maïs si le rédacteur de celles-ci a jonteqae sots 
attide doit montrer aux catholiques roiiiatiiS: qui cherchent la 
rérit^ k dànffr de 9*adresser mal, ûoos derons lai demander 
commeni un catholi4|ae romain qi|i cherche la Tëritë ches lea 
protestante et qui désire connottre la foi protejutante , pent 
craindre de s'adresser mal lorsqu'il s'adresse ^ M. le rédacteufr 
de la Revue protestante , au elergë de Genève » à M. le pasteur 
Œasîel^ qui est Torganç de l'école thëologique de cette métxo» 
pôle du protestantisme) S'il s'adressoit aux théologiens protes- 
tants les i^a% icël^bires de l'Allemagne^ receyroit-tt^uner^iMse 
essentiellement différente de celle qu'ont donnée MML Clnstri 
et <}oquere^? Et toorces théologteas ife lui dii'oie&t-ibpiaff It 
leur tour qu'il s'est adressé fort mal , si par hasard il s'étoit 
adressé de préférence à M* Juillerat«Chasseur , ou à M. Monod 
JUs y .enfin à des protestants méthodistes? 

Si les^ro&iW» promettent ensuite une meilleure prefesMa 
^nérale de l'église- protestante, nous devons* lèUr dire, que 
plus leur profession différera de celle de M. le rédacteur de la 
Kevue y et mieux elle prouvera que l'unité de la foi , cette unité 
que Jésus-Christ et ses apôtres.ont tant reoommandée^n'exjste 
pas et ne peut exister parmi les protestants* Pour eou- 
tenilr qu'eue existe , îl^faudroit que' ie rédacteur de la Reitue 
protestante ou bien ceux des ^rçAii'^^pussent refuser le nom 
de protestants & ceux qui ne pensent pas comme eux sur les co» 
ditions de cette unité même. Or ils [auroient l'un et les aqiti:^ 
très-mauvaise grâce de le &ire. M. Goquerel et les théologiens 
htitudinaîres sont , d'après nous , de mauvais chrétiens y 
mais en même temps des protestans bien plus éclairés et bien 
plus conséquents que MM. JuiUerat-Chasseur et Monod ^/Sfr, 
qui tout récemment ont amusé les catholiques autant qu'ils ont 
dû choquer tous les bons protestants , en refusant de coopérer 
à l'ordination d'un jeune ministre par la raison quHl ne pensoit 
pas comité eux ^ et que l'examen de la Kblo^ ce principe fonda» 



( ^3« )'. 

MtenCal du protestantisme , Favoit conduit à des résnltats diffé- 
rents, de la doctrine dés méthodiste ( i ) . 

Ah reste, les tentatives qne font des protestants pour mon- 
trer Teartiit)!^, set*ènt toujours bien Venties, soit d>mmè 
)xaVxtA Sàveux de leur part qae[ I unité est un caractère essen* 
tiel du Trai christianisme y soit comme autant de preuves 
qu'elle sera à {amais impossible en partant du principe protes- 
tant surtliidépendance de la raison individuelle. 



• ^) IféDf fbmi reBi«rqilér>, en ptitaai, au ti^ef dlé«e« AetiK frtcCléQf 
««BMiiM du protert âfl li — g Ibaaçoir » qae ai fe jpcHnièro, «Ile de»r«tior 
«aMifap^ «Sfirépaatte pv U JI^mm, Mfwde let doBnuw coauM iAttiiférjeiits, 
)• seconde y.celle def méthodiste^ , dont les Arài&t^^XïX l'organe., établit 
en principe riQdi£rérence des œavres par rapport au salut; de sorte que 
l'une mine la foi ^ l'autre la morale. Le passage des Arehivêi^ que noua 
venons de cHer« suffit ppnr moUtret eommcttt le Êftêkmn é» la Asvmb est 
dflrtraelif de la loi i de ton cdté>la il^vae eîte d'on ouvrage dont les Jr- 
Mpfi$ font l'éloge (ie Traité sur ta fifi^ par M. Tlu ISrfUne) les^ prppos^* 
tions suivantes sur rinqtilité des bonnes ^yres i « Nous prenons une idée 
£insse de l'ÉTangile , $i nous suppoêtnu^u'im^ fualificalion mona/e queletmquû 
soit exigée de notre part pour nous disposer à croire au salut en Christ. 
Ainsi nous faisffions l^critnrey sîneaf êMèîgièmiê ûmx hommes ds ^kitr 
■4êÊn^ pétkéê eomihe moyen préparatoire & la Ibî. •*- Si llkeBame eft epp^é à 
«pfiar^er qnoi que ce seit an Sauveur , il n'est pas sans ressource perdu ; il 
^ qnrlqae çhûae à apporter, ou , en d'antres termes, le p^ché n'est pas.st 
coupable 9 et l'homme a, en cela de quoi te ghtrifier éevant Dieu. Ce n'est pas 
^etque bien, moral f mais Ju péMet de la tristesse que nous devone apport 
Her an Sauveur* « 



i 



r 



) . 



>7 



1 a52 ) 

I 

- r , 

De la xumiDiCTtov dc l'É&use sue le conteat de maeiagb 
coRsiBEÉi GOMME MATièRE OU sicEEMEWT f par OU attcicii 
yjcaîre-géaàral (i). 



Il est peu de matiétci ou te novateurs de tout ^tnte aient 
plus contesté et contesieht plus le pouroir divin àe llÊgtifeei 
qMMr Farticte an mariage. Ceux qui ^ comme Lii^r , GalvHS y 
et Varcbevlque apdkat ^e Spalatro ^ llaro-Antotne de Honijims f 
ne voient dans l'uiyon dies époux qu\in contrat purement 
civil., l'en dépouillent ràtièrénient. Les jansénisles de tonte 
.couleur ,, marchant à la suite de pareils maîtres > ne lui en lais- 
sent, qu'un illusoire. D'un autre côté , il est ppu de matières où 
les théologiens français soient plus omlirouiUés et plusincom*» 
plets» Au lieu de remonter à la source , au lieu de consul ter la 
tiadltion et de baser sur elle leur doctrine, ils se forment d'a- 
bord une espèce de doctrine mitoyenne , moitié ecclésiastique , 
moîfié séculière /et cherchent ensuite , ou ne cherchent pas 
même à j acco^mmoder la tradition. Aussi ne doutona-nous 

• • • , 

point que leur embarras , leurs incertitudes , leurs contradic- 
tions I niaient favorisé , plus qu'aucune autre cause , cette légîs- 
lation antichrétienne sui* le mariage, que là révolution nous à 
faite , et que jusqu'à présent la restauration nous a conservée. 
Ils gémissent sans doute de voir le fruit de mort qui va de plus 
en plus corrompant les peuplés : qu'ils en extirpent donc la ra- 
cine qui est dans leur enseignement ! Au lieu de se copier les 
uns les autres , et de se perdre dans des subtilités scolasti- 
ques^ qu ils étudient les monuments de la tradition chrétienne, 
comme le £iit l'estimable auteur dont nous leur recommandons 
le travail , et ils trouveront , comme lui , que l'Église a reçu , 

(i) Paris, i8a6. Un vol. io-8*. ; prix : a fr. 5o cent. Chez Ruiand-, nie 
du Pot-de-Fejr,ii**S. 



{ 333 ) 

iKm pat dt la terre^ maïs du Gel , et exercé > dans tous ks sié^ 
clef /une punsancc: souveraine el hMlépandantciiir* tout ce qui 
regf^rde le mafia^ ,. en tant, qu'il .unit et lie les /éponx' devant 
Dieu* ... 

ils j venant le Créateur ^ après avoir formé rhomi^é et la 
femme , établir, les lois de lenr unicn , cit être liormême Je mi- 
nistre et le témoin ; en régler lui^-mémèksempécUements et les 
dîqienseSrJI^^PQ^'^^ constitue son peuple dans le d0sert* Ils j 
verront JâM^^-Chrîst y élevant cette pnion k la dignité de saore- 
ment , la rappiekr à soii açité et à sonindissèlabilllé originelie ; 
abroger par là mênxft et «U^polji^amie 4et Je* divorce > autorisés 
jil^pt^aloKi par les lois, humaines» et tolérés par 14. loi divitie : 
investir à cet eflfét 4on Bglise de toute sa puissance, en siorie 
qiie ce qa'elje liora ounléliera sur la^ terre .s^a lié ou 4élié daHs 
Je Gel. Ils j verront cette^Eglise sçiinle > déclarer d'abord ilHd- 
tes 9 et enfin nuls;» les mariages avec les infidèles f prosorire;, 
^QiUme d'borribles incestes ^ l'union du fils avec sa. mére^ 4^ 
ir^re.avec sa |çeur>, légalement en usage.dbez les Perses et ebec 
les Egyptiens ; abolir et cçndanmeir Je. d^vpfoe i quoit^u'il fikt 
non seulemant autorisé , mais commandé même en certains 
cas par la^loi iioip(iaiQe> Us la, verront ^ dès les premiers sîèdes^ 
en vcMi;tu de son autorité si^pr^me y établir des^empechemeiits 
dirimAifts dont iLn'étoit point question dao^ le droit civile 
annuler des mariage qpie la loi. humaine reconnoUtsalides y et 
en rendre légitimes d'autres. que la. loi humaine a9Aule..Ils vei- 
roiUySous.la domination même des empereurs i^oUtres , Iç;^ 
conciles. d'Elvire et de Néocésaré^ déclarer nullç et incestueuse 
Tunion d'un veuf avec la sœur de sa lenittie 9 et abrogçr. ainsi 
ù Fégard des fidèles le droit romain qui tautorisoit. lis^enteo- 
dront , au quatrième siècle , saini Basilç dire à ce su^t.:. « Oe 
qv'il faut considérer^ connue étant de la pius iMWte i|iipo4taiKe» 
c'est la cQoi^ume qui existe parmi nous à cet égai'dt^i PApcfi 
qu'eixe â, forgk D£ uh y et qu!en effet les i;ègles qu eJ(^ nçi^s 
{>re9crit nous osa été transmises ffor 9iqs gi^ux. ançéù:G.s^, Ojn^ 



( a34 ) 

foici ta coatiuiie dte TfigUse daïiile caspropo^ : omÉ» J^iCijnit 
regarder ûomnm' ayant contracta ua vrai mariagev cdai.qni f 
ttttmiiié 1^ uM^ftffiKtf»tt.mipa!rff ,'m épousa fa. sosar de sa pre<- 
mîére femme » et il n'est point permi$ Ae recevoir Tim et l'autre 
dans iaa^cîétë de» fidèha, {osqu'ii ce qiftll| soient Ufmfété • 
tb eatendront sainiAiigiiMÎD ■'•iptîMkant de nèttie an sujet 
du'épinx»dm»reé»v'qa^ b MeniteauliD^isoiefiependaail k ds» 
toléraBeeooii4es'nOv«a*f «il n^TOus^cit point ftfraais. 
une feniine séparés de aOB<niitfi par le £vof«e»Etf««^lBBiine9> 
ircunsne prar^saV^lte p0nrMariirjdtfi*Iionm(esdboi(crfsde]e«rs 

Atant la 6b du qturtrièMe siMe/iméînnsmteime mnaine 
a^ok tw^ tte' la faViM l(«e kî doonoift k:Ioi ^cMtet d^absni> 
dbnivsr srtf mari adikllèye'pmr en époiu«r ns «»!».> Fadbîoley 
«^ëtoi t SOI» nom y ejfcpifei- ^ ' erirtie par «ne pânHHioppiiIiliqueb 
< Sile ne connoissoit ptts y dit saint «lërttme , lés M^ sévères de 
nÊvan^yqni lie ^ëferilkettfmt êôua amnm^plHfùe^eftt aitiX 9tm^ 
méÉ 9e contracter de ilonv«afux liens du tîvattt doleorsiMins^ 
Mxk ou^^taMks kù deë Cémr» f ouiriè^^Mfte'dtM&sdc^mâ- 
4jhrhu Êe^ xrtrhrtriànees de Pafnn^ntonthi^n^iJflStisniçê de 
celltê de'Pmdécf&e tipôite. % Un peti ^us ysiéà, Pempei'eur 
iMlHiilm ^ tédaÉt alfl^'éiéatememi d'im tlke in^sonsidërépour 
IareKgion^'aVèitt>rdota(néqtte h prefessito recense d'nn mari 
xfjÀ së'sëMc^ëpAlré de sk femme sans son- consentement ^ dissost- 
droîtr le mal^iagei dein^nière que réponse d^8!iée'pOttnt>Tt 
icta-mer de ^sonrèaiiîtKièns. Saint GrégOire-le^Grand , consnftté k 
6é sttjet par tliéoctistè ^ loi répond en ces terMes^ « %\U^tè' 
tt^itdent que ces marfage» doitent être annnlés à canse de l'en- 
trée en rel^ion ^ il faut qu'ils sachent que qnoiqae h loi civile , 
hœ humana , arît aecoi*dé ce prtTilége ^ ta kn dMm défend d'en 
ùset, LaTérilé èUè-mêttie tt'ft-t*elle pas dit t Çiw^ l'Homme ne se* 
paH? poùii cetut que Dieu et unùu Si l'bbmme on la fcteme Teut 
vivre dans k cèntînence , et cfne l'autre s*y oppose > il n'est pas 
pérmi»de rompre le mariage. ir C'est amsi qtie , près de deux 



( a35 ) 

siécki et demi afant h publication des fausses décrétâtes y ce 
grand Pontife résistoit ouvertement aux décrets du pouvoir* 
civil sur le mariage, dédaroit valides des unipns qu'il annu- 
lent, et annuloit celles qu'il autorisoit. Ce seul fiiit prouve évi- 
demment que l'Eglise adpptoit ou rjefistoit les lois knpérialea 
relatives aux empécheitaents dirimants , selon qu'elles lui parois*- 
anielit titîles ounuîsibJes, à ses enfiuUs » ep^fermes>u opps^ées 
ji sa. doîBtaÎDe amr cette maëiier X« eéUbve ¥ves d#. Gliartrer 
il^ donc If organe de > toute la tmUtion > lorsqu'il disoit f que 
les lois cîvito de s(m temps:» émanées des^ppnces<caAoUques > 
•ne le mari^fay étpsent iiinei i f c s pay leH fiddkjs « poivc ffé'cUfS 
woiÊnt été cm/irméès fmt t^Mùiiié: di^:J^S^g^ romaine, s 
Enfm^^aaint Tliomas ne fislt. que résumer ctuto tnsjîliçn cons- 
telle ^^Içisqu'il ^vme que « br loi humaine n^ peut dirimer 
«n maria|e,4 moins ^pie l'Eglise neisanctiwne l'empêchement 
par son anlpiTîté. * - , /■ 

Telle est la doctrine qui abside l'enseil^m^tit communides 
Péres^y çotmie. iine eau pure d'mie.^crnsce toujoxirf . vivante» 
•C'«st:làiqQe doit puiser le théologien elle )urisçqfîSu}t^cathoT 
Uque, et non point dans les citernes rp|9p^eS'et hourbei^ses 
des opinions séculières. I/otivtage dmi^ npuft; parlons i éerit 
«vec méthode et clarté ^ renferme . en «Dûins de eenit cin^$a4e 
pages les p rindpau x monumpnte de.cette tradition inva;i*iahle. 
U auflira^anx élèves en thâûlofie . el-ea dreit.qm voudnoot 
ravoir runé idée exacte de'h doctrteeecdupouvoisr.'de l'Eglise^ 
et îlaera un^ide sûr ii ceux qlé désiseroient éclaire une^élud^ 
plue ofl^ffoiondie» - 



F. 

^> Il '. , , 






,'•.''•.• , ■ : " . . ^ .<■ 



/. . • • * ' • . » < " t 



( à36.) 



»»^V»%»V»%<W V»< V»<»%%M<\%%<l>VV%l» %»»»>»»WiVV»W»^rt^^W» »% W%<>»%/«i%V»»»%*^%<W^»%%»% »%^l V«Wk 



(Deuxième article.) 

levenement des emfiiMi? San» Mtiiéés et prëMpe Éattr|xiites- 
HkMM y iin yiêiHÉMl eitloa <^f , set miiiMitrei ééà kommeÉ pa- 
cific^net^ctc^pendiAt toojonniilélii^iiliiblefdttto Perdre» et dsns 
la'trâttsitiîeÉion de ses Ion » de ses CredMiims / invufsbtosnl aiî» 
KeodesrioilitloiwdelèàtèfléschosÉ^liuihaliies! * 

Quel est iiolic U gtme' pnissaot / )è législalenr fidiliMie qni a 
pu ceaiiàiÉttdér^tiè obéissance' quie'S^late ni MMtoii9/qtté.les 
législateurs tes plos illvstrès n'ont janiais obtenus ponr lenrs 
lob ni pour leurs doctrines? Chose étonnante ! il n'a besoin dW 
tunéclcit extérieur ; Fédat de sa lumière intérieure ivffit pour 
lui assutelr f «otpfre sur le» êtres intelligents; il naft dans une 
étable, il tit dans la phis grande indigence, et cepetidànt ii 
peine a-^t-it ^ru, cet bomme inconnu , qu il a des disciples ; et 
sa mort Ignominieuse , loin d'éteindre le aèle de ses adoratenrs , 
tîe fiiit que l'augmefitèl^. Les persécutions exercées contre le c^ef 
se nniiiipUeiit ebncrfe lèi disciples *, ib espirent dans 4es iortures 
inoniespout rester fidMes k leur loi ^ h leur amour^ et ce sang 
répandu est le gântie Mbond de oette'«ociété donit TenislBnce 
nous éidnne enfÉO#e aài)Ourd%ui« '"-'' 

Ainsi règne sur les Moinmes celui que les roisy leuiiriribuaaiix 
et leurftàrtnées ont ri sonrent proscrit* £# monde le repousse^ et 
depuis dix-huit siècles Funivers le proclame en toutes louanges; 
que dis je? Funivers l'attendoît, une nation entière yivoit uni- 
quement dans cette attente^ et cette nation remonte ii l'origine 
du monde. 

Sans doute il est plus qu'un homme , il est le ministre de la 
toute-puissance dirine y le fondateur de cette société qui s'an- 



yionc« , ^ui o«Sl y qui M répand et se cbmerve par des moyens 
si extraordinaires. S'il lai a plu de se cacher soUé ctes formes qui 
étonnent nos sens , il se découvre ^sses par Vappui qu il.dottne 
à un ouvrage destitué de :toiit appui lianiaixi. 

Et d'abord pour assurer l'unité , il pose la frierre» fondement 
de l'édifice qu'il est /venu éleverri<a solidifié de cette pierre ré- 
fn^mà de càl^ de Ll^ifice bâl^ siur eUe. Un.seMi c^ef gsmyp^rjae le 
Sms^M»^^Afi Ve$dxngfi r ^^ ^ <%| f^ totajour^péiiéjtré. des 
lumièrfts dt ion divin modèle. . Celui fa'ançsune pmfare nç pjeiit 
^fçurciry ^u'aficune déÊûU^ce ne peiit a||(eind ve « qui e^t Un^ 

a prié pour que hifaidç^çc successeur n»,dé^4ttUe^ùil^i)f ^V^ 
les que puissent être d'ailleurs les foiblesfes d^ja personne.. H 
i'a constitué j>aàteur de ses brebis et.4e sef ^agneaux* 
^ . Ain$i q\^e le Chef de l'Ëglise représente jtoujoius le diviiimair 
tre^ ainsi Iq^ ministresqui l'entourent ceprésentent toujours lef 
.compagnons du Sauveur^ jies apôtres vde l'Év^angile. Comme eux, 
.toujours ils vont répandre par toutç la. terre les précieuses vén* 
tés.qiLi'ils ont reçues. Ilssont la lumière du monde. 

Xe Sauveur des hommes rendpit la vue aux aveugles . V^vûk 
aux sourds j la marche ailx boiteux. Ils guérissent les maladies 
bien plus terribles^ bieu plus opiniâtres de l'eqprit et du .coeur ^ 
^et ses disciples > sous la conduite de iies représentants visibles , 
^continuent, à guérir , toutes les mali^dies. Tous les }^ours ils ou^' 
yrimt les yeux aux aveugles, à ces aveuj^es d'intelligeuce^ bieif 
plus misérables et plus difficiles à giub^rir ipie ceux qui ne fuuit 
jirivÀ'que du sens de la vue. Touf lea jourv ils rendent l'ouïe 
aux sourds , à ces sourds de cœur qfi'aucime impr^en de jus- 
tice-et d'amour n'a encore ^pénétré. Ils remettent les péchés et 
«guérissent Ja lèpre de l'âme, dont la lèpre du coq>s n'est qu'une 
ipible quoique terrible image. 

Et roje% comme l'enseignemeiit et la juridiction de l'Eglise 



(i) S. Jean , c. lo » v. 3o. 



i 



•f 

P 



(a38) 

répondent cdmplèttniêiit aUt beioiss die fiesprit etife mfWV 
m nu mot , aiur drfrâloppeiMiits de toutes «os faèiikëy. 

lies téoâirai» le» fadllàtioiis de nos esprits appelleift le êùgatt 
de rinfaillibilitë dén%lise qui termiiie toute mcertàinde. Uéol* 
idgiienieiit de f Eglise embrasse dam iies fioiiibtettSes applleat- 
tiens fhonitniè j h fanrille > Li sociale ; éèt en^eigneméitt i^oÉtd 
èntSèreibieiit et ^bs excej^tioii h tètit «^ qu'il noâs imjporte d» 
ÈKfiAt : il s^'étetid , il se développé a^ee lès besoîss dériocÂAféÉ^ 
êun tout le cOu'rs des stèèles ^ et nous indiqué éoéortl'Iès pte- 
imers priftëpës et la fraie dirëctidh KlatiTemelHl àÊX iftciencéè 
mèïtiei qui semblent liti être toàt-à-^fiSf ^rangéres. '(Mi ' toiré 
iaitèlHgéticé pent-eBe fféd^er là faiÀlére^ét la vlé, si ceir^esf dâicÉ» 
ëir'tèleiiseigiiehiexit? ^ ^ ' ; 

Mais il ne sni&t pa^'dé cdiliiéitre la Téritë , ' (bîbles €[àè Mtà 
MÂMes; n'OttHiie ponVdnssuivrie avec fermeté le biëàl^àè nous 
connbiÉisons , qtie nous' désirons ihéméVtânt notre tbloùté â^tt 
bi&'éè'pair le péché! Lés- troublés ^ deTâmè s 'apaiseât jpsr leà 
sacrèniéùts: lea'sâtrémehls réùiBIissènt Vanité dans ce royiami 

divisé carUre lui-même (i). Pareux nous sommés fiifts^enfents de 

.. • ' ' • . » 

Dién , fortifies' dans lés combats qàétïo'us avotis a' Iirrér tontre 

notre pkâtehible'énnémî^' contre nôns-mëmés, relWésqitànd 

hoos éôhimès tombés et àbâttns sbt» lé potdsde n<Urëtbibiess6^ 

intimement-unis k tèlui qurest la toùte-'ptiissaiioé et la suprême 

fëlfdté ! ' fièidés et' souâeirtr de' toute nôtre exi^enée ',' lès s^Sfë^- 

tnentf nous reçbivent à noire entrée dans la rie^ nous tScifr^t 

p<âi9aht'toute sii dàiMr^ nous souHeniiéfii àla ïnort, coiiéiitâEÎ6ttl 

ïios liens les plus cberé ^ éàfih consfituént cette saiîtxte' milice tiir»- 

ddàifée'pour pèrpétilfei son tour Fol'âre dans -la' sbciéi^èfifiiî- 
tienne! . • - * . . % , > » » . . ... ^ - . . .,.-. 

Partout nous rétl'otirons les bien&its de ràppariâon de uôVrë 
Seigneur sut la terre ^ et jusqu'aux sotiTenlrs' Tes plùs'tèbd^es' et 
les phis délicats de son amour. Aux mSmés é^oqikeê de Pattbée 

(i) S« Marc , «li. III > ▼. a4* 



puii-f^yoïiise renouveler Icssinstruciiom ^'il isom dcmcrii 
{MSttcUol lejcour» 4e. <a viemortellet 'fouiour» il ifontji^iie, psgr 
$Cf leçon* ci i^r de9image$ qui frappent no« wds et ré.mUeoC 
A^dteJiDjfimtre, à aoqa tsû^vex acix «édiiclioiQs de roKgueîl el 

4/» fCM»* LlEgUie feit âesçeiidre ▼imbleime&l sur h^tim^ Im 
k^éikaïkct» dii.CieU Dei sigiies «eMUes le9 weUent i^u» bô» 
ycA&i «0a» le» lonl^ en qndque s^rie^. vo)r eC tondliff* he$ 
|buiiimM»^t)»tKreft q«î îoii«p»eBt 4c^,Uit|tff(iUë a? efiiDieu et qui 
laireiil jad» Je* compe9i|<]^9 c{e »o»ix^'«|/ ll^ifekf Mppelk 
•n inîliea de nous^ couronoée^^e igloife et an félicite , pour 
4co9ter>«e n^nible^depiii» prà«u» qo» aoUieimîoais et.aosprië- 
«fjn. vAmMî ^ lon^e 4k^i^ditotk>i}s. lo^jams^ Boa^e^ imiw eor 
ir«i«eiit , brique le» ditiofees dé J9«liMiieeft ane^fioiif^rei «MWi 
4mt petdre àttu^l^ffmùft^.mêmit et h $0UVGe4c u»mte»j9 
l>e«ut^ <|iie nott» ad^fi^nsy le ^çulfe. d^. r£gIi«B m>«i«^ Y^c^ce» 
mit4 dite ima(i|iâi gracÂenset et.inagttifijQes^ le$ vBervei8faide}*iir 
4BOQr;dîfiô»€« iMMw fattt nemoBior > p«r leii iinpMiéiôm mâoiep 
4e8 leu^ à celm que ks ten» peffides jumié fiiiMieat b^u* pour 

leur propre iNuMÎ. ' » 

II» vwlà ,eett^ rsUgids coq tte laqueHe t'âèv^t eoçove 4D J4lttf^ 
4'hiii iottles Jo ééfiaimi de la philosapl^ie et de la logi^lailÂoii l 
•Elle nous otdoime de.crom , d'e^kérfr , ifûner. &oirevU t4^ 
ché! espérer leJoQiiheiirl «met ce qi|i esteèuYiBrftiiiemeiit ei;* 
maUel Fjt pendant qMe len sjstèmei; et ka YKgkmcQU de» 
JiOinmestitMjrUeni et faiigtinit nos eipritSy. ix»^» .blesM»H dâo» 
lîoftx^pOTtsIes pim iiilunsa, B6 foBi^ en: ua met ^ cpi; aîo.itfier 
lem d^offdm aini désordres des paedons^ ia MligiMn. râlaWit 
Cinrniotiis euUee ttoa pensées , .nos aentiin»«s et noa.aeti&iis^ 
iSàe Boos denne sëa lumières ^ TœtaUes kunières de l'ame y.qui 
sont toutà*la4b»)fiste8sedaiisr«fint et)iutia6dansle/ecBiir Oi> 
Elle noua rëréle les rapports esscnlidsipii coordoonem toiM les 
litiges dans r«mtté. .< 

(i) Ce sont cet lumières dont parle l'Écrif are lorsqu'elle dit ce beau mot ; 
Jtfmis cortfcf tuL S« Luc ^ chap. i*'. 



•« & 



( 24o ) 

Ainsi la reKgion est la sofcîéié iitêole. « La religion , ^ dans là 
n propriété même du terme , nW autre chose qu'un lien qui 
» nous tiest attachés et sujets à Dieu comme au, premier être. 
» Ôr dans Dieu sont renais , comme dans leur centre , tous les 
» d^rohrsêt toutes les obligations qui' litot les hommes entre 
D eux par le cMxmerce d'une étroite sbtiété. Il est donc im*^ 
» possible d'être lié 21 IKeii par la religion sans aVoir en même 
» temps arec le prochaiii toiites les autres liaisons dft charité et 
^^ de jitttice , qui font, n^me selon l'îdife. da nuMvile , ce qui 
» s'appelle l'homme â*lionneor (t)* » 

peintre préside , je peipe, au tableau qu'if compose : û en conf- 
tnne les proportîotas eC PeAf diaprés le but qu'il yfeot atleindre. 
Une iBtdBgetocè infinie a égatementmârqué le but défmitif potn: 
lequel elle notis a criMs. Diiéii , {missancê, sagesse » timofÉr^ Mi- 
cité suprême^ est le principe et la fin nécessaire de tods les élm 
qoeson action a prodtiîisi pour les faite participer à soa exis« 
tence et coocoarii^ à l'exercice de ses perfections. Tant qa'on ne 
remonte pas à Dieu, aux lois qu'il nous a données » k l'Egfoë 
datholique, qui s6ùle les enseigne' infailliblement et complile- 
ment, on nepossdde pas le principe des sciences^ on ise ooi» 
prend pas la liaison^des conséquences entre elles et avec l'ordre 
général : point d'unité', point d'harmonie, nulle mardié ces- 
taine ; plus on cOiOrt, plus on s'égare;, pins 'on accumule de 

» 

raisoMieinents , de faits ^ de preuves sans base fixe et inébranla- 
ble y sans direction certa^ , plus on s'éloigne.de tout véritable 
progrès. Si qnehpiefbis 4e laborieuses combinaisons serreul li 
faire connolti^ certflénS détails , plus souvent eUes^obscnrosscnt 
la vue de l'ensemble; elles éteignent la flainme célésie , divîaent 
l'unité de fesprit ei de Tâme j dont TanMmr est la vie ! 

La raison suffit , no^ dit-on^ potir découvrir leç lois géné^ 
raies qui montrent renchaînemeot des conséquences , la place 



» .' *. 



(i}S. Tiiomas. 



( a4« ) 

« 

relative de chaque partie àans le tout. Mais , c^abord , qu'est-c^ 
que la raison? A-t-elle sa vie en ell^m^me , ou plutÂt ne la r,6r 
o^it-eUe pas d'un principe supérieur?, Qu'est-ce que la raison 
réduite à $a propre faiblesse , sii^on une lumii^ tremblante » 
que les passions troublent et obscurcissent enâore* Or le pre- 
mier eflTet de la reljgipn , c'est de nous déprendre de nou»-mé- 
aiesi c'est d'ouvrir à ce cœur si avide de jouissances . à cet es- 
prit si avide de connmssapces » une source inépuisable de lumiè- 
res , de consolations et d'espérances , et de nous faire ressentir , 
pour puiser à cette soiurce , une soif toujours avide et sûre de 
•'étancher! Pendant que la raison ne saisit que quelques rayons 
brisés k travers les voiles de l'orsueil et ckes sens', la foi voit se 
lever sur elle la souveraine raison y "visiblement représentée sur 
la terre, et elle s'abreuve de ses lumières. Elle recueille ces 
hautes vérités issues de Dieu , transmises à l'homnÀe , pleines de 
mystères qui dominent notre intelligence et de clartés qui l'illu- 
minent : sublimes, vérités qui montrent les relations univer- 
selles des dioses. Cette haute et généreuse raison n'efiace point 
notre raison inférieure : elle nous la rend plus brillante et plus 
belle; elle la nourrit et la pénètre de sa force. Plus cette dernière 
s'enrichit par elle , plus elle marche avec assurance ; plus elle 
suit avec facilité les développements par lesquels elle s^étend , 
sâre qu'elle est de son guide et d'autant plus fière qu'elle est 
plus soumise. Humilité, c'est donc lé commencement de toute 
science -, toute science commence et finit par l'aveu de notre 
ignorance. C'est le premier et le dernier trait de lumière I Qui 
peut apprendre j si ce n'est celui qui sait qu'il ignore t et ensuite 
qui sait jusqu'où il peut avoir raison j quand il commence à 
ÉilUr , et les nuages qui peuvent se mêler à ses lumières? Humi- 
lité I c'est justice , c'est connoissance de soi-même et de sa foi- 
blesse ; humilité , c'est grandeur d'âme y élévation d'esprit. 
Dans l'ordre primitif , chaque créature obéissante répondoit 
fidèlement à la volonté du Créateur. L'unité tiivine se réfléchiv 
soit dans l'universalité de ses csuvres. Mais , trompé par For- 



^ l*homino i^est jtétaditf de fanM. B Vcit t a pe<k>rf tt 
perdu en lui-même. Alors ]e fikdë Diien, le ci^leur datûoûde^ 
s'est i]évéle de nouveaa e^ complètemeitt dans $a «eecHtile créa^- 
tton, dans f Eglise. En se sonmettànt entièrement h TBâlisev 
nôtre Ame ^ dâivrée dn'poids qui l^accable^ rendue k n BTOrti^y 
remonte vers Uea , ft , purifiëe par iliattiilitë des sonfllnres q«{ 
la tei*nissénC ^ die est préparée k réOéchir sans nuages idole ¥é- 
tendue de la Térité. Lli où s'e&ce lliumilhë et la foi i&nj à 
|>Iu8 de connoissance et d*amôiir de Dieu ; il n'y a plus d*ordre ; 
car l'ordre est Texpression des rapports de Dieu et de Hioinmé 
et des' hommes entre enx , sbtts là direction de l'Elise. Là 6i 
é'effiide Iliumilité et là foi ^ il y a dépérissement dé la raison, 
obstacle à tout progrés. Faut-il appuyer ces véiîtés par des exem» 
jples Tiyants , irrécusables ? Voyez ce qui, chaque {ojari se passe 
sons nos yeux^ (Test en rain qu'on se livre à des investigations 
toujours nouvelles pour découvrir dans Fhistoire des peuples 
corrompus les formes d'une véritable civilisation : ce qui ajoute 
à la sdencé de détaOs a joute, aux douleurs (i). De la ikmltitttde 
des recherches ne sort point l'unité du principe , Tharàionie 
des conséquences. Cependant on Se révolté contJCefPéxpAriénce'; 
on invente de nouvelles combinaisokis ; de nouveau on invoque 
les lumières dé l'humaine nôson.... 

IWi 1« mo^da à l'orgoeil eit oa Um fermé ! 



Le marquis de BEAVFFôat.* 



(i ) Qui ûddit tcimiiam aédU $1 tabonrn. Eccl. • ç. L ▼. 18. 



»f «• 



(a43) 

, . ,».».. >». • .. 

. - . ' '' . • 

pBEtftàBS LETTRE A MU. LES GVBÉS DBS PAE0188ES CATftOLlQVEf 

DU CABTOZf DE Gebeve ', VàT YEclafreur du Jura ( i ). "» ^ r ; 

• • 

La pçirsëcatioa légale et admitiiftrative^ qui ^nd a asservir 
l'Eglise en la soumettant absolument s^ la puissance ^vile, est 
bien plus dangereuseï qu'une persécution sanglante* Celle-d | 
qu'o^ ne peut nier nî dissimuler », donne des forces et de I4 
yiguçur À l'Eglise 9 et la fait toujours tripnipherj Tantre, ai^ 
€ontraii*e j l'affoiblit insensiblement et la livre sans défense à sei 
ennemis.. Beaucoup de personnes ; se font illusion à ce sujet , et 
se persuadent qu'on protège l'Eglise lorsqu'on prépare sa ntinei 
C'est le cas de répéter avec l'auteur de la l^ettre : 



/' 



. . . Tlmeo ikinaos et éona fwenic9% 



Le canton dd Genève offre un exemple déplorable de ce genre 
4e peeséeutira. Le gouvernement ne néglige rien pour afibibUr 
la religion catholique et la soumettre de fait au protestantisme* 
L'auteur de la lettre que nous annonçoof a remarqué cette tac» 
tique avec douleur, et il a cru dev4>ir la dénoncer au clergé et 
aux catholiques de ce pays. Après avoir lu son écrit, on voit 
i|B€ cette pedte république ,* obligée, d'après le cbngrès de 
Vienne et le traité de Turin, d'adi|iettre chez elle le catfaoli* 
cisme , veut lui faire payer cher cette hoqiitalité forcée; l'édu- 
cation , la législation ^ l'administration , sont combinées de ma* 
aière à affioiblir progressivement la foi dès catholiques. 

Par rapport à l'éducation ^ l'auteur j remarque quatre abus 
principaux : 

1 *• La méthode laneastérienne en usage dans toutes les écoles ; 

»*. La diracticm des écoles^ spus^aite W la juridiction de l'évé- 

(a) |«yee, t9t8» 



( a44 ) 
qutf diocésain , et placée sous l'influence immédiate d'une com- 
missioi^ laïque ; 

3*. Cette commission compos^ de douce membres , tant titu- 
laire qu*adjointSy dont les deux tiers sont protestants ; 

4^ Le mélange des garçons et des filles, introduit dans la 
p1upar{ des écoles. 

On conçoit , d'après un tel état de choses » combien il sera 
difficile à la 'génération qui s'élève, de résister à Fiiifloence 
protestante. L»métl|odelancastérienne, eti usage danstouitçi 

• ■ » * • • 

les écoles de la république , est jugée niaintenant et par ses 
adversaires et par aes paridsans : il est inutile d'entrer en 
discussion li ce sujet. Le gouvernement Cénevois fait tous 
ses efforts pour la propager et la coiosolider dans le canton.' 
M. Martin, ministre protestant, a rédigé, àPusage des inspec* 
teurs et des régents des écoles d'enseignement mutuel^ un ma- 
nuel que le conseil-d'état a adopté après l'avoir £siit examiner. 
Le même ministre a réuni à Garouge tous les maîtres U'école de 
campagne catholiques et protestants, pour leur expliquer son 
manuel , aifin de mettre une parfaite uniformité dana l'enseigne- 
ment mutuel. Or , ce manuel , écrit avçc une indifférence ab^o- 
lue en matière de religion , n'offre lien qui soit propre à jeter 
dans l'âme des' enfants les germes.de la piété chrétienne. Loin 
de forme} une branche d'instructîoii , la religion y est mise en 
dehors de l'ordre classique, comme un art d'agrément sanc 
doute : du moins k^ tableaux placés à la fin du manuel le donnent 
à penser. . . . .; 

M. l'évêque de Lausanne et de Genève, dans unelettre adres- 
sée au gouvernement de Friboui^ , sons la date du a3 février 
iBoiS , pour demander la suppression des écoles d'ensei^neAi^o/; 
mutuel , les représenté comme opposées à l'éducation chrâ* 
tienne. Il y fait observer que les évêques semblent >unaniiiaes 
à repousser cette méthode, tandis que les ennenais de la religion 
s'efforcent de tous c6tés de la propager'; que les plaintes du 
clergé contre ses effets nuisibles vont en augmentant; qu'elle a 



(■a45 ) 

Ipouir résultat ÎBtottteitable ra&ibli$semeat de Vaxâùtjié de» 
curés sur la jeunesse, un esprit d'Hi<}iépeiiduiGe êim les matfves; 
et dans les élèves^ le dëyetoppeaseiit dés passions qu'il fiUtdrdi^ 
ip^Mrinier , telles que Torgueil y la jalo^8ie, k colère . rânibition 
«tla ^engeance.. 

Le deuxième abus consiste en ce qpàe .la direction des écoléà 
est scjistraite à là-Juridlctionde IVrêqùe diocésain > ^et'pkcétf 
sôtts^nilueBce immédiate d^unè comànnion laï<pie* 

Dés que IIË. Téréque de lAusanne eut 'ét£ ^rf/i de Tàdmims*) > 
tratioç spirituelle du canton de Genève', un des premiera soins.- 
de sa ^oUic^tudë pastorale fiit des'occiperMe la formation: es 
de la â«rectiôn des écoles primaires de cette partie de son dîo^ 
cése. L^exécution de ce sage projet Ait entravée par un âr- 
rêté du coatseil- d'état , en dafte du i3 novembre iSao , qui suIh 
stitua son iiutorité h ceUe de' l'évâque ] et se'saisit de plein dsoiC 
de l'organisation et de la poHce des petites écoles. Kar cet artété 
le conseil-d'état crée pour lé liouveaa territoire une commis*- 
sion d'instruction chargée de suiTeiller et d'inspecter toutes les 
écoles dans cette partie du canton; de régler le régime intérieur 
des 'écoles, la distribution des réc<Mnpens^ et des encourage* 
ments > 1er obligations des régents j -iltais en"^ même , temps il se 
réserve l'approbation des arrêtés généraux de la commission 
sur ces objets ^ la nomination djss inaStres d'école sur la présen- 
tation de iacpfpmission, et lé droit de les révoquer. 

•Les protestants isont en majorité dans cette commission , com- 
posée de oiembres titalaâves'et de membres adjoints* 
' L'évêquf n'intervièiit dans^ la direction dés écoles, que pour 
d^Tf er «n ee qui le concerne un certificat de capacité au can- 
didat ptâenté pour remplir k pUcè de tégent. Le curé a le 
dnait de dlngeir et de surveiller Tinstraction religieuse des en* 
famés I mats'il ne peut asèister à la visite de l'école de sa paroisse 
qu'à' la suite )du maire; 
. L'établisfeemewt d'une semblable commission viole formelle-, 

Q 18 



(a46) 

• 

hm&I Jts4ffaito dt l'ilTÂque diocésâiUy qui n*inleryient{»ltts dans 
ki p6lH«i ^oolè9'4{iie d'une mamère accessoire et entièt-enieiit 
0iibdnl6iiiiëe^ am vues d« gouyernenolent y et qui se troure dé" 
poirillé 4V&e attribution que la compagnie des ministres pro- 
tes^tants exerce seule sur les écoles protestantesrLa constitution 
et les traités en v^rtu desquels Genève jouit d'un accroi»e- 
nent de territoire^ Vf^^ garanti l'égalité de droits aux habi- 
tants de» deux Gt>tnnittBions ch^tiennes qui existent d9las le 
canton , le clergé catholique ne dpit-il pas être appelé /dans la 
personne de son évêque > à exercer sur les écoles cathobquesla 
même étendue de juridiction qui est dévolue à la compagnie 
des pasteurs sur les écoles' protestantes ? 

Le troisième abus se trouve dans la composition de la com- 
mission d'instruction publique dont la majorité est prolestante. 
Sur lesdousè mémbjres, tant titulaires qu'adjoints^ qui compo* 
sent cette commission créée pour les'vingt paroisses cédées' ^ar 
les traités de Paris et de Turin, les deux tiers sont protestants i 
et'untiers^ seulement catholique. 

Il est facile de couicèvotr qu'une conimiasion ainsi composée 
ne peut offrir aucune garantie au clergé et aux familles catholi- 
ques sur lapurete^de» doctrines religîeases enseignées dans les 
écoles. - ' 

On ne doit pas non phis compter sur le zèle et Forthodcaûe 
âes régents, '»t5lmi£5 par M. le-ntinisire Martin y qaï sans doute 
seront toujours disposés à se ponf6rmer. aux intentions' de cffux 
dont ils tienneiit leur titre % leur salaire et leur inissien* > 

Le quatrièine abus* n'est pas moins :dépIorahIe que les pre- 
miers : c'est le mélange des garçons et des filles dans la phtpnrt 
des écoles établies dans les paroisses 'Catholiques^ On auroit 
peine k croire que l'adtnînlstration favorise- un pareil abus, ^i 
prépare les voxe»4 ces funestes habitudes ; fléau de la pudeur 
chrétienne et des mœurs publiques. AufsiI'aiitorîté*eci:lÀia9ti« 
que et Iâ puissance civile^ dans tous les étatà ipri ont eu k cœur 



iHr) 

ment zélées à proscrire sévèreiàent un désordre que ne uAé" 
roient pasiu^mel^esJbP^^^^ - .^ 

f LeS) fâhùlleÉ ^ la- ê€idélé è% TEgËab : ont le plus grand inAfjrêi à 
«eqne les filles soièAl.bienins^iies^' dès le bas âge, des devoir3^^ 
qv'elles'aurcditri vetàçiàt ^. Qt^contitioleot de bonne heure l'ii^f. 
bkude des vertu» propres à leur seiâ. Or y est-ce d*un pé4figc)N 
gme lamoastrien ^ diuAs la coo^pagnie des>garçons , exécutant ay ec 
eux âei manoeuvres militaires, au 4vâlieu de la dissipation et du 
tuoMdt^>. se Êitoûliarisaiit avec def lyianières libr^ et des mOu« 
teihettts bruiqaei; estrf^it dis*-je , à pareille école que la na-* 
Hire et la ve)igioii)|les ont d^tinée& à recevoir les leçoi^s et les 
exemples qui doîvent former. leur, coeur etrégler.leur conduite? 

Non content d'afFôiblir 4*é<Iiication religieuse de ses sujets 
catholiques, le gouvernement de Genève entrave à'la**fois, le 
plus qu'il peut, l'exercice de leur reli^^n par des megjyes léj[is* 
kcives et adminis^atives., -. ^ . 

* D^api^ès tme loi du 5 avrSl^Sao^ leeon^ii-d'ëtatakdroitde 
s'opposer au^ choix de Tévéque dans la nonûaatîoii des curés et 
d'intervenir dM» leur installation èanoiukfae*. Le conseiller Aé* 
pMé à .cette:6n ne pait>k paa seulement à la céréinonie comme 
«imple^témcHB^ «aàîê eomoi^ conimissa|ive, pour présenter de la 
^Tt dis gouvernement le nouvel jélu ^u troupeau^ me8iu^,||ui 
MmUé.anppo^r que le pp^re reçoit sa qiissioa de la puisf^çc 
civile* . "* t.: ••.•♦»•'.•• -.•./■' 

Lé ûoii^lAl'état désiré tes feuÈfes gétté dit canton qui doi^ 
vent&ireleur cours de théologie an séttdinmre de Fribonrgy et 
il n'alloue que cinquante louis pouh pourvoir aun frais de leur 

Instruction.' •'• " " '» •;—•««/.• v 

II 

■ Wgr! V^VSqui-èti èSf i'éaiiîlt'& awldnùer «né collecte «lunuelle 
clans ci^â(^ùë'^^{sîié|' màisi itl^'^tëUt* hc t>t«Wirë'«jti'àprés 'en 
avoir obitenu f a^lhkéiît dû «itt^sétiffiftitt' , et 'fpvaiifâirsdnM 

18. 



/ 



( «4« )- 

éY^e ateompagnc du maire , qui , dstiê la p{ct|Riri des pavûm^f;^ 
est pTOtéstaot. '] i' ; I . ' 

m 

Uest.évîdent que cette làïàû S aVril iSio esè' âioétti cbirrtbtrè 
aux dfoit9 du «àittt<Sfo»gë qu^avuK clâloM iiwérées daÎM lé'prào^ 
éolte dû t<Higrè» de- Yieime^ d» *»^ nart- i8t5, et dÎMàs lë.tniit^ 
defuirm du f6 màrë i^St€. Une «utre Uwjèir ;^ 4^fd «1800 aaW* 
f itelë tiénséiKdfétat h céiîdàtiOieir ài Ulîe MH^n^e-^l^vt's'élev^t 
jusqu'à '^,5ô6 floriiM , iàtkk tetlMMûtpÊti ^l «giftiil; e» vettm 
d'une balte, d'à» bref cm dé «iKiA ftûtre Mtef éMlta^ d^ia'cMr 

^ pte^dre tcflé lAésurcr qii^l jtkgèhl «MveHabie^Qiflf ieiHljiièsfacr 
quaîicaii maûdemetiï ; m^rûetîÔÀ l' lëflf^'pMUitiafe'é^ cifttM 
acte étiàni à^'Vfri^dSùtë^n^ qiâ èettfîèwli-ÀleMdfsdk^ 
pcMpÉHMn cfHktmiré^^^astfl (éà6fii ^V àiytX l^s; 4m canton ^ ne 
s6ientpHtfliesetiim»etiéemioti. * - •/" r:*" 

n e»tâiJ4ei^àpi(kie^n^^'(|iiene>rfiiê dat^ierèniQ éof teBf 
loi met dans les mains ou gouvernehiétttet'iwtbui A\kik ^mi^ 
vemenÉealjpMilestaiit.> n -ifial dnptné.à Fi^aird 4^ U' religion 
laiAoliqveiii^^pdiràiuiie.^aivetlIe oattduilt^ UM>||çip($qaji/Q^ lé^ 
galeetaihMiiistlatinytf'ttlfapiJetoepiirîsfMil^ ^ ; t. . 

Mds ce>tMriit lés tÀi*iaMMë qu-a- ^iés>te l^jptthiikMtmrie an^ 
l'ia^è qéi'ïé^iihéi^dngMSèréiiiéfift FIM lesianibiis d'une 

^«ipiMMièà^dé 4S*^6M •âtaieè'/le conMflU sdavufainde'GBnè^e , en 
hioins^de Ùill^aito , a 'fiiit trdb Ibk epppsdèiv |etle«9MeiM'<tet 
a pris trois arrêtes diftrents« Tous ces actes ont été dictës:pfR^ 
un e^tdehaîn^fçmUc'^la n^g^iça^boli^e «tien, portent 
iplos ^u imi9% Vi9mpf«i0^e^ selpli, Iff fifinepnstaDces. Que loi 
idbabdQntie auicovaeîlrdr'^tat. le rtfgime inttfi^r,^^!^ piisons, 
pour déterminer tout ce qui concerne les instrnctions^éligîçiisfj^ 
jpl morales j le service x/eiigfe|Qix.|ipiir les deux cultes ^ la nomi- 
pation et révjpcatîoi^ d^amn^niers^ Ijfn fyà% fpte rapporte Vauteur 
de la Lettre prouve comment le fonsj^ï-A'étM enlend la liberté 




de 



des cultes , qui n'est autre pour lui que Tasservisseiiaeiit du ca- 
tboliclittie à h puissanee crrHe. 

Presque toutes les paroisses catholiques sont administrëes par 
des maires protestants. 'fc)^ les oinpiojy sèrfat'îrëiÀpUk pai^'d^ 
protestants, piiisqué sur quatre cebt qùat>é-Tuigi^sè|>t eniinéyës 
on compte iringt-sèpi cat&ôliques. Or^ sàfr utoc'-^pti*^''" "* 
43,000 âmes 9 â j a dans lecantôn i8,doè caAîoIiqttei^i 

MIL lescur& se peuvent planter une croix, même dan^ P^- 
«einte du cimeff iéi^ » sâni Vtigféa^i ^ ttUiihfé. il kur^st "dé- 
fendu d'appeler âucUti ^okéèi^stiii^' étiM|igêr , p6iir Air. piis 
troubler la république* ' /. . : . 

. La leitre pu nous avons puisé ces diTers renseignements lï6- 
nore le zèlç de son auteur, u s^affligé avec raiton d*an te) Âat de 
choses, et il déploie la situation des catholiques^ placés au 
niilieu de toutes sQrtes de liiéges et de dangers. Il éôunclt bieii 
l'écrit du gouvernement de Cenéve , et le fait bien connôttré: 
fl n'est pas dupe de tous ces gens qui parleiàf tà haut d^ tolérance 
et de liberté, ^ qui sont dans leur conduite les nommés ies 
plus intolérants du mopde. II rapporte avec bonne' foi ce qu'il 
voit ou ce qu il a yu pi discute avec sagesse ^ et 11 il a'^aîicè tien 
dont il ne soit sûr et qu'il ne prouvé. Le stylé est- ce qii*tt dWt 
êtrCj, simple, clair et net. Cette lettre est'lWvràge dW hoii- 
nête homme et dW bon catholique. X/auteur nôti^ fait espérer 
qu^ilen publiera une autre. Nous l'engageons beaucoup kle 
£aiire ; il ne peut que reildre service à l'Eglise et^ ki société. 



I * 






( ^5o ) 



' é r. 



t ' « ». « 

S^Ti4^ Xjiis PçBSB, VT i>%^^yii^iQ\à, y traduites en vers français 
(|yn^ ^^;f^4)»'/?r^?^ff^P d'unis histoire abrégée de la sa- 
^ti^atiç^iç^nc^At suivies. f^^ /far. A. F. Thérj, censeur 

4e8 j^l^ades d^ c(dlégç royal de Yers^iilIes^O* 

Pene^iBoiis dîi:QAi»#lieii, a mérité Jbeaucoup 4eg|pùîe< ^t 
dtt.y^table,g}oîfe pMr lelifi^^ unique qu'il a cqatpof(£.,Mar-; 
tial ( ^pigr«. I V ^ 09 ) rend hommage au . lalenf ^u je^iç t9^i 
dç^t^,'p^^rj,y}/s^t d^p^om donner iiçe traduction élégante 
^t. fidi^e^ji;^,lfi mppde con^^^^^^ > iujgîÇaient qu'en a porté 
)|oile^;^JMbl^^ de çei suffrages > auxquels nous en 

P9f^*v^^^jpif|dre quelques, autres, le niérite de Perse a été 
cçfifjÇ)^^ jpi9.^,a,youjfr<>ns ,^ quanta nous ^ qu'il ne nous a.piûnt 
{^,^f^i .QljL7ip|xS| ^a p43ut<-être que ji pour l'apprécier , il iaù|, 
letc<>nip];^ii^i;e« I^a réponse est juste^^ mais nous deiùc^dcrons 
à natr^. tO^ur .qui peut se flatter de comprendre Perse, II i^a 
manqu^ ni d^ commentateurs ni de traducteurs. Or , nous n'en 
cQBHoijtSQns. pas deux qui l'aient entendu de la même manière., 
et.qni. aient yu 1^ w^^foifi suite iUns ses idées. Les auteurs grecs 
et ktins ont de grands privilèges. Si , de nos jours , un poète 
s'avisoit de publier six ou sept cents ver^ , pleins d'ellipses » 
d'obscurité? 1 d'incohérences y de métaphores et d'images hi- 
zarres , dépourvues de toute suite visible dans les pensées , mais 
remarquables par troîs-ou quatre tirades écrites avec chaleur , 
les hommes de goût rendroient justice au petit nombre de cet 
morceaux qui attesteroient un talent réel; quant au reste, ils 
l'abandonneroient avec indifférence à la perspicacité desSau* 
maises futurs. Perse a été plu$ heureux. Des savants du premier 
ordre , des littérateurs distingués , loin d'être rebutés par les 

(1) Paris, 1837. Un toI. in-is; prix : 4 f^' ^o cent. ^ A la libraîri» 
«faisi^ue de L. Hachette , rue Pierre-Sarrasin^ n*. is. 



( a5. ) 

ténèbres dont il s*enrîronne volontatrctiMiit ou pifr impait- 
tance d'être clair , <mt aspiré à pénétrer dans le labyrinthe , et 
à nous y introduire sur leurs pas. Perse a donc été commeiiié'^ 
sqppléé y enrichi d*an grand nombre de pensées «fs^on lui a 
données avec nn rare désintéressement. L'enchaînement de ses 
idées a -été démontré de vingt manièi'ies tout^ différefatcs. DaHR 
les endroits par trop rebeUes à l'ordre que Von tonloit élaUir 
an milieu de ce chaos satirique , on a tu des allusions indinBOtes 
aux crinte de Néron/ Il ne reste pins qn'à noas expliquer «loi»* 
ment ces ]^rétendbDies allusions ^ saisie^ par les Romains*, jp^isr 
quVUes le sont par lès modernes , ne l'étoieàlt point par letj*al^ 
ou demenrotent impunies. On nous répond qne les éditenrs de 
Perse trouvoîent dans les satires asses de daKé pckr qû'eUès 
fusseiit comprises et lues âTidement;- tisses d'obscurité pour 
que le tjraa ou les délateurs n'y vissent rien de personnel, et 
pour ainfd dire de saisissable. Cette solùtiona de la dîMicalté , 
t(Mit ingénieuse qu'elle est , ne nous satisfait pas complètemcaê. 
Mous ayons peine à croire queN«roA eût besoin , pouj* ST/VeA- 
ger, que le délit fût matériellement constaté. Mais ha. ibtes- 
prêtes de Perse ont voulu tout expliquer^ Si ^le Jeune poète de 
Toscane pouvoit lire les nombreu'x volumesqoe l'on a écrits sur 
son opuscule, peut-être s'écrîeroit-il , comnM SôerAte , quand 
il entendit la lecture d'un dialogue de Platon : « Que de choses 
» ils me font dire , auxquelles je n'ai jamais songé ! » 

Nous n^espérons guère obtenir , pour ces réflexions prélimi- 
naires y l'approbation de M. Théry , qui admire Perse avec l'en* 
tbousiasme naturel h tous les tradoctenv»^ «Otts>ecfri0nons éga- 
lement de le trouver inerédote quand nous kii ditods que son 
imitation nous a paru supérieure à rbriginal. Mais cette consé- 
quence découle nécessairement des prémisses qpe. nous avons 
posées. En effet f si Von réfléchit à l'opinion que nous venons 
d'émettre sur le style de . Perse , on sentira qu'un pareil éloge , 
dans notre bouche , ne ressemble pas à de la flatterie. Sans doute 
MOUS ne prétendons pas soutenir que If. Théry ne éoit ii 



(aSa) 

k Perte dan» aueiw éétaS* N«us poiirnoiis ctCer un certain 
ttombfe de f eH IéIûié daat Vâcgani tisankicleur n'apae i^plé Ja 
condiMMit énei^gî^piètet briifamle«^Maift il eit ^f> setitf :» {Nresaant 
•céfllme mÀ modèle , ians étie eiusi obscur , e%il a ^ de plua que 
4ni>fhieilhCP>tiiMe avantage de f 'exprimer trésepurement^ etde 
mB^fcimViétàMbr'^ à ch|M{iMi<niot ^ le'foât deaaakcleim par les 
'tàétÊÊÊxnùAtéir do langage dont Pémé est leUeaMnt fMPodîgae. Ce 
T^^sti ^*i|ae M. Théfjp ne tombe daal^4iadqiiea«ana dea^Mrats 
4e<ion «mtenr $ on pounrma eqproeber une eorto4l'49beenrîtë à 
plwîcnfS Ters. lie désir d'égaler octto coiKisièa> «pur le channe 
4bnne^aff intènrafle à sa tradtfcticm «n air de gtee dde^con- 
iMme^i suais ees tkdbes légères sont de rares eaœptîoiii^ et 
l'orëffle » d é q hir rfe ^odqneftMS par les sons trop fidèlenfiens re- 
peoduils de là lyre de Perse , est dV>rdiilaire iattée* psr les ac- 
'oofds harmonieux d\me poésie pins eorrecte et plos pure. 

Loiiassag^aiiiVantjtâstîfiera noeélogesetfloscriaicpies. Toi|t 
lo UMinde eoonott ^ ks faeDe proeopopée de FaTariee , imitée ^r 
Se8eaii;danr Pcne, comme le remarque judideosement le 
tfndttoieur y la conivaaie suivant ajoute à la force du taUeau ; 

(?ta est Ml ; teat l'sp^^iéto » et Vûtttre te rempK», 

cMÊêknéjé^m^mtin! fca pyjetn'aeeoMpiit , 

Si la kigawvviva aa loia ?% féadre.l'f»^. 

Ia Yolnpté ffppsUeb £o tophîimet fécpiid^« 

Sa dooce voix répète : Insensé l que fais-ta F 

Arrête I D'uo poison la funeste vertu 

Termente dans ton seia'> 6t sa flamme inconnire 

Bn^efolt-, «ÉM e-'éteiadfre , «ae unie de ciguë. 

Çwké tQk't4tm^']m imn i oMnr> sans fciM Doaer » - 

fjo Qèhln pour fai«eoir« un ëUao pour dîner ii 

Et boire d'un vin plat qu'infecte la résine l. 

Un intérêt de cinq révolte ta Usine! 
''* ^hii^ae» ton or, triplé par ton désir,,., 

« < flotte à la arart ; {onis i car ¥i?re, c'est jouir l 

Qm stras*!» kientM? Pou^sièie.... Le Miops Tole» 
^ , • Vt «ijéjà loin de nous emporta ma parole* 

iDeifqtttlrekéniistiches. que nous awms soulignés» le premier , 



( a53 ) 

troisième 6t le Cpiatriâmeisont obvcim. vM^ Thtfry ^ .iioimM 
nous Vvrmm dit « axélé ïéàio iiop fidèle <fo «HI«HtieHC* <l^9X¥l 
-MA aecoiid > esebuk iàton uaiueiml uom penipia queoettxqùi 
n^wrèntpaslanotedafrftduoteiir «ur ces rev^f n^'icoippi^n- 
dvontpas ce <]ve signifie le moC «MioMe ,.ei4«0 MiM.,f||î l'aUr 
.root lue Verront aveo peiné kt prtffiirencedonn^fnr le jilwlft- 
^âeiiK ^diteor du texte latin à la leçon, pu^,ist^ eiar^-la kç^t^i^rd^ 
uEutet pttms^ <piî est sunk laiîM» Jf^^a trbirSQiiffei^4ftaao$ 
d'esdaTef mais nous ne croyons pas qu'il puisse , au^figuf^/^ 
être synonyme de «eryta* 

lious citerons encore la traduction d'un des plus beaux mor- 
ceaux de cette cinquième satire. Ici , içfâète latin est plein de 
chalmur, ce qui lui arrive souvent 9 daki cefultu^ arr4v.e<cat)ç« 
.ment , et même asMs par ^ sauf qn^qites m^taph^eft bisacr^ Qt 
qndqnes espressîoBS qui manquent de }u«le8set. Malgré la r^- 
.-nkm de ces qnaljtds, ceux qui prendront la peioe ^ fç^niparcipr 
le français au texte 4 ne tarderont pas à redonnettreqa^ U yjcr 
-loire appartient au traducteur s . . 

Non, }é ne cherche pas, en grosnsBSnt ma voh« ' 

A déelamer des rieùs dont le inem étonae. * 

tealy je |Mnle a t«ii seol | ma mai* aia l'aséoiiae* . . 

Pénètre dans mon Sme , «t vais ,.(4^ ilarnaHu « 

Quel noble et juste amour m'inspirent tes vertus. 

yiens , lis ; ton œil , habile à surprendre la ruse , 

Ne verra point ici de masque qui Tabuse. 

Oui , l'ose de cent voix Implorer le secours ; 

Je Toudrois que mon eonir , ^^asÂFant en nés discours, 

Kévélàk foui maisr, sans oubli , sans ao^itini « 

G# que n'e^prlmeat pas les langues 4e la terre. 
« 
Ces vers nous paroissent excelleïits; point d'hëmistidbe inutile , 

point de locutions traînantes , équivoques , ou affectées -, poiikt 

de concession à l'exigence de la rime. Nous avons souligné tout 

entier comxne incorrect; ces mots ne peuvent^ en effet , être 

joints qu'à un substandf exprimant une idée détei*minée , et no\i 

p$ h ce que qui ne présente rien deprécts et de positif. On dira 



( a54 ) 

bitti en français : Je ^^ot»:Èré9élerai ma pensée toiU entHrr; uuôt 
non pas : Je ¥éa$:révékraitout^nfierée ifueje pense. ' 

n nous seroh fiicife de critiquer fdusièars des tons ^àoppi par 
)M[. Thëry ^ t|u«lqiies di vkioiis du dialogue , un certain noiabie 
de ses conjectures sur rendiataenoient des idées. Mais., comme 
nous n'ayons pas la prëtentîond'ay oir trouvé le mot de l'énigme ^ 
nous pensons c|u'j1 e^t inutile de substituer nos hypothèses an^ 
siennes. Nous lui demanderons, seulement pourquoi , dans cei 
vcrsi 

. • BêreeynUùui Mtù^ ; 
Et 9 ^iememtêomÀiràmôat Nnrm. Dêlfhln 
Sic I Mtftim Umgo tubéuximuê Ap/muilno ( 1 , 9) ) » 

il pense que le principal- dé^ut que Perse parott Uàmer , est 
Taffectation de la rime 7 Nous ne pouvons partager cet avis , 
i*« parce que aucun de ces trois- vers ne semble appartenir au 
même auteur , ou du moins au mâme poème ; -%\ parce que les 
rimes plates ou croisées abondent dan^ les meilleurs poètes , et 
particulièrement dans Perse/ Il est y du reste,' trés-difficifed'la* 
diquer avec certitude le défaut que .Fauteur a voulu rqirendre 
dans ces citations isolées , et dans ces vers : Torva MimalloneU^ 
attribués ridiculement à Néron. On seroit tenté de croii*e qu'il 
n'a été choqué que de leur vague et insignifiante harmonie. 

M. Thérya joint aux satires de Perse celle de Sulpicia^ le seul 
poème de Fantiquité latine qu'une femme nous ait laissé. La 
Sapho romaine » dans son invective contre Doinitien , a toute 
l'obscurité de Perse y sans en avoir les beautés*. 

Nous ne devons pat eublier^de recotnmander h nos lecteurs, 
l'essai sur la satire ancienne , qui précède la traduction. Dans ce 
morceau remarquable par une excellente critique , et par le 
mérite d'un style touÎQurs élégant et pur , l'auteur , après quel- 
ques considérations morales sur l'origine de la satire , a trace 
l'historique de cette branche de la littérature , qui n'exista pas 
comme g/enre ches les Grecs ^ et dont l'invention appartient 
réellement aux Romains. Des fragments peu connus d'Enaius ^ 



( ;i55 ) 

A 

d« l4ieil« / ée Tonrat , 4ooneiit un nouvd inljrfrât à cette dî«- 
sertàtion savante > et x:a^arveiit , dans la vefûqjn û^ançaiie , le 
coloris 'particulier qui les. distingue dans roriguial. Mous ne 
pouvons nous refuser au plaisir Àe cîier cette délimtion que 

Xittcilè a donnée de la vertu : 

■• '. — 

La vertn , cher Alibin , c'est lit noble sdence 
Qui noM fait dûting^er le vrai de l'apparence ; ^^ 

^ Qaimarqnedetobje«|i*l*étalevrie«r)- ' 
Qal discerne le bien » l'utilité , l'honneor ; 
Fuit tout dessein percer»» dèsbonnête , inntile ; 
Impose nn firein puissant an désir indocile ; 
Sonnet an jogetneal d'une é^nHable loi^ 
Des honneurs 9 des trésors» le difficile emploi; 
I^ous rend les ennemis des méchants et du vice ; 

> 

Veut qu'aux hommes de bien notre exacte justice , 
' Dispense les bienfai ta « la louange, l'amour. 
_. - II chérit la irertu % quicoi^i^e^ tour-à*tonr « 
Sans' jamais s'écarter, de cet ordre suprême* 
Sert d'abord son pays, puis les siens, puis soi-même. 

• » * . , ■ • 

Cafin , M. Thétf rëftite^ d'une manière vietorîeuse , une erreur 
générale relative à la publication des satirea de Perse. 

L'ouvrage que nous annonçons doit pbire aux eunçmis 
comme aux détracteurs du poète stoïcien, I^es premiers le reli- 
ront débarrassé de cette emphase ., de cette obscurité , de cette 
bizarrerie qui les avoit tant choques. lies autres ne pourront 
e'en^écher de témoigner leur reconnoissance au jeune et savait 
professeur, qui, par ses notes ^ par sa préface , et surtout par ^ 
tradiictiou , a feit briller d'un éclat tout nc^veau cet écrivain de 
nebulense mémoire. Quant à nous , qui voulons rester neutre , 
nous nous rangeons à l'avis de .ceux qui ont vu beaucoup de 
sagacité dans les apologies présentées en faveur de Perse par 
M. Théry , et dans ses yexs un talent distingué. Nous applau - 
dirons particulièrement k la suppression d'un petit notubre de 
passages obscènes qui souillent les écrits d'un poète dont les. 
anciens vantent cependant la pudeur et la chasteté. Mais les 



( ùôG ) 

écri vains de Roine^ icomnie. ceux de U . Sràoe u s'ifnagiiipi^iit , 

p^r ^iMMrrtur attsii rldkuJe qiieiiiti€ite| ^voîi: ««UslaU aif de- 

f oir cbrbiïiMiéte lionMièi quand ik p<iiiVfQieQloppç»i«f b pwet^ 

de lotu* vie à Tiiiipiireid deienri <i«frrfig^« 

Y» "• 



.1 • j 



*" I 1 i • . "• . ' • • ' 

; . • • •■. 

Analyse dû àhôtmim de M» BiitEvta. 

^ ' ■^ i tt èowÉfl partie.) 



La loi politique ^ déchm-qlie &â ttiigiôn emilmfiqtÊe, ^pos^ 
toliq^e ci romaine eH la religion de tÉiat, consacre (évidem- 
ment les principes reconnue ^ar le gouvernement im^rial; 
ainsi Fa jiigé la cour rojale de Paris/le i8 mai i8iS, son arrêt 
est oinii eoâçn : v Considérant qa*il est constant qoii JUartk 
»'étoit engagé dans les ordres sacrés } qpe jusqu'à la constitur 
» tion de 1791 > il était reçu en France, comme en tons pays 

• catholiques y que l'engagement d^ns le^ ordres sacrés étoît ua 
» empêchement dirtmant du mariage; que ce principe n'a élé 
% détruit par aucune loi expivesse^ et que sa vîohfion.tenpo- 
» mire n'a été que l'effet d'une eiTCur par induction de la.cons- 
» tîtution de 17914 qui déclarqit ne reconnotjtce aucun voeu re.- 

• ligteux ou engageinent contraire à la nature ; que. cette erreur 
n qui, en la supposant rrreur commune, protège l'effet de> 

• mariages antérieurs k la charte ^ a dû cesser nécessaiiwment 
« depuis la promulgation de lactifirte, qui, en déclarant la re^ 

• ligion catholique , apostolique et romaine la religion de l'Etat, 
» a restitué aux lois de l'Eglise la force de lois de VEtal^ relata 

• vemerU aux ministres de là religion de l'Etat. • 

Cet arrêt, à dit M. Bei'ryer , jreafèk*me le^ vrais principes de 



( 357 ) 

h'iilfaitiéré^ it iAipoHe de le bié]i'èôii^relldi>«r i^Bliom^^ 
d-dtkt -ifiïâtm' càùtriAte 4^p(M)èén« ^ t^ai^ti«fe 6\ 'Vmiklt qui 1^ 

^recédé', etii]l^o<{uéht (Â Kbêrti 4èf ebil^éikèeV^l^ pi'^'^^^ 
que cte^tiê h^MtMié^ peut^etêrcek* sàtéù^u ûomme iHfitnHii A , 
et n'est dè*-loi*s soumis à la loi religieuse qii'dataiii^t 'iisbi^'il 
hkk: t>léfh. Suivant' etix ^ le tA^ginraf polillqtte u» Axai peint sa- 
tôir s^ existe cléJiî^êWèà «f qfoèRe èM l#40l de leuriMikutkin; 
Hf ne éëiihbit tt^é^e^ éi%èfti9 , que lés lij/k et lH^ë«H>ifs deki 
èit^. tâf ré)lg{<^dèTÉCAir ^'Mdt^t fidë de md^' «fèst tout 
kn fHùÈ'txiilteicpfèBaiôn bonôïtfique! Cet article é^lKdfoirley 
6flt cbt fe^ftigeii^è 8hi^iï4féiiièliouI(}y «e coiitiëbl Htti^he iBst 
poiAibn législàtke'î' Le^ èbtatits de I*Eglise eê^lioIiqu^'dtéViéii^ 
dront, si rôti teùt /f^éi^pre^ion de ralWgfës^yiMîôrïâle^^ i^es 
pompes embelliront nos cérémonies publiques; mais ses'Ioià 
tt'auronft aucune inflaencé en f^ranéed^tiè l'oi'di*e'dVî| et pbli- 
iique;;h semble qu\>n t^iUè étendit une T'oâtërid^iVâ^^liC» 
fe^crel et îa iette, dà s agttettt léiJ Kdiinnesr Un àV<W!a* tf'a pat 
tti\tït (fïmprittlér' cc& étÉâiigek parblë» :'*'tjA itt^îie dikinctbii 
h '^ui existé éfi^tr^fémpTre mcistiimâti'V l'état rbm^in ,< la €railde- 
» Breta^ë et lé -iroyîitthièf èè Fraiicé ,' éL\^-ti'ifurio''n$ahière 
rplks irwwhée 'êàèùr^ ; eftftë lès loi^-Aè !k*k<?-èt fefe^'fe^s: de h 
i* eonsc'ièniceî i^Aitt^ Fàirtôrrl^' mette de la'¥ftô*alê eSrt pi»è9<îrfte 
AéVordre /^^77 VèïSà'» S qufeWes ma* ifeé^* 3 fki« dteScendi^e, 
voilà les opinions qu'il faut adopter^', pour s6ûtëiiii*/ i^ns Ixt' 
tbiis^quèn'cé, qliè le càRlèi«t^è d ^mtë et s^è^ devMfs'tlt^i^ent 
tfester încotWbè' 'S\i 'ihagistiwt'Wii^il. Eès >Hbhirti« de¥it)é'')ciuWfv 
Mfessieufs, sont jilci&'hâfMis que leurs dieviricîéri* ee^wèiiâè 
re}etoient pas le sacerdoce hors de l'ordre social. NoU^llkdW^ 
M btati^aire , Sans' la coâstituficiÀ dvffè du clérgéV «t^ IKl ^ 
iWt^-i T^s ntkàihss <fe làrèKg^n e±erceHt^lest prèmièi^ M 
Jèà plut ukpoHeitàéTjbncàirié' dé h satiété. Lé T&agmlt 'Wtmh 
%eau M tnofiftia' plé^'^gé' ^e nos contèmporaiits v \ùti(lbê4km 
^ontnahifn^e'pburlk pu&liéatîon de cette coiislRiiti6tt'dil<Aetgé^ 
j! adretsoit au peuple frauçois ces pardes? 4mpic^ : '^i G&ii^te- 



*» 



(a58) 

» lîçion a reçu 4ax» VÉXàt une existence ci^iU et iégale ; qui c$l 
»' le plue grand honneur qu'une nation puisse jren^e à )a saiit'^ 

• tétë et à hkja^jetté Ae rÉvangile. ». Mieux vam encore cette 
Ii7pocri6teliiMDlante.p que l'athëisnie mëtbodicpie. cbs nos zâa« 
tèmfn' àtVordm l^àL 

Id IL Benjet a démonti-é par uqi gr^nd noQ^e: de Iqb , que 
la pàittèmce oîvile r^eonnott et reqwcte Hw^ Uâ nûoistres de la 
rélflgioQ M.lia-iMure ^'si^çerdoi;^ e|b;lei^ >'^14^ de.aqp. iofti- 
tution.jXelte«MMU les lois qui concegrnf^t.etle seicyioe .n(ii)itaîre 
etla compw6jÛ0u du )urj$ telles ;8iont.l|^i4iaF^tipi^ 4^ t»>de 
yAiai,\qmnt,M% cr7tt)es,et déU^ c^minis.pfir W^d^sieistiquef 
QU/fîoH^te leurs peraionnefi telles soat enoorelesl^i^de finances 
qui leuVf ^tribuent lin traitement, coinive ifonctioanaires pu- 
bliées. 

{' Çest qu'eneffet lorsqu'un homme reçoit les ordres sacres, il 
sie.contra«te> pas seulement désengagement epyers l'Élise,, il 
ta contracte envers l'Etat ; il ^ forme entre lui et la société un 
lien de devoirs, et d'obligations réciproques^ Buonaparte Faroit 
fort bien compris, lorsqu'il disoît, dans le comeil-d'etat , es 
181 3 : « Quand j'autorise l'ordination d'un derc , je réconnois 
,1k nécessairement en lui lis caractèr4» sacerdotal > ^l'avoue pour 
9 prêtre. Quiconque s'engage dans 1^ ordres' sacrés contracte 
9 Tôbligation de garder le célibat , et ce^te obligation estap*- 

• prouvée par. le prince. » ' 

Telle est, la conséquence néc^M^ire de lexerçice public et 
légal du culte. Teb sent lee rapports que .la reconnoissaui^ de 
la religion de l'Etat établit entre roi;dre religieux et l'ordre 
.poliiîquie, , ^ . ' . / ' 

^ , lOu: y retend que ota ïqota relifiion ^e i't^ sont ^Hfk^ de 
\s^im/ Mfii^iras^çni^l^e constituan^çétoitlour de lecipire*,|l(VE;B^ 
^ift'pn deux circonstances r^maïquAbUs^.f^frf^ 4ft4<W^y«' 
religion »dB TEtajt Is| relÂgion^ çathiol^ve^Çp^n^'iç^i, pf^^%4i^ti£i 
quedsHf l«.<»»wr.4^t, q^if s'^étoU cç^n^ei^l;^, à^^k^ h l^,x/i^9M 
lAtboliqiU! t»^.Mu^Mp9^^^ t^ fiwiqrifé\fics,SrançqU. ,Gepl 



v 



( >59 ) 

«{u'alor&atiitioii lappoftoUle cas.où le clief deTÉtat attroitpro-. 
fesse un autre culte. 

L'article 6 de la charte contient donc un jprUicipe politique. 
LVtat est catholique^ le prince est et doit étrç catholique : nou- 
veau lien qui nous unit à jamais aux légitimes héritiers du 
sceptre de saint Louis. Notre roi est encorele &la atné de r^Jgg^ise, 
il est révêque. du dehors ., le pmtecténr ^dps canons. ]Ues minis-^- 
très de la rieligion^nt à ses jeux le double caractère de citoyens 
et de pritres y spiis ce double rapport y les niâxin;^es aiH>ieii9es 
on$ repris toute leur autorité. M. Berryer ; oile plusieuvf. JMiÇ^s* 
consultes sur cette grave question ^ Domat, ^n son Traité des 
lois politiques, et Fauteur du Traité, de, l'autoriié des rois to}i'* 
chant tUtdministrationjie l'JEgUse ^ ouvrage long-temps attribue 
il Denis Talon. « Les ecclésiastiques j j est -il dit , en qualité de 
citoyens^ sont sujets à l'autorité du roi , tout de même que 
les laïques , en ce qui co^cçrne les lois politiques de T^ta]^ , 
soit en ce qui touche les charges personuelles et pMbiliques^ 
soit en ce qui regarde la juridiction royale; s'ils ont.eti cela 
quelque privilège | ils le tiennent de la libéralité du magîstrqit 
politique. 

» Mais ontre cette dépendauce ^'ik ont du, roi, comme 
citoyens, il y en a une autre que leur produit leur qualité 
d'ecclÀîastiques. ... 

» Cette dépendance consiste , en général, en ce. q/t^jc, comme 
cette ^q«alité d'ecclésiastiques les engag^enveré DÂeu et envpjrs 
TEglise à desdevomanxqaels les laïquei ne.apilt |MisastrçfntSi 
le roi a drqit en qualité de pnbtDcteur de vcfiUer à çç qu iJI^ 
s'ién acquittent confonnément aux sacrés Canon^^'...»^; ,;.;.; . 
I» Et si Von demande en qudie manière 41 ,y |i^l:yeiUçç » je 
réponds qu'il le pent en toutes les iâaiiiéi«s paf* lesquelles .soi^ 
Mktorité peut secourir et fortifier. celle/de l'EgUse ; (^'est-à-sdire, 
tantAt confirmant les constitutions ,des coo^ll^-^t des Pii^pe$,^ 
tantôt en y ajoutant des peines civiles , ta^t^ en .contraignant 
les coupaMes de subir celles qu'ils ont encourues ^ en un mot^ 



( ^©9 j 

» t&uioti^^eii pticani le secoitr» de ses Im, detu ^paièsande.'*! 
» de ses officiers , à l'entretenement et à Texécalion des lois de 
V FCgIisey cequiM^iiiyrend.bfcn des choses. > ' ' 

C'e^'i^ ee<i«Hi ibut oeuiflreiidre dansées mots i ia ^reUgwa 
éC' FEtmtr leHer eêt M potectioou qoe le prince- d<ât à l'EgliK 
dànsrdin étal i:ttlfaoUqttt<»<Iie^offieien publics ne doivent done 
paà admettre un pvétt» iif ifinnnei^n.eiigagieAieBty ^ tin coîMsvt > 
en vii^btio» ittaoifesie des loi» oonstîlotiveB du stferdoèew 

C^peildâlltyVii'lMU.eta'crcMre kt^éfenseura de ropi^ion 
contraire ^ eette pfohibitioa -est iHueeire^ car * le prfiiret qui 
Voudra se marier «n^fanoé pourra abfinrer sa idigion et se&ire 
protestant; Il se peut y dit Forateur , -qpie le roi perde en èffiet son 
aotointé sur cebii qui voudra u$ev de cette honteuse liberté* 
Que cdm-He ^ole doue hsf lo^s de l'Eglise qu^il a'^yoleiitairenieiit 
aceeptëetr^ qu4V rompe les eogagew^ta qu'il a 'pris envers ses 
concitoyens , qu'il méprise au bcsietA lautoritëide-sa fiMuiU^ et 
trahisse sa propre coiisciencfe pour sft^sfeire- des passions f lais* 
^Oûè-Ië^prûfiter déi trintes Teàso«roes qu-ùntr science maudit» lui 
Akggère.'* ' • ' • * 

Ce n'est pas , au surplus , la première fois que cette ol^éiation 
éÉtprésentëéj'Itfrii^e question (îit agtibëe en^Fxamie aii temps 
àe^ëdit'de'Nattte»,. époque <oi!k» jft lëgiriatioo, «n niaiièfé de 
religion y avoit une grande analogie avec celle qui nous rilgit 
Ttuiourd'htài/ Mi -BeriTèr rappèlle'qûo plusienifo pi*etres as 'firent 
|mn<é^ta^t$V ^* ^ itiàHè^entpendàntlte tronUès qui signalèrent 
te'6tidusiMâmettMe.>£'^vétpie dirBeaiiirai^ dokma l'iAttdes 
premiers exemple» de te sicsitdale ; 9 embcasm le patli dis la ré- 
forme » fut d«sltottë k Bmi^ dn mtidiwdaft' «t de k dignité épis^ 
M>pafe, eedepiidS'jl'épomtt'iiRi^e&^fegLorë. Ce manage fiît dé- 
ifhré nul sut le tféquisitolre de M* l'aroeat^énéi'al iSenrin. En 
i^^y lé parlement annula, dans des circonstances pavesUes^ 
ik 'mnri^ge de La FêHé'hàbwidt^y feligient profiès de Toedre^de 
HH^^tp; EtMn y 'e^'i64a , Sëènmwn ^ridon ,' prêtre ^ se St pro- 
Y^trtnt et voulut se marier. Une sentence dii baflli de Saint- 



9k!tJefhié4lhw/&er ki îxifef^tile c^atrâcU» tnâriag^^' <H'sft 

iiitoqtta U liberté 4e «^»éi<0«k3« ^MnMMtttiAVlt qAatttiICléKbé 
*^ tfrtide» pinrtiettliers "et rëdil dé 4>Iiiitleii ; - Oknèr TiHlMi ^^ 
HM^ 4^ ûHtéèaàme ntk pUid^ar fort sârfttiiét Mnfili (Téld^ 
queneé^ dootMt'Bcsiyyer die^ grftitd «Mfibré^^ pêkêtt^H': 
noMeeleiit» fi#u» titarOMil^Jto irfyptt tlwf iei ^tqpMS» 4ifn- 4a 
alrgniHeMt^iie fit vâldi»èe giftmé iHàgi^trftt -t « B fbMs^Irtotlt ; 
4^ dk M. i;àkm , Ssàfe di JBf q p te e am» h Ub^té deë6ttldento éfl 
BfkiUMvté dM »tiioiMi)ef3Clâ4Mres. 8Mtt'dettt^>tt'iîH>e^ittî^& 
«^ ff os ^ceiix qui fo»t fi^MiMi de loHteKgiM fPêHuàae Iré- 
» formée ^ de erowe et^qtie bott leur «em^^ -di^ M|y«lèrcfiB "Icft 
-» .piMi m^gost^ de n^Up religlett | ik ne sentpii^iiftdaie tedutt*- 
» dbé^y q/Êm qn'Hi en diseat dan^ lean prâehes et dan» leurs 
a Ih^rea de controversea* Néanntoisi, aeotetil^iiiefittof tesone 
a de scandale ci d'irréFérenee leof est iACef difee dam )é fatrik } 
a mais méiue fla «oat oUigf^s de porter hoaaieiir e« req^fr chtit 
à my8ai»oaqiillaiiec!r^ati«6yetd'acee«Hn|èd[ef)mr^e^^ 
a à la loi publique de l'Etat. Us y «ml eacofe plus obligés dans 
a lesinana^^ quîsoât ei^soi des actions 0d}Ues et tèlrteapoli^ 
^ lî^ea k leior égurd, à cause cb cétDe.profinaitktti flus>éleTée^, 
p satoôrest : Querobligatioadatmariage et ki*aaiàtelé de Tordre 
Hi ae dépendent ni de la crojaàee , ni de Jâ pétisée des partî- 
9 cala^ra^ qu'il y a une vérité étoiadle et un ordre silpérievr 
« qui doivent iétre la règle et le nvreau dO'neaacliotoav'La l^ 
«a^^èreté deootre esprit^ la IHiertide aofere^aroyttMiejeUletlibev- 
f> tinage de nos mœura ne sont pas la mesure du droit pisbMo, 
41 et ha étaUisscmenta qai eadstoicatamat éosa etmkeBtevont 
.a iqppès noua detveat Servir à laoondriltey epAêmpmB^fiïéx 
;i oillenBddeMtferie. . . • •<;>.; . • . ^ * -« <V4i ^ (i. 

a Que ai les pierres d^iin édifiée eoBsaflFéjScmtaaiaitêstaaiinfkierie 
.a bâ^crna s«d)siste en son entier^ si la « to r q u e gtàvA mpit 
a fraatjd!uB^ èsclare $■ cosiservuat la^puiasaaoe-'eiTaiiiiatiénda 

9 ï9 



( afia ), 

y» vhiide et d» Htcoaditipii » qBolqalt spit liigiCif; j^l si H^tf^H^ 
■ jttipe dok4ine fMdtuci Ctfiiu-, jparcè ^'eyé est lhip|>^ à «||^ 
».coia^'n^q«^àfl0& iiiiag»,. 1I6M dîicit^ lurdiik&ait quw 
» l'e^éciftlîm d*im cimtrat, <r«fle promesM «t d'ime obUgation» 
» ëum iMMi MoloHici^t de drail cvril^ mais dé diml luiluffd » 
•^ phn.tfiweii yw t<mtH nwlicde lariapiiideoce » ua ff Aire I|ih jr 
» pw M fromotion iwetwdr^i mméfti est atfré^ dam la hié*. 
» raifcbiii# el t'est «aiMi daii»:ltt Aiilke deVEflise » qjui^deraAt 
» Oi^ et deiwU les heseinçi» i^esi acfeia use Muiiàm tnêêtr 
» ?ette^ QM^gaM ««Midénble , unpsii^égéaltaelié àsafmr 
» loanev «1^ jptfvit; YtiMiildAiis lesUÉeses^despadieveûrV^ 
» feidre eeqiit'A»e eè^eis, M déchoir f» le fait de qui que ce 
» Mai des àTantagâ qa'il {rassède en fcitu de son otdre. U 
» n'est 1^ nea plue en aal puissance, parlechaiifiemeBt.et'Ia 
s légèreté de Ion eqprit » de se; délaoher d'nné obligation qu'il a 
9 conMMIéûf de ae lUbécer de sa promesse et de son TosuVde 
s veaooeerklaleipeisiUeetpubliqaedesaQonditien^.lorsqtt'il 
» a pris ▼olonlàireiiwK les ordres sacréi. », . 

La semeneedubiûUi deSL^Pierre-lerMoiistier fut confirmée 
par arrât du %% aoèt «64o« Ces monuments de la jnrispradencev 
et les graves discussions auxquelles ces proceâ ont donné lieu> 
puroissent à M. Berryec des'aïUoritéaimposantesVqui ne de^ 
Vrotffltt pas âlre .sansiioduence sur les eqprils , si la question se 
prâMmtoit de pm joUrs', si un prêtre prétendoit ropourtr à l'at^ 
^uratîsla pour soslîr ides 4iens du sacerdoce et ooutraicteriUHK 
riii|^. 

« Peuit*Atte5^*i£t Foraleur en finissant, pent*être fiiodtoil" 
il ) pottc eomi^ler cette discussion , répondre aux ^dHêctiow 
que Ton a déduites 9 contre le célibat dies prêtres GsthoUqocSy 
de ce qu'on a appelé la morale et la philosophie. L'humanité , 
dtt*<m, coitdamne ce frein. cruel imposé aux plus douces affec» 
'^oës de rbommej'La; loi naturelle réprouve cet engagement 
««mtreifeà htnature et à la liberté ! Ainsi les antiques et saintes 



( aea ) 

lotâ de FEgKie mnU appdëct m tribunal â« t«l ou tri Douveau 
docteur; là IXcu même est iaterrogé en ces terme! r « Quant à 
r rengageaient enrers Dieu , ma consdence me crie que le Gréa- 
• teut ne la pas. ratifié ^ quV/ a été plus indigné ^pte satisfait 
» de cette prétention de Thomme à une pureté contraire à sa 
anatfnre! !» * . ^.' 

. «^arvenue.ii ce point Umm Jiscmiiwr doit s'aivéter. Il ne 
m'appmrtîeBff pat 4e me «onstitner tëmâniireBiettt if défenseur 
des Fâpet yà^ conciles^ de l'Église catheSque qui ne demande 
pofalit ^'eipt excuse on qu'on qualkfe les Ion sacrées qu'elle im- 
peau» Je pourrQis toulifiHs.imritMineraiMc airjmàiige Fo|^on 
récente d'nii homme -qu^on n^accuseva pas de lanatisme ou de 
«ervilitë; relises, Messieujrs^ ce .qu'a dit H. de FUMlt , sur le 
célibat des prêtresy dans son liyrtJ)»jémitisme tmcien et mo- 
derne» Mais ne nous suffit-il pasrde connoitre le but de ces dé*; 
damationsy où l'ou parle si doctement de b tradition des pre- 
miers siècles du christianisme? Nous laisMtrons^nous abuser par 
de perfides élo^ de ces temps? Si des hommes affectait encore 
de regretter l'Église, prinûtii^e, et l'état /yWmiVi/des: sociétés^ 
noua savona aufourd'hui ce qu'ib Teuknt dire : une prostituée 
sur l'autel de Motre-Dame , un rôi smr l'écfaaiiud^y voilà l'efr 
frayant commentaire de leurs. théoriesi » 

Les ap{Jaudissements qui ont souvent inteirompu ce dîscoui^^ 
et.qui se sont prolongés après que l'orateur eut cessé de parier,* 
prouvent. du moins que les saines doctrines peuvent encore 
tnosiver dea auditeurs qui les^oûtent^-et ipii^lea npmbreux^ 
jeunes gens qui composent la société des Bonnes-Etudes se mqps 
tceront un jour les défenseiûrs.édasrés de la religion et de la 
monarchie. > 



• i 



19- 



f ^H ) 



^» > »Mi»» W »»»»V% W WV>>'<'V»M<»%*M<»W t(MWV|^M«M4«MiM(%%l 






IiCS FiAVOîs , histoire milanaise du XVir. siècle , découverte et 
refaite par Alexaiidrè Mavzoni f tràduile de ritalieu sur k 
troisiëme édition ; par M. Rey Dussueil (i). 

Annoncer an roman âaps lé Ménunial caAùBque î bien plus, 
«n donner l'analyse , en faire fëloge, en i*eçommaiider la lecture 

• 

k. nos pieux abonnés, voilà qui paroîtra bîenextraordinait^, roire 
même sans doute bien scandaleux à certaines gens. Gar^ pour cet 
eercaiaesr gens, c'est dbase convenue de temps imntémoriaci qu'uii 
irOman , quels qu'en soient l'auteur ^.lesniét , la' forme , Fliltèii'' 
ti<m et ie but , est nécessairensent un .livre aboimhàhle , wat 
écrit pestilentiel, une œ«vrê du démon. Que si vous leur deman- 
dez pourquoi > « parce que y répondront-lk , parce que c'^st un 
rùman /».... La réponse est docte et péremptoire assurément, et 
nous n'aurons garde d'j riépliqiter ; car le moyeu d'argumenter 
eontre des logiciens qui ont par-devers eux de si paissants iir* 
guments! Laissons -les donc de côté , au risque ce tout ce qu'Hs 
pourront penser . de nos maximes relâchées y et soumettons aux 
esprits d'un ord^e moins ^vé quelques réflexions presque 
sérieuses , ne f&t-ce que pour prouver j en passant y qu'on peut 
parler raison ^-méme à' propos de romans. 
- Certes ^ si prenant tiuijoursle mot ifomon dans sou acception 
h plus étendue», et y attachant le sens qu'j attache le préjiigé 
populaire , on enten<l4ésîgner ; par ce |^re , les réVes écrits dTiui 
esprit corrompu , dTun cœur dépravé , ou d'une imagination 
extravagante ^ si on l'applique exclusiveraeiit à ces narrations 
ordinairement immorales , trop souvent scandaleusc|s , et phis 
fausses encoae que mensongèrçs , où toujours les Ulusions sont 

(i) 11 fient de paroltre une nonfeUe tradaetion dé» Fiârcés, miu di$eoun 
^éUminaire ; et c'est celle que nous croyoni devoir recoginiander à nos lec- 
teurs. Cinq Tol. in-i8. Prix : 7 ft. 5o c. A Fark » chez Dauthereau y roc de 
Bicbelku , n« so. 



IBuei à ^ place deftréalUéi ^les &iblei9es ti^fons^ ett ven 

tiift^ tes crm^ j^$tifié« j^ lç$ patsîom , peio^ures faUdcieuse* 

d*JMiino«4^^ impossible ou cEÎnmielles 9polo|^es d'un UKMwile 

|ir€f> riéel ; si , di^n&rnpus, ce ppnt là les roiuaii^ qu'9>n v.e;^t çqi») 

damier etprûscKÎcç » paisoime pli^s que noua n'çs]^ ilisgosé ,j| 

49ppfirnierla 6eni||nce« I^ fuiiesieju^ilni^ç^Kli^qui^^nt^ue en tous 

lemps^r resprit^rle^ccmir.dc^lsfjepiiieftsf 7 ^ surtout Içsrjpr.ages 

4|tt'eçt ^ i9;i|iI|ipUs|ii|iIs OBI «ftercës sot" îesd^sières ^i^èn^wu^^ 

est un£ii4qft'^^ jlOT^ nonuner bÎ!|toiii{i»e, reconnu 2iU}oi)ird'ii# 

let avoué del0U8^ de^veux qui ont «<happié aju danger de les Ure.f 

<^ittQpiede4âix4iiù£aiequeI«Uff}ee^M^aperdu^^ A cet^gaMrd # 

ni€ff«listes^lëg^tefiiss,^édilcfl^i«^ p«MK«iftias> s^ui^un^niaiçs 

dbi^ Inirs t^ynoiguages rcoamie dan^rjeuA^s au^tbâjoses ; et c'^ 

«me di? e^ yâr&tés deTeuues k9ii«deS}| sux lesquelles un Aviglfîs 

ou un Allemand bâtiroit encore brayenaent deux om troi^ 

gr o a sos ditsaHatiops^^ istais que latons nous^gard^rona biep, nous ^ 

^dévelapper davantage , certait^.qiae^oMs sAOïines d'avance 

i^iie «dus aMt>l<Nrip«s qii0 r^p^Slev beaucoup moins' bie^^ ce 

qu'un miKer d'4cmains oi^d'anitf^tt|^:auroioiit i^t avant ^nous» 

Mais il est un autre point de yti^^softs lequel iliaut o^Asîd^é^^ 
les Eonulna , ou p^uc nHaux;4ip^ ^ iLelt des ouvrages qu'on 
jlBli<uIeaînsi«.etqu}n'oati^ec.jD9fU qp^laanovide et le bçn goût 
iiéptouvmt^ dWl^ T^I^rt.^pia le nom. Itaibaiu*eas^tiet^t 
lir^fifQ^Pi^i^ttx^ il epl ffri^,, ils n'ont pç^ipt ét^ cUsësiji 
pifft^.ftt ilS'Sb s&nt trouf)^ tout^4a f<H%canipi^dai^ Isid^o^ 
■#aalSjSto<<^inmuMiil eAyei^fi>^.^ns Ip^ g^Hiërfit^v^ 

«BflàblaUfii^ en ttia^ à «m botin£t«;b0Ési|Miq«»'^ f optan|>4^ 
BsèniB nom- qu'on ^âuriep , pattagêreit #irec lui le peid» d^.sa 
Iiia0(f9îâie irenpnim^. Ufus une iaîustke i^fiik-fdij^ U^aU) ^t 
iokijouiB' peiiff oskraj^no^ infitfptioe^ etbie» qtte.ceUe<^ jae Aok 
ique Isaténire, ce nous seiliMe tm devfl&rde la.tignalet eC d'en 
aoUkîlar la B^^aaatito» .\ . * ^ .. 

Juasp^à piéstot on a indistiMt^ioaist! fléUii.'dli M«a de 
roifurn et réprouvé comme tel, tout ouvrage d'imaginalicCn, où 



• ( «66 ) 

ntiteut fille j^ïiêer f piàter et agir \ ioa grë'ifcs j[lèMonfiagi9» 
qit! n'ont jàinait éLuté. MMgà^s^tikteiÈeêii&nïûim rigciàremié, 
Tàpolôgàe, si Aet an moraliitei est àutri Un roùiûA, et h 'm 
titré doit âoDt être proscrit ? Disons phié f la parabole , qui 
cirée aiisàifekpeftonnages et iftVentè'tëtt^ pkrcilêset leiàt ae- 
tions» la pàn^xite derra donc être qnafifiëe de ràmanf Et cè- 
péttdlit'tpd foi^Wk^dlrëf Qui bsérdit^I^ iMIi eeè 

âlKgbtie^ ^ôf&nàêSf tès^ntès'FkbléÉ^ si bettes de rètiH ; q«ie 
D?ea Ini-oÛnàe à taëoiitââii flibainie? Eofin^ ril^iidi^tt pariidak 
rbns tes fitreà dés pbilosopbet les plus attflèrat^ !Ass pins gta^te 
uioràâste^ , sate eu etcépter les' écriisihtf WlMàstiqiie» , p^« 
toat nouÉ t^olitottÉ**%ë» -poi^ahs A? Saitàiâe bu IliistcAre 
Idéàlé de persc^nagè^'inifl^nàlres^ 'ps^itottt^ en un mot ^ia 
Fictkmië^fttttdëv^iléV'Qupbiteft (H fliktbien l^aTûiiei^)> dfes- 

•cosèàteVlMt*; *- • •■' ' ■/,. • ' ' i ■ i: • 

Or, iotous le detnatodcwé ,- ce qa\>ii admll^ ,' ce qtt^im appbmdit 
dans le knorâlkte/ dMfs le philosophe; pâtr quel ilïjnste capriee 
<v«a>t-<>a lé proficrite An^leromiiAci^r; Mi, disons nâémty k 
qnd tttl^; prétëÉd^>n imMerdii^ ail romaneSer le dr<^ dfêlre 
aussi pbStd^ophè êl mondtael" ' '"-' 
'- ^Sans doute que n Pbbikme^ibîè saiis foiMeStes $ et la setiélë 
tons împérfeetiQittr/yati ti^àtirdic pas besoin ^ tnëmgcfmente , 
Dâ râiitre éb leçénsî lia Téritlî «é^ènat d'èiie-mênie, sas» coAi* 
-bat et sans eiferlii, comme pstérdH it nai^Mnee, et-pfoprse 
-lUre reconnottaneV ïaiaielr'et obtflr/ 3 tfâ snffiroit de se lnoiltiper 
dans sa chaste vadhé: Mais'il nf^en ^t pà» âinsi^ Dé» V^tif^ dn 
monde , rofjjHdli^ ^méètptié' I^bmiAe ' dans ler ténUirès. '<&!»- 
tompa et # veaglé ^ fl s'est dérdoppë en loi tue onJ>gage nsB Ém 
ceptiblUté I qui sabs èÉÎse t^ croissant en proporttdmittine dt 
iMm arengtement «I êè sa e ôiinpiim ; <Aa»t4i-dire que pin» il a 
%esoâa de retrouver k- Imttiéf^ perdue » et pins H en caÉiatla 
retour. Ce n'est dcmc que lentement , par -de longs dëtottirs ^ et 
po«»iâasi dite ¥ dèiiiHvdil^e > qu^elks p«uVenfin parvemr jus- 
qnàrhii. *' 



T • ' '1 



(»67) 

' IW Uy. «6$ fiéliottt ie tonte espèce^ qui* taiii^t «his une lotme 
ei tanldt tous ime atiU« » firbliaal^, ap^IdgiN» « M(||||frdle9 f âMé' 
gorîes y oonles moraiix , etx:. , ele% , occupent tent dé fiktce ^m 
ht Iktérutfire de 44Mi8 les peapie», et«o0t mêi^, p0iirqiiel^pif«i 
peiq^^ loatth IktrfraiiUE^e; deUy rmilifë» e| roi|.pe$ttii)oiiler 
la aéceMÎt^ de ces dëguiseiiieiils4ÎTer»iiiipoa^ àla Yérfté pour 
:la%ire accneiUir de iu>lre ÇE»U»lette ^ de Ui ao^ 
pe« appré^rfyenMtra t ^«Viat fidtifiielqiief éermiMsans pir($- 
leiitions ^ .d^^iptant pipa instmetifi qffû» lie paroka^jeatt to^Imt 
i^'januueo el dcnt^'excni^ dfvro{t imifter oena;^ à qù le Ciel 
^ 4^parti le même geie^ de tdentt à en bdxtjm' ae«ibl»ble 
«aage^à reTétir, mammfi^emf dés ftmémffmêf aonvent pro^ 
ibadea^ d*aae bammmêêMtBy ywré tnénie quelqueifal» bâdKne, 
etk mériter à leur lotir ce doux iéfm^gf^mg^ , à*vv0kt podm- 
sir entre la looange^ des hommes et leur reconnaMsanoe» et 
d'avoir mieiuc aimé.les éclairer q«e lef éblottr. 

Mai^si les iia>U)ilesses de notre eâsuv no^a veackent les fictions 
«écessair^i dlles né le s<mt pas moina non plus à la paresse de 
fiotre. écrit* Cai àmesoreqne la corruption publique' a'étend ^ 
Inaptitude particulière de l'honmieMax études sérieuses dînânne 
/daiislamÂme proportion* InsenaiblAmeirt y toute lecture gniTe» 
toute application aouiei|ue lui di^ie^t iwpoasihlff , et , pour lui ^ 
Travail et Ennui soutbientôt sjraettjsne^» C'est un état déplora- 
ble sans dontCj et un^des symptAmes les plus ialaiinants delà 
décadence des sociétés. Afaés enfin cet état est le nôtre, et ac 
{Kmirant qu'en gémir sans pouvoir lé cbangeç^il faut bien , bon 
grtf malgré , ea subir lea oond^îoiia.et en» afVlMûre ia». eu'- 
.geances». 

Or, soit instincty soie observation^ on paroti, depuis quelques 
années., avoir généralemeffit ç<Mpprîs..les besoina qui résultent 

M 

: de cette triste situation f «t dàna tonte VEun^pé^ des écrivains , 
au nombre desquels il en est d'un ordre très-distingué, se sont 

^pUqnés à lea satisfaire. On dilwstqu^J^AUemagne, l'Angle* 
tarre^ la Suisse et l'ItiUe^. se sont comme entendues à cet ég^iid^ 



\ ( «6a ) 

eVcw^l fyftm MSH W^ ftfîaji^c^ h^wre , |4iii^r«b|e ptil^â^ 

faire w liMairy^W jt tf éUi » pgmé ipfcil twigwk kfsf^iim de 
4n94i<m Ici ii}(fc» 4^r«i|isrsi fMtfneil «rokttfi àim beâWtnr 
4> traduire kun w iulît ol îi M Wi . 

jMyle for) 4teir< » et aomcDiia fod^fiiefais dHwie Awrfîtâbii peu 
comaanf. la «b^^d roQ.p0»ldiwIaf(rmléjdatsoyeli^¥lBi^ 
{M3arfmsedd'^«IÎMii^réi^^ b fidUâHé èat 

deaoipliaiiSf ki JMrqntet dVitt candèDqpaitkfdla^ 6t MrifjNnit 
àkiif» aalM»» iw nu|g « pait;piriiii kf fOBwiiikn; ftfttfglax 
eniaâitti ttoit Tgay eu pcm: ccyndant k> rliwH- 4» dmat c» 
tëgories;. Le8ttB9rVoy4uUdawqfielahaDdéB']aiigiikVbtslaîf^ 
(.0t rérildbleHiéiit on «4 tsnlé de rexonaBr 'q«à»l eà lit leàln" 
coBoevdblet mnginngw ^jaMto diâ>h« froidcmeiit dqpwdeax 
oa troi|ifliè^)9 ont ¥oiil% ponr renqpboor liet éiiSÉigiieiiiaitty 
.rajeunir wmnksSifiêtkn9Smt^i3mfovkqpti^t^ daiiÉ 

iMiJiq^igé â^gnit cça «aânu» luhMB <}iie>»iii» ne* TMbotos plito 
H^vdflr dM^.le MPfltt&pie et rotde appaareil de teùor coâtiune 
lûitoriqiie* l4t aHttcs^ jm o mw aoadwwpc» ■viblnéti plûsbetf- 
leieieiit iaggiréa à actaeaws^ afflBg<s die la froide iiîMHiciange 
yi erf4Mnite kg plastKccUeotalîrvtt de iSKMraleeide poUkkpie^ 
oa dn m^riB inM^liwptipii les vejètley ont «Btpq>vtt de «rotBqper 
lei rdpggiMinBef dft <ièJteqp<wrlWcwiiger. Sans lui csidre knÉ^ 
ginaire 9 Us se sont décidément attachés à pemdre les^gnndes 
eoèpes de la ym bonaipe^* et^à ea faire imeordr teslai^gesintits 
de iftrantAse» ces infleaiblet^entiipies^ laoovrs'^ demiàrekoM 
qa'on poisse faire ente^dig h des besmes^qt» ffepolis$êiit toutes 
lesawlresu 
Ûr> e'^ à cette daffe de somancieiiimiinlttles qùVppailicDt 



( «% ) 

ta » ^ jfKé^i^\e poiir.na|is4iD£ grandedifiduké. Cb 1j vie dont 
VaOipli ^.» àfngi/Rfffjim e|i,pottrroit*|l#oiier l'tutlsd j^ë en vue 
denû-ftage % qi^mâme tempt, an lÎTie.tf fkhe-^n bc&utéi»4|tt'oii 
fçroit. unliyj^pres^tteaiisii laiigpoiif le lou«r t'«itre ces deux 
e;()irêii]^9le4mlieu u'BSt.ptt iml^ à irouTcr. Car M'hôdsiioos 
çQi^(beiitioii& ici de montror deux jeanca^ d/mtét ▼tHagp^it, prêts à 
l'unir A «t a^iéa par k« meini^e» d'un brigmd rkke et ktiré^ 
caVMtK{iié9>cofQftie il ^anàwB d^oriSaaile^âQxiMlriei qttî lêkit nial«- 
bjNu:iPlif > jqv^adils depliii«ii(l4Ax^elirmik qiit««iit|»uim0ls} 
tn^ pa«^ l«Li^ pntfieiif^'SeGtfaviu pur riliteii^^»«Cà»e«ftnrH4 
d'iifv<trfi|iyi:$ de wiaveMi peieécoié^per ht tymnafe âeignaidsy 
enta^i^ pf^pscp^e mmié^fw h tjftêmm^ peepk^ piikÂiiii 
d^y|iFâ(|iar.k pecle^atttrf eqpiee de tjrmiiile pliois forte que les 
d^n^p^einiè^es ^quetfoefoit moi^^tnaV&mnit i-A, âieoii**iiômt 
DoiK( ^m$ bornons il œt .expo«^ , nave attrolMi » di dfet . prtf • 
0eirté4,|^4^(e0^sre];MEéf4esa«t;dé.teiH]^^^ mais leur 

enaar(a)$-i(9U3 aeulçnusuidotàoë iMieideew! 

Si , pren2tfit im ejOjMre paorti > Aoos Te«lâdiiK «atmr daéa l'exa» 
men de^ çar^ct^re^ et les «livre dax»rti|iis kntti dëvdopt^émeBts, 
quelle tâche alqn.nqus nous irapoierittnsîCat' ¥&, qudle ab<ii»> 

w 

dance^, quelle yerité| quelle originalitéi La tettle&giiffe du curé 

Abbojndio mériteroit pour ainsi direim ai^|jMe4F part) car c'est 

assureoient une des créations les plus proCg^d^écieiil^ èobnques 

du génie romaoàer. PoUron de najasance et ^Ssle^de. prolisr- 

sion, entre dans l'état eedésiaatîqoe uniquement poivr trouver 

dans UA prdre alors puissant une proteeiiyn aeis^ire deaenaéinU 

à venir, et un refuge, contre desr tm%9 ft m ' l9HM0 Ê iê i pendant 

toute sa vie il suît> sans une seule distzactîo»j cette t^Frasmique 

vocation de la j^eur. To^jauvi tcouUé dia h wb^ qu^oo nitle 

trouble I et se dçnnant un man^v^nent prodigîeiié ipoor qu'o» 

le la^se tranquille ^ k( soin 4^ son repas -hé 4te tout seposi 

^mi d(i ioust^ c'est sa devise, et taUe^vou& sa réponse d'i»«- 

bitude. Pour }ui^ le mal qui. se £nten'sUenei^ est pré£âRable au 

bien qui fçroit du bruit. Cependant « 4b^ le fond de sdacsur. 



( «7« ) 

Hteâbne loi iMéi. OtMtitaux méchaatt, il let cai«ii« «t tàM le 
iiesoîtt ittoflaitef ràrll est de la GhaûritétTan pattenr 'de dire 
du bîefe de tmt le moâide- DJins les éUbgiites doiit il est t^moiii , 
wMk ipu fferott le phit fer^ loi semble toojoars avoir raison; 
c^enÉMrtil ëfile> avCaftt qœ possiUe, dé se pronbncer , ààus 
h. €ifMÈéàt!MtHmÊféÊ..,.* sUr ieplus fort. Bans ks dtsçnssiôm 
qui iû aosic pereottneHea, il n'agit pas tnciiiis éiigemett; diei 
ii>Bceiibrif|iij(l'ea.afccotde pal : ilfât tnieM^ QieteAè^^eur» 
par là^ .«»aamv« i^lKMiMar derattlofité» Eafo i^il neHekie 
paa «M parsle, il «e risipie pàa w gelle,doiit jBn'aii» dV 
vance» pesé lar cDstéqueniceSk De la écvte^ fl i toufoon to«ir«aN 
flidë, tovtpfrévsif-^iMplé deux di^see pôuitaiit ; ses dev^iîts 
elleséTéaenientSfc llaiS'qtiàiidc^iiXrlàVflppeUent^ilseboiidbelei 
owiHnijCt qaaad ceBK-cf ^le «eaacent»' il ferme les jeju^^-etit 
se croit aiBsten^s&reté aii^ec le me^de-efatec sa eoiiscie&ce« 
'* Ici ^ prëveïioiia loie iikëprise ; et bâtons-nous de dire qtte si 
quelquW de M» leeteaft^royoit trouver, dans ce caractère, 
l'ûtteotioB <m stfi Jewetot la possibilité d'nne application în]Ur 
rieuse kla reIigion> il setromperoit étrangement^ et sur Te^pril 
de l'auteur qo'anime constamment la fiii la plus respectiieuse> 
^ sur TouTrage^lout pénétré, on peut ledire^'de ses plus bautcs 
înspiratioiir. iiennuré Abbondio n^ parott, au contraire , que 
pour fiôve mieux ressortir les sublimes figurés du moine Cris* 
^xi£aro et du satet arcberéque de MHau^ et prépara-^ entre ees- 
t«ois{MM:scai!|agea,'desiseèttes où hi foiblesse, la lâcheté, Tégolsme- 
deFimiwr?e»l^pMtr atnsi'dtre d*onibre au courage , au déviMH^r 
tnekit,^ llrfrotaK'éss deux autres; 

■ C'asrni^îne, à ^(Holre avis , tine pensée éminemment pbilbs^ 
|9iique> refigieusement parlant (en même temps qu^etle est 
une henreuMe iniq^iraliOB littéraire), d'avoir montré trois bom- 
> mes élei^'aU'Sacenloee.^ ir premier par des bleuis purement 
bumak», le aeeond par de saints désirs de pénitence 9 et le troi- 
-stème dana toute k^andeur de l'iniiocencé et par la seule impul- 
sion delà plus iardente cbarité -, demeurant ensuite constamment 



( '^7» ) 

gkie vie ^ iré^riRaift , pÉh toutes lean ^mrvet , k aoÉmot «k k«r 
prinîtiré Tècation. Hâfiite Ieç«n ai èSsiy et' cpti^montre Men 
ce que k religion liait feiire des faomiiies qvaiid ik'cibâneBl k 
ses lois et^se déirottittt k sai défense» et ce qùe-Ur ftoHMÉerloBt 
ûé U reU^ion quand ib la sonmetteiitii^leMn dféiceÉmi b ftoe» 
^âtmmttk leulrsititérêtâ; ...,. :m^ \ - .- . > . • r- r 

flW\raiy»l<Wlwfe ^ fttitew-îie aéÉyieyee4ttrtfffÉirnt ), qwè 

la - rèBgHHif èpfMnNb'iltoie toute la^puinaiiee^ et mnipeiiiifii dîms 

ÎA^ié sa ièliàritë; LV&liE««iie de cei èmm pmMmigef ^ J^ua k 

férrenri; l'atAÉé iWom^éeia j^lntcf ee^ifirinîtort «sperba&^V 

i^aiMlit deviiâtte jdôi kamble des Jiia(es> et-tont les dlsiùD cotM' 

sermit, l'andans son hitmliialioii profonde, Tape radciee. de 

set&ibitiides) et Fantre dan» sa profonde KnmiKt^t k ina|est 

laeose auà>rit^^de sa vertu f cette «eéne^'exëetii^eMniMpé» 

ftfeuvementqa'élle est conçue^ x^mik, daas sesdévetop^ftemeÉCSy 

tous les degrés d'iuf érét iet tous les gennt "de beautés» 

* Ex lAj nous ftronB une reusar^e ifA pvôuve la fittenèdeidk- 

«emément deTàuteur. II a nûs eu actku dewi konme^perrfrsl 

Vtm y htiffiàà subalterne 9 lîberlki du éeeond opè»t ianfaro* 

de dâ>atiehès ^ est plus vâm dé ses vicfes (({oanyalén de ses plai»- 

sirs. L^avtre» génie supérieur ^'a, d'un eoÉp-dPceil, weauré.jise' 

'^'(rànieiiarmèpeut descendre â»u lenal^ et en«id'ab«rdaUBint 

ié fend; là , maître sourèràin de tout ce q^fî^jinomte , de tout 

èëfiû'il j^ cc^duîtf il gooreme k perirenJilé^lNiHiineconinfeuii 

roi goureme son empire; il nellBntrien,4p%*Mèdbnte qu'ièeàt 

I^Ufeive davantage, et rfcste toi^our»aiiisi, qîietqffU .fasse , yim 

'mécbantque ses forfidtset ptiisgrsBd^i{«#sese«îmeB.iC0iMnda^ 

f un des-detnt dent se coàrerâr t ktfuet eir«foe ? lui? moine eoie» 

pable? Non ; lâche daus* le Ticê , oà ti«upfevok«iLk*covfagè4iii 

répelatit? B méurrà endurci et inp^iteat. C^est kfianéicv&ni- 

'nei qui sera tiré de^'aMoie : çax-é j «m descendu iaveêaàki»^ 



( «72 ) 

et Diw b Itti a kisrftf » afia qà'ï en iortb «B jtar t ef q«ll t 
vtil afefs ^éhne bp ase cMvr re chacsad' de tes iaiqiiîcéi. 
^ B^ a daas.iae double dàMneinelit une grande ^onnoinaner 
du eoBttr de FhDnuMf ei ww^T^lalîon bidi AwppnntQ des voiei 
iQjFtléfiènsef de la miaérÎDordeeCdelaiu^lMedivlnttr 

tkt de Uottvrage. II |»arotl sUrtotit sous nne^ foilne l<mte miffr 
âaladafaattfplMaa déiGMmde ^ iHtineabittaHlii ^mAàin^ se 
Anye rt,Kgwi>iif iiia|yé aonfimnrmontable r^pq^Mnee, «tq^ 
^ne tMMQntte ne Fj Ibtce et qu'elle n'ail qu'^» mot àdke pour 
Me f éfre paaf se oondanMànteUe^inèaM i m^pacnfiçe qu'eitoi^^ 
iMte^.ei mc^enyMSty mnc^éifie ¥ai«uiey esclave :4« sa pfiiyrç 
liberté et ▼îeliflMd'vne &talilé TeIonlake.'C0n'esl pa^ au setle^ 
dbm une eacpiîsae jnfâde qu'on peut donner, l'idée de cède Wr 
^iliàre figure d'nn |;aiire el d!an efief ^jbeulament neuL Pons I» 

. Maie Aleitondi» Manaoni n'esjpaaaeale^aentun hahile.yâa* 
Ire de poitraili. lito'enottte pas n»oinadanakrgiandb tableaux 
UèMnqnea» Baztt.edini dtf U P^He 4e ICIan a^-de j^ dis^tce^fioi 
kprécfda^ ^ mfwftre Vagrândît ; sa toucbe détient large ^ 
lnu3die;graAdio^^,fana.j^eun#<rien peidrecfipendafade s<m 
exqiiise diflkae8aiei»i<^nand il représente un peuple tout entier 
ee:.i ï in h l M attonlp^<lnfaini>e on Kri4f^cu par ia m^, ^«^.jùré- 
iBnivet'pnartaat[^n>sÉfii)it eneore queUpiefeisj car jle peîfiKre.ne 
ne boibiepaai(|tf4)leerîU^ Penfc ntm^^nl iohservateojD, Ip Êûtn^ 
(în«(nn.dans èannÉ^msia^r peni Jaisser écbappçr u^ae ff^muaf 
jsméiiqne^ ntda Ftontf i|naîeiqii^k|nel9iaaonx&i9é ôdicnle» Aini^iy 
«d^s. ees toudiéa bardnÉi> le trak fia du pinceau a'^q^evgoit 

ï\ttOKf ^ las, maarea ne eafcbent jam^ Jei personna^, ,fl^ \ef 
pnrniiientA tsetev riMstoUe;.«!^¥^-Dick.peîgi;0H^ 
ianTerwad'i<riltsManndeMtdid*>Ange> . ' 

Nods soeantes. forcés de nous ai^^tf^ j e) ffi^r!ll^ il npna en 
Matelrokà>dtre.asBtfaal qne n<|i| eu. ^w^jjâtf^ Ç^en4«q|r nous 



( ^?3 ) 

ne tennlûeront pas saut une dernière observation <mî porte sur 
la buse fondamentale des Toavragc , et qui en marque comme 
{'vitention philosqpluque , :, c'est qde, dans cett^. suite d'^ventu- 
rcfty iA paroiss^nt tocur-a^ioar ,. on simahanànenti. d^i^ «Jb^ 
de hngjamài et kUvs tkairesy «te «oUatcaïque effséa^i^tout iin 
peuple en révolte , la famine et la peste ; leitt le mal cpii ititiyt 
vièffit d'un homme (bible* ^(^tielle histoire qu'un tel roman î 

i« comt6r)0'MAH0irY. 

.'-I , • 

4 <- 

P^stcriptum. Nous n'avons rien dit du tradactear» non qnè 
sdn travail ne mérite aussi des éloges y mais p«rce qu'il ne s'est 
pas borné à traduire , et qu'il a Voulu en outre parler de lui- 
même dans un discours préliminaire phâôsopbfcdJibâ^I qu'on 
croinrft être tàt ayec des articles du Constitutiûhnelf ou dont » 
aubesoin, le Constitutionnel fouxroït faire dc»àrticks. Reii|4tre 
a>»t41 cru quiR ràiHettr ne brillerait- pas assez de «onrpropre 
éétât y et qnfîl Mkàt une ^nbte pôot^le lùce. vaMn Cese» 
roit une double bunlilité bien rare dans im tradilcfeceK 



M . • ' ''y-- '''î' . 



MSI. Belin-Mandâr etDevaux viennent dé pid^fiei*'tcife nou- 
veiïe édition de la traduction de VlmîiatiQn. ae JésuS'-Chriêt ^^ 
p|Kr M. Tabbé . F. de la Mennais , arec des R^kxions 
qui n'avoient point encore paru. Cette éditioti' ,' 'in*93 ^ hn- 
pricdiéé sûr grand raisin Véiîh' âuperfiù j''« ^ornée de cinq 
belb» gvarxûm j tiessînées |iar De^^ia ^(^pniir^è^^iMMr Delreaw f 
se rend 5 ir.., et 5 k» 5o cent^ parla eÇ)ste. L^ piêmes libraireç 
meliroitt prochainement en yeate un nouvel ouvrage du même 
auteur > iutîlttlé x Ls Giàide du. premier d^*^'un voT. în^24; 

Enmt a Cr» y et ^.b. 5a eeot. A Paris , cfaea^. Belhi-Mandar et 
evaius> me Saint-Andvé-de%-ArcS;i ]^%. .5^ ;, ^ Ji Bruxelles , 
même maison • rue, de ki ChaACeUerie» 

Nous rendrons compte de ees- deux nouvelles productions , 

2 ni semblent particunèrement s'adtêssaràla^nessfe e| aux 
ines pieuses , mais qui ne méritent pasr moinsdefiac» l'atten*- 
tion de tous les admirateurs de l'illustre écrivain. 



I 



.■■? 



•^ 



Un Israélite de Paris , fik du gi-and-rabbin et beau-frére de 
M. Draeh^ ji'est rendu à ^<>nie pour sV instruire de la reHgîon 
caC&oli(]pi<e 9 et y à i^ecii le baptême. iMou» dooïi^rons, dans le 
|^p4hj^ nuniâo^JÎgs^éta^Is quiç M,. Dracb doit nous cbmmu- 

niqiier sur cette cQfiyérniMi feai9vquablev 

t. . . 

V . ' ' ' 



,<' 1 



ftuuxnii BÎfejLioMAraïQos. ^ 



{ •• 



Oc MOIIABGAIA STIAITAU SiritfMI PotCTlFlCIS CX A«;T1S COHCILIOEUM 

, GEVERALiuif • Secoude parïie^ Brôch. in*ia; prix: 8o c.'j 
et 1 fr. pair la poste. Afignon , Séguin ^ iS»6. AP&uris, a» 
hiâÊ^KOLmMémoriaL 

Les tbéologiens qui ont lu U^/première partie de cet ourvage^ 
se procureront sans doute avec empressement la second^ partie 
oue ^o^ji annonçons, auiourd'huji. Elles ne^peuTcnt D^^^niquer 
1 une et Tautre d'obtenir l^eaucbup de succès. 

T 

Des wfHtË»% étk'n qve l«s niu» rEUVEirr emmussek , et 

P&UrCtl»AUattim»II CÉLIBAT f nES KOriPS DB sV FIXEE y ET 
DBS VOYEIIS d'y TITBE SAlUTEMBlf T MEUB AU MILlED DU HOKXIB ; 

par u^e demoiselle de condition. Avec un Disgoubs sur le 
même sujets traduit de l'italien du B. Alph. de I4guori. 
Un Tolfin*!» ; prix :' i fr. 5o cent. , et a ir. par là poste. 
Avignon , âiH^ifty i8a8. A Paris^ au bureau du Métiwtiét.' 



-i* 



Ce livré %it l»6fioeur Ir Y^rW et à la ptëtë^de rantenr; 
s'adresse particulièrement aux filés qui n'ont pas une vocation 
bien décidée 9 ni pour le mariage , ni pour la vie religieuse. 
Après avoir passé en revue, dans la première partie , les avan- 
tagés et les mconvénients des ^îffëïrens états qu'elles peutênt 
embrasser , fauteur leur expose , dans la seconde , vingt-deux 
moti& de préférer le céKbat y et leur donne , dans la troisiènÀe* 
divers mojrens d'y vivre chrétîeHnemeuty même au milieu du 
monde. Des réflexions pleines de justesse, présentées souvent 
d'une manière originale, en font . une lecture à-la-:é>is utite et 
attachante. 



( 375 ) 

Detôiss scci(sgiA9Ti<^t8 ; par P. H. Sevoj. 4 ^^' în-iti. 
Prix : 7fr. 5o c^ et par la poste, 11 fr. âo c. Beaa&çon , 
Deis f imprimeur-éditeur. Al^anc » dies Gaume frères, rue 
du Fot-4e>Fer, m*. 5. 

François-Hyacinthe Sevoy , né en Bretagne , enlra '^ns la 
congrégation des Eudîstesy y remplit avec succài diverses fouc* 
tions, et consacra les dernières années dl^vfék ie<ftnp68er 
l'ouvrage connu tout te noM^é ïfcVofr^ ecclésiastùpies.i7est]k 
résultat des conflihren<;es qu'il Ëûsoit <le temps en temps aux élè- 
ves du iaiietuaire»JLe premier volume eit une Ititroduc^tion au 
sacerdoce ; les- trois antres contiennent deux retntilesy ciiacune 
de huit jours ^ pour tes prêtres. En général , dit FdUer ^ les ma» 
tièics y sont tr^téei aVe^eKacâC^eel ao(Uéilié^ 

NowEAtr VOIS PE MA&fB 9 on Suite de lectures sur les mys- 
tères de latrèS'Sainte Fïer^ et sur les principatçs vérités du sa- 
ht pour chaque jour du mois de Mai} par M. l'abbé de Bussy. 
Un cros volume in-18 \ prix : tfr. 5o c. ; franc de port, a fr. A 
Pans 9 citex Roret , rue Hautefeuille \ et à Amiens ^ chez Carôn- 

Titet. 

. . • .... 

Le vois nx I|a&ie,ou lb mois de Mi^» conaictti à hk vIre 
DE Dieu 5 par F. La Lomîay missionnaire ; traduit de.lTtaliço. 
Dédié à Ina^ame Louise de France. Un joli vol. in-3a } prix : 
5o c. A Paris 9 chez Méquignon-Junior^ rue des Giiand-Augus^ 
tins y n" 9 ; et à Briaelles ^ au bureau db 1« :iiyi^pF|ârie médicale 
françoise. 

YiE nx SAixT YiircENT DE PiVL ( avcc un fac-similé) ; par G. A. de 
ftdboul-Berville , juge-de-paix du canton de Nanterre^ Ou< 
▼rage qui a reihpoité le second prix de fonilâtHm royale à la 
SotMiécadsoUfue des bons Hifres ffourVmusitée t9$&* Un rot, 
în»t % ; prix : 1 fr* 5o cent* A la librairie catholicfue de Bricon , 
nie du Pot-de*Fer , n'* 4'. 

Nous aurons peut-être l'occasion d'examiner cet utile et pieux 
ouvragé que la Société cathoUque vient de distribuer à ses sous- 
cripteurs. 

DOGUMEVTS Rlf TORIQUES., CRITIQUES) ATOIiOOÉTlQUES , COUCER- 

ITAUT LA COMPAGNIE DE JÉSUS* N*** 1 1 : RéponscauX Lettres pro- 
ifinùiaiss ^ pranière partie , prix : '^ fr. r(** i a : ûf • ^deuxième 



partie, i fr. »5 cent. N*". i5 : id^^ IroWémé parcie, « fr. S6 

cent. N*^. 14 'Préface de la réponse an recucaFintUcdé : 

Extraits des Assstiipns « ^q. ^ ç( ^«éXe nufomiëe des/alsi- 

Jications contenues dans ce libelle ^ i,{t*i 5^ cent Prix des 

Juatorze nuraëros r 18 fr. Chez M^^. Carié de la Ckarie^ i^ue 
6rË€<de4&*Médeciiie,ir4« ' 

La publicatîoft 4a celte coReoCk)» c^rietisc te pooisnit aeet 
beaucoup d^activité» Le ê^ i4 tte«i àa feeotlse 1 c'est» h.Botrê 
arâ^ un des pluereiaafqiiiiblee* 

Lee JbAoteb ev. rorfreneB sme Dttrft ctf tiiBR^i ^ Au^éSmè 
AkiioH^ Brœli. ïn^ ; prix : % fr. Sae« «^ I/^ JisvrrEseMtâf , 
oa LA YfiRrrB pEmàsméE ma l« Roi Bi^ech. in-^S* ; prix : .2 fr. A 
Paris, chez Dentu » ioiprîmeinr-Ijbraire^ rae du ColomlHery 
n* ai. 

• •■ . i 

ÛÊuvBïs coBtvQirrpts di» tacttRi, iradMtifm nàwfeUe , la^r & 
texte en remrd^ des variantes M des notes ^ par J. L. Bur- 
nouf y professeur au collège royal de France. Prix de cbacnie 
volome : 7 fr. Paris , iSsd-j librairie classique de L« H2I- 
cheite , rue Pierre^^irrazin , n'. 12. 

Mouftrendrom compte , dans notre prochain Numéro, de ce 
eeeend yeltiiiae ^ qui ccNOtient les derniers livres des Histoires. 



Les tdmes S-etlIde Vk cinquième édition delà ÈiïLfc de Yehce, 
coufiée aax soins de M. Drach , ont été mis en vente 11 y a peu 
de )ours*.Chez Btéquignon-Havard ^ rue des Saints-Pères» n"" 10. 



Ms DarodesdeUld^oBUe, auteur de la Clotisiave ^Mjfts a 
jB^e8i§4 vam*deuapiMl»'jéditiQnde non^osawr^gê, oà te trovWnt 
corrigées qoel<{ues«oiies des fautes indtquées dans nofiie iiHtcle 
du Numéro de février. Quoique le poème n'en ilevi^adiie pas 
meilleur , à beaucoup prè^., nous accédons volontiers au désir 
de hicftevrr^ en annonçant cette nouvelle édition. L'ouvrage se 
vend rue du Colombier , h*. r3 } prix r 7 fr. 



Fûtm à egtrig» itau Ht Numàn de Mùirs. 

Psffe iS; , ligR£ a? , ao lieu de : du nord^i mm sttd'pm^^^ Uses : du nêrd^ 
ouest au tud-est. 



XE 



"• 



MÉMORIAL CATHOLIQUE 



HAi i8â8» 

■ 

r 

Ans AUX SotsciiiPTEims» 

Messieurs les Souscripteurs dont l'abonnement eôcpire aveë 
ia livraison de juin ^ sont priés de le renouveler incessamment, 
pour ne point éprouver de retard dans l'envoi de leurs numéros* 

Les lettres , demandes et envois d^ argent doiveht être affran- 
chis<f et adressés au Directeur dû Mémorial ^ dont lés Bureaux 
«eront , à dater du i5 juillet 5 bue des Beàvx-Arts> n**. 5, prés la 
rue de Seine, faubourg Saint-Germain. 

■ . > . ^** I 

iMOClAtlCm POUB LA DEFBlTSlB .1» bX RELIGION CATaOLIQUK. 

{Prospectus.), 

■ ■ • V 

Lorsque l'ordre social est dans un «tat de crise ^ les astocia* 
^tîons particulières se multiplient^ les unes pour achever de 
détruire , les autres pour maintenir les principes conserva- 
. teurs. Chacun sent ti*ès«bien que » d^ns cette grande lutte dont 
notre siècle est témoin y les efforts purement individuels n'exer- 
cent qu'une légère influence. L'esprit d'association est une 
. nécessité de l'époque actuelle , parce que la société publique , 
. afibiblie . par des divisions toujours croissantes ^ ne se sufj^t 
9 20 



plus à eUe-même. Aussi cel esprit s« déTeloppe»t»U de nos 
JQiV^ ^yçe xine prodigi^eose dctivité. 
. Depuis qvelf lies «nnëes ^ cawiea d'gssoc^tfbm sf sont ou- 
blies pour propager Terreur , pour fomenter, en matière 4e 
foi et (le morale , c^tte fureur d'indépendance qui menace de 
tout dissoudre ! Le protestàtttisiilé , arec ses sociétés bibliques^ 
qui invitent chaque bonwoie à créer lui-même sa religion ^ a 
fidt un grand i^pel à lancrchie de» opinions , et cette anardye 
lui a répondu. Sous le nom de je ne sais quelle morale chré- 
tienne» entièrement ;S^p$l|r4e, àjçk do^pae ^.le déisme a aussi une 
société nombreuse , où tout peut entrer, même l'athéisme^ 

Toutes ces association; existent sous la protection des lois, 
et jouissent d'une pleine liberté. Potirqttoi une Association > 
destinée à défendre là i^Ugion catholique , ne sei^oit-eUb pas 
aussi légale que celles qUi rattaquént ? 

Cett^ Association doit être publique : ce n'est pas la religipn 
qui peul craindre la lumière , et ceux qui n'oseroient s'atuoer 
ses défenseurs ne seroient pas. dignes d'être comptés parmi ses 
enÊints. 

Cette société doit être générale : tout ce qu'il y a en France 
de cath(diques vraiment sélés est appdé à en &ire partie , puis- 
qu'il s'agit d'une œnvre également chère à tous. D'ailleurs cette 
tmidn «>rfigieusé oeutribntraii tsAaUir ^ ûnfm ions Its-^oM. de 
bien y cette concorde trop souvent altérée par les dissidences 
de ta politique humaineii - 

Pour bien co^ncevoir ce que^ doit faire , dans Cétat a^uel des 
esprits , VAtsodàHon pour ta défense de la Religion ô^fkoU^ue , 
il Htdi téinàrv^Y ^h lé pai^ an^i-ehvétien oombme) 4a>A «On 
plan d'âttàcpes/ detàx mdyète d'sWtfoii dis<incU> quoique tm- 
«imement Uéé 'èotte eux. Il ' s'^i^eése li-la<fofea«x passions , 
peui^ les élialter ; et Ma raison peur lapervcàrtil*. 

iVuhe part /il travainelneeséiàmmiBnt à e^citir dansée jsenur 
des peuples uhe haine fougueuse, fanatique , éônire tons les 
étabBssementiS précieux ^ la Rdigion, contre ses nùniatres^ 



ï 



f^77 ) 

-«Mire I»ut0 persMM qui* lui «tt publiquement dërouée. hf$ 

journaux de ce parti out constitué la calomiiieeB pèrmtBèoNîe. 

: Stnpit»sâ de mtoeSIU V pofârJef psëseàter ^ous'un AiinEt^dur , 

> IcwHi les faits . quft'^eurentf prêter à de^ insinuations: peiiâlib , 

> on imAk tino proTiilotace dnîinal f attentive à fournir h toutes 

ItspRSsioiisluiiaenses kttr^atflBrriCuredejdKiqiie jourw Ikn'iMBt 

pas oublié ce préef|!ie d'un de leurs maitaes t RJavt mentir* , 

Moi% pas MmidûiikotM, wag pêU'poût wi temps, ma» hardUÊem, 

' Ce vaste> système d' inqaoslutes y speAtff^Stsijeiak ' ^pTû soie ^ 
n'est j^cepemlant le inàl lë|dùs {Nrafondv Soureat les calom- 
Siies se dAwédkenS «Ues^ménes par knrs propres excès» et les 
.fessions qi^elles ont souleTéés tombent a^ec elles; Mais lcm> 
. «qpiOi IfiflteHigence jun peuplé «si «iciéb > le :désardre>est sans 
rentàdel Ce peuple jn«nehe,d'iUnsie«i en illusion y jusqu'il ce 
qu'fltse.prëcipitedans.unafahElek -i : ^. 
^•^adbiie parti hTéU(;iettxs^ttadbi«"ti4i à eorrotnpite>êttf profit 
-de Irincredulitë V tn^ii^l'^iiscsnbla.des oonnoissamees hufmaines. 
I4» ùasiadsifient l'li»taire > ^nr dérober à la génération non* 
>elle les grandes: leçons du^passé-l^atAres , fuUifint la physhpie, 
^'^sa'omHiiie.^th^pbyssotol^y lainaédedsa amoor de- h ban- 
nièee hideàse^or «usMàlisiiie^, n'NSSpirent à rien moins qu'à 
.établir: «Mr ligne des seiéneei physiqne^eontee les^ doctrines 
jnondes^Iidsreckèrches subies «ntîqnités des peuples, Fétude 
des Issues orientalcsy lesiwtatîotis des Toya^^ors sont toor- 
B^es contre là i^ligionv pair liiflB'foule de demi^saTMits ^ qui , 
s'empatant des découverte» feiiés par des hommes pleine d^un 
'Tifâf sarôir, les dénaturent e» fâfreur de léuss peUts système^ 
d^iiipiété. Tous iee* éerÎTains de' ce parti sont en travvU^ponr 
forcer hà sciences à yeKipl;^ «^^ laPoi . ffest i c«t effroyiiMl^ 
dësordfj» snrtoitt qu'il fiint remédier y pour attaquer^ le mal 
I dans. sa source :• ieër si le bras dti peuple exécute les réyohitions,; 



'.(»}«l4etered« Yohaiieà'TM|k>ti. t-. * 1 .^ 

30. 



(378) 

; st dit UB homme qui s'^ . coonoissoit , c'est lu pepttfe dfei plilb-^ 
sop)w9 qui les- prépare. 
..Le&atUques da parti aniti-€lii*élieii déurniineiit le plan qui 

..dût être sii'in par V Association* Pour répondre .«ûx besoins 
propres à Fépoqae actwlle , elle emploiera tous les moyieàs 
qui seront en son pouvoir 5 i Teffet d'encc^nrager la publicafton 
d'onrra^ utiles à la «religion <» et en génëval tons les travaus 

.désignés à renouveler l'antique alliance de la science et de la 
Foi : fonder des prix 5 assurer , par sa correspondance avec «tous 
les départements^. le succès -et ila ^propagation des livres dont 

-le mérite aura été. reconnu j établir "entre \e% écrivains religieux 
des relations aussi utiles à chacun d'eux qu'à la religion elle- 

* 

mêoie^ se concerter avec la Société des kons livres y pour 
procurer l'exécution de Y Encyclopédie catholijfue des Sciences ^ 
projet si'généralement approuvé 5 que >la plupart deis savants 
chrétiens que renferme la capitale y ont attaché leurs nomis 
et que de hauts ipevsonnages^ même étrangers , l'oi&t.hswré 
de leur augunte approbation» Ces divers objets , quelque mt- 
portants, qu'ils setient-, ne forment cependant qu'une pacde d^ 
œuvres que le plan de l'AssociatioD dpit embrasser. 

Sle portera ses regards sur Iqb littératures étrangères .pour 

.enrichir notre, pajs de toutes les lumières qu'elles peuipeiit 

fournir. Trop souvent il arrive que des«cri|s , vraiment^ntiks^ 

publiés^dans d'autres contrées, scàit complètement ignorés en 

France; souvent aussi leur traduction arrive trop tard, lors^ 

que 1^: questions qui y sont trs^itées ont fait place à des 

questions nouvelles. Ce (pp»ve incoi»réiiient cessera : VMsc^eia- 

tion s'empressera de fisiire connottreces ouvragés., de mettre 

promptement en -circulation parmi, nous tout ce que les Ira- 

irnu» dés savants 4t|npgers offrent de plus remarquable , d'au- 

liant plu^; que dans ce si,èele y où. le moiivement des esprits est 

si rapide , pour faire le bien il £iut le. faire vite. Par ce moven, 

les hommes de talent qui se consacrent à la propagation des 

vraies lumières seront sûrs 5 quelle que soit leur patiîe y qu'ils 



( ^79 > 

tnÉTttlIent aussi pour la France , cette antique patrie de la ciri-' 
lîsàlion } ils sauront que leurs ëcrits ne tarderont pas à j trou- 
T«rTaccueil qu'ils méritent. C'est airisî que nous ferons un don- 
]fie bien : en répandant parmi nous les bonnes doctHnes , mous 
les encouragerons chez les autres peuples. - 

• a Assertion s'adjoindra, ponr tout ce qui concerne les ob- 
fûA qui viennent d'être indiqués-, des commission^ de savants, 
dont les rapports serviront de base à ses opérations. ■ 

'^ Mdsil ne suffit pas d'encourager les défenseurs- de la tdigion, 
il fiint^ surtout les multiplier : car on aperçoit dan^ leurs rangs 
de grands vides > depuis qiié les antiques retraites de la piété et de 
la sdence ont été détraités par la révolution. En attendant que 
de» ^biissemënts nouveaux s'âèvent du milieu de ces ruines, 
L'Association s'occupera , avec un soin tout particulier , d'une 
œuvre bien propre à adoucir nos regrets. Parmiies jeunes gens 
qiii arrivent chaque année «À Paris , il en est plusieurs qui , \m- 
gttSM à une foi solide dés talents distingués > pourroient servir 
un jour avec succès la cause de la religion., s'ils s'y préparoietft 
ptur de longues «it profondes études. Hais , pour la plupart, la 
nécessité d'embrasser un état les jette dans une autre route. 
i'Asi^ociation recueillera ces talents naissants , leur/fournira les 
moyens de se perHectionner dans les diverses branches des 
scîcfnces; elle leur moénagèra des -lieux de réunion , les ntetira 
^ rapport avec les personnes capables de les bien diriger ; de 
sorte qu'au bout d'un certain tedxps cette œuvre aura produit 
des hommes forts dans chaque partie , et qui à leur tour en 
formeront d'autres r car il faut travailler pour l'avenir , et ss^u- 
ver au moins l'espérance. 

Un objet d*un autre ordre ^ mais dont chacun sentira aussi 
l'importance, appelle Faitention de la société. Lorsqu'il s'élève 
des questions légales , qui intéressent la religion , les avocMs'du 
parti anti-catholique publient consultations sur consultations 
pour égarer l'opinion publique 5 ainsi qu'on l'a vu naguère àr 
Toeiasion de cet apostat du sacerdoce, qui demandoit aux tii- 



C ^80 ) 

nM^yenji ^ue les.PMitîmes les plus Imiettes s'ëlaMistaoipcu &< 
peo 'd«a^ les ei|»rite ^ eUes finisseiilr bîanttef as prévaènrv loi»^ 
qu'cUcs- OBt passé ^saiis contradidioii^ C'est pourquoi H seva^ 
formé j prés de TAssocifitioii , un conseil île théologiens et de 
jnrisconsullos q«îdîsoiiteffa et traitera lès questions' de ce genre 
dans des stéanoÎMa et consoltatioi^ aoxqnda ou donnera tonte 
lar publicité nécessaire^ 

Quant ans calmnnies répandues par les; yoomanx f lamordbe 
à suirre est tvèSfsiniplew Lca-personnea ontragées sont i»ritécs k 
fsîre parmir le Jrédt exaÉî des faits à la dîr^tion de la SoGÛiH^ 
qui l'adteastra anx journanx caliMnnkteiirs* S'ils refinent de 
Vinaéiw ^ un» des sfocata de rAsaodaftidn ^ muni» d'une pvoeiir 
aaition dBa|ieason|ieS'întéiresséeB > seèa^Anvgé de les j «ontMfaa^ 
dre par la Yoie «les pootsnttes î«dieis«ve»# Ccst J'e^Mr delln»^ 
pnnilé qui le^faavdit cesastisanadescaMUes z ils savent qnel» 
plupart difls pevaonnes qu^ iostiltenit uiment mièitx se- diMUM ' 
de kmf lédamâtiona que dese jefeer 4ans ka einbaivas d'na 
procès. EUes pourront désoranis se déeliargèr de ce soin sur 
rAaMMifltiott;f et* i) est h cvoîre qâe>Fiiiipos«ttve perdra 'i^pelquo 
ekose de son audace 9 lorsqu'enfid éHe s« jetrk menacée d'taé 
névîtafcle lunièeu» 

. Le liut de l'Association , son organisatimi , dans ce qu'elle • 
de fondamental , ses moyens d'exécution, sont détemmié» par 
les Statuts dont la teneur suit. 



N, B. Les lettres, envois defomisy etc. ^ doivent être adressés 
à Ht /'Admiuistrateur de rAssociATioH pour la défense de^la 
relfgîmi catlioir^e , rui Saiht - Tromas^ u'bvfkr ^ r". 5 ^ a 
Paris. 



/ 



( a&l ) 



• . 1 ' *» 



SrATVTS DS I.'AlS0CIiT10ll POVE Ll d£i!S1IS& D|: 1,4 HJdrfOlpIf 

• ' I * 



Objet éé If Jsêcittàtùm. 
!.. 
Le bat de rAuodation est de réunir les efforts de toai les geai 

/ '• . . . ■ 

II. ■ • 

L'Association se propose particnlâèremènt les cinq objets suivants r 
1*. Elle fera composer des ouvrages utiles à la refigion et fondera do» 
f^tfat & <irt effet. 

' û\ Ëtîa préndtra, lé jpfals tAt qntl éiéf^^â^ltliB; Wttiôyëns ctéfiii^ 
eoatiolfcre suceessÎTement les td«i%utS' étrità » fèUGf^ Û fat #^^ûn , pu^' 
Uiés dans les pays étrangers , spéciaUmeat en AUemagne et en Angle* 



,^« EU«:Be4k«vgOTII.delaiiPeteciUfitf:to.fi<ist<SaloiB«Mt<^ 
i$it^9é» drtnK le^ jo^Mans .QA.é«lita 4ileloonqnM.t' MMite' k cievgé 9m- 
tonte personne onUragée à fakfon de ses principes' jrdîgleoj^* . . 

4*. flUe fera disenter et traiter par nn conseil spécial les cpestions 
légales qui intéressent la religion* 

5*. Aussitôt qu'elle aura des ressources su£BJBantes , elle s^occupera de 
fournir aux jeunes gens quolénr fgM e^ leuM talents appellerbient à ta 
défense de la reBgion , le moyen de s^y rendre propres par des études 
supérieures dans les différents ordvèb'des sciences. 

• • ïiim».,s^cp|Hu , 

Orgàmêotùm,. ' 

m. ■ - ■ •■•■:•••. 

L* Association embrasse toute la France. Elle se compose i 
i«. D*an Gonsdl génécal : U nombre des membres de ee Conseil 
«*exeédera p'w cin<|wnite ;: 



{ a^a ) 

S*. D*Ai60cléi ooirefpondanti » DMmbrtt hoBorairtt d« GodmîI gé- 
néral s 

3*. De Trésoriers chargés de recueillir les souitripUons ; 
V* De amples Associés, 

r 

Le Conseil général , composé d*ecclé8iastiqaes et de laïques , pourreît 
à Tadministration de la Société par nne Direction géniale de cinq 
membres choisis dans so^ sein t. savoir, trois ecdésiastiqaea et deux 
laiques« 

v; 

l4à Conseil général nomme son Préûdent , ses Vice^Préndenta al ses» 
Secrétaires , sor une liste triple présentée par la Direction. 

YI. 

En cas de vacance dans te Conseil général, par décès on par démisrion 
d*an de ses membres , la Direction présentera au Gon^dbl denx candidat» 
plii, antant qne possible, parmi les Associés. 

VII. 

En cas '<fe décès on de démission de Xnn des^directears , le Coasèil 
nommera son snccessenr snr une Bste de dent candidats , choiiMB paiidl 
les membres dn Conseil , et présentés par la Directionl^ 

TcraB Taoïstftiia. 

• , ' ... 

VÏII. 

Le capital de TAssociation sera formé ad moyen d'abonnements an«« 
naels ouverts dans chaque département. 

Chaque abonnement est de lo fr. Les membres titulaires et hon^ 
raires du Conseil général devront prendre au moins deux abonnemQuV^ ; 
les autres Associés en prendront au moins un^ 



( 2»3 ) 

'-—■'• , ■'■-■' • • • . 

IX. 

' • . •• . 

La Direction rendra compte, tous les trob moif^ au Gonaùi génélal 
4é l'état de FAssociation et de Vemploî dei fonds. 

Une séance générale aura lieu' tons les ans, ettous 1er Associés pilésents 
à Paris pourront y assister pour entendre le rapport sur tous les travaux 
dé Fannée. Ce rapport sera en?oyé , av«c le compte rendu » à tous les 
membres de TAssociation. 

A. * » 

L'Association prend pour patrons la sainte Vierge et saint Pierre. Elle 
fera célébrer chaque année à Paris une messe le jour de la fête de la 
Chaire de saint Pierre à Rome. 

Les Associés sont invités à réciter chaque jour un Ave Maria , suivi de 
cette prière : Saint Pierre , intercédez poui^ l* Église et pour la France. 

\ ■ • 

Liste des membres du Cosseil ge'veral pour la dépense de 

LA religion catholique. 



Président, • 

M. le ^uc d'HAvaé et de GaoT, pair de France. ^ 

Vice-Présidents, 

s. A. le maréchal prince ob Hoberloue , pair de France. — MM. le 
vicomte Emmanuel d' Ambrât , pair.de France» — Duplbssis db Gas^ 
ifiDAN , membre de la chambre dt^s députés. — Le comte db LAROcaB- 
j AGQUEuaii , maréchal de camp . 

Membres da ConseiL 

MM. lejmarquis ob Bailui, pair de France. — Le marquis de Bbauffort. 

— Berbtbr fils , avocat. — Le vicomte de Bonald , pair de France. — 
Le marquis de Brion. — ^*abbé Caibb , aumônier des pages du Roi. 

— Le comte de Gassini , içèmbre de Tlnstitut. — Gaocht , membre 
de riustilat. — Le marquis de Gohflans. — Le chevalier de Gooa- 



( 284 ) 

« 

«ILUM t géné«logiiU honorair* du Roi. — !#• marquis Atium bb 
DAimniAA » pair de France. — L*abbé DisciRBras , curé de» 
Minioiia» -^ Eaprvmr us ta, VnuboisiiR t cebflallBt à la ccnir 
royale. -^ Da Foaiioiné » membre delà ôlMmbre det députée* ^^L*abbé 
OmiBT» -^ Le comte CUmmu» mBsiativ,' eosseiller à kfc.eomr^rejdle. 
*^ Le cdml» M GoéBBuar » pair de France. -^ Di Hiui». — D'Ha- 
murciixû. db Quiacieot , eonieiUet à k.ooinr royak^ «^ Le mârqnil aii 
La Suis , pur de France. -— L*abbé LAOBKima » aamôniet dea t>iigei 
du Roi. — Laubbi na » directeor de Ut Quotidienne» — Lb Bauh , maire 
du 4*" arrondissement.. — Vahhé Magniiv , cnré de Saint-Germain- 
, FAnxerrois. — Le marquis de Malbtbsib » maréchal de camp. — ;L*abbé 
Mabdusl f curé de Sainf-Rocb. — L'aBbé M abdcbl « vicaire de Saint- 
RochJ — L*abbé db Matbiyoit, chanoine de Notre-Dame. — Le mar- 
quis DB MoHTxoRBivGT. — Le marquis db Noauxes. — Le comte Victob 
ra NoAiiXBS. — L*abbë Pbbbbav » TÎeûre- générât delà Grande-Anoiià» 
nerie. — L*abbé db Pibbbb » curé de Saint-Sulpice. — Db Poivtob 
d*Abi&goubt« — QuATBmxBB DB Quihct • membre de rinsdtnt. — Le 
marquis na BofAmo » pair de France. — L'abbé Rddbhabb , curé de» 
Blancs-Manteaux. ^ L*abbé^DB Sa^nis, anmdnier du collège rojal 
d*Henri IV. — L*abbé db Sgobbiac^ aumônier de TUniversité. — -L» 
cbeTalier db La Vibutillb. — Le comte d*UB&B» pair de France. 

■ 

Memlnreê de la Direction de l'Ai90€iation, 

t 

MM. L*abbé Pubbau» Direetettr-Génàrai* — L*abbé Dbsgbnbttbs. -^ 
L'abbé db SAxaaof. — LiinutimB. — Gadc at. 



\ . _ , , • • : ■ ■ 

I 

^Leal^Utes, que nous publiâmes Tannét) dcrpière de feu mon- 
seigneiu: d'A^iau , archevéaue de Bordeaux ,< Ont été lues ayed 
tant d'intérêt et tant de fruit > que nous jaous faisons, un devoir 
çTiuserer dans le Mémorial six nouvelles lettres du vénérable 
archevêque qui viennent dé nous être adressées , et dont nous 
garantissons également Tattihebtîcité» 

Lettres de feu mouseIgneur Charles -François d^Aviau • 
argbev£qxxe de BoRiiEAtrx; copiées sur Toriginal. 



IftHtrcs pour la démission du siège de Vienne demandée par 

N. S. P. k Pape Pie VIT. 

I<yoD, 39 teptmabre 1801. 

Se viens de recevoir le Bref que voua m^avez adressé suivant les in- 
tentions de N. S, P. le Pape Pie VU , avec la lettre que vous avez bien 
votttu y joindre , pour me garantir la bienveillance bonorable de Sa 
Sainteté , et me faire en même temps de votre part les offres les plos 
obligeantes. Je m*empresse de remercier Votre Grandeur ,. et d envoyer 
là démission que le St. Père a jugée , dans sa haute sagesse , convenir 
absolument aux conjonctures où la divine Providence nous a placés. Je 
vous supplie de transmettre cet acte , et d*agréer les sentiments r^ec- 

tuenz avec lesquels j*eî rbonneor d*être 1 ^c 

t D'AviAir. 

TuBS-SAIlfT PbBS, 

Le Bref adressé par Votre Sainteté aux Arcbevêqtiep «t Bisques de 
France vient de m'être remis,* et je le^da fin jMe boiHiiiiigt afti^^ sen- 
timents religieux et d*iuic tendresse vrs^ent paierneUe iCfa^dÊm f. a'tî 
bien exprimés. Elle-même a dicté ma réponse, en rappelant cofqiia 
disoît dan» des circonstances poiiis impérieases peut-être le grand Au" 
fostiir t Disposons de notre JEpiscopat selon qu'il sera ploi'«vaiitagc«i« 



tm. î=r: e: tuLmiimn àt TArd^vèc^ île 
,.e f -not dincr* - <: ài cns k Die «t 



^'CTU2iX- - ijm^t^ 



iatlet 



^'r'mava^^ ' ILFrrroriii 



C urzatiiiaiiM 



-^-.uurrappro- 

, — ; iu Qknfait de la- 

..^ a •stfueiWs B^ bonne 



— ite. 5ii. ^ dcman - 



t 

I 



{• a87 ) 

«fmbk atrèléé déjpai» cinq jdi«î« jMir le r<àfii» cpi* )*ai faitde placer qttatra 
«H dnq pèMonii«i quexaa^oéaiaeMnéi» a jé^s> et qna les intérêU de U 
. relîgÎQn.repoiuaent. Geoz c|id.. après weir ôgné- Ie«r adkéînon-aa'co]^- 
«ordat dans les Taes daÇautt-^î^el: cb gouTerùement^ ont d^mienti 
biànteotent cette dédacatSbn par^la «prMcsBÎoa et renseignement dès 
. erreurs que le concdrdat renverse et doîtrépaper, je ne las admettrai 
jamais sans m'ètre assoré de leur foi par nn sérieux examen do leur 
doctrine. -'' 

Telles sont» monsienr.li^Gomle, mes invariables dispoûtions. Le gon- 
▼ememeot vent des ÉTê<)ttes ; et je lui û jnré de Têtre. S*îl est pour un 
Éyêqne des -devoirs de condescendance > un courage de patience et de 
résignation, il est aussi des devoirs de fermeté et de dignité ^ reqiplir. 

J*ai, frit tout ce qui étoit en mon pouvoir; c*ost au gouverneipeDt 
d'achever son ouvrage. , et à nuH d'attendre de la divine Providence le 
eoi^ès que je demande aux hommes > ou de rester humilié sous les 
«oops de la justice. Qu'en frappant le pasteUr , die épargne au moins le 
troupeau! <• ' 

J Insère ici une lettre pour le premier Consul, et je vous prie, monsieur 
le eonseiller^d'État» delaluiremettre. « , • 

TaiThonneur, etc. 

t d'Aviau. 

. Lettre à Bonaparte ^ premier Consul , sur le même sujet. : 

^ a8 février iSos. 

GiNiRAL PBBMIEft GOMSUL , 

Si j'interromps quelques instants vos grandes occupations , c'est pour 
-attirer votre attention sur un objet qui eu est bien digne ; il s'agit du 
rétablir là religion dana le département de la Gironde , qui forme n*a 
•diocèse, et dj faire reviyre les mœurs. Lorsque je me suis vu , contre 
«non attente^, appelé au siège métropolitain de Bordeaux , et que lé chef 
de l'Église, sans égard à mes craintes ni à mes répugnances, m'a eu imposé 
^ette charge redoutable, j'ai dû oublier « pour ainsi dire, mon âge et 
ânes infirmités , pour répondre à votre confiance et pour me dévouer 
il l'immense étendue des obligations d'un tel épiscopat. 



(oa) 

Tn donc l^vaillé tins cMIbI ki ofgpaàmf bmia dtmàmiMê ém*i 
à*A6td ettipnMé.4e wchflcdMBr et mMVolbw. aa, ««iiiiMWkM^Jléitf'li» 
prête» qm.onkimaAajj éln «dmifl» .«n^cf CMiiDSiH«iiwi|c imemàm» 
mtfiîi^téet da SMa<t4Sîéy ^tdn { ^twilfeififcèmfttt cet>»liéS6t<>»» twMrtoit 
fntfiiét par llfiitii*«hh wwatage 4e Imm difpsvolÉpeieidbittti*. 

Je- ma mis tég^. mhî ni^ cob intentloni Un dreiMbl le ffUn d^Ofgi- 
'iiiwlioii>cl00MiàdîocèBctek«*ettoepI*n, Gn if«GL»«q[iiiYiéatdfètt>eldaaéi ft 
votre sanction. U^a été refonda jusqu'il trois fois sor les r^réiteiktiliotts 
on invitations tapidn comte l^ortrii* que da «oaieUfei d^ital préfet 
dn dépavtemeni dela^iron^è. Pt^s^ j[« tiertf4M'eii)elBitive} Y eaaipkle 
• apparteiim an perli eoniUtnlijMMici» mA9 eMMitfé dans l*<ttdlé, en 
snirantee q«e^ proscrit^lé: notftein eonoordati'-Onire eeilat qon h$s 
Immoralité ^Ottnne-et hwt t«yl|n]e«ee <exciaieleiil«' le* détetde sMuuk- 
tion à ee^nême eoneordat a «ds obstael^ à la tiominaliott de quelfois 
antres. Ib penv^at dire et répéter ift^jéoûmiealtlemt adhésios» méê 
c*est en ie oombattant par le*r 0ondiéte el la dèdriiie qnllt profeseent. 
Ponrrois-je^sans préjudice de mon serment de fidélité » rester indiSIreAt 
et trànqnille t«neMBt «des tonspiraAeors dmlt les maddnatiion» me 
aeroient connues ; on même pourrois-je me les associer* ' parce qo^ 
auraient prononcé ces mots : « Je suis êoumU aa gouvÉmêmeni» ? Je ne 
peux pas davantage associer k mon ministère cdui qui , indépendammeat 
d une dédaration quelconque , travaille k détruire ce que , dans Tordre 
religieux , j ai juré et je jure encore de soutenir et enseigner. 

Si vons désirez, G. P. G., qaelcpies détails eirconstanrîés » le oonseitter 
d'État Portails en a entre les mains. Je me borne ici k vofis snpplter de 
venir a« secours du ^ocèse de Bordeaux. LWbli des principes et 1^ 
dépravation des mœurs y font des progrès effirojables. Les qatii^istKies de 
k religion , sans considération , sans appui , sont réduits k uœ iKiini- 
Hmlt^ mis^retiiksfUui reétonisane âMMStiosia* fi d jimipsau f é p inas yn* -tm 
d'epccessires fotig|i«tl«i plvpwrt iMob^tdans Usléaoangemeillveéiqiiel- 
^pi^s^nns rptpuoMftt.olMu^cbiet Un aiiJe imj«irabnslanee f^ea yMtmgmu 
Çepfia4^| jOefcd^ordraa;«a9G^elAinnjiQ: Jtoit point appartetdfesenièiAs 
embtlifc l§si minores- 4^4erMnt.ii|o prétextée no nioqiwan^iehismn^qni 
.«e ftisime et n'étendchtqne jonc davantage. 

Xai cxsi\ê G* P' €L« devoifr .tvins parler aa^ft détoar-dae mfMB&de-inoa 
rfiocèsn; iMHis jeqlponvec les £ûvtf>oesser.. Adiçvez>vol^ oawag^v e^Âs 
souffrez pas plus:kifig>tefnp8:qQe leasageflk ii 



(•89) 

«mal cdUwtiiéèt. I* vont 4niftr« d« mon profc94 rcipiet^ àêwm 

JjsUre à MM. lesvic0irçif-ginéhima::du dioçèMc dis FarU. 

. 9Jom 1817. ^ 

IIOlIBDBf, 

Toutes lei Eglises de France ont d& prendre intérêt k TOtre beati 
mandement pour ce Carême ^ el à ce que vous 7 avez dit aussi éner^^ 
cjuement qu'il propos sur les notireUes éditions des auteurs les plus chers 
aux ennemis des trônes c0nime dàs autels; et ce juste intérêt n*â pu 
manquer de s'accroître par la pûblieation de Télrange lettre qui tous 
"«sir adressée swr ce sujet ,. ainsi qu*à la lecture de certains articles de plus 
^Ptt'joumal écrit dansle même sens. 

Ne croyant donc pas qu'un Évêque doite paroi tre indifférent on 

timide en pareille drconstance , Je prends la liberté de mettre aux pieds 

-dm Roi rexpresBton de ma douleur et de mes alarmes* £S cette démarclie 

m*est commune avec un nombre considérable de mes collègues ^ elle 

'f^ourra obtenir la veUgienie attention ^de jSa MajeiÉé« 

Agrées ; été ' 

t D'Atiao. 

Lettre à Sa Miyesté Louis XVIIL 

9 macs 1817. 

• • Su , . . • • . ^ . , \ 

I>e sindstres complots se manifMtisnt ^ d'andaeiéuses «t^«acÉMégli|f4^ 
Inques se fenouvellent contre 1^ jtoônei et: bs antds. Les «siprss* mâb 
kfr^^lus éangereuses même et les pâbaenmkuelles: des aùèsutv l^jg^ 
dMts.^ la. rérohedi k nmptété.^ont êtr^ WWH.k M)pprtéc de toQ(i» 
ftBa.uiassfs de lecteurs, pour ioièobsr de ïe^ contasponj^ijttm l«a &mill^ ; 
-t|.loTsqné: c^ux qui sont obligés^ par état à défendre )a religion et les 
mœurs Teûlent remplir ce devoir sacré, en dénonçant et proscrivant 
.|p€9»'.^<pti/9ns'9^GreUBement eomplëles de$|»roductions.ai^i-jchréliennes., 
lobsc^nlïse^fédîtie^as des phHosopkes VoUairc et Rousseau • nous voyou» 
en libelles hautement avoués , rt des journaux Irop fiépaodua , te rendra 



( ^90 ) 

•lëê apologiste Uftt dettemûns et de lean oainraget lieeiiieleak .<(§» 

de la pernicieuse entreprise, en centorant sivec amertume ém réetÊh 

mations n'bien motivées. 

Peut-être , Sire , de «âges et efficaces mesures sont-elles déjà prises k 

cet égard ; mais dans le simple doute sur des dangers aussi pressants « 

comment un Evèquene témoigneroit-il pas sa douleur et ses alarmes, 

et oii derroit-il en porter avec plus de confianée la naîTC expression 

qu*aux pieds do fils et héritier de saint Louis « aux pieds de son Roi très- 

.ebrétién? 

Je sois arec le plus profond respect , 

Sire, 

De Votre Majesté , 

le très-humble , très-obéissant , et 
très-dévoué sujet et serviteur , 

t P'Atiau. 



9 k 



HiSTOiBE DR Frahcb. --*. Tobleiiu historU/ue et piiiorêsque de 

Paris; par J. B. de Saint- Victor (i). 

• « 

(Septième article.,) 

La première branche royale du nooa de Valois régna ^ comioe 
la seconde , au milieu des troubles et des calaaiités. Avec Phi- 
lippe VI commence .la riT£)lité4e*la'JFranceet de l'Angle^eDere , 
TÎyalké. qui amena: l«s gufurres les pUis4é8a$treuses qui euasej|l 
•jamais dëéolë notre .patrie et lui fit subir un moment le joug 4^ 
l'étranger. Nous avons fait connoître à nos lecteurs le réntMe 
caractère des luttes qui avoieht eu lieu deux siècles aupara^!Sftt 
entre les successeurs de Hugues Capet et ceux de Gmllaume-J»- 

' (i) GhezMtl*. Carié de la Gharie, rue de l'École de Médecine , n*. 4- 
Hu tt Tol. lii-8*. ; prix, avec atlas de ai4 planches : 198 fr. Avec les plans 
sciih r (» -fr. Le titte.'8enl ; 56 ff. . 



l »9> ) 

Conquérant. Ce n'etoient point des guerres de nation à nation 
mais une scy te de guerre civile où la royauté et la féo4aIité se 
disputoient la victoire. La première avoit ^vîomphé , et depuis 
saint Louis elle ctoit bors de l'atteinte des grands vassaux. Plu- 
sieiùrs grs^nds fiels avoient été réunie à la couronne : les con* 
quêtes de Philippe-Auguste sur FAngleterre sômbloient affermies 
pour jamais : la France. tendoit, à devenir uiie inonarchie com- 
pacte , soumise à un pouvoir unique et incontesté^ si quelques 
provinces relevant de la couronne avoient encore leurs maîtres 
particuliers , le nombre de ces embarrassants feudataires dimi-* 
nuoit tous les jours : £nfin , le retour de l'anarchie féodale étoit 
désormais impossible. Mais Charles-le-Bel étantmort sans enfiints 
mâles, la succession au trône fut disputée. Philippe de Valois » 
premier prince du sang, étoit mpips proche parent du dernier 
roi qu'Edouard III , roi d'Angleterre : celui-ci prétendoit à la 
couronne du chef de sa mère , fille de Philippe-le-Bel. :Les barons 
du royaume avoient déjà jugé en plusieurs^^ occatiox^ que-.les 
femmes ne.pouvoient hériter de la couronne de France » et par 
conséquent, qu'elles ne poû voient transmettre un droit qu'elles 
n'a voient pas. La question fut encore décidée dans ce sens contre 
Edouard. Mais ce prince puissant et guerrier en appela aux 
armes 9 et l'on put croire un moment que la victoire jugeroit le 
procès en sa faveur. 

Les avantages de la loi saliqué sont évidents : une fois recon- 
nus y ces guerres de succession si funestes aux peuples sont 4- 
peii-près impossibles : la couronne est toujours' portée par la 
même race , et jamais une famille étrangère n'esfe appelée à V^fi 
saisir. Mais quelque incontestable que soit l'utilité poétique de 
cette loi , elle n'«st éaite, conkae disoit Jérôme BigQon , ifs^h$ 
cœurs des Français y ^t k l'époque dont nous nous occuponfs 
ceux qui* étûiei^t intéressés à l'attaquer ne manquoieiit p^s àt 
bonnes raispns* Dans le droit féodal la couronne de f rancc 
n'étoit en «quelque soi;tç que le premier dés ^efs np))les ; eU^ 
ctoit régie par les mêmes lois , et les lois de succession étaient 

9 . 21 



( ^9^ ) 

bien variables. Sous Pliilippe-k-Bel ^ le parlement Airjoii àA\égi 
l'Artois à une fiUe au préjudice du prochaîp mâle. Ce roi avoû 
hérité de la Champagne du chef de sa femme , à Fexdusion des 
collatéraux de la ligne masculine : bien long-temps apréâ ce 
fut encore une femme qui réunit la Bretagne à la couronne. Mais 
c'étoit une opinion antique , universelle , qu'une femme ne pon- 
vmt s'asseoit^ sur le trône de France : devant elle tomboient 
toutes les chicanes des jurisconsultes, et toute la puissance, toutes 
les victoires des Plantagenets ne dévoient pas prévaloir contre 
elle. M. de Sâint^Victor observe avec raison ique la véritable loi 
salique.étôit cette coutume, existant chez les Francs de temps 
immémorial , qui vouloit qu'on fût brasse , robuste , utile à la 
nation pour avoir le droit de la gouverner. C*est ainsi qu*qA 
voit sôus la première race, Contran, quoiqu'ayant une fiUe, 
appeler son neveu Childebert à l'héritage de son royaume ea 
lui mettant une lance à la main. La cérémonie d'élever un prince 
sur le pas^ois ou bouclier , pour lui faire prendre possession di: 
la royauté , prouve seule que pour être roi il falloit être homuxe 
et guerrier. 

Edouard III , furieux de ce (jue ses prétentions avoient été 
rq[M>ttSsées , ne cessa de faire à Philippe une guerre acharoée. 
Ce prince fut un grand guerrier et un habile politique 5 son règne^ 
pour le malheur de la France , fut extrêmement long. Des dis- 
cussions ayant eu lieu au sujet de la succession de la Bretagne 
et de celle de l'Artois , la part qu'il y prit lui donna des intro* 
dùcteurs et des auxiliaires dans le royaume : on le vit s'allier 
il tous les ennemis de Philippe de Valois , se faire contre lui 
l'appui des rebelles et le protecteur des traîtres. Jamais les 
chances de la guerre ne furent plus défavorables à la France. 
Pdursuiti par Philippe de Valois et atteint par lui près de Crécy » 
le rot d'Angleterre sembloit perdu sans ressource , lorsque la 
valeur impétueuse et inconsidérée des Français lui procura dans 
cette situation désespérée une victoire complète , décisive y et 
dont les suites f urentterribles. Rien ne put l'empêcher deprendre 



( ^ ) 

Càak , et. Ae se &îre Amk vmé pUcft^arows , d'o&Jl étAtt factb 
de coaâaire ânns qwifÉcr janrs une arMe mx pertes de Par» : 
k peq^le éUnt footf et ôiécenteot ^ la noblesse dispersée et dé« 
couraj^èe ; les caiapagnes ravagées restaient sans cullure ; le 
royanme étpil en proie à des maïuc qui depvis long-temps loi 
iétoient iaeonnw. v 

fie ari^e oaUieaceux fut suivi d'un régne pliis malheureux 
'^neore. iean c<Miimença k régner sous les plus tristes auq^iees , 
au milieu de tm^minsÊOUf de tous les droits et de l'oubli de tous 
les 4evQirs. Les FlasMuâds, les Bretons et une partie des sei« 
Rieurs Monuands intiroduismentà l'envi les Anglais jusque dans 
le eœur du royaume, marchoient sous leurs banniérea , ou les 
aidoîent de toute leur influence. Mais de tous ces ennemis inté* 
rieuivs le plus dangereux: ëtoit le roi de Navarre , Qiarlcs-le- 
Mauvais » prince qui joignoit à tous les vices du coeur toutes les 
nessmurces de l'esprit > et dont on ne peut mieux peindre la per- 
r&nké qu'en disant qu'il a complètement mérité le surnom 
odieux que lui a conservé rbistoire* <3iaque )our sembloit ap« 
porter un nouveau malheur : Tinconsidératiim et la témérité 
qui avoient fait perdre la bataille de Grécy, firent perdre encore 
celle de Poitiers , où le rôi Jean fut pris , laissant son royaume 
eft proie aux Êtcdèux^ déchiré parla guerre civile et étrangère, 
et a'ay^nt pour appui , dans de telles extrémités, qu'un prince 
sans expérience, jeune d'âge et de conseil , comme dit Freissart , 
et que quelques imprudences àvôient d^ £iit juger défavora- 
blement. Il s'aj^ok pourtant de Charles, surnommé depuis ie 
SagSp qui fut le sauveur de la France et l'un de ses plus grands 
rcis» 

fjà, captivité du roi fut le signal d'une guerre civile dont Paris 
IbÉ le principal théâtre. Cette «'-.pitale et ses habitants conunen» 
çment à prendre dès-lors une importance qui a loujoui*s été en 
augmentant, et dont les progrésrepr^ntent par&itement ceux 
que faisoit dans la constitution de l'Etat le principe démocra- 
tique. Paris ^ avec sa puissante bourgeoisie et son parlement , 

21. 



(^94 ) 

dcTènbic dant lés temp» de tfooblcs une etpèùt de ri^^iit»lii|te | 
que les phaê paiisânts ebefs de partit s'eBbieoiedt dé gagner i 
leur cause , comme décidant majonis Ixyictoire. Cesl snrtoof 
k dater de Véfoqde oà nous sommes qne l'hisloire decinte Tille 
devient celle du royaume : anasi KL deSaint-yictar > ^i îusi{iie- 
là s*est généralement borné à des considérations géniales sur 
ks premiers siècles de la monarchie y eonmience:& donner de 
plus grands développements au récit des faits et les présîenle dans 
tous leurs détails. L'intérêt s'aocrott^ la plume de lliistorien 
s'anime ; aux vues profondes , aux réflexions îadidcnscs , suc- 
cèdent des narrations pleines de prédâon et d'énergie > des ta* 
bleaux intéressants et dramatiques. Llnstoii^ des tarooiiles de 
Paris pendant la captivité du roi Jean est un ihorceau excellent : 
on voit que l'anteur s'y est arrêté avec cooqplaitence ^ fit ja 
raison en est facile à trouver. Témoins de la plus terrible des 
révolutions , »cs au sein des discordes civiles^ les bommes de 
cette époque , qu'ils écrivent ou qulls lisent Tbistoiie , fixent 
naturellement leiiis yeux sur les temps qui ressemblent le plus 
k teux où ils vivent. <}uoique notre révolution ait des caractères 
en quelque sorte incommunicables qui la tendent .seule de 3Po 
espèce , elle en a d'autres qui lui soiit communs avte celles qui 
lont précédée. C'est l'esprit qui l'a conduite , les. principes 
qu'elle a appliqués , qui lui assignent une place à p90rt> m^is 
quelque différentes que soient les causes morales et politiques 
des grands moùvenàenisl populaires, les formes sont presque tou- 
)oucs les mêmes, et il ne seroit pas impossible d'en établir la 
ttiéorie génà^ale. . . , 

Suivons donc avec M. de Saint-Yictor la marche des évi^ne- 
jnents qui sîghalèi*ent la régeiice du daupbin Charles, jlls .nous 
•feront voir ce qu'étoient lés états-^néraur ^ AoUveUe. cyréaition 
de Philippe-k-^el , qui le premier avoit appelé les d^Htés des 
communes à délibérer sur les afiàires.du lioyaume avec le cierge' 
et la noblesse. M. dé Saint- Vktor bit bien connottre les diBe- 

4 

rences importantes qui se trouvoient entre ces. assembljées et 



( a^ ) 

lés aibciiaispàrHeQpieRts gëaéi'»iix de^JatiatioB, difff^rene^ toutes 
au dësavaàtagede Famipciatle, quis les loU Gapétietts., se s<m« 
viermnt Irbp des embarras qu'elle leoi? ajoit causés i^utrefpis^ 
che^kèreuti toujours k dépouiUei'^de soailniliieuce poliMque, 
mteâa.la plus légîtîoae et la plus utile- hp tiershétai» noiiy^Ue* 
puissance cvèée par eux , leuif fit bientôt voir U>u% ce qu'elle 
avôit de dakigereux, lorsqu'elle u'était pa^ contenue par des 
iiiAuenoes supérieures et qu'elle étoit bvr:çe à ses caprices ou 
phitât aux impulsions des factieux. Les Etats de i335 étoie^t 
une aasemUée à-pe»oprès diémocratiqH.e > car la' noblesse étoit; 
aiarsj sans crédit. Écrasée k la bàtaîUe deCr^cy^ la.dé&ite de 
Poitiers aToilàcbevé sa ruine» Ceux qui n'y aToient pas été tKiés 
on pris étoiient l'objet du mépris du peuple^ qui les acousoit 
d'^iiroir abandonné le roi. Les États , aii lieu de s'occuper des 
uiayens de subvenir aux. circonstances malheureuses dans les- 
quelles on se trouvoit, c6mi|iinicèrettk.par se.pl^dre de l'ad^ 
mmistrallon : Us denfuinâièreiil l'àn'estation de plusieurs servi- 
teurs dit nM y la mise en' liberté de. Charfesrlfi-Mauyais , eoèn la 
formation d'un conseil de régence » pris parmi eux, et sans 
lequel ie dauphin ne pouuroit vien exécuter. Ce prince ayant 
pris le parti de les dissoudre , le peuple témoigna un mécon* 
tentemeiit que vint bienlàt ^gmenter une ordonnance qui al- 
téroit la monnoie , fâcheuse , mais seule ressource qu'on put 
employer. Partout ou les passions populaires sont en mouve- 
ment / il se trouve des hommes qui s'en emparent et les diri- 
gent en les flattant. L'homme qui sut alors prendre le plus de 
crédit sur les Parisiens fut Marcel 9 prévôt des marchands. Le 
daupliin et son frère ayant traité, avec lui pour lui persuader, 
d'employer son influeiïce à rétablir Tordre , il fut sourd à leurs 
propositions^ mais , jugeant qu'il pouvoit mettre à profit un 
semblable incident pour accroître encore spn influence , il alla, 
^n sortant de 1 entrevue qu'il avoit eue avecles agents des princes , 
apprendre au peuple tout ce qui venoit de s'y passer.. 11. y eut 
aussitôt lOi soulèvement général ; les boutiques furent fermées , 



( ^flfO ] 

Ut ouf rien ccttereni leurs trai^anx ,' U» bourfeéU prirènf fe^ 
armes , et Toii fi'eâleB^ pk» de tous celés que des injures et 
des meiMHres contre le gouve^emént^ Oa n'avait pas de troupe» 
» opposer k ce peuple i^vdle , et ce fat uuc «éeesritë dé céder 
pour 1er' ttemeat à Torsige^ « En consëquenee, dit tL de Siûit- 
fietor , le dsuphin se renfit le lei^emmi an pelais ^ et là ,> en 
présence de Marcel , il annonça la sc^ressinn de la neuv^tte 
mdnnoîe et le patdon da ttonnhe de la.TeiUe. Derenu pins an« 
daideu par cet acte de condescendancse^ le prérit des itor- 
eliands demanda de nouveau la proecription des ser.titeurs du 
roi ; qvtîl ttfoit rendus les objets de la liaine pcddique , ajou* 
tant i cfelie demande celle de la confiscation de leiirs inâis et 
d'une seconde convocation des ^tats-géuéràaz : il fidiùt anooie 
consentir à ces demandes séditienseSvCe fut dans cette a i ^i fc SË ' 
blée ifne Faiitorité déjà si cbancdânte du daopkin reçut les 
derniers coups, lin nouveau conseil lui fut donné , compoeé de 
trente»sîi membres tirés du sein des Etàfts > et il n'est pas besoi n 
de dire que Marcel fiit le prenueir cKoisr. Ce conseil eut l'admi- 
nistration des finances , la conduite de toutes les affiikes ^ et Fou 
ne laissa au li^utenant'générnl du royaume d'autre marque d'au-' 
torité que la triste prérogative de consacrer les délibérations^ 
absolues de ces insolents conseillers fkr une otdonnahce publiée 
en son nom. Il avoit été déddé qu'on lâveroit un subside pour 
ibrmer une armée ; il fut arrêté qu'eux seuls pouvoient en dis- 
poser : sur leur demande, les deux cours supérieures du par- 
lement et de la chambre des comptes furent dissoutes , et il» 
créèrent eux-mêmes tm nouveau parlement qu Us remplirent de 
gens dévoués 'a. leurs Volontés. Tels furent les premiers excès 
auxqueli se livrèrent les factieux pendant la tenue des Etats , et 
Robert lîecoq, évéque de Laon^ l'un des plus emportés d'entre 
eux, termina la dernière séance par un discours séditieux qui 
prouva qu^ils ne comptoieut pas en rester an point où ris ctoient 
parvenus. » 
Rien n est plus aveugle qu'un peuple livi:é à des chefs de 



( ^7 ) 

pafii » et set passions lui font al^rsotibUer jjisqu a ses iatëréts^ 
Ujm lettre à^ roi ayaat annulé tout ce qu'ayoieçt fait les Étal^^ 
«t notamment, la levée dn subside , la po|»iilaçe s attroupa et 
demanda qu'il fût levé» avec une lureur qui n'eut été explicable 
que si. on eût voulu le maintenir et q^'eUé en eût deuian4é la 
si^ression. Bientôt après ^ Marceletsesparibans ayant répandu 
le bruit qu'on rassembloit dans les environs de Paris defs troupes 
destiné,es à occuper cette <^ilale>, Iç peuple , saisi d'une terreur 
pajaique^ entreprit.. le travail immeiase d'acbeyer les nouvelles 
foi:ti&cation$y dont rolrjet étoit de rei^&rmer dans la ^vîUe une 
pattie des faubourgs r ou acheva, en peu de joui*s des travaux 
qui en temps ordinaire auroient demandé .ç|es années., tra- 
vaux que ce peuple avoit refiisé de fair^ qttel<pies années aupa- 
ravant^, lorsque Tarmée anglaise, campééi à .Pjpiss; , ni^açwt 
d'^Kger Paris, parce qu'il falloit aV^re un « certain nombre 
dp maisons^ au détriment de plusieurs particuHçrst» Cesmesurcs^ 
ei^i^remes' contribuèrent toutefois, contre toute attente,, à afijlBr-r 
mir l'autorité du dauphin. Les factievix avoient suivi la marche 
i}es. démagogues de tous les temps et de tous les pays, enivrant 
le peuple de vaines illusions et lui donnant l'espoir d'une félicité 
Jusqu'alors inconnue. Ils perdirent leur crédit^ comme l'ont 
toujours perdu leurs pareils, par l'impossibilité de réaliser ces 
chimériques. promesses. Le dergé , la noblesse, plusieurs dépu- 
tés du tiers-ordre s'étoient dès l'origine séparés d'eux : le peu- 
ple, écrasé par le subside, voyant le frère du r#de Navarre 
faire des courses jusqu'aux environs de Paris et les ravager spus 
ses yeux , commença à ouvrir les yeux et à abandonner ses 
idoles de la veilie. Sentant qu'ils étoient perdus s'ils ne se don- 
noient un chef dont l'autorité fût assez grande pour les;proté- 
ger et les maintenir , ils jetèrc^^t les yeux sur le roi de Navarre. 
Ce prince , s'étant échappé de sa prison , entra bientôt dans Pa- 
ris aux acclamations d'une population immense , qui voyoit eu 
lui son libérateur. Un discours adroit et éloquent, que le prince 
adressa; du haut d'un échafaud, à plus de di% mille pcisonnes, 



( 298 ) 

ra<nuna toutes les paission». Le iroï Ad Navarre et J^tarcelj fôïû» 
tle l'appui de la^ multitude , arrachèrent au dauphin le traité le 
plus avantageux pour eui : le dernier article étoit que les pri- 
sons seroîent ouvertes pbu^ en laisser sortir toui^ les ttialfaiteurs , 
» larrons , meurtriers^ voleurs de grand chemin, latfô^aires^ ra- 
» visseurs de femmes, assassins, sorciers, empoisonneurs , etc. » 
On trouva bientôt deTerapIoi à cette honorable dientèle. Mar- 
cel commença par donner à son parti un caractère â*inâëpen- 
danee et de révolte ouverte : il fut contenu que tous ceux qui 
suivoient la bxmne cause prendroient iin signe visible qui pût 
leur servir de ralliement j cVtoit un chaperon, mi- parti de drap 
rouge et vert. On ne vit plus dans les rues que des chaperons 
mi-partis, et personne n'osa ^plus sortir sans ce signe de salut. 

Cependant le dauphin, dont Pesprit et le caractère se for- 
moîent au milieu des orages populaires , Inttoît avec force contre 
les factieux. On le vit ransener à lui le peuple par des discours 
pleins de franchise et de noblesse. Mais TefTet produit par ses 
paroles ou celles de ses aims étolt bientôt détruit parles haran- 
gues violentes de Marcel, et la multitude, toujours versatile, se 
laissoit entraîner par Timpression du moment. Les ambitieux 
qui cherchent a parveùir au pouvoir en soulevant les peuples, 
ne manquent jamais de les pousser à quelques crimes atroces, 
pour les compromettre en quelque sorte et leur ôter, avec Fes- 
poir du pardon , toute idée de retour au devoir. Le prévôt des 
marchands , ayant rassemblé une populace armée et nom- 
breuse, se rendit au palais du dauphin. Ces furieux commen- 
cèrent par immoler Tavocat-général Renaud d'Acy^ qui se trouva 
sur leur passage, puis étant enti'és dans la chambre du prince, 
ils égorgeront sous ses yeux les marécliaux de Champagne et de 
Normandie. Lui-même courut risque de la vie , et Marcel dut 
lui mettre son chaperon sur la tête pour gage de sa sûreté. Il 
fallut que le dauphin donnât son approbation à ce qui venoit 
Je se passer, toiU s'étant £iit, comme disoit Marcel, par la vo> 
iontc du peuple. Les (cictieux, par la crainte quils inspîroicnt , 



(^ ) 

étoieiii'mattres it9 d^Kbérations dès états-g^éraux r les yexa- 
ftiotts et' jtes af&OBts de ttoùte espèce itoièntprodigtiés an dau- 
phin :'8es moindres résolutioiis' ëtoient contrariées , ses moindres 
démarches observées, ff i^oliit de secouer C6 joug odîeiix ed 
quittant Parfe pour n'y" rentrer qu'en' itiaître. Ce dessein fut 
conduit avec adresse. II se rendit isecrètement h Compiègne , oi\ 
îl se tronva bientdt à la tète d\më petite armée qui grossissoit 
tous les jolir$;Les factieux effrayés rappelèrent k roi dé Na- 
varre 9 qui sVtoit éloigné de ^aris, comptant sur Tes extrémités 
où ils se' trouveroient réduits pour s'empàt*ev par leur moyen d« 
la capitale et peut-être de ta couronne de France. Sa conduite 
vis-à-vis d'eux fut un chef-d'œuvre d'adresse et dei perfidie 5 il 
amena les choses au point de JFôrcer Marcel et ses complices à se 
remettie entièrement entre ses mains. Après avoir dépouillé lé 
prévôt des marchands des trésors qu'il avoit amassés^ il lui fit 
perdre la faveui' populaire^ en l'engageant dans de fausses dé- 
marches. Enfin, détesté de ce même peuple dont il avoir été 
l'idole, Marcer convint de livrer la ville au navarrois et promit 
de le faire couronner roi de France sll vouloit le protéger lui 
et ses amis contre la colère de ce peuple détrompé. Mais ce com- 
plot fut déjoué au monient de son exécution : Marcel fut tué 
lorsqu'il ou vroit une des portes de Paris aux troupes du roi 
Charles-le-Mauvais. Les fureurs populaires s'exercèrent sur ses 
partisans». et presque aucun n'échappa au supplice. Quelques 
Jours après le dauphin rentra dans la ville soumise et repen- 
tante 5 au milieu de mille cris de joie. 

Lorsque peu d'années après ce prince monta sur le trône , il 
trouva la France au dernier degré d'abaissement. Les Anglais 
ctoîeut maîtres des plus belles provinces 5 les peuples ctoient 
ruinés, les campagnes dévastées, l'autorité royale avilie, les 
troupes découragées. Mais Charles avoit été élevé au milieu des 
lroubIcs> et il avoit i\i mettre à profit lesleçons dé l'expérience : 
le malheur avoit mûri son esprit et son caractère. « Ce fut, dit 
M. de Saint- Victor, par une faveur spéciale de la Pio vidcnc«*'que 



( 3oô ) 

U France obtint on cfa«rd*ùnc prudence autsî Gamùvàiméef 
esprit aussi ierme et aussi pénétrant. Ce n'étoit point un princ^ 
guerrier; la foiUesse de sa complexipn et le^ infirmités dont il 
âoit accablé neluipermettoient pas fes exercices mili^ires j, 
et jaoMis il ne parut à la tête de ses armées. Haia , tandis- que 
dans le fond de son cabinet il méditait des pbns.poui: le bon- 
heur de son.peuple et la gloire de son règne, un général, le pW 
liabile de son sièçle> et qu'il eut l'adresse de s'attacher» ks,exécur 
toit avec le plus rare bonheur. Qui ne connott Ica» faits ^V^vi^ 
pres<{ue Ëibuleuz de Théroïqoe connétable Dugnesclîni, et cette 
suite non interronif^ne de mtpireaqui rendirent à la France 
presque tout ce qu'elle avott.pei*dn .soua Phili{^ de Valois et le 
roi' Jea|i ; la fin du régne d'Edouard, ptlssi malhenrense qjie le 
cours en â voit été- heureux et brill^mt : tant de merveilles opé-* 
réesensix campagnes, et Charles, dans cinq années de paix j^ 
ramenant l'abondance au seij^ de ses états, rétablissant Tordre 
et la prospérité dans ses finances , se créant de&armées valeu-^ 
reuses et disciplinées... ••• Çoi^ ce règne ^néinora^le, Ifs lettres 
fleurirent, l'agriculture se ranima, et si leGel eût accordé une 
vie plus longue à uq si grand roi, il est horls de doute que les 
nialhears aflreux qui désolèrent le règne de son succe$seur ne 

seroient jamais arrivés. ». 

R. 

' • ». 

. • 

4 

SUR Lk ClVILiaATIOIf. 

I (Troisième article.) 

Sans la religion , nulle unité , nulle harmonie dana les doc- 
trines^ sans la religiou ^ nulle uni(,é, nulle harmonie, dans les 
institutions. Vérité méconnue , mais non effacée denos intelli- 
gence^'^ 

Quel est rhomme que la plûlosopliie ancienne et la philoso- 



( 3oi ) 

jAioQ moderne ont, d'un commun accoi^d^ proclamé le plti» 
iag«despli3o8opfaes? C'est Socrate, cest le maître dn dmn 
PkUùn. Il avoit compris que la défiance de soi-même est le prin- 
cipe de toute scîenee. Persécute pour avoir enseigné des féritéa 
qui soulevcîent l'orgueil des sophistes, il mourut pour rester 
fidèle à ses doctrines. Ainsi la sagesse humaine ne s'est jamais 
plus manifestée que dans celui dont renseignement et ^exemple 
eurent du moins quelques t^its grossiers de ressemblance avec 
la doctrine et la rie de l'Horame-Dieu. 

Cependant , ceux qui applaudissent à une foH>le image de la 
▼érité ne peuvent supporter l'éclat de la vérité elle-même} la 
Sagesse pat essence les éblbnit, tant la divinité de Jésus brille 
dans son humanité ! Nous ne pouvons fixer la lumière du soleil; 
il en est ainsi à bien plus forte raison de la lumière incréée ; 
plus l'orguôl la fixe'insolemment^ plus il s'aveugle : l'humilité 
seule la reçounoît^ et, baissant les regards , elle la voit répandre 
ses bienfaits sur toute la société. 

Toutefois liette Divinité toute-puissante est empreinte dans 
l'âme dé celui qui la nie comme dans l'histoire des sociétés qui 
l'outragent. Il n'est pas donné à Tbomme de mécoxmoitre la 
vérité au point de détruire sa propre intelligence. Une orgueil- 
leuse raison peut blasphémer la vérité dans sa présence méme-j 
die peut nier le Dieu vivavt : elle est forcée de lui rendre hom- 
mage dans ce qui précède et dans ce qui suit son apparition sur 
la terre. Ainsi elle n'a cessé de louer Socrate; elle admire le 
génie des Pères de l'Eglise , et ne voit pas que la gloire de ces 
grands hommes remonte touteentiere.au divin modèle dont ils 
ne furent que les commentateurs. 

L'Église ne se forma que lorsque son chef eut souffert la per- 
sécution pour la doctrine qu il avoit enseignée, et soufibrt jus- 

■ 

qu'à la mort. Ainsi, lorsque les repréitentants du souverain Maître 
eurent développé les principes de tou ter civilisation posés par lui^ 
et les eurent scellés de leur sang , alors commence la société 
chrétienne* Tous les peuples accourent des bouts de la terre ; ils 



( 302 ), 

croient cottquéi'ir le iiUMide^ et conquis eux«méiaes par la ^é-- 
YÏhé , ils'vieniiciif venger le sang desmartyrs^et fouuer lé'Saiat 
empire de Jésus-Christ. Après utie longue agitaticMi^ dont ik ne 
diéiâêlent point la cause, ib se reposent enfin eC reçoivent le bi^ 
tème. G'est.le ^îgne inystërieuz qui les initie A la miUsalion« 
Sous Gfaarleinagne , la société chréticsine est ccàfirmée dans la 
Foi : dès-lov&elle ntarche avee assurance dans la voie lûmineiiée 
ouverte devant eUe. Jeune > pleine dé foi et d^une noble ardeur» 
elle accueille avec avidité les^ vérités généreuses , les sentimenta 
magnanimes qui lui sont inspirés; elle se dévoue au s^viçe du 
Gliri^t, Tout animée d*entliottsiasme pour la défense de Téten* 
dard sacré qui a été confié à son honneur^ partout laborieuse 
année clirétienne repousse les ennemis de son Dieu et tout à-la* 
ibis les ennemis de la civilisation. Tant qu'elle marehèrasous là 
conduite d^i Lieutenant du grand Roi qu'elle adore ^ ello sera 
victorieuse, invincible. Les lois, les institutions, les monu- 
ments des arts sont inspirés par l'esprit de vie qui anime le corps 
social, et rendent ta Foi visible $ur la terre. Touit tend à V.ordre 
dans la société , et des oildres divers sont appelés à l'y établir ; 
ordres religieux , ordt*es^ guerriers , ordres civils : car les corpo* 
rations^ et les constitutions des communes sont des ordres domès* 
tiques et civils , comme les ordres de Saint**Bernard , de Saint* 
Jean-de-Jérusalem sont des corporations religieuses el mi&airês. 
Toutes les institutions ont un même but , la perfection de 
l'homme , la perfection des familles dont les ordres religieux 
préparent ou achèvent lés vertus , et que les coSHnunes et les 
corporations unissent entre elles. 

Sujet digne des plus nobles méditations ! Lorsque le christia* 
nismc apparut sur la terre au milieu de la corruption du paga* 
uisme^ il commença par constituer la famille, élément de la 
société; il sanctifia, il divinisa, tn quelque sorte, l'union de 
répoux et de l'épouse , il en fit Tinuge auguste de l'union du 
Dieu Sauveur avec sou Eglise. Elevées à nue si haute dignité , 
It^s familles chrétiennes fut enl douées d'un^ puissance qui triom 



plia détours les litreurs tlu pâganiiine ^expi^ant. Seules 'elles 
^ormaieiit alo^s y sons la direclibii da souverain Pontife> la sotîété 
renaissante. Ehfin le christianisme pénétre de ses lamièves les 
rois «t les peuples; alors rÉglisè constitué fés-grandes fiimilles 
de» natioit$ comme elle avait constittié les familles particulière f 
olle onibithe' les rois> et consacre Tunion de leur pouvoir avec la 
sage liberté des peuples. Ainsi la société se forit^ef par degrés^ 
^lle suit la loi naturelle et nécessaire de tout développement. 
(Tout ce qu'il y a de vrai , de grand , de bienfaisant dans la eivi- 
lisation est dû. visiblement à la direction et à l'influence tqute- 

puissante de la Souveraineté spirituelle. Les désordres qui ëm- 

• 

pèchent la société de parvenir à sa perfection^n'ont d'autre cause 
que la révolté contre le Pouvoir paternel qui a été établi par 
Jésus-Christ le suprême rdéfenseur iiu droit et de la justice sur 
îa terre. Si les hérétiques troublent la'paix de l'Eglise et tout à- 
la-fois la paiK des sociétés , c'est qu'ils n'ont pas assez captivé leur 
esprit sous Tobéissance de. la Foi, pour comprendre qu'il n'y a 
point de vérité hors de l'unité de doctrine ^ point d'unité de 
doctrine horsi de Fùnité du pouvoir chargé de la maintenir. Si 
les grands vassaux sont infidèles^ à la mission qui leur avoit été 
donnée de conduire les peuples à une sage liberté par la reli- 
gion , c'est qu'eux-mêmes n'ont pas été assez' civilisés par Tesprit 
d'humanité et de charité du christianisme. Ces rois^ ces empe- 
reursy qui luttent si violemment contre le pouvoir du repr^ur 
tant d'un Dieu de paix , lie soiit pas moins les ennemis de la 
liberté des peuples que c^ux <ie l'autorité bienfaisante qui veut 
les obliger à la respecter. 

Vous qui trottvezfôible et aviUssante la soumission des rois et 
des peuples envers lé souverain Pantife^ âmes -trop fières pour 
vous humilier sous la puissance d'un prêtre y diies«ioi, que de- 
mandez-vous aux institutions que vous invoquez sans c^se? 
N'est^e pas' la protection de vos familles j de vps propriétés ^ 
de votre honneur 7 N'est-ce pas la libre jouissance de tous les 
biens que la Providence a départis aux hommes? Vous voulez 



(M) 

la \Mié, la justice, Tordre, lapaix , en un mot TOUft voukff 
que la liberté du bien $oit prôtëgëê contre toutes fesùe Utr e piiaii B l 
de^ la liberté du mal> d« b Ikende. Que demandez- vdue donc, 
sinon le règne de la Loi que FEglIse est chargée d*enseigtier et 
d'interpréter? Les seotimeutt qui vivifient les fannUes, les cor- 
porations et les empires eux-n^émes naissent des relations de 
douce autorité et de confiance filiale. Ces relaâonB^ l'Ëglise 
nous les fait connaître dans leurs principeè ; ces seiitinients ^ 
l'Eglise nous les inspire dans toute leur pureté , elle bous donne 
la force d'y rester fidèles. La paternité, va ainsi s'étendant et 
remonta essentiellement ^ par l'intermédiaire de l'i^Use^ jus^ 
qu^(i celui de aui toute paternité descend dàn$ le Ciel et sur la 
terre (î). Comment ce grand Dieu n'anroit41 pas acheré-aon 
ouvrage? Lui » Vauteuir de tant d'harmonie > n'auroit point «ooSf 
titué l'uniTE visiBLs par laquelle les bienfaits de son autorité 
descendent au milieu des ^ociét& humaines? H a établi son 
représentant sur la terre, principe et vie de la bâi^archie qiyiri-' 
tuelle, et^ par c^tte hiérarchie, principe de toi^it ordre social; la 
Foi le proclame, l'expérience le confirmé ^ la raison aeule l'in* 
dique, la vie de toutes les institutions prend sa source dans ce 
pouvoir 4]ue nous appelons par excellence du nom de Père, 
sublime pouvoir qui embrasse les pères et les enfants dans les 
étreintes du même amour. Que ci;aîgnons-nous du Père com- 
mun des fidèles ? Sans cesse nous traversons le pouvoii; et la 
liberté, incâfpables de nous arrêter ni dans I'ujq^ m dai^ l'autre « 
k souvierain Pocitilis est le lien naystérieux par lequel ils a'unîsr 
sent; il s'oppose à la licence de tous et à. la licence d'unsejul; il 
protège à-la-fois Tautorité et l'obéissance ; il surveille toutes les 
doetrities qqi se répandent. dans la société j)our jugerai elles 

sont ^ harmonie avec le principe divinjou si «Ue$le blessent et 

' , ' ' 

en altèrent l'intelligence. La liberté parfaite eonài&te à penser, 
à agir de «pn propre mouvement et sans obstacle^ conformé- 

' r 

(i) Ex quo omiiis paternités îo Cœlis et in terra nomîaatur. Bp' a<f 



{ 3o5 ) 

Rfient \ sa natute. La Foi tit>us donn« la pleine Bberté de Pintel- 
lîgence; Tespérance et la cliarité^ la pleine liberté du cœUr. II 
est le protecteur du libre développem'ent de nos facultés , le 
pouvoir par lequel notre âmè obéissante entre en possession 
d'elle-même, le pouvoir qui nous donne ce qui le constitue lui- 
même j/oîy espérance , charité. Aussi est-ce contre lui que se 
sont élevés dans tous les siè<!les. la violence et Phjpb'crisie , Tor- 
gueil de Tesprit , rorguéit de la puissance , et Vôrgueil des pas«* 
sions voluptueuses €ï crUeîles. 

Et c'est ce iierhier orgueil , de si basse Gxh*action , qui tou« 
jours est la cause de nos plus grands égarements. Poussés* par la 
révolté des sens, la raison individuelle et la puissance publique 
repoussrent la Souveraineté sfpititueHe-: elles s'unissept, en quel-' 
que sotte , pour établir la division au milieu de la civilisation 
chrétienne. La raison licencieuse établit une entière divisioii 
d'avec le Saiiit-Siége. ,La puissance licencieuse tte proclame pas 
d^abord une séparation aussi absolue , mais éÛé nfiéconnoît 
l'unité , et son action désordonnée croissant toujours , elle dé- 
truit successivement toutes les institutions de la société^ et va 
enfin se perdre et s'abîmer dans un même gouffre avec la licence 
des doctrines. C'est une conséquence nécessaire de l'unité par- 
faite établie pat le Dieu sauveur. Vainement les peuples établi^-' 
seAt une sphère d'actions qu'ils déclarent purement temporelle ; 
toutes les actions temporelles des êtres intelligents ont un prin-* 
cipe intellectuel et moral , et tous les principes moraux ont leiir 
unité en Dieu , vérité infinie. Par une seconde création pins 
merveilleuse que la première, Dieu a reformé le monde qui 
périssoit sous, le poids des erreurs et des vices; il a établi au 
milieu de nous une société toute' pénétrée de ses lumières; il a 
constitué à la tété de cette société un représentint visible de 
son infaillible sagesse. Gardons-nous de diminuer le don magni- 
fique qui nous a été &it par un Dieu si étroitement uni à notre 
humanité; il n'y a point de division , point de sépara^on là où 
Tanité a été si fortement constituée ; et comme la raison séparée 



( 0o6 ) 

«jki centre de lumière ne «auroit éclaîrer.rhoiiiine. individ^aelj^ 
^Ue n'est .pas davautage râine de la société. L'unîo9 de noSr 
ficultés en nous-.mêmes , Tunlon des hommes entie eux ne naît 
point des. systèmes et des passions qui divisent : Tunion naît de 
runilé. ' . . 

Séparés de Tunité spirituelle , le pouvoir temporel^ devenu 
tout humaiÀ, dégénère en despotisme ^ la liberté dégénère en 
licence* Chose digne de remarque » les institutions présentent 
dans leur corruption successive la même gradation quelles 
avoîent présentée dans leurs développements. Le désordre se 
produit dans un ordre lo^que^ si je puis .parler ainsi. Le pou« 
voir royal 9 qui le premier aveit hautement repoussé la direc- 
tion de la Souveraineté spirituelle ^ altère , corrompt, détruit 
enfin les institutions qui lui sont immédiatement subordonnées « 
et à son tour cellesrci corrompei^t et détruisent celles qui lesuî* 
Vent. D^abord.la licence des actions est réservée à un seul. La 
royauté la réclame comme. xin»pnvilége et s'en emparp comme 
d'un ornement glorieux à sa couronne. A son exemple^ les j^lus 
forts oppriment la liberté de leurs inférieuxB. C'est, dans le 
moyen âge , un temps de corruption ,. que l'ignorance et. l'hypo- 
crisie confondent avec V.csprit qui animoit la .société- aux 
époques précédentes du même âge ; tout est despotisme > 
licen<^, cruauté , anarchie: juste punition de la révolte coi^Ue 
le Pouvpir suprême. Il y a révolte du pouvoir temporel c.cmtrç 
le Pouvoir spirituel « et à leur tour révolte des. pouvoirs jçubor- 
donnas contre la royauté. .La royauté, sans lumière et sans 
guide, ne sait pluç opposer que le despotisme à la licepoe. 
. lies droits de l'ordre, poli tique, de la noblesse , sontbrisési 
le pouvoir royal abat Fordre qui opposoit encore quelque résis- 
tance à la destruction dçs liber tés. publiques*. La ligue, fut en 
France le dernier soupir de la liberté chrétienne* ^UU' rainiçtie 
célèbre réduisit l^es nobles à nétre plus .que les coHrtisans.d'un 
pouirc^r ^ut humain. Son successeur achève ^ <détcuive les 
droits des communes et des corporations. Dlautres états donnent 



( 3o7 ) 

lif)9^4f> 9t>«fnr!itip^da-mâq9'§«Brc :iS(»Q.ckai»i,deux ex«m- 
{>)^{^4<^4wes qiii'éUil4iMe^t.<2i^tre leprié8Çiit.et.leL|i^sé h 
meifie 4ivî«îoti.qu'eatfe la Foi. et la raà$pn a^çicnl ^SfSl^^ ,^} 
)Sip^Q0 1 'aiasi.ypii$ voy^^les attaque^aux, droits^ cçxis^ituikiji» 
4w ip^iil^lesDUM^oher de«oiicert avec les,aftd^e& dirigées coo^rç 
r£|^fee. Uœ^ecte dont la dii^sion^stje prix^^e, lejRipyeii et 
le:.J>tt^^ â#Y(Ht^li^çe6MreiPii^iUhaiP/;desboKism qui..veulejif 
rt|niep.*daBi %o& principe^ des bommes^^constiCuës .dans Tunité 
.q|iî)iefr TÎil^î$#.etp^.liiqtt4elle ik r^pasident la.vie...Ces)liotnineç 
9O0L en^p'^l^^ Q^2|p^j|ii^. ^QstîUitipi^ n^ijào^sl^ {foà&xeni jadis 
h Soff^eet la. gloire^ l'Esp^gOKe^.qirii. entiseieiioient encoi-e s^ 
y'uifiPf^ «lefpeut d'abord iesaQâriitiv{t>ii chçjnclifi k oli attépuer 
J!efiet,'oi| sî^fl^aroe de nvitérialUerU société'^ de transfo&iuer sa 
^eoi^tUtieii'eii.uit vasiU-con^toir»^ he» ministre du, roi ca^lio- 
jlfqifey.iea ffeppunfaiitle». traditions vivantes de la .nation ^ pr^pa-r 
.rojû^^a^i^i la yoieaujc révolutions. Seduif: p^r la docjaîne d^ 

<afiaFt% un «rapereuT d'AIlefiviHP^.n^ffl^*pl>iâ o^y^f^ii^^^ ^ }^ 
detirnction de, la société : il attaque violeipment les droits du 
Saiat'Siége et la constitution de ses peiqples; et lorsqu'il a excité 
contre kii toutes les résistances de la conscience et delltomieur, 
^il s'J^rèsse au souverain Pontîfi?« et iréclame son autorité conraie 
celle dii Vèï^ commun dm rois )et des peuples^ 'pour t^btemi* 
qu irtëfablisie la paix entre lui et ses sujets : aveu Yàt-dif d'an 
malade quV^ réduit aux dernières èxtrénutés' par si|ite de ses 
désdrdi'es/ rappelle la religion quil a repoussée y et reconnott 
alors que la santé né peut se conserver que par un pouvoir spi- 
rituel et tempérant qui dirige et soutienne la raison elle-même. 
')Arî«M<jpkis lès rois, oht in^çté la dirtotÂon du Pou^WiSpéri^l y 
'fhl»*]|^ ont' tnéiftoilttit h%i trftidi A^ns généreuses et lescfaxMlsf'anli- 
ques, nobles gardiens des libertés publiques.' Il ^semblé qtiHIS se 
sotient efforcés ^ l'envi de montrer que de leur soumission à la 
SfH^r^i^^té.^ipirit^eUe dép^ud.essenjtidlepiënt le bonlieyr de 
leurs sujets. 

9 22 



( 3o8 ) 

Koùi atouf v«lNèà Fraïkcèb MAratthiè yëfitiqilt «I ètlfltetue. 
c6ttiT«inèni éfticéè. Le potiVol^ÀA t<Ai MW^&iàltêékt'MÊlH 
d*attUat plÔB tWi il est Vifai^ taâif d^ailtaÂt plull trMi{>éUÉ'; il 
bHOfi àù tHi&èti de l\di)MliMn^ là MdMi 

a trtôttkphè «iU'Ià édifié <léi tethttddili. 'M tÉelvflill (fttt l'tti^ 
cérà€ lk¥\kthh tiMiàé 'dkûi% leqtiel A^k i^' {Meijpitèè ,^ «Ite bè 
rerêt àiêhié flé fofrta^ VôKgieilMeÉ: ilÀaà! la èiïttkpûàù dé 
mUni^èncék ^i èéitë^^ fdMrlè^lttt. VA 

graba^vè<|ùe; qaî ïëmifoit 'ëlàMf >b^ Al f^hârfmbm-dMk 
•grand hôMB^, é^ etaUi^Cbsi ;:»nirfif i%lflk^ tf%l «httlir |iÉ>ftifcri 
tui-méme *É(enfiliH! liefècihitoMeë él W(M^«tèit. :(hk aMft î4iÉe 
iKeii; att ïiidtaëiiiràll àtlôîki^ppelèrà là^ ait'^'oiflKlill'telMi- 

qû1iaV6it ptôéb^ifSé^'^)- Âloifft^ërtetir ë^MHktifk^f^gé^ 
kssomnikâ defèMirèàbôad; h digtie^étàbl'ëiaètilPj^^ 
même <|ui étbieJïi^dtàVgâft deh déféndi^^iûitén^itC^MMiiirii 

jdMTÎMimme le litre à c^ec es;<^ qi4 ^eittblo&mt. m ,pMMHr 
ijaippcîs icqF^fatre .^rès l!«'tab}îl9ieiiieiit d'ope Ici de jii^ et 
4>aM>ar| ef lûçottAt ka pli^ foofueio: amantf df .l^Jjl^ 
i4eviei9ieBt les plus fanatique^ p^iisaos dç ll^pmiçiae.qai jfQit 
mis sa volonté à la place de celle de Dieu et de celle4Q.I(nB ks 






• '^}QM|«M)MFè'atiiSMitfmt'loMiiaif^riU.I»pnBlevlli 
ct'flitet JuCimIi^ d^atapdiat* 11 itsmSi dans J0«|ft 4sm cal état da|i9#p4 
«y io yi y ii ga i^ f ft^> QlwL il a» iortjt il D'avoit conaerréaQoaa «aiite9l',^,«e 
fui «"était p«tté^ mais oq l'enteddit difa toot-à-cmip ^^ avoît été IMi* 
Beat oceapé df oâ paÎMge et l'ÉTaagile : t i^oiiiui nrt'jU» îa réMa af' m 
rMiiffvètlSpa^^ iaii&»rtt«u> tfkHb^ de Baéaiier, par Ift. de teilàilMiv MrfH|V., 
pa8a595. 



f» 



^ 1^ ) 

■ » 



Ji. "{* 



tjpif^^^mt^VBçm^. h^Â^^^^ àî$ pouvoir et de Li liberté dans 
la coostititijoa même^ mais Tuaité est mécompte ^ repouft»^; 
la dftvjsiott établie en principe par la loi elk-m£nie: les droits 
des premiers ordres de YéiaX , ceux des corporations, les droits 

i|iirôn par|e, de restauration j la chaîne merveilleuse qui Itolt 
Fezislencedecbacul» a celle de (ous est brisée; il n'y a plus que 
dksuidiyidu^à dj^t^iceet ç^ns i|^i^,fat^e ei;v|K^ ^ ^fiRfri^Sf^"' 

salutaire;. Jfadis les £Bm'^les pr^ntpient Thoaime aux corppra^ 
fions; les' ço^borations lepriéseôtolejiit a VE^t : çuliinteAaptplus 
lie fradationSf ^lus d'épreuves salutaires ^ Fintrij^uiç ,. la i^upi^ 
.4dit^ traversent i6ût sans obstacle, et^ chose effrayante ,' des 
iumunçs corronmus par ràbsence des liens de famille soiit des- 
iffl^ës dVvancie à. tomber sous toutes ks direçUons particulières 
otû les rallient ^ ppnr quelque^ instants , dans de fà,usses.et per^ 
fidés unîtes (i). 

telle est la dissolution àe la société .que: tout étant èffacicUns 
les* instiitutio^Sf d^ cooscieiç^ces indépendant^ s'élçvent seules 



' .' . w w ' . • ' . -. . «f ;.»; j 



sîu milieu des -ruines ^ et seules aussi soot repoussées comme 
1 étoient au|^ravant les droits. des corporations. La cçjnviction 
^tVeur conùne si c^étôit un droit antique qUe l'^n eût oiii^lié 
4e détruire. Jl se trouvera des nommes qui n arriveront au 



(i) Seciéléi secrètes » coiiiiié«^lreefe4ifs. 

»2. 



.1 



poalU|kiqa& poiw rç^ibv^,. l'ivre de ivmy§^^mHmi^ 
Justes appréciateurs de la dégradation de la société ei l^||i|||- 
la-feis iiistrunien||8 aveugl^ de^a jiJi$iîc|^cé1(â|tÇj.iU s'f^orceroat 
d'éteindre le, dernier sig^e de.yâp qaç,rij|OlMft^|^|iil|é donner 
encore. Et cependaUty A «aÉs^nge ■! jaBtaiiiomn!';à«ra; tant parlé 
de liberté; jamais ô^tt'4ttr«ita»tpài4é' de t>ôtfV0ii&flëlas! pou- 
voir et liberté txè'sciht plus! Mais soUk des fotln'esi' ^îStres leurs 

Jkfi9$^m^,ft§f9x0àfm$' 'i«i::]e84éh^4«jU ffociiéibé^Mftteçf^ 

i" *» •..'•'' • ■ J' •-•'•••'••? '-i^- ■•--•-• LeWixiuis-^^ 



• » . • 



^1ftciSTê»T-It 1)1 VOS Jéuiôtrjf PLUS GRAHD VOUSà^ D^ FOtJS li^j'u. 

ilElf EXISTOIT IL Y ▲ <^UAR>]fTP ARS (l)/ ' . \ 

^ t^OÙr niUift ; kMAiié pddr ITds lecteurs , la question èxaîniiie 

^r te dâctéitir £sl[iiirol Varient ëtàétemént à celte-cî : Âinfrié- 

* ^ , /* , • . , • '»,..*»• 

AûuiS'pïùi 'iè bon sens (jnehàs pères ^ Et d^uii sujet' qui. scmjbfe 

^d'abbt'd se renfermer dans l'enceinte de la maison Se Çna'rênton , 

bis ipéut tirer dies c|[>nsidérations utiles , appHcàbles' sous pl^s 

d*ùn rapport K'nbtre état social, et^par cela ménie d'uh intérêt 

assez piquaiit pour la malignité. Si le savant .médecin a qiii 

iWdoît ,' ainsi qu'à son' digne mattre » ieu }lt» Pinei'^ '^ànt ^e 

nouTèlIes observation^ sur la folie , n'a^cessé tTçn^endre dejpjiHs 

, vmgt-âept ans cette question^ :. Y a-t-jl plus de pôtjs qu'avtbï- 

FOM ? et s^il s^est cru ^oUigé^ ^ répondre , à deiix épôf{ues pe^ . 

éloignées l'une dé l'autre, en lÂiG dans le Dictionnaire dés 

sciences' méclicaies, j'en 1824 4^ns ^n mémoire particulier lii 

à r Académie .l'Ojralc dc^ médecine, certes U importé de coq[- 

nbttre son opinion sur cette <^/^ïzn<e augmentation du nombre 



1 4 



(1) Visêertalioh dé M. le docteur EiqniiHil y insérée daD% lei Mémoiret <h 

tjlcaàcmie royaiedentédêcinefWOMpbtil^i^. .. ' r -> ' ; ' '* 



/ 

4 



f 3rt ) 

fi» fails q^'il^y^ra^ne V ^MéiMrle «Ht^y àlmr «a^«iiiféiÉr MeA 

^e'ii'(>iis^^ei^3todsiderè|riadô]p^ "" .;;:; :;;» ^^ •<; »• « 
Ce n'est pas seulement en France , niajs cncoi^elteiararâiiÉlnc 
il'xHitilinéfriet <»i,AfiiMta^â&9 <|a'b&^sôâsti|ibri]f 'de<i^£ÉiMp0n-- 
«Mâon en ]âeaiiftj(f«:éMè(isiienéës.^E^ p^fliny» è'ce«a|éDédRtét«U 
en Anf^elMte idès l%nii^ i7ë8,-ât'Mtènoi»rêlèi9t&renJii^flE;0t 
itn^J !§:> £6^itol<prétflBd qiié>Hdbei|âèn^etBinTb^6-<>ftB4»^ 

montra Upte âelbnd«MiB(tt<dtf'0M**piBiiil8sv M«Ët ii.oiii- «tiil^nf 
«flietix; tf»«9*«^-tei]ir;à son p^npr»téuimipia^&, dâHilalu;qii'îl 
^am^Mie'' pfalfiBâivnleét at^c ro{Mtiifi^éoiiiihi^e t^m Sn An^gleir 
• > torner, âcrmat^dlleii' fSlfi^.»^ sont rëuiiiiT tous! te tKwert / 
i^.;ttKié ks éxeésiakr h'Cknlindtmi^ IsricAîe est ' ^qs< fténUiliÉa 
» <pMr. |raft«tt€ iiillears'(i). « Bo'itfavoiKiiiiSnteaaiit à'^qtMlk 
4|MHlue cette ^«r/v è/isfii^ate Wd^^i^'faR^îicfimypd^ctf'd^^ 
Iggrw ctasiiifuaide^lajblie Vpala it'««t pdi^obsrittinfiirtsiéiiàéâM, 
et nous pem^T^fp^ p'our tésoy4w P^âtad la jc^beSÉio»i9 A»é» 
4kiNt ireinalEiter Bà'à^4m'it^'JlA:ài^mi(tMmely' tSMif dci(i0iA« 
jreuer notre' soiipçeâ/ifesvt;l|nt»'«^vj)inditti''.i^ 
âéttx ciets. Qi»e 4i k imM -éttcwfe,<M[yéé Ay irftMily gpai|Mi» 
cef}iieiK>us'«^aw(iB»^gMrd&de nieEyla|màUa§BEii)seâÉHlt%4i€^M 
des «lecles :»tt' seÎRi^u fiffmâanûamé 4ttg1iofiicexplk]iM'fMA| 
saMMnt le profite: dft^^soiidre^^tiMdhMt^^ tpéta^iA-^fm 

' %iftm ;lii f AftuBsgMé , Bopîaîsà^dé^lif T:i<|Miii gftatktmpwjt 
dM JiiMniitrâiiaBS^qnî liËAHlq[t>«iMi6Sidhr ipetphf^^ ^^^ ta-oMfSKii 
diktt«é«^4àèH|it tn|pt«q|WB Ie^«i^ âc(ae»niëihofr«>Citflfis 

( i) f Vy«7 i'arlkle Fol» , duMMièÊàékmiifiimamtym\vé4kfi{ûs^\ . . U > ) 



n >i*Mitiiid&MraMft^i> ^(te» les ImpîtiM de.lI«Mh0ta i^ 

#>4i?!I»iyw^M.ttowiitire. iiifcnieni fhm f^m }m imemi^ 

» depms 177s & 1797, «nc4Ly0V|<:«C9:pl8«ét^lUjiM«c^ 

Mir^rÉb Jlnjwtr dt l'Anf^irtenle 2 & Foft «biÉféMit: «9 dflM 

^«Miy#it JUitteyh h'fililè^ dai dèwi Artttiay accÉtétg i| 
firfiarraci^.ît fliy.g ffir a MMwM B P ty >yi ii w ii M i if » JfyiSilèajBMtîf 

» ^MÉM ifMcÉr %ik» à'Olèmfé Ètnfflmi9méM^ Jbfc f»è> 
.»:dwUMifelafféKe(i). tiBiMriittfeaoiMui^ to Méet 
■ÉMlipitfon«in<»»Tfi MkaisMiBlihe 'de kfew {padwliottîmil 
:^im$ tmàmm^elk foliey 4o«C cttiMPCf .iiiiiBiitie yiif^fiihi^» 

*kt idtei)0ttntHiié«akdl^ lint &it plot ma mûm ii0.fmoffsiê 

t^t fat U Irtiwto «yttiigywJtiiBiig.^ .riag^arabr., A*att9<tiM 
IMBijÉf>^«diptét>iii jw'èiÉ^lhSy At/étAlliif iiié riiii. dylafaiA» aÉtt 

{«hpi'Hii ëii ma fa jfrtiiiîim là.'.ia^ .l[e>j bci é MW ncl -^paiàto 

"Kùm anms à «i»»mer.MiMÉttaàt«Jiilai^Mleltêot^ 

l^p■n^fll i>aK QMlff07aÉiiie»fi£tëiphMièffl4il«BM 

»-yM: )le>dwfaJbwwMiMi) daAjgtefcleKyntjjnt ^Mélffiqpi^^de^ 



( .2i»5 ) 

• Dm» toette tnAme &iiit4é , le dodaur HintâAo. YOviUit l^n. sç 

t |'Açik|l^îefr^7«W de if^deô^e 4e l|adrid., nm wtm. d^^uesT 
f lî^ifs tpe y^yoUtr4liiB^ sur le» ^t^bU^BePNew^des ^né^^ içl 
i'sor le 'i i ^n W tt *%f1 de €et.iiialjidfis eiu&oiftinie*. Ijusiiriafli* adresse 
^ IB^ no^ wx ifiiMes adoûfificitive^ desJhApi^uat deci pcii»ci- 
» |ifil^ ylllfs dn TQjm^ ^ ejt dap» eiiPipie . 4» ri^ponsel donrt 
f |€ p99»ide lei ori|î^ttlb ^^i^ de la fin dei i8iy , on ,nc se 
p jp^yil de r^u j^iiei^tiftiH^ 4^ ]9tpipt|rei)e^ fo^ en Espagne. Au 

• r«9i(p 9 lyrt^pw^ je cfui^^il^^ai ^( .r^uinés.de>cei r^gofises 
f%h Sooiâé dp Nç^Jc r ^9 f in^d^ej» cjka<{i|e ixioiibre fut . 
» ê^H^ffi^ d^ petîlnom^e d'iim^n^és ij^i^ferpiéi ^ans i^.h^Jpî; 

• Mlif d«>e pey». A lft%.4^ »$u^» il "^>^T^^fl'f« c?|^ ?^»^ 
p Bfmf ^li^éf danif Je^.^^H^îim de Madii4.* Çadpx, Yalence^ 
» Tp^de , ^funçj^^ ^ 

pU, ^4pctg^ fi^^ i^iS^ yis^pîl ntalie, dans 

• puiMii<Qi^ |»erjÈif;if^^fe de few id^pll recherches ^f Fë^J dei 
» nU^nép d« «f cmfr^t Çç «g^é^jA n'çntepdit, nf^fe Af«rf sf 
» piaiodr^ de rangnqei^îation du n^^^ubre de c^ pnala<^ep. Nulle 
f» fun ei|Ç9fe en' Italie , h l'exccptio^ d'Aversa, dfos le rojauine 
» de Niylea ^o» p^ s'étoft oiç^pë.d^ap^élîorer le S5>ft de ces ia< 
nfertmiéi* • . . . .^ 

» Ilam le .I^mb médical ef AaiiV , fait pep^iB^t 1*?!^ ^ 

» 'f tao , p^ W» le diKteiiit y<^l^.^o^c^ injEa^i^ble olMHinratottr 

• » ne a^iff f-Miit les aliénéi,^ U iaU,i^i|aître le nçinbre.tota'l 

• des fouserâtests dai» rbdpUal de «chaque rUkj î) tient note 
» Au pfmbi^i; des honuiR^ iiise^ilis.çiiîp^^ celui d^$. fen^mcj^. 
n M. Yifleqttmfti^^M nmnquf ,4^ |ltf«i4^^ l^jjmç^i^rçp] du 



» 'itiCDi ile ce qailDryavoit quésdi^ante-dtx'âiéltf&lifiÉrrhD- 
i^pitai cU Vérone; vfHtl août la popn&tîôzl ^ est Vfe tiaifiiaiite 
• iiinie-hàbitàiftsT'i ^ 4 » \ s .. : . 

Aprèsde^tfaitsVi ctsnnl«t'si pàèiflfe9''aux^ttelrnou»ii*av<ms 
riôû ajoute poor W pas Hfè aciiiisë éPexagération , il senïble 
iifht>osslb1e de reculer dcvanl les cbh^qaences qui en dilcouleut 
naturéHèmetft. H y a surtout, pour tout esprit que n'àf^e^gle 
point le préjugé, -des diniîrences frappantes d'ulr peuple h un 
autre, qui ^6îveht au moins trouver leur plàcç coinme fints 
dans le système qii'oh a aijôpté, qud^u'il soit. Maïs ce'^n^ést 
pas Vopînion de M. "Ësqtiirpl. Il prétend^ ét'c^èst ainsi qu'il con- 
clut son mémoire, « Qfue les'tràvaiâ:, les écrits des' niéde- 
» cins , partiouKéreVnent ceui^ de M: Pinel , ont puissaruiAiéiit 
a 'contribué à' réveiller llntétêt pour les aliénés , et par ocNfsé- 
% qiient à faire croivéqué fe nombi^e dé dss'maTàdes étoit ïnig- 
"n mente f qiie lès améliorations 4^ toilt^^ente introduites âkak 
» les hospices destinés à^ recevoir è^Mhfortunés , enyattirant 
» un' plus' gi*and noàibre ^ftidiridus ^' ont' accrédhé' cette 
» croyance ^ que puisque ràugmentaâoiOi du nombre dés aHé- 
» nés • n'est qu^âpparéntte , il if est pas vrai" qaè i'ali^ation 
» mentale sbît une calamité propre au temps présent/» ^^ ' ' ■ 

Nous admettrons vdtohtîers «que l'étude patticulîlre qu'è Ton 
a faite, daûâ ces derniers tënips^ de'Valiéiiatioh méntâ:Ie) étprin* 
cipalement les travaux de M. Pinel , ainsi que certaines amélio- 
rations introduites 3rfns les tibspîces d'atiénéi*, *oiït '^cô^trUfité 
p^irticnemeht à foire ciNift'é que le nombre* de tes «liiSiàdes 
étoit augmenté* Mais if n'en est pas mollis Vrai , - clmim'è'on l'a 
vii , qu'*7 j^ a plus de foui en Angleterre (jdb partoufnHtéufs ; 
qu'il y en à un plus grand nombre en 'Allemagne et en*f¥ance , 
qu'en Espagne et en Italie. D'un c6té; dés' plaintes générale 
entenâue^ depuis vingt-sepitanê) et de l'autre uné'sécaWié' par- 




chose singulière , c'est encore lui*même qui porte ce jugement y 
à kpi*émièi^}>rfgc.de' sbii«n<lmoine.,'d<i»ntHeb ^ontiss^ sont 



fvd69pMigr^de.h civilisîititm, toi £aitatip)(iyeo^r:lenQa)br« 
•t dw iiiset^ ; 'ttiaii éM^ aHgii|ent2|tip9 e^ \entp et pcogres- 
» 4ffV » \£ii^ dautresterafiep^ 4'aiigiD€^latioo 4^ nombre 4e^ 
4Ui$QÀ9'<Iuoii|u?, plus apparente que réeUe, est pourtant très- 
j^ébUew CeUet|^/oçORle<<aiAr^ et les causes en, sont coniw^^^^ ^ 
. : l|om av^na recueilli , en. l^s^t ;M^ JBs^nirol , d'autres ob^r- 
y^^oiis ^i mériten|»de fi|cer l'attention des hommes accoutu- 
miés i refiéchir,. ei que nous cjrqyons utile de signaler dans.cef 
artide. Quand il s'agît des r^ultatsde la corruption^ ^^-^^t 
lâcbuter la médeôner son t^mq^gn^ge, sur ce, point, ^^t iirré- 
Oisable adjourd'huyL « L^ndifl^r^noe en niati<b^e de; religion .e8| 
A; it^Hls en France , qi|*Qin i^'y observe point de (plies provoqi;ée^ 
ji, par \e £inatÎ9ne>veligîeux ou parla mysti^té; et si depuis vingt 
9 ans, dans trois circonstances différentes , inutiles à, rapporter^ 

• " il s'est montré quelques monomanies produites par Fexalta- 

* tion religieuse , elles ont été peu nombreuses , et même elles 
,9 ont presque ausdtôt disparu .(i). » .Ainsi, l'ajugmentation de 
la folie concourt avec l'affaiblisseinent de la Foi; à mesure que 
la religion perd son empire, le bon sens se perd , et la raison 
s'é.teint. 

Mais nous avons à mettre sous les jeux de pos lecteurs deux 
tableaux encore plus parlants, si l'on peut s'exprimer ainsi , et 
d'autant plus remarquables, qu'ails; piit étaip^vésc^tés dans le 
iDiciionnaire des sciences médiçnks, et dé^à §n i8i6,,à l'ar- 
ticle Folie I toujours par. le mêtnç n^iire , M. ^e. doycteur 
EsquiroL . , - . . .: -. . . 

Tabkaa de ta- soeitké acUûgUe. . ^ 

« Depuis trente ans, les changements qui se sont opérés dans 
» nos mœurs en France , ont produit plus de folies que nos tour- 

(i) ttéifaolre cité. ' • . . . 



( 5^6 ) 

» visage «btasfcs iéM'la )^ sdîéiHitf» dit^li Yie) «Mê iAp'< 
» |ioTie phtt ftiefi cèosolàlibas (àl%ipéMrieè'MtixNiâ1fatMi'eîtt 
» ta morale reBgieiuiê né (fivldè pftisb IriîiikttdMM leièatiiiMt 

à qiies^ iil4è respect^ tà ^àmù^, ÛêèâMii^i tA^têêp^i^ 
a dances irëdiwiijcpft^ pèmiMtte M fbiMt 

à de ces sage$ con^biiiaiMRii»* qi& iktiéBii à' la g^kÂtéûsH Usiktê 
» les (i^b^tioiiÀ pribaklea. liéilièiiM ^: miriage M^l^{dtt» 
* ^e4diV<i^bêtsdoïk(tefttrè le^^ 

a amottr-ipropre , et que nëdigè lé fnks petipliff pal' diMàift 

..*' '•. ■»,••, »" ....'.I. 

» pont leà mitiistres dés a/atfels/ par'iadiflBi^itee éi iM^r ttfci^ 

. ..' ". • ...». * . . * ^ ■ 

^ liûage. "a '"• ''■■ ; '*' '■' *" 



» f ■ 



• Dans une niaU(<^H ^9 ^<^^ s ^^ .^^^i^ axiaux sdnt hriséi , tcb 
a àoiiiâ^* GenfBil y la conGano^ e^t détruite , tes jbabitudes^aèttt 
• dbaigées I on agit sans bienséance ^ on obât par crajintC: t '^ 
a h^H pas Ivur : cl^acunii sef idées, ses pensées , seaaflfeciioiis, 
a son taBjgaffe ( 9^ chacun vif pour soi , régolsine'isd& U>al. w 



torsqtte ^non imagination effrayée coni|Mm'céB denli €*•- 
liicaÉx , ne -pMvattt pSns'Huiltrisèr les pienséetf éf^tàémmiièÊl^ 
s^élêreni dam mon èiae , je me trânlpoirtÉ intolontaiiieflâeill 
dans cette maison de Kcétre , où la société se décharge ^4»- 
fois et des insenaés liai mfcmnaè^^int iQUig» sps lois » et de ces 
auitroa insctasés qui les violent ouferteinent. Je me^ trouble à It 
Tue de ces deu^ sortes de calamités , si dîff&entes , ce sendble / 

(j) L'ùpimm dHM §ùa «if «m émn^Uê ^ ek vc^i toute' »â poIUîf|i|er 



par Uv» naitfie , ti seaiUibicS| o$obs I^ 4tr€ ^ p«r leur prin- 
cipe, iitt flOttéttfyiOM Jfmia4< fe «1^»^ fecaH^eRe Untj<nirs 
81BCS puissanle peur Goatenir lei iiMOMéi «a délire , dont le 
m>wt^$'4w^4^ ^mMm fimfjtt fom mAémà r innC de 
forçais i^i eocoMJbreot , d^nîi plnsieiini années , les bagnes de 
Iresl , de Tôolen et de SoishrffDety'att qdi , rendus li la* vie 
civile, porlent l'eCroi dans les d^arienients 7 Enfin , naes re- 

«0«n^la;#.tA jèa«tiMire'40Hl^iM «|iiè fâ tuy iHâjitf peiiat avec- 

imjmmif$ifM»fm49tm^M 4» («a^iSm^ és<brcè; et ^ui 

IMwie lasiaiAni' awy etea^ w jpéieiKe de là post^riité* 

# tj a J nABnai^ lansles lieti^fniiliMrtsifc ^ niOHiaie est Mit f- 4al 

-lit eocilJ^ m ^i^para j ies^e^itSy^liandonnés k en^oMaies, ne 

mwe9à ask ae prendra i <» )es v^t flotlat au liaaard d«nft lAiHe 

dîreclionf côntMirês. De là «n ^Xtonàte onitewet , «ne ef- 

Irapande inptàbîUlé d'afriiâorn et d'însfituliMS* IM da^'ier- 

aciff^ii» laWri4ér««>re),eUe^ealeinent'fiWieet4^Mi^ Il 

j.mM fend des ciSMS ^ avee lin cpataiaé inerojaMe, ^làifcie 

«frlnniensè déj^aûtdolàyieeliiii însatisdilebesoibdia'dé»- 

AMMlièn. Ce bes^ae maaSbsttf de mîlle mmièH» et 4sn8 

tantes les dasses; lUcliel at pâttwes , peuples; fpmésfit^ 

Boénie p tons , comme s'ils se sebtoîent poursoivl» par les M-> 

des iftt'iis ont reniés « se liâtnit , se preeipétenf tefjl lAi avenir 

inemuuu Lss gouvernemenlf , pressés deitinir» s'aliérelit etix- 

fnénpesi maïs pi^s éssea peut*étreetpiis assèâ vttd à lelir gré 

«t asLgIséda bi m«ltîtude{i).'* 

(t) fti^»4ai»sQa4 votaaisda k'Mèm^nr eJ ké iiir m m. 



«. *- « 




( 5>S) 



) 



'•I t ' \ % * •* I 



» I» 



<. • 



^ij^U vftes ]rliv«ige3 ^ «t âéè Âiic«mioBis del'aiitean^ imiiè iMi« 
grillée* et la cQlnviaiidé pendant quelque tanpé » ^icKsoiiiiis.' 
Après 1 avoir, parfaitènténi of^^MÛsée il«9t rapfpdéibiis M éM» 
p^ur dVviceStBftitkès ^ ^t il en confie le feomtn&mèettieiilrà'uii 
Mwteoul^ de ♦ s<Éa ^ cboti^ et à . ^«i^geyiubdétëgiife , fa iT A >i 
miefnti iw4^.de'8on pom^ir y jet c(ttâ iareni à Ijettr/towniai^ 
placés :pai* deii sû4xeMéurs ligitiinek/ Aiiwi que daifs-tckitevlcs 
ixvfé^ du'-moiidte» les. généraux dà (pecoiid Wdre respedukut 
te ordcai :dagéné«al. en chef, :cMnfne crini-di* «xébmoii 
ceux du SMveraiflLi les. c^taines^obéîMnt'k'rleàr géséral-et 
les'.sotda|6 à leurs ospilaines* D&ràntAuue épaque*' asR» 
]k>n$uf I . €^ iien : d'union ' et • de concorde ^les;Veiiâir mx^ad-^ 
]|^|es ; lap*n»ée remplit -sa missîoii ^ rèmpx)J^tft' des victoire^ v 
conqiMt -des provinces i-sa gloivo rejaillit sur ses 'ciiefe et tes 
membres^ die piioeui^si Ia^«âf été aux habitants. de Tempire^l-fi^ 
fleurir parmi i|ux la jufetice et la paix. Da^ la fuitè deB^tenlf)» 
la discipline militaire parul; trop «séy ère à quelipiesnitiirc'iiks 
clameurs s'élèvent , soit contre i autbrilé <da gléaiial^ea^dbef 
qu'on trouve exorbitante , soit contre quelques fautes commises 
par des chefs subalteriicsetdesifÀplesoifficiéAi^fàlli^piirâelles 
transitoires , souvent même mal constatées , et que le chef 
ne pou voit pas toujours ni prévenir ni réprimer y soit parce 
qu'il les ignoroit , soit parce qu'on n'écoutoit pas ses avis et ses 
ordres. Tout le monde cric donc à la réfonne 5 chacun veut 
redresser , selon son propre sens ,'ce qui à tort ou à raison lui 
semble être un abus. Ainsi donc , pour opcrer cette reforme , 



I 






• •< \ 



1 5»fi ) 

jéa^ se /dMbandfcat xlç rarjQiée> se ^cl^e^ Ubm 4fe.4Qi»t.U#n,^ 

« Nous reconnoissoiis le Roi pour niHre teigneuXtfit mf4^^i 
»^fù>usMmnies à|oa;$ej;vice ^ nous a^iiMit^oj^ 2i.^99«.a]?|i|ée, 
:».,j^ t.oi8(QPii9.«e¥fti^t,sf^gç9»v «ies ^i)Q;iff^ iAS»lmt Mt)^ef ,; 
.n. ^i» nops jia fec:pii^oi$jBws • Ai spp: . UmU^uanf , q^i {ir^t^ii^ 

^». et ii^'Qpt «uci|iie;a||tPfî4iP iHHhf 9fHMri;4ir«lf foftQΫ||Qii»;SMb- 
•i^.;^^ .teiiiviir^Mer4|é;>#9l,lf\ tMliA<^»fi«*.j9l«sot«f «u lien 

toSn ;ohn» .s^w t(mt<kar (^wi in niiMii t ;fe.iprtnr«Ua HimA 

jt^.il^ le ;sof qiisi4pffs. 9M;p]i«l »:il.«^t)«e^fi»thliii J^L^piriiAMlier 
•If »0A%*rfl>|sM4UJti^: Jiip»9.entmiii«^ mie^x jesi^afiMrei'Kii «eomol* 

n^.Moe p9j:ti/s«des Uovpef soMf ,lç|]|;s.oridf^i .Ce» llv*^» non» 

j^ .;juf&se^i.ils r^enn^ntJ^.ieiqlpi^.y la psM^olç ifêfne clu Soh- 

>! '^/¥r9iM)4b;J30us imofreut jc^ire^eat to«t jce^que oouis aT093 

^f),.4iair^; cn.un^.m^j^ il;n'exis%e.pas d'aulne source de oqa 

,1» .deyqirs,iQilji^res,,|<Jbaçip.pe«^t;les.Ure, le^jpg^if^jÇi nulle 

9, ^utoiité^;^!^ 1 armée, 4i'a. droit ^'e/i,&&^|}^8^çb|,fijt de 1^, W: 

j» iJiqiier à djss cas particuliers. I|.se. fu^at .c^^e rab8iei;|ç^.4W 

1^ ,4:hef où d^ujQL^uge eu. cas de di$wiUimeutpro4uîsfjquelgQ^ 

j; , légers inconyéaieuU et des querella q}i'{^ iia manqiaera pM 

». .de novi&.reprQc)iar| jnais d'uue manière ou.d'ufie autre t> on 

A , r^mpli^pjra. ce chef dans, cl^que.pprtion de troupe» dél>an^ 



( «iô > 

• 9M»e teièlligiittcé? S^il Ami dhgk^>to^g^ii^lriNh^l^>j^^ 

lÉnëhi 4etltte|«g nwpt prif tferi ier . Chàevti ifetlt totttt(Mrttdei<. 
-^làtté-ttûiê cdh est iàëces»iréii Fdrdire et kuistK^';'^ Mf^ôi 

ijlit Iflem^ ViâltM-tMès )i tMi : "«r Itete r^M»d 11 Jèsttt v&^cfx 
'|lttii^il«ëÊ' ÀioS.' <pr dOkibhir 4ee psmrMtt fi^i^tàixai yl^h^^- 

^Kife'trtt gëiiëral ^tf di^i <:i!Ued ^leit FntiK^oâ Objet il#^ii> 
"itfiMbtir Al ipt^ttdem wjff^tritetAr k txxxt «niiéeV parte qoVi «e- 



vJU», et) ai» fin ie kmgmt^ 9êfft9mf^ hi^^ 

^ : ^ lÉlçft : le RnàaMà Isfur «on IrAme»^ ei idfaift <lpfi^ ij^ M < t .p iB joA 

iRëpODdil Ibk odb'térawf « . i « 

. n V«li» yrf t f é fi apfAfteprir k'ttotti imaAii^ Mail HMki44> w 
a lAobi: rfcBorilMtk pai ]^^ BPoA 

t« iiiaiije'j».»0«>«ai(îi«B«i:dk fw É rai âMriwtft» «» KigUn u ntft 

•r/èt fcjtatt'Aie-iigwiiniite ptfiS il ji>yoliiiiiiiffct;<my<lr»<«»Mi. 
inwfnl pMiérMktt) à r«méé ^ iqpilbM iÉppiteMI l'oMlMif et 

.<i icbfOfDMDs; F«»ni<8« âv«»«v!Mi2)aatelt prfl,4ire qii^ul;94«#i«l 

: » d'dbofd tDttM les «boMi tpiè>T6ii$.li«É>ifiaibd'iikiit!i«^.in»t 

ii.9tt«s irfMwîeitJbieAJapjeMttrirMm %« yiHPi.fWr^liifpwiÉy 
>p ieinv<BaB^nRHVB'wveeHpBnBiir«j;eifi^7iN|l,fi99l4pi|^ 



< 5«2 ) 

#iVMÉ'i«pMclier? fiiioe eësy nsw aatorigè &nAnfc—niii>igw 
» chefs et yos niatt3feê:9tnmn*ivln'pstmdé9trU'm 
•» ^é/rc u l i mt t^' fa kéÊKmê / coinmil Si^eax / biêBxds»fante9 , loen 
iy des tté|^géDM f la^ilqiai^agygÎM de- ifiiehpié^ptttkiâ^i me^ 
« régleideiitft, Tindoleiice, la paresse et {«•^ï'iit pollÉooBfàe 
'»(dié^aM ¥intteioly<ni im>iliat /imn^ipà'pmit^^étÊÊftÊuA^^é à 

«'^liiccf Wl mi' qMggi*nJiHi:ite; il- n^ètty. ée*^»éttete'l|w 

< *^ - tf^ M firi ttdit érime liMt^^t vêabrârsél'^otAnè qiief *ami>ë^ ' 
:* ¥ciiiiptt^Méiv4eiHM^arirf<^âll^ ierMMhwèèemèt^oMaU; 
^îi'iièVaiis bom^m'ptfB^à Isi^iéBqple'déNrtî^ ,^imiyjHre« éflaow 

* n^^ edipt«pté fMi* h Vl9tei«éydipi^ àMf$\^ éibkvkiiàumiméÀ 
i*» FèDiiemiiiâeflr iNidi^ €« deBré»spiu«cr8pfMalemaMà;lWM|ée, 

« des^i«élf4^'%o^«»<iÉB»ttiMi^0s fidèbf ^ à jaiMHHr vénie W Ues- 
^H'^és et'le^iiii'iftHchf^r^Wi»^*!» rëpauda ktaiuiàir^Mi» tottè 
'# tnéiretfipii^'y Ait|ée mon «eryièe mi'bliletide'aân^alis p»iir 
'«^lintos 'iiiDil«^> 4^ vistfe^et^DàocpJMiîej pc|iir.4'eiai<faii^' 9ttiid 
' '*' AMibre d'cstfttreToiM À MNUf ratgët^sous^ies IwnméMs et mm, 
U'<i[mirisë''S^$UGddê'} d.dMiiaÉili6wde iiima)ëlriMit>pcrdbt h 
' 'w irieetlâfoitttne, e'êfeit ^^ooi^Hlftlédcnbaati^^dle^.voiirAtcs 

* »tié»Ur|illif;sétde8tévokék. lfa;insërioonlèa*jéieaikirf0irt«étK 

* * jusqu'à ccMx ïk'eptre von» qui, ^ esCramé» malgré ciui iba* b 
ir -déféetkta etrelewas 4ittr«Me aoiIltf^eiaifitîfM, 'di|iiemi«e»t 

H'te{yétoAaiit âdàles att.fdodvdejeiir cbuci «Msiaetcoiéët^dc 
è' loat' fe(ài' f^qtôiv}, «fC !{« ile^'Sll€h^pl0^p]JBls^*^q««l•ucMii■eq ils 
» ^dléfat» s«iiVf«i ii^îssMent' eu 4MkIu^ à ILK^aotal^ «Mortel 
» qui lë^giildoit etqia'èkrcrojroiént d«»eKÛ9érii{Me.>leîwf^^ 

<-» oSkiPU pour «ôAnokff «ft- pow prffltqu«r Ion m» .devoir»^ se* 



< i^^s ) 




Et lis s. en allèrent rugissant qe rage , couverts d opprobre et 
dûwiae'â^^^^ 
justifiée ^.yi^s.^gefse,i Ui;l^fi|ice,pi^e4fti?e Wg^nw^^^^X^J » 

fiottsiiivièottt lesimliuîstttsto k»«»ii^é»»n«^^ftMtestiRilrfd^^ 
lutter oQtté »H)i%orie*fMitws' feil» liMftiiMi^rteâp sflls f ri ff iHB t »- 
tt«Mnt iiïii» pai'e^te'ïëferittiB Aitt!i'léul^ driÂiSé^V ë^Wifepfpe^Étè*^ . 
ito)««f de Cels^ rèfôôMatéûrs ùti '^t^^ ^ fe«9lu 4%[ë 

nous venons de rapporter. 

AH^Hiititiswi' ' 



• \ 



r j 

V / - ... 

pQ^e9 : nous ne cityyom pa^;Ji^ttf î»l*r^i4e p«i^9(4iMJ^«iMi«ltid» 
l^a^,-â4Tieç8Wç^ U pQKliiiÉpiQ'i|eUgî^$lf«^.«s^ 

4 • • • 

9 23 



<st dofMB M^we» Méffk «««^algNur «oflliii le dbc el It ^hu Ai wé 
<l*&Ah4t ; il pf^KtndBt .^é Kè dirétiea dc^ tafarre ses propres litnnècés t 
hamis le seul cfs où ellt s Xvà feroieiit reccuuiotire llnsaffiàaiicè de U 
.reisoB particiiU^ns ^Xscbîioer s'éj^eya aom contre SertQiiiu, Tiui dei 
ehefede Féeole êupernaiurdliêie. Ce dernier «Toit osé écrire contre le 
raiêonnêott tftie le bhristianîsme esl une afidre de cœur» et non de rai* 
sonnement. 6e seroU )l toift qa*on reg;arderoit 1^ êupenDoturalUiôê , ssn- 
fimèntaliéùê ou myit'iffiàà éùmiaxe des sêctairei 'dans Taccepàon propre 

^Ue contre ee»<((li>euierit la nditilef ou en adapta loreélnenî les 
textes ^UatMiaà'i mkfoles iltfùfrnàtàraiutê» sont pressés il leur font 
^p9if'hfMulÊ^^fiè$iffà «è^DëWeltt'âe i«af dlile qae muiSkr kBtfaieV e« 
»* pas xMOBMltre d^ilntacttift ewMt^pewr dOndamner lea interpHtttÎMtt 
-nte>riiiii».akH.fttib«Aia.aift»é wiiwe t ^àafceMr» m ioBi naiTeineBt 
■mmwanf ».!ft- ouinl «)wl«fÎM||Beq|;4Bs isaiigs;«iipm<«raaicNw; fpMiiib» 
Mfâs l«|:)^liîbMp<^Q^^ çl lea linBU)B|iis de le^s^td depcna dix i.^toif 
^«^ se afuf «pnf eitis en si gra^ .npinl^re.dajii^ le nord de i*AIlclpagpM et 
sui^Mit'enStkê. 

Le «{««eMof Vlppf est Tantenr d*un pampblet contre ie doc d^Anliaftt : 
leèl écrit a été répandu aTec profusion dans toutj l'Allemagne/ 

U» aotee éomaîaV'éUe«'eontffe lea pa sleurs AniMi et Aeîniiakdl, et 
s^étonne que dans un ^ècle de perfectionnement on soutienne eaeore 
le dqgiMa«rmii4^>:^wi^deaés«s-ahrist:! QuefrqudroienMlft^Mc 
ces mesveors.... UnLoageA«ai^f rdigienz?.... 

Vn aainislre (SchcabW) deniande, combien de temps encMe en 
p e rm et tra awt catkoUfffea de reisonntr' e^ntce les astres du ralima^ 
lisme? 

De« #f iMptêmês dé Abliliàè se ëont Inanifestés en SiiéiSê't hk wiam- 
flii^ M WeÉfticitit pés venverîer Ià cuhe ciftliollfpie. A Dieu ne pUbe"! 
Qr ^rtMléietf^ iMdeittent rtistuelier- lés messes en langue rnlgiaéé* d« 
LéopeM ^ de Mgr. de l^btéie , c'éstà-dlre ^ wAsaUfti ^^réSiOtt- 
ftemettt èfauHetf^..... Itien cffté c^al La sageM de IMtèqite de 
Bredaa a tout apaisé. La Société 4)ibKque âvoit puissamment Tftémlri- 
bué h ces troubles » (|ni se sont terminés par Tapostasie de quatre cor- 
donniers béhémiens • qui téttiolgiiérettt le désir de s*att«èfaer aux fcfinmu 



( 3>5 ) 

umlifet ' àa okrManttoe «t enAnitsèreot 4m .cûmêàMutuê le liOhérar 



£n i8a5 « irente-q|M^e.inUle, pèlerins logèrent à Warthfi^ en 
âi&éiie« sans compter nn nombre bm pins conndérable x{ui ne s'arrêta 
pas. L«^ tibécaox s*effirajère||t pour ra^ricnltnre dn rcnouvottement 
de ces4in<âens «sages, et réclamèrent ^, an nom de la liberté ^es cultes , 
rassistaiice <|n bras sécolier ponr répnuner ces abns., En effets Je goa- 
Temement prussien vient de mettre en TÎguenr. d*anciennes lois p<^r 
nales pqnr empécber les pélerinagjes. Malgré toutes ces entrayes» deux 
jaûlle quatre ç^| nngt.d^x allemands ont visité Rome pendanl; rAnnéls 

•«ûtc- 

Lee niasses commencent dé^k prepdre parti dans la qa^stion ration- 
,$têlU e\'$nrn^reUe, Il est peu de familles enSase et en Prusse qilQ c^ 
^^Gu^iUes n*aif^t divisées. Le célèbre orientaliste Tboluch est uné.d^s cor 

loBses dtt snpernatuialisme. 

Mais quittons ceux qui cbtrobent la Vérité et revenons-en ii ceux jcçp}. 

la possèdent, ' i .* ' > 

U nest aiicu|& aUeifiand éclairé qm ne regarde la pbilosopfai^ ; 4«9 

traditions et de l'autorité comme la seule eatbolique : les (satholiqiaeB \p 

disent en forme de louange » et les protestants en forme de critique ; 
. îpais tous sont d^accord sur le fait. Nous* signalerons ici. deux livres re- 

comniandables par une'' saine logique et une pure philosophie : 'L« 

Béégmption- du g«iira kunuûn ,, prçuvé^ p€it .^ tradition» (/e. tfm^ Ua 

peapUt\, par- l^bmidl; traduit- en 'irançois piur^jM* Henrion.^.UDic 
. analjse,,de. cet. (écrit nons, mèneroit{ trop .loin f,n((ua eipiérçisbs que- nos 
..lectencf Tondront en- juger pa^ eqx^mte^. Dfê. E/iu/^t ikrKÀrtlyi 
. ilïIilUt de.Jl*4gM^> »:P» S- A- . V9ÇW«r, gi^fessi^iur d^ théolpgie.flatbo- 

Hque; Tubingne , iSaS, L'estimable auteur y. parle d'une disposition 
. nu onlhoUcisine , ^*il remarque dans une classe nombreuse de ses'çom- 
,|^tiiotfs protestants. Il réfute d'une manière fort sensée l'accusation 
.que |ioua£o/f^t nos adversaires d'exalter la tradition au point de compter 

râcritnre pour rien': « Sans l'Ëcriture» dit-U, nous. n'entendrions pas 
,.m parler le Sauveur, mais [aussi s^ns la tradition nous ne compren- 

• drions pas ce qu'il dit. » MoeLler combat le cartésianisme à outrance. 

. O4 roprocbe aux aUémandi d*ètra plus ffiréculalif s qu'actifs t ce.rc- 
^ proche a est passîins Condement, et le défaut d'unité* politique necpa- 

23. 



jr «J 



ttlbcté^ pilà tolMKl^traiwt '■ 6éllé ' oflipoillf cfil '** Han u Inreié i^il^l^ 
exalte tons les catttctères : le» ntoiitagiies du Tyrol et da VoratVëf^V 
edmifié WéaAtoëi ëiitaibmtUëir^ë \à'ëélké&, 6tit#Tej/coiik)^â^iian^ d|e 
flbfér» M î^i^ pi9M^^K^ëi^ift9K!ff«^A^ 

libaî dV^ffètieâdlPdnir îpifti^iM lêiSMH' dé UédMiéééMi ti^ès-coaime 
dii'dac» ^d« 1» dtfd&Âoétf d*ilÉtiMilf t'fto«n iMMte t^Mt^Mift» ft ^[«t^ 
détails n^oins pabllos.^ 

#AilbflU Bëssa^» et d^Ai^kàK ^i^AÂ<Wi>rg t le pMs 1^^ eifë^ 

tlilé sbrte de s«z#«ilnétë ééir leè dé^ ét^^s , et Vèprîéèeteté le^ ireb 
branches à la diète germaniqae. Cette supfdttikfie ii^élUtàttéé alujotHC 
dlkiA pur le ddc d^Aftliaftt €^él]keii , âg<§ dV'hvifbif sbixaiiCé oNti. La po- 
polaâon d*Ânl»dbt s'aère -k œnt vingt six mSIIe Âmes;- 1er n <M6 % lPè.'ciès 
^Nitkd^ÉbM :f'4Mît eifi«iiii6fl^ llitiilé at^Fa^fd^atfôk da dite dflÀ»- 
kaAl CEéb^èhÊ Sèil )^9^éêéimnt khà ptéMéùélè iféSâL kçiàoé'les ^ 

iieC0» daiilpsiàe kkéllpewdittcre piHaâiëeW Éuttiâ^ dintà|>i^«fioà j^- 
blicfaè i tes j^VéfftclAIMè^ càlT^istës finTei» dbil^êi/ â^\ïet dW les t(^- 
p)ie# l«il£ériâ»é^dÏÉti^Sbàer ïâ^ tott^tMoAmOé ■; e^ fti tiàiûi^iè.'hl!ità' 
fieéu de kttr«ôté la diètrlteiëî^t ë^ ftg^é éA1^ê'ltfpmh^.cM}ïSlm. 
mai Vàmà^Mév^f é&h^&smiikiiém^y pé^T 

dMffetflk îrèMié êit"figt^ëm^¥ièm,âiUmul^:'Dë'adk m tkàc 

easioa(-|Miî(>]i^ ëdâdsè^ ilWàitféi.' JEl I^tti4 <«tf (Met dè^llMrttMs 
dtt.f!#6tiâb^il»Stife^ é» qtt*il^irâ)P'^f«Mi'dé^rtefxe^ (i^tiâ'Iës fttd- 
iqBl«iili^NittT«rtis. N<itts«VdÉ8 ddj» j^àfHédéfi^. dé Hâiiàll^kfliiVdê^é 
«»pniflée'^ 0t?6ti0èil{i àGoèthai, dv-dtÀHeor^HéUscIfiftét' et dû cdîuîdUftr 
GvâJ&àniiïé éë'BélMi k'ZèTÏnU ' '" . . 

S. S. tîéen ^ s «Dtoyé an di;^ d'Âiiialt Coklidi ntf }éMtè bî4g» » 
M. Bétkt déSïiekéBl; ex^¥lé«rire k Vcde, près ârtitdids« d*o% IT (tô^Ct 



.'^:: 



( ^7 ) 

Mk k^i9 pooc. R«iikt< jl r(6ûdf .|{>çi|-t«n^.9 \ H^tnVqur^, où il m fil 
çhiârir ^es catboliquet. Tons les Taf^oz d^Ai^halt, tans distincÇipii dt 
Golte , rappellent leur bonji^uiu. 

JÀ diacre Schmils pronionça^ Gon^c aa sermon très-remarquaiblè ;' 
Une craignit pas de prédire aux protestants Tàarore d*ùnç nonvëlle In-' 
nâère'snr TAUemagne; et là dinte de la ptétehdne i'éfbirmé an:t'H(mt' 
Aênns ^ forent Bon belncean. 



k^^^W ^llW^^wW^rw^W^W^ÏWl^^il^^^FVl^^pJ^ft^^^W^ 



à • * 

Su^ l'état pi, LA HELIGIOH MLOTESTAIITX BH AuLEMAGNS | pat 

le réyërendBugh James Rose (i). 

.(Premier article.) 

. .♦ ■ . . ' . 

HL Aose, 'diéclogieii âistinguë ée V^glbe anglkhuié^ 4e r«toat 
VvLU vogragé en AHemagne , a réftté à'sei eoÂpatrîotes Vitiit ac^ 
Utëi dé ht retigion protestante dans ce paya j eà |»ro«Mçaujt de^^ 
fMfil'tttit^^lfMltë de GaMbridge^es^îscoun bu sévnrom'qifi ^tn^ 
^Maiit lêVolûme que nous annonçons, et pour lesqtielii^ il a pvis bé 
«eYte bien choisi tTon hàSfiUtéet ta sdénee fonttéiuAe (a); Ces 
diid>ttrSy quhme ti^«dnotion à iait connoitre en AHmagne , j 
^ttt produît^'OBe cevtâineseniâtioti , ^ ont pvoWqtië plusîeurB 
y^pôitfesaaxqueUes M. IkNieaTë[diqiiédan»»Be j^^yMnA^iqi» 
ne fait qne parottre , et que nous 4B(ttèndon8id'Aaif|leÉcrfe..'ije(^ 
^dtenariDB'4«»diéetogiens4iûgK<ytny arec tlps jdlemand^ «idlrite 
.tomcfnotf e ]ttteiilioB^>et noiiffnoiistpnopoeéns'dsf hipèendra povr 
d»ÎBe44Vjubiiiiiail^ ,: Aoés Kespérans»^ çoiit iii h iiua à/ëdainsirik 
I f hiti »a;dq:caa^iciipising etldayrotrit im l iam e»' été abwnpf»^- 
ciier d'un pas de ce temps àéAté où l'on pminiarpBi4cr>d'itfiSé.ttf« 



. î • • •) . : , j * • • I . •' 



(a) Iiaïe, x^y/i ,.io. 

(5) Titre un peu amhitic«« d'an oarrafe eic«Ueiitde fisa M. W 



» . 



(3a8) 

analyse la partie hbtdriqne de l'omrrage de M. Rote , noui du- 
enterons successif ement les qaéstions suiyaiites r I. PeutK>.]i faire 
des objections solides contre la vérité da tableau que Fautear 
anglais nous fait de l'état moderne de la religion protestante eu. 
Allemagne ? II. Peut^on accuser les miaisfres et tlx,éologjleBS "àU 
lemands sans accuser en mémetems le proteftantisme^ ou bien 
faut*il co&renir que le^r système , sous le point de yue protes- 
tant y est préférable à tons tes autres ? QL La conséquence di- 
recte de rhistoîre moderne de la religion protestante en ADema- 
^ne^ savoir que l'application rigoureuse du principe ïondamea- 
tal de la réforme a conduit la grande majorité d^ théo- 
logiens d'une dés nations les plus éclairées j et que AI. Rose 
appelle ta plus savante dé toutes > à un système destructif de la 
foi chrétienne , peut-elle être éludée par l'appel qu'on £fiil à une 
autre palftie des théologiens protestantsTestés (mTedeveiiiis.piys 
orthodùScfl»7Vf • Qœ doit^m^n^er des knoyens qupn pço^pose 
oii qiie r0ii essaie de nos jours pour ramener le prpteslautiijw 
Ik un état moins anti-chrétian? V* Si utie foi ^lideet taitf<>mNio 
blè'^daus.leé vérités fondamentales de-Ia religkHi.chréti^iiiM^iit 
in^ossible 'dans lé protlestantîsme ,' vaut^l rni^u^ cevom^^^à 
«ette foi que de- l'^cdepteip ai nSgUfâ «aliM>Ikpid«^ui teule^ettt 
la dônjiqr :#| L'asaujrer ? YI. N'f)st41 pus deii coMidétatiûns q«i 9mor 
jricnt devoir recommaiider le €alhoIkisiii<e -BlSme -aux th^obtr 
'gîenset'mtnistislssTattdôalifle»2 *)..:• 

' . Nos Uctesrs èom^reaneat que l'caBéeiitirti dfer ee Iplaa iSiignra 
«ne sdter/d'ftfikles d#«e acfus devont loquflicaer.letimHMis, 
.êotimieinoiis avons' dit^ fh Vaa^ysè ds. Ja^ {Mfrli0.hîsfeonqiHeJïidi 
discfravs^de Vi.^Kmà:lÊm*'Véto\i^hbV^igBÙ^. |nrfltaÉMKt:Aps 
•KAHeoiagnèirafMlenitt(, .'«/S :'.o '/;'.' rr.' t ••- - ! 
i tf jjà tsâbHmAi^^'wmm ItM pf ^laifwdbcipte^'eiiéOTil iMatth 
volonté^ h'avôientle temps ni l'occasion d'examiner la vérité 
des doctrines enseignées ^dti^ti a^èU'es et TE^sépHihflivè. ïbut 
occupes de leurs cpntrpverses avecrÉglise rorààihiéetdte ceRe$qui 
ne tavuerfnt piis a di viseï* le protestantisme même en plusieurs. 



( 3^ ) 

oDiniiiiiiiioMia ik ^ portèrent piKeocore leurt regsrdb'tiMr lii 
pomt^queioua lef cfacétîena admeitoient, tn^ exdusiven^Mi.r 
çeiixcpii lear furent contestes par dautr^es églises; Acetteépocpi^, 
queles noy^tçnrs appellent Te^jaiiee pu le sonémâidela thédo*. 
gîe j les thtfologîbns prôtesIfloMto d#rAUema§De.en(^^peIoi»Rt en-. 
coreÀ l'Ëcritnre et; aw Pères , mI se yaptoiemit de l'sMcol^d d«.leiir, 
do<&tHne.àvecceUe de l'Église prii^MtW^k «On;ne peut exiger jd'aa-» 
» ii;i|ne église , a dit «n d» ces tfc^éoJlogLsiift de Va<)€^^>MI€» vo^fae « 
ÇçUopte^ .professent à Hdm^dit» (ifl''a^êtt»e:,d^.;do^io!ea 
»'âpnt yol:îgi|ie àe remonta pf^ au quatr^ènie pu einquièiiifi 

# aièele^ mais toute église ,. qni«ti^ri|ie^ ce.npm, doit recevoir c« 

* qu'ont reçu les âg^ primitift^ c'çst>k-dir«, r^criturjej la doe- 
r Srine des apètres teUe qu'file içst exposée dirns ies syij^boles , 
« les décrets des concile^ d'Epk^ et de Cbalcédoinç ^ enfin 
» tout caque ks.docte^jQS de l'ancienne E^^ise ont regardé c9tnme 
» iiéce^îre an saliit^.eIl«4oit rec^oir ce qu'ils reçurent, et cf^n- 
« damner ce qu'ils condt^mnèn^enti}» Cependant quelque iin^^ 
s'Ktfftieni 2i peinie écoulé^ depuis la.i^iort de^e théologien cliré-^ 
lien 9 que4éjà Tahsence d'un pouvoir revêtu de Taut^rit^ n^^ 
nessaîce^pkqiir ipaûi^teoir la ^bctri^f ,ét(abUe/a 4uffitfieat contnoa,^ 
fing p(miier}.^ fit^^ntir ^ ^^Ueiçagi^ et laissa iiAlibfe eoursr 
à^m^fon^e dJop^içi^s.di^j^arat^.qu^pulliiilèrent de tou^ part*. 
jte ^controverses interfninal^Ies a^ec les ca.thQiiqiies » •% d^ Vium^ 
ies dew gr^^diç* conii^uni^i^ . pro^eslmtes .conjtrjç l'»!tr«;t 
entretenoient une ceitaii^ ajgceur d^ 1^ W^'^^Jt f^^ iu^cnf 
<i^itbliiieri^1a,pli4p9rt^d^ th^fE4o^ ^t.4^&miu^U*e^ Ic^ be$pîn| 
^u CQGmr et l'^tf^tion 4uf$ ^}^sà^ Ki?^V^ d^ c^istianis«Bi#^ 
jUi^. imp^]^ion 4:iQ[n^rfârefj;^tdonM \e^Pié^tes^ qui n^ 
Jormoient, pi^ une se<^e distincte ^ ooiais un parti dans Téglise 
in^me. Ils s'attacUoient , et surtout Spemr^k montrer que tout 
le christi/ipisme. ^ rédoisçil 4 19 pç^!^^ç 4^ 1^. ^ertu ^ que ç« 
^'étoit pas>J'espi;it.,>|ii^is au cçe^iî^^'ilfalloits'a^rasseri q«e 
U sqe?HVe flft«ei;Yojt ^e ^iim > q^elp cp^J^issai^profonde di| 
^h. ^»iMH9>fB |î^,|^q}]L réfi^mer d/pj^i^^i^ f t des mkçrcliei 



HUé $UrlHMklM4e«MÎ ee ^i Mi'WrtippoMe pas-Airoâ^âEneiit 
h làîjfflftiquè^ilé'k VèilHi» a éxeirvëiifie ilièntelicè'fti&éÉte ^ur 'le 
e^ia«tère âe ^mbft, siùûi lîtfus IfMiileroiis tdttH4%earéi ^ 
at^iketélMiiitm iTtt êDΣ0|fi^ ;»Â?£âli^ ^^t à.ijailïVâDi OiMmA- 
buer èâ>gifata<ie partie ièé4ilttc>Vatidm.dàtigéreuséS;etaiiti:-«dit4* 
ééûAeg tH^HMoklgteiÀ dé FAlleixî^i]^ MdâérQe. 

peu'f^ntéèyVîiftfaiâoiiQ des tl^fo^ksns'àflemaiid^se'pdriif 'êlir 
le» ^é^'m ê^é^'Soéïâctiii, e^^âlRê^ «et >cte$ <i»»Mi9àal 

phifosopheël^çàîs. ^ attaqcM des éâîrtèS'les bMgeiAiM'ié 
s'çiectrpifr^'déi ^ndéii^ebis illéAieé du ^brtsiiaukme. €otiMtae 
cetrà-ci ^'i^fé^. atiàdiés é dAdcttHa^ér iiae la i^rëhifioii een^ 
ti^it la îràMto ; iés Aédlé^iëHa #eéi>ùhn^^itt aut rneuM ivriiiei 
pour proavtàir ^ue l^Une et rmiti^ Vkmtd^iècoédL éà ne aeëéta^ 
itaia pas'd'iftkblirpar k^rattcmiiinheîit la ^s^ibHttë èt% 
iié<!e9»îié d'Ahe vév^lUëùii ^'elD elitrépfrîtdeii^fouteT^klIeM)^ 
qtteinent ,^ ^^ 'qttet<{ii'iM^hge 'q^ ééla paràisae , qiMlq6èiMa 
même mathtttuftiqaèil^iiit^ IeÀ'dx>gtti^^pÉir^^ laTfisMé^ 
k -nature dà flUUémpteiit^ nbdafoktîbli , IViënkë éé» pèmfes; 
Oétté tmaAîè des'iiéihdttMrMMiik péàioàAéH^^^eii ceéx ^ 
s'^A occtpkréhi^^tfïli'pihtw^iMp tddt ce qdlte-Mm- 

imhlt^xùtL^ët IT'autrb^'KlMt^iehs ^ vèfi; b nifêâiè ëpoq^ie^ 
i'^éMtht'lWtêA des r^UevbbfeT t^8s*éteiiduès'$ùr tout dé'^irii 
hiMrèÏj^el^^cHti^tië kt Vlhterp^tiiiion de laiiBibte. BlMétait 
ëdîVàtti^ t^àdftfiërâd^it të tJ^t^M^é ^é TaUt^lé'im- 
t^ire à t<5i^ léi' ij^ptit!ii^Méè;# à^inhiëMèVétit l'MMèUl^e dfia 



X • r « 



t • % f .r f ^ 

t^fihié^iéitaîn^ ^ Hàiîgereu^es sur ht perfsclSHUté Ak diris- 
tiàïdéthè i iitir la tSl^hie «t le àrdit de là raison Irâmâiiié char^gée 
Ae lé'peHeoti^nnéi', âe tray^îller sfùf ces'ëlémeats^ et Se^déTe- 
I^î^ér^ fi^'iiiârî-nr le^'gènhM de vérité qu'on ttoûrdh dai^ 
ll^icfitiire saiti^. ^On' àtoit' Commence par montrer l'accôVa dit 
^rMÎIs^nS^nie svéc' %k ï^aîson , on finiistsoit par prexikirë'Ia raison 
{lldt^r%ase'y ett'faeonlaatît, d'après eBé, le diristiaiiistate. 
'; «'ISTous diôvons' patler tiiaiitftenant un peu plus en détail dei 
0|nlii6ii9 ^dé ^ifeinfifr, '«^né" léè iiôyatéûi^ àlteinaa^ i^^ardènt 
coïdDl^iéùi^ taÀaé et le ^àiïd r^orihatèut dé là rëlorme èllé-i 
itfftcA^. -Cb^er fut ek^ê p&iHfi les Piétiitès j él iqutôiqu^ son cà- 
ra^£i« et feî toilràùre èé sbà esprit lé^placetftiôin d'éut i^oiill 
^aii«i^>ëppoj^3rtftëùîoit^ifiéux dèlèitosotHniotis/leui^kléesru* 
Finntilité de toiitce qui nésè rapport pais ^liréctèmeftft Ji la^pra-»' 
tique 'défâ tertù , tét'leoir^i^v^f^ioilijovfr les controversés, qui se 
ctomgël dtes lui en lÀ^r!^ des d^etrineii inêméè qui étoîentfe 
ftajéf des controverses. '^RoiËlépoTèt dé départ déstravàia de cet 
hMtme, doué d^un^ intëQjgénce Vi^ûr^se et d'uHè'grâttde s«ga>^ 
lâté/ joitrt^& un amour insatiable des récherl:Iies'littérdîi*es. H 
ék&i\i ai'anit tout m^àces'dé ceux qui depuis qùèSqife temps 
Aiti^ediènft lettrs attaques icontne ies livres sjrmbcfliqaes des 
i^iîres'fifrotektantès; il ne regarda ces- litres cdmnie obligatoires 
qii*èii tant 'que 'tes gouvtëmeniénts léè avoient prescrits comme 
règlë'à- iééux 'qm éfoiént chargée d^ei^gtièr la religion à leurs 
peuplëi/et 11 pensa 'qu^2q[n'è8tout''ces cotrfes^âonsde fet ne pou^ 
voient séHrit qu'à mettre des entraves à Fosagé d^nne libellé ré- 
sultsnàftideb natufedu protéstantbtneet destinée Si conduii^è pro^ 
gressivettientkïineréfigioopltiséj^rée. Oànsses triant faisitotii* 
qites stirHes doctt*2tfés réfî^uses fl's^attâcha cousiatniniiient \ les 
i'epi^^eutéi' eb^fmie reposant eu girandé paHie suif' dès^ uutoH^ 
purefMent hiTmàib^} et quafat àYàdtbHté dé l'ÉdrMhrc> qu'il 
n^Oiscf?t'piB^'â!éHbrméneinent , il sut ^éluâè^en soutenant <}ile ses 
ënieii^einétjtl'ne s'adi^étontpas toujoiirèrl^ nous, queeé^vitaëli 
lid^ptô aûfldtlës èfàûk dis^bsîâons du temps où le cbtisliài^nte 



( 33a ) 

parutdansIemoQile n'itokfaMàntiDéahex: ipa tiédie phi9.44^iré* 
Celte bmeitse. théoriç deVaçcommodaiionf i^wpntée par Seniler^ 
deyint eptre les mains de ses suçcesseursi'annfs ta plus formi- 
dable dont OQ:se so^ jamais ser?î ppur atuqae^le christiaiûsme» 
Prs hpmmfs qui prétexidoient être chrétien^ ft professer VJ^^cn* 
ture sa^te ^ ppuvoient se débarrasser detçul ce qui leur d^plai-, 
soit dans le nouveaui Testament , en disait que Jésus s'est accoui 
inodé^ non seulement, dans la méthode* d'enseignement qfi'tï 
choisit, mais dans les doctirioies m^mes, à rigoorance et aux'pré<« 
).ugés des Juifs » cç-mrle qi^'jl ^t de aotir ederoir^de rejeter q^ 
parties temporaiis^ du christi^in^iiie.et d^ v^ fetefiir quejoe qu^ 
4ist es^entîelc et étçrneL Revenons à .Semji^ , ^ ^cipuf^na ses opî^ 
fdons surlecanon de.l'Eariture. Il ne toucj^a pas, directement :)i, 
ridée roçuesur l'ai^torî^ divine 4eilliYres canpfûqHeSj m«is il^Y 
dépendre la 4iTiBité d\iti^ ^yJre ^*^nmién^ifk tojut n/çuf et4ris-- 
dbngcreux^* desa valeur intrinsèque et de j^oi^ ^utilité morak. Sani 
parler de Vin^ulkance de ce ci;itérîinii p^oar ^blirl'prigîiie df^ 
vioe d'un livre, qqi décidera de sa. valpjiir iutrinsèqiie et de $ê^ 
utilité mprak ? La décision est évidemmeiU livrée aux caprices à^ 
l'homme^ et un siècle rejettera ce qni à d'^i^tres siècles avoitpsM 
respectable et nécessaire. C'est aips^ que Semlef: nia robJ^if^tiofi» 
pour le chrétien d'admettre l'origine divine et l'antoriié d'uii 
livre quelço^ique de l'ancieii TestameAt^ parce qu'il Ini paroiisoit 
/que ces J(i vres ne contribuent e^ rien au per&ctionncouent moia| 
del'bommi?. J!jê$. livrer histQriques 4» nouveau Testament ne 
J^ii paroîssoient. utiles qu'aux foibles^ sui lesquetsdes récits .d^ 
flti.ts font plus d'impression que les théories et lesprinqpes| et 
jiiémel^livm^ogii^atiqi^.ne spntji selon Jui, nécessaires aux 
forts que jusqu'à. ce qu'ib se soient emparés des vérités. qu 014 
pe^V j trouver : jsiprès cek ils doivent prendre pour guide la 
ifaifionfif^ppiJirra.lescpiidmrç plus loin que toute kKble. , 
; ^ «Une des idées iavorUes de Semleritoit l'eaisteiVBe«4ès,)ê 
içflini)E|fUQcen9^i^t,.cis d|6i|x partii; dans le cbristiaiqitfnç.^. l'att qM4 
vwfcoU cqA^iWV<ïr U noMvçHe religion ayç:; le jf^sijif, Tfpjne 



(333) 

• A. ■ r . 

<^omposë.de gnostiqàés'ou iHMifteë éclaires. JéïKM, lootis dit^il, 
cherdhoit à conciliief les uns et les autres :- en parlant au ^rtî 
jiudaïsant, il prt>(«ssoit an giraad respect poUr le système -reli^ 
gieii:!^ âes Juils; en s'àdressahl aux G^^stiques^ itae pfonon^ip 
avec forcé CQntre les préjuges diesJuife.! Après sa lûert; sams 
Pierre se mit à la tête des pro^yie^ Juîfa', Aoikt PiftfltMiHse 
dèmeuroit renfermée dans la Judée*^ Saint Paul , au <}<mtraire / 
devint le chef dâ pairti guoslîctae', qui chercha 'k géoéràfisèf le 
christiamsme et le rendre AtScepÙàAè aux païws« Chacun d«s 
deux partis procéda d'après, ses vues partioulièveS;, et aès ^ue 
lés apôtres furéntitiortsi ils Ise firent une guerre Qi|i¥.erte* Oftii^ 
le second siècle on is'aj^erout du niai qui résultoit'dece^tegufiin'e 
intestine^ oh forma le plan d'une Eglise catholique» et on chercha 
a concilier les systèmes de saint Pierre et de saint Paul. Les 
quatre évangiles que nous possédons sont ceux du parti judaï- 
sant; les monuments oi\ nous pourrions trbdvër les discours dé 
.J. C. adressés aux Gnostiqués sont perdus^ à Tèxception seulef^ 
ment de Térangile de Marciôn. Les lettrés deisatnt Paul apf^^ 
tiennent aux Gnostiqués, et les épttrés catholiques furent écrites 
dans le dessein d'opérer Vuiiion des deux partls.'Quant à Tépître 
•aax Hébreux^ qui contredit son hypothèse, Semler prétend 
^que saint Paul l'a écHte {four plaire au parti judal^ant , à une 
.époque où il espéroit' de pouvoir le gagner ; iqpis il renonça 
^plus tard <^ cette espérance ainsi qi^'aux déclarations auxqUcUe;^ 
die l'avoit détermine. Les épttr^y d'après Semier, n'étoient pai 
adressées aux fîcïèles, mais s^temeût au clergé de chaque Eglise. 
Il rejeta méine ^ur des questions purement historiques le témoi- 
gnage de ceux des Pères qui lui parot^sotent montrer peu de 
jugemeht. If nia l'^Hithenticité d«s œuvres' qu'on attribue à 
TertuUjen , et renvoya leur composition à un âge postérieur. 
£n matière de dogmes , il défendit les erreurs des Pélagiens , nia 
< la nécessité de la satis&ction du Sauveur, et ne vit dans la réeço- 
cUiâtion de l'iiomme av«G Dieu qiiele. césullal à'iàarAÊtlgiffMBt 
^ Viqi'al.qul's'top^ere dans sprt'iiUéHçfiV; 



r .* • . . • î ; , I ; 



< 534) 

ae pewl.4éqf^ijù^ Vv^mfXrmpl^ fwmma^. yaui^U qu'il çrf^if&,ii^ 
qaelroppfi*. It aifoct^ipt^t^ire desonreitrs» Hiai« h fffm^ 
<ipe «QrU^el41>eroit d6)tti;«JM» pur i^.ÎBti^st. Il.^4iiçLr^ p^*; 

icév4Iais(Wi mai? U comener^ b« r^^pl» >oet,aita4MVB|QiiAy<ç4fUir 
ktimUb «I l^sodre fidélité à ^«.gainais d«j)iea, 9^^,1^109]^ it 

protèslttt9flU«aFQ;o«ift4 luiAtttr* i«ti(d|A)9m^4f^ «éyf^qaf 





«ère, pronoDi^éà roGcajsii9Q,.da U coflst&iration axii .ivinhsjière 
protestant de l'apostat Aiuvp SâUfTeiSf. L^ vénérable .coinpa-- 
gnic des pasteurâ i hifbrmée de ta pureté des mùsiirs et dé l' non- 
néê^iie lu cîmdttià^Ati ijeàne abbé jm fùnnant mùcuà ifoiife 
0WM d ' ~ 

'heureux 

prêcher ïaparoh de 'Ùiets j de béait tés nMrèoige&'eantraetéssde^ 
Hmnt la loi ; ^tc. Il fteut être inU^rdeiairç cppnojJtfrf ff^tte mm^ 
jTelle Inmière des égiises «protestantes » c'est pourquoi notts 
croyons devon' insérer dans notre recûéllla Lettre suivante^ 'que 
ziou« ayons reçue imprimée d'un de nos corre^ondaïkt». -Miiis^ 
yqiiqaé leprotfiâftantisme est deacdndursi baa 9 «Qt qu'il piiU^lte Jfi^* 
ipéone .^roofite ^ nous nous abstiendrons de toote réflexion ; it 
n'y a pas ici matière à controverse. On sait quelle fut la fin 'des 
eonfétences de saint François de Sales arec Théodore de >Bèxe* 



i 



\i Mars i8a8* 






!lfE9«EUB8, 



ti 



Dans les numéros 6 et 7 de votre Jourofll ,''60iiis là^ Sâté des 'f et 

rMe oompagnie des pasteo^ viânt de faire dans la peifsonne de 
11. Arnaud Saintes. Le nience que tous afcz gardé stor les ântécédenta 



( 35& ) 

Potir ^oDNr 44ffleatioB, flioifti>qi^ifMMir celle du. puMe,: j-dl riMii«iM| 
de tôtti Bâi*fe8Mr^q««iqiieft''dét|iil0 qol YoiiK aideraatt ài a|^ré<5i«r>le ni#* 
l4té dé ce pieM el chaité jpfottfyur , 'qlKf <hi' ^kéndbh» cotilpagtiie V«iè 



«'ibpriBiiée' de r0e«v«ilr dan» MU «dhi. 



G<^ <f«i«e LeHFê» Momm lajaiedu 95. ftwrkr^ écrite par m G^ko^ ë(éiMî 

à Fark, Àun4ê^$ê$ Mitf d» Gimèvê* . 
.*■,'''• • . ■ 

« }e sidfi loin » <:1ier ami , de partager les sentiments de satbfaclîoa 
(|ae ta m'exprimes au sojet de l abjoraUoi» de M. Amand Saintes. Il y 
a eu oc ïa légèreté et « je pourrois dirç \, de rétOurderie dâi^s U facilité, 
aTec laquelle nios pasteurs ont açcneiltïce pèlerin françois, sans avoir 
pris, des re&9eijKtte/&ents préalables sar les moliFs qui ont gvL le pousser 
h' une pai'diDeSétkianfbéi fUi igiioir6|èn^ «ans.ddute que ce trsmsftige» 
àsips une bfooliiire |!|al»liéc éil iSslG*. a rëpi^ché* âut ministres dé 
Qëi^l^r^ éé né ptui â$ei* firêehgr Uf efoytmee dtai $êut DiBùen trois per^ 
àpthtesi de né pH^ oÀikt^ là âi^kdU de JétHs^ChrhtrWn même evt 
flmfïudeéKeé d'ajod^él*^ qtié^potfr faiiir àéê chrétiens des' pr(ftestants mio* 
éirmt/ii'fcl*tdToiikmtptéèhtt' VÈlfaHgUéeàriààe 6» Apôtmie'préchèrei^ 
dVimi^àpéAeniptii*W)\ - 




'église réformée de Genève vient de recruter un rebut 4e séminaire? 
Je suis a|lé'. aïkx informations sur la condoite du deur Amand Saintes. 
J^ai mjdheureàsement' acquis la conviction » i*. qu*il a été renvoyé dn 
séminaire dd Saint-És{)rit'ébbli a Pana; a'« que sans être marié et 
quoiqu'obligé ^au c^bat en «a ^alité de diacre , il a eu un enfant ; 
31« la naissance de. cet enfant donna U|eu« Tannée dernière^ k une 
ijCèBe-qiû ËLGohuffttre les allures de ce pauvre jeune homme , aveuglé 
et eiitratné par ses pasâons: 'l^*, qull voulut aller en Angleterre poKr 
^e faire ministre; 6*. cjull^e décida à faire le vojage des l^s^s-B^s 
pour essayer de s*y fixer'; 0*. -que Ht.' Coquerel , pasteur à Âmsterdan\, 
plus prudent que nos messieors dn consistoire , se déâa des yues et 
d dés 'd(sj)bàSti<Ms ^èh^étiéUtes de çét étt^iMf prédire , et rengagea à 
é' diriger se»p&ë ters Gettéte; ^".-^tté Foifgtrëît', le dépir,iér besoin , uife 
9 itnisott pstssiétknée éntéCéiéi iioMer^MÉî^ai ont' îttttdé sur cetle 
» ^émb0iistoM;dôBtla-^ftltéNbl«^(Mit)agiâW'm ik ixkaTàdfoitement tro* 
» f)kée. Geâèf é h*è#éif ^^ bei69n "dé {6fM&t m t)6inreau prétexté âti 

• tèprDe>he'q^'dn Ifti faft'kiélVé <iéften(f ; dë(:lilis^ trdi^ cents ans, le 
'» €fi<Utip^Aéite d&i&tté céul ij^ig&rùiû 'tont^lséetk'ti'drsmbvertH vùtX'DA' 

• Aie) , chap; ih), le ne fids j^tts myMèrè de litèn ô|iipton stir cet événé- 

• toient, qâlfaittori à nôlrWcatièét* Adieu ,art!kn' cBei'^mi; je fembrasSe 

• de to^t'M'onçi^ur:;;. » • •' .- ' • ' ' ' 

t^s VeHiïtfs IhaàséU^v^s AéiH. Aifittttd'Sâihles nlppétlent a;/^ deiona 
lèi chefs dp \k ré&teé. GaWîn fut cbassé de !<ayon , ss patrie , .pour du» 



( 386 ) 

pararflf^.de» mtSt^nU* Si q«ek|ii» jaliNU êKWsX/lke âoiO^iUr vtjUifM 
de nohUêH an réformateur de Genève , je m'en eomatilae à l'.a^^nQB Je 
déftofibol: officie«x, et je.-pc^ndi 1 eAgagemeal de iirodoife le» Ipr^eoTeK 
kUtoriqaes qui attettent le fait dé m^ 9fy.gmëjt$ê^ Je lOe. bome » daâa cette 
lettre , à citer le témoignage d'nn écriran contemporain , do grave et 
savant anglais Stapleton. Yoiâ ce qii*on lit dans le tome ÏV*** de ses 
CCovres , pag. 749 ( édition de Pari^, 1690 ) \ « Inspiciantvr eilam «^iu; 

• hodiè ci?itatis Noriodnaensis itt Picèrdift scrinia ei rernm gestaram 

• monnmenta t in illis adhùc hodiè legitnr Joannem bunc Galviunm , 
» spdgn^àB cpnvictum. , ex Episcopi et .magpstratiU indulgentîA , solo 

• stigmate in tergo nolatam , orbe ezce^sîsse : nec ejnjtr familias faodes- 
■ dssimi yiri , adhhc snporstites, impeti'are hacteni^s potnerant, nt Iiinai 
s facii memoria , qn» loti familise.notam aliqnam inorit^ è civids inis 

• monumentis ac scriniis eraderetur, * 

Vous conviendrez ^ Mesûeurs, ane X^panégyrUiê d^ jGahrin;, .qpi avoit 
i\é fort à portée d'être instroit oe Tanecdc^ qu'U rapporte, pmsqnll 
avoit passé sa vîc^ à Donai et à l^oavain ^ parle de IVeuture de $on, kif^ 
dans les tcripes d'un homme très-sÛT de son fait. Vous étiez probable^ 
ment moins sûrs da vôtres enracontant^ dans votre numéro du 17 jan- 
vier i8a8, la facétie burl^tqttê sur le pèlerin belge, dont les détails in^- 
mieux ont rempli s! honorablement une colonnei de votre feuille. 

Les archives du cabinet de Staint- James renferment de nombreux 
motiuments.de la pureté dee maure d'Henri VIII, fondateur de l'église 
anglicane : elles attestent,. depuiJi .trois cents ans,, i l'Europe cbrétienne 
que .ce prince, ne âe sépara de l'Élise catholique que parce que Borne 
condamna son union adultérine aVe^^i^i^Ç^^ Boule u, qu'if épousa da 
vlv9nt de sa légitime épouse Catherine d'Aragon, a^ec laquelle il' étolt 
marié depuis dizhuît ans. Plus tard; touché dcia beauté de Jeanne de 
'Srymour, il fit trancher"- "^- - -e**.i.__. ^. *>_ , , ..._. 

mofteen couches, il 1^ 

princèâsè . M la répudia 

O^vard. Il la fit décapiter eu iS4^ , et' prit encore Catherine Pat-r, jcéne 

veuve d*ùne beauté riivis8an!!é,\qui fut jpifé^ de.'sabi^ le même sort que 

Catherine^ Oward. 

Luther débuta d'une nuiniière «ussi édi^ifitfi dans ]a curriève ,d^ la 

. jt'éformatiptt; il épousa^ en L5a6«€at(herif»e,deB9rç» jcniie reli^ouse d'«ne 

grande beauté, qu'il avoit iait sortir de |on couvent dei^^ ans auparavant 

^our la eaUekieer et k séduire*. Christiaa innilM<ir.,, «avant saxon , nous a 

conservé daj^s la vie de Luther» la pieau pr^re q^e ce révérend père fai- 

foit d'abondance de cœmr t « Mon Dieu , par vojUpe bonté t pourvovez- 

;• nous d'habits » de chapeaux., fie capotes etde mant^i|ux ; ^e veanx hion 

^D.^gra^i de cabris, de .bœufs» de moutons et d^ géiiissi^f ;. de l;»eaacoup 

» de femmes et de peu d'enfants : bien boire p^, bien mapgçr, c'est le 

» vrai moyeu de ne point s'ennujer. » {Fita Lutheri, pag* i^aS.) 

Zuii^e , fondateur de la réformatîon'Helyétiqne , p/oùva la pittr^té du 
^ motif qui l'eugageoit à embrasser ce iiouviel évangile en épousant une 



((«7) 

vMli 4WiWtl%d^ni!WPfl |y[|vM^MtaiirMi''«Oiflei^ te^M une 

• brdfe et me ponise à l'incon^eiice , p«lM|ti*M eil' vml que se* ewt» ne 

• m'ool ^jà K{ae trop attiré 4e reproche^d^taoiljoraf^tfpviQi les ^ses.» 
rJ»par0iti0..<ic{â^i^.« tom* i*»P* i-i3*) 



Vous avez Thabitiide, Messieurs» de placer à la tête de votre jomrftal , 

3>as lé tHre Sipkàvnéridêê , qoelcraes traits de lliistoire de Génère , tirés 
(étNfiragmenû'biograptdtfaes et' mstoriques, extraits dèé ré^strës'da 
bbnséii' d^ëJai de la i'épubii<|ilê de ëehère, de i555 à 1793.' J'en ai aperça 
un grauill.Aombre' que t6us pourriez choisir aTec avantage your V hon- 
neur tU là réfùni^iiion. Par éKém^ë ; sur Fi-ânçois Bonnivard^' <?6g'/*âfidf 
^Ikomm^.^tt/ éxci<^a^rd<fmfVûhc|n iè to)ià àeaaD ifà^ùne vifrtu hérÙgtS petit 
ekeitê imoiwoir. Çé soiit.'lés ékpirelÛAons dje M.' ëéjl^ébier,. minutredu 
Buù^ Évangile ; ^dalns son' hifcioit>e liitérairé ; de' Oëuè^e. (Tome i*^ , 
pag. i5a.) / 

' ' « En i!»36; '11% iotaty on accorde à B^ui^arS .ànë pènsîdû de deux 
» cents écus par an, et un logement p(mr lui et'ses'emuts mâles Léoi- 

...'■../■' 

. » En 155^, .16 jan^er^ François Bçnniy^rd liyant c^ucM s^vec Aa ser- 

• vante,;, oii.luî défend d'habité^ plusavetî dfeV • ; ' ;;, 

• En i55;7 9: 19 fiéyrie^, yiol^e François Bonnivard estTççu bourgeois 

• ^atU. ... 

: - » En 1537, a julUf ot^ ^eti^ de pi^^ier les dettes de François Byni^i- 
» vard , mais on lVntretf(iuidra.s^il veujt «4vr< ^ni^^ 

. Vous i)«ves « <^fsû«D^j, ^Of Qepi^vjÇfmçifiJbe^e .vient de rendre ,bom« 
inag^ 4-la mém9iç^ d^ç(^ A^ros de la réforme », eh faisant impriùier les 
cbrpiiiqi|ef de Ocnî|[ve <m*ll^j|voit rédigées par ordre cfu gouvernement. 

» En i55o, 5 novembre, Cal^n se plaint , comme d*une dérision .con- 
« trûre i Tbonnenr de Dieiâ V de ce qiae Ion a inséré dans là sentence 
» dVin criminel eiéputé pour fausse monnaie , qu'il iiéioii retiré ici pour 
« la n^tgion , et alhii faces Uijourt ak prêche, 

• En 1543, 1*'. mai, M. Gautier remarque que plusieurs ministres 
« refusoient d*aller à Fbôpital pestilentiel , disant qu'ils iroiènt plutôt au 

■j»- difd>]4s. • „-.,.. n .;.. ..•....,.-, • V - ' " - 

• En ^'543, iSjui^ le» ministres -se,. présentent au conseil^ avenant 
■ qu*il seroitde leur devoir d'aller consoler les pestiférés, \uais qu'aucun 
» aeux n*a assez de courage pour le faire , priant le conseil de leur p«r- 
» donner leur foiblesse. Dieu ne leur ajaut pas accordé la grâce de 
« vaincre et d'afironter le péril avec l'infrépidlté nécessaire, à la réserve 
-» de Mathieu Geueston, lequel ofire dy alîer si le sort tombe sur lui. » 

Po«ir éyitieAr lli 'mouolDbie dana vos c&talioiiB ^ 'vous pbuArea «sittûre 
-d'auttas articles moîÀs graves. 

a En 1 54a , 17 novembre , ou donne à Calvin un ionneau de vin vieux 
^ • f our les peines qu^îl prend de la ville. 

■ En i555, tS aofil, trbôu^reab «st reçu bourgeon' gmdf es, -en «oh- 
9 sidération de ce qull a été établi en cet emploi. » 









(31») 

cvUsi^ P^jKT iMA ^Mm j>9m^f9*JÊià/^:kïkm^jk¥i^^ 

» En .1 5 66, 19 octobre, arrêté âè 'fiiure 'présent à l'a. dê'B^zé'aùâ 

•'diiérdevîft', li^datfcèxlfeiés'éertkea.' " ■'*- 

' • • •■••.. 

» En f5i3, 1*',^ d^epmbre,, nn ^Sj Di:eo^ei>s mii^^ est çensnvé 

pour aVp» occa0Ïoné'Ui|i'graa4 epaiidalQ ,. eii msant danann sermon 9 

» an snjet dips panV|:c9 . ^traiiigc(rs ({pe rdn dia^^e de lai ^le « qné., dans 

•' Genève , sur nuSe |«raoBnès, il a-y çn a pa.f djea;i <^e oharitables, et 

» que si Jésna-Chriat reTenoit^à prÂsont sùç'la terre, et €(^% Toniût être 

• rççu iîat)itant dé cette villa, pn ne Vondroft pas ]^ écouter qi^*il n\ât 
» cUb répondanU ; et <mt U ^Mteim offres to ^9s!^^t<f «l 'fumî^rtf^ ne nous 
» convenoiK pcMnt du tout. 

• En 1677 , 19 i^fner» lea^BÔmatirei^ je jpjaiment^ 1^ (tQti|fl|«e dé. 
^» lenrs gages, qui mt/qne nul né Tiéut faire î^^cEer ses eo^ats. pi^^r W 
» niinîaère , de peur <pi*âprèa wu ils n^aiilent k Lli6pital, cbmqa^. QeU 
» se voit tons Jes ion». 

» En 1634» aS âoÀt, on-défoiui, flar.ranf^il çoinst^oiréf. d« d|8(fî: 

• bner aficnne anioône., &Tjtn)itation dç^ papistes,. après 1$ d'éoès des 
a ckèfi de fafkiiiië, ; h f énr die lair entdrt^tt^t , devant k«r lAiSsoil. • 

Xabrè^e 1m «ililâoDs t cel)es-«nie j^ viens d« Yons. .i|idiqi|er snffirtiiit 
podi^-voils. mettre Mr la toie. .» lettre" ^falaé (r^bà^^àv VemMfn', la 
tendance qucrfi à devenir votre (telkbdittèâeJ^''' ' ' 

Ap^fçeliiier ^fpe ipé vtMiB^è'£^|f dsAft. nÊà'^ëiOê vàiaèkA, foa- 

yiM ]ààbd>épi^K(4re^qfid Maimndi^mtai^t^^ f^oas pmtr#erê4âi||f^ 

ter sàr moki exacthàdé , el vôiU épargnée la pHBiè 'ée vénfieir los* fii^tt; ' 

Tfkyyh^novf^^JéfimeaiÇAp de yOi)a »i|l«My»,. ; ... 






N. B. Le défaut d'espact nous oblige dm supprimer leflMéli^ 

> . . . - - itl" ' r '^'^>- ^ 1 . 'il . j > .. 

•'î^''., .\»< '1,1. il»' .. >} - 

■9k§t «Sa » lifiM» mB , «n .to«l^ koMgns « ilo» xmi^«M .lan^aéi. — 
P. aS; , 1. ai , ils gaérissent , iUez : îl guéri^oit..^7-r^^3a»4t *4» te ÏWÎt^» 
foibies que , etc. , liiez :1k viHté ; fcybles qve^ etc. — F. a^, I. 8 , les 
' hukialàes créatures , tlsér : les hettrëiises 'éréllIf^é/à^'.^'Af<f ; if i9{ Hoas 
faboient haïr , liiez ; nous raifoiènt tmhir. ^^Pi .a5»J^ î:>|, i|'aaî'd«l>f as , 
Xîs«^ i n'^or^Dt i^a^ ta! ^ P. . a^ » L 6 K A^ÀPi» lfêff^} ^Ijpft, r* ^^A ^ ^^ ' 
4àétracteun « fiscs : admiratelir^k . • . ' 



« •« 



1 ''. *' • * > 



LE 



MÉMORIAL CATHOLIQUE 



JUIN 1828. 



• Avis AUX SoUSGftlPTEVBS. 

Messieurs les Souscripteurs dont l'abonnement expire aveo 
la livraison de juin , sont priés de le renouveler incessamment, 
pour ne point éprouver de retard dans V envoi de leurs numéros. 

Les lettres , demandes et envois d^argent doivent être affran* 
chisj et adressés aa Directeur du Mémorial , dont 1^ bureaux 
seront , à dater du i5 juillet ^ bue des BEiinc-ÂRTS 9 n*. 5^ près la 
rue de Seine ^ faubourg Saint-Germain. 

Quelques réflexions ▲ l'occasion de l'obdonnange-Feutrieb , 

ET DE l'obDONNANGE-PoBTALIS. 

C'est le propre des socie'tés qui vont finir de ne rien prëvoit , 
pas même leur fin. Un mal profond les dévore; elles le s^^ti tentai 
mais elles ne le connoisseni pas. D'où leur vient ce inal ? elles 
l'ignorent ; quel en sera le terme ? elles ne le savent pas davan» 
tage : car l'ignorance du passé leur voile l'avenir. Or , dans ce 
dénùment de souvenirs et de prévisions , le seul sentiment qui 
leur reste est celui de la douleur présente ; encore sont-elles 
impuissantes même à l'exprimer. Demandez-leur , en effet, ce 
qu'elles éprouvent; elles vous répondront « qu'une maladie 

9 34 



(34» ) 

» iiTD^fnrtssABLi ks irdvailiû (p , » eft cette léfowu est à-Ia-fots 
1« seule définition qu'elles eu peuTtnt .donnei: , et le seul reniéde 
^VQes 7 savent apporter. 

Dans cette disposition des esprits, tout événement les prend 
toujours au dépourvu. Ih en sont éblouis » mais ils n'en sont 
pas plus éclairés. A mesure même que le mal s'étend , leur sur- 
prise s'accroît avec lui , et chaque nouveau symptôme de mort 
est pour eu4[ un nouveau sujet d'étonnement. De là aussi cette 
incrédule antipathie pour les avertissements y cette obstina^pn 
de révolte contre Içs prévisions de la sagesse ^ que rien ne peut 
vaincre ^ pas même les dures leçons de l'expérience. En vain 
fout ce qu'on leur a annoncé s'est ponctuellement accompli , 
ils n'en ont pas plus de foi dans ce qu'on leur annonce \ et Ton 
diroit que c'est de ces hommes qu'il est écrit : t Ha entendront, 
» et ils ne comprendront pas; ils regarderont , et ils ne verront 
f point : car leur cœur s'est appesanti \ leurs^oreilles se sont 
» fermées ainsi que leurs jeux , de peur que leurs yeux ne 

> Toient, que leurs oreiUes n'entendent, que leur ccBur ne 

> comprenne^ qu'ils ne se convertissent | et qu'ib ne soient 
» guéris (2). » 

Un événement récent confirme cette observation. Deux or- 
donnances anti- catholiques , anti-sociales , viennent d'être 
rendues sous la signature d'un évêqne et d'un magistrat; et 
aussitôt le premier cri qui s'élève de tous les points de la France 
est unxri d'étonnemeut. li domine , il couvre , il étouffe pres- 
que les gémissements de la douleur hi plus yive , les accents de 
la plus véhémente indignation. «f^M'/craî?,... Sepeut-U7.^*, 
% Qui s'y attendozt?.,,. Qui l' aurait cru?,.., » voilà ce qu'on 
répète , ce qu'on entend de toutes parts. 

Quant à nous, nous l'avouerons , si quelque chose nous 

(i) B<pU<i*tion de l'état de la Mciété» donnée par H. FrayiMnoiM à la 
ehumbre des dépotés de 1836. > 

(2) Paiiage dittïe , ch. VI , ▼. 9 et 10 » eité par Mint Paul, daot iet Actet 
des apôtres , ch.^ XXVI II. 



. ( 3ii ) 

«étônue ici , c'est ccl ^toJunement même $ et tandis qu'on de- 
mande autour de nom comment de telles mesures on^t été prises , 
comment une si odieuse persécution s'élève, comment on a osé 
k ce point violer les lois de l'Église , dépeupler le sanctuab'e; 
attenter aux droits de Tépiscopaty meconnoître l'autorité des 
pères, sacrifier l'avenir des enfants /entraver la liberté des vo- 
cations > scrute}* le secret des consciences*, rompre les pactes 
faits' entre Iliomme et Dieu , en' un mot , outrager à-la-fois. la 
justice divine dans ce qu'elle à de plus sacré , et la justice 
humaine dans ce qu'elle a de plus vénérable ^ de notre c té, 
nous demandons, au contraiie, comment il pourroit en étrci 
autrement. Eh quoi \ depuis bientôt quinze ans on semc 
IcA^ntj et vous vous étonnez àe recueiilir les tempêtes T,.,,. 
Depuis bientôt quinze ans on met l'athéisme dans les lois, 
et vous cherchez encore la justice dans des Ordonnances !...; 
On matérialise la société 9 et vous invoqiiez encore des di*oilt 
jtpiritueb !..•. Parmi. trente millions. dliommes on ne reeôn* 
Boît plus que des individus , et vous venez revendiquer les 
dixkits d'une corporation !...» On a consacré légalement la sp(^ 
Itation sur tout le sol de la France , et vous vous scandalisez que 
Ton con6sque. aujourd'hui , par supplément , quelques pro* 
pl-iétés particulières U.,. On dote la prédication de Luther , et 
TOUS attendez àé ceux qui salarient l'hérésie qu'ib respecte* 
ront le dépôt dé la foi!.... On vote des synagogues , on édifit 
des mosquées , et vous ne concevez pas qu'on laisse tomber des 
églises !.,.. Les loges maçonniques , les clubs révolutionnaires , 
les congrégations libérales, sont ouverts à quiconque y, veut 
entrer , et vous êtes sarpris qu'on ferme la porte des séniî- 
naires!.... On octroie aux professeurs d'impiété le privilé^ 
d'empoisonner la {eùnesse mondaine des leçons dé l'enfer ^ et 
vous demandez pourquoi l'on dénie aux succeiseurs des Apd* 
très le droit d'instituer , près des jeunes lévites^ les interprètes 
de la parole de Dieu !.... On vous enseigne que le pouvoir civil 
eêl, par essence^ indépendant du pouvoir spirituel > et vous 

al* 



•>*f.. 



(340 

n avex pas encore compris qu'en définitive cela signifioit que le 
pouvoir spirituelest nécessairement Fesdavedupou voir civil !.... 
Tous avez entendu , dans le royaume du fils atné de Téglise , 
traiter dV/nz/iger le Père commun des fidèles^ le Pasteur des 
pasteurs , rÉvéqœ des évéques, et vous ne voulez pas qu'où 
étende maintenant à quelques prélats cette dénomination galli- 
cane et constitutionnelle !..*.• Vous avez ouï proclamer sans 
opposition y dans un tribunal 9 que tout français a droit de 
nier la Divinité {i) , et vous vous imaginiez qu'on /especteroit 
les loisi les autels 9 et les ministres d'un Dieu niable L,.. A la 
place de ce Dieu ^ on vous a appris à ^dorer l'or , et vous refu- 
seriez de fléchir Iç genou devant, huit mille fois cinquante 
écus ! «.. Chaque jour 9 on vous crie aux oreilles que la vo» 
lonté des Rois constitutionnels cède à la volonté des ministres 
responsables , et vous demandez comment le libéralisme 
d'im ministre a pu faire violence à la piété d'un Roi!..,. A 
cette même tribune enfin , on a entendu , dans leur ambition 
UUmîtée, desjiommes prodanier leur orgueilleuse omnipo* 
tance, et votis ne voulez pas que ces nouveaux Tout^Puissants 9 
limitant l'antique sanctuaire , ^sent mâmteitant à Dieu ce qu'il 
dit un jour à la mer : Tu liiras pas plus loin /.... 
: Ah! de grâce, soyez plus conséquents. N'attendez pas, n'exi- 
gez pas . l'impossible ; ne demandez pas que le mal n'enfante 
pas le mal 5 ne demandez pas comment un ahime appelle un 
autre abùne : car c'est l'inflexible loi de la nature. Regardez ce 
qu'on à. fait, et vous comprendrez ce qu'on ose faire. Si vous 
aviez plus tôt interrogé le passé 9 il vous auroîl dit lé présent 9 
comme le présent vous dit assez l'avenir. Pleurez donc , gé- 
missez sur tant de maux, mais ne vous en étonnez plus. Ignorez- 
vous que la Providence a soumis à d'invariables conditions la 
CQnsçrsration des sociétés humaines } conditions d'ordre , 
d'obéissance 9 de foi, de justice 9 d'honneur 9 qu'on ne viole p«& 



(1) Plaidoyer ea favear de i'aposlat Dumoateil. 



{ 343 ) 

îfDpuiiéiiieiit.Crojies-TOiis que ces mots doctrines de vie et doc- 
trines de mort fussent des paroles vides de sens 5 et qu'elle n^ 
renfermassent pas rëellemeikt ou la mort ou la yîe ? Ne saviezi 
TOUS pas qu'il faut que les peuples ^ comme les individus , choi-» 
sissent eiitVe elles , puis en subissent jusqu^aux dernières cotisé- 
quences ? Avez-vous oublie que les.fiBiùtes engendrent les fautes ^ 
qu'une premiérje lâcheté en produit mille autres , qu'on ne 
peut rien refuser à l'einnemi auquel on a accordé quelque cliose, 
et qu'on arrive insensiblement à tous les crimes en passant par 
toutes les foiblesses ? 

Maîs^ dira-t-on peut-être, ce sont moins ces événements eux- 
mêmes qui nous étonnent , que le nom des hommes qui j ont 
pris part et en acceptent la responsabilité. 

Ici , se présente l'occasion de signaler un préjugé générale'* 
ment répandu aujourd'hui, et qui nous sendii^le la source d'un^ 
multitude d'opinions erronées et de faux jugements. Nous vou* 
Ions parler de cette prévention qui attribue tout aux hommes i 
et rien aux choses. 

A force d'individualiser, de matérialiser, nos sage» philan** 
thropes sont parvenus , en effet , à nous fiûre oublier que le 
monde est pourtant soumis ji des lois générales et intellectuelles 
sur lesquelles le temps et la matière n'ont point de prise ,..et 
leur philosophie, soigneuse à nous cacher Vesprit qui seul vi* 
▼ifie la société , nous a , par degrés , accoutumés à n'y plus 
Toir qn*un corps, et par conséquent à la considérer sous un 
rapport purement physique. Or , dans ce système , Vhomme 
( ou pour passer rapidement du principe à l'application ) , tel 
homme est le moteur unique et universel. Objet de toutes la( 
craint<^s , de toutes les espérances , de lui seul , dit-on , tout 
dépend. Il apporte ou emporte avec lui la destinée df»empires» 
Les regards des peuples sont incessamment fixés sur lui : ils ne 
s'élèvent pas plus haut ; et pour ces spectateurs à vue canrte , 
le secret de leur ayenir est comme cache dans son élévation ou 
dans sa chute. 



( ^44 ) 

Mab, Jaits cette manrère 4e voir > Il y a aiijourd'hiil toat aii^ 
moins anachronisme. Car , si dans l'histoire 4es peuples il est 
nne époque où les hommes fo&t les doctinbes/ et partait la' 
tociëté , il en est une autre où la sociëtë et ses doctiînes. font 
les hommes ; et c'est là où nous en sommes. Ce n'est pas , en 
effet, quand eeux qui ayoient reçu mission de tout régénérer 
ont laissé tout corrompre , quand ministres choisis de Diep 
pour le bien ils ont tout f lit pour le mal , quand enfiii ,: en 
abdiquait la fustice , ils ont arec elle ahdiquë la force, eé«'eèt 
pljus alors qu'ils peuvent prëtehdre encore & soumettre àeê 
întelligeDces qu'ils ont eux-mêmes instruites à la rérolle , 
it captiver des volontés qu'ils ont proclamées libres , à iin** 
poser des croyances qu'ils ont déclarées ixidifierentes ^ à ré« 
clamer un dévouement qu'ils ont d'avance nommé folie, ^ê^êu 
mot , h régner sur des esprits qu'ils ont divisés et sur des cœurs 
qu'ils ont flétris. Non , les hommes aldrs ne sont plus rien. 
Loin de diriger les choses, ce sont les choses qui les dominent. 
Emportés par le tourbillon des passions populaires qu'ils oAt 
soulevées y leur égo*fsme saisit en passant l'autorité , et s' j cram- 
ponnée aussi long-temps qu'il peut ; mais c'est pour en jouir et 
non pour en user. Uinistres-esclaves de l'Esprit mauvais qui tj^ 
rannisele monde ^ toute pensée, toute volonté propre leur est 
interdite ; obéir et se taire , voilà leurs privilèges , et , pout 
eux , s'élever au pouvoir , ce n'est qu'atteindre à rimpuissance« 

Si l'on avoit considéré plus tôt cette vérité, on auroit expli^ 
que sans peine ce phénomène autrement inexplicable. On auroil 
compris comment une muUitude d'hommes divers se sont suc4 
cédé aux affaires , sans que , pour cela , les affaires aient 
jamais subi le moindre changement ; comment cette perma* 
nence de^^•Jstèlue a pu résister à cette mobilité d'adm\uistra-t 
lions f coinment, enfin , la révolution a constamment poursuivi 
sa marche victorieuse à travers ce qu'il nous a plu d'appeler \ak 
restauration. Et certes, en ce genre, on ne nous a pas épargné les 
expériences. Que d'hommes différents n'a-t-on pas essayés ! c|uo 



( 545 ) 

d« miinftèrÀ de toutes les ppiniontl que de m«}orlléi<l& touUr 
lesf couleurs l que d'aUiances on a iaites ,, défaites , reEaites ! 
Qn a eu des chaiid>res monarchiques » des chambres libérales , 
deè chambres înfrout^a^i^s , des chambres retrouvées^ on a fjsiit, 
dfls pairs républicains j, des pairs royalistes ,. des pairs impé- 
riaux , des paii» constitutionnels j^ on a fait de tout..* y excepté . 
de, Tordre ^t àp la justice , excepté de la. stabilité et du bon- 
heuv, 

.^Quaat 11 nous^ niojrons donc çnfin les. choses comme elles 
aoiit^ çt alors nous ne demanderons plus ni bonheur ,. ni stabilir* 
Èéy ni ocdre^^ni justice aux hommes en pouvoir^ car cela n'entra 
pas dan» leurs attributions constitutionnelles , et ce n'est pas 
pour cela qu'ils sont ministres* Ils le sont , parce que la révolu- 
tion a encorjebesoio d'eux , et qu'il iCaut qu'ils continuent à son 
profit ce que leurs prédécesseurs ont commencé^ ce que leurs 
«nccesseurs achèveront. E^ c'est ce qu'ils vous diroicnt eux- 
mêmes > s'il s'en trouvoit d'asseï sincères pour vous révéler la^. 
poids des chaînes qu'ils portent, l'ignominie du joug qui leur est^ 
imposé. Nous leur rendons même ( du n^oins à plpsieurs d^en^^ 
tre eux) la justice ducroire que, si ayant de signer leur pacte avec 
l'ambitioii^ils en connoissoient bien, toutes les clauses secrètes ^ 
ils s'aiprêteroieAt épouvantés;^ et,. (pour finir par un exemple, 
qui se rattache aux circonstances actuelles^ ) oui , nous croyons 
que si M. Feutrier y. alors qu'il s'arrachoit au^ tendres adieux, 
de ses paroissiens ponr arriver au ministère en.passant par un 
évêcbé, si alors il.avQÎt pu voir^ dans un si prochain avenir ^ 
son nom apposé à une ordonnance de persécution , et qu'ileût 
alors jugé comme simple chrétien ce qu'il a depuis- osé faire 
quoique évéque et connue minisire ;. s'il avoit vu, des Princes 
de L'Eglise-, da vénérables et saints Prélats lui déclarer qu'il ve« 
noit d'élever entre eux et lui une* insurmontable barrière ; s*il 
ayoit vu le sacerdoce entier se lever comme un seul homme ^^ 
et commencer , a cause de lui , des prières publiques comme 
f n ua temps de peste ou de famine ; s'il avoit entendu des mil> 



( 346 ) 

liers defiimilles désolées lui demander d*oùlui rient ce droit de 
leur fermer le sanctuaire et d'empêcher leurs enfants de se coh- 
sacrer au Seigneur et d'offiir à l'Eglise de Jésus-Christ des mi-' 
nistres fidèles à ses lois pour la consoler des ministres qui les 
violent ; si , à c6té de ces douleurs catboli<}ues , il avôit pu' 
entendre les joiôs révolutionnaires , et aux reproches sévères 
des uns se mêler les flétrissantes félicitatiobs des autr^ïs ; s'il avoit 
vu enfin ses appartements , dépouillés de prêtres , encombri^ 
des habitués des clubs , et parmi ces livrées dé Timpiété , sa 
croix pastorale briller seule comme un rooiords T . ... oui , nous 
n'en doutons pas , effrayé de lui-même \ il se scroit prosterné 
devant Dieu , et lui auroit demandé une retraite profonde où 
il pût fuir avec sa conscience. 

• Le comte (yMAsonr. 

Post'Scriptum, Notre biit principal ayant été de montrer que 
ce qu'oii vient de faire est le résultat nécessaire , inévitable , de 
ce qu'on a fait depuis quinze ans^ nous ne sommes point entrés 
danflrl'exaimen approfondi des ordonnances ^ et nous n'avons pas 
cherché à faire resscnrtir, en détail;, toutes les absurdes iniquités 
qu'elles renferment. Cependant cetexamen, dont nous reconnoîs- 
sons la^ haute importance, ne sera pas négligé^ le soin en est 
confié à de plus habiles que nous ^ et un écrivain ecclésiastique 
s'occupe en ce moment de ce travail ^ dont la publication suivra 
de près nos réflexions. En attendant , le Mémorial auroit voulu 
pouvoir offrir à ses lecteurs la réunion des excellents articles de 
la Quotidienne, où la question est considérée sous toutes ses^ 
fiices et examinée dans toutes ses conséquences. Mais leur 
nombre et leur étendue ne le lui ont pas permis. Heureusement 
que recherchés partout y partout lus et relus avec une pieuse 
avidité , une réimpression n'aj<^uteroit rien à leur publicité ^ 
comme nos éloges n'ajouteront rien à leur réputation. Toute- 
fois^, c'est pour nous un besoin de féliciter Fauteur , dont la foi 
a si heureusement inspiré le talent^ et en remplissant 4:e devoir. 



(34?; 

il nous est doux de retrouyer un rédacteur du Mémorial dans 
cet éloquent et courageux défenseur de l'Eglise. Il marche dans 
une carrière où nous sommes fiers de le suivre , où nous serons 
heureux de combattre avec lui. Plus son dévouement lui attire 
d'outrages de la part des impies, de censures de la part des 
lâches y de réprimandes de la part des niais , plus nous lui por- 
tons envie; car la, haine des méchants et le blâme des sots, voîlà 
notre patrimoine à nous autres écrivains catholiques ; et tout 
en nous réjouissant^ dans cette occarioù, de là fortuné subite que 
lait un de nos frères, nous ne pouvons nous défendre d'un petit 
mouvement de jalousie en lui voyant adjuger une si grande 
part dans l'héritage commun. 



BULLETIN RELIGIEUX. 

Depuis quelque temps le bruit s'étoit généralement répandu 
que des ordonnances , destinées à frapper les petits séminaires , 
étoient prêtes. Cependant quelques personnes en doutoient 
encore ; elles pensoient que le rapport de la commission ayant 
été£Eivorable à celles des écoles ecclésiastiques qui étoient le plus 
menacées, il n'étoit pas à présumer que le ministère prendroit 
des mesures contraires aux conclusions de l'espèce de tribunal 
qu'il avoit lui-même établi : car alors à quoi bon des commis- 
sions? Ce toit là de l'ancien sens commun i donc il en devoilêtre 
autrement. 

La minorité de la commission appartenoit à la majorité de la 
chambre, qui possède aujourd'hui la "puissance du gouverne- 
ment , et cette majorité imposoit au minislèfre le sacrifice des 
établissements ecclésiastiques , pour préluder à d'autres destruc- 
lions. Que nous donnerez-vous , lui disoit le ministère, et nous 



( 348 ) 

Toui les livrerons? tm budget , rëpon(ibc^«/Le amiHsU éîmït 
boa, il fut concla* 

Noos n eûmes plus de dotttes k cet ^gardlorsque Hoas ytmet. 
M. le ministre de» Affaires ectlésiastiqoes venir, à la tribune de' 
)a chambre des dëpntës y se laTcr d'avance les mains du juge- 
ment qui alloit être prononce dans Je conseil : sa modécatioa 
sinistre annonçoit des victimesé 

Cependant iout n'étoit pM fini t le ministère avoit à isaincre 
d'augitttes répugnances. Ce* que les joucnaux en. ont rapporte 
suf&t pour en donner une idée. Les ordonnances , long-temps, 
ajournées, sont envoyées au Moniteur; dans la ni^it, un ordre 
précipité les retire i te fut un de ces» moments d'hésitation et 
d'angoisse où on 61s de saint Louis voudroit ne savoir pas écrire. 
Les ministres , qui pressoient une royale main de* souscrire à 
l'arrêt fatal , avoient donc oublié qu'un zutre Bourbon , dont h 
religion aussi avoit été surprise par des conseillers de malheur, 
a déposé, dans les actes mêmes de son martyre, sa profonde 
douleur d'avoir contristé, sans le vouloir, TÉglise de Jésus- 
Christ : vénérable ordonnance de repentir , signée- en présence^ 
de Dieu et de la mort* 

Le passé n'a plus de leçons* Le miabtère redoubloit d'inst 
lance. Deux machines joujèrent dans ce moment décisif : l6 
spectre de l'accusation contre l'administration déchue e*agitib 
avec une fureur calculée pour la circonstance, et afin de câliner 
des terreurs d'un autre g^nre, des casubtes figurèrent. Pour 
dernière scène, les ministres présentèrent leur démission | la 
veille du vote du budget, c'étott plus qu'une menace : les ordon- 
nances furent signées. 

Que M. Portalis soit entré dans hi fédération des Pombal et. 
desd'Aranda, cela est tout simple. Mais M.' Feutricr auroità 
remonter un peu haut dans l'histoire de ses prédécesseurs sur lé 
siège de Beauvais,pour rencontrer un précédent qui ressemblât 
à son mariage avec la révolution. 

£n attachant son nom» et plus que son nom , k cette perséqu.^ 



(359) 

tîoo de rÉglW»« j Mt.Fcutrier a rompu «t^c f <^4scopar, Pe véàé^ 
nbles pr ëliits lui avoient repréêenié , lorsqu'il en ëtoit temps 
encore^ toutes le» suites de cette démarche s ib n'a voient riéii 
négligé pour l'arrêter sur la pente de cet abtme^ dans lequel il 
entraîné FÉglise de France. On assure qu'un illustre archevêque 
a'avoit pas hésité à lui annoncer, en prppres termes^j, que tout 
Tépiscopat lui tourneroit le dos. Mais la révolution , qui le . 
regardoit en face , fit un signe , et il4>béit. Du reste , il ne peut 
concevoir que des évêques lui adressent ces lettres insole^ates, 
car, dit'il> comme evêque je suis leur égal , et comme ministre 
leur supMeur* Cette expr^siqn est modeste, de la paît d'an 
homme à qui M. Dupîn a déjà décerné le titre de président du 
culte de TEtat. 

Le clergé est peu disposé à 8ialuer4e président du cultéé Son 
salon a été déserté par les évéques et les prêtres qui étoient dan» 
l'usage de s'y rendre, excepté, dit-on, un abbé qui a écrit je 
ne sais quoi contre M. de La Mennàis. Un prélat qui étoLt venu, 
ignorant les ordonnances, s'égarer dans cette solitude > se hâta 
d'en sortir. Fji revanche, ce salon ^ naguère ecclésiastique, 
s'ouvre à des réceptions nationales. Il est orné par la présence 
d'illustres frères et amis , assez éton|>és toutefois de se trouver 
réunis chez un évêque. Aussi M. Méchin n'a quitté l'hi&tel de 
Monseigneur que pour s'en aller plaisanter sur cette singulière 
visite dans un café du Palais- Rojal. 

Le» journaux ont annoncé que les évêques présents à Paria se 
concertoient sur les mesures nécessaires dans des oîrcoustancet 
aussi gra?es : la France catholique les attend. Dans l'ancien 
régime , il eût été naturel de porter aux pieds du trône le témoi-* 
gnage d'une affliction profonde, tempérée par l'attente d'un 
décret réparateur. Mais ce moyen ne sauroit donner aujour- 
d'hui les mêmes espérances. Qui ne sait qu'un roi constitution- 
nel n'agit que par des ministres responsables, qui dépendent des 
chambres, dépendantes elles-mêmes de l'opinion , dans laquelle 
réside aujourd'hui de fait la puissance souveraine? Aussi es;-il à 



( 35b ) 

croire que les ëvêques jugeront qae le vrai moyen de créer une 
forte et salutaire opposition aux envahissements du parti anti« 
catholique qui traîne le pouvoir à sa suit^ , sera de s'adresser / 
non pas seulement à ropînion, mais à la foi de tant de millions- 
de Français, cruellement blessés dans leuvs intérêts, les plus 
chers 9 et de réveiller» au nom delà religion' persécutée, tout 
ce qu'il y a de vigueur et d'énergie dans la conscience d'une na-i 
tion : on l'a dit , il faut parler au peuple dans les démocraties. 

Déjà M. l'évéque de Mett , frappé de cette nécessité de l'état 
actuel^ avoit jeté le cri d alarme, dés qu'il avoit eu connois- 
sance du rapport de M. Portalis? et déplorant le perfide système 
suivi jusqu'à ce jour pour enchaîner la voix de l'épiscopat, il 
s'écrioit dans l'ardeur de son zèle : « Le corps épiscopal ne dit 
» mot. Il n'a pas parlé , depuis ses répoiises aux interpellations 
» de Buonaparte sur un des points principaux de la discipline 
» générale de l'Eglise. Il existe dançun état habituel de disper* 
» sipn, dont tout le monde connoit la cause, dont chacun de 
» nous gémit. Nous gémissons surtout de voir qu'étant ré- 
» dnitSy comme nous le sommes^ au» milieu des immenses- 
» besoins de la Religion , à nos propres lunùeFes , à l'impossi** 
> bilité de nous entr'aider ^ à l'isolement le plus complet , c'est 
» néanmoins toutl'Episcopat que Ton signale comme responsa- 
» ble, dès que la plus légère prévention s'élève contre quelque 
» acte particulier ou quelque opinion individuelle. On nous. 
» refuse , on nous interdit tout ce qui nous constitue Clergé de 
% France, » (i) 

Les effirayaates mesures qui viennent d'aggraver la servitude 
de l'Eglise de France , et qui préparent sa destruction , ont coil* 
couru y comme cela de voit être, avec de nouveaux efforts du 

(i>) Oàsarvatknu dt Cévêque ée Mfii* sur Cétat de prévention de désoùéksanee 
aifdD toit du royaume, dans lequel le rapport au Roi, du- 20 Janvier dernier , 
par H. le garde-des-sceaux , et les actes officiels publiés en eonséqu^jnee « 
placent tous les évêqaes aux yeux des peuples, Broch. in-8*.; prix : j5 cent, et 
90 cent, par la poste. Chez Rusand ,. rue duPotde-Fer, n". &. 



( 35. ) 

parti y eh faveur des libertés gallicanes : car il sait très-bien que 
cette servitude et ces libertés sont au fond la mênie chose , et 
M. Ch. Dupin vient de déclarer , avec Fassentiment de ses col- 
lègues y que les deux ordonnancés persécutrices étoient une vic- 
toire remportée sur l'ultramontanisme (i). Ces rapprochements 
méritent d'être remarqués , et sont cent fois plus instrucltfs.que 
.de longues dissertations. Les faits parlent^ et malheur à ceux 
qui restent sourds à ces dernières leçons ! 

Dans la séance du 4 juin , M. Benjamin Constant^ député pro- 
testant, etc. , a voit dit : « Jetie veux pas abuser de ta patience 
» de la chambre : je vois qu'elle est peu disposée à écouter les 
» réfutttions. Jfe me bornerai à ime dernière question , que 
» j'adresserai à M. le ministre de l'instruction publique; je lui 
» demanderai comment il se fait qu'il ne voit pas que si un 
D journal reUgieux se permettoit des attaques contre ce que 
» tout français doit respecter, contre ces libertés de l'église gal« 
» licane que nous chérissons tous.... (On rit à droite. )' 

Le lendemain y il adressa au Constitutionnel les observations 
suivantes : « Il n'est pas étonnant que le tumulte qui a si triste- 
» ment signalé la séiu;ice d'hier, vous ait empêché de saisir lé' 
» sens d'une des phrases que j'ai prononcées. Il m'importe 
» cependant qu'on ne m'attribue point le contraire de ce que 
» j'ai dit. Loin de prétendre que tous tes journaux qui s'occu- 
» peut de matières religieuses attaquent, soit les libertés de 
»• l'église gallicane, soit l'autorité royale, telle qu'elle résulte 
» de la charte, j'ai af&rmé, en opposition avec M. le garde-des- 
» sceaux^' qui les dénonçoit comme dangereux, que plusieurs 
» d'entre eux ne se permettoient rien qui fût contraire au res- 
» pect dû au gouvernement, à la religion et à notre pacte cons- 
». titutionnel. En parlant ainsi 9 je pensois à des feuilles très- 
» recommandables , le Journal de la Morale chrétienne y la 
n. Revue protestante , etc» • 

(i) Séance da 27 jaio. 



( 003 ) 

De son eàtéj U Constitutionnel ^ en apprenant Textuence de 
TAssQciàtion pour la défense de la Religion catltollque, s'eat hâté 
de publier le prospectas d^une contre' association. Convoque- t-il 
k cet effet les protestants^ les déistes ^ les athées? Non, une seule 
c&QSÇ lui suffit pour organiser un vaste plan d'attaque contre la 
Religion catholique : lises ; 

ÀasociATiov £irivaELiQu& tovr la défevse des libeat^» na 
L'sGiiss galucâhb et du JDBaiT pUALtc nst Paauçaisi • 

4 * 

• L*tatorilé • â long-lemps agitée par les vains fantômes da carbo- 
i^arisme et des comités-directeoiH, a va sans alarmes les pères de la foi ; 
les paccanaristes, les j^ésoites, fonder des écoles et des associations à-U< 
fois mystiques et politiques , où Fo^ enseigne que le poaroir da prêtre 
est le seul considérable , qae le prêtre seul k le droit d mstrnirc et d*or- 
donner. 

» Au moment oh la France attend avec anxiété la publication d^une 
ordonnance pour l'exéciilion des lois du royaume À Tégard de la plot 
turbulente et de la plus ambitieuse de ces sociétés secrètes » la Quoii* 
diêmiû annonce la formation d'une Aêioeiation nonveUe, composée d*ec- 
désvistiqnes et d'écrivains congréganisteSt pour ta défimêe d» la retigwm 
tafkalique^ que personne n attaque. 

, » L'établissement de cette araociatiôn ayant été permis, ou du moins- 
n ayant pas été interdit- par Fautorité» les défenseurs des Ubérlés'd» 
rÉglise gallicane et du droit public des Français espèrent que Tasso- 
ciation qulls se proposent déformer obtiendra la même faveur; et» 
pour ne donner aucun prétexte de refuser k Tune ce qui est accordé à 
Tautre, YAsioeUttion évangéUque aura soin de calquer ses statuts sur ceux 
de VAssoeiation-eaiholiquex comme celle-ci, \A$%Q^ation évangélique sent 
tfès-biên que, éansU'éiat dâ crise oà se trouve l'ordre social, lorsque les 
corporations et les coi^grégations sacerdotales courrent la France d*an 
noir réseau , les efforts parement individaeU ne suffisent plas pour le 
r^iapret et que V esprit d*assoèiation est urne néeessi^ de l'époque aetaelU. 

• Depuis quelques années , les doctrines de Jlf. ds Maistre, de If. 
Laarentiê , de M. ds Donald, de l*abbé de La Mennaîs , sont hautement 
professées ; les livres où se trouve jusqu à la formule positive de la dé* 



( 555 ) 

fiotitioii det rolf « tcHt qu'elle doit Itre domaDdét «n Piipt« 06 11 «•( 
dit pôtir quel cas religieux les héritierf des couronnes perdent )eur droit 
de sneeessiôn an t^rône» «ont les catéchismes des écoles et des congré- 
gations jésniticpies t ii a été fait un grand appd an fanatisme, et le fana- 
tisme ajant répondu en Espagne, en Portugal, pourroit à la longue 
trouver des échos en Firance. 

» Une domination arbitraire , qui ne connolt ni l<» , ni souTerain • 
« ni magistrats ; pour qui la religion n*est quun prétexte, Fantorilé du 

• prince qu*un instrument quMlê ù$e êmplcyêi' ou rejeter selon ses in* 

• téréis-, ke lois fondamentales de Tétat qu'un joug incommode , la 

• liberté légitime des cito^ns qu*un titre imaginaire , ». s*e8k remise en 
scène , et forme une association monstrtieuse oè tout peut entrer , 
néme Fathéisme. 

» Lorsque cette société ènste et jouit -d^une plmne liberté dans se» 
attaques contre nos franchises rélig^uses et civiles , pourquoi une 
assodation destinée à les défendre nexisteroit-eUe pat , ne teroit^sUi 
pas aussi légale que celle qui vent les détruire? 

B L*a8sociation évangélique doit être publique ; ce ne sont pas les 
principes consacrés par la déclaration du clergé de France de 168s , et 
par la charte royale de 181 4 1 qui peuvent craindre la lumière i «eux qui 
n*08eroient s*avoner leurs défenseof* no aeroient pas ifignea d'êtr» 
comptés parmi les vr^s Français* 

• Cette société doit être ^nérale 1 tout ce qull 7 a en France do 
royalistes constitutionnels est appelé è en. faii» partie , pmsqnll s'agit 
d'une œuvre également chère à tous» C'est une union selon la charte « 
/qui contribuera à établir entre tous les gens de bien , tous les amis dn 
régime légal, cette concorde trop souvent altérée par les pr^ugés de 
caste et les préventions des parti». 

' • Pour bien concevoir ce que doit faire, dans l'état actuel des esprits, 
YMeoeiatiôn pour la défense df$ Ubertéê de CÈgUee gaUieane et du droit 
publie des françait, il faut remarquer que le parti anti-constitutionnel 
combine dans son plan d'attaques deux moyens distincts , quoiqu'inlâ- 
mementliés entre eux; il s'adresse à-la-fois aux esprits faibles pour le» 
effrayer , et è la raison de Fenfance pour la perr eriir. 

• DWe part, il travaille incessamment à obscurcir Finfeelligenee du 
peuple, à le détacher de l'ordre de choses qui seul peut essnrer son inr 



( 35/, ) 

clépenJance et le libre exercice <]e ses iacuiléft physiques et morales ; de 
Tautre à lai inspirer , par des déclamations foagaeuses, des prédications 
et des mandeBients lanaliqaes« le mépris et la ,haine de ses défenseurs 
les plas ardents , les plos désintéressés. Les jonrnanx de ce parti ont 
oonstitaé le mensonge et la calpmide en permanence. Empressés de re- 
cueillir , pour les présenter sous un faux jour , tons les faits qui peuTent 
prôter à des iniànuations perBdes , on diroit une providenee du mal 
aUentive à fournir à toutes les passions haineuses leur uotigrrîtare . de 
chaque jour. Us n*ont pas oublié ce précepte d*un de leurs içattres : 
Dipiifir pour régner. 

La êociéfé immmble , dont les casuistes permettent aux domestiques 
trop peu payés de Toler leurs maîtres, aux femmes de prendre de l'ar- 
gent à leurs maris pour jouer, aux dévote^ de n assister à la messe qu*en 
eorps et non pas en esprit, aux pauvres de s*emparer furtivement du 
bien des riches » aux malhonnêtes gens de s'enrichir par des voies hon- 
teuses ou criminelles, comme p^^ un meurtre, une sentence injuste , 
une action déshonnête ; aux hommes sanguinaires, laïcs, prêtres ou re- 
ligieux, de tuer pour venger un affront, cette société est Tobjct de leurs 
éloges quotidiens. 

• Ce vaste système d'imposture > quelque effrayant qui! sott, n'est pas 
cependant le mal le plus profond : sourent les calomnies se décréditent 
elles-mêmes par leurs propres excès ;. mius lorsque riutelligence d'un 
peuple est vidée, le désordre est sans remède. Aussi le parti jésuitique 
8*occupe-t'il h détruire tous les établissemeuts formés pour porter la lu- 
«nière dans les classes les plus obsoures de la soeiété , et à corrompre, 
au profit de la superstition, tout Teiisemble des connaissances humaines. 
Les uns , comme le père Loriqnet* mutilent l'histoire pom* dérober aux 
disciples de la société les pages accusatrices et les grandes leçons du 
passé; d'autv«s, comme l'abbé de La Mennaîs, et M. Laùrentie, dont 
l'esprit de tolérance et de justice est si connu à Sorèxe, s'efforcent de 
fmre prévaloir les maximes ultramontaines et d'enchaîner les libertés 
de l'Église de France. Tous le9 écrivains de ce parti sont en travail' pour 
assurer le triomphe de la monarchie papale p quib désignent sous le 
nom àiÉgUêe anivtneUf , et pour faire violence à^ la raison du siède. 
C'est :di cet e£Eeoyable désordre surtout qu'il fftut remédier en attaquant 
le mal dan8^sa source ; car siJe bras du peuple exécute les Saint-Barthé- 



I 

\ 

i 

t 



( 355 ) 

lejpny et soutient les salotes ligae», o*est la pensée des conspirateurs en 
froc qui les prépare. 

• Les attaques da parti, anti-constitafioniiel déterminent le plan qni 
doit è\Te suÂYi par VAssociation éuangéUque. Pour répondre aux besoin* 
de Tépoque actuelle, elle emploiera tous les moyeils qui seront en^son 
pouvoir à Teffet d*enconrager la publication d'ouvrages destinés à ré* 
pandrc les pures maximes de la religion » de la morale et de la liberté 
légale « et en général tous les travaux propres & coiisolider TalliaocQ ù 
précieuse et si rare « dit Tacite , du pouvoir et de la liberté. Fonder des 
prix; assurer, par sa correspondance avec tous les départements, 1^ 
succès et la propagation des écrits dont le mérite aura ét^ reconnu ; 
établir entre les écrivains conslitutionneLs des relations aussi utilen k 
cbacun d^eux qu*à La liberté elle-même , ne sera qu une partie des œuvres 
que le plan de Tassociation doit embrasser. Elle s'empressera de faire 
connoltre les bons ouvrages sur la religion , la morale 6t la politique , 
qui seront publiés dans les pays soumis à un régime légal. Par ce moyen , 
les hommes de talent qm se consacrent à la propagation des vraies lu- 
inières , seront sûrs t quelle que soit lenr patrie , qu ils travaillent aussi 
pour la France , centre de la civilisation européennes , et qqe leurs 
écrite y trouveront TaocueiL qn ils méritent : c'est ainsi que VAuoeiation 
évangéliqtU fera un double bien; en répandant parmi nous les bonnes 
doctrines, elle les propagera cbex les autres peiiples. 

» 11 ne sofGft pas d'encourager les défenseurs de la monarchie selon 
la charte , il faut surtout les multiplier. Parmi les jeunes gens qui , 
chaque année , arrivent à Paris, il en est plusieurs qui, joignant à des 
principes solides des talents distingués , pourroiciit iln jour servir avec 
•accès la liberté légale , s'îb s'y préparoient pur de bonnes ^ solides 
étnde** VAêSoeiation évangélique reoudliera ces talents haiùants , leur 
fournira les moyens de se perfectionner dans les diverses branches des 
sciences ; elle leur ménagera des lieux de réunion , les mettra en rap- 
port avec les personnes capables de les bien diriger ; de sorte qu Viu bout 
d'un certain temps cette œuvre aura produit des hommes forts dans 
chaque partie , et qui , à leur tour , en formeront d*autres : car il faut 
travailler pour l'avenir. 

« Un objet d'un autre ordre , mais dont chacun sentira ^aussi l'im- 
portance , appellera l'attention de la société. Tous les jours nous rece- 

9 3^ 



( 356 ) 

TOUS des p)aiiitet, des réclamutioiit tnr \tê excès ^e m (rertoetlcnt te* 
•ecîtalres de la compagnie de Jésus. Des Tezations de tous les genres sont 
exercées contre des paysans faibles ou timides, qui souvent manquent 
ilo courage ou des moyens ni'cessaires pour recourir atix tribunaux el 
demanda à la justice réparation des outrages faits li leurs femmes et k 
leurs filles. Ls multipliciié de ces plaintes , le désir d'éritcr le scandale* 
ne nous permettent dVn pubUer qu*une faible partie, et Timpimilé en- 
hardit les Coupables. Pcnr y mettre un terme, il sera formé près de 
VJsêoeiation un conseil de jurisconsultes , qui examinera les plaintes , 
donnera des consultations qui seront rendues publiques, et fera im- 
primer des Mcmolïtis sur -les questions de drOît .politique qui lui seroùt 
soumises. ^ 

• * Quant aux calomnies répandues par les journaux congrégànistes , 
celles qui touchent à Thonueur des personnes continueront d*6tre ré- 
futées par les journaux constitutionnels; et, comme à présent, le mé* 
pris fera juMice de toutes les autres. 

» La Qaotidienne promet son assistance à YÀêêoeiation pour la dé fente 
delà religkhn eathoUtfuei et nous ne remiserons point la nôtre k VAnôeia*' 
tion peur la défense dee libertés de CÉgliêe gàiUtane et du droit publie des 
Ft ançois. Elle se propose de faire connottre là faniYaux dieYAtsoeiation 
catholique: nous ne laisserons pas ignorer ceux de V Association évangi- 
iique; nous Q*auron8 pas pour la monarchie constitutionnelle moins de 
dévouement qu'elle n*en montre pour la monarl^hie absolue. • - 

Au moment où le Constitutionnel proposoit de former une 
association pour la défense du gallicanisme » M* Feutrier pro* 
mettoîl à la chambre des députés d'organiser , dans le même 
hutf l'école des hautes études ecclésiastiques* «L'établissement 
• de cette école , a dit le rapporteur de la commission des 
A finances^ a été retardé jusqu'ici faute de local; mais M. le 
« ministre nous a annoncé qu'il s'en occnpoit a^fe^ d* autant 
» pli^s de zèle qu'il espéroit par là ^ et grâce à la surveillance 
» çu'il compte apporter j propager et rhaintenir dans le clergé 
» les maximes gallicaneé, et de salutaires effets par l'unité des 
» doctrines (i). » 



(i) Séanea du 18 juin. 



> 



( 357 ) 

En est-ct àssex? Cet Vcagles , qui Iraitoient naguère encore 
Ae craintes chimériqnes nos trop justiSi prëvoyano^ , 8avent*ib 
maintenant où l'on nous mène 7 Le plaa du parti se d^roule-t-il 
assez clairement? Quand vous Toyea: ses chefs noiéler k leurs im<- 
prëcations èontre les établissements ecclésiastiques des proda- 
inations d'amour pour les libertés gallicanes ^ ses journaux con- 
voquer , sous le drapeau de i68a , le ban et rarrière-ban de la 
révolution y et son évéque abattre d'une main les séminaires ca- 
tholiques ^ et élever de l'autre un séminaire gaUican , que vous 
faut-il encore? Attendez- vous donc, pour savoir lire les quatre 
articles, qu'ils soient écrits sur des échafauds? 

Ls HiEmoeul càtholiqui. 



Essai sur l'histoiek de la Pbilosomiie eh Feakcb a0 dix-vbv- 

viEMB siàcLE ; par M. Damiboh (i)« 

L'auteur de cet écrit , dont nous ne combattrons les prin- 
cipes qu'en rendant justice à son talent et à son instruction , a 
}oint à l'exposition des doctrines philosophiques du dix-neu- 
vième siècle ses propres idées sur la philosophie. D demande si 
elle doit être fondée sur la tradition ou sur l'observation. La 
question , énoncée en ces termes, implique une supposition 
fausse : car la méthode d'autorité ou de tradition , loin d'être 
opposée à la méthode d'observation , consiste à observer les 
caractères permanents de la raison humaine^ telle qu'elle est 
manifestée par les croyances générales et perpétuelles. La ques- 
tion proposée par M. Damiron doit donc être exprimée ainsi : 
Faut-il prendre pour base l'observation du moi , ou l'observa- 
tion du genre humain ? et alors elle se résout dans cette ques- 

(i) Chec Ponthi«a et compagnie, Ptlait-Boyal, «t qoai MaJaqmb , a*, i . 

25. 



(.358 ) 

lion générale : Une sdence peut-elle reposer ^ur l'observatioii 
de rindividu ou celle de l'espèce 7 JRamenée à ses yéritables 
termed, elle est^ ce semble , aussitôt résolue qu'énoïkcée; car 
toute acieuce a pour base la connoissance des lois-qui régissent 
les êtres dont elle s'occupç, et Içs Ipis ,. en tout genre , ne se 
reconnoissent qu'A leiir caractère de permanence et d'univer- 
salité, liors donc q^'oi^.se concentre daf^srobserratioïn de Fin-: 
diyidu ou du mof pour y trouver i^vec cert^tud^ les lois de la 
raison huuiaine y on fait dépendre l'ordre de connoissances le 
plus fondamenul d'un principe au mojep duquel aucun ordr.e 
quelconque de connoissaDces ne pourroit subsister : contradic- 
tion d'autant plus choquante que l'observation de l'individu, 
qui n'est de £iit le fondement d'aucune science^ peut bien 
moins encore être prise pour base de la philosophie. L'induc- 
tion par laquelle on conclut de l'individu à l'espèce est en 
effet plus forte dans les sciences physiques , parce qu'aucun être 
matériel ne peut sq donner à lui-même un mode d'existence 
qui lui soit propre. Mais l'bpmivte ayant , en vertu de sa liberté , 
la puissance d'ajouter à sa nature y de la modifier , d'en violer 
les lois 9 même en croyant les suivre , on est continuellement 
exposé y en C09cluant d'un hpmme à l'humanité, à transformer 
en lois de la nature humaine des phénomènes purement per- 
sonnels ', de ^rte que la science qui a pour objet les êtres iii- 
telligents et libres, est, de toutes les sciences^ précisément celle 
où les observations faites seulement sur l'individu ont In 
moins de valeur logique. P^spnne apurement ne nie que la 
raison d'un homme ne contienne ^ par cela même qu'il est 
homme, des qualités communes à l'espèce humaine^ mais tonte 
la question est de savoir comment on discernera certainement 
ce qui appartient effectivement à la raison humaine , de ce qui 
n'est qu'une manière d'être particulière à sa raison , laquelle 
peut êti-e en contradiction avec les phénomènes généraux de 
^intelligence. Que j'essaie , en considérant seulement mon 
propre corps , de recpunoitre la constitution naturelle du corps 



( 359 ) 

kiimaiii : cette obserration isolée ne pouTsuot me fournir aucun 
noyen certain cle distinguer ks attributs codstitutife de l'orga*- 
nisatîon humaine, destliffoinnit& et des vicei qui peuvent affec* 
1er mon organisation particulière y ériderament je ne devrai 
rien conclure , ou ma conclusion ne sera <(u'une b}'pothèsé ar** 

j 

bitrairie. Transportes la question do coips k l'âme , de l'être 
passif à l'être actif ^ la même incertitude subsiste , avec cette 
seule diffërence que les chances d^erreur sont beaucoup plus- 
nombreuses , ainsi que nous venons de le reiliarquer. Aussi la 
méthode d'observation individuelle ne peut acquérir , d'après 
.la manière dont ses |^rtisans eux-mêmes la conçoivent , qui^Ique 
degré de consistance qu'en vertu d'un principe qui ^suppose 
qu'on ne peut/parvenir à la certitude complète que par Tobser- 
vation de l'espèce. Pour tirer d'un phénomène individuel une 
loi de la nature humaine , ils insistent sut la nécessité d'ob- 
server ce phénomène à plusieurs reprises , sous l'influence de 
circonêtapces diverses ; plus il est persévéraiit ^ plus l'induction 
leur semble avoir de forcer Mais , ce principe admis , il est ab- 
surde de ne pas chercher la certitude là où ce principe se trouve 
élevé à sa plus haute puissance , et de préférer 9 pour fondement 
de la science | une permanence relative à la peritianence uni^ 
verselle et absolue. 

La méthode d'observation individuelle venferrae encore un 
autre vice fondamental. EU^ suppose que la raison humaine ne 
contient que des vérités de sens intime ou de conscience y et 
qu'elle' ne possède point un autre ordre de vérités y révélées 
primitivement *de Dieu à l'homme , et conservées par voie de 
tradition. Si cette supposition est conforme à la réalité y tout se 
réduit effectivement à interroger la conscience & seulement , 
comme les inductions par lesquelles on concluroit' de l'in- 
dividu à Pespèce demeurent toujours <iépourvues de certitude , 
il faudroit toujours en revenir à interroger la conscience des 
autres hommes pour comparer les réponses et constater le 
phénomène général. Si^ au contraire^ cette supposition est 



( 36o ) 

fausse , plus vous vous reniferinerez rigoureusoneAt dam le 
cercle des phénomènes de conscience f pins vous vous éloigneres 
de la vraie notion de la raison humaine. La méthode qaâ réduit 
la science à Tobservation du moi dépend donc d'une question 
antérieuref savoir , Sî les connoissances humaines ont une ori^ 
gine interne ou externe ; et voilà précisément le vice radical, de 
cette méthode ; car elle suppose résolue une 4piestion de la 
solution de laquelle die dépend elle-méine y. et die la suppose 
résolue sans avoir aucun Baojen qudconque de vérification» 
puisque la ^conscience , qu'elle interroge seule y ne Hpondra 
jamiûs que sur les phénomènes internes ^ et ne nous i^rendra 
jamais rien snr.des phénomènes d'un autre genre. En rejetant 
toute vérité qui ne dérive pa» du sens intime y cette méthode 
commence par exclure , par une hypothèse absolument gra* 
tuîce f ce qui peut être l'ordre constitutif de la raisonbumaine; 
tandis qu'en suivant Fautive méthode , on n'exdut tien et Ton 
ne suppose rien. Qn n'exclut rien, puisque les faits fondamen-> 
taux de consci^ice sont compris eux-mêmes dans les phéno** 
mènes généraux de l'intelligence , telle qu'elle se manifeste dans 
l'iespèccv On ne suppose rien : on nedécidepas ^ par une hypo- 
thèse, quel» raison humaine est telle et non autre , qu'dle 
contient tels ou tels éléments et rien de plus. Si en observant 
ta raison commune , vous ne retrouve» que des pnéoomènes 
internes , vous n'irez pas plus loin : si la raison commune pro- 
clame qu'elle a une origine externe, vous la> suivrez jusqu'où 
die vous conduira. Dans tous les cas , vous prendre»!» raison 
telle qu'elle estf et non tdle que vous vous imagine» d'avance 
qu'elle doit être , et vous renoncerez à votre étroite médiode 
Hobservation , dont le nom hû-méme est une erreur ,. puis^ 
qu'dle débute par un préjugée 

En résumé , les partisans de ce système ont deux choses à 
faire : i*. montrer qu'en voulant tout trouver en se renfer- 
mant dam l'observation du moiy ib ne violent pas , par une 
hypothèse y l'essence même de la méthode d'observation, j^ 



( 36r ) 

%\ assigner un moye» de discerner certainement fes lois de 
la raison, ou ce qui est essentieUement lié à la vérité , des mo-* 
difications particulières à la raison de l'individu, sujette à Ter* 
reur. Mais loin de chercher à résoudre ces difficultés fonda- 
mentales, M. Damiron n'a pasl'aii^de les apercevoir { il dis* 
serte fort au long sur sa méthode , sans paroitre se douter des 
premières conditions de sa méthode même. 

La discussion n'avance guères non plus par ht manière dont 
il combat la méthode d^autorité ; car il raisonne constamment^ 
de Va meilleure foi du mondes-sur des suppositions fausses , un 
pea singulières pourtant de la part- d-'un.^ homme Êimiliarisé 
avec les matières. philosophiques , et qui semUe avoir pris l'en- 
gagement au. moins de comprendre* ks doctrines dont il se 
constitue le rapporteur, et le. jtige. Bornons-nous à relever les 
m/éprises d'où toutes l^s autre» dérivent ^ 

1*. En traitant la questio^ de la certitude, M. de La Mennais 
a. montré d'abords qpe l'homn^ç ae peut trouver en lui-même 
aucun principe rationnel de ses croyances même les plus invin- 
cibles,, et ensuite qu'au lieu de chercher dans l'homme ce qu'il 
est impossible d'y trouver , il faut le prendre tel qu'il est , 
croyant invinciblement.à son existence^^à celle de ses sembla- 
bles 9 à la communication des intelligences par le moyen de la 
parole , et partir de c^e fait fondamental de la croyai^ce , qui 
aussi bien est néc^sairemont supposé dans toute controverse 
quelconque. De ces deux propositions , inséparablement liées 
dans la doctrine de. l'auteur , M. Damiron s'attache à la pre- 
mière , oublie la seconde 5 et en conséquence il se meta proui^ 
ver en forme que l'homme qui doute de tout ne croit rien. 

a*. La doctrine d'autorité consiste à placer le psîucipe d^ 
certitude,, non dans la raison particuUère, variable chez le même 
homme , souvent opposée chez les divers individus , mais dans 
ce qu'il y a de permanent, et de général ,.en un mo^, dans la 
raison commune. C'est ainsi que M. Damiron conçoit la 
doctrine d'autorité : il s'imagine . qu'il s'agit de partager le 



( 363 > 

genre humaîn en deux classes , Fane qni connoit la vërité , 
l'autre qui ne la oonnoît pas , et là-dessus il démontre , avec 
une très-grande force de logique , que tout ce qu'un homme 
sait , un autre homme peut le sarvoir de la même ihanière. En 
vérité nous sommes de son avis. 

3*". Le genre humain ayant toujours cru que Dieu avoit révélé 
originairement à Thomme les vérités qui lui étoient néces- 
saires > on est conduit y par la raison généraient jusqu'à cette 
révélation primitive , qui est ainsi ^ dans la doctrine d'autorité^ 
non le principe logique de la méthode , mais une vérité de 
déduction. Au lieu de chercher à ébranler cet ordre d'idées , 
M. Damii*on s'en prend à un ordre absolument inverse , et 
encore attache-t*il au mot révélation un sens différent de ce- 
lui qu'on lui donne généralement. 

Les méprises de M. Damiron touchant la méthode qu'il^ croit 
attaquer , ainsi que ses erreurs sur les conditions même de la 
méthode qu'il propose , ont leur première source dans une 
fausse notion de la foi et de la science, qu'il dénature l'une et 
l'autre , parce qu'il n'a compris , ce nous semble , ni leur 
distinction ni leurs rapports. 

Plusieurs personnes , même instruite» , se font une idée très- 
incomplète de ce qui constitue l'ordre de foi , pris dans sa plus 
grande généralité , et qui est bien plus étendu qu'elles nel'inni- 
ginent , car il embrasse les Ipis de la vie physique , morale et 
intellectuelle. Les lois du corps sont constatées par l'expérience 
générale : c'est sur cette base que chacun tient pour certain qu'un 
individu qui voudroit, par exemple, se nourrir de pierres, viole 
une loi delà vie physique. Les loisdela viemorale sont constatées 
par la conscience générale : et ^ sur celte base, il est également 
certain que* celui qui commet un vol ou un meurtre, viole un 
devoir. Les lois de la vie intellectuelle sont constatées par la 
raison générale : et si les dogmes qu'elle proclame n'étoient pas 
des lois de la raison y les devoirs sanctionnés par la conscience 
universelle ne seroient pas des lois de la conscience , comme 



( 363 ) 

Tes besoins , manifestés par l'expérience communia ne seroient 
pas des lois dn corps. Voilà ce que nous appelons Fordre de foi, 
parce que chaque homme 5 sous peiné de renoncer à toute cer- 
titude» est obligé de croire toutes cea lois d'après l'autorité gé- 
nérale, lors même que sa raison particulière ne les concevroit 
pas ou même croiroit concevoir le contraire. Vient ensuite la 
science y qui a pour but d'expliquer ce qui est certain par la 
foi : le physiologiste fait une théorie de la nutrition pour ex- 
pliquer pourquoi l'homme peut se nourrir de telle substance 
et non point de telle autre ; le moraKste et ié métaphysicien 
cherchea||i concevoir la raison des devoirs et des dogmes. Mais 
il est clair que, quels que soient les progrès de la science , 
elle a toujours sa base et sa règle dans l'ordre de foi. Il n'est 
aucune science qui ne repose sur des croyances universelles , 
autrranent quelle seroit sa base? Par la même raison toute 
théorie qui contredit ces croyances est une fausse théprie ^ puis- 
qu'elle attaque le prindpe même de là science 5 et le métaphy- 
sicien et le moraliste qui seroient conduits par leurs raisoniie- 
inerits à nier l'existence de Dieu ou l'illégitimité du meurtre, 
stToient avertis que leur système est faux , par la même raison 
qn'uiî physiologiste devroit conclure qu'il s^est trompé , s'il 
;«voit imaginé une théorie dont la conséquence seroit que 
rhomme peut remplacer le pain par des pierres 5 les uns et les 
autres choquent également l'autorité universelle. Toute la 
question sur la foi et la science se réduit , en substance ^ aux 
principes que nous venons de rappeler : c'est ainsi du moins 
qu'elle est présentée par les' hommes dont M. Darairon attaque 
la doctrine. Pourquoi s'est-il, abstenu de poser lui-même cette 
question d'une manière nette el précise ? Y a-t-il au fond quel- 
que chose qui lui fait peur ? 

X. 



( 364 > 
Histoire ds France^. 

CBnitièiBe article.) 

Nous Toici MiiyéSsàt roue des époques les plus désastreuses 
de notre hi^oire ^ à un- temps que caractërîseat parfaitement 
les expressions dfi Tacite : Opimwni çasibus , atroas prœliis, dis- 
cors seditùmibuSy ipsà etiam pace sœvunu Les calamités se sui*> 
vent et se pressent rapidement. A une minorité orageiufe suc- 
cède le long, règne d'an roi ea démence : aur fléaux de laguerre 
civile se Joiçiient ceux.de la guerre-étrangère : un prince eiy^emi 
s'assied sur le tr6ne de nos rois j. et peu^ sîea &ut que la France ^ 
devenue une province de son implacable rivale , ne soit elB^icée 
du nombre des nations. Ces malheurs sont appelés par de grands 
crimes : l'ambition > la cupidité , Ja débauche chez les grands y 
la férocité chez les classes inférieures \ d'éclatants adultères , de» 
assassinatsfameux 5 la ligue d'un prince ambitieux et sanguinaire 
et d'une reine voluptueuse et perfide , pour livrer la France à 
l'étranger. Tel est le spectacle que présente le règne de Char- 
lesVI. 

Tant de malheurs furent en quelque sorte le résultat d'une* 
seule faute An roi Jean> prince peu avisé, comme l'appelle fort 
bien le président Hénault. Dans un moment o\k la puissance 
rojale étoit à peine échappée aux périls que lui avoient fait 
courir la rivalité des grands vassaux ^ il en donna à ses succes- 
seurs un plus puissant y plus redoutable et plus dangereux que 
tous ceux qui avoient si long-temps désolé le royaume. Philippe 
de Rouvre , dernier duc de Bourgogne , de la première maison 
souveraine de ce duché ^ étant mort en i36i, Jean avoit réum 
ce grand fief à la couronne, comme étant le plus proche pai*ent 



( 365 ) 

de ce jeune pi'înce. Mais au lieu de le garder pour, réparer les 
brèches énorines que le traité de Bretigay avait faites au terri- 
toire de France , il le donna à titre, d'apanage à Philippe-le- 
Hardi , son quatrième fils , poussé par un mouvement de ''cn- 
dresse ^Lveugle que ses successeurs payèrent bien cher dans ia 
suite. Philipfft, par son mariage avec rhëritière du comté de 
Flandre y reunit cette province à ses possessions* auxquelles son 
fils ajouta le Hainaut et la Hollande* Enfin on sait ce que devint 
cetie puissance formidable » qui faillit élever un royauçie rival 
à côté de la France^ etqui finit par luijéguer des guerres de 
plusieurs siècles. La période de l'histoire dont nous nous occu- 
pons nous présente les nouveaux ducs de Bourgogne à la têtei 
de tous nos troubles et de tous nos nialheurs; le sort du royaume 
se trouve entre leurs mains ^ et ils le livrent à ses ennemis^ enfin 
ce n'est qu'à la faveur de leur neutralité que l'indépendance na- 
tionale peut ctré reconquise. 

Nous allons essayer de présenter, d'après M. de Saint- Victor | 
le résumé des grands événements qui remplissent les règnes de 
Charles VI et de Charles VU. Quand le premier de ces princes 
monta , encoi'e enfant^ sur le trône , ses trois oncles se disputè- 
rent le gouvernement y et la France eut également à se plaindre 
de leurs discordes et de leur union. Après avoir pillé les trésors 
du feu roi , ils mirent sur le peuple de nouveaux impôts pour sa^ 
tisfaire leur insatiable cupidité. Tandis que Charles V dépensoit 
pour toute sa maison quinze cents marcs d'or par an , ses frères 
en dépaisoient sept mille ^mar es pour Charles VI 9 âgé de treize 
ans y qui, malgré cette dissipation, manquoit souvent du néces- 
saire* Le peuple, las de leurs exactions et poussé au désespoir, 
se révolta: plusieurs villes se mirent en insurrection. A Paris, 
la populace se livra à des excès qui attirèrent sur elle des puni- 
tions d'une extrême sévérité. Il s'établit dans le peuple un 
mécontentement profond que rien ne put apaiser , et qu'on peut 
regarder comme une des sources des désordres qui se perpétuè- 
W^t jusqu'à là fin de ce règne déplorable. La rivalité des ondes 



( 366 ) 

du roi , en méoie temps qu^elIe excitoit saife cesse jdet tronbres 
intérieurs , entravoit les mesures qu'on youloit prendre contre 
Tennenii du dehors. Ainsi , uh projet de descente en Angleterre, 
habilement concerte par le €onnëtaJi>le de Glisson ^ manqua par 
la faute 'du duc de Berry, qu'on crut gdgnë par Richai*d ZI , que 
cette expédition eût perdu sans ressource. Cett^malheureuse 
régence finit enfin , et le roi prit les rênes de l'état. On crut 
qtfe l'ordre alloit i^enaître ; mais cet espoir fi^t bientôt déçu : 
Charles , qui avoit déjà été attaqué de quelques accès de dé- 
itience^ marchmt contre le duc de Bretagne. Un homme^ à demi- 
nu y l'air égaré et le regard furieux^ s'élança , saisit la bride de 
son cheval , et ]ui cria : c Roi , ne chevauché plus avant , car tu 
es trahi. » Cet événement singulier , dans lequel M. de Saint- 
Victor croit voir une manœuvre des indignes princes qui obsé- 
daient l'infortuné monarque, augmenta le désordi'ede son es- 
prit et le rendit furieux. Cet état^ qui ne lui laissa que quelques 
intervalles de raison , livra de nouveau le gouvernement aux 
oncles du roi, les ducs de Bom^bgne et de Berry. Ici paroît 
sur la scène , un nouveau personnage : c'est le duc d'Orléans y 
frère du roi , qui , aussi ambitieux et aussi avide qne ses oncles,, 
voulut avoir sa part du pouvoir. Bientôt la discorde éclata entre 
lai et le duc de Bourgogne; leur haine devint si furieuse qu'ils 
levèrent destroapes l'un contre l'autre, et que peu s'en fallut 
qu'ils ne donnassent le spectacle d'un combat où le sang français 
auroit seul coulé. La reine Isabelle de Bavière soutenoit le duc 
d'Orléans; les ministres et le peuple donnoient la préférence au 
duc de Bourgogne. Tel fut Iç prélude des désordres que devoit 
produire la longue rivalité de ces deux maisons , k rivalité , dit 
M. de Saint- Victor, dans laquelle on vit la nation françoise , ton* 
jours légëve^ enthousiaste quelquefois jusqu'à l'imbécilité, dé- 
chirer elle-même son propre sein pour soutenir l'odieuse que- 
relle de princes qui ne combattoient qu'afin d'usurper le droit 
d'être «es tyrans. » 
Le duc de Bourgogne mourut ; mais son fils , Jean-sans-Peur> 



( 367 ) 

hérita de son ambition et de sa haine contre le duc d'OrHans; 
on crut qu'une guerre civile alloit éclater, et ce ne fut qu'avec 
peine que les princes du sang obtinrent la réconciliation de ces 
implacables ennemis. Bieptot le duc d'Orléans est assassine : le 
duc de Bourgogne , après avoir confessé S9n crime > s'enfuit dans 
ses états; mais quelque indignation qu'est inspirée son forjbit, sa 
puissance lui assuroit l'impunité ; on n'avoit point de troUpes 
à lui opposer, et nrieme 1^ Farisiensy ss^tisfaité de la mort du duc 
d'Orléans, étoient disposés à Êiyoriser îspn assassin, qui s'étoit 
rendu cher k la populace par de continuelles déclamations con-* 
tre les impôts» U fallut négocier avec, celui qu'on auroit voulu 
punir f mais il rejeta l^s propositions qu'où lui lit, et entra en 
vainqueur dans Paris. Il osa se présenter aux yeux du roi et 
deinapda à justifier l'assassinat du duc d'Orléans. Un (^rdelter ^ 
nommé Jean Petit, prononça devant une assemblée pénétrée 
d'horreur une harangue oà il étala et Soutint les maximes les 
plus abominables du tyrannicide. La reine, le dauphin et les 
princes du sang s'enfuirent de la capitale. Le duc fit signer au 
ujialheui^ux Charles YI des. lettres où il déclaroit que Jean*sans- 
Peur n'avoit tué son frère que par te fervent et hj^al amour et 
honne iiffeciiou qu'il portçh à Ifii et à sa ligrjtée* La France se di- 
vise en deux partis , les Bpurgqignons et les Armagnacs. Ceux-ci 
portoient le nopi du comte d'Armagnac , I'uq des plus grands 
hommes de cette époque, et dont le fi)s du 4uc d'Odéavs avoit 
épousé la fille. Les Bourguignons , maîtres de Paris , côn^feenoieni 
cette ville au moyen d'une milice prise daris la dernière' popu* * 
laçje.et commandée par 4^9 bouchers; Ces hommes féroces ré^ 
pandoient le sang faumaiti comme celui des ai^maux qu'ils 
étoient accoutumés à ver^er• .Le nom d'Armagnac âoit un signq 
de proscription , et quiconque le reçevoit d'un, de «es ennemis 
étoit sur-le-champ massacrj^. Pendant que Paris étoit le théâtre 
de ces atrocités , les provinces étoient pillées et ravagées > et le 
peuple livré à la plus grapde misère. Cette guerre civile présenté 



^ 



( 368 ) 

un lâbleau â'un« horribk monotonie 'qu« la plumt te refuse à 
i:elracer. 

Piussque tous ceux qui ont ^crit l'histoire de Fra&ce ont con> 
fondu dans le même mëpris, dans la même indignation, les Bour- 
guignons et les Armagnacs. Incertains dans. leurs jugements, va» 
gués dans leurs rë<:its ^ ils établissent sans discertaeiiient le ca- 
ractère de ces deux factions. M. de Saint-Victor a pris parti poor 
les Armagnacs, et il ne lui est pas difiicile de justifier sa prédi- 
lection. Sans parler de l'assassinat qui rend le duc de Bourgogne 
si détestable » et qui légitime en quelque sorte la haine et là ven- 
geance de ses ennemis , on voit l'un des partis eraptojer sans 
cesse les fureurs de la popnlace^ les massacres , toutes les vio« 
lences pour assurer ses succès, tandis qu'on trouve dans les in- 
térêts de l'autre tous ceux qui ont quelque chose à perdre. Les 
Attnagnacs étant devenus maîtres de Paris, les chefs de ce parti 
éloignèrent des affaires le dauphin , jeune prince sans jugement 
et sans caractère^ foible et emporté tout-à-la-fois : celui-ci écri- 
vit au duc de Bourgogne de venir ie délivrer, elle Bourguignon 
s'avança avec une armée vers Paris; nos historiens ont irejeté les 
malheurs qui suivirent sur cette tyrannie prétendue des Arma- 
gnacs. « Cependant , dit M. de Saint- Victor , que poavoient-ils 
faire? Placés entre un- roi itnbécile, une reine ambitieuse et 
avare, un ennemi aussi atroce que perfide, un jeune prince 
sans prudence et sans énergie, entourés d'une multitude aveugle 
et dévouée au parti contraire , devoient^ils abandonner et le 
salut delà France et le soin de leur propre sûreté à des mains 
incapables d'en répondre? ï^'étoient-ils pas réellement les seuls 
protecteurs des citoyens paisiMes et homiétes? Les vit-on jamais 
commettre des assassinats pour maintenir leur autorité 7 Ne fal- 
loit*il pas que l'état fût gouverné , et ue valoit-il pas mieux qu'a- 
vec les mêmes droits et de meilléure$ intentions que le duc de 
Bourgogne , les princes de la maison d'Orléans s'emparassent de 
ce gouvernement 7 Mais si l'on pouvoit prouver en outre que dès 



ttttt époque rihfitme Bourguignon . avoit conclu avec le roi 
d'Angleterre unr traité par lequel il reconnoissoit ses droits au 
trône de France , et s'eûgageoit à lui livrer son rpi et son pays , 
«st-il possible alors de balancer un seul iastaiit ? Me £iut-il pas 
voir désormais ^ns les Armagnacs les défenseurs de la patrie, 
le vrai parti de Tétat, et un insensé dans le jeune prince qui ap- 
pelle à son secours Tennemi le plus dangereux de sa fainilte , un 
traître digne dû. dernier supplice? a Ce traité existe , et M. de 
Saipt- Victor le cite. Aucun de nos historiens n'en a connu la vé- 
ritable date , et n'en a tiré les conséquences qu'il falloit en tirer. 
Il jette le plus grand jour sur toute cette partie de L'histoire, ex* 
plique les mesures prises contre l'aveuglement du dauphin, et 
&it comprendre l'entreprise , folle en apparence , de Henri V, 
abordant les côtes de France avec une armée peu nombreuse, 
non plus pour rentrer dans la possession de quelques villes, 
mais avec la résolution manifeste de s'emparer du royaume. 

Il fallut bientôt faire trêve auX discordes civiles pour repous- 
ser les Anglois qui s'avançoient en Picardie. Après la bataille 
d'Azincourt , plus sanglante que décisive , Henri Y fut obligé de 
repasser en Angleterre. Le comte d'Armagnac reçut alors l'épée 
de connétable et le titre de premier ministre. Il tint les «énes 
de l'état d'une main ferme et habile. C'est une grande inconsé- 
quence de la part de quelques historiens d'avoir accusé ce 
grand homme de hauteur et d'inflexibilité dans la situation ex- 
traordinaire où il se trouvoit. « Ces écrivains , dit M; de Saint- 
Victor , n'avoient pas vécu au milieu des discordes civiles ; s'ils 
en eussent fait la triste expérience, ils auroieut su que ce n'est 
point par la confiance et la aouceur que l'on peut ramener des 
esprits qu'une longue licence a livrés à tous les genres de cor- 
ruption. Paris fut tranquille , parce que l'administration fut sé- 
vère et même dure } et en effet , il ne s'agissoit pas ici de se Caire 
aimer, mais de se faire craindre. » Le connétable avoit à lutter 
contre toutes les jalousies, toutes les ambitions , toutes les 
haines ; la reine surtout^ dont il arrétoit les exactions , et k la- 



{ '"î;» ) 

quelle il ne laissoit aucuii pouvoir, etoit ^on ennemie la {^lus 
redoutable. Bientôt elle se lig^a ayec le duc de Bourgogne^ 
qu'elle ^a^llaîoln^rç, établit ^ cour à Trpjefs, prit le titre de 
régente, et cas^ le parlement de Paris et les autres cours supé- 
rieures dn royaume. Gepeadant les Anglois s'avançoient rapide- 
ment dans l'intérieur du royaume , qijie les discordes civiles lais^ 
soient sans défense contre eux. Sur ces entrefaites une trahison 
tramée par un petit nombre de citoyens obscurs livra Paris aux 
Bourguignons. Une populace féi'oce égorgea > dans les prisons 
où on les avpit enfermés, le connétable^ le chancelier, plusieurs 
évéques , un grand Bpnd>re de seigneurs et de membres du par*» 
tendent, ea^p %qvit ce qu'elle crut être du parti des Armagnacs, 
Bientôt la reine et le duc de Bourgogne firent une entrée trionv 
phanf.e dans Paris. : cette multitude , qui venoit de se baigner 
dans le s^ug ^ j[etoît des fleurs sur l«ur passage : on n'entendoit 
qu'un cri général d'allégresse. Ces crimes produisirent eux- 
mêmes leur punition : des miasmes pestilentiels s'exhalèrent des 
cadavres dont les rues avoient été jonchées t avant la fin de l'an- 
née il mourui plus de cent mille habitants de Paris > presque 
tous de la populace et meurtriers ^ dit Juvénal des Ursins. Dans 
l'hi^oire de celte malheureuse époque » chaque crime appelle 
un nouveau crime ^ chaque malheur un nouveau malheur. Les 
Anglois étoient maîtres de la Norm^tndie et de l'Ile-de-France. 
Le dauphin y auquel s'étoit réuni le parti d'Orléans, ne voit de 
ressources qu,e dans une réconciliation avec le Bourguignon. On 
convient d'une cônl^rence : l'entrevue a lieu à Montereau , et 
Jean-sans-Peur est assassiné parles gens de la suite du dauphin. 
Les histQi:ie.n$ ont. beaucoup varié sur les circonstances de ce 
meurtre t il est impossible de savoir s'il fut prémédité et si le 
dauphin en fut complice. Son caractère doux et humain , qui 
ne se démentit jamais, porte à croire qu'il n'avoit aucune con- 
noisflnnce du complot^ et qu'il l'eût empêché s'il l'eût connu. 
.«D'aiUsur^> ditM# de Saint- Victor^ pourquoi supposer un com- 
plot? I('e8t41.pas pjtis naturel, de penser que le duc deBour- 



( 371 ) 

gogDe, accoatumë k tous les crimes, ayant vaula ^'emparer du 
dernier rejeton de la faiûille royale , dont il avoit promis la ruine 
à Tusurpateur y fut tué dans le cas d*une légitime défense? • Ce 
meurtre rendit plus mauvaises les afiPaires du dauphin. Isabelle 
>e ligua contre son fils avec le successeur de Jean-sans-Peur. Le 
roi d'Angleterre fut déclaré régent , et héritier du royaume 
après la mort de Charles VL Le roi tint un lit de justice , où les 
auteurs de Tassassinat du duc de Bouirgogne furent déclarés cri- 
minels de lèse^maj esté et mdignes de toute succession. Le roi, 
dans cette déclaration , parlant de son propre fils^ Tappelle 
Charles , soi-disant Dauphin, Cependant Henri Y mourut bien- 
tôt f et fut suivi de près dans le tombeau par Charles VI , dont 
la mort sauva la France. v 

Tout paroissoit désespéré , et tout IMtoit en effet y si Dieu^ qui 
réservoit encore la France k de si hautes destinées, ne l'eût ar- 
rachée, contre toute attente , au joug de l'étranger^ par une 
suite d'événements prodigieux. On peut juger du peu de chances 
qu'avoit Charles Vllpour reconquérir sa couronne, par la posi- 
tion respective des deux partis : les Anglois , maîtres de Paris , 
possédoient la Normandie , l'Ile-de-France, la Champagne, la 
Picardie, la partie la plus considérable de l'Aquitaine; ils dis- 
posoient , par leur alliance avec le duc de Bourgogne , du duché 
de ce nom, et des provinces de Flandre et d'Artois. Le roi étoit 
réduit au Languedoc , au Dauphiné, à l'Auvergne , au Berry ^ à 
la Saintonge , à la Touraine et à l'Orléanois : resserrée enir6 
les pays asservis à la domination angloise et les états du duc de 
Bourgogne, l'autorité légitime avoit perdu non seulement la 
force matérielle, mais encore presque tout son ascendant royal. 
Charles, déshérité par son père, soupçonné d'un assassinat, ne 
sembloit posséder aucune de ces grandes qualités nécessaires 
pour reconquérir un royaume. A peine âgé de vingt ans, il n'a- 
voit que le courage d'un soldat : du rest^ , il montroit un carae* 
tère foible , un penchant très-vif pour les plaisirs, une indolence 
fMsqné invincible. Tel étoit Tétai des cKoms, que , si le| tour 

9 ^6 



( 3:2 ) 

quérants eussent voulu se faire François pour gouverner la 
France, la révolution ëloit accomplie sans retour. Mais, lorsque 
le vainqueur apporte au milieu de la nation conquise sou esprit 
national et ses habitudes étrangères, il s'établit entre ses anciens et 
ses nouveaux sujets deî; différences humiliantes pour ces derniers, 
et qui excitent en eux de vifs ressentiments. Le mécontentement 
d'un côté, la méfiance de Vautre, mènent bientôt à la tyrannie 
et à la. révolte, et les deux peuples se divisent sans retour. Sll 
se présente un chef assez imposant pour rallier autour de lui 
tous ceux qui sont impatients du joug, le conquérant se trouve 
avoir affaire à une population entière , et il ne peut lui opposer 
([ue des soldats. Telle fut la révolution qui replaça Charles VII 
sur le trône de ses pères, la marche et la cause des événements. 
Quoi qu'il en soit, les premières années du»règne de ce prince 
avoient été marquées par-das revers continuels^ ses troupes 
étoient dispersées et découragées. La discorde régnoit autour 
de lui : Orléans , Tune de ses places les plus importantes , alloit 
succomber, et il penscût à se retirer dans le Dauphiué. « Ce>t 
alors , dit M. de Saint- Victor , qu'on vit paroître cette fille éton- 
nante, singulière, que Ton crut alors envoyée par le Ciel même, 
dont encore aujourd'hui le courage et l'enthousiasme religieux 
forcent au respect les esprits même les plus corrompus , et fe- 
ront X jamais l'admu'ation delà postérité. Quelque idée que Ton 
puisse se faire des inspirations puissantes , invincibles, qui pous- 
sorcMU une jeune vierge, aussi innocente que timide , née dans 
l'obscurité, élevée dans l'ignorance, à vaincre tant d'obstacles 
pour arriver jusqu'à un grand monarque , po'uv oser lui pro- 
mettre des victoires regardées comme chimériques par ses meil- 
leurs capitaines, en fixer l'époque, s'en déclarer le principal 
' iuslruiàient : inspirations dont l'effet fut si prodigieux, qu'on vit 
le roi de France, son intrépide' noblessi^ ,sbn armée entière, 
SLilijugués par le plue inconcevable ascendant , marcher, sous la 
conduite d'une simple villageoise, à dbs ^combats qui seinbloient 
d îvoir achtîvei'^leur perte ,' et obteair des triomphes qii'ôri avt)it 



(375) 

]a«ques-ià jugA impossibles; quelques conjectures que Toa 
iforme, quelque opiuioii que Fon adopte sur cet événement, 
unique dans Thistoire, les contempteurs des miracles , tout su- 
perbes et dédaigneux qu'ils ont coutume d'être , ne pourront 
s'empêcher du moins d'y reconnoître un des coups les pilus écla- 
tants de cette Providence spéciale à laquelle les païens , même 
les plus grossiers , ont rendu hommage ,' Providence qui veille 
sur les empires , décide de leur sort , les perd ou l£s sauve à son 
gré, souvent par les ageut^ les plus obscurs, par les moyens qui 
sont les plus éloignés de toute prévoyance humaine. » Personne 
îî'ignore les exploits de Jeanne- d'Arc et sa fin cruelle. Prise par 
les Anglois , ils la firent juger par un tribunal composé pour sa 
perte, et qui la condamna au plus affreux supplice. Elle fit écla- 
ter dans ce long cours d'iniqiiités tine patience , une grandeur 
d'âme qui augmentent encore Tadmiration qu'inspirât sou cou- 
rage et ses vertus. . ^ 

Le sort de la France étoit entre les mains du duc de Bour- 
gogne. La division qui s*ét<^it mise entre lui et les Anglois avoit 
favoi'isé les succès des royalistes : bientôt la paix fut signée entre 
le roi et son terrible vassal. Philippe en dicta les conditions, 
humiliantes pour son souverain , et par cela même honteuses 
pour lui, puisqu'elles prouvèrent que c'étoit son intérêt parti- 
culier et non un mouvement généreux qui le portoit à tin atte 
d'où dépendoit le salut dt la France. C'étoit au tour des Anglois 
à voir toutes les ressources leur manquer à-la-fois : la mort du 
duc de Bedford , grand guerrier et habile politique , leur porta 
le dernier coup. Charles, maintenant, voloitde succès en succès s 
la capitale- du royaiwne, après avoir si long-temps méconmtsoh 
autorité, lui fut livrée par un coup de main; il y entra au mi- 
lieu dès transports de joie des Parisiens : les dernières anhées 
de sort règne furent glorieusemeiit employéfes à reconqaérir*]e 
reste de la France et a en chasser ëntièreihent les Anglois, qni 
furent réduits a Jg seule ville de Calais. ' '♦ 

' On 4îe doit p^^ Qybli^?*' j lorsqu'on parle du* régné de Chir- 



^^ 



' ( 3;4 ) 

\tê TU f de mentiomier ont memre iKditU{iM dt la plus h^nie 
importance et qui eut les plus |;rai|ds réiuluts par la suite ; c'est 
rétablissement des troupes r^j^ées au milieu des d^rdres du 
régime fiéodal ; les peuples ëtoient derenui libres^ ik a voient été 
arma y et les milîceè populaires avoient }Ouë un grand rôle dans 
leii troubles des derniers règnes» Les armées n'étment plus comme 
autrefois composées uniquement de gentilsbommes; à l'excep- 
tion de quelques corps d'élite , ceni'étoit plus^ sou3 la conduite 
de quelques seigneurs indociles» qu'un ramas de vagabonds in- 
disciplinés> plus redoutables peut-être pendant la paix que pen- 
dant la guerre, Charles voulut remédier aux maux dont la France 
étoit accablée avec de pareilles armées : sous prétexte d'avoir 
toujours sur pied des troupes suffisantes pour résister aux inva- 
sions des Anglois , ce prince^ en licenciant, ses autres troupes , 
Conserva un corps de neuf mille hommes d'infiinterié et seize 
mille de cavalerie $ des fonds furent assignés pour l'entretien de 
fette petite armie, qui fut soumise a une discipline militaire 
constante et régulière , commandée par des officiers dévoués au 
monarque^ et distribuée dans les places qu'il jbgea les plus ùl- 
Torables à la surveillance générale qu'il vouloit établir. 1a plus 
illustre, noblesse ne tarda pas à briguer l'honneur d'entrer dans 
ce corps 9 et s'accoutuma clis-lors, non seulement à n'attendre 
que du souverain les honneurs et les récompenses » mais encore 
à dépendre absolument de son autorité. Cette mesure établit eu 
France un ordre qui n'j avoit jamais été depuis la décadence 
de la famille de Charlèmagne : ce qu'il y avoit encore d'exor- 
bitant et de désordonné dans le pouvoir des seigneurs se trouva 
neutralisé^ la milice féodale, composée, de vassaux rassemUés 
à )a hâte sous les bannières de leurs seigneurs, étant tombée peu 
à peu dans le mépris , parce qu'elle ne pouvoit soutenir la corn- 
puraisoB avec les nouvelles troupes -, elle cessfipar là mime d'être 
redoutable au prince et d'arrêter l'actipp da pouvoir moBai- 
chique. Cetétablissementdes armées régulières, et tp^ ce que 6t 
Louis XI pa«r abaisser les grands et leur enlever tout ce qui leur 



(37S) 

ir«stoit de pouroir ^ temmtacir^nt uii« cr« nonven* pour Paît- 

toritë royale. Noiit essaiferons ^ dani un autre article ^ de bièa 

saisir le caractère de Iljttportante période danâ. laquelle bout 

entrons^ 

K 

. ~ .'•■.' • ■ ' * 

ŒmrREâ eotfPtàtes bb TitciTS; ^ iraduetioh houveHè , icf e« ^ 
feJ:f« eh regard ^ des tarlcthtes et des notes ;. par X. L« Bini^ 

' vouv, professeur au collège rojal de Fras^ ,, impecimc 
4d)oiQit de FAcadémle de Patis (i )J 

( Second ^icte.) 

___ • • x.,--> 

' s j a bientôt un an que nous a^ons annoncé îe pramier tt^ 
Kiihe de cettQ traduction , et nous commencerons ce second^: 
article en exprimant lelTegret que M. Burnouf ne nous aii 
pas mis plus promptemeni 3i inême de rendre un pareil hom- 
mage à la suite de son travail. IVoita ignorons les causes d'iia 
retard que ^honorable impatience des touscripteuri a plue 
d'une fois accusé ; peut-être le traducteur a-t^il crur qu'il étoit 
dangereux et difficile de se bâteré Peut-être a-t-il voulu ,, par 
une révision plus laborieuse et plus sévère encore , répondre 
h quelques critiques légères et partiales. Quoi qu'il en soit, nous, 
espérons que la publication prochaine d'un troisième volume* 
nous permettra de féliciter M. Burnour d'avoir fait aussi bien 
et plus vite. Toutefois il seroit injuste de laisser ignorer à nos^ 
lecteurs que ce second tome est en vente depuis trois mois,, 
l'abondance des litières nous efforcé de nous borner ^^miL 
9 une simple annonce ^ insérée dans notre bulletin bibliograr 

(i)'Frix de ehnaqn^ t^Kiiiie : yff' LibrAîrieeeciéiiastiqQtde Ii.,Hfiebèfite»^ 
i^ue Pierre-5«riti^lci ft*..<^- ' 



( 376 ) 

phiquc.du inols d'avril. Nous avons pensé en cuire q\fe'uxi a|l- 
Trage médité depuis si long-temps , et mis au jour avec .cette 
Judicieuse, lenteur qu'Horace recommandoit aux Pisons , mé- 
ritoit de notre part une étude non moins attentive. Nous avons 
donc , comme la première fois , comparé chaque phrase fran- 
çoise avec le texte latin et les notes ; nous consignons ici cette 
remarque dans la seule vue de donner ii notre opinion l'auto- 
rité d'un examen consciencieux. 

Nous i;e répéterons. point ce que nous avons dit dans notre 
preœier article (1} sur la correction du texte, et sur l'exéçu- 
tioji typographique j V^ne et Tautrô on^ été surv^eillées, avec le 
scrupule religieux que nous avions cm devoir si.gaaleif particu- 
lièrement , parce* qu'il est trop rare de nos jours , et que les 
éditeurs Irançois se bornoAt ii l'admirer chez les Allemands au 
lieu de rimîter. 

Avant d'entrer dans quelques détails sur cett« version nou- 
yelle des trois derniers livres de§ histoires , nous, croyons de- 
voir exaniiner ici le sy^stème de traduction adopté par M. Bur- 
nouf« Ce n'est pas sans dessein que nous avons différé cette 
discussion. D'abord la multiplicité indispensable des remarques 
partielles sur le style, sur le sqns controversé de plusieurs 
phrases . sur la partie matérielle du volume , nous eût interdit 
les développements que aqus croyons nécessaires 5 en second 
lieu nous avons voulu ^ avant de nous prononcer nous-même , 
(qu'une lecture , non pas plus attentive , mais plils longue , les 
jugements de la critique , le choc des opinions , nouvelles ou 
surannées , amies et ennemies , présentassent à nos observa- 
tions des matériaux plus nombreux. 

On demande perpétuellemeiit si une traduction est utile j 

l't) Tome VIII, livraison de juillet 1827 , page 35. — ÎVôns saisissons 

cette occasion tardive dt^ rectifier uoe faute d'impression d'au tant plus grave, 

qu'elle se trouve dans une phrase de M. Bournouf critiquée par nous. 

(Pag. 5â>y lig. 8) «Je ne dois pat à^fempire^ des ctfn&idêr^kGfu personnel let» • 

Lise?.: • Je ne dois pas l'empire à des considérationg personn^ltes^i* 



{ 3-;7 ) ■ 

(lifTicile , possible. Ces questions ont élc long-temps , diverse- 
ment 9 et, nous osons le dire, bien inutilement débattues. 
L'utilité des traductions nous est démontrée par Tiinmense 
nuiltitude de celles qui existent chez tous les peuples. Leur 
difficulté ne regarde que le traducteur, et n'est évidemment pas 
la même pour tout le monde. Mais nne traduction est-elle pos- 
sible? La question ainsi présentée est vague, insignifiante , inso- 
luble j on diroit qu'on Ta posée de la sorte pour éterniser les 
disputes. On y fait abstraction et de la difficulté relative 
qu'oflie chaque auteur original, et de la supériorité relative de 
tel traducteur sur tel autre. Tl nous semble donc qu'il faudroit 
se demander si un écrivain" moderne qui connoît parfaitement 
le génie d'une langue ancienne (i), et en même temps \<i génie 
ci les ressources de sa langue maternelle, peut traduire Démos- 
thène , Cicéron , Tacite, etc. De cette manière la question se 
simplifie beaucoup ; elle se résout par le raisonnement et par 
les faits. Par le raisonnenicnt : chaque langue moderne a des 
beautés, sinon parfaitement si^mblablcs, du moins équivalentes 
à celle des langues anciennes. "Donc la foiblcsse d'une traduc- 
tion ne prouve que l'impuissance du traducteur et non l'impos- 
sibilité de l'entreprise. Par les faits : il y a peu de littératures 
modernes qui ne comptent une ou plusieurs excellentes traduc- 
tions. Elle sont en petit nombre; qu'importe. Elles existent, 
donc elles sont possibles. Nous pourrions cîter en France celle 
des extraits dePlînc par M; Gaerouît , dt^Bnltus et dos Catili- 
naires par M. Ekimouf j dePfcaton par M:* Cousin, de la répu- 
!)lîque de Cicéron par M. Villemain. 

Sans doute ce que nous venons detlfre sur'îa possibilité des 
tiaJuctions est incomplet ; ni'?eMî]ct ; ni les liniités naturelles 
de cet aitide ne nous perïucttenl plus de détails; nous n'avons 

• • • 

(i) Si noua lîe parlons pas des ouvrago/i ôrr4{9 en Tart^^uns moOei nv.s , c'#»»t 
qu'il vnl g^oéraieiDçnt rccounn q^« k'»ir, liîiJihjclU>n pir^nti'u ticaOciuip. 



\ 



( 378 ) 

Toulu qiwndîqaer ta niardie qui nous «uroît conduit & uneiolu^ 
tien plus motivée) il nous reste à examiner quel guide jU. ftûr* 
neuf a suivi, ou ptptôt t'iludû suivre un guide en traduisant 
Tacite* 

Le siécle4e Louis XIT , qui éleva si haut la gloire des lettre^ 
françoises^: trouva Fart de la traduction dans son enfance, et Vj 
lais9A, I^e monument le moins informe qu'A nous ait transmit 
encegenrç^st ejucore la longue paraphrase de Pline le |çuno 
par Sac7« Parlerons*notts des traductions de Dader» qui a tra-" 
yesti Horace et Plutaci|Uey ou de celles de Madame Dacier , qui 
i| rendu le même aervice à Homère^ C'étoit la mode alors do 
prêter aux auteurs anden^, et quelquefois même aux'person* 
nagea ^pie Ton laisolt parl^ sur les théâtres , la galanterie eC 
l'esprit françois. ^omère a b^n £iire dire k Achille (lliad. XXIII, 
893) I % ¥ihà^\trée, donnons la lance au brave Mérion» si tu 
» y consens; pour moi, tel est moi^ avis. » Bladame Dacier 
trQUve cette rudesse homérique trpp bourgeoise jt et traduit ; 
c( Recevez donc ce premier prix , et, si vous le voulez bien^ 
h nous donnerons à Mérion cette lance, iju'il teindra bientôt dê^ 
9 ^ang de vos ennemis, » La suite n'est pas moins curieu3e, mais 
nous ne pouvons tout citer, 

La première moitié du dix^huititoïc siècle fujt égaleuiç^t 
fctérile en bonnes traductions, sinon en traducteurs. Aux umi 
manqua rinstruction nécessaire, aux autres Iç talent, à ceux-ci 
la patience. Vers la fin parurent Duraau de la Malle, Dussaulx » 
et le savant interprète d'Eschyle et de Gallimaque, La Porte du 
Tbeil, qui eut le courage de sacrifier aux alarmes de la religion 
et de la morale une traduction et un commei^taûe; déjà impri- 
més de Pétrone* 

L'art de traduire a fait de nos jours des progrès inconitesta- 
\fiesn Le sens des auteurs est mieun saisi quamtrefûis ; Texpres- 
sion a plus de pureté , d'élégance et d'harmonie. Mais avec toutea 
cesqU'dités^ on peut encore faire un^ mauvaise traduction de 



( 379 > 

Ttcîl«| A Fmi neiw p^nètrt pas^ avtanl que ppfiibby au ca* 

laclère pavticali«r de |oi» génie et de spa gtylê. 

Cette longue y oette patiente étnde du plus grave det hislo^ 
liens, du plus grand peintre de Fantiquitéi H. Bi|rnouf Vsl bàte^ 
et1e succès a coui'onnë set efibrts, ii a etu, nous dit^il dai^ la 
}>ré&ce du premier tome , qiie la ^délité et b beauté dans une 
iradoction peuvent aller de compagnie* Mai# eette beauté , cette 
iidélité^ il'ne pense pas qu'elles ebnôs^nt upiquetnent d^uis la 
reprod action eicacte des pensées de rdcrifttm , et dafi» une élé* 
gance et une harmonie générale ife styl^. ft a voutu nous mon* 
trer Tàcitë tel cpl'il estréiftllement, tantôtutec la conélàioti eM^ 
tique de ses phrases , tantit areo la majes^ désa di6tiôn, qui 
est souvent Ojihitoire et quelquefois poétique^ A u^apotiH eu llidée 
de corriger-sbn auteur; il lui a laissé^ autaiit que le génie de la 
langue franeois^ Fa permiS| les beauté» et' en même teoips tes 
siogaltf rites de son style, ses constructions brusques ^ inatteii- 
dues , Ses alliances de mots bavdies, origtnaitts, capricieuses. Ef 
après tout , qu'autHHt-il gagné à faire parler Tacite oomaM ]ao« 
cratè? 

On a rtiprècbé k Mr Bumouf de fréquents latinismes : nous n« 
sommes pas de cet avis } mais une telle critique ne nous étonne 
nullement t on n'est point encore accàutuilié à des tradue^ns 
qui i!onservent aux auteutv anciens leur couleu»' particulière. 
1N<>tts voulons d«»nc qu'HomèiPe, Démostkèoe^ Gcéron, Tacite» 
parlent tous la même langlie, ets*exprimen)ienfranoois âégant^ 
eoiTCct et poli» On aura beau ftiiite observer que l'élégance et la 
politesse ne sont pas le caractère dis^etif de Tacite, il n'im« 
porte ', Tacite doit passer sous le niveau commun. 

Mais enfin ces prétendus latinismes 9 que nous n'apercevons 
pas , du moins en grand nombre^ à quoi a^t>on cru les recon- 
nottre? il nous semble que le voici { en comparant les construc- 
tions des phrase%de Tacite à celles de son traducteur ^ on a 
remarqué q^^ souvent elles avoient ensemble une aualogie» 
biMiYe selon qtiel^^ ^H^^Sj tfès*faeur^use selon nous. Four* 



( 38o ) 

«Ittoi donc une phrase coneroiUelle d'itf e fraocoisa pab ^ecla seul 
({ifelle ressemble h nne toaviinre latine? Les deux langues ont 
beaucoup plus d'idiotismes conimuns jqu on Be le croit gënëra - 
lement. * 

Quil nous soit permis de proposer. une épreuve : BoursauU 
ne voulut point être de ^Académie parce qu'il ne savoit ni grec , 
m latin. Autre tenps, autres mœurs. Peut-âtre, en cherchant 
biea, ne seroit-il pas impossible de trouver aujourd'hui tel aca- 
dëniicien- qui, sans avoir fait le Mercure galant, Esope à la ville , 
Efiofifi à la,eour9 teroftl,pour le grec et le latin, le. digne émule 
de BoursauU. Nous sommes convaincu que, sachant parfaite- 
ment le francois; oomme le savent tous ses collègues , il t^ou- 
T^rçit la ti^aductiotl de M» Burnouf ti'ès-bien écrite , et justifie- 
rOitpar d'iJilusU-es oxemples ces prétendu^ latinisixies ,.qu^ ue^is- 
teiit.que dans quelques imaginations préoccupées* Trois ou 
quatre phi^ases de ce second volume lui paroîtroieut peut'-etre 
péqibleniolit contoarAéoS'Ou pëaconfoirmes au génâe de potre 
langue; iljes blâmevoit aussi .^évèrement que nous le faisons 
nous>même. Lorsqu'il arriveroit à cet endroit (III, 19) : « Quand 
» une ville est prise de foVce^ le butin appartient au soldat ; 
^ rendue ^ M est aux chefs. » Ildiroit à M« Burnouf : « J'ignore 
si cette phrase est latine-^ luais je sais arjè^.bieii' qu'elle u est pas 
fMQçoSsè. P Il.critiqueroit également (.111 ? .aa) : nhe combat 
?• fpt^.tQttte la nuit/.<:fr$t/^r^> incertain y saugliiit. ^-^tjil s'afili- 
gçroit de^.retrotkv^v.KlU) $0) : «Le sott de ces 4<^'putés fut 
ff\ (/ii^^FSy*,:'fi £n effets 4<ver9> exprimant la diiljilvopce des temps^ 
ilf^ lieju^'^rtdes periOiMi^» des chos^es^ s'emploie toiU}oi|rs au 
pluriel; car lQri()qu*U'y)^4iv;^r«ité, iUy • a ^ôcf ssàirement deu^ 
pu)ets>au inpiiV^* ^ {^Grapu ^és granu\ reiparques. détacfastfcs, 
pa^,'55. ) llnptev-Qit ^ncoro-un très-pct^t nouibre d'expressions 
qui n'appartsenneat pas au, stjle ,, ordii^yiireinpnt -SiL naturel et si 
classique, 4^ savant tiVidttcteur. (ÇMonian uf? fu.t envoyé vers Ci - 
3» vilis pour lui dire de ocs^or la gUÊiix^, et Je i^e pas coavi'ir 
»; iWn drapeau menteur left dessains sd^R ennemi. » (lY^ 3u) 



( 3Si ) 

f Valeiius Paulliuus'bou militaire, * (III 9 4^0 Cet adjectif,, pris 
substantivement 9 ne remploie. pas plus fin parlani des Grecs et 
^s Romains, que cnpora^ qvl colonel. Peut-être a]outeroit-il 
encoi-e cinq ou six obsei:v2|tions de ce genre ; puis il se taîroit, 
parce qvi*il n'aaroit plus rien à dire. .. 

V Nous avons parlé^ daiis i^otre premier article, des notes plei- 
nes d'érudition et de goût qui accompagnent les deux premiers 
livres des histoires. On retrouve dans . celles-ci la même, saga- 
cité et le raéiï\e tale^itj il. est. difficile de fàir^ connoître un 
travail de cette nature autrement que par une censure ou une ap- 
p^!obatiqa peu motivées ; . et cependant jamais commentaire 
ne fut plus, digne de l'attention des admirateurs de Tacite. 
M. Bi^rnouf a , comme dans le. précédent volume, rétabli dans 
un. très-grajid nombre de. passages le véritable sens <|ui avoit 
échappé l\ ses devancier,*?. Nous avons lu avec le plus yi£ in- 
térêt ses éclaifci^semeat^ ]bistoriq.ue&et^éograpbiquQS, et ses4 
lumineuses 'Vcc<icrc^es sur los^^ouvfments des. légions dans les 
Gaules , d^ns Ifi^ Germanie et dans le, pays des JBataves. La plu- 
part d^e& lecteurs joi^issent de t:ps précieuses dissertations sans 
songer, aux. immenses lectures qu'elles^ont laécessitées. Trop 
souvent. même, plies sont accueillies avec une dédaigneuse .et 
ingrate distraction.. . . • • 

Mais ce qui donne à ik)S yoax . un prix, particalier aux 
notes de cç volume, ce. sont les judicieuses et éloquentes réf'u- 
tations que M. Burnouf oppose aux. déplorables absurdités que 
J^cife éditasse , comme à plaisir , ^qntre le peuple àç. {)iqLi, d^ns 
qi^elques -chapitres du cinquième; livre. On ^ peine à cpncevgir 
jusqu'à quel point la critique étoit étrangère aux auteurs de 
ces sublimes , et pathétiques narrations . qui donnept.à.riiis- 
toire chez les Romains tout l'intérêt du drame et. de l'épopée» 
Les renseigDenieiitSipositifs manqupîent-ils à Tacite ?'sott devoir 
étoit alors de taire Tce».qu'ilignoroïf, au lieu d'admfèttre dans 
an ouvrage de.'îtiné a la postérité desVontcs ridicules , digues 
tout aii plu« d'amuser la curiosité (tes vioillos femmes dans les 



honrffl de rttaKe^ Bfaiis peu yhs livres sacra des isiifs exislo^t 
âi Rome. A le«r déÉiut Tacite pouvoit eonsttlter les antiquités 
judaïques de Pliistorien Joseph , qvà fut Fami de Yespasien et 
de Titus. Eufin ,^ les def uiers soldais des légions de Sjrie lut 
9uroient encore donné des renseignem^ts plus authentiques 
que ceux qu'il adopte. M« Burnouf a réfuté sans peine toutes ces 
puérilités. Au reste, Tacite luî-ménie est forcé dç rendrehom- 
raage à la majesté des croyances juives qui nVdmettent qu'un seul 
Dieu : c Judteei mente solâ y ununufue numen intelligunt* (t. 5.} 
s Cette phrase , dit le traducteur , et les suivantes ^ sont unç 
» magnifique réfutation du mal que Tacite vient de dire du 
» culte hébraïque^ Bt comme lestjle deThistopien s'élève avec 
» le sujet ! A Tenthonsiasme calme ^ mais proibndément senti , 
» avec lequel If énumére les attvîliuts de ce Dieu unique et 

• imoiatériel, de ce Dieu suprême ,, étemel, immuable, qui 

• ne mourra jamais, on voit que , sam les lieux qui l'atiacheiit 
» aux vieilles divinités du Capitole, ce seroit la sa divinité. (i). 
9 Cest pour avoir entrevu ce Dieu souverain et l'avoir obscu^ 
» rément annoncé dans ses philosophiques entrefieas^ que 
» Socrate but la dgu$ ches le peuple le plus éclairé de la terre;:. 
> et l'existence de ce Dieu iétoit chez les hébreux le dogme 
» fondamental ! Toilà le trait caractéristique de l'antique reli- 
« gion d'braël f voilà ce qui la rend digne d'avolt servi de fon- 
» dément à cette religion plus sublinie encore , plus spiri- 
» tuelle , plur dégagée des formes extérieures et grossières ^ 
» qui a renouvelé la face du monde , et qui est , pour ainsi 
V dire , la vie et l'ftme de la civilisation moderne, s (Pag. Sog.) 

(i) Ici nous ne partagsoQi pas l'opinion de M. Barnouf. lia raligiop de 
Tacile retsemble beeocoap ao icepticisme et & l'indifférence absolae* 
Qnela étoieat d'aiUsart ces llcna qui poovoisBt fattaèiief aux vieMles divi* 
aitéf di^ GajpfloUr 11 y a lq^-tei|^p«, que 1# méf^îp d«4 Rom^ii^ «c)fir^ 
H voit fait jnftipe de ces idoles, q«i , d'abqrd » pou voient n'ètrfîè Içurt yenx 
que ridicules» mais qui devoientalors leur sembler atroces depnts (|veISérofi. 
«voit roufifi leurs auteU du sang chrétien. 



( 583 ) 

Noiu ATOiis remarqué i^ la fia du second volume un long et 
^ftTant excursus sur S^ràpis et sou origine , par le traducteur 
^e Creuser , M. Guigniaut , qui avoit déjà enrichi le premier 
tome d'une dissertation sur la Ténus de Paphos* Ces deux me- 
tnoîrés , qui mtSriteroient , mietix que tant d'autres , une place 
dans le recueil de l'Académie des inscriptions , se distinguent 
par uae érudition profonde et rariée» et par cette haute criti* 
•que dont nous s^nblons abandonner la gloire à l'étranger. 

En un mot» cette seconde livraison a satisfait, comme la 
première , la longue attente des souscripteurs ) nous lui souhai- 
tons et nous lui prédisons le même succès. Puissions-npus 
«oBtribuer à ce succès , par l'honunage consciencieux que nous 
offrons au beau travail dé M* Burnouf I Partout ou nous avons 
cru voir des imperfections ou des erreurs, nous les avons notées 
avec franchise , avec Sévérité » mais aussi sans jalousie de mé« 
tier y sans prévention d'aucune sorte qui pût influer sur l'indé- 
pendance de notre opinion. Jusqu'ici nous plaçons le nouveau 
traducteur bien au-dessus de ceux qui l'ont précédé : nous 
croyons même que l'on ne peut guère espérée de faire mieux , 
à moins d'avoir la folle prétention d'égaler Tacite f a mais, dit 
a quelque part un ancien lyrique, la limite est posée; ni les 
a habiles ni les ignorants ne la franchiront. Pour moi je ne 
a poursuivrai point cette gloire 5 mes efforts seroient super* 
a fias, s 

T. M. 



. . > 



/ 



( 3S4 ) 



• , . .... • . . \ : 

♦ 



DU JUBILÉ PROTESTANT DE BKJ&1NB. 

{ GorrespoQdance étrangère. ) ' ' 

• ► • - 

On reçoit i^es détails curieux sur le jiibîlé pfotesfaht", 'ou la 
tête sei:ulaire célébrée à Berne , dix V au 3 juin, eii mémoire 
delà révolution ou de la prétendue réforme introduite dans ce 
canton en iSaS. Il paroît que ce jubilé, précédé par la publica- 
tion de notnbreuX libelles contre rÉglIse catholique , compose 
de sermons très-discordants, et suivi par une distribution de mc- 
dailles , n'a pas produit tous les tésultats que s'en promettoient 
les délateurs de la réforme. D'abord, certains protestants, tra- 
vaillés par je né sais quelle inquiétude secrète , firent courir le 
i)ruit que les papistes , c'est-à-dire le petit nombre de cattolîques 
résidant à Berne, avoîent résolu de brûler la ville dans la 
nuit du samedi au diinanche i", juii^ , ce qui* rappelle que , 
à Paris en 1790, on répandit aussi le bruit 'que les royalistes 
avoient fait miner le Champ - de -Mars pour le faire sauter 
en l'air et empêcher la fêté révolutionnaire du 14 juillet* 
De plus , on assura à l'Avoyer en charge que le curîé catho- 
lique devoit prêcher le dimanche matin , et cela par ordre , 
sur le texte très-bien choisi : Mon Père , pardonnei-leur , car 
ils ne savent ce qu'ils Jbnt, L'Avoyer, tout effrayé de l'effet pro- 
bable d'un tel sermon, en écrivit le samedi soir au curé, qui 
répondit : i< Que non seulemeiU il n'avoit point reçu d'ordre 

* 

» pour prêcher sur un texte quelcoîique , mais qu'il ne prêche- 
» roit pas du tout , puisque , comme S. £. ne pouvoit l'igno* 
» rer, on lui ôtoit l'usage de l'église depuis neuf heures du ma- 
» tin. » 

Le dimanche, 1"^ avril , le grand discours d'apparat, prononcé 



( 5S5 ) 

Jans régtlse principale , en présence du grand conseil et du eon- 
s'cil municipal , n'a pas non plus juLStifié les éloges qu'on s etoU 
plu à lui prodiguer d'avance. 'Le doyen Studer, orateur spécia- 
lement choisi à cet effet , et qui de voit énmnérier toutes le» béné- 
dictions du protestantisme , a osé traiter la question : « (^u' est-ce 
que la Férité ? » question assez embarrassante et même insoluble 
pour ceux qui ^'écartent de la croyance universelle , rejettent 
tous les témoignages , et posent en principe que chacuit doit 
et peut suivre les rêveries de son esprit particulier. Aussi 
lui a-t-elle si bien fait perdre :1a tête^ qu'après de nombreuses 
hésitations et des digressions maladroites, qui firent trembler 
SCS auditeurs, il a terminé comme Pilat^, s'en allant sans rien 
décider. Son successeur en chaire , chargé de réciter 'une espèce 
d'oraison , expressément composée pour cette fête, a été telle- 
ment efTrayé de cette, déconfiture, qu'à son tour il a perdit la 
mémoire. D'un autre côté, le jour même que tout cela se [>assoit \\ 
Berne, les diverses branches de la famille de Diessbadi établies à 
Fribourg^ famille illustre par sa naissance, ses richesses et ses 
vertus, ont fait célébrer dans l'église de Saint-Nicolas , *à Fi'4« 
bourg , une messe solennelle , pour. remercier Dieu de jce qu'il k 
fait la grâce à leurs ancêtres de quitter Berne à l'époque de la 
prétendue réforme et de demeurer fidèles à la re!igion catho* 
lique. 

Le baron d'Ottersledt, ministre de Prusse, et M. Durch, 
chargé d'affaires de Bade, ont assisté à la fête bernoise , et 
ont figuré dans la grande église , tous deux en uniformes 
rouges, tandis qu'on ne voyoit que des habits noirs-, qui étoient 
de rigueur pour cette cérémonie, et lui donuoient plutôt 'l'air 
d'un jour de deuil ou d'une fête funèbre. On a été encore plus 
surpris d'y voir arriver madame la grande. duchesse Cons- 
tantin, née pnace^^e de Cobourg, qui, oiîfeMant ^pi'elle avait 
abjuré la réfonn^ ^^ ^^testante, et qu'on- a étéV)h>ig«^'dep(ii'iiict- 
tre pour eHe ^ ei^ç^ . ^ d'une chapelle grecque Auis les' cnvijpoiis 
de Berne, tst\> ^ntendredes discoMMtioù wufiii lcs.bieiu 



( 386 ) 

tnH de b l'^ohitîoB retigieuse ob ^uin^roic raboittieh ie h 
hiérarchie eoclésîattiqae» ctUé dutaerilicede la ineoe , des sfepi 
sacTétnemUf du jeAiie, de l'abstinence^ du culte des saints , etc., 
Idatefc choses ^'en sa qualité de princesse russe ell^ est ce- 
pendant obligée de croire et de pratiquer* Au total , oa a remar* 
que dans le public peu de véHtable aéle. Les iin^ alloient à la 
fête par curiosité^ œmine à un èpectade, ou par respect hu- 
inain ; d'autres s'en moquoient en secret; d'afttres la blàilioient 
assei ourertemeot comme une jonglerie peu sincère, ou comme 
«m acte intolérant et impolitique ; d'autres, pour ne pas y assis- 
ter, s'absentèrent de Berne sous divers prétettes ; enfin ^ les gen^ 
du peuple s'en fichoient parce qu'on leur avoit interdit le travail 
et fermé les cabarets. 

n est aussi digne de remarque , que les cantons d'Argovîe 
et de Yaud, protestuitisés l'un et l'autre' par leurs anciens sou- 
rei-ains de Berne , le premier en iSaB , et le second en 1536» 
n'ont pas prb la moindre part à ce jubilé de la glorieuse ré- 
forme p et ont fait en cela tout ensemble un acte de sagesse po- 
litique et un acte d'indépendance protestante* Ainsi , jusques 
dans les plus petites choses , tout annonce la désunion des pro-- 
teslants et prouve qu'ils n'ont rîen de commun entre eux , pas 
mfene la foi dont ils se yantent. 

Enfin , ce qui est encore plus remarquable et plus instructif» 
c'est qu'à l'occasion de ce jubilé , les ministres proteslants de , 
Berne , ont été gourmandes même par leurs frères de Zurich^ 
M. H&nerwadel , professeur de théologie à Berde , avoit an« 
nottcé au public qu'il prononceroit , le mardis juin , dans lu 
9alle de l'Académie , un discours latin sur l'usage des livres 
symboliques de notre é^se nationale pùurdétfirminer et conser- 
ver la doctrine ecelésiastïque que les bienheureux réformateurs 
om rétablie. Or, sur ee simple titre, la Gazette de Zurich lui ob- 
serve, dans un ar^le aussi naïf que piquant, « qu'au lieu d'is- 
» ssige ou d'utilité, ou a probabUment voulu dire ùbus. Car, 
» dîc-dle,left réformateurs ftvoibnt douons la doctnjM eectàiasti^ 



\ 



» que à une révision , en fondant leur droit h cet égard priorci- 
» paiement sur la faillibîUté et la fragilité de la nature hu- 
9 maine, assujettie à toutes les foiblesses et à toutes les erreurs. 
» Des circonstances particulières ( les reproches qu'on leur 
% adressoit de toutes parts sur leur d^nion ) ^es engagèrent 
« à rendre compte de cette révision , et ils exposèrebt systéma- 

• tiquement kur interprétatîoçi de l'Ëcriture dans des livres 

• soi-*disant symbolises ( c'ést-à-dire daiis des confessions de 
» foî et des actes synodaux ) ; que si maintenant ces réforma- 
» teurs et leurs disciples ^ qui sont pourlaiit aussi des hommes^ 
» voûlôient lier tontes les générations suivantes à leur inter-* 
» ' prétatiôn de FËcriture , ils feroient d'eux-mêmes un nou- 
9 veau clergé papiste^ et la seule différence éhtrelês catholiques 

. 9 et les protestants seroit que les premiers ont un pape 
» vivant, et les autres un pape inanimé ; un nouveau livre qui 
» ne s'explique pas plus luiruiême que la Bible , et qui k son 
» tour aura besoin d'interprètes et à* tmt révision perpétuelle» 
» tout aussi légitime que la première. » U faut convenir que cet 
argument est sans réplique et de nature à terrasser tous les pro- 
testants. D'une part, ils ne peuvent établir le moindre ordre , la 
moindre fixité dans leurs églises, -sans exercer soit par eux-mêmes^ 
soit parles gouvernements^une autorité interprétative de la Bible, 
et par conséquent sans condamner le principe de leur réforme 
et donner gain de cause aux c^itholiques. D'autre part , ils ne 
peuvent pas non plus suivre fidèlement le principe de leur ré- 
forme sans ouvrir la porte à toutes les folies^ toutes les ex- 
travagances , reconnoître pour également vraies les contradic- 
tions les plus palpables et autoriser même les sectes les plus 
monstrueuses ; par conséquent sans ruiner de nouveau , non 
seulement le protestantisme, mais tout christianisme^ et donner, 
encore une fois , gain de c^use aux catholiques : jamais ils ne 
sortiront de ce cercle vicieux. Aussi sommes-nous curieux d'ap- 
prendre comment jlj. le professeur Hûnerwadel s'en tirera ^ il 
ne reste d'autre ^ ^5purce que celle de fermer la bouche aux 

9 ^ ^7 



- v. 



( 388 ) 

ralflonneart el d« convenir entr« quatre yeux , qu*â faut 
choisir de deux maux le moîudret et qu'on n'a pas besoin d'êâ-e 
cotne^uent dana4e taial. Aussi Tauteur de cet ^rtick se rap* 
pelle que dan&sa jeunesse on l'a beaucoup averti de se tenir en 
garde contre \çsfaiaeur$ de conséquences , c^est-à-dire, contre 
les gens cpii raisonnent juste ou les bons logiôens» Gela lui 
parut alors singulier; mais auiourdliui il le comprend. En ef- 
fet f rien de plus dangereux que ces gens-Ui pour la religion pro- 
testante. Dès qu'ils veulent garder une ancienne vérité chré- 
tienne et en tirer les conséquences > ils deviennent catholi- 
ques. Sont-ils au contraire fidèles au principe fondamental delà 
réforme , ou comme on s'exprime aujourd'hui, des protestants 
purs et véritables yiU deviennent des adiées, des sceptiquesi oià 
bien 5 s'ils reculent d'effroi » ils sont enccnre forcés de se iaire ca- 
tholiques. Ainsi donc, pour éviter ce double écueil» le mieux 
est d'admettre un principe en théorie , d'en rejeter tontes les 
conséquences , de sorte que ceux qui ont sans cesse le mot de 
raison à la bouche y interdisent tout raisonnement ^ tout «sage 
régulier de la. raison* 

A M. le Rédacteur du Mémorial catholique. 



GonCancet » 2» joio i8a8. 
MOHSIKUR , 

Il est à propos que vous sachiez que des inspecteurs géné- 
raux de 1 université sOnt arrivés ici 9 qu'ib ont réuni chex le 
principal du collège les divers professeurs , et que leur prin- 
cipal entretien avec eux a eu pour but de sinformer si , 
dans notre ville , les doctrines philosophiques et théologi- 
ques de l'illustre auteur de VEssai sur i Indifférence ont des 
partisans et en quel nombre. 

n est aisé d'apercevoir le but , les ^oti& et même Tarrière- 



Sensée de cette mission extraordînaire, q.ul coïncide atcc les 
eririéres ordonnance!^ rendues sur les rapports de Mgrs. Te 
ffârde-dtes-sceatiXy étPetitricr, chèque deBcauvais. Mais quand 
Bienr même oxi parviendroit à enchaîner le sens commun , il rc- 
coitrrerd tôt ou tard son immortelle îcdépendanee.' On peut 
reponsscrr , exiler même la P^érité i mais comme elle existe 
avant lé temps , ïè Temps ne peut rien contire elTe. 

JParFhonnévr d'ttrts, etc.. 

Un de vos abonnés^ 

EVsKicuKswiiT wLtK VituGion^ par M. MérauTt (i). 



Ces trois volumes ont ëtc c<mipo9^s dans les Fntchtrorts les 
pTns leuaMes , pour fittre eonnoitre et aimer la religion. Nous 
voudrions bien pouvoir dire à nos lecteurs qu'un plein succès 
a cotironné Fentreprise» Hlais il nous a semble lire , mofns un 
ouvragfe^ nettement oouça dans son ensemble et écrit d'nti 
style propre à l'auteur , qu'un miflangc tant soit peu confus de 
citations , d'histoires , d'apecdotes , de pensées ^ qui, dans tra 
langage bigarré , présente souvent des expressions inexacftes , 
mielquefois même des idées contradictoires. 

Dans une introduction de cent douze pages , qui , h notre 
avis , pourraient sans rnconvénieut se rédfnire k une vingtaine , 
il est dit d'une part r Les saints que nous honorons d'un 
culte puBirc ont pour ta plupart tout ignoré ^ hors lés ventés 
nécess'afres égatetnent simples et sublimes de la religion f et 
pour exemple de cette pieuse ignorance, on cite le patriarche 
Job , par la raison qu'il est appelé un homme simple et 
droit. Ensuite, un peu plus loin on s'écrie : Voyez avant 
i'anseignement de èafoi tous les peuples dans Perreur et tous 
les phUosQpheis dans le doute. D'où il est à conclure que les 
saints, bien qu'ils aient fonf ignoré , n'ont ignoré cependant 
que le doute et l'erreur. Là qualifrcation d'ignorant donné à 



que 
Job 
a paru bien sii)gi)|j^re 



Job , parce qu'il est app^^^ ^^ Knmme simple et droit , noUs 
ibien sii^gtilfAre j *î^si çue l'épilhète d'idoldtre donnée 



(t) cinq »•'• in,. ' ^^is t >S. f'* Che* M^^gnonJuaior , m^ c}«« 



\ 



/ 



{ 39P ) . 

h Teunuquâ delà terne Caodace, qui cependant étoU vtmxLadorer 
à Jénisalem i eoiiime aussi lapplicatton faite aux apôtres du 
reproche que Jésus -Christ adressoit cependant aux \\ùh en 
général , quand il sVcrîa i O génération incrédule et pcn*erse , 
jusqu'à àuand resterai je avec t^otti 7 Cette manière d'interpréter 
i*£vàngile nous a fort étonné dans un docteur en théologie. 

En parlant du symbole , Fauteur dit : Ce simple abrégé 
de notre foi y que l'Eglise offre àjnos réflecsions, nous en- 
richit de cônnoissancês vraiment célestes , absolument ignorées 
de'toute la sage et savante antiquité. Ïm vérité brilloii en 
vain de tout f éclat de ses rayons : elle na été connue que 
lorsqu'elle s'est enveloppée d'un nuage, c'est-à-dire , lorsque 
te Verbe s' est fait chair. Le symbole renferme y d'abord, les 
dogmes de ta nature , inconnus y nou^ ne le répéterons jamais 
asse'% y inconnus , pendant tant de çhcles y à tous ceuoo que la 
foi n'a pas éclairés et qui n'ont eu pour guide que tes lumières 
d'une raison rédiculement vantée. Eifiny pendant t espace 
de quarante siècles y sans exclure ceux si éclairés et si cé- 
lèbres de Périclès et d'Auguste , vous chercherez en vain, même 
parmi le inonde savant , ceux qui connurent le vrai Dieu dans 
son unité, La religion de toute la terre -, les se/il^ juifs exceptés y 
celle des plus saees d'entre les hommes p ful-eUe autre chose 
que l'erreur ou la superstition absurde y impure et cruelle de 
l'idolâtrie 7 

Voilà , pendant quarante siècle», des eboses bien surprenan- 
tes. D'abord la vérité s'y montroit plus évidemment que de 
nos }qurs , alors elle briUoit de tout son éclat , tandis que de- 
puis Job elle a tempéré ses rayons. Et toutefois » pendant ces 
yuarante siècles où la vérité briUoit sans nuage , personne ne 
a vue^ à l'exception des seuls |uifs^ qui encore néparurçnt 
qti'après le vingtième siècle , tout le monde ignoroit jusques 
aux dogmes de la nature^ Et toutefois cette antiquité , qui pen- 
dant quarante siècles ne sut point apercevoir la vérité qui bril- 
lait de tout l'éclat de ses rayons , étoit la sage et savante anti- 
quité. £t toutefois l'auteur nous assure un peu plus loin que 
jfoif seulement la connaissance de Dieu y mais généralement 
tous les dogmes de la nature y ces mêmes dogmes si absolument 
inconnus pendant quarante siècles , étoient enseignés plus ou 
jnoins parfaitement dans toutes les religions; et pour. le prou- 
ver, il cite plusieurs auteurs païens. Ce que nous- Voyons de 
plus clair dans tout cela , c'est une grande confusion d'idèes« 
Nous croyons que l'auteur s^est exprimé plus en rhéteur qu'en 
théologien exact, lorsqu'il avance que pendant les «quarante 
premiers siècles l'idolâtrie étoit la religion de toute la terre. 



D*abordy il ik^en est pas question dans les Écritures avant le 
déluge , ni même après jusqu'au temps d* Abraham ; ç.'est-à^ 
dire , pendant plus de deux mille ans. A l'époque de ce pa« 
triarche, on voit Melcbisédech » roi de Salem , prêtre du Très- 
Haut y qui probablement n'étqit ni idolâtre ni rcH d'idolâtres ; 
d'ailleurs, entre les crimes que l'Écriture rçprocbeaux villes de 
la Pentapole , elle ne meniioone aucunement l'idolâtrie. Du 
temps de Moïse même , au vingt-cinquième siècle , Bossuet 
rappelle ^ dans son Discours sur 1 Imtoire universelle , que les 
tramtions anciennes da genre humain et celles de . la «îsjBiUe 
d'Abraham n'étpientpas naal aisées à recueillir ; la mémoire- 
en étoit encore vive. Aussi v^jons - nous ,. dans lei:pa^s 
de Madiau , Raguel ;i prêtre, suivant toutes leS'japp^reniBtéft» 
du vrai Dieu » puisque Moïse demeura ^e:^ lui et feponsa 
une de ses filles ; en outre le patriarche ^obt> qi¥> ftKCM^ses ' 
amis , célèbre la providence de Dieu avec u#e- élo^Dience de 
tous les âges. Enfin , dané le trente- troisième. s|écl<3 44 nionde » 
les habitants de Ninive ne dévoient pas être biei?i ^rangei^ k \^ 
connoissance.et au culte du vrai Dieu> puisqu'ils se convier ti- 
rent avec une promptitude si exemplaire 4i la simple p:édici^.- 
tion. de Jonas. 

Nous avons remarqué encore qu'en expliquant cejli article 4n 
symbole : Je crois la sainte. Eglise oUkoUque , l'aui^ur fajtun . 
reproche au jeune clergé de France d'être plus c^itl^o^que qye . 

failican f et d'ayoir plus de vénération pour WPapet.que pour 
leurj, qu'il nomme le Maure des docteurs (i)» N'ef|.c|^pl^î$e 
au maître et au disciple y nous souhaitons pour I^,S£ilut >4eJar 
France et l'honneur de l'Église tout entière qif^iiq- clergé 
françois mérite toujours un reproçbepareiL 



' ' .> 



I > ■ 

(i) pQar saroir quelle conGance on oeut «voir ea ce mattV'e , lUes le» 
obseriatiope critiqaes^ de Marcbetti et ae MazzarelU. 



(590 



ft4%«\V«%%4^tfVM«/MA%1A««««««%'»i«%b<> k«<«*lA\r^Tt«%Vt^^«'^\«'^Vk*%ft« ;,W«%%«VKW»'W% ^A\ '. v\t %%%% 



Et.r)Gi DV ' htc B^eifG'iiieH , dikcàurs ùui a obtenu une mention 
honoraifie à ht Stk:iété des bonnesJettres / par Y,- A. Fia vo! , 
avocat k la coiir royale de Paris (i). * 

It ittt ta»d, sans doute, pour recominttiider à rattentioti du 
publiouft-diicoHM faoïMir^^d^e m<eftlioii par Tune île nos so- 
cië|é| Ihlëraîres.'Mais ii «st t^jottfs temps de révetUer des son- 
veakv qui peuvent o(lî*ir ti la génératioii acttteUe d'importantes 
leçomii^ aujoard'hiii stii*tout <j[tto le nom du meurtrier d'un 
Bom*kott*st «l^rcAivè dttu» lodtes les boucbe$ , il ne sera pas inu* 
tH« defettf(^|pèler^%ii des tilres d« Bonaparte k rin^moitaiité que 
Jifi rilsei<v#' l'avenir. 

Le diseMrs do Jê. Plâ^l isè distingue' par la vigueur et la ra- 
pidité 4lte%tJ^le, etsutt^iit par l'accent de cette conviction pro- 
fonde €(éi ^à^ftrqu^ trop sontvent aux discours composés pour les 
luttes, académiques. Cependant le jeune écrivain nous semble 
a^éir ({u^ètforé oubtié le précepte de Bosquet.: « La seule ^îm- 
jh plldté d'fci^ t^cît fid'èle potti*roit soutenir la gloire du ptincci » 
Il ii.-safcViâë'quelquisfois au gô^t dn jour, par àes locutions^ af- 
frétées ^''phr^es pensées ijué d'autres appellerodent originales , 
mtaisdiiitiëtlsrparoissetit'bmif es; «n6n par Femptoi de-quelques- 
uUeé^de^'^oitil^i^ du roihàMisih^ : toutefois^ nous nous plaisons 
a répéferïqafe ce distonrs ptIrtJe Fempreinte d'un beau talent, et 
d'une conviction plus belle encore. - 

Il est divisé en aeux parties. La première contient leprécis bril- 
la i^t des exploits militaires du jeune héros de Berstheim. La se-- 
conde ne coinprénd que Tiptérvalle qui s'écoula entre leç nuits 
du 1 5 et du ai mars i8o4* Voici comment M. Flayol raconte 
Tassassinat du prince : 

» Recueillons-nous; voici lé moment : ce lieu même est sacré ; 
» nous sommes à quelques pas du chêne où saint Louis rendoit 
n la justice; on la rend à son fils!.... Le héros se met à genoux 
9 sur les bords de sa tombe; bientôt il se relève avec courage.. . 
s N'achevons pas. Le reste est digne de l'enfer; mais la scène 
» a fini dans les deux. » 

L'oraison funèbre du duc d'Enghien fut prononcée à Londres 
devant la famille ro^le. Malheureusement le petit-fils du grand 

jfi) Paris , 189^. Achille Deiaugcs , libraire 9 rue Jacob , n*. S» 



{ 393 ) 

Condë n'a pas été loué dignement dans la cliaire sacrée. 
C'est là néanmoins 9 et là seulement , qu*un pareil sujet pou- 
voit être développé avec les proportions et la majesté convena- 
bles à une si terrible catastrophe. L'orateur qui parle à la vue des 
autels ne resserre point ses pensées dans les étroites dimensions 
•de la politique hun^ine^ 



Nous sommes obligea de remettre h un prochain numéro l'an- 
nonce de plusieurs ouvrages de gravures et de litljt>j^r£f\)hies qui 
nous. on€ été envoyés. Mais nous voulons 9 dès aujourd'hui, re« 
commander à nos lecteurs un recueil qui mériite son intérêt et 
ses encouragements ; c'est la Galerie des Saints, Ce recueil pa^ 
roft tous les mois par cahiers in-folio, dont chacun renferme 
deux Iftàogràphies et deux pages de texte. Les trois premlèfes 
livraisons que nous avons sous les yeux offrent sic sujets traites 
avec beauicoup de grâce et de délicatesse. Depuis long4emps on 
d^siroit une collection semblable, et la manière 4ont elle s'an- 
nonce reiTiplira sans doute 1^ yosu des personnes pieuses , qui 
sont en même temps sensibles aux charmes des beaux-arts. }Sous 
leur rappellerons souvent cette b^lle collection , dont le succès 
nous paroîl déjà assuré. Le texte aussi mérite des éloges :'il est 
clait'Qiûeilt et simplement écrit, 

O'M. 

(1) La galerie dc« Saîati pavott par livraÀoni de dcas portniti, le i5 de 
chaque van^îs, |je piU 4t chaque UvriÛBon e»t -^xé çomifie il sait ; aaToîr : 
pour les sQiucripteurs , è a Tr. , Burhefm papier blanc sans texte , et ^o cent, 
en 6U8 avec le lexte ; a fr. 5o cent, sur papier ,de Chiuo. 5o cent, en sus 
pour les départements. Partiellement, chaque livraison se paiera : sur 
•papier blanc 9 S fr. ; a«r papier de Chine, 3 Cr. 60 cent. Le portrait seul 
se paiera : sur papier blanc, 1 fr. 5o cent..; 'sur papier de Cbine , i fr« 
80 cent. On souscrit à Paris , chez Roux , marchand d'objets relatifs à la 

Seinture > rue Groix^des-Petits-Ghamps , n^, Ai ; et à la librairie catholique 
'Edouard Bricou , rue du Pot-de-Per, n«, 4. On pourra égale ineiit s'a- 
dresser à la sftcristia de i'iglise paroiaaiid& de Notse-Dâitie-de-Bonne- 
NDUTalle* 



(394) 



«%%W 'W»%t»<»t»V»'W%»»»^%^>%V>% %%M MA W««%* ^y^tK%.%'¥ViWA/%,'W^^^MfW¥¥%%V^IV M <W I '%»>V%<»»4iV»%»M» 



BUIXSTIN BIBXIOGIIAPHIQ0S. 

Bible ds Yeh gb , en latin et en Jrançois ; S\ édition , solgneu- 
sement revue et augmentée d'un grand nombre de notes; 6 
volumes sont en vente. Prix de chaque volume : 7 fr. AParis^ 
chez Méqaigfton-Havard , rue des Saints-Pères , n*. 8. 

Nous donnerons incessamment fin premier article sur les 
not«s aussi neuves que savantes de M* Drach , dont le zélé et 
l'activité , ainsi que ceux de Téditeur, répondent parÊûteœent 
aux vœux dés souscripteurs. 

N. B. Le même libraire a déjà publié 10. volumes de la sep- 
tième édition êxt Digtio9RAUIb db Feller. Le prix de chaque 
▼irfame est dé 6 fir. 

M. Méqutgnon-Junior vient de mettre en vente la ti^ôîsième 
livraison de la Tkkolooie pEBtu.UjkBT ; deux volumes in-8* bro- 
chés : 10 fr. Six volumes du cours de morale sont publiés. 

Cet important ouvrage paroft par' livraisons à des termes 
aussi rapprochés que peuvent le permettre les soins donnés 
par les éditeurs 9 qui remplissent avec là plus scrupuleuse exac- 
titude les engagements qu ils ont pris dans le prospectus. 

BiBLiA SACRA. 1 vol. în-8* ; prix : i4 fr. ; ou 7 vol. in-S^ : 
16 fr. Besançon, Ghakndre filsy éditeur. A Paris, cfaez'Gaume 
frères , rue du Pot-de-Fer , n* 5. v 

Nous avons déjà parlé de cette nouvelle édition de la Bible 
en latin ; nous nous empressons de l'annoncer de nouveau , 
avant la publication des dernières livraisons. Nous crojons 
pouvoir afiirmer qu'il seroit difficile d'arriver à une plus grande 
perfection typographique , surtout sous le rapport de la correc- 
tion du texte* 

Tie ns sAxifT Gbegoirjs de Nâziajvze. Un vol. in-8*. : prix 6 fr. 
Chez Rusandy rue du Pot-de-£3r> n*. 8. 

11 existe plusieurs Vies de saint Grégoire de Nazîanze, une 
entre autres par Hermant. Cette dernière, quoique écrite avec 
beaucoup d'exactitude et d^élégance, n'est pas 9a ns quelques 
déÊiutSy tel qu'un peu de prolixité et d'enflure. Nous voudrions 
potivmr dire que le nouveau biographe l'emporte sur soià de- 
vancier ei pour le choix des détails et pour la perfection du 



(395 ) 

Style. La vëritë est qu'il ne l'égale mémepaK. II a en nieurèiise 
ime de in^^ttre de temps en- temps sainic Grégoire lui-même 
sur la scène ; mais l'exécution de ce plan est loin d'être salisfei- 
santé : de longues citations , dont il n'est pas toujours facile 
d'apercevoir le but , fatiguent le lecteur et jettçnt beaucoup de 
confusion .dans le récit. Il n'est pas rare de trouvçr dés phrases 
d'une page et plus de longueur. Des locutions trqp familière?^ 
des constructions dures, déparent des morceaux bien écrits 
fTailleiIrs | ainsi, à la page 392* une description assez belle com- 
mence ^r ces mots ; « Grégoire , après être venu ainsi enfin à 
haut, n Pour peindre Grégoire de Nazianze avec toute la grâce , 
la facilité et l'abondance ae son Stjle, il faudroit la plume d'un 
FéneIon« 

làk Mz$$ukTiZ) poème en vers et en prose jindté de l'allemand de 
Rlopfstock y par le baron Ernest de Li^bkaber , chevalier de 
SaintrLouis. iJu vol. in- 18 : prix a fr. 5o cent. Qiez Belin- 
Mandar et Devaux» rue Saint- André-de^-Arcs, n*. 55.. 

Cet ouvrage > ainsi que le titre l'indique , comprend tout ce 
qu'il J a de plus élevé dans la partie dogmatique et histoiîque 
du christianisme. Il est imité de l'épopée allemande du c^ièbre 
Klopfetockv du moins pour le plan général* M., le baj^i^. de 
Liebhaber, écrivain câtnpiique et consciencieux 9 a eu soin de 
rectifier les erreurs et les inexactitudes échappées à l'auteur 
protestant y de sorte que la lecture de son livre pe peut qu'être 
tort utile aux jeunes gens des deux sexes , à qui il esj spéciale- 
ment destiné. 

La 6AG2SSB PB0F09DE ftT h'iJfrMhLl^XLlté, DES Pb£î)IGTI01IS DE Là 

BÉvoitrrioK qui bous mebace , démontrées par l'accomplisse- 
ment littéral des nombreuses prédictions de la révolution qui 
nous esf arrivée, ou le Memebto des bois ; 1 vol. in-8*. Prix 
3 fr. Chez J.*J. Biaise, roe Pérou , n*. a4- 

. Cet ouvrage est de M. Madtolle. 



Les publications d'ouvrages pieux sont si nombreuses et se 
succèdent avec tant de rapidité que nous sommes toujours né- 
cessairement en rétard pour les annoncer. Voici quelques-uns 
de ces livres^ dont nous ne pouvH>ns ilifiSérei de faire, tonnottre 
les titres à nos lecteurs 1 . , 

Vie dv B. Alphonse Rodaiôuez ^^rè/v coadjuteur temporel de la 
compagnie de Jésus j béatifié te i^juîn iSsS, par S. S, Le'on 
-XII. IJn YoL în«i!i : prix a fr. 25 cent. | et par ta poste 9 fr. 
a5 cent. 



( 396 ) 

MoMfiitfX €Raists i»Bi jrAorHirrcs , iradnits en françois par 
l'abbé Champion A» Mikm » ^tax toI. in^S**. tooohés < pîx 
4 fir. 5o c. » et par la p6ete6 fi\ 5o cent. 

Le DiBECTETjB., on Méthode pour bien guider tes; âmes dan^ la 
voie de Imperfection, etc. j par Jean-Pierre Pinamonti, jésuite. 
Ouvrage posthume, traduit pour la première fois; i toI, 
in-ia. Prix : % fr. a5 cent, , et par la poste 3 fr. 5o cent. 

Tons ces ouvrages se trouvent à la librairie ecdÀiaatique de 
Busand y à Paris » rue du Pot*de Fer, n^ S ; et k Ljon > cbes 
Kos^^nd p imprimeur du roi. 

• 

WÊDvrxnms sub lb Patbb y par sainte Thérèse ; in-3a oart.» 
4o c; et papier vélin ^ hroch.y 6o c. 

j 4II^BODE n^OBMSov^ par le P. Nepveu 5 ic-3a eart., 4^ c, 
et papier véKa , brock. ^ 60 c« 

Le MQis DE 3isi7s f 1 vol. in 18; Prixi 1 fi\ 7$/ et papier 
vélin^, % fr. yS c. 

04|k» I» l'A sAiHnt YiEBCK y iu^Sd , papier vdlin oniiniâre^ 
4S c.?et papier Télin «upeifin » 60 c. 

Ge|dé^ers opuscule» oi;it été publiés et mis en vente chez 
les InljpyMiPérisse frères, à Paris , place Saint- André-des-Ârcs, 
»• 1 t^^^ftl^jon /grande rue Mercière. 

> 

Aii?i|)^9> ou Triomphe de la foi mr fincrédulitj^^ 1. vol. 
in'ia de 5oo pages , édition, corrigée i prix : a fr. 5o c. 
A Paris, chez Belin-Mandar et Devaux , rue Saint-André-des- 
Arcs , n*. 55. 

L*auteur à^Ambroùe ajaoi em k bon esprit de hifa dispa- 
roitre de son livre Quelques erreurs et des ineiiactitudes que 
nous lui avions signalées , nous pouvons maintenant recom- 
mander cet ouvrage à MM. les curés et aux chefs d'établisse- 
ments d'instruction. Sa lecture peut être à I4 fois utile et 
intéressante. 



'M. Iw^l. Biaise nous a veinis 'le fpmpmséêut d'une Svblioybc- 

QTTE DES FAMILLES GHBéTIElIffEe , eU %\ VOl. jàrt^ , CCmiposée 

d'ouvrages inédits ou publiés avec des ^ugmentajtians ^ que 
nous ferons connottre k mesure qu'ils parottront. Le prix de 
chaque livraison, de deux volumes , imprima sur beaii ^par 
pier , est de 4 Ar* So Ct 



TABLE DES ARTICLES 



CONTENUS DANS {.8 NSUVIÎM^ VOtUUE 



1 I 



DU MÉMORIAL CATHIMIJQUE. 



■^ 



De rexîstence légale des Jésuites. ...•••..«••«« ' S 

Histoire de France* (Troisième artick.) • • ta 

Sur TutiUtë de connoUr^ la littérature tliéolo^vqu^ et relî«* - 

gteuse des autres-nations chrétiennes* • • • • 9^ 

Sur TAngleterre , far le marquis de BeA.i7FFoaT« » , ; • ' ag 
Traité des dispensas^ par GoUet^ nouvelle édition > 

revue par VL Coinpans«« * • •'• 89 

Essai sur l'origine unique et hiéroglyphique des ch^rts 

et des kttrsê de tous les péupies ; par. M. de Parâvey. o ^ 4? 
Lettre au Constitutionnel et ^u Journal dss Débats , eur- 

1^ Bocamtent» oasfCe^mM la compagnie de Jésus, % ; • 55 

Teriétés. «,...,,....... • • • 5S 

Peths séminaires. •....••••••• « 69 

Sur la xirOHhlre de M. le grand^makre de Punirersité ^ 

aux jeetenrs d'académie. ••..••.;>...... 96 

L^unité de i'Eglise y fSLr S, Ai* Moehler • « • « 77 

Mét]||odietBS. «-««r Sociétés «biblique». -^Econoiilie politique 

protestante. . • « . 69 

Histoire de France. ( Quatrième article }. . ....... 95 

SiÏJE la .civilisation.. (Rreioier article). . • ; io3 

La Clowmmde ^ f)ar M* fiarode de lAlehontie. . i • . • « .^ ^ 108 

ftemarque sur un point de la théologie des JmÊs* • . • ,. 1^1 a 

Lettreanllédûfifeursurk^esàiondttnuasAge. •«..«- it^ 
Quelques réflexions à propos d'i^ diseours , pe^ le connie 

O'MAioiir. ...... * V ..... ... . . <rf • . . . fi^ 

Le cauchemar du «olitaire. YisJln^ par le même iiaS 



( SgS ) 

Bk SEPTEM ASSERTIONIBUS , etC l5S 

Discoan prononcé à la chambre des dépulës , par H. Du-^ 
FLEssis DE GREH^D^Vy le 6 mars 18289 snr^un passage di» 

projet d'adresse an Roi • • « • i4^ 

Coliectio selecta SS. Kcclesim Patrum i47 

Qaelc[ues obserTations physiologiques et historiques sur 
le principe du dëveloppement intellectuel de Tfauma^ 
nité* • • • • . • «^ . « . ^ • « *••... i53 

Histoire de Erance. (Cinquième articleX ••••'. !;•• iSg 
CircahÛEe relative aux .prolestants. •••.••••»• .^ 168 
La Fraincîde , ou GiUes de Bretagne , par M. le vicomte 

Walsh. • • • • • • «^ 171 

Tues sur le plan d'un cours de philosophie. (Deuxième 

article^ ••••..;.••••. ^ •• ^ ^ .•*..•« . 176 
État de la religion .catholique en Allemagne en 1836. 

(Deuxîèmearticle)i ....•••. é .•.•.«••• . 184 
Lettre. à H. Laiteextie , directeur de ia Quotidienne^ far* ^ 

le comte O'HijiaiiT. ..»».•'•« • •- * ..... . . • 191 

Discours de M. Bebbteb sur la question I^aledo mariage 

des prêtres. .(Première partie). « • « ig^ 

Histoire de France. (Sijdéme article). ..•••>••.• ^if 
Sur qudques définitions récentet de l'imité protestante. . aa4 
De la .juridiction dd HE^se iwr le-eqniratde mariage^ 

parua ancien ricsare-général ....•••. -%o% 

Sur la çif ifisatîon; par le marqds de BMAVjnùBx. (Deuxième ^ 

.' artide) • r • • • • « • • aS6 

Premikre lettre à MM, les curée du canton de Genève ; 

par l'Edaireur du . Juia. .... « • • • » v • a45 

Satires de Perse fit de Sulpkia , -traduites en veis fran* ^ 
. çoisy par Av-F. Thëiy. ... ^ « » * . 1 ...••. . aSo 
SKseoursdeM^ BBaarEa.suirfai questkm l%iledumaffiage 

de8prêtres« (Seconde partie) • ••..#...«,••*. a56 
V Le$ Fiaacés^ d'Alexandre. Mamoni ^ par le comte O'Ma^ 

KwnfTé ......... .•.'..*........*•. «64 



- (399) 

Association "pour la défense de la reli^n cetholùfue, • . 975 
Nouvelles Lettres de feu Mgr^ d'Aviau ^ archevêque de 

Bordeaux. • aSS 

Histoire de France* ( Septième arlide, ) «90 

Sur la civilisation ^par le marquis de BëJlVffo&t, .(Troi- 
sième article») ••..;.•••»....<..••• 3oo 
Y a-t'ii plus de fous qu'autrefois? Mémoire du docteur 

Esquirol* •••••••• • • 3 10 

Le Système protestant établi dans l'ordre militaire. — Pa* 

rabole. — Par M, de Haller •••*.• 3i8 

État de la religion catholique en Allemagne en 1 8a6. (Troi* 

sîème et dernier article* ) «••...• 3^3 

^ur i*état de la religion protestante en Allemagne ; par le 

R. Hugh James Rose. (Premier article* ) • • . • • . . 337 

liettre à MM. les Rédacteui-s du Journal de Genève.^ • . . 334 
<^uelques réflexions à l'oecasioa de rordonaancepFeutiier 

et de Tordonnance-Portalis } par le comte O^Mahouiti • SSg 

Bulletin religieux. •••••» « •••....•••. i • • 347 
Essai sur Vhistoîre de la philosophie en France au dix^' 

. neuvième siècle ; par M, Damiron ». 35^ 

HisCoii-e de France» (Huitième arlick;). ...•*•.... 364 
Œuvres complètes de Tacite ^ traduction de M. J.-L. Bur* 

xiouf. «^ • • • » • « 375 

Du jubilé protestant de Berne. • , 384 

Lettre au Rédacteur du Mémorial. 388 

Enseignement de la religion , "psiT M. Mérault • 389 

Éloge du duc d'Enghien , par Y. -A. Fbyol > • 392 

ButLBTiif BIBLIOGRAPHIQUE. — Puissoncc de la croix. Discours 
prononcé à Migné , par l'abbé Lambert — Vie du cardinal 
TieUarmin, — Pensées du P. Le Jeune, — Panégyrigue de 
saint CharleS'Borromée , par M. l'abbé Juin. — Tableau 
des évéqûes constitutionnels ^de 1791 à i8oi. — Abrégé du 
Mémorial de la révolution, de M. Jolly ; par M. d'Exau vit- 
rez. — Le banifuet de Versailtes. — Vie ae sainte Thérèse. 



Il 



( 4oo .) 

— Vie tk ta kienkeureuss Marie de l'Incarnation. — TV 
bleau sjrnoptique du royaume lie -Fronce/ Page 66 et suiv. 

S. D. N. Bekedicti zi¥ vqvt* màx. BULLARiUM. -« Considéraliotii 
sur la passion tie iV. S. Ji^C par M. delà Luzerne. — Le 
* 1^ Code civil commenta dans sts tmpports a^ec la ikéohgie 

I morale n — QMYiAAÎim BQMiHVH» Pkige i3i e<^ suit* 

Jfésus'-Chnst j le vrai Isc^ ; etc. •— Sumva sangti TaoKiE , 
V auctore Billuart, — &9eqtavt>a GALLiCAitirtf iitter et peotes- 

TANTEM GOnCERTATIO. — De SUPEEMA ROMAKl PoiTTIFlGia IIT 
tririYERSAM ËCGLESIAM AITCTORITATE. •'-^ NouVCl CSSUl SUr la 

certitude y par M. Tabbé Yriadts. -— Kblia sac&a , édition 
. de Besançon. — Recueil de cantiaues à l'usage de Sainte- 
Geneviève. — Lé Trésor du chrétien, par Fabbë Champion 
de Pontalier. Page ao9 et suîy. 

De voKAAGttiA SFfRiTALt siTHUi PoKTiricis. Deuxième partie, 

— 'Des différents états que lesJiUes peuvent embrasser. -^ 
Devoirs ecclésiastiques ^ pai F«-H. JSevoy. — ; Nouveau Mois 
de Marie ; par Tabbé de Bussj. — Le Mois de Marie , par 
F. La Loihîa. — Les Jésuites en présence des deux chambres, 

— Les- Jésuites sauvés. Page vj^ et suiv. 

Galerie des Saints. -^ Bibk de f^enee» — Théologie Ae Bil- 
luartm ?— BiBLiA SAGRA* •— f^ie . de saint Grégoire de NO' 
ziajv^. — La Messiade , imitée de Tallemand » <ie KIopfstock; 
par le baron de Liebhaber. — La sagesse profonde des pré- 
dictions de la révolution , ou le Mehevto des Rois. — Vie 
du B, Alph^ Rodriguçs.^-^ Morceaux choisis des ProphèteSy 
par.rabbé Champion deNilon. — Le Directeur des âmes dans 
la voie de la perfection , par J.-P. Pinaraonti , jésuite. — 
Méditations sur le Pater , par sainte Thérèse. — Méthode 
'd'oraison , par le P. Nepveu. — Xe Mois de Jésus, -^ Am- 
broîsey o\i îe Triomphe de laJbL -^ Bibliatbèque des fa- 
milles chrétiennes. Page 394 et suiv. 



FtA DE I.A TABLE DES ARTICLES. 



DISCOURS 



^IlOVOBCi 



A LA CHAMBRE DES DEPUTES, 

DANS LA SÉANCE DU 19 imil iSaS^ 



PAM 



M. DUPLESSIS DB GRENÉDIN, 



Contre le dentier Article du Projet de Loi sur la Prêtée 

périodique. 



SOUMAIIIE. 



L'aotoritè, toorce de l'prdui dans leà sociétés « fient de Dieu , appartieuf 
cxciasÎTement au Boi dauihi MiMrarôbiefraafoise. — Son droit et son devoir 
est d'empêcher tout ce qui peut nuire à l'État et aux particuliers. — Em- 
pêche le mal en le pré? enant et en le pnnissaiit. Ne punit que quand eU« 
n'a' pu prévenir. — Ne détruit point aluM la liberté, mais la protège et 
l'assure. — L'homme nuit à l'homme par ses actions et plus encore par se» 
paroles,^- L'autorité interdit les actious même les plus libres et les plus 
innocentes, afin de prévenir non -seulement les aélits, mais jusqu'aux 
accidents involontaires; — Vé mêÉie elle înterditles discours publics quand 
ils' peuvent être dai^éreiA. — La parole écrite et publiée par l'impression 
sujette aux mêmes rèj^Ies que le discours oral « et à plus forte raison. -^ 
Ponc l'autorité peut et doit interdire la publication des mauvais écrits. — 
Maux produits pyr la Uceace de la presse. Bile a développé autrefois iea 

Î germes delà révolution, aujourd'hui elle les ranime. — Objections contre 
es principes poftés« Le texte de la Charte. Son esprit et la nature du gou- 
vemement. L'abus de la censure. -— Les journaux , plus qne tout autre 
écrit, soumis par leur nature à la direction de l'autonlé. — Horrible abus 
qu'ils font aujourd'hui de la liberté ^u'on leur laisse. Les mauvais corrom- 
pent les doctrines t avilissent la religion et la majesté , sapent les fonde> 
ments de tous les Ét^ts. — Non^seulement le Roi peut reméaier à ce mal, et 
en prévenant et. en punissant; mais il y est obligé devant Dieu et devant les 
hommes. — La loi qu'on veut abroger avoit respecté une portion des droits 
de l'autorité en cette matière , la loi proposée les lui ôte. «- L'autorisation 
royale pour établir un journal n'étoit point unaboa^mais undroU.— La 
censure n'avoit rien d^imcompatible avec la liberté. Futilité des arguments 
qu'on oppose. — La procédure contre la. tendance des journaux étoit un 
moyen ae répression naturel et raiftonnable , favorable aux bons, à craindre 
seulement pour les mauvais. — En abolissant tout cela on se flatte en vain 
de contenir la licenee. — Dans rétablissement'des journaux, la loi donne les 
facilités aux riches et non aux bons. Indifférente au bien et au mal , frappe 
en aveugle sur l'un et sur l'autre. — Ote à l'autorité l'intelligence et le dis- 
cernement. C'est le contraire de gouverner. — Lcê tribunaux seront impuis- 
sants. Les délits seront communs, les juge ments rares,'et feront souvent plus 
de mal que de bien ■ — Fausses doctrines sur lesquelles la loi nouvelle repose. 
M. le garde-des-sceaux se réfute lui-même en comparant l'imprimerie à la 

Coudre à canon. 11 résigne les droits de l'autorité entre les mains de la 
rovidencè , et charge le Ciel des devoirs des Rois. Principes inouïs sur 
rinstruction bonne ou mauvaise. 

Conclusion. La chambre ne peut pas dépouiller le Boi d'un droit inhérent 
à la souveraineté. Le Roi lui-même ne peut l'abdiquer, ce droit , car tuut 
droit impose un devoir. La loi proposée, contraire aux vrais principes, usur- 
patrice, injuste envers les bons journaux, inutile contre les mauvais, n'est 
qu'une nouvelle concession aux fatales doctrines de la révolntion. 



DISCOURS 



PftONOlICB 



A LA CHAMBRE DES, DÉPUTÉS , 



DANS LA SÉANCE DU 19 JUIN i8à8 , 



1>AR 



M. DUPLESSIS DE GRENÉDAN , 

Contre le dernier Article du Projet de Loi sur la Presse 

périodique. 



• - ... J 



MESSIElTltS) 

L'autovite est la maîtresse du monde $ elle règne sur les i&' 
tellig^nces^ et par elles sur le monde matériel.. 

Nulle sociëtë ne pouvant exister sans elle , elle découle de 
celui qui a fait de l'état social une condition nécessaire derexis- 
tence du genre humain. 

Elle est sainte et sacrée comme la source d*où elle émane. 

£lle s'étend sur toute la vie humaine; s'empare de l'homme 
à sa naissance et le conduit comme par la main jusqu'au tom- 
beau. 

Bien que l^homme puisse en abuser quand il l'exerce* comme 
il abuse de tout i de ses forces ^ de sa- raisdn ^ de son génie , de 
toutson être ; bien qu'il puisse rendre l'autorité dure et fâ- 
cheuse y elle n'est point telle de sa nature. Ses règles sont celles 

I 



(4) 

tle l'éternelle justice. Elle e^t ami# de rhomme. Dieu 9 qui Ta 
établie sur la terre pour prendre soin de lui^ commence par 
la lui montrer dans sop ^enfance sous les formes les plus 
douces et les plus aimable?% Cette première autorité est le prin- 
cipe et le modèle* de toutes 1^ autres. 

Et cependant Fautorité est absolue par essence. Dès qu'elle 
raisonne avec ceux qu'elle doit gouverner , elle cesse d'être. 
« On raisonne sur le précepte y a dit Bossuet en parlant de la 
• chute de nos premiers parents 9 On raisonne sur leprécepte^ 
» et l'obéissance est mise en doute. » 

L'autorité est la mère de la paix. Tandis que la raison y in- 
certaine et orguditteuse, nourrît les dissensions et les rend éter- 
nelles , Fautorité les termine. 

Les révi)lutioi^ cUq9 les Ét^ts ^ut \fi scègi^e de la raison , 
l'ordre est celui de l'autorité. 

En France, Fautorité souveraine, celle qui donne l'existence 

a toutes les autres dans un État, celle qui les règle j les unit et 

« s fait concourir au bien commun , appartient exclusivement 

^u Roi ; c'est un principe du droit public françois, qui remonte 

à l'origine de la monarchie. 

Empêcher tout ce qui peut nuire à la société ou aux particu- 
liers est le droit et le devoir de Fautorité souveraine. 

Elle prévient le mal par la défense 9 et quand die n'a pu le 
prévenir 9 elle le répare par la peine ; mais la réparation , tou- 
purs impar&ite , n'est le plus souvent qu'un moindre mal. 

Soit qu'elle prévienne 9 soit qu'elle corrige , elle n'âte point 
la liberté à la société , car la liberté n'a été donnée à chacun 
qu'à condition de ne pas nuire aux autres. Si chacun la vouloic 
entière pour soi 9 personne n'en jouiroit dans HÉtat. 

Or 9 l'homme nuit à Fhomme par ses actions^ et plus encore 
par ses paroles. 

La parole est la faculté la plus puissante qui lui ait été donnée 
pour agir sut ses semblables. Cest par elle qu'il remue les es- 
prits y qu'il les ébranle , les pousse ou les retient JU parole 



(5) 

comiiuiiiique là pensëe et bit nattre la volonté, qui produit 
Pacte innocent ou coupable. Biais dans un sens général 9 la 
parole est elle-même un acle comme un autre. 

L'autorité qui veille à la conservation et au bien-être de 
tous interdit 5 soit pour un temps 9 soit pour toujours, cer- 
taines actions essentiellement libres et innocenter en elles-mé- 
mes , afin dé prévenir , non-seulemént les délits , mais les 
accidents invokmtaîres. Tous ne passerez point par tel endroit 
où il 7 a un bâtiment ruineux f vous ne vous écarterez point 
de cet ordre dans la cérémonie publique -f ici vous n'établirez 
pas un atelier qui pourroit nuire A 'la santé d<es habitants ; là 
TOUS n'allumerei point de feux^ vous n'aurez pas même d'ha- 
bitation y de peur d'incendier la forêt prochaine. Youlez-vous 
ouvrir une nûne , former une entreprise de commerce ou d'in- 
dustrie qui puisse être dangereuse pour l'ordre public ou 
blesser rintérèt privé, on exigera que Tailtorité en soit avertie. 
Elle vérifiera les choses^ appellera les intéressés, permettra ou 
■défendra y ou prescrira des .conditions. 

Les exemples de cette nature sont de tous les jours , et per- 
«oniie ne se récrie sur l'abus du pouvoir, tant chacun sent la 
justice et. la raison des bornes qu'il met alors à la liberté. 

De même que l'autorité gouverne les actions dé l'homme , 
die règle auasi ses discours. Elle punit les paroles nuisibles , 
le blasphème , Finjnare , la calomnie ; elle traite comme com- 
plices les conseiUen et les instigateurs des crimes ; elle prévient 
tes abus dai^ l'enseignement de la jeunesse , fait etaminer les 
professeurs , les npmme et les révoque. Bien plus , les théâ- 
tres > les jeux, publics eux-mêmes, où l'on ne parle an peuple 
que de plaisir , sont sous l'inspection de l'autorité. La pièce 
trop licencieuse ne sera pas représentée; vous retrancherez 
cette scène où la religion , la majesté rojale sont offensées par 
des allusions indécentes. Ainsi la censure des théâtres s'éta* 
blira naturellement. 

L'écriture est la peinture de la parole. Répétée et mulli- 



(.6) 

plfë« par TimpressioD^ elle se répand en cent lieux diTersi eUe 
se conserve et se fait entendre à tous les siècles. Si les effets de 
la parole<sont plus prompts , ceux, de l'impression sont pltB 
profonds , plus étendus , plus durables. Les mêmes règles qui 
s'appliquent aux discours , en tant qu'ils peuvent nuire , sont 
évidemment applicables aux écrits imprimés. 

Ainsi l'autorisé en surveillera la publication, favorisera celle 
des bons , et interdira la publication des écrits dangereux. 

Pourroit-on lui contester ce droit ? L'autorité suspend ou 
révoque un professeur qui donne jde pernicieuses leçons à une 
poignée d'élèves, et ne pourroit pas empêcher qu'il répandit 
ces leçons dans le monde et qu'il les transmît à la postérité ! il 
«eroit permis à un poè^e licencieux de chanter des vers obs* 
cènes ou impies à la jeunesse de tous les tems ! Dans le silence 
de la méditation un auteur aura épuisé tous les artifices du 
langage , toutes les forces de son génie pour exciter , par ses 
écrits y les peuples à la révolte contre Dieu et contre les Rois de 
la terre 5 il publiera ses ouvrages , l'autorité le verra et sera 
forcée de le souffrir I 

Niez les mauvais effets des mauvais écrits si vous voulez les 
retrancher du domaine dé la puissance publique -y mais les 
dures leçons du passé ne nous ont-elles point assez appris à les 
connoître ces effets ? Le souvenir des maux qu'a produits la li- 
cence de la presse , lorsque , forçant toutes les barrières que 
ces lois avoient posées pour garantir l'humanité de ce fléau , 
elle développa les germes de la révolution ; ce souvenir est-il 
déjà si loin de nous? Quoi I l'État vient de périr par les prin* 
eîpes mêmes qu'elle avoit introduits ; nous sortons à peine de 
cette guerre sanglante qu'elle a suscitée à la société ; que dis-je? 
les doctrines révolutionnaires vivent encore, elles agitent tout 
dans le monde ,- et l'on se demande si I autorité peut empêcher 
de les répandre ! 

Gonte&tez-vous que ce soit la licence des écrits qui ait produit 
la révolution? Ouvrez les livres de Voltaire , et dites si vous n'j 



(7) 

9cârottTei pas cette haine furieuse de là religion et de ses mi- 
nistres y cette rage contre Dieu qui caractérisa la rérolutton , et 
qui la marqua en quelque sorte du sceau de Fenfer. Lisez ceux 
de J.-J. Rousseau et de quelques autres philosophes de son 
temps 5 et TOjeZ' si tous les principes politiques , tous les senti- 
ments de rAsserablee dite constituante , et de celles qui l'ont 
suivie j ne sont pas écrits dans leura ouvrages. Là vous trou- 
Terez la liberté et Tégalité proposées pour fin de toute législa- 
tion y tout Tordre politique* fondé sur un contrat imaginaire^ 
entre les particuliers et la communauté » l'existence de l'Etat » 
la souveraineté du peuple, dérivant de ce contrat; les Rois et les 
inagistrats représentés comme les mandataires et les officiers du 
peuple , pouvant être établis et destitués à son gré ; partout la 
liberté mise en.!opposition avec la monarchie, la tolérance de 
toute religion établie en droit , et , en fait, l'intolérance de la 
religion catholique , la haine des Rois et des prêtres , l'admira- 
tion des républiques anciennes et modernes poussée fusqu'à l'en- 
fiouement , et le profond mépris de toutes les institutions quL 
Vtoient à nous. 

C'est donc une vérité sensible et palpable que le droit et le 
devoir de l'autorité publique est de préserver la société de la 
Mceuce de4a presse par tous les moyens qui sont «n son pouvoir. 

Que sert de chicaner sur le texte de la charte et de subtiliser 
sans fin sur les laots prévenir et réprimer? La charte établit qu'il 
est libre de publier ses pensées par l'impression. Oui sans doute , 
comme il est libre de les exprimer par la parole , comme il est 
libre d'agir et d'user de tontes ses facultés, c'èst-à-dire, dans les 
bornes que prescrivent la liberté d'autrui , le bon ordre et la 
sûreté des citoyens. La charte ne parle que de réprimer Iti abus 
de la liberté de la presse , vous en concluez qu'elle ne permet 
pas de les prévenir s mais c'est précisément le contraire qu'il fati-> 
droit conclure , car tout ce, qui n'est pas défendu par la loi est 
permis : c'est une maxime de droit qui n'a jamais été contestée ; 
or^ certes , l'injonction de réprimer n'est pas la défense de pré» 



(M 

Tenir. Chercberea-TOiis catte défense dans le eonamneciceDiettC d«> 
lartide : Xei François ont le droit de publier leurs opinions 7 
Alors vous m'accotdereB aussi qu'il est défendu de prérenir k» 
abus de la. liberté d'agir et déparier , et vous eflhcerea tout d^um 
temps la moitié des règlements de poliee et d'admiiustration pu* 
bliqoe } car assurément les François ont tout autant le droit d^giv 
et de parler que. celui de publier leurs opinions. 

Mais y dit-on , si la liberté ilILmitée de la presse y sauf la pu-^ 
nifion desdélils , ne r&ulte fias du texte de la ckarte , die fé« 
suite de son esprit^ ^ la publicité est Tâme des gouvamement» 
représentatifs ( t) ^ ef )a. publicité ne peut exister sans^ la liberté 
de la presse. ; 

< Notre forme de gouvernement , dit M. le garde^des-sceaux^ 
» appdle les discussions publiques : elle associe le pays aux plus 
» graves controverses de la politique et de Tadministration. » 
C'est là énoncer un fiiit. II faut encore prouver que ce fait est bon 
et nécessaire à Fexislence du gouvernement. Or est-il bon que te 
pays> c'est-à-dire le peuple y soit associé aux plus gravA contro<^ 
verses de ta politique et de l'administration 7 Si le peuple doit ^ 
prendre part ^ «i c'est lui qui » en dernier ressort, doit les dé- 
cider ces controverses , je conçois qu'on l'y associe ] s'il ne doit 
îamai^ s'en mêler , il est aussi dangereux qu'inntile de Ten en* 
tretenir. Sans le premier cas^ vous faites du gonvernement re- 
présentatif un gouveniement populaire^ Là, le penple est son* 
verain : il fieiut bien que tout se passe sous les yeux du souverain. 
Mais alors que devient la monarcbie 7 on n'est pas micore en»*» 
venu que la charte l'ait abolie» « La publicité , continue M. le 
garde^Us-sceaux , éclaire les opinions désintéressées. » Sont- 
ce les opinions de ceux qui prennent part au gouvernement? 
Ceux-ci doivent chercher des lumières dans les régies du droit 
public et dans la connoissance des affiiires. Quant aux autres, la 
publicité en aveugle bien autant qu'elle en éclaire. -^ « EU* 

(i) Eiposé dci raolUi ^ pag. 3. 



(9) 

n pf épâr» les cboix légitimes dans le» électiong» » — He pr#^ 
paM4-«He |»olnt àuMi led mmiTm cbôbt 7 Je croâs qu'on )>eitt 
dire^ e» toute 6&reié , qu*ît j a au moind oovnpemation. 

Haï» ceMÎdérona la publicité dafis ton principe , dans les dé<> 
libératiODS des premiers ccHps dé i'Ëtat. Je remarque d'abord 
que la tàarte n'en a point fsiit nn élément nécessaire du gou- 
vernenaent : elle Ta interdite à la chambre des pairs par l'ar- 
tiele Sd t elle n'en a pas imposé robligaticm à la chambra des 
députés ) eaf tontes les délibérations de cette chambre peu refit 
deTenir secrètes sur la demande de cinq membres ! elle pèrnMet 
aux cours de justiee et au tribunaux , s'ils jugent la pubtrcité 
dangereuse ^ d'entendre les débats à huis dos. Croit>on cjue'Si la 
chambre des députés ^ comme die le potirroit > sai?ant la loi 
de son institodon ^ tenoît habituellement ses séances sécrètes , le 
gouvernement j perdit quelque chose y que les lois -fussent 
moins sérieusement discutées > quil régufit moins d'ordre , de 
raison , de sagesse et de calme dans les délibérations ? Certes la 
-^ignité de la chambre > la considération de chacun de ses niém* 
bres , lautorité des ministres du Roi n'en souffriroSent aucune 
atteinte. La pi;dUicité ÊiToriseroit-elle la liberté des opinions? 
Je croirois plutôt qu'elle la gêne. S'il y a beaucoup d'opinions 
qui j fières de se produire , recherchent le grand jour , il en est 
aussi de modestes qui le âiieni, et cellc»<;i , peut-être , ne sont 
pas les moins bomniss ni les moins nombreuses. Je suis donc iohi 
de penser que la publicité 9 nsi la liberté de la presse , dont la 
publicité est la raison , eoienC nécessaires an goUTerneroent re- 
présentatif» Bien pins , si ce gouvernement n'est plas immortel 
( le dovte est pcrans quand on a vu périr tant de constituions 
impérissables) , û , difr-je , il doit avoir un terme dans la suite 
lies âges, j'oserois Ini prédire qu'un peu moins bayant , il aureât 
une vie et plus longue et moins agitée^ 

Laissons 4onc les arguments qu'on tii^ du texte ét^ dé fés- 
I rit de la charte , et reconnoi^ons le droit inhéi*e<nt à lauto- 
I ifé souveraine de gouverner la publication des étt\Hj comme 



(»o) 

tous les actes qui peuvent avoir des dangers poui^ la sotiété-; 
de se faire représenter les manuscrits avant qir'ils ne soient 
publiés^ d'en permettre ou d'en interdire l'impression , et à 
plus forte raison d'exiger qu'on en retranche teb ou tels pas-^ 
sages. 

Yailà les droits : je lès établi» , parce qu'ils sont contestés et 
que les erreurs les plus g^rossières y soutenues avec hs^rdiesse et 
persévérance» sont devenues comme des vérités populaires 
qu'il est à peine permis de révoquer en doute i j'établis^ âis-je» 
quels sont les droits de l'autorité en cette matière ; je n^ parle 
ipoint de l'abus qu'on en a pu faire. On peut être mal gou-« 
Terne -, les armes ^ données pour résister au iml 9 peuvent être 
employées à faire la guerre au bien. Méconnoîtrons-nous pour 
cela les droits du Souverain ? A Dieu ne plaise [ Soyons 
vrais : si l'état peut êtxe sauvé , la vérité seule le sauvera. 

J'ai tout dit sur le droit d'autoriser l'établissement des jour- 
naux et de révoquer l'autorisation , de les soumettre à la cea-^ 
sure avant Timpression j de faire punir les délits qu'ils con^ 
mettroient malgré ces précautions ; car si le^droit est certaia a 
regard des autres , à combien plus forte raison ne Test-il pas à 
l'égard des journaux ? 

Tout le monde sait ce que c'est que l'établissement d'un jour- 
nal. C'est à-la-fois une spéculation d'intérêt et une voie d'ins- 
truction publique. Sous le premier rapport y l'établissement est 
soumis aux lois qui concernent les entreprises de commerce ^ 
sous le second , il peut et doit être soumis aux régies de l'en* 
seignement public. Les règles de l'enseignement ont deux ob- 
jets : l'un de répandre les bonnes doctrines et les connoissann 
ces utiles ) d'inspirer des sentiments honnêtes et de les culti- 
ver ; l'autre , d'empêcher de corrompre l!esprit et le cœur des. 
hommes et de troubler l'ordre p^ublic sous prétexte d'enseigne'- 
ment. L'instvucticm que donnent les journaux doit être d'au- 
tant plus surveillée.) sous ces deux rapports , qu'elle est conti^ 
nuelle et qu'elle s'étend à tout le royaume. Les jourQ^us^ par^ 



( î« ) 

lent tous- les jours à une multit)&de nombreuse répandue sur 
tous les points. 11 n'es$ pas permis à l'autorîté d*être indiffé- 
rente sur les leçons qu'ils donnent. Prétendre que y sous pré- 
texte de liberté, l'autorité doit leur permettre de tout dire, au- 
tant vaudroit souteQir qu'elle doit permettre à chacun de tout 
faire y en d'autres termes , qu'elle doit abdiquer le gouverne- 
ment. Elle ne favorisera pas les bonnes leçons y elle n'empéchei a 
]^ les mauvaises ! Que fera-t-elle donc ? Elle punira jdites-vous, 
quand le mal sera tel qu'il puisse autoriser des procédures 
et des jugements. Que de progrès il aura déjà faits , que 
d'autres inaus;: il aura produits quand^ on en sera là ! Puisv, je 
l'ai dit , la punition n'est qu'une réparation^mparfaite. Lau- 
torité^n'est pas établie pour punir , inais pour faire en sorte 
qu*il n'j ait rien à punir. Un père laisse-t-il son fils s'abandon ^ 
ner au désordre, parce qu'il peut le punir s'il commet quelque 



crime ? 



Quoi ! tous les jours , d'un bout de la France à l'autre y on 
donnera au peuple de toutes les classes y depuis la plus élevée 
jusqu'à celle du simple artisan , une leçon d'impiété , et de 
haine pour l'autorité , de mépris pour ceux qui l'exeircent ! 
Dans ces leçons la vérité sera enveloppée d'un triple voile ; 
tous les faits seront altérés ou présentés sous un jour men- 
teur pour les accommoder à des doctrines de mensonge. Les 
notions même du bien et du mal seront perverties y les noms 
seront changés , les actes les plus salutaires de l'autorité pu- 
blique seront nommés des crimes* Si elle a sévi dans une 
émeute^ ce sera un massacre ^ les magistrats qui auront 
donné les ordres et les soldats qui les auront exécutés seront . 
des assassins. Insulté par une troupe insolente sous les armes , 
le Roi l'aura cassée , ce sera un outrage Jait à l'élite de la po- 
pulation (i). On osera en demander réparation. La religion sera 
traitée de superstition et de fanatisme .* ses ministres seront un. 

(i) yoyeii le GoDStltutionnet. 



parti conspîrant incessammexitla ruine de la monarcbie , de la 
monarchie qui , sans em , keroit peilt^fre abandonaëe sans 
retour. Tonte injure leur sera prodiguée , depuis celle de ré- 
gicides JQS<{U% celle de tik corrupteurs dé renfance. Toutesr 
les armes dti langage seront aiguisées cotitre eux : le men- 
songe, râoge perfide et hypocrite y l'ironie amère , le sarcasme 
insultant I Toutrage grossier et brutal. Nulle magistrature^e 
sera respectée danà l'Etat ; aucune dignité, aucun rang ne 
TOUS préienreront de l'avilissante censure ^rinsulte audacieuse 
montera de degréi en degrés , et déjii elle atteindra jusqu'au 
trône. Le Roi lui-même et ses augustes prédécesseurs ne serons 
pal épargnés^ 4on les nommera (i). 

Et c'est là ce qu'on nous dit que le ttoi n'a pas te droit d^ém- 
pécher ! Cest llk ce qu'on prétend que la charte a voulu rendre 
libre et licite, sauf l'action de la justice après le délit commis 
et bien constaté par une procédure régulière l Et cette étrange 
prétention , il faut que nous prenions la peine de l*examiner , 
de la réiîiter comme une chose sérieuse ! Mais non - seulemmt 
la charte n'a ni voulu ni pu rendre licite cet horrible abus de 
la parole ; non^eulementleRoi peut le réprimer par tous moyens, 
et en retirant son autorisation au journaliste, et en prévenant 
et en punissant } mais il y est obligé devant Dieu et devant les 
hommes; O si ma voix pouvoit percer les murs de cette en- 
ceinte et retentir jusqu'au pied du tlrônef je diroîs : «Voyez,. 
Sûre, la corruption et la décadente de toutes les doctrine^, qui 
ont fondé et élevé la monarchie ; voyez sur leur ruine s'étabCr 
des principes destructeurs de toute société -, voyez cette guerre 
déclarée à toute autorité divine et hijnnaine 5 ces mîssionnaîres 
d'anarchie qui semblent susdtés pour là prêcher et pour avi- 
lir eux-mêmes la religion et la majesté des rois ; entendez ce 
concert de malédictions qu'ils élèvent contre les ministres des 

(1) f^oyet l'Écho du Nord, joarfial amMutionnel, politique et littéraire ;' 
iSaS , D*. 34 , dimanche 4 mai , art. de l'Éduealim dti Prinet» , pag. a et5. 



( i3 ) 

auleb f et que miUe et mille feuilles l'^pètent chaque {our k vos 
sujets. Voyez encore.cette pro&sionée livres impies etstfdSlIeox^ 
ces eHbiis de rij||||dh'iê humaine s'épiiisant à mukipUer et h té- 
pand^'e ces poisons.^SouveneK-vous de celui qtti juge ]di rois et 
les peuples. Regardes autour de vous : tout est plein de 4a mé- 
moire d'un roi Miort sur i'échafaud. Les mêmes éléments qui pro* 
duisirent la révolution qui tious la ravi fermentent dans vos 
états i le mouvement s'accélère de jour en jour : le temps presse: 
Ah ! repoussez loin dis vous les suggestions perfides et les timides 
conseils, usez contre la licence et l'impiété de cette poîssawee 
souveraine que vous avez reçue de Ken aussi pleine que ve^rb 
prédécesseur Ta voit reçue lui-même quand H monta sur le trône. 
Sauvez la foi de vos aïeux » sauvez cette auguste dynastie chère 
à tous les cœurs françois ; sauvez votre peuple, dont elle est l'^»- 
poir et Fappui. » 

Si tous les principes que j'ai établis sont certains; si le droit 
et le devoir de l'autorité est d'empêcher ce qui peut nuire > de 
prévenir le mal plutôt que de le laisser commettre ; si les ac- 
tions y les discours , les émts» sont, d'après cette règle, soumis 
à sa direction comme choses de même naf^ture ; si cette direction 
salutaire , loin de nuire k la liberté publique ^ la protège et ]'as« 
sure 'y si la charte n'a ni voulu ni pu l'ôter au Roi, car c'eût été 
lui ôter. le pouvoir de gouverner ses états ; si les journaux, plus 
qu'aucun autre écrit , peuvent être nuisibles ; si leur influence 
de tous tes iours , et sur tous les esprits , peut aller jusqu'au 
point de tout corrompre dans l'État et d'exercer sur sa desti* 
née une action dont il est impossible de prévoir les effets 5 si 
tout cela est vrai, que dirons-nous de la loi dû 17 mars i9a3,^i- 
non qu'elle avoit reconnu et respecté une partie des droits de l'au- 
torité en cette matière, et que celle qu'on nous propose les lui ôte. 

Celle-ci a pour principe que « la nécessité de l'autorisation 
» royale est un abus auquel il faut mettre un terme (1)^ que ta 

( 1 ] Page 4 de /'Exposé des Motifs. 



^ 



(4) 

)» eeBSttre est incompatible avec la liberté (i) ; qu'il faut éman--. 
» ciper complètement les journaux, les affranchir et des entraves^ 
» de la censure y et de cette procédure d*^|te|Mtion qui incri- 
» minoit la tendance d'un journal , et qui rechercluoit dansb 
» l'esprit qui Favoit dicté ua délit qui ne nésultoit pas de son» 
» texte, » «^ 

Me tromperai^e si j'appelle tout cela une nouvelle conces-r. 
sion qui vient apr^ tant d'autres? Non, je pense; car adopter» 
les doctrines d'un parti ^ en &ire une profession publique , les^ 
consacrer , accommoder les lois et les ordonnances «à ces doc», 
trines y c'est bien lui £ûre une concession aux dépens de l'au-. 
torité. 

Vous dites que la nécessité de l'autorisation royale pour éta-. 
blir un journal est un abus* Et qu'est-oe donc que toutes ces. 
obligations^ que vous imposez , de faire telles déclarations, de 
fournir tel cautionnement , d'établir un gérant ayant tel âge , 
telles qualités » propriétaire d'une action dans l'entreprise 5 pos- 
sesseur d'un quart du cautionnement^ surveillant et dirigeant 
par lui-même la rédaction » signant les feuilles et engageant la 
société par sa signature ? Tout cela , n'est-ce pas des conditions, 
imposées pour obtenir cette autorisation que vous nomncues: un 
abus ? Quel droit avez- vous de les imposer ces conditions , si 
vous n'avez pas celui d'autoriser éans conditions? £n les prescri- 
vant , n'est-ce pas vous engager à autoriser tous ceux qui le& 
rempliront, et à refuser l'autorisation à ceux qui ne pourront, 
pas les remplir y c'est-à-dire au plus grand nombre? 

La nécessité de l'autorisation royale un abus ! £h 1 pour-, 
quoi donc représentez* vous comme nécessaire et juste cette 
même autorisation pour une foule d'entreprises analogues P Voua 
citez vous-mêmes les usines» les sociétés de commerce» les mai-, 
sons d'éducation » toutes choses qu'on ne peut établir sans l'an- 

(a) M. le garde-deg^ceaux y Moniieuty i". juin 1838, ll^ i53, premier 
•uppl, , pag. 757 , col. a* 



( »5) 

torifuiUoB rojile y et tous alléguez la nécessité ie cette autorî^^ 
sation pour justifier les conditions que vous voulez imposer k 
l'établissement des journaux. N'est-ce pas reconnottre à-la-fois 
qu'imposer ces conditions c'est autoriser ceux qui les rempli- 
ront 9 et que Fautorisation peut être accordée sans abus ? Dira<^ 
t-on que les conditions étant imposées par la loi , ce sera la loi 
et non pas le Roi qui autorisera ou n'autorisera pas ? Je répon* 
drai d'abord que vous avez représenté la nécessité de l'autori* 
sation comme un abus, non parce que c'étoit le Roi qui autori- 
soit quand la loi seule pouvoit le faire y mais parce que l'autori- 
sation royale , étant par elle-même contraire à la liberté, il fal- 
loit , suivant vos expressions, émanciper les journaux ; en se- 
cond lieu y que l'objection fortîfieroit l'argument plutôt que de 
l'affoiblir, car ce seroit une singulière émancipation que d'af&an- 
chir les journaux de la nécessité de l'autorisation royale pour 
les assujétir à une autorisation légale ,*sous des conditions fort 
dures et inaccessibles à la plupart des citoyens. 

Alais quand on abandonne les vrais principes, on ne peut évi* 
ter les inconséquences. Qu'on me dise pourquoi on doit être plus 
libre d'entreprendre un journal que d'établir une forge ou une 
verrerie sur son terrain. Si l'on considère les deux établissements 
comme des spéculations de commerce, on ne voit pas de diffé- 
rence 5 si on les envisage sous le rapport de l'influence qu'ils peu* 
vent avoir sur l'ordre public , la différence est toute en faveur 
de l'usine. Montrez-moi que le Roi peut interdire une action et 
ne peut pas interdire un discours ou un écrit. — - C'est qu'il en**-, 
cbaineroit la pensée. — Peut-être qu'une action n'est pas aussi 
le produit de la pensée ? Elle l'est sans doute , et si c'est une 
bonne action , c'est un aussi noble enfant de l'intelligence que 
ceux dont les écrivains sont si fiers et si jaloux. 

L'autorisation n'est donc point un abus , mais un droit que 
vous ne pouvez pas ôter au Roi. 

Et la censure , en quoi est-elle incompatible avec la liberté 
publique ? La plupart des raisons qu'en ont données les orateurs 



( i6 ) 

cl^eiftréi C0fitr« elle sont déjà réfutées par les principes ' établis 

« BUe place l'tâtbeiligence du cîtojeja sous la tutelle d^un dé- 
» \é^»é ({uekoni|He de b puissance publique , c'est elle qui peut 

• inteixepter les justes, plaintes de l'opprimé ou la voix géoé- 
n «reuse de ses dlééènseur», en ne disant parvenir à la publicité 

• l'écrit qui lea contient qu'avec le congé et sous le bon plai» 

• m d'un pergomiage officiel; c*est elle en un mol qui» établie 
p daAS l'intérât géaâ^al de la société , peut facilement être dé- 
n U>mnéfi de aadgstigtttipo originaire dans l'intérêt du pouvoir. » 
Il Ëiut noter que c'esl le pouvoir qui dit cela : ces paroles sont 
de M» le garde4ê»>sceaux ( i )» Elles sont généreuses ; mais il au- 
roit pu y lui-même , y repondre : t Je ferai en sorte que tout 
ft cela n'arrive pas. i II semble séparer ici le citojen de son in- 
telligepce , ponr représenter là noble faculté asservie par la cen- 
sure sous une tuteUebonteiise» FoiUeavgiuneiit que cette figure ! 
Ne faut-il pas bien que tout citojen se résigne à vivre , 4me et 
43Qrps9 sous^la tutelle de la puissance publique, qui ne peut s'ezer- 
cev que par des délégués ? C'est au mimstre à faire en sorte que 
œ ne soit pas des délégués quelconques , mais des délégués bien 
choisis. -^Les censeurs étoufferont la voix des opprimés. — ^Nul- 
leoaenty cs« vjmis les prendrez parmi les bohnêtes gens. Quaut 
au personnage officiel, quiconque esit revâtu de Fautorité est un 
personnage officiel , an boa plaisir duquel il £iut se soumettre 
tous les jojuirs si l'on v«at se conformeir «ux lois et à la poBce 
du fie» où Ton vil. -» Enfin, la censnce sera exercée ponr Fia- 
tjérÊt du pouvoir > sans égard è Tifttdrêt public. — Cest ici la 
SAule objection sérieuse y mais eUe va bi^astoçuii trop loin ; car si 
'l'cin suppose les miDistres de l'aatorité conompus , et saorifiMit 
l'intérêt public au. leur ^ ib abuâei^nt, non-seulement delà cen- 
eure » mais de toutes les autres ijs5tit0.tiaiis. Il faut changer alors 
le ministre qui abuse, et non pas abolir les institutions, utiles. 

{lyU^UêBr i^ i"« ]uio iBs^f a*. ft$3/pfeiii}fr40fpL , psg. 7^71 eoL »• 



(»7) 

Qu« n tous me dites : Dans les vicksitudes coxktÎQuelkt du 
gouvernemeiit reprèaeatitif^ la censure sera nécefisaiiemeat 
exercée ^ tantdl cqi^tjce le biei^ , tantôt contre le mal , souvent 
contre les deux ensemble : il vaut mieUx Vàt^v, Que répon- 
drai-je , sinon que l'objection est cpAn^mw à tous les actes de 
l'autorité , et qu'elle M faix rie^ contre le droit? La solution 
dépend de celle de ce piro}>làme : Lequel vaut mieux, dter à 
l'autorité tous ses. droits Tun après l'autre , et conséquemment 
coua les moyens de go«vemçr , ou cl^B^r la forme du gou- 
vernement 7 

Voules-vous des #r||;ameAt9 d'un autre ge^nre 7 c La censure, 
• dit M. Benjamin Qonste^t i ^t une violatîou inH>lente de nos 
» droits. ■ — Gela suppqsç que les droits sont biea établis. Ces 
droits sont la liberté de la presse ; je crois avoir d^m^ntré qu'ils 
étoient au moins susceptible de quelques restrictions. « La 
» censure , poursuit le même or^iteur , est un assujétissememc 
» intolérable de la paxtie éclairée de la nation à sa partie vile 
» et stupide. » Je conçois que des censeurs ne laissercieut pas 
volontiers passer uue telle p)ucase , et eu la retcaocl^aut peut- 
être ne seroien^iU pat si stupides j car enfin, ne pourroient-ils 
pas dire que des injureç sont de mauvaises misons , et qu'en les 
ôtaat on ne &it que fortifier les boimes ^i s'il y en a ? L'épithète 
à* insolente , dans la pbraae qui précède , appliquée 4 un acte de 
la puissance publicpie , pqurroit bieu leur paroitre elle-même 
un peu insolente, et ils n'auroient peut-être pas grand tort. 
« Grâce au Ciel , s'écrie l'orateur , grftce au Gel , qui a pris 
» en pitié l'intellige nce humaiue îmultée , la ceusureost désor- 
» mais une source de plus d'agitations , de défiance , de mécon- 
» tentements et d'irrit^tiQU^^ qtie la licence même n'eu pourroit 
» créer* » Hélas ! je oraim bien qu'il n'ait mal interprété lea 
volontés des Gieux; qu'au lieu de vouloir venger Içs prétendues 
injures de l'intelligence huxoaiue^ le Gel , fatigué de sou orgueil , 
ne l'ait abandonnée à elle-même. M. Benjamin Constant nous 



1â repr^scntoit naguère dani un état de gravitation gui êceélere 
son mouvement. Gela est vrai , tnais le mouvement est vers la 
terre. Au reste , cette agitation , ces défiances , Ces méconten- 
tements, ces colères/ dont il voit la source dansla^ censure^ 
les violences , les bouleversements si rapides qu^il nous prédit 
ensuite, s'il plaisoit au Roi d'user de ce reniède contre la licence : 
toutes ces hyperboles sentent un peu l'artifice pour faire peur 
de la censure. Toujours est-il que rien ne ressemble moins à de 
bonnes raisons contre le droit de l'établir. 

Le troisième moyen de réprimer la licence , que la loi de 
i8aa avoit établi , étoit cette procédure contre la tendance des 
journaux, dans laquelle il n'y avoit rien de nouveau que la 
forme. La loi considéroit les journaux comme des livres qui se 
publient par livraisons journalières. Cette vue étoit juste. Les 
bibliothèques sont pleines de livres qui ne sont que des recueils 
d'écrits périodiques. Elle autorisoit les juges , non , comme le 
dit M. le garde-des-sceaux , à « chercher un délit dans l'esprit 
» qui a dicté un journal , i> mais à reconnottre l'esprit qui y 
règne et le but où il tend , à comprendre la pensée qui résulte 
deTensemble de l'ouvrage , ce que tout lecteur conçoit et sent 
quand il lit. Ceci n'est point une chimère. Ne fait-on pas tous 
1^ jours des livres intitulés : YEsprit de tel auteur ? Les tribu- 
naux n'avoient pas même besoin de loi pour juger un livre ou 
un journal d'après son esprit et son but; au contraire, pour 
qu'ils soient obligés de s'en abstenir , il faut une loi qui le leur 
défende. 

Est-il donc si difficile de discerner clairement l'esprit d'an 
journal 7 Qui hésiteroit à répondre , si on lui demandoit quel 
es l'esprit du Constitutionnel ou àxi Courrier? Et quel magis- 
trat seroit embarrassé à le foire ressortir dans un plaidoyer? 

Comme une phrase est une seule pensée exprimée par un 
assemblage de mots dont chacun représente une idée ; comme 
une période est un tissu de phrases qui se rapportent à une 



( >9 ) 

même pensée et concourent à l'expliquer ^ ain^i un discours > 
ainsi un livre entier , peut n'Iti^e que le développement d'une 
pensée unique. 

Diriez-vous qu'une phrase n'est pas injurieuse , parce qu'elle 
ne eot^tient aucun mot qui soit une injure ^ ou qu'une période 
n'exprime pas une pensée coupaUe , parce que chaque membre | 
pris séparément , n'a rien de criminel? Vous ne l'oserez pas. 
Comment donc dites-vous qu'un discours qui développe et in- 
culque cette même pensée , ou un livre qui la réduit en théorie^ 
la discute , la produit sous toutes les formes y* est innocent , 
parce que chaque phrase ou chaque période, détachée du texte, 
n'offire pas un sens rigoureusement condamnable 7 

Une substance vénéneuse tesse-t-elle de l'être , parce qu'eu 
la décomposant on ne trouve aucun principe qui soit un poison, 
oti parce qu'on peut la diviser en parcelles dont aucune i^'est 
capable de donner'Ia mort ? 

Juger un livre par son ensemble^ son esprit et son but , est 
au fond la vraie manière de le bien juger ; car , dans la rapidité 
de la composition, il échappe quelquefois une phrase qu'on 
TOudroit n'avoir pas écrite , et sur laquelle il seroit injuste d« 
condamner l'ouvrage. 

Voilà pourquoi la procédure contre la tendance des écrits 9 
favorable aux bons> n'est à craindre que pour les mauvais. Un 
boa Krre aura quelques taches. Dans ce passage , l'expression 
aura été plus loin que la pedsée ; un sentiment louable aura 
emporté l'auteur au-delà des bornes. Mais li^ez tout. L'ouvrage 
r^ite l'amour du bien , le re^eçt de tout ce qui doit être 
respecté. Dans un mauvais livre y au contraire , vous pouvez 
ne trouver aucune phrase répréhensiMe en elle-même } mais le 
M>at ensemble offre une pensée diabolique. 

Qu'un Uvre commence par ces moter : H faut tuer les rois , 
voilà une phrase bien coupable , et que les tribunaux ne laisse- 
ront sûrement pas échapper ; mais quel est l'auteur assez noala- 
dtoit pour l'écrire? Elle sera dans tout son ouvrage ; et ne sera 



(ao) 

tiiille part. Le lecteur la ccHiipreiidi^a ^ se la dira' dans ceBtûèmm 
lerBies, et à vons lui demandes oùk cela est\ i^ue pôUiYai i^- 
pondre autre chose y sinon que cela est partout. Ge n'eist p<riM 
iti tt»e "tinxii^ supposition ; totnbien d^apokigieê Ai pMridde > 
beaucoup Mioînsr déguisées que {e ne le isuppd«e et qti'elle» ne 
pMty oient Vitré y ont paru et se sont yiendues pubmifimiieiitldl 
siotts les yent de l'autorité 7 

- T(>us lesf Vrais sprineipes du gouvernement, tous lek" dogmes 
d^ la l'eligioh , tous ]e$ fdnde^nts de la n^oralè pourront étiie 
«tta(qu^ai]isi,-sanfir qu'on ptdsse-y trouve^ fc rtiïrè. ' 

' La 1^ de i8n avoit donc établi unè^those naturelle et rai- 
sonnable > en autorisant tes titituunaux à fugef léë joutnaux 
comme t6tts les bomiUes I«s~}ugent 

' La \<i\ jitéposée le défend , du dfi moins tetle est son intention^ 
quoiqu'elle ne prûA'Mce pas Ihtéralemenit ta défensis;; qu'il elR 
été mieux d'exprimer. Ainsi , les jomrnaux flopt affirantsbis et 
de ce qu'on^ appelle la tendattùCy et de fei nécessité <le ^autorisa- 
tion rojale et de la censure. • 

Bn'ôtant touft cela ', <m a sëtiti tependabt quH^rtt^tMmpos- 

sà>r^de gouverner y si oii làcboittout-à-feitkiii^èMà licence. 
De là ces contradictions > qui ont été aperçues pdV tout le monffik;^ 
entrei'^posé des ïnotifs et le prôfet ; de \\ les ifll%es et le MAlne 
^e la rév6¥ixtiem à doiinéâ àtt projet. Le rét^tlM ^'êsrpas 
^tk€té^€: bien décidée au fond à recei^^r 5 àVec au Sànsf oett* 
dKiônsr, le prïcietix don qufon M fait, elle ir comfaattkr Voue 
ap¥èé l'àùtrë avec violence, et souvent aVectteuace», touMks 
SsjMléfèoiîi qui téndcâëni à |>»éserver la sôâété. PooH: V^BfA^ 
i^, dk tient de IM feire iitf autre [Présent , peut^êtfeéncoÉrefhs 
cher & sôâ cœiA*. H n'eup étbit ^ besoin. ; . . > 

De l'ensemble de la h^i nouvelle il résulte qaek liberté'^ 
£nré des joumaoïx sera le' privilège de ^^eux auxquelsFhup for- 
tune permettra de fournir le cautteMieMieât et %' p9«r k 

géhmt. ' '- ,-. u ■ . , ' •:••'• U ' 

La lof eét bien ûnt teii/rpé ptéèenl. Le^ garanties sont tévfiet 



dlJEurgenit. L«$ &piIit^ç^QAt dQQi3ées.,>Dfii.ln raison du caractère- 
n¥>x^lf .¥> de rptitaobemettt.àJa aMTnaKdiieîjHiais en icaison de- 

k richesse. * 

. ]bdîflKKenledNibteafit;au niât.: fiU^ Uaatrfc dans la 

mâme cattfftfiie«. Au :}ieiibqii'il.fiiiidrqit. chpisir kethoinmes et 
Iflsfaiyer faire» ^lltf.întefdjtlc^lwiic et înpq^eÀ tons d^énonnes 

. EUe Aie à fasADvltëJl'iiitclli^éooe t ellp^la'>Mmdamne èagir en 
qpel^e sorte inëcaBiquëinent^cfl. 'en- aveagl^.Cesl i^ «oniraire 
de §oaverneK^.car oa a'à iainaia.coiiça 'ridtfe degbh^erneintel 
sans ][: joindre «èikft de ^tidKnoejetdejèonseil y dedisèevnoibciit 
dc8j]ioiÉniet'Adeslcboses> des leai^ «fe des cdnîo^çtares> sur* 
font celles de prodecdon et det&vèar.poaB tonf icc qdl pAîkiea', 
de T^Uitance aii conttraifeà œ' >qtiî fîeut vnilsB\ )%iaC« La ioi 
projetée ne a'jMibiip^^as de >ooteB.çe»<jbo8eb.iDkHB faion^^ dUes 
mal : pr^chef i'vSipSété^ la Ikencéidefr mœurs:, )le mépris dfe 
l'aïKloff^té^i on^vappclez les'lpo^ulièa>àlrfespeet.de la Dmnfté, à 
la Tertu, àladéCeBee:dedi|inonardnB.7ce n'est pas) d^ «qla iqa'il 
e*agit« CombieB: pajy^ca^Tedsjdie oaiHhjiensèBt? p»*4Tanj;.-»»^QuBHB 
est la part de yetre gérant? -^.BHa{es»telbs. -^IQtieliégbairea;- 
vnus?fT-*^VingtTUi»jatt8«rr-VausaTeelaîJt votre déidsv^tieè? Votre 
feniU&est6ig»ée7.Tiràt«8t/bien3;«wia;poa^eK490tttinuerJ .. 

. B|mb lea trîUimàuk isçnii Ifr poùoiphînir sévjbcèmenC le^)duiuiai- 
lÎBteiqui.'coipmetlra dssdëlite^ FaiblerçsBourcel Je^upgose, ce 
^pû est fort douteux,, que toute&lespvécaiittpns aieatiétéiUen 
prises^ et que le gérant Jie devienne pafe un ëditeui: tespoQsaiyle: 
le .vraixonpable seranbien esktre les nains d^ la jiàstîcc, le^SfuHi 
fera sûrde nepa$>pieidce ses::ainendes^ s'il y a une coiifl|Lttibaw 
tion; maïs le-co^ps de^it, où serait- il 7 il fiiudra que i€9 jdgcs 
JbToâenty de leurs i7«axy bien «)aii:>ibifia>gix>ssiery ciiicensririt'd^ns 
«pidipieB pbraaesiqiiloi puisse détaçheii dn 4isooués^ qui â<; cap^ 
povtentfiQx définjitioBskleUloiy'et qulformeint seules uu,criine 
complet Le calomniateur at|ra àM%ûé soiï hombib à ne pas s'y 
mépr^idre, mais il ne l'aurar.paa nommé ; la justice sera im- 



C Ht ) 

puissante contre lai. Le joumal séi^a institue pour faire la ré^ro^ 
lation y cesera la misskm deéesauteurs^, ilylk remplti^ont avec 
un zélé ardent et iAfatigable^ toutes les feuilles seront pteines 
des doctrines rëvoliktiomiaues; les principes cooÉraires «er^nt 
combattus toiîs les jours |> dn'nfiiisvh^iFd pa» les cbp^es- v^nëva- 
bles 9 mais u» ton géiiéral d'ivepsiôn et de 'mépris siéra répaîidu 
dans tous les discours quand on en parlera. On poursuivra^ on 
avanceré sa tâche. Que p6ur(ont»fàit*e:le»^ibunaui à tout cela? 

Mais si ^elque j^hiase; ëdidppée à rinéMkéitaiice du ig&ant 
est l'objet d'ipé accusation yviendropi aussitôt îles ^wocMa -laix-» 
cpsck) le droit de la dëfedse ^pemist c^ tout dire ^ etidpnt Jes 
plaidoiries^ publiées dafeis tpale la France , fesètit œnt ioîs'pliis 
,de niaitqùe i'artkle incriqûné.. S faii t leJdii^ , daqs l'ëtat puàent 
;de la^ société Faction de la juatioe contre ])es écrits sera tenyiat^ 
Taine. £Ik aildndra 4«dques ini^vticknls»;^! auront déclaré 
tirop cirûment^leurstnau^aises'pétiaées^ èUefrà^ppela peut-ètce 
qudiques doctrines ^jifespocitablesv'cpie la tol^ace du jouis ne 
tolèrelpasy' et que réaiTaiîiiaui:»>expt>8ées»«i9a détour avec le 
cQuiiagequédonneU oearrktion deIanvéritéf:eIlB àefeta tien 
au mal généi^l dont l'EfiKtpérlt- 

Lé pIuslgvaÂd vice de ialoi prcypoiée est qis^elle consacre des 
doctrines fausses et dangereuses^ £Ile est fondée sur le principe 
de la li))erté de la pressé^ iUimitée ï l'égard dea livres et aufette 
à quelques précautions pour les jeurnaox. « Lorsque les délits 
a dont lea livi-es peuvèm devenir les instruments ont été pré-* 
» TUS, a dit l'exjposé des moti&, il<n'yaplus rien & Cbûiv à 
» leur égard 5 la puissance de la loi ne sauroit aller au-^delk... 
3» La place que l'influence des livres tient dans If ordre moral ne 
» dépend d'aucune autorité de ce çionScf e}le a. été assignée 
» par la Providence elle-même qui nous a envoyé là boussole, 
B la poudre ^ canon el Fiakprimeyie^ sj II faut convenir quelles 
€iKenip1es eboisis p^ M. I^ garde^des-jscâaux ne sont pas heu- 
reux ) car si jamais les mesures préventive .( cornue on les 
appelle ) ont été prodiguées jusqu a VabuS; c'est dajis le ré^me 



(a3) 

Am pdudréii SU falfoit rappliquer à fimpriincrie , il ne s'agiroit 
iHen fitoina que d'interdire à tous les François le droit de faire 
d«f Vendre' des liVrës et des journaux ^ pour rattr3)ttéi' au 
gouTemement tout iénl ren'eflef ^ laiabrieation et la vente des 
pdvfdi^W exdttâteinentr&eiirée à l'Etat. 
- ^us[nd on peut- pousser à ce point les précaution» ponr pré- 
venir fûhni dé ta jpoudi^y ik^est-ce pas une moquerie que de se 
miofiili'èr' si «ejfUpuleuir iq[uand il s'agit de prévenir les abus de 
I*ilîiti!riliiieriè^? Faire et vendre delà poudré est en.8oi-niéme un 
«ttè ati^' libre: que tout autre. La charte n^eiï parle pas. Elle 
ne plUrfe pa0 non pltis du droit d'aller et venir. Gesont des dioées 
d^Atttant plus Uliref 4i»*il- n'est pas- bespid d« le dire. Je sais ^Ue 
4lattSileiniokKOJ[>olè de^la poudre il est aitré dos vues fiscales y et 
qu'on en a &it un article du revenu public. <{u'e9t-^6 que cela 
fiV0)vve> iÎBOB que la liberlé'peut être modifiée yttiétiie poi^i'un 
iiitft^t'de finance? A conitdett plus forte raison pour lHntér£t \ 
aete reKgiOA «t de TEttitP'Mai^ lomonopokde Japotidri^.est 
bien f aussi «ne mesuré prévétitrve ; car non seulemel^t les pafti-^ 
cttliers ne peuvent nrén&briquer^ ni'en vendre^ mais ils ne 
peuvéiit pa^ même en acheter sans une permission par écrit. 

Dire que Finfluence des livres ne d^end d'aucune autorité 
dans ce monde, c'est facilement résigner les droits de l'autorité 
entre les mains de la Providence et charger le Ciel de ses de- 
voirs. Certes^ il d^^d au moins de l'autorité souveraine, de 
défendre la publication des mauvais livres dans ses états et de 
prendre des mesures sévères pour que la défense ne soit pas 
vaine. On sait bien en prettdre d'efficaces contre la fraude des 
droits du fisc. Quant aux mauvais journaux ^ qui deviendront 
un jour de mauvais livres^ le Roi en empêchera la publication 
quand il voudra. 

le sais que les livres proscrits s'imprimeront à l'étranger et 
circulercmt clandestinement dans le royaume. Mais n'est-ce pas 
déjà mettra un assez grand obs[t9cle à la contagion , que de flitre 
en sorte que celui qui veut la répandre soit réduit à s'exiler ) 



( a4 ) 

pour aHHtr en prip^rer les. éléments loin ^ sa ifàUie, ^ ^fi^* 
rinO:oducU4>n soit nécessairement fiu^ve f^ft périUeuse? Piiis 
TautoriKé TeîIleraiBans4putey.feia.pqHrsuî^l'auteiirj saisir pt 
d^lniire tons les ezemplafirc^ qu^elle d^çQaTfii;^ . , , , , . 

Le sort de l'homme de hi^Uj %^r ]fLj^e^p ),est deJMier ^de 
toutes $^ for^ief.f^nMpe I^ ml aurded^m et 2m-de)H)if d# 4ui- 
même. On s$4t.biw 41^ les rois, a^ec toute. Iep|i^paîmi|ce:j:fie 
r^tirperontiias. de Jeursiét^^jOs le p^tyind WTQAt 9^^^ iriâfth? 
sur tous.I^ points de l^ur einpir^f U.secacjkefa.et ,irepuro$tini 
bieptôU Classé. p^imefronti^^^ il fwtr«ia,par l'«.9l<i;«». Mm 
4a jpoinspi^ ne le yei?A:iMis iliàirdbitfrjtâiey l^ée> Aiidaei^BX 4e 
^ tolérance de L'aittolûlé (fnbUqwe , ht toléfer àj^iiine luMpânliii ; 
gagnor epwdsment tcMes J«s dasoes «I déuuîte le^rine^ de 
la vie de l^^p<^të. . 

« JLa temboce^pliis ou.m»î»i bâ«iieV^^!F''^^^'J^^i^^^f 
M. U garderdQ9-fl<e4ax> nepeuâ éCreuiredrl^s^ée-ott «ùmbftttoe 
• que par,i»»a1 ei »da« gfi jceot^aige» Geji'^t pas en reatoeignam 
» Tensfûgip^^W^^ 9, en^ i|^ répandwt ^'4wtniçtipjf^ .qi^'avec panci- 
» monie , en.çoiitrar^t le mo^yeiBient impi^i^^ a^xésyui^^ 
» qu'on r^mànçral^r^ediM s^iv^^diMBtFij^ des bonnes- 
» moeurs , . et qu'on fera refleurir, la; relfgiop: ^ ;la .^i^iilaUcr phi- 
ft Ipsophie*:» Aij^ r^ssentid est de ne pas restreindra l'^nseigpie- 
ment. Laissée rét>a9^reil!in$truetion.> l^qilno 0M:i«ii»uy4Î9^.»,..il 
9ifimporl^.> pourvu quejce Jae 4(4t pas, ai^ec^câmoni^), 'Sp$ei- 
gne&^tout, los éJèifies c^b^ifcirwt ^m^^urtQsafilpîfd del<»«br^ 
de la sdienqe du bien, ^t du «nal , et.dites-leuir ^ Alangea ^ .TPMf^. 
ne,m(^rp% pqiiit,^ mais vous deviendrez eom^ des dieux^ . 

Quel remè4« trou/ve-triJ h l'affluel^c^ des niau^^î^Uvitis^iMul- 
tiplier les bons > .ppur qu'ils ^ détruisent X^^. %■ Ismt^^ :h 
bien lutter contre le mal , et avoir une juste,c^sr^^^ entluL 
Il ajoute &la.yérUc;;:6(t»^ infiexi^e séif4r(t¥ .Codifie ie *^aL 
tti^is . c'est quaç^d le m^. «pt fai^t j , qu'il vflftt. ^u'ou j h, Â^J^i^ 
cette sévérité» On^i^oit cru jusqu'à nos }o^s:s. que. la: puissance 
publique n'étoit pas faite pour rester tranqiûlle spe^^trice de^ 



( ^5 ) 

£i liïttb da bien et du mal , qu'elle devoit défendre l'un contiié 

Vautre « et que , maigre son secours , le bien l'emporteixHt en^ 

êàte assex diffi|cilemèht. Mais d'autreb temps , d'aulnes déo- 

"tHnes. 

Messieurs , tes droits du Souveranin ne- nous appartiennent 

point pour en di^ser. Il ïes a reçus de Dieu et dé ses aïeux ^ 

, ... ' 

personne iti n'a di^it de ks lui ravir : lui-même ne peut s*èn 

dépouiller ^ il ne s^est pas donné les droits de sa cMronne : il 

ne peut se les ôter. Aussi les Rois de France jurént-ils à leur 

sacre « de conserver la souveraineté , les droits et noblesses de 

» la couronne de France , sans les aliéner ou les transporter à 

n personne (!)• t 

Et ils peuvent d'autant moins abdiquer ces droits , que de 
chacun d'eux naît un devoir qui lui est relatif. « Si Dieu com^ 
» munique sa puissance aux Rois y il leur commande d'en user , 
» comme il fait lui-même , pour le bien du monde (a) » ; s'ils 
ont le droit de rendre la justice ^ ils sont obligés de la procurer 
à leurs sujets ; s'ils disposent de la force publique , c'est pour 
l'employer à défendre l'État au-dehors^ et à le régir au-de* 
dans. 

La loi qu'on vous propose , fausse {dans ses doctrines , dé- 
pouille le Roi du droit incontestable de gouverner la publiea^ 
don des écrits , le dispense même de toute surveillance à cet 
égardy réduit l'action de l'autorité en cette matière, à imposer , 
une fois pour toutes , certaines conditions aux journaux , con- 
ditions dont il est à croire que la fraude et l'artifice se jouenmt 
bientôt. Elle est injuste à l'égard des bons ; elle sera inutile 
pour contenir les mauvais. J'ose le dire , il ne vous est pas 
penms de l'accepter. 

On persévère dans le système suivi depuis le conmaencement 
de la session; on continue de flatter la révolution malgré ses 

(t) Gérémmml frûnfoU » pag. 3$* 



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iebuis et sa rudesse ; on ne yoit pas que ses prétentions vou^C- 
toujours croissant | à n^sare qu'elle, obtient davantage. C'est, 
que la domination seule peut satisfaire ceux qui aspirent à do- 
minen Où s'arrêtera-t-on 7 Encore quelques pas j et on ne 
pouri*a plus s'arrêter. La révolution tiendra bientôt tous les 
postes qu'elle vouloit emporter / pour me servir de son lan- 
gage. - Vous ne concourrez pas du moins par vos suffrages , Mes- 
sieurs, à lu^ céder celui-ci.- * ,. 

J'opine contre l'abrogation de la loi du 17 mari i^^a* 



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